Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sortent de l'imagination de S. Meyer, C. Harris et des producteurs de Buffy contre les Vampires.
Notes : Merci à Lilie76 pour ses idées, ses encouragements et le reste.
Merci à Lily Rose pour la correction.
Je vous souhaite une bonne lecture !
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Chapitre 2 : Le revers de la médaille.
Oh Jake, Mon Dieu, encore ! Ouiii plus fort ! cria-t-elle d'une voix stridente.
- Tu n'en as jamais assez hein ? demandai-je en poussant plus fort en elle.
- Non, encore !
Ma main s'abattit sur ses fesses, claquant dans un bruit sourd. Elle gémit et je recommençai aussitôt, pour la faire taire.
Cordélia était une amante formidable mais elle parlait beaucoup trop pendant nos rapports et parfois cela m'exaspérait.
Ses deux mains étaient posées contre la baie vitrée de mon bureau et je la prenais par derrière, martelant son corps de coups de butoir assourdissants. J'avais oublié de la bâillonner et désormais je m'en mordais les doigts, regrettant presque cette position qui m'empêchait de l'embrasser pour la faire taire. Mais de cette façon, je la dominais complètement, j'étais maître de son corps et la surplombais sur les hauteurs de la ville. Elle était mienne depuis quelques semaines désormais. C'était une nouveauté pour moi de garder la même amante si longtemps. Je ne ressentais pas le besoin de trouver quelqu'un d'autre pour le moment. Cordélia me suffisait et nous nous voyions quand j'avais besoin d'elle. Moi seul la contactais, elle ne devait en aucun cas le faire.
Cordélia travaillait dans l'institut de beauté situé à deux pas de mon bureau et je l'avais rencontrée par hasard en allant boire un café au troquet d'en face. Elle m'avait abordé de manière assez provocante, croisant et décroisant ses jambes longues et fines devant moi. J'avais essayé de rester neutre face à son petit numéro, sans succès. Il se trouvait qu'elle était arrivée exactement au moment où j'avais un besoin fondamental d'avoir quelqu'un à me faire. Alors, en quelques minutes, elle m'avait convaincu et je l'avais amenée dans mon bureau où je l'avais baisée. Littéralement.
Aucune autre femme n'avait pénétré ce bureau depuis Jane, hormis mes employées. J'avais estimé avoir fait une erreur en ayant cette relation avec « elle » et de surcroît, dans mon espace de travail personnel où jamais personne n'avait encore pénétré.
Malgré tout, le sexe était devenu fade depuis Jane et ce où que j'aille. C'est pourquoi j'avais choisi d'amener Cordélia dans mon bureau. Pour réveiller la machine sexuelle qui sommeillait en moi depuis ces quelques semaines. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, je n'avais plus la même propension à sauter des femmes à droite et à gauche, plus la même ardeur. Pas que je n'aimais plus le sexe, mon Dieu non. Mais je n'arrivais plus à raviver la flamme d'avant, celle qui me faisait grimper encore plus haut que le septième ciel. Plus depuis « elle ».
- Jaaaake ! Encore ! Oh ouiiiiiii ! hurla Cordélia.
Elle jouit bien avant moi. Je mis un peu de temps à la suivre, ce qui ne présageait rien de bon pour la suite des événements. Je devais faire un choix et vite. Je pris donc une résolution : je ne reverrai plus jamais Cordélia, ce n'était plus possible. Nos relations ne me convenaient plus et je préférais encore me masturber sous la douche que de coucher encore avec elle. Au moins, je n'aurais plus à subir ses babillages et ses hurlements à longueur de temps.
Lorsque nous fûmes rhabillés, je me servis un verre de whisky pur et l'avalai d'une traite. Elle prit ses affaires et quitta mon bureau en toute discrétion, comme à son habitude. La seule chose qu'elle ne savait pas, c'est que jamais plus elle ne reviendrait. Jamais ! Il me fallait passer à autre chose désormais.
J'ouvris le tiroir de mon bureau et en sortis une petite carte argentée. L'écriture fine indiquait le nom du club d'une petite bourgade, ainsi que l'adresse. J'avais reçu cette carte avec mon courrier habituel, ici même, au bureau. J'avais trouvé cela étrange, vraiment étrange, mais je l'avais tout de même conservée. Je ne cessais de la sortir, de la triturer pour finalement la ranger de nouveau dans le tiroir. J'avais même fait le numéro, avant de raccrocher, me disant que je faisais vraiment n'importe quoi.
Qu'irai-je faire dans ce genre d'endroit alors que je pouvais avoir toutes les femmes que je voulais dans ce quartier et dans les autres ? Qu'est-ce que cet endroit m'apporterait ? Sûrement rien que je ne connaissais déjà. Pourtant, j'avais précieusement gardé cette foutue carte et aujourd'hui encore, elle m'obsédait. Je la fourrai dans la poche intérieure de ma veste et sortis en trombe de mon bureau sans prendre la peine de saluer mes employées. Elles ne me demandèrent même pas où j'allais, ni à quelle heure je rentrais. Cela ne les regardait pas et elles le savaient bien.
Je rentrai chez moi et me déshabillai pour prendre une bonne douche. L'eau était très chaude et le jet puissant me détendit en quelques minutes. La séance de sexe avec Cordélia avait était intense malgré le fait que je n'avais pas vraiment pris mon pied. Elle avait pourtant été très entreprenante, demandant des positions plus que délicates aux quatre coins de mon bureau avant que je ne la prenne violemment contre la baie vitrée.
Je l'avais laissée prendre les rênes, pensant que le changement me ferait du bien et m'épanouirait, mais même ainsi, je n'avais pas réussi à me libérer. Je ne l'avais pas vraiment dominée et ça me rendait malade de ne pas avoir pu le faire.
- Mais qu'est-ce qu'il m'arrive Bon Dieu ? Je ne peux pas continuer ainsi ! C'est impossible !
Je décidai de prolonger ma douche afin d'essayer d'occulter toutes ces pensées plus qu'incongrues de mon cerveau. Il fallait que je parte à nouveau en chasse et vite !
OOOOooooOOOOoooo
La chasse de ces derniers jours n'avait pas été très fructueuse et j'étais revenu plus que bredouille. Je devenais difficile, cherchant de plus en plus de prétextes pour ne pas choisir des femmes qui, habituellement, auraient automatiquement fini dans mon lit. Trop de rondeurs, pas assez grandes, trop bavardes. Auparavant, ce genre de détails m'aurait laissé indifférent mais aujourd'hui, ils étaient devenus primordiaux.
Résultat : je me retrouvai seul un samedi soir, à broyer du noir dans mon grand appartement.
Je pensais toujours à cette fameuse carte de visite qui brûlait d'impatience dans la poche de ma veste. C'était comme si elle m'appelait et me suppliait de me souvenir d'elle. Cela devenait une vraie obsession et je ne voyais qu'une seule façon de m'en débarrasser : aller dans ce club pour en finir une fois pour toutes avec cette mascarade absurde.
Après tout, la curiosité n'avait jamais tué personne et si ça ne me plaisait pas, je pouvais toujours partir. Personne ne m'attacherait de force dans une pièce, ça non !
Une heure plus tard, je faisais la queue devant Le Fantasmagoria. L'établissement avait l'air sympa et me fit bonne impression mais il y avait beaucoup de monde dehors. Seuls les habitués semblaient être autorisés à entrer et je doutais que quelqu'un ici ait déjà entendu parler de moi...
À ma grande surprise, un des vigiles me fit signe d'approcher.
- Monsieur Black, c'est un honneur de vous voir ici, ne restez pas dehors ! me sourit-il gaiement.
- Merci, dis-je plus que dubitatif.
- Mais de rien. Un homme tel que vous est le bienvenu chez nous. Nous n'avons pas l'habitude de rencontrer des hommes de votre prestance ici...
Des dizaines de paires d'yeux me regardèrent entrer dans le club, certainement jaloux de ma situation privilégiée. Je décidai de les ignorer et pénétrai dans le bâtiment. Le hall d'entrée était accueillant, feutré et intime à la fois. Dans un coin se tenait un immense bureau noir où s'affairaient deux jeunes filles blondes, très jolies. Je m'approchai d'elles et elles me sourirent automatiquement.
- Bonsoir Mesdemoiselles, dis-je en inclinant légèrement la tête.
- Bonsoir et bienvenue au Fantasmagoria ! claironna l'une d'elle. Laissez-moi prendre votre manteau.
- Bien sûr.
Je lui tendis ma veste et elle me gratifia d'un magnifique sourire. Elle était vraiment belle, sa chevelure lui tombait dans le creux des reins et donnait envie qu'on y plonge les doigts pendant des heures. L'autre jeune femme interrompit mes pensées et me proposa de me faire visiter l'établissement. J'acceptai immédiatement, impatient de découvrir enfin cet endroit. J'appris que le patron, un certain Éric Northman, avait ouvert le club deux ans auparavant avec sa cousine. Il avait eu un succès immédiat, tant pour les personnes qui souhaitaient juste s'amuser et boire un verre avec des amis que pour celles qui cherchaient des relations plus charnelles.
La dénommée Irina m'abandonna au bar du club, lequel trônait majestueusement en plein milieu de la pièce principale. Noir ébène et flanqué de deux comptoirs disposés en arc de cercle, il était entouré de tabourets assortis. Au plafond, exactement au centre, brillait une énorme boule à facettes entourée de nombreux projecteurs de toutes les couleurs. Je n'avais jamais vu cela nulle part avant et j'avouai être assez impressionné. Ce Northman semblait avoir du goût et un sacré sens des affaires. J'espérai le rencontrer, à l'occasion.
- Salut je m'appelle Pam, se présenta la barmaid. Je te sers quoi beau brun ? me demanda-t-elle d'une voix plus que charmante.
- Un whisky sans glace s'il vous plaît.
- Ça marche beau brun ! Elle me fit un clin d'œil en s'exécutant.
J'en profitai pour observer les lieux : de très grandes balançoires, que je n'avais pas remarquées auparavant, étaient pendues au plafond et de jolies jeunes filles à moitié nues s'y balançaient tout doucement, attisant la curiosité des clients du club. L'une d'elles avait calé ses jambes sur les chaînes de la balançoire et s'était littéralement laissée pendre dans le vide, la tête en bas, comme une trapéziste. Un client glissait des olives dans sa bouche et des billets verts dans son décolleté.
À chaque coin de la pièce se trouvaient des salons privés, fermés par des doubles rideaux rouges ornés de dentelles.
- Hummm ! Cette partie du club allait sans aucun doute me plaire, me dis-je en me prenant à rêvasser.
Mais encore fallait-il trouver la fille qui me ferait retrouver toute l'alchimie qui m'avait plu chez Jane. Et ce n'était pas chose aisée.
Pam me servit mon whisky et retourna à ses occupations. Le patron de cette boîte savait vraiment bien choisir ses employées, Pam était aussi ravissante que les deux jeunes filles de l'entrée.
Cependant, j'avais comme une impression bizarre d'être observé par tous ces gens, d'être épié voir surveillé. Je devais être paranoïaque !
- Jacob ! Mon Dieu, quelle surprise ! dit une voix derrière moi.
- Cordélia. Mais que fais-tu ici ? demandai-je abasourdi.
- La même chose que toi sans doute, dit-elle en souriant. Passe une bonne soirée ! ajouta-t-elle en s'accrochant au bras d'un grand blond qui me salua en hochant la tête.
Je le lui rendis et partis m'asseoir sur une des grandes banquettes rouges qui meublaient la pièce principale. Il fallut moins de deux minutes pour qu'une jeune femme s'assoie à côté de moi et m'aguiche ouvertement. Je me pris au jeu et sortis toutes mes cartes pour la faire chavirer. Malheureusement, nous fûmes vite interrompus.
- Jessica, qu'est-ce que tu fous ? aboya un homme qui venait dans notre direction à toute vitesse. Mike t'attend depuis dix minutes au numéro deux.
- Éric ! Mike est tellement répugnant ! Elle fit la grimace. Et cet Apollon est si... craquant ! minauda-t-elle.
- Mike est un habitué ! Et il te réclame expressément ! Alors, vas-y ! ordonna-t-il.
Lorsqu'elle se leva, il l'attrapa par les hanches, lui glissa quelques mots à l'oreille et ses yeux se mirent à briller. Elle me jeta un petit regard et partit en direction d'un des salons. Je trouvai ces messes basses assez bizarres mais n'y fis pas très attention. Je fis ensuite la connaissance d'Éric Northman et en profitai pour le féliciter pour son établissement que je trouvais splendide. Il m'offrit un nouveau whisky et nous continuâmes à discuter quelques temps.
- Monsieur Black... commença-t-il.
- Appelez-moi Jacob, je vous en prie, proposai-je en souriant.
- Jacob, vous avez l'air d'être un homme bien et j'aime traiter mes meilleurs clients de la manière la plus appropriée possible. C'est pourquoi j'ai fait installer la fille la plus jolie et la plus raffinée de ce club en salle sept et elle vous attend, m'expliqua-t-il.
- Je suis très flatté Monsieur Northman mais... Mon ton était hésitant.
- Éric..., me coupa-t-il. Et il n'y a pas de 'mais' !
- Et bien Éric, je vous remercie.
- Ne me remerciez pas tout de suite... Amusez-vous d'abord !
Je souris et il m'accompagna jusqu'à la salle en question. Il promit de me livrer le meilleur champagne dans quelques minutes et me serra la main.
- Au plaisir de vous revoir, Jacob, me lança-t-il en s'éloignant.
Il s'éloigna en direction d'un groupe de belles femmes, lesquelles restèrent subjuguées devant sa beauté. Elles buvaient littéralement ses paroles et riaient sottement à tout ce qu'il disait.
J'entrai enfin dans la salle qui m'avait été attribuée. Elle était complètement noire, uniquement illuminée par des chandelles rouges. Il me fallut du temps pour m'habituer à l'obscurité et lorsque j'y parvins enfin, je ne voyais rien ni personne.
Où était-elle et où se cachait-elle ?
Je frissonnai légèrement d'excitation car je compris qu'elle voulait jouer. J'entendis un bruissement et tournai la tête pour voir une ombre sortir du coin de la pièce. Elle était là, entièrement vêtue de cuir et lestée d'un masque qui couvrait une bonne partie de son visage. Les flammes des chandelles se reflétaient dans ses yeux et je pus voir qu'ils étaient sombres et déterminés. Une pensée traversa mon esprit mais elle ne me laissa pas le temps de l'approfondir.
Elle s'approcha de moi et m'attrapa par la cravate pour me diriger vers le canapé d'angle. Elle me fit asseoir et se mit à califourchon sur moi, ôtant le nœud de ma cravate et déboutonnant ma chemise. Elle parsema mon torse de baisers, mordillant quelques morceaux de peau ici et là. Sa langue glissa et tourbillonna autour de mon nombril avant de s'y engouffrer goulûment. Elle était désormais à genoux entre mes jambes jouant avec la ceinture de mon pantalon qui finit par céder. Elle ôta le peu de vêtements qu'il me restait, me laissant en boxer, lequel ne réclamait que sa libération.
Je voulais la toucher mais elle ne m'en laissa pas l'occasion. Elle ramassa ma cravate par terre et me banda les yeux avec. Elle ne parlait pas, c'était passablement déroutant. Elle posa son doigt sur mes lèvres, comme pour m'empêcher de dire ou demander quoi que ce soit. Mes lèvres restèrent donc entrouvertes et elle en profita pour glisser son index dans ma bouche que je me mis à sucer avidement. Elle le retira bien trop tôt et tout à coup, je ne la sentis plus près de moi.
Où était-elle ? Que faisait-elle ?
Je tournai la tête dans tous les sens et tendis l'oreille pour essayer de percevoir quelque chose mais rien ne me vint. Cette fille était une énigme à elle toute seule et ça avait le don de m'exciter drôlement. J'espérai quand même que ce n'était pas une mauvaise blague, qu'elle allait vite revenir et ne pas me laisser dans cette position inconfortable.
Un gémissement sourd me vint lorsque je sentis son souffle sur moi. C'était chaud, attrayant et horriblement sensuel. Elle avait repris sa place entre mes jambes et ses mains vagabondaient sur moi. Elle était nue car désormais je pouvais sentir sa peau contre la mienne, ses seins durcis contre mes abdominaux. Son souffle caressa mon cou puis mon visage et enfin mes lèvres qu'elle captura enfin. Elle était douce et tendre, sa langue avait le goût du miel ce qui ne me laissait pas indifférent.
Je n'avais rencontré ces sensations qu'une seule fois et mon esprit se mit à turbiner à cent à l'heure. Elle ne me laissa pas le temps de réfléchir, de me poser des questions et continua son exploration plus que minutieuse de ma bouche et de mon corps. Ses parties les plus intimes vinrent caresser mon boxer et instinctivement, je tendis la main pour la toucher. Elle me retint d'un simple geste et posa ma main sur sa poitrine généreuse. Je la touchai sans vergogne, titillant ses mamelons l'un après l'autre. Sa respiration devint plus rapide et je sus que je lui faisais du bien. Elle se frotta à moi encore plus rapidement, montrant son désir pour moi. Elle rompit notre baiser et me délesta de mon dernier vêtement. Elle me caressa, me choya avec ses mains, puis avec sa bouche jusqu'à ce que je sois sur le point de venir.
Oh putain ! Comment fait-elle cela ?
J'étais à la fois frustré de ne rien pouvoir faire et excité à la fois de la façon dont elle se servait de ses mains. Jamais je n'avais été dominé ainsi par une femme. Il ne manquait plus que les menottes pour que je sois totalement à sa merci. Au fond de moi, j'espérai presque qu'elle en sorte une paire et m'attache pour être encore plus excité. Mais elle ne le fit pas.
Je la sentis dérouler une capote sur mon membre érigé puis se rasseoir à califourchon sur moi et enrouler ses bras autour de mon cou. Sa bouche trouva encore la mienne et des effluves de miel revinrent m'assaillir. Elle s'enfonça en moi avant que je ne comprenne quoique ce soit et commença à bouger en de lents va-et-vient. Son petit corps parfait et mince se mouvait avec grâce et je posai mes mains sur ses hanches pour accentuer ses mouvements. Elle gémissait légèrement chaque fois que mon membre entrait en collision avec son point G et je la sentais trembler sous mes doigts.
Elle rompit notre baiser et se redressa. Je regrettai d'avoir cette cravate sur les yeux, cela gâchait certainement le plus beau spectacle de toute ma vie. Je tendis les mains pour attraper ses seins et les caresser encore mais elle m'en empêcha et guida ma main vers son bourgeon de plaisir que je me mis à titiller. Elle laissa échapper un couinement que je reconnus aussitôt. Il était impossible d'oublier ce cri.
Le puzzle qui me brouillait l'esprit depuis que j'étais entré dans cette pièce se mit enfin en place. Je fus pris d'une telle frénésie que je pinçai plus brusquement son bouton de chair jusqu'à ce qu'elle chavire enfin, explosant autour de mon membre, ne retenant plus ses cris et sa jouissance. J'attrapai ses fesses et soulevai mes hanches pour la pénétrer encore plus fort et jouir à mon tour. Le plaisir me gagna et je me déversai en elle.
Jane – car oui je savais que c'était elle- s'écroula contre mon torse. Nos deux corps collés l'un à l'autre, nous tentions de reprendre notre souffle. Est-ce que l'un de nous oserait prendre la parole ou est-ce qu'on se quitterait sans rien dire comme si c'était une situation normale ? Ce fut elle qui prit les choses en main. Elle se redressa et ôta la cravate qui bandait mes yeux. Elle me regarda, ses yeux noir ébène braqués sur moi. Elle semblait en colère contre moi, même après le super moment qu'on venait de passer. Cela me mit hors de moi.
- À quoi rime toute cette mascarade Jane ? Pourquoi toute cette mise en scène stupide ? lui demandai-je en tentant de me relever pour me rhabiller.
- Tu m'as utilisée et jetée hors de ton entreprise comme une malpropre. J'ai voulu te montrer que je n'étais pas qu'une poupée de passage avec laquelle tu as joué, siffla-t-elle.
- Cela n'a rien à voir ! Je ne couche pas avec mes employées, voilà tout, expliquai-je.
- Sale menteur arrogant ! Tu m'as manipulée. Elle était hors d'elle.
- Et tu as aimé ça ! Ose prétendre le contraire ! J'arborai un sourire narquois alors qu'elle restait muette face à cette vérité.
- Pourquoi ne pas m'avoir rappelée? demanda-t-elle plus doucement.
- Je ne suis pas du genre à m'attacher. Je ne garde jamais les même conquêtes.
- Cordélia ? Elle haussa un sourcil interrogateur.
- Même elle a fini par me lasser, soupirai-je. Je commençai à en avoir marre de ses questions.
- Pourquoi ? insista-t-elle.
- C'est un interrogatoire ou quoi ? Va te faire foutre Jane ! Laisse-moi me rhabiller que je me casse d'ici, pestai-je en en cherchant mon pantalon des yeux.
- Tu n'es qu'un salaud ! Dire que je me suis mise en quatre pour te piéger ! Ça n'en valait pas la peine. Ses yeux auraient pu me fusiller sur place.
- Tu as raison, tu n'aurais pas dû faire tout ça, dis-je en sortant de la pièce.
Tous les regards étaient braqués sur moi. C'est à ce moment-là que je me rendis compte que toutes ces personnes savaient comment je l'avais traitée. La façon dont je l'avais virée de mon entreprise alors que c'était une excellente employée. J'avais été odieux mais c'était ma façon de faire.
Personne ne me marchait sur les pieds, personne ne me commandait, personne ne me donnait d'ordres.
Jamais !
Je rentrai chez moi, plus contrarié que jamais par cet intermède au Fantasmagoria. La petite peste avait tout manigancé depuis le départ et j'aurais dû me méfier. Je n'avais pas eu de flair sur ce coup-là, trop occupé à stimuler ma libido. Il faut dire qu'elle l'avait bien stimulée pour le coup et j'avais (encore) passé un très bon moment avec elle. Mais ça ne faisait pas tout, je détestais me faire duper. C'était juste inconcevable. J'avais été blessé dans mon amour propre et rien ne pourrait effacer cela.
OOOoooOOOoooOOO
Je n'avais pas revu Jane pendant plusieurs jours après l'humiliation qu'elle m'avait fait subir. Je ne voulais plus jamais entendre parler d'elle, la revoir aurait été trop insoutenable et trop dégradant pour un homme de ma trempe. Quand je repensais à toutes les messes basses et tous les regards qui avaient pesé sur moi lorsque j'étais allé dans ce club, je me sentais sali, vexé et rabaissé. J'avais désormais honte de ce que je lui avais fait subir ( j'avais été le pire des salops, je l'avouais bien volontiers) mais j'étais encore plus embarrassé de ce qu'elle avait manigancé dans mon dos avec l'aide de toutes ces personnes, Cordelia y compris. Cette petite salope m'avait bien eu elle aussi et si je la recroisais un jour, elle ne paierait rien pour attendre.
Malgré toute la haine que cette histoire avait emmagasiné en moi, je crevais de la revoir. Ma théorie était plus que contradictoire, j'en convenais, mais mon coeur était partagé entre ces deux sentiments opposés et me faisaient devenir dingue. Je n'avais pas l'habitude de ressentir ce genre de choses et encore moins pour une femme ! J'étais un putain de PDG arrogant, un homme à femmes et surtout pas un prince charmant à la con !
Paul Lahote, mon ami d'enfance, s'était toujours amusé à me dire que j'étais un « handicapé des sentiments », que jamais je ne comprendrai les femmes en agissant comme si elles étaient des objets sexuels. Je lui avais ri au nez mais aujourd'hui Paul était marié à une femme adorable prénommée Willow, il était boxeur professionnel et était sur le point d'avoir son deuxième enfant. Alors que moi, j'étais là, dans mon grand bureau à diriger, tel un militaire sans cœur, une armée de femmes et d'hommes que je traitais comme des moins que rien.
Mais c'était ma vie et je l'avais choisie comme ça.
Du moins jusqu'à ce que je rencontre Jane.
Elle m'avait subjugué, tenu tête et piégé. Jamais personne n'avait mis autant le bordel dans ma vie en si peu de temps. Jamais. Pourtant, je ne pouvais pas dire que ça ne m'avait pas plu, du moins pas totalement. Une partie de tout cela m'avait attiré car je voyais désormais en Jane le prototype féminin de ma propre personne.
Après l'épisode du Fantasmagoria, j'étais tellement paumé que, pour assouvir toute ma colère et ma frustration, je m'en étais pris à mes employés. Jamais je ne les avais traités aussi durement que pendant les jours qui avaient suivi ce fâcheux incident, si je pouvais appeler ça comme ça. Il régnait au bureau une ambiance glaciale et deux semaines plus tard, Isabella avait été la première à m'envoyer sa lettre de démission. Une simple lettre recommandée avec accusé de réception. Elle n'avait même pas pris la peine de revenir au bureau. Angela avait servi d'intermédiaire pour mettre tous ses papiers en ordre et pour récupérer ses affaires au secrétariat. Elle me méprisait et tout portait à croire qu'elle avait raison, j'étais méprisable.
Habituellement, j'en aurais profité pour me venger et lui faire payer son arrogance envers moi. Je lui aurais supprimé certains droits et lui aurais fait une sale réputation dans le métier afin qu'elle ne trouve que des boulots miteux et indignes. Je me serais vengé à ma façon, en impitoyable patron que j'étais. Mais j'étais las de toutes ces manigances, je n'avais plus goût à faire du mal, je n'en avais plus la force. Je me fichais bien de ce qu'elle allait devenir du moment qu'elle ne me cherchait pas d'ennuis.
Un mois plus tard, Heïdi partait, suivie de près par Gianna et d'une autre fille dont je ne me souvenais même pas le prénom. Tina ? Anita ? Aucune idée ! C'était Angela qui avait géré tous les départs et je n'avais posé aucune question, car à vrai dire je m'en fichai bien. Elles pouvaient toutes partir, j'étais trop préoccupé pour m'en faire. Elles avaient profité du départ d'Isabella pour prendre leur courage à deux mains et la suivre sans avoir peur que je ne leur fasse un quelconque coup fourré. Seule Angela me restait fidèle et pourtant je ne méritais pas qu'elle persiste à croire en moi. Naturellement, elle était beaucoup plus distante qu'auparavant, ce que je ne pouvais pas vraiment lui reprocher mais au moins elle était là et faisait, je devais bien l'avouer, remarquablement bien son travail. Avec tous ces départs, les dossiers à traiter s'étaient accumulés mais, en tant qu'employée modèle, elle ne rechignait pas à faire des heures supplémentaires.
C'est à ce moment-là que j'avais décidé de prendre des vacances. J'avais proposé à Angela de tout superviser en mon absence et, en conséquence, de tripler son salaire. Je l'avais formée personnellement pendant deux semaines, lui dévoilant une partie des ficelles du métier et lui montrant toutes les démarches à suivre pour chaque cas qu'elle rencontrerait. Elle était vive et intelligente et il s'était avéré que tout cela n'était un jeu d'enfant pour elle. J'aurais dû lui donner une promotion depuis longtemps et lui proposer directement le poste d'assistante au lieu de perdre mon temps à chercher quelqu'un pour remplacer Tanya. Elle aurait amplement mérité ce travail et si je n'avais pas compté le reproposer à Jane, je le lui aurais donné sans hésitation. Je comptais tout de même reconsidérer ses fonctions au sein de la société et la faire évoluer très rapidement. Avant de partir en vacances, je la chargeai également de recruter quelques renforts afin de remplacer les filles qui nous avaient quitté récemment. Je lui faisais confiance sur tous les points et lui demandai juste de m'envoyer un rapport chaque soir sur ma boîte e-mail afin que je suive le cours des opérations. Elle semblait inquiète mais j'avais confiance en elle, elle ferait du bon travail, j'en étais persuadé.
La deuxième étape de mon plan (et pas la plus facile) consistait à reconquérir Jane. Je devais m'expliquer, m'excuser, me faire pardonner, que sais-je d'autre encore ! Au diable ma lâcheté et mon égocentrisme, j'allais devoir me rabaisser devant elle comme jamais je ne l'avais fait avant avec une autre personne. Si elle ne flanchait pas face à mes supplications alors j'allais devoir me faire une raison et l'oublier.
Vu que je ne voulais pas perdre de temps, je décidai d'utiliser la manière forte. Je fonçai directement chez elle et sonnai à la porte. Elle l'ouvrit mais elle me la claqua au nez dès qu'elle vit que c'était moi. Elle était dans une rage folle.
- Dégage ! Je ne veux plus te voir, hurla-t-elle.
- Jane, laisse-moi te parler, suppliai-je
- Sûrement pas ! Je n'ai rien à entendre venant de toi, l'entendis-je brailler de derrière la porte.
- Jane, je suis désolé de t'avoir fait souffrir. Je peux changer. J'ai envie de changer. J'étais sincère et j'espérai qu'elle pourrait le deviner au son de ma voix.
- Je ne pourrais plus jamais avoir confiance en toi, c'est impossible, dit-elle froidement.
Je perçus des trémolos dans sa voix, comme si elle pleurait ou était sur le point de le faire. Mon coeur se serra… Une sensation que je ne connaissais pas du tout et qui me terrorisait.
Je soupirai lourdement et glissai contre la porte fermée. Je m'assis là et ne bougeai plus pendant de longues heures. J'ai tout simplement attendu qu'elle ouvre, sans lui parler, sans même essayer de frapper à la porte à nouveau. Une heure s'est écoulée, puis deux heures et enfin trois. Plus la lumière qui filtrait à travers la fenêtre de la cage d'escalier s'amenuisait plus je perdais espoir. Il fit bientôt noir et elle n'ouvrait toujours pas. J'étais fatigué mais je luttais contre le sommeil. Je ne voulais pas la perdre, pas maintenant, pas après lui avoir parlé ne serait-ce qu'un peu.
Elle a finit par ouvrir, me prenant tellement par surprise que je faillis m'étaler sur son palier.
-Dégage de ma porte, Jacob ! cria-t-elle sans même me regarder.
-Je veux juste te parler Jane. S'il te plaît, demandai-je en bloquant légèrement la porte.
-Non ! Tu entends ? Non !
Elle était si obstinée que je me résolus à partir. Je me sentais vide et impuissant face à son entêtement. Malgré tout, j'ai recommencé le lendemain puis le jour d'après, jusqu'à ce qu'elle se décide à me laisser entrer et à parler… Enfin !
- Tu veux que je dépose plainte aux flics ? Tu n'as pas le droit de me harceler de la sorte, m'accusa-t-elle en se laissant tomber dans son canapé en croisant les bras. Cependant, sa voix était plus douce que les fois précédentes, ce qui me mit en confiance.
- Je ne te harcèle pas, je veux juste que tu me pardonnes, nuançai-je.
- Tu crois que je t'aurais laissé entrer si ça n'était pas déjà le cas ? Tu as laissé tes neurones au bureau ou quoi ? sourit-elle doucement.
J'étais complètement abasourdi. Me pardonnait-elle vraiment ? Ou était-ce encore une ruse de Jane la maléfique ?
- Je...
- La ferme, Jacob. N'essaie même pas de me faire pleurer avec tes remerciements à la con. Je te pardonne, point final. Maintenant, chacun fait sa vie de son côté et on en parle plus, annonça-t-elle durement.
- Non ! hurlai-je presque.
- Quoi ? s'étrangla-t-elle.
- Je ne peux pas te laisser t'en aller... encore, déplorai-je. J'ai envie d'apprendre à te connaître, de te découvrir, de… t'explorer… ajoutai-je après avoir hésité un peu. J'ai réservé deux billets d'avion pour l'Afrique du Sud et je ne compte pas partir seul.
- Je... Je ne peux pas partir, bredouilla-t-elle.
- S'il te plaît... Je l'implorais presque, je ne me reconnaissais plus, je n'étais plus moi-même.
- Inutile d'insister, je ne peux pas faire ça. Je ne suis pas ta chose Jacob. Je ne t'appartiens pas.
- Tu as raison. Je n'ai aucun droit sur toi… Je n'aurais pas dû insister, désolé.
Je laissai les billets d'avion sur la table basse et m'avançai vers elle. Je lui déposai une bise sur le front, m'enivrai de son parfum une dernière fois et partis.
A suivre …
