Hello! Comme prévu, la suite de cette fiction! Tout d'abord, merci pour vos commentaires et vos mises en favori/follow.

Juste pour vous préciser, car cette question m'a été posée dans les commentaires, il y aura des tortures, mais elles ne seront jamais décrites, ou alors, très peu. Je préfère me concentrer sur l'aspect psychologique. Désolé pour les amateurs de gore, ce n'est pas ici qu'il y aura de descriptions morbides. La fic reste quand même en rated T pour, justement, des tortures implicites.

Bonne lecture (:


Ma tête. Toujours et encore ma tête. J'ai mal, j'ai l'impression que je vais exploser. D'ailleurs, il faut bien me rendre à l'évidence : je vais exploser de rage, tout simplement ! Lorsque j'aurais totalement repris mes esprits, bien sûr. Je n'ai même pas envie de retrouver ma sérénité, quand j'y pense. Mes ravisseurs refusent toujours de m'en dire plus, et je me suis brusquement évanoui il y a…quelques heures, je pense. Je me suis évanoui après qu'une nouvelle giclée d'eau froide me soit tombée dessus. J'aurais pu hurler, mais je me refuse à leur donner satisfaction. S'ils veulent quelque chose de moi, ils vont devoir me forcer très fortement. Et surtout arrêter de me geler le corps. Ca va finir par me chatouiller, cette soi-disant torture.

-On verra bien combien de temps tu céderas, Loki, mais nous te prévenons, tu ne résisteras pas très longtemps, me glisse-t-on encore à l'oreille.

Je suis enchainé au sol, ces pourritures sont donc bien obligées de se pencher vers moi. Je me rappelle avoir assommé l'une d'elles avec ma tête. Ce qui m'a valu un mélange peu coriace d'insultes et de coups sur mon ventre. Je crois même qu'il est tout rouge. Et qu'il y a du sang qui s'échappe de certaines blessures. Il faudrait que je puisse regarder. En fait, non, je n'ai pas besoin de regarder. Je n'ai pas peur de mes ravisseurs, absolument pas peur. Ils ne sont que des moustiques doublés de monstres qui puent la mort et que je prendrais plaisir à tuer dès que j'en aurais l'occasion, donc dans peu de temps, je le sais.

La créature a apparemment vu mes pensées, et me montre ses dents. Il devrait se les récurer, vraiment. C'est répugnant !

-Nous verrons bien si tu tiens encore, Loki. Tu es fragile, et nous te percerons. Tu es à nous, maintenant, se contente pourtant de dire mon ravisseur le plus proche.

Il prend ensuite le chemin de…de je ne sais quoi, en fait. Tout est si bleu, tout est si vide et plein en même temps. C'est la définition de l'espace, tout simplement. Les autres monstres le suivent, ils sont vraiment moches à regarder, surtout de derrière !

Ah, que c'est froid !

-Imbéciles, vous croyez que je vais coopérer si vous me jetez des bassines d'eau glacée dans la tronche ?! EST-CE QUE J'AI L'AIR DE VOULOIR VOUS AIDER ?! hurlais-je de toutes mes forces, épuisant ainsi ma voix.

Mes ravisseurs n'eurent cependant pas l'air de prendre garde à mes jurons, je me demande pourquoi. Ils me connaissent visiblement, et savent que je suis un de ces monstrueux Jotuns, mais dans ce cas, ils devraient aussi craindre ma colère. Pourquoi n'ont-ils pas peur de moi ?

Lorsque je suis assuré qu'ils sont bien partis de ma…ça ne ressemble nullement à une cellule, mais je crois que je vais le formuler ainsi…cellule, je peux enfin relâcher mon corps.

Que c'est froid, que c'est sombre, que c'est humide. L'eau glacée coule sur chaque parcelle de mon corps et remplit mes plaies. En temps normal, cela m'aurait soulagé de la douleur qui pèse sur chacune de mes blessures, mais cette fois, ça ne fait qu'augmenter la souffrance que j'éprouve. Le pire, c'est que je suis tout nu et qu'aucune parcelle de peau n'est épargnée par la sauvagerie de l'eau qui me gèle. Elle n'est pas destinée à me tuer, je le sais. Est-elle destinée à me torturer, alors ? J'ai beau essayer de me redresser, les chaines m'en empêchent toujours. Impossible de se libérer, combien de temps vais-je rester enfermé dans cet endroit si bleu et si vide ? Aucun doute que ce soit l'espace, bien sûr, mais dans quelle partie de l'espace ais-je atterri dans ce cas ? Je ne connais aucun peuple qui puisse vivre dans l'espace sans se faire tuer. C'est déjà un miracle que j'ai pu survivre plus de quelques minutes dans ce vide glacial…

Vient ensuite le visage de ces créatures. Je ne peux penser qu'à cela pour essayer de découvrir l'identité mystérieuse de mes ravisseurs. Ils ne m'ont donné aucun nom, aucune information valable, j'ai juste leur apparence pour m'aider. Une apparence en partie cachée par leurs vêtements et ces espèces de masques étranges. Je me souviens avoir observé l'un de ces monstres de plus près. Ah, oui, zut, j'avais failli manquer de me rappeler que je ne pouvais pas appeler ces choses des monstres. La simple raison, c'est que je serais donc un monstre aussi. J'avoue l'être, en fait. Oui, je suis un monstre, je suis le monstre, doté d'une peau bleue et pleine d'horribles cicatrices et de tatouages. Je suis le monstre doté de yeux rouges terrifiants, qui vous dévorent l'esprit rien qu'en vous regardant droit dans vos petits iris tétanisés devant une telle monstruosité. Mais ma monstruosité, elle est déjà plus délicate que la leur.

Faisons donc un tableau de mes ravisseurs que je vais finir par tuer un jour ou l'autre. J'aurais bien envie de commencer par évoquer leur peau, quoique je ne suis plus sûr que c'en soit vraiment une. Je ne sais pas, de loin on dirait qu'ils n'ont qu'une carapace, mais de près, ils ont une espèce de peau verte et rocailleuse. Je ne saurais quelle est leur vraie peau, je n'ai jamais vu cela. J'aimerais aussi m'épargner la douloureuse vision, déjà bien abimée par leurs tortures, de leur bouche, quoique, pour être franc, je ne suis pas sûr du tout que l'on puisse appeler ça une bouche.

Je dirais plutôt que ça ressemble à une gueule, avec des crocs très mal récurés. Qui que soient mes ravisseurs mal logeurs, je leur conseillerais d'aller penser à voir un guérisseur, au moins pour vérifier que leurs dents ne souffrent pas d'un manque incontestable d'hygiène. Je me demande même si leurs femelles acceptent leurs baisers…d'ailleurs, ces créatures peuvent-elles embrasser ? Dit ainsi, on me prendrait pour dingue, mais je n'ai que ça à me demander pour ne pas sombrer dans la peur qui m'envahit.

Je n'ai aucune idée de ce qui se passe, je sais juste que…je devrais avoir peur d'eux. Vous savez, c'est un sentiment prévenant…c'est presque une alerte rouge, un truc qui clignote dans ma tête, et qui me dit d'avoir peur d'eux parce qu'ils vont me faire du mal. Qui oserait seulement faire du mal au prince d'Asgard ?

Mon cœur s'acharne à vouloir faire une crise, tant pis pour lui, je me forcerais à rester conscient jusqu'à ce que j'ai trouvé qui sont ces fichues choses sans politesse ! Leurs yeux, je n'en ai jamais vu d'aussi…verts. Je pourrais bien les comparer aux yeux des serpents, ces petites choses rampantes que l'on associe à moi, par tord en plus ! Je déteste les serpents, bizarrement. Thor n'avait qu'à pas en glisser dans mon lit quand j'étais enfant ! Mais au moins, il s'est fait remonter le marteau par Mère. Non, ne pas penser à elle. Ne pas…

Ces yeux bleus, ils me manquent. Thor a ses yeux, même Odin a des yeux semblables aux siens ! Odin, en parlant de lui…non, pas question d'aborder ce sujet, jamais plus je n'y penserais.

Revenons donc à ces créatures, ça m'évitera de penser à la seule lumière qui persiste encore à rester. Les seules lumières, mais elles sont si peu, si petites, si froides…aussi froides que la peau de ces choses. Je crois que leur peau est froide. Ils portent des casques étranges, ce ne sont même pas des masques. Du gris et de l'or par-là, mais ce ne sont pas des masques. Je me demande cela dit s'ils ont des cheveux. Ils ne doivent vraisemblablement pas en avoir, et je n'aimerais pas les voir, en fait. Déjà qu'ils n'ont pas d'hygiène de bouche, je n'imagine pas les bêtes qui pourraient trainer sur leurs cheveux.

Et puis, il y a aussi ces petites pierres violettes incrustées dans ce qui leur sert de peau. J'ai beau me poser la question, je ne sais toujours pas à quoi ça leur sert d'avoir des pierres enfoncées dans le corps. Peut-être est-ce une forme d'énergie, ou peut-être est-ce pire ? Ou moins pire ? Dans tous les cas, je dois bien avouer que ça m'intrigue. Je n'ai jamais vu rien d'aussi semblable que cela par le passé, et pourtant, je vis depuis quelques milliers d'années. Bizarrement, je commence vraiment à les regretter, ces années-là. Non pas parce que les bras de Mère pourraient encore me rassurer, ni les petites escapades nocturnes avec Thor pour tenter d'apprivoiser les animaux, ou encore je ne regrette absolument pas qu'Odin me porte sur ses épaules en me montrant l'étendu du royaume et les étoiles, ni la mine stoïque ou amusée d'Heimdall à chacune de mes questions, mais…comment dire…si, c'est tout cela qui me manque. Quel pathétique homme je fais, non ? Forcé d'admettre que le petit Jotun monstrueux que je suis veut simplement rentrer à la maison et retrouver la douceur du cocon familial…je me l'accorde, je deviens de moins en moins moi à chaque seconde de cet saleté d'espace-temps !

Il faut que je me reprenne, ou je vais me perdre, et cette fois, je ne sauterais pas d'un pont, et personne ne pourra me rattraper. Cette fois, je mourrais de folie.

Parce que la folie est apparemment ma seule amie du moment…


La suite jeudi prochain!

Les commentaires sont les bienvenus pour réconforter Loki!