La porte d'entrée s'ouvrit tranquillement avant que la voix du père ne retentisse désagréablement au goût d'Eren qui était assis sur le canapé avec nonchalance, les yeux rouges et des sillons de larmes sur les joues. Grisha referma la porte, jeta les clés sur le petit meuble dans l'entrée, enleva son manteau pour l'accrocher au porte manteau et se déchaussa. Il s'avança ensuite d'un pas lent et fatigué jusqu'au salon où Eren n'avait pas bougé.

« Eren ? Je t'ai appelé, tu ne m'a pas entendus ? » S'exclama son père d'un ton lasse, triste.

Le brun grimaça en sentent déjà l'odeur affreuse de l'alcool qui était émanait de son paternel. Remarque, ce n'était pas différent de d'habitude. Son père passait son temps à se bourrer la gueule. C'est limite si il ne prendrait pas du Whisky au petit déjeuner. Ce qu'Eren détestait son père. Et il n'était pas au bout de ses peines.

« Hum... Eren ? » Commença-t-il en se frottant la nuque, geste caractéristique des Jäger lorsqu'ils étaient gênés, embarrassés. « Je... Je reviens d'être allé voir ta... mère et... »

« Je sais » Le coupa froidement son fils en le fusillant du regard.

Son père le regarda tristement, augmentant d'avantage la colère d'Eren qui se retenait de lui sauter dessus pour déverser toutes sa haine envers lui pour l'avoir abandonné lui et sa mère alors qu'ils en avaient besoins. Ils avaient besoin de son soutiens. Dans un soupir, son père vint s'asseoir à côté de son fils qui fit claquer sa langue dans sa bouche. Comment osez-t-il se mettre à côté de lui ? Pour qui se prenait-il ?

« Eren, je... Il faut être fort, d'accord ? Toi comme moi savions que cela allait arriver. Certes, pas aussi tôt mais- »

« Arrête ! » Craqua Eren en se levant d'un bon et en haussant la voix, faisant sursauter son père. « Arrête ton cinéma ! Tu n'a jamais était là, ni pour moi, ni pour maman ! Et tu n'es pas allé la voire ! Moi oui ! Dis plutôt qu'ils t'on appelé ! Ça serait plus crédible ! Reste donc dans ta putain de tristesse !Bourres-toi la gueule comme l'alcoolique que tu es ! Et disparais de ma putain de vie ! »

Le silence revint dans le salon où ni Grisha, ni Eren ne le brisa ou ne bougea. Eren tremblait en serrant les poings sous la rage qui l'envahissait et son père fixait de son regard vitreux la télévision sans vraiment la voire. C'est après un moment, qu'Eren prit la décision de monter dans sa chambre, s'y enfermant avant de mettre la musique le plus haut possible afin de s'isoler. Il s'allongea par la suite dans son lit et fini par s'endormir suite à la fatigue qui pesait horriblement sur ses épaules.

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Le lendemain, Eren fut réveillé par la sonnerie stridente de son téléphone. N'ayant pas encore les idées bien claires dût au brouillard qui enveloppé son esprit, le brun crut d'abord qu'il s'agissait de son réveil. C'est pourquoi et en sortant sa main de sous sa couette, il envoya son réveil valser contre le mur, l'accompagnant d'un « Ta gueule ! » rauque et fatigué. Et c'est en remarquant que la sonnerie ne cessait pas qu'il daigna sortir sa tête de sous son coussin pour poser ses yeux sur son réveil en morceau, gisant pitoyablement au pied du mur. Soupirant, il chercha à taton sur sa table de nuit son téléphone qu'il mit à son oreille en décrochant une fois celui-ci trouvé, ne cherchant pas à savoir qui l'appelait.

« Allô ? » Demanda-t-il tout en restant allongé sur son lit, fatigué. Beaucoup trop fatigué. N'ayant envie de rien si ce n'est de dormir pour toujours et à jamais.

« Eren ! Enfin tu réponds ! » S'exclama la voix à l'autre bout du fil, arrachant une grimace au brun qui éloigna l'appareil de son oreille.

« Armin, moins fort je te pris. Je veux pas être sourd à dix-sept ans, d'accord ? » Ironisa-t-il bien que cela sonnait bien trop faux.

« T'as bu ou quoi ? » Demanda le blond, inquiet pour son ami qui se vit étirer ses lèvres en un fin sourire.

« Non. Je suis juste fatigué. Très fatigué. » Avoua-t-il.

« Il s'est passé quoi, Eren ? » Devina Armin.

« Pourquoi veux-tu qu'il ce soit passé quelque chose ? » Demanda en fronçant les sourcils Eren qui après un moment, soupira en se redressant. Il fallait toujours que son meilleur ami devine lorsqu'il allait mal. « Je me suis juste disputé avec mon père, hier. Rien d'inhabituel. » Fini-t-il par lui avouer.

« Tu es sûr ? Il n'y a pas autre chose que tu essayerais de me cacher, à moi et à Mikasa ? »

Eren qui venait de se lever soupira en ouvrant la porte de sa chambre, découvrant le silence qui régnait lourdement dans sa maison. Toujours sans répondre, il s'avança pour descendre les escalier et ne permit à Armin d'avoir une réponse qu'une fois en bas.

« Je ne te cache rien que tu ne saches déjà Arm'. Et s'il te plaît, on ne pourrait pas parler d'autre chose ? Comme le pourquoi de ton appelles si tôt ? » Dit le brun en arrivant dans l'entrée, découvrant le porte manteau vide et les clés de son père disparut. Il était partit. Remarque, il y était habitué et cela lui passé désormais bien au dessus de la tête.

« Si tôt ? Eren, il est seize heure. A part ça il est tôt. »

Le brun se figea à mi-chemin entre l'entrée et le salon. Seize heure. Déjà ?

« Seize heure ?! J'ai dormi toutes la journée ?! » S'exclama Eren en glissant ses doigts dans sa chevelure en pagaille, reprenant son chemin jusqu'au salon.

« Oui, Eren. Seize heure. Et depuis huit heure se matin j'essaye de te joindre. On était mort d'inquiétude. Mikasa était prête à sécher les cours pour venir te voir. »

« Ah. Désolé vieux. » Souffla Eren en s'affalant sur le canapé avant de découvrir le bout de papier sur la table basse.

Fronçant les sourcils tout en ignorant ce qu'Armin lui disait, il lu le mot laissé par son père.

« Eren,

Je sais que je n'ai jamais été un bon père. Même avant que t'a mère ne parte. C'est pourquoi, je ne mérite pas d'être présent sur cette terre.

Je pars rejoindre ta mère.

Je t'aime.

Papa. »

Eren oublia le téléphone à son oreille, la bouche ouverte et la peur au ventre. Une boule se forma dans sa gorge alors que sa main tenant le bout de papier déchiré à la vas vite d'un carnet tremblait.

« Eren ? Eh ! Eren, tu t'es rendormi ou quoi ? » Demanda Armin avant qu'Eren ne parle de nouveau.

« Je te rappelle. » Et sans plus attendre il raccrocha. Toujours le mot en main, il monta dans sa chambre, s'habilla sans faire attention à ce qu'il se mettait sur le dos et redescendit. Il prit ses clés, se chaussa et sans attendre, fonça à l'hôpital où se trouvait sa mère. Son cœur battait à s'en décrocher de sa poitrine. Son corps tremblait, ses yeux le piquaient. Pourtant, une pure indifférence s'affichait sur son visage. Dans sa tête, un véritable champs de bataille. Digne d'une troisième guerre mondiale.

Arrivant bien vite à destination. Eren paniqua en découvrant les voitures de police. Reprenant sa course folle, il déboula en catastrophe dans le bâtiment. La femme derrière son bureau d'accueil releva les yeux et se redressa en voyant le jeune Jäger foncer jusqu'aux escaliers.

« Monsieur Jäger, non ! Attendez ! » Trop tard. Il avait déjà disparus derrière la porte qui doucement se refermait.

La femme soupira, l'air triste avant de se rasseoir. « Pauvre petit. »

Arrivant à son étage. Eren se figea au bout du couloir, regardant avec effroi les hommes en uniformes devant la chambre de sa mère, parlant entre eux ou avec des infirmières. Le docteur arriva à son tour, l'air abattu et c'est à ce moment là qu'Eren commença à avancer. Chancelant au début, rapidement il accéléra jusqu'à courir de nouveau, attirant l'attention des adultes sur lui. Les policiers froncèrent les sourcils alors que le docteur s'avança, stoppant Eren dans sa course en entourant sa taille de ses bras.

« Eren, non ! »

« Lâches-moi Hannes ! Dégage ! »

D'un mouvement brusque il se dégagea de la prise du médecin et entra dans la chambre.

L'air sembla disparaître autour d'Eren dont les poumons s'affolaient dans sa poitrine qui se soulevait difficilement. Les couleurs autour de lui avaient disparût, ne laissant qu'un ton gris à la scène. Le sol disparût sous ses pieds. Suffoquant, il s'écroula au sol, des larmes glacés coulant sur sa peau devenu soudain pâle. Il semblait dans un tel état végétatif. Comme un pantin désarticulé que l'on laisse traîner sur le sol. Hannes se précipita sur lui, lui parlant, le secouant, balançant sa tête d'avant en arrière comme si rien ne la soutenait. Devant lui, tel un tableau d'Oto Dix, les corps de ses parents l'un sur l'autre, couvert de sang. Son père, avait tranché la gorge de sa femme, avant d'en faire de même avec lui et de se laisser tomber sur le corps sans vie de sa femme. Sur le sol, une flaque de sang décorait le sol ; Seule couleur de se tableau morbide. Le rouge. Le sang. La mort. Le noir sembla soudain tout engloutir autour du jeune garçon qui se retrouva dans le néant totale. Comme dans un lieu entre la vie et la mort. Seul.


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