Auteur : Elkei Snape

Disclaimer : Rien à moi sauf l'histoire !

Note de l'auteur : Pour les réponses aux reviews, j'enverrai un message privé ou un mail pour y répondre !

Alors voici déjà le chapitre un, bonne lecture ! :D

Pensées du personnage


Chapitre 1.

Severus Snape, homme taciturne, froid, pour le moins déplaisant, Professeur dans la célèbre école de sorcellerie Poudlard, réputé pour ficher la trouille à tous ses écervelés d'élèves incultes et incapables de maîtriser l'art délicats des potions, passé Maître à maîtriser ces dernières et mangemort à ses heures perdues observait de loin le jeune Survivant assis à sa table de Gryffondor pour y déguster de merveilleux plats cuisinés par les elfes de Poudlard.

Severus, vu de l'extérieur, avait l'air de marbre - ce qui, dans son cas, équivalait à avoir ce rictus méprisant, cet air particulièrement mauvais et franchement désagréable - mais à l'intérieur de lui-même, il se posait diverses questions à propos dudit Survivant. Si ses amis et autres Professeurs n'avaient pas remarqué que son comportement avait changé, lui oui. En effet, Severus portait une attention toute particulière au jeune Potter, dernier du nom.

Il avait remarqué que le comportement de Potter avait changé à son égard, et peut-être pas seulement face à lui, mais il n'était pas assez souvent aux côtés de Harry pour le savoir. Snape trouvait que le jeune homme n'avait plus aucune réaction lorsqu'il l'appelait, lui retirait des points, le mettait en retenues ou le provoquait méchamment. Harry ne réagissait plus aussi impulsivement, il ne faisait qu'acquiescer vaguement et imiter, auprès de son ami Ronald, une forme de révolte qui n'était que factice. Severus avait essayé d'en découvrir plus à propos du changement de comportent soudain du Survivant, mais n'avait pu recueillir plus d'information qu'il n'en avait déjà. Le jeune homme ne mangeait plus autant, c'était tout juste s'il se nourrissait vraiment – il ne prenait que quelques bouchées lors des repas. De plus, Severus avait constaté que Harry essayait de garder un masque face à ses amis et toutes les autres personnes qu'il croisait dans la journée, mais dès qu'il était persuadé que personne ne faisait attention à lui, qu'il était seul, il laissait retomber ce masque enjoué et arrogant pour un visage morne et sans expression particulière si ce n'est qu'une absence de présence remarquée, un air vide de toute émotion. Il avait vraiment l'air de ne pas aller bien, et ce malgré toutes ses manigances. En plus de cela, Severus soupçonnait le gamin de s'appliquer un Glamour pour ne pas qu'on voit à quel point il était mal en point.

HPHPHP

Harry Potter, aussi connu comme étant le Survivant, l'Élu, le Garçon-Qui-A-Survécu et j'en passe, se promenait tranquillement et presque normalement dans les couloirs de Poudlard. Pourquoi «presque normalement» me direz-vous ? Eh bien tout simplement car il est près de quatre heures du matin et que ce n'est pas vraiment LA bonne heure pour se balader dans les couloirs. Si Harry se promenait si tard – ou si tôt selon les points de vue - c'était car il tentait vainement d'échapper à d'affreux cauchemars, d'horribles visions et d'horripilants maux de tête. Harry essayait d'échapper à la douleur et souffrait d'insomnie. Il était dépressif et souffrait de malnutrition – ce qu'il s'était imposé de lui-même comme pénitence pour toutes les morts qu'il avait provoquées par sa seule naissance. Ce n'était pas ses seuls symptômes et l'on oubliait l'un des plus communs et importants… Vous devinerez bientôt lequel si ce n'est pas déjà fait.

Harry se promenait donc dans les couloirs, il était quatre heures du matin et il se dirigeait tranquillement vers son lieu préféré, à savoir, la tour d'Astronomie. Elle était située bien en hauteur pour y voir les étoiles brillées telles de petits soleils blancs.

Harry aimait bien y venir pour les observer, et chaque nuit le même scénario se répétait. Il arrivait à la tour, disait bonjour à l'étoile de Sirius qui veillait constamment dans le ciel nocturne, et s'assoyait entre les merlons – entre deux merlons en particulier – et s'installait confortablement sur son créneau. Il veillait là jusqu'à environ six heures puis retournait dans sa tour. Entre temps, il lui arrivait d'apporter quelques objets à la tour d'Astronomie qui lui serait utiles. Il transportait toujours sa baguette puis après un certain temps, commença à apporter avec lui des livres qu'il lisait pour s'instruire. Ils portaient principalement sur la Défense contre les forces du mal, mais aussi sur les potions, car oui il appréciait cette matière, et d'ailleurs, ces potions lui étaient bien utiles pour guérir rapidement. Il en confectionnait en secret dans les toilettes de Mimi Geignarde, spécialement des potions de soins et de Sommeil sans rêve. Il lui arrivait aussi de faire quelques expériences personnelles pour améliorer telle ou telle potion, mais c'était assez compliqué de se procurer les ingrédients dont il avait besoin. Ce n'était pas la seule chose qu'il faisait lorsqu'il allait à cette fameuse tour. Il lui arrivait aussi, bien qu'il n'ait aucune envie d'en parler ou d'y penser, de se faire mal. Je veux dire, de se faire encore plus mal. Il se sentait coupable de tous les évènements malheureux qui se produisaient, peu importe s'ils se trouvaient à des centaines de kilomètres.

Harry venait à peine d'arriver au sommet de la tour qu'il s'assoyait déjà pour observer les étoiles, ou plutôt, une étoile en particulier, celle de Sirius.

« Pourquoi es-tu partit si vite, Patmol… » murmura-t-il tout bas, réfrénant avec peine quelques sanglots.

Comme à son habitude, à chaque fois qu'il voulait pleurer et faire taire cette douleur, ce poids qu'il avait sur le cœur, il conjura une lame. Une lame bien effilée sur laquelle on pouvait voir le reflet de la lune et des étoiles. Il pesa la lame dans sa paume, la fit courir entre ses doigts, ne se décidant pas encore à se couper. Il aimait la fraicheur du métal contre sa peau, son aspect froid, mais pourtant pas repoussant. Pour lui, c'était comme une sortie de secours. Une aide supplémentaire pour affronter ses démons, ses peurs, ses angoisses.

Harry finit par empoigner la douce lame et la fit se promener sur son avant-bras, sentant la chaleur de sa peau contraster avec la froideur de la lame. Mû par une impulsion soudaine, il l'enfonça dans son avant-bras. Serrant les lèvres pour ne pas gémir de douleur – il se l'était interdit -, il l'enfonça assez profondément. Pas trop pour ne pas avoir à faire un tour à l'infirmerie, mais juste assez pour ressentir une cuisante douleur qui durerait quelques jours, voire quelques semaines. Le Survivant regarda son bras, grimaça face aux nombreuses cicatrices qui le recouvraient, puis sourit d'amertume en y repensant, en repensant aux raisons qui l'avaient poussé à commencer ce sombre rituel. Il voulait étouffer la douleur, sa douleur. Le froid l'empêchait de revenir vers lui, au moins pendant quelques heures, avant qu'il ne s'habitue à la brûlure que causait sa blessure.

Harry regardait avec fascination le sang s'écouler de la plaie, ignorant sourdement la douleur irradiant de ladite plaie. Rouge. C'était rouge sang, ayant une odeur âcre de fer, c'était son sang. Des personnes mourraient pour ce sang, pour le protéger lui. Pour faire en sorte qu'il vive. Ô ironie du sort, le Survivant ne désirait plus vivre. Il était, d'après lui, déjà mort à l'intérieur. Il ne faisait que sauver les apparences. C'était trompeur, il le savait. Il trompait tous ses fans, s'ils s'en rendaient compte, il les décevrait. Cela dit, rien ne l'empêchait de sombrer doucement, lentement mais sûrement vers un point de non retour. Vers un point tel qu'il ne pourrait plus revenir en arrière. Pour l'instant, il en restait à se couper et à avoir des pensées sombres, voire suicidaires. Oh, il ne voulait pas passer à l'acte, pas encore. Mais si personne ne l'aidait rapidement, un beau jour, on retrouverait un Survivant vaincu. Mort. Peut-être écrasé au bas de la tour d'Astronomie, qui sait. Pour l'instant, il ne voulait pas encore mourir à tout prix. Mourir physiquement s'entend. Harry se lança donc un sort minime de soins pour ne pas se vider de son sang goutte à goutte. Il boirait une potion de soins rendu à son dortoir, pour ne pas que la blessure se rouvre à chaque mouvement qu'il ferait. Cela rendrait difficile sa tâche, à savoir, agir normalement et ne pas alerter tout le monde. Ça ne serait pas très crédible qu'il commence à saigner soudainement en plein milieu de la Grande Salle.

Lorsque Survivant grogna un simple Evanesco pour faire disparaître le petit couteau et qu'il renfila sa cape d'indivisibilité pour retourner à la tour de Gryffondor, il ne remarqua pas la mince silhouette cachée dans l'ombre, s'adaptant tout à fait à l'obscurité des lieux, malgré le scintillement de la lune. En effet, Severus Snape, bien qu'il n'ait pas tout pu voir, il avait entendu très distinctement l'effort de Potter lorsqu'il s'empêchait de dormir. Il avait aussi entendu le bruit qu'avait fait les quelques gouttes de sang qui étaient tombées par terre, l'ouïe magiquement amplifiée.

Une fois que Severus fut sûr que le Survivant avait bel et bien quitté la tour, il s'avança, sortant ainsi de l'ombre que les merlons avaient projeté. Il s'approcha du créneau où Potter était installé et examina soigneusement les taches de sang, ornant désormais le sol à son pied.

«Maudit soit-il. Trop inconscient pour savoir ce qu'il fait et ses conséquences. À un si jeune âge, il ne devrait pas désespérer autant.», dit doucement Snape.

HPHPHP

Ce fut un Harry de très mauvaise humeur et arborant de magnifiques cernes sous les yeux que Ron trouva le lendemain matin. Malheureusement pour eux, c'était un lundi, et les lundis matins, ils avaient un cours de Métamorphoses en commun avec les Serpentards, suivit de l'ennuyant cours d'Histoire de la magie. Puis le dîner et ensuite un double cours de Potions avec le sympathique Professeur Snape et les joyeux Serpentards. Une journée en somme assez merdique.

Harry et tous les autres garçons, n'étant pas très réveillés, le furent après l'irruption explosive d'Hermione :

«BON SANG LES GARÇONS ! Il est plus que temps de vous lever, vous avez sauté le petit déjeuner et il ne vous reste qu'une demi-heure pour vous préparer. LEVEZ-VOUS !, s'exclama-t-elle.

- PARDON ? PLUS QU'UNE DEMI-HEURE ? N'aurais-tu pas pu venir une demi-heure plus tôt pour nous dire ça ?, répliqua un Ron ayant visiblement subit une douche froide.

- Oh non messieurs. Vous l'avez cherché. Allez, DEBOUT ! » Sur ces bonnes paroles, elle s'en alla en claquant la porte, réveillant les derniers encore endormis.

Le reste de la journée se passa relativement bien pour nos trois jeunes sorciers. Du moins… jusqu'au dîner.

« Argh, Harry ! On a double cours de potions ensuite !

- Oui, Ron. Comme tous les lundis depuis le début du trimestre », lui répond Harry avec une ébauche de sourire. Ils se dirigèrent d'un pas lent vers les cachots, dix minutes avant que le cours ne commence, s'assurant ainsi de ne pas être en retard et de ne pas s'attirer les foudres du bien aimé Professeur Snape.

Tous les étudiants parlaient entre eux, excepté Harry qui, depuis quelque temps, restait bien silencieux. Même trop. Mais personne ne s'était aperçu de ce minime changement.

La porte de la salle de Potions claqua soudainement, et on vit un tourbillon de robes noires s'avancer dans la pièce. Le silence se fit automatiquement. Snape les toisa d'un regard noir avant de taper le tableau de sa baguette.

« Aujourd'hui vous ferez la potion de Lonéat. Quelqu'un peut-il me dire de quelle potion il s'agit ? », demanda Snape d'une voix doucereuse.

Il attendit quelques instants, et, voyant que seule Hermione avait la main levée, continua son discours.

« La potion de Lonéat sert à guérir les blessures, expliqua-t-il en regardant Harry. Ses effets, ses ingrédients et les instructions pour la faire se trouvent à la page 424 de votre manuel. Commencez. »

À peine dix minutes plus tard, Harry se dirigeait déjà vers l'armoire qui contenait les ingrédients nécessaires alors que tout le monde essayait encore de tourner et retourner la recette dans tous les sens, même Hermione. Pendant que Harry faisait nonchalamment sa potion, il ne se rendait pas compte des regards plus que surpris des autres élèves. Incompréhension et stupéfaction totale de la part de tous et chacun. Avec toute la pratique qu'Harry avait accumulée à force de faire ses propres potions, il ne pouvait qu'exceller en ce domaine, à présent. Ce qu'il avait oublié, c'était qu'il aurait dû cacher son nouveau talent pour ne pas attirer tous les regards et devoir répondre à toutes les questions de ses amis.

« Harry ! Depuis quand es-tu capable de faire ne serait-ce qu'une seule potion correctement ? Sans vouloir t'offenser Harry, tu étais pitoyable la dernière fois…, lui dit gentiment Hermione.

- Euh… c'est que j'ai un peu lu sur le sujet récemment… » expliqua évasivement Harry. Merde, j'aurais dû être plus discret et faire comme avant. Faire semblant que je ne sais pas comment faire une potion, pensa-t-il.

Hermione parut se contenter de cette réponse, du moins pour le moment car son regard en disait long sur ce qu'elle pensait. Précisément : Tu ne m'auras pas comme cela Harry…

Lorsque le temps fût venu de remettre leur potion finie, Harry attendit que tous soit partit pour aller remettre la sienne il ne voulait pas entrer en collision avec toutes les personnes présentes, ça pourrait lui faire lâcher un gémissement de douleur inexplicable. Ron et Hermione l'attendait à la sortie de la classe, mais alors que Harry se retournait pour les rejoindre, il fût arrêté par une voix.

« Attendez monsieur Potter. J'ai à vous parler quelques instants, veuillez rester ici », dit calmement le Professeur Snape.

Après un rapide coup d'œil vers ses amis, leur signifiant qu'ils pouvaient y aller sans l'attendre, il se retourna vers le professeur.

« Vous désirez, monsieur ?

- Et bien, monsieur Potter, j'ai remarqué que vos notes, et ce dans toutes les matières, non seulement en Potions, s'amélioraient grandement…

- Est-ce mal, professeur ? répliqua Harry, sur la défensive.

- Non, évidemment. Mais qu'explique ce phénomène, comment dire, surprenant ? », demanda Snape.

Severus eut comme seule réponse un haussement désinvolte de l'épaule venant d'Harry.

« Avez-vous réellement besoin d'une réponse, Monsieur ? Je veux dire, n'ai-je pas le droit de vouloir remonter mes notes et d'avoir un bon rendement ?

- Bien sûr… Cependant… j'ai été chargé par le directeur de reprendre les cours d'occlumancie que nous avions commencé l'année dernière. Comme je doute que cela ne plaise à aucun de nous deux, j'ai pensé pouvoir changé, une fois sur deux, la matière. Étant donné que le monde sorcier se base sur vous pour vaincre le Seigneur des Ténèbres, il faudrait que leur héro sache se battre.

- Êtes-vous en train de me demander si je veux bien que vous m'enseignez de la DCFM élevée et qu'aussi nous reprendrions les cours d'occlumancie ?

- Perspicace, Monsieur Potter. Je ne vous aurais jamais cru capable d'une intelligence aussi sidérante, railla le Maître des Potions.

- Je n'accepterai qu'à une condition, professeur.

- Et… laquelle est-ce ? Qu'est-ce que notre héro national peut bien vouloir demander ?

- Que vous arrêtiez vos sarcasmes envers moi. Que vous me voyiez comme je suis, et non comme mon défunt père, aussi méprisant a-t-il été avec vous. Je ne suis pas lui », lui dit Harry avec un air déterminé.

Snape pensa pendant quelques minutes à la condition d'Harry. Cela pourrait s'avéré possible, mais seulement lorsqu'ils étaient seuls. En public, il ne pouvait témoigner d'un quelconque acte de gentille ou de justice envers Potter. Il le lui dit.

« J'accepte votre condition, mais j'appose la mienne. J'essaierai de faire un effort envers vous si vous ne vous comportez pas comme un gamin insolent. Toutefois, je ne peux me permettre de paraître sympathique envers vous en public. N'oubliez pas que je risque ma vie tous les jours en étant au service du Lord Noir. S'il apprend que je ''sympathise avec l'ennemi'', je serai mort dans les prochaines minutes suivant l'information.

- Cela me paraît acceptable, Monsieur.

- J'espère bien. Soyez dans mon bureau ce soir à 20h. Nous commencerons aujourd'hui.

- Très bien », répondit Harry.

Le Survivant s'en alla, rejoignant ses amis à la table de Gryffondor dans la Grande Salle.

« Que voulais Snape alors ? Je suis sûr que ce bâtard voulait te mettre une retenue seulement parce que tu semblais doué en Potions aujourd'hui.

- RON ! Ne traite pas le Professeur Snape comme ça. Tu sais très bien qu'il est un membre important de l'Ordre. Alors Harry, que voulait-il ? demanda Hermione, ne faisant pas preuve d'une patience énorme.

- Et bien… Dumbledore lui a demandé de reprendre les cours d'occlumancie avec moi. En plus, cette année, j'aurai aussi des cours de DCFM avancées.

- Et c'est ce bâtard graisseux qui va t'enseigner ça ? Mais Harry, imagine qu'il veuille te montrer des sorts n'ayant aucun impact pour que Tu-sais-qui remporte la victoire ! s'exclama Ron sous le regard désapprobateur d'Hermione.

- Ne t'inquiète pas, Ron. Je sais reconnaître les différents sorts.

- M'ouais… fais attention quand même. Quand as-tu cours avec lui ?

- À 20h ce soir.

- Hum… Harry… il est 19h50, lui signala Hermione.

- Argh ! À plus les gars.

- Reviens en vie, Harry ! », s'exclama Ron.

HPHPHP

Durant toute la journée, Severus avait essayé de réfléchir à une solution concernant Potter. Il n'arrêtait pas de se repasser en mémoire les évènements d'hier soir. Potter étouffant un gémissement de douleur, les gouttes de sang tombant sur le sol, le froid qui lui glaçait le sang. Tout. Il n'aurait d'ailleurs jamais pensé que Potter irait jusque là. Qu'il serait si malheureux avec tous ces gens qui l'entouraient, qui l'adulaient. Seulement, il n'en voyait aucune dans laquelle il pourrait ne pas s'impliquer trop. Toutes les solutions se résolvaient avec lui sympathisant avec l'ennemi. Bon... le fils de son ennemi. Il avait vainement essayé de trouver LA solution. Il avait tout passé en revu, de l'option "aller voir le vieux fou" à l'option du "je m'en foutisme, c'est que le Sauveur du monde sorcier".

Il était vraiment désespéré lorsqu'il reçu une convocation de la part de Dumbledore, le sommant de se rendre à son bureau sur-le-champ.

Pendant que Severus marchait en direction du bureau de Dumbledore, il ressassait sans cesse les milles et une idées qui lui étaient venues en tête pour aider le jeune Potter. Il s'était finalement dit qu'il pourrait bien demander un peu d'aide au vieux directeur, bien qu'il ne l'aurait jamais avoué.

Arrivé devant la gargouille gardant l'entrée du bureau, il se rappela que le mot de passe avait été changé hier, et qu'il ne s'en rappelait plus. Il commença par nommer les mots de passe les plus faciles et évidents.

« Sorbet citron. Maudit soyez-vous Dumbledore, pour changer vos mots de passe aussi souvent, pensa-t-il. Guimauve. Gâteau au citron. Limonade. Menthe au citron. Mais quel est ce foutu mot de passe. Crème glacée. » Ah, il était temps.

La gargouille le laissa finalement passer après ce énième essai. Poussant un soupir exaspéré il s'engouffra dans l'escalier en colimaçon aux pierres particulièrement froides aujourd'hui, comme si elles savaient qu'elles étaient en présence du sorcier le plus glaçant de Poudlard et ayant une humeur particulièrement massacrante, considérant ce qu'il allait demander au cher directeur.

Arrivant enfin en haut des marches, Severus s'apprêtait à cogner lorsque la porte s'ouvrit brusquement. Je hais lorsqu'il fait cela !

« Bonjour Severus. Je crois savoir que vous vous demandiez pourquoi je vous ai convoqué, mais qu'avant tout, vous vouliez vous aussi vous entretenir avec moi pour une raison précise ? Ah voyons, mon cher, ne faites pas cette tète. Vous devriez être habitué à ce que je sache toujours presque tout.

- Oui et bien, Professeur Dumbledore...

- Ne vous avais-je pas déjà demandé de m'appeler Albus ?

- Très bien, Albus, j'aurais aimé vous parler de Potter. N'avez-vous pas remarqué qu'il avait changé ? »

Dumbledore avait des yeux terriblement pétillants. Il s'amusait surtout du fait que Severus avait l'air de prendre à cœur le bien-être du jeune Harry.

« Changé ? En quel sens, Severus ?

- Bon sang Albus ! Il est supposé être votre élève favori et vous ne remarquez même pas le plus infime des changements le concernant.

- Et qu'avez-vous remarqué ?

- Potter ne va pas bien. Cela se voit. N'avez-vous pas vu ce masque qu'il essaie de garder en tout temps ? demanda Severus en soupirant.

- Oui... et non. J'ai cru voir qu'Harry n'était seulement plus aussi joyeux. Je voulais d'ailleurs vous demander si vous vouliez bien reprendre les cours d'occlumancie avec lui, Severus. Il se trouve que Voldemort reprend des forces et le fait qu'il soit conscient de son lien mental avec Harry va rendre les choses bien plus difficiles. Il a déjà trouvé le moyen de lui envoyé de fausses visions, ce qui a conduit à la mort de l'un des membres de l'Ordre, et Merlin sait que l'on a besoin d'alliés. »

Snape ne pu s'empêcher d'avoir un ricanement méprisant à l'évoquation de la mort du chien. Un membre de l'ordre... Un chien errant qui ne faisait rien. Il n'était d'aucune utilité, seule sa maison qui servait de QG nous était utile. Trop impulsif. Trop Gryffondor.

« De plus, continua Dumbledore, Harry va nécessité de cours de Potions avancées ainsi que de DCFM renforcées. Je sens que Voldemort va vouloir se venger pour ne pas avoir réussi le tuer au Ministère et pour ne pas avoir pu entendre l'entièreté de la prophétie alors qu'il en aurait eu l'occasion. »

Severus resta sceptique face aux demandes d'Albus. Lui et Potter ? Reprendre les cours d'occlumancie alors que ça avait été un total désastre l'an passé ? Devoir passer plus de temps aux côtés du Golden Boy pour des cours supplémentaires en DCFM ET en Potions ? Bon très bien, en DCFM, le gamin se débrouillait assez bien, mais en Potions ? Le morveux n'avait fait que démontrer son manque total de talent lorsqu'il était dans ses cours. Tant pis. Après tout, il n'avait pas d'autre choix que de se plier à la volonté de Dumbledore. Il enseignerait à ce gosse, aussi mauvais pouvait-il être.

Tandis que Snape songeait à ce qu'il montrerait au gamin, il se remémora la scène qu'il avait surpris la veille. Potter malheureux et, apparemment, désespéré. Il décida d'en parler un petit peu plus avec le vieux directeur.

« Albus... comme vous me le disiez tout à l'heure, le fait que Monsieur Potter ait changé n'est pas le seul point. Que comptez-vous faire pour l'aider ? Je veux dire... Si le Sauveur du monde sorcier venait à sombrer, cela serait assez ironique. Un Sauveur déjà brisé contre le Seigneur des Ténèbres dans toute sa splendeur. Je ne donnerais pas cher de notre peau à ce moment.

- Et bien, Severus, je ne crois pas me tromper si je vous dis que vous avez déjà réfléchi à sa situation, puis comme elle semble assez grave pour que vous vous en souciez et que dans votre Maison, avec les Serpentards, vous semblez relever des cas similaires, vous savez sûrement quoi faire. »

Snape eut un haussement de sourcil vaguement dédaigneux puis sortit sans plus. Ce fut un Professeur Snape passablement songeur qui enseigna son cours de sixième année Gryffondors/Serpentards cet après-midi là. Il réfléchissait surtout au comment il allait annoncer au gamin qu'il aurait des cours supplémentaires avec lui.

Pendant le cours, Severus fût particulièrement surpris de constater que le Golden Boy réussissait parfaitement sa potion, et ce, sans aide extérieure. Il n'avait même pas l'air de prêter attention à son manuel. Juste le temps de vérifier que c'était bien tel ou tel ingrédient. Bon... et bien peut-être que les cours de Potions ne seront pas totalement désespérés, songea Snape.

Lorsque la cloche signalant la fin des cours sonna, il demanda à Harry de rester un peu.

« Attendez monsieur Potter. J'ai à vous parler quelques instants, veuillez rester ici », dit-il calmement.

Severus vit Harry dire à ses amis de partir, puis lorsque le jeune Golden Boy se tourna vers lui, il lui demanda simplement :

« Vous désirez, monsieur ? » Snape fut, pendant un moment, stupéfait de voir que Potter lui parlait civilement et sans être arrogant, ni dans sa voix, ni dans son regard.

« Et bien, monsieur Potter, j'ai remarqué que vos notes, et ce dans toutes les matières, non seulement en Potions, s'amélioraient grandement…

- Est-ce mal, professeur ? répliqua Harry, sur la défensive.

- Non, évidemment. Mais qu'explique ce phénomène, comment dire, surprenant ? », demanda Snape.

Severus reçut comme seule réponse un haussement désinvolte de l'épaule venant d'Harry. Cependant, il s'y attendait un peu. Il ne fit qu'hausser un sourcil, attendant une réponse plus... verbale.

« Avez-vous réellement besoin d'une réponse, Monsieur ? Je veux dire, n'ai-je pas le droit de vouloir remonter mes notes et d'avoir un bon rendement ?

- Bien sûr… Cependant… j'ai été chargé par le directeur de reprendre les cours d'occlumancie que nous avions commencé l'année dernière. Comme je doute que cela ne plaise à aucun de nous deux, j'ai pensé pouvoir changé, une fois sur deux, la matière. Étant donné que le monde sorcier se base sur vous pour vaincre le Seigneur des Ténèbres, il faudrait que leur héro sache se battre comme il se doit », voilà, il l'avait dit. Snape n'avait plus qu'à attendre la réponse de Potter.

« Êtes-vous en train de me demander si je veux bien que vous m'enseignez de la DCFM élevée et qu'aussi nous reprendrions les cours d'occlumancie ? lui demanda Harry.

- Perspicace, Monsieur Potter. Je ne vous aurais jamais cru capable de faire preuve d'une intelligence aussi sidérante, railla-t-il.

- Je n'accepterai qu'à une seule condition, professeur.»

Ben voyons. Qu'allait encore imaginer le gosse ?

« Et… laquelle est-ce ? Qu'est-ce que notre héro national peut bien vouloir demander ? ne pût s'empêcher de dire le Maître des Potions.

- Que vous arrêtiez vos sarcasmes envers moi. Que vous me voyiez comme je suis, et non comme mon défunt père, aussi méprisant a-t-il été avec vous. Je ne suis pas lui », lui dit Potter avec un air déterminé.

Outch. Le gamin y allait fort. Cependant, après quelques secondes d'hésitation, Severus songea que tout avait un prix, peu importe le camp où tu étais. De plus, cela pourrait s'avérer possible si le gamin faisait lui aussi un effort et seulement lorsqu'ils étaient seuls tous les deux, ou au maximum, avec le vieux fou. En public, il ne pouvait témoigner d'un quelconque acte de gentille ou de justice envers Potter, cela serait suicidaire. Il le lui dit :

« J'accepte votre condition, mais j'appose la mienne. J'essaierai de faire un effort envers vous si vous ne vous comportez pas comme un gamin insolent. Toutefois, je ne peux me permettre de paraître sympathique, ou du moins, moins froid envers vous en public. N'oubliez pas que je risque ma vie tous les jours en étant au service du Lord Noir. S'il apprend que je ''sympathise avec l'ennemi'', je serai mort dans les prochaines minutes suivant l'information.

- Cela me paraît acceptable, Monsieur.

- J'espère bien. Soyez dans mon bureau ce soir à 20h. Nous commencerons ce soir.

- Très bien », répondit simplement Harry.

HPHPHP

Snape était en train de préparer et réviser ses cours pour le mois prochain lorsqu'un petit cognement le sortir de sa concentration. Il se rappela soudain des cours avancés qu'allait donner au Survivant. Et merde. Déjà 20h. Bon, allons ouvrir au gosse.

«Entrez, monsieur Potter », dit-il d'une voix plus que polaire.


À suivre...


C'était mon chapitre 1 ! Une p'tite review peut-être ? :D

Et pardon pour les possibles fautes que j'ai faites.