Chapitre 2 : Conversation à cœur ouvert.
Derrière la porte, Cuddy entendit la petite phrase de House mais ne la releva pas. Elle se tourna vers Lucas et se dirigea avec lui vers le salon.
« Il savait que tu étais là. »
« Je ne lui ai rien dit. »
« Pourtant ce n'est pas un hasard s'il s'est pointé ici. »
« Je te jure que je ne lui ai rien dit. Tu as vu sa tête aussi bien que moi. Il était surpris. »
Cuddy soupira. Lucas poursuivit :
« Ça te contrarie qu'il nous ait vus ensemble ? »
« Non, je m'en fiche. Mais tu connais House, il va me poursuivre avec ça et ne plus me lâcher. Il va faire son insupportable… »
« Donc ça te contrarie... »
Elle eut un geste d'impuissance.
« Dis-moi, cette histoire d'enquête entre vous, ça va durer encore longtemps ? »
« Tant qu'il me paie… »
« Il t'a payé pour coucher avec moi ? »
Lucas eut un sourire. « Pour ça, il n'a pas besoin. Tes arguments m'ont largement convaincus. »
Son regard suggestif sur sa personne à cet instant en disait plus long qu'un discours.
« Alors House a raison. Je suis un bonus. »
« Et alors, qu'est-ce que ça peut faire ? Je rencontre une belle femme intelligente qui me plaît. Je n'ai pas raison de vouloir tenter ma chance ? »
Cuddy fit une petite moue. « En effet, quel idiot tu aurais été de passer à côté d'une occasion pareille … »
« Hé, je ne t'ai forcé à rien ! Tu as consenti à déjeuner avec moi, puis à me revoir… Tu aurais pu à tout moment m'envoyer balader si je ne te plaisais pas. D'ailleurs, tu savais où tu mettais les pieds… » Le détective sembla réaliser soudain quelque chose. « Hé, attends une seconde, je viens de comprendre un truc… C'est moi que tu utilises ! Tu veux rendre House jaloux ! »
Cuddy sourit et ignora son assertion. « En même temps, House est peut-être venu ici parce qu'il voulait parler à quelqu'un. Il n'a plus Wilson pour ça… »
« C'est ça… Je comprends maintenant le jeu du chat et de la souris auquel vous vous livrez tous les deux. Je ne suis qu'un pion entre vos mains, hein ?
Le sourire de Cuddy s'élargit.
« Tu m'en veux ? »
« House a raison de dire que tu es machiavélique… » Il se mit à rire et s'approcha d'elle pour la prendre par la taille. « Après la soirée splendide que je viens de passer, je n'arrive pas à t'en vouloir. »
« Il ne manquerait plus que ça... »
Lucas eut un sourire. « Plus sérieusement, pourquoi fais-tu ça ? »
« Rien que pour le plaisir d'emmerder House. »
Lucas secoua la tête dubitativement.
« Parce qu'il t'en fait voir de toutes les couleurs ? Je n'y crois pas. Alors ? »
« Il joue avec moi constamment. Pourquoi ne lui rendrais-je pas la pareille ? »
« Au fonds, tu l'aimes bien. »
Cuddy éclata de rire. « Franchement, tu connais une seule personne qui apprécie House ? »
« Non, c'est clair, mais vous deux, vous ne jouez pas dans la même catégorie qu'avec les subalternes. C'est un niveau au-dessus. »
« C'est normal, je suis sa patronne. Je ne veux pas qu'il ait de prise sur moi car il n'hésiterait pas à l'utiliser contre moi à son avantage. »
« Demi mensonge. Tu veux la même chose que lui en fait. Vous m'avez l'air d'être sacrément tordus tous les deux… »
« C'est lui, le tordu ! La plupart du temps, je ne fais que de me défendre ! »
« Non, je ne parlais pas de ça. J'ai remarqué qu'il y avait de l'électricité dans l'air quand vous étiez ensemble, et ça n'a rien à voir avec toutes vos prises de bec… C'est autre chose et c'est beaucoup plus personnel… »
Cuddy sembla gênée. Le détective venait de soulever un point intéressant. Il posa un doigt sur le front de la jeune femme.
« Lisa, y'a pas marqué S.P.A. ici... Regarde le mal qu'il a fait à Wilson alors qu'il se disait son ami. Tu vas droit dans le mur si tu continues sur cette pente savonneuse. »
« Douglas, House n'a personne. Je le connais depuis plus de vingt ans, je sais comment il fonctionne, je peux le gérer.
« Tu en es si sûre que ça ? »
« Oui, et en quoi ça te regarde que je cherche à le protéger ? »
« Je t'aime bien. Tu es une chouette fille et il ne te mérite pas. »
Cuddy eut une moue ironique. « Mouais, s'il fallait compter sur ce critère pour obtenir tout ce qu'on veut…
« Tu ne sais même pas si House t'apprécie. »
« Puisque tu es l'observateur extérieur et que tu as côtoyé House, dis le moi : est-ce qu'il m'apprécie ? »
« Il s'intéresse à toi. »
« Oui, en me reluquant sous toutes les coutures et en me faisant des remarques déplacées en permanence... »
« Ce n'est qu'un symptôme comme vous diriez. Il s'intéresse à toi parce qu'il te respecte malgré tout ce que vous pouvez vous dire. »
Cuddy sembla déstabilisée mais elle savait au fonds d'elle-même que le détective avait raison.
« A-t-il été jamais cruel avec toi ? » reprit-il.
« Une fois, mais je l'avais mérité. »
« Seulement une fois ? »
Cuddy secoua la tête. « Pourtant il ne suit jamais mes conseils. Il écoute à peine ce que je lui dis. Et il ne rate pas une occasion de me railler. Et son plan pour avoir des renseignements sur moi… »
« … a échoué. Ce qui s'est dit ou passé ce soir restera entre toi et moi. »
« Merci pour ta discrétion. »
Ils échangèrent un baiser.
« Il n'en sait probablement rien lui-même, mais il t'aime bien. Il n'y a qu'à voir sa réaction ce soir pour s'en convaincre. Tu vas exploiter cette info contre lui ? »
« Douglas, j'essaie juste de le protéger... D'abord des autres, c'est la partie la plus facile ; ensuite de lui-même mais il ne me laisse pas l'aider. »
« Peut-être qu'il ne veut pas être aidé ? »
« C'est ça, on peut rester éternellement misérable dans son coin... » Dit elle avec sarcasme. « Ecoute, je sais qu'il ne veut pas vivre comme ça contrairement à ce qu'il laisse croire. »
« Non, il veut que les autres soient aussi malheureux que lui. »
Cuddy baissa la tête. Le détective venait de marquer un point.
« Le tout est de savoir quand il y parviendra avec toi. Tu ne t'en sortiras pas sans égratignures, tu en es consciente ? »
« Le jeu en vaut quand même la chandelle, non ? »
Le détective ne répondit pas et baissa les yeux en comprenant les implications de sa décision. Doucement, Cuddy l'embrassa sur la joue et se dégagea de son étreinte avant de retourner dans sa chambre, seule. Lucas ramassa ses vêtements éparpillés dans le salon, s'habilla et quitta la maison de la jeune femme.
A suivre...
