Pairing : Izaya x Mikado.

« Ainsi donc tu es le leader des Dollars ? », railla Izaya. Mikado observa ses longues jambes moulées par son jean sombre. Les souvenirs de ses ébats avec le jeune homme le hantaient.

« Je m'en doutais », reprit sereinement Izaya en observant le ciel velouté parsemé d'étoiles. « Mais n'éprouve-t-on pas toujours une émotion étrange à voir nos soupçons se concrétiser ? »

Mikado acquiesça. Il aurait voulu goûter à nouveau la chaleur suave d'Izaya, laper son parfum amer à même sa peau, s'enivrer à en oublier son nom. Aucun de ces souhaits n'était décemment dicible, aussi demeura-t-il silencieux.

« Tu es plus intelligent que je ne le pensais », admit Izaya et ses yeux rencontrèrent ceux de Mikado, qui sentit aussitôt son pouls s'accélérer. Le rougeoiement contenait une part non négligeable de cynisme et au moins autant de luxure. Mikado les imputa à son imagination et à son propre désir, qui courait en lui tel un venin.

« Tu n'es pas très bavard, ce soir… » Ce disant, Izaya s'était approché de lui.

« Je suis un peu fatigué… », biaisa Mikado, s'efforçant de ne pas tressaillir. Le jeune homme était si proche qu'il percevait son odeur, la tiédeur de son corps parfait sous ses vêtements ajustés, ainsi qu'une indéniable onde de danger.

« Tu devrais rentrer te coucher, dans ce cas », susurra Izaya au creux de son cou qu'il mordit avant d'attirer vivement Mikado à lui, reculant jusqu'à heurter un mur et refermant alors ses bras de manière implacable autour du garçon qui haletait, déboussolé et perclus de désir.

« Je vais rentrer, Izaya-san », annonça Mikado avec un manque de conviction qui fit éclater de rire son compagnon cependant qu'il tentait de se dégager.

« Je ne crois pas, petit Mikado… », murmura Izaya et il vit le garçon blêmir lorsqu'il reconnut la froideur d'une lame contre son cou. La ruelle dans laquelle il les avait entrainés était sombre et à l'écart des avenues illuminées et animées où il faisait bon flâner le soir venu. Ils étaient dans un écrin d'ombre qui les soustrayait à tout secours pour l'un, toute nuisance éventuelle pour l'autre. La réalité a toujours deux visages et c'est cette ambigüité contenue dans le cœur des hommes qui suscitait autant la curiosité d'Izaya. C'était également ce pourquoi il était autant attiré par Mikado, dont il avait pressenti la dualité dès le premier instant.

« Que ressens-tu en ce moment ? », interrogea-t-il en essayant avec un succès mitigé de dissimuler son avidité quant à la réponse que Mikado allait lui fournir. Comme bien souvent, sa curiosité devenait consistante à en porter le nom de désir et ce désir, brutal, impérieux, ne pouvait jamais être totalement apaisé.

Mikado déglutit nerveusement et son regard se vrilla à celui d'Izaya, empli de folie. La frayeur rendait son visage doux plus pâle que jamais. Il sentit l'index libre de son compagnon en tracer délicatement le contour, ce genre de geste tendre qui annonce la violence la plus brute.

« Je… J'ai peur… », répondit-il dans un souffle.

Les yeux grenat luisirent.

« Seulement de la peur ? », insista Izaya, qui sentait contre lui, entre leurs deux bassins étroitement pressés, la manifestation du désir que cette situation de domination incontestable inspirait à Mikado. Il souligna la conscience de son érection en frottant lentement sa cuisse contre l'entrejambe du jeune homme.

« C'est indécent… », murmura Mikado en haletant. Au fond de lui, il ressentait ce brasier d'avidité qu'il ne reconnaissait que trop. Il avait envie que Izaya le possède, en dépit de toutes les objections de sa conscience, de la morale, du bon sens qui s'égrenaient en lui, litanie que la faim supplantait sans difficultés aucunes.

« Ce n'est que l'expression d'une émotion, c'est parfaitement naturel », argumenta Izaya en cessant le mouvement de sa jambe qu'il remplaça avec ce même naturel qu'il venait d'évoquer par sa main. Mikado étouffa un gémissement. Les mouvements des doigts d'Izaya, même au travers de ses vêtements, lui procuraient de délicieux frissons. Il se mit rapidement à trembler, alors que les attouchements se précisaient. Finalement, la main fine et froide d'Izaya se glissa sous le tissu, franchi les quelques millimètres textiles de décence qui les séparaient de l'érection de Mikado. Mikado, le garçon qui se faisait masturber dans une ruelle, par le psychopathe le plus cruel d'Ikebukuro.

« Tu te souviens de la canicule, Mikado ? »

Son prénom était murmuré avec tant de licence, le visage d'Izaya si proche que son souffle échouait sur son cou, que Mikado avant de répondre se mordit la lèvre avec une parfaite, exquise expression de culpabilité. Izaya contint son sourire. Assurément, il se souvenait.

« Je me souviens qu'il faisait très chaud… », balbutia le jeune adolescent et Izaya ne put empêcher un rire sincère quoique cynique de s'échapper de ses lèvres.

« Tu es si innocent », dit-il et le mot était énoncé avec autant de désir que de mépris. « Je saurai détruire cela aussi. »

Et sur cette sibylline conclusion, il happa voluptueusement quoique rageusement les lèvres de Mikado pour ce genre de long baiser torride qui les privait d'air. Les joues du plus jeune étaient écarlates lorsqu'il prit fin. Il avait joui.

« Nous devrions aller autre part, puisque tu es si embarrassé », décida Izaya. Lorsque Mikado protesta, son expression se durcit et devint menaçante.

« Ne crois pas que tu aies le choix, petit Mikado. »

Son sourire sardonique familier fleurit sur son visage et il tira Mikado, qui sentit dans son dos la pointe effilée du couteau d'Izaya. Lorsqu'ils regagnèrent l'avenue la plus proche, Mikado battit convulsivement des paupières, se réacclimatant à la lumière et aux bruits, à la vie pleine de la ville, alors même que le plaisir s'attardait en lui en échos dévastateurs. Son trouble mit plusieurs minutes à dissoudre, après lesquelles il réalisa combien ses vêtements étaient débraillés. Il réfléchit au halo de luxure qui devait baigner son visage et un sentiment de gêne accru se distilla en lui. Il coula un regard en direction d'Izaya, que cet état de fait ravissait.

Finalement, ils se trouvèrent devant un love hotel et Mikado ne put freiner un mouvement de recul. Il perçut la sensation aigue de la pointe du couteau, dans son dos. Le danger l'excitait, d'une certaine façon, parce que c'était la nature véritable d'Izaya et que tout ce qui avait trait au jeune homme s'appelait pour Mikado « érotisme ». Tout ce qu'il avait cru désirer auprès d'Anri, c'était avec Izaya qu'il l'expérimentait d'une façon violente mais indéniablement exaltante, et il réalisait à la lumière de ses récents sentiments que ce qu'il éprouvé pour elle n'était rien de plus que de l'amitié. Comment aurait-il pu sacrifier ce brasier qu'allumait l'homme le mieux informé d'Ikebukuro aux joies en demi-teinte d'une relation avec Anri ?

« Mikado, tu es comme le sucre, tu as un goût unique sur la langue… Un peu écœurant et malgré tout addictif. »

Les joues du plus jeune prirent une teinte d'un rouge soutenu. Izaya lécha à nouveau ses testicules et il fourmilla de plaisir des pieds à la tête. Son amant glissa un doigt inquisiteur en lui et il se cambra, un bref soupir de plaisir se frayant un chemin entre ses lèvres empourprées par les morsures. Comme de coutume, Izaya semblait se délecter de sa frustration grandissante et il le regardait cruellement se débattre dans son désir, jusqu'à atteindre un point de non-retour au-delà duquel il ne répondait plus de ses actes.

Se soustrayant aux caresses sensuelles d'Izaya, Mikado appuya sur ses épaules pour qu'il s'allongeât et le jeune homme se mit complaisamment sur le dos, savourant le spectacle qu'il lui offrait.

Mikado venait de déboutonner son pantalon, avait extrait son sexe et le suçait avec une langueur attisée par la faim. Puis, vaincu par son appétit, il se redressa, se mit à califourchon sur Izaya et s'empala sur lui avec un long gémissement venu du plus profond de lui. Il bougea des hanches et les bruits d'appréciation qu'il faisait étaient presque des sanglots tant le soulagement inondait sa poitrine. Il commença à se caresser, mais Izaya le relaya, exécutant une pression plus ou moins soutenue sur son gland pour provoquer des cambrements. Mikado se répandit sur son torse. Izaya eut un sourire carnassier qui se fana lorsque l'adolescent se pencha pour laper sa semence, laissant des sillons humides sur sa peau et gravant une luxure sans pareille sur sa rétine. Ses yeux s'embrasèrent de concupiscence et il renversa Mikado sous lui afin de le pénétrer avec plus de force. La tête de son amant s'agitait en tous sens, ses cheveux se froissant et il les lui tira férocement pour découvrir sa gorge qu'il mordit, fondant sur lui avec toute la bestialité d'un fauve sur sa proie.

« Tu n'es pas une bonne personne, Mikado-chan… », susurra-t-il. « Et on paie toujours le mal que l'on fait. »

Il donna un puissant coup de reins et, au paroxysme du sadisme et du plaisir, il jouit dans les entrailles de son jeune amant. Mikado feula, poussant un long soupir lorsqu'Izaya se retira.

« C'était… c'était très bon. »

Il avala sa salive dans le vain espoir de calmer sa gorge en feu.

« Je suis d'accord avec Mikado », acquiesça Izaya.

Et il se mit à jouer avec son couteau, une expression de pure malveillance, mêlée de désir, envahissant son visage.

Dialogue alternatif :

« Tu te souviens de la canicule, Mikado ?

-Oui, des vieux sont morts.

-Je me suis occupé de ça aussi », dit Izaya en souriant machiavéliquement.