La journée s'annonçait mouvementée en cette matinée, comme pour chasser le dur labeur qui l'attendait, une jeune fille ouvrit difficilement ces deux volets en vieux bois. Les quelques rayons de soleil qui se dardèrent sur son visage, l'éblouissant légèrement, la firent fermer les yeux, elle papillonna vivement ses pâles paupières avant de s'habituer à cette lumière naturelle. Admirant courtement ce paysage qu'elle connaissait tant, elle se remémorait les doux souvenirs d'une enfance heureuse, rythmée par des jeux et des amitiés durables. Mais elle ne s'attarda pas plus, devant troquer sa simple chemise de nuit grise contre une robe, taupe et bleutée, légèrement usée au niveau des manches, avec à la taille noué un tablier de lin blanc taché à certains endroits. Après s'être légèrement époussetée, elle fut finalement prête à affronter cette nouvelle journée.
Une voix féminine retentit du rez-de-chaussée, semblant interpeller l'adolescente d'un ton agacé.
« Mamori ! Descend, j'ai besoin de toi ici ! »
Un court soupir s'échappa de ses lèvres rosées, le travail l'attendait déjà en ce prologue matinal. Elle dû donc descendre une à une les fines marches de l'escalier en bois de la vieille longère, en pierre brutes, grinçant sous ses pieds nus. Ces derniers rencontrèrent bientôt la douceur d'un petit tapis bleu nuit, ils bougèrent doucement pour apprécier ce nouveau contact.
« Ne reste pas plantée là voyons ! Je dois m'en aller aider ton père avec le cheval, tu sais bien avec son dos… »
Ses yeux se fermèrent face à ce discours se faisant de plus en plus répétitif ces temps-ci. Un sourire se dessina grâce au mouvement de sa bouche, cela réussissais à la toucher, cette inquiétude, preuve de l'attachement que sa mère avait envers son père, était véritablement ce qui lui montrait que l'amour pouvait s'apprendre au fil du temps. Après tout, cette femme à la chevelure blonde avec des tendances grisonnantes, réussissait à éprouver un peu plus que de la sympathie pour ce mariage loin d'être bâti avec de véritables sentiments. Celui-ci étant le fruit d'un grand altruisme. Il l'avait recueilli, elle, cette personne qu'on appelait catin de par sa grossesse, symbole du pêché. Mais, lui qui maintes fois l'avait admirée de loin, ne pu s'autoriser à ne pas saisir cette chance, celle de lui venir en aide, et ainsi devenir à ses yeux un héros. D'après les dires de l'ancienne déshonorée, les débuts furent difficiles, s'habituer à une nouvelle présence, surtout masculine ainsi qu'à une vie de ferme, aurait pu la repousser, mais ce ne fut pas le cas et au fur et à mesure, quelque chose naquit dans son cœur, l'amour en ce foyer devint enfin réciproque. Et dans la même année, une enfant aux joues rebondies élue elle aussi domicile en ce lieu.
« Je ferai le ménage, la vaisselle et j'irai laver le linge à la rivière. »
C'était une ancienne rengaine dans la maisonnée, depuis une période dont elle ne se remémorait plus le commencement, Mamori devait s'occuper des taches ménagère, non pas qu'elle s'en plaignait, au contraire, elle se complaisait dans ces travaux qu'elle trouvait simple vis-à-vis de ceux que ses parents avaient l'obligation d'effectuer.
Silencieusement, et sans un regard, les deux femmes se comprirent.
Relevant ses manches, Une éponge à la main, elle nettoya ardemment chaque assiette, verre et couvert. Les pilles de vaisselles augmentaient à côté de la petite bassine de métal posée sur un meuble à l'allure rustique.
L'habitation était simple, possédant le strict minimum : deux chambres, Une cuisine partageant son espace avec la salle à manger, et à l'arrière de la bâtisse se trouvait une salle servant de salle de bain. Mais aucuns ne s'en plaignaient, chacun pouvait avoir son intimité malgré tout ceci.
Sa première besogne accomplie, elle se mit à remplir un petit sceau métallique d'eau, en y faisant mousser un morceau de savon. Plongeant un bout assez large de tissu épais à l'intérieur du mélange, la jouvencelle récura soigneusement le sol carrelé de rouge, essorant avec force le textile de mauvaise qualité. Aucune poussière ni tâches ne lui échappèrent face à la férocité de ses frottements.
Encore quelques dalles et cela serait terminé. Mais à peine eut-elle le temps de songer à cette future fin, que la porte s'ouvrit discrètement, non sans une légère résistance de la par les gonds. Le visage marqué d'un homme d'une quarantaine d'années prit place à l'entrebâillement.
« Ta mère et moi partons en ville chercher du charbon et quelques légumes, ne t'occupe pas du déjeuner.»
Les déplacements étaient rares pour le couple, mais il est vrai que ce simple moment de promiscuité pouvait leur être du plus grand bien. La jeune rouquine capitula donc d'un simple hochement de tête, alors que son père s'en allait déjà en direction de leur minuscule et simple carriole.
Aussitôt, elle se remit à l'ouvrage, désireuse d'en finir rapidement. S'armant d'un plumeau, les moutons muets moururent sous ses gestes dévastateurs de ménagère apprentie. Une mine satisfaite et un intérieure propre étaient bel et bien la recette du bonheur, n'est-ce-pas ?
Malheureusement, sa joie disparue rapidement, il lui restait encore à trainer sa frêle carcasse vers la rivière, elle pouvait se dire, comme pour se rassurer que ce dernier labeur la laisserait aux joies de la tranquillité. Telle une bonne résolution, sa dernière songerie eut un effet ravigotant. Relevant le menton et bombant la poitrine, elle se mit en marche, les bras occupés par une large cuvette dont une montagne de linge dépassait, ainsi que la planche à laver, inclinée par le poids des vêtements.
Il y avait une petite rangée d'arbres, à franchir avant d'arriver au point d'eau, dense, leurs branches se laissaient emporter par les vents, les feuilles larges des chênes frissonnaient face au froid environnent telle l'adolescente ayant ramené sa chevelure en arrière à l'aide d'un fin ruban verdâtre. Ses pieds, chaussé de sabots, se retrouvaient faiblement mouillés par l'herbe ne s'étant pas remise de la pluie.
Personne n'était de sortie, ni dans le village ni dans le ridicule bois, le marché ayant lieu en ville le jour même, les habitants s'étaient tous déplacer pour se ravitailler. Ou alors, étaient-ils tout simplement déçus par le temps et donc n'osaient pas mettre ne serait-ce que la pointe du nez dehors ? Même les enfants ne jouaient pas dans les buissons ou les champs. La population vieillissait beaucoup trop.
Lentement, mais surement elle se rapprochait de la dernière épreuve, avant un moment de détente mérité face au restes de la veille. À ces pensées, une flamme de détermination envahit ses yeux azurés, cet affrontement empli de saleté ne durerait guère longtemps.
Encore trois pas, et elle aurait pu commencer, si seulement son attention n'avait pas été détournée, si seulement…
Tout cela ne serait pas advenu, aucune histoire n'aurait vu le jour, la ferme, à tout jamais, serait restée paisible…Mais surtout, jamais il n'aurait détruit sa vie ainsi que son petit monde parfait…Cette amertume et cette colère envers lui et…ce stupide étranger à l'attitude égoïste…rien ne serait arrivé si elle n'avait pas stoppé sa marche comme à cet instant, si elle n'était pas tombée sur ce corps trempé…Nul sentiment de pitié n'aurait élu présence en son âme…
Tout d'abord, je remercie mes deux premières revieweuses ! *w*
Akiza666 & Nina.Y-L
Et sinon, je suis désolée que mes chapitres soient courts Q-Q Pour l'instant je n'avais pas grand-chose dire, et surtout dans celui-ci, JE DETESTE VRAIMENT MAMORI ! è00000é
J'espère au moins que cela plaise et que ma haine ne se remarque pas trop ^^'''
Je vous dis à bientôt (peut être dans 2/3 jours)
YA-HA !
