Le chapitre précédent était un prologue, j'avais oublié de le préciser. Je précise également qu'il ne faudra sans doute pas vous attendre à beaucoup de combats et/ou scenes d'actions, parce que c'est un registre que je ne maîtrise pas encore bien. Mais j'essaie de m'y atteler ^^
Les souvenirs d'Obi-Wan le ramenèrent une dizaine d'années en arrière, lors de sa première mission en tant que chevalier jedi. Un an après l'épisode de Naboo - et la perte de son ancien maître - et après avoir confié Anakin au temple pour le début de sa formation, Obi-Wan partit sur Liman, une planète du système correlien afin d'y retrouver un ami qui lui avait donné rendez-vous là-bas. Obi Wan en était content. Il allait pouvoir sortir de l'espace confiné, étouffant et bien trop calme du temple. Et accessoirement revoir un vieil ami.
Liman avait changé depuis qu'il y était venu avec Qui-Gon, alors qu'il était un jeune adolescent. Cerolya, la capitale, avait presque doublé. Le pays s'était industrialisé et l'expansion en était surprenante. Le jedi avait du mal à retrouver ses anciens repères. Il allait avoir besoin d'un guide. Il regarda autour du lui, le spatio-port était presque vide. Il se dirigea vers un homme qui s'affairait devant un vaisseau. Il lui expliqua qui il était et où il devait se rendre.
-Ma copilote est libre de vous y conduire, répondit-il en indiquant une personne non loin de lui. Il regarda la jeune femme. Son visage paraissait encore juvénile. Elle était à peine sortie de l'enfance. C'est du moins la première impression qu'il avait eue.
-Vous n'avez personne d'autre qu'une fillette à me conseiller ?
Malheureusement pour lui, elle avait entendu. Elle déposa violemment la caisse qu'elle portait sur le sol.
-Fillette ? Qui appelles-tu fillette jedi ? jura-t-elle en croisant les bras.
-Vous êtes bien jeune pour piloter un vaisseau !
-Et bien tu n'as pas d'autre pilote sous la main, alors il faudra t'en contenter !
-Reste polie avec les clients Atsukan, intervint l'homme. C'est ton gagne-pain quotidien. Ma sœur pilote depuis qu'elle a huit ans. Je lui confierais ma vie les yeux fermés.
Obi-Wan s'en voulait de s'être montré vindicatif. Il perdait plus souvent son calme depuis la mort de son maître. Comment pouvait-il juger les capacités de la jeune femme d'après son âge ? Yoda était-il jugé sur sa taille ? Etre resté plus d'un an au temple sans action avait commencé à le rouiller.
-Pardonnez mon ton agressif demoiselle.
-Tu parles ! Toujours les même vous les jedi ! Vous êtes tellement sûr de vous-même !
-Atsu !
Elle décroisa les bras et remonta dans son vaisseau.
-Vous l'avez vexée jedi. Je suis désolé de ne pouvoir vous aider mais j'ai d'autres engagements. Si vous n'êtes pas pressé, je vous conseille la gare de Pressius.
-Je dois y être cet après-midi. Pourrait-elle changer d'avis ?
-Autant se risquer à dompter un wookiee.
Après tout c'était sa faute. Il remercia l'homme et continua sa route.
Une fois à Pressius, il trouva un transport mais bondé. Il n'aimait pas trop les transports en commun citadins, mais après tout il n'avait pas le choix, c'était le seul transport disponible. Son ami Dexter l'avait pourtant mis en garde contre la fierté des correliens mais il ne l'avait pas écouté. Au moins, s'il pouvait être à l'heure à son rendez-vous, tout n'était pas perdu. En regardant le paysage défiler, Obi-Wan repensa à sa mission. Lémi avait contacté le conseil jedi car il avait des informations importantes à transmettre. Il n'avait pas voulu en parler par hologramme. Obi-Wan le connaissait assez pour savoir que cela devait être important. Il s'était proposé pour rencontrer leur contact et après s'être assuré qu'Anakin était entre de bonnes mains au temple, il avait reçu l'accord de faire cette mission seul. Yoda lui avait dit de faire confiance à la Force, car il ne pouvait plus compter sur l'attention et la garde de Qui-Gon. Yoda ressentait-il les appréhensions d'Obi-Wan ?
Pour honorer son dernier vœu, Obi-Wan avait pris sur lui de former Anakin quitte à s'opposer au conseil jedi. Il ne savait pas s'il allait être à la hauteur, il se sentait encore apprenti. Et pourtant, depuis un an, il était devenu un chevalier jedi, plus seulement un padawan. Son maître lui manquait tous les jours. Après douze ans de duo avec Qui-Gon Jinn, il devait maintenant apprendre à réagir seul. A l'approche de sa destination, il avait un étrange pressentiment.
Le jour suivant, alors qu'elle regardait la chaîne nationale dans un bar, Atsukan découvrit la photo du jedi qu'elle avait rencontré la veille. Ce dernier était recherché mort ou vif pour avoir tenté de tuer le sénateur.
-Je ne peux pas le croire ! chuchota-t-elle à son frère.
-Moi non plus At'. Aussi hautains que peuvent l'être les jedi, ils ne servent que la justice.
-Où a-t-il dit qu'il devait se rendre ?
-Pourquoi ? Son sort t'importe ?
-S'il lui est arrivé quelque chose parce que j'ai fais montre d'irrespect, alors oui.
-Tu as de la chance, on doit s'y rendre pour se ravitailler. Mais il est fort improbable qu'on le rencontre à nouveau.
-Tu sais moi et les probabilités.
La jambe en feu, Obi-Wan ne comprenait toujours pas comment il avait pu se mettre dans une telle situation. Quelque chose avait mal tourné. C'était une mission simple, comme il aurait aimé en avoir plus souvent. Pourtant, depuis la veille, il se cachait. Il n'avait pas le choix. Se reposant un instant, il essaya de faire le bilan de la situation. Il avait retrouvé son ami Lémi, mais n'avait pas eu le temps de parler longtemps avec lui quand ils avaient été tous deux pris pour cible. Mortellement blessé, Lemi lui avait confié une petite disquette. Lui-même touché à la jambe, Obi-Wan avait eu du mal à semer son assaillant. Il n'était pas vraiment arrivé à voir son identité, mais en déduisit que c'était peut être un chasseur de primes. Son instinct lui avait dicté de s'enfuir et de se cacher. Il s'était toujours fié à son instinct. Cela lui avait sauvé la vie par le passé. Tant que la Force était avec lui…
Lorsqu'il aperçut un landspeeder sans personne à coté, il ne réfléchit pas longtemps. Le vol n'était pas apprécié par les jedi, à moins d'y être contraint. La survie de sa mission et de sa propre vie en dépendant, il s'approcha prudemment de l'engin. Après un dernier regard de chaque côté, il jeta sa bure dans l'engin prêt à sauter dedans à son tour.
-Même pas en rêve !
Quel idiot ! Il avait réussi à se faire prendre. Depuis quand avait-il cessé d'être prudent ? Le canon d'un blaster sur la tempe, il se retourna doucement. Cela ne pouvait pas être pire : la jeune femme qu'il avait insulté la veille.
-Vous savez que votre tête est mise à prix ? Et la somme est plutôt rondelette. Je pourrais enfin avoir mon propre vaisseau.
-Qu'est-ce qui vous en empêche ?
Elle baissa sa garde à la surprise d'Obi-Wan.
-Ton joli minois, jedi. Suis-moi ! On va t'aider à te cacher.
Il récupéra sa bure et allait la remettre quand un tir retentit et toucha le bras d'Obi-Wan qui s'écroula autant par la surprise que par la douleur. Il essaya de se concentrer et utilisa la Force pour trouver l'origine du tir.
-La-haut ! Sur le toit !
-Pas le temps mon joli on dégage de là ! dit-elle en le tirant derrière le landspeeder.
Elle alluma son comlink.
-Rizel ! Viens nous chercher immédiatement !
-Tu l'as trouvé ?
-C'est plutôt lui mais je t'expliquerais plus tard !
-Je vois ta balise sur l'écran. Je suis là dans deux minutes. Tu tiendras ?
-Pour qui tu me prends ? J'aurais largement le temps de faire du tricot !
Obi-Wan n'arrivait plus à penser, ni à décider. Il était en train de confier sa vie à deux parfaits inconnus. Et pourtant, à l'instant T, il n'avait pas d'autres solutions. Il était blessé, en possession d'une disquette apparemment compromettante et en plus, d'après les dires de sa sauveuse, une prime était désormais sur sa tête bien qu'il n'en connaisse pas les raisons. Est-ce que la situation pouvait être pire ?
En attendant son frère, la jeune femme regardait le haut du toit qu'il lui avait indiqué. A un moment elle visa, tira et les tirs se firent alors moins précis. Avait-elle réussi à blesser le tireur ? Il ne pouvait pas le croire.
-Vos sabres laser ne peuvent pas faire ça, nargua-t-elle. Rien ne veut un bon blaster, plaisanta-t-elle malgré la situation. Tenez-vous prêt, Rizel est là !
Il vit le vaisseau apparaître au-dessus d'eux et elle l'aida à se mettre debout. Il ramassa sa bure qui contenait la disquette qui avait coûté la vie à son ami et se dirigea aussi vite qu'il le put vers la porte du vaisseau. Un dernier tir le toucha au mollet et il tomba juste à l'entrée du vaisseau, inconscient.
Quand il s'éveilla, il se demanda d'abord où il était. Les douleurs lancinantes de sa jambe et de son bras lui rappelèrent qu'il avait échappé de peu à la mort. Et qu'il avait été assez inconscient pour ne pas prendre garde. Yoda serait furieux. Quel débutant irréfléchi il faisait ! Lui qui avait affronté et vaincu un sith ! Cela pouvait être pardonné à un padawan, mais à un chevalier jedi…
Il se releva et vit le frère de sa sauveuse. Ce dernier examina sa blessure du mollet.
-C'est pas méchant, vous serez vite sur pied.
-Il n'y a qu'un seul chasseur de prime capable de tirer aussi bien même avec une blessure : Berfod Amodi.
-Vous semblez bien les connaître, dit-il en grimaçant alors qu'elle lui confectionnait un bandage.
-Mon frère et moi sommes souvent amenés à les rencontrer.
-En êtes-vous ?
-Nous sommes des contrebandiers quand notre compte en banque vient à s'épuiser.
Des contrebandiers. C'était mieux que des chasseurs de prime. Mais quel était leur degré d'intégrité ?
-Qui êtes-vous ? Pourquoi m'apportez-vous votre aide ?
-Je suis Rizel Falca, capitaine de l'Intrépide dans lequel vous vous trouvez actuellement.
-Et la jeune fille qui tire mieux qu'elle ne parle ?
-Tiens je ne suis plus une fillette ?
-Je dois dire que non, avoua-t-il sans honte.
Cela parut lui satisfaire.
-Atsukan Falca. Mais ne vous avisez pas de m'appeler Atsu ! On vous aide mais on n'est pas amis !
-A l'heure actuelle, j'ai autant besoin d'aide que d'amis.
Rizel jeta un regard à sa sœur. Elle acquiesça de la tête.
-Vous êtes recherché par la garde Limanienne pour avoir tenté de tuer le sénateur.
-Qui ? Le … Mais je ne sais même pas qui c'est !
-Pourquoi deviez vous aller à Rima ? interrogea Rizel.
Obi-Wan hésita à se confier à eux. Le bon sens qui dictait de se méfier, mais quelque chose dans son cœur lui disait qu'ils devaient leur faire confiance.
-Vous pouvez vous taire, mais si vous voulez notre aide, il faut nous dire dans quoi nous allons nous embarquer.
-Je ne le sais pas moi-même, soupira Obi-Wan.
Il grimaça encore en essayant de se mettre debout, mais il avait surpassé ses capacités et serait tombé si elle ne l'avait pas retenu.
-C'est un peu tôt mon joli.
-J'en ai l'impression, reconnut-il.
Il se rassit sur son lit, soupira et commença à parler.
-Je devais retrouver un ami à Rima. Mais il a été tué avant d'avoir pu me parler.
-Était-il connu ?
-Lémi travaillait pour le ministère. Il était le contact du conseil jedi pour Liman. Rien de bien dangereux. Cela n'aurait pas dû arriver, ajouta-t-il dans un murmure.
-Je suis désolée, jedi, dit-elle soudain, la voix adoucie.
-Est-ce que je pourrais utiliser votre comlink ? Je dois joindre le conseil.
-Tant qu'on est ici, c'est impossible. Les communications hors Liman sont strictement contrôlées par le gouvernement, expliqua Atsukan.
-Depuis quand ?
-Depuis que vous êtes recherché ! rajouta Rizel.
-Mais je sais où on peut en utiliser un sans danger.
-N'y pense même pas Atsukan Falca !
Obi-Wan avait dû abandonner son uniforme jedi et avait enfilé des vêtements de Rizel. Il ne les aimait pas trop, il n'était pas à l'aise de ses mouvements dedans. Il suivait de très prés celle qui allait lui permettre, s'il ne rencontrait pas de nouveaux obstacles, de mettre le conseil au courant. Il n'avait pas encore pu regarder ce que contenait la disquette de Lémi car il ne voulait pas mettre la fratrie Falca au courant.
-Ce club est totalement illégal. Mais l'administration le tolère pour deux raisons. Il génère beaucoup de profits. Et se mettre un Hutt à dos n'est pas du tout conseillé.
-Pourquoi votre frère n'aime-t-il pas que vous veniez ici ?
-Il cherche toujours à me protéger contre tout, essaya-t-elle de justifier. Rizel n'aime pas faire affaire avec Humes parce que ses prix sont exorbitants. Mais question discrétion, il n'y a pas mieux.
-Est-ce que je risque d'être écouté ?
-Pas par moi en tout cas, affirma-t-elle pour le taquiner.
-Je parlais de Humes.
-Je sais. Ne soyez pas trop long, cela éveillera moins les soupçons, plaisanta-t-elle.
-Donc je dois me méfier de tout le monde et ne faire confiance à personne ?
-C'est la seule loi à respecter pour rester en vie dans ce monde.
Il espérait le contraire. Ne faire confiance à personne…autant aller vivre en ermite sur la planète la plus inhospitalière et éloigné de toute la galaxie.
Obi-Wan ne put savoir combien Atsu donna pour qu'il puisse joindre le conseil, mais il se douta qu'il allait être redevable de pas mal de crédits.
-Le gouvernement de Liman est agité. Le vice-sénateur affirme t'avoir vu tenter de tuer le sénateur. Nous n'en croyons pas un mot, mais Liman refuse de rencontrer un de nos représentants. Nous allons essayer de plaider ta cause auprès du sénat.
-Le Sénat ne se mêlera pas de ce genre d'affaire. Le chancelier Palpatine a déjà bien à faire pour maintenir l'ordre.
-Je crains que tu ne doives compter que sur toi-même Obi-Wan, annonça Macé. Essaie de voir ce que contient la disquette de ton ami. Si cela lui a coûté la vie, ce n'est pas sans raison.
-Etre prudent, tu dois.
-Je vais mener l'enquête. Maitre Yoda, dites à Anakin que je ne l'oublie pas.
-Inquiet pour toi, il est. Le rassurer, nous allons. Que la force soit avec toi, Obi-Wan.
Il était bloqué sur Liman, sa tête mise à prix, avec deux contrebandiers pour seul aide et il ne pouvait pas vraiment compter sur la Force, à moins de vouloir se faire repérer. Ses premiers pas en tant que chevalier jedi étaient plutôt agités.
Liman (et les noms de villes associées) est une pure invention. J'ai lu sur internet que le système correlien serait composé de cinq planètes. J'en ai utilisé une dans le prologue, mais j'ai préféré créer la mienne pour le récit d'Obi-Wan dans le passé, plutôt que d'en utiliser une et faire du copier/coller de l'univers étendu que, je répète, je n'aime pas vraiment (même s'il y a des choses sans doute acceptable et même bonne).
Il m'arrive de faire des clins d'œil aux films. Quant à vos critiques, je suis toute ouïe.
