Auteur : Dragonha, Mag (ou moi si vous préférez)

Disclamer : Ne m'appelant pas Murakami, Tatsuha, Eiri et Ryuichi ne m'appartiennent pas. Cependant, il y a un perso, inventé de toute pièce, qui m'appartient, alors pas touche svp.

Warning : Alors ceci est une relation homme x homme, homosexuelle explicite. Un rating MM donc. Homophobes, prudes et trop jeunes lecteurs sensibles, veuillez appuyer sur la croix en haut de l'écran merci.

Résumé : Ryuichi x Tatsuha. Suite à un accident de voiture, Tatsuha perd la mémoire. Il oublie tout le monde sans exception. Mais n'y a-t-il vraiment aucun espoir de le guérir ? Lemon. J'avertis certains persos sont ooc.

Anecdote sur l'histoire : J'avais prévu un OS mais l'histoire complète faisant plus de 40 pages Word, vous aurez une mini fic de 3 chapitres.

L'idée m'est venue d'exploiter un point que j'aurais pu développer sur mon autre fic Gravitation : Be there. Lisez pour savoir de quoi je parle.

Deuxième point, en relisant le manga et le passage où Tatsuha et Ryuichi sont dans le zoo, je me suis dit qu'il aurait pu se passer quelque chose que Murakami sensei aurait pu dissimuler. Je vais chercher loin, mais vous comprendrez toute la fic.

Et après tout ce bla-bla je vous dis bonne lecture.

Merci à Ielena d'avoir mis l'histoire en Alert.

L'amour guérisseur

Chapitre 2

Kyoto, Demeure des Uesugi.

Trois jours étaient désormais passés depuis l'accident. Rien n'avait changé. Mika couvait toujours son frangin, celui-ci était déjà lasse à cause d'elle, et le père se bornait à suivre sa vie quotidienne sans plus prêter attention à ses enfants. Le choc étant passé, il était revenu à son attitude distante et à ses habitudes de vieux moine aigri.

Cependant, ce jour-là, les choses avancèrent avec deux visites destinées à l'accidenté. De plus les deux visites eurent lieux au même moment. Un coup de sonnette avait retenti peu de temps après le petit-déjeuner.

Le vieux étant déjà dans son délire d'office bouddhique et Mika occupée à entretenir un minimum de propreté dans la maison, ce fut au garçon d'aller ouvrir. Il décliqueta donc le verrou et se retrouva nez-à-nez avec un homme un peu plus grand que lui, aux cheveux et aux yeux blonds. Ils avaient à si méprendre le même visage.

Le brun le reconnut comme étant son frère, sa sœur lui ayant montré et remontré sa photo pour que son plan ne tombe pas à l'eau tout de suite. Elle lui avait également répété sans cesse l'attitude habituellement froide qui transparaissait de son aîné, ainsi que ses tics et ses habitudes les plus courantes. La jeune femme avait presque tout prévu, se doutant que leur conversation téléphonique allait alerter Eiri et le faire rappliquer.

Jouant le jeu, bien qu'il ne se rappela réellement rien le concernant, il l'accueillit avec un petit sourire et en l'appelant par son vrai prénom. Celui-ci ne changea pas d'expression, il regarda plutôt l'état dans lequel s'était mis son imbécile de petit frère. Couvert de bandages, il semblait cependant aller bien.

Leurs jeux de regards auraient pu durer longtemps si le chien fou qui accompagnait le blond ne s'était pas interposé. « Salut Tat-chan. Alors, comment tu vas ?» Tatsuha recula surpris, ce qui alerta les deux garçons, si bien que Shu-chan crut à tord qu'il avait fait une bêtise.

En fait, son apparition soudaine et sa voix forte avait déstabilisé le jeune homme, qui par réflexe s'était reculé. On pouvait concéder que c'était une attitude normale d'une personne saine d'esprit, cherchant à préserver ses tympans.

En tout cas, c'est l'hypothèse qui sauta aux yeux de Yuki. « Shuichi, ne lui fais pas peur. C'est à un être humain que tu t'adresses, pas besoin de hurler dans ses oreilles. » murmura le blond à son amant. Celui-ci s'excusa bien sûr, un peu gêné d'avoir effrayer son beau-frère.

Pendant que le couple discuta, Tatsuha lui fit son possible pour se rappeler de ce curieux garçon, fouillant sa mémoire, il se souvint que Mika lui avait parlé du couple saugrenu que ces deux là formaient. Son nom, son âge, la conversation qu'il avait tenue avec Mika hier dans la matinée ramena à lui les informations dont il avait besoin.

Le blessé salua donc correctement les deux hommes, et allait leur dire d'entrer quand une voix autoritaire retentit dans l'air. « Tatsuha ! Par tous les dieux, je t'ai pourtant dit de ne pas forcer. » Son médecin se ruait dans l'allée du jardin de devant. « Sensei… » soupira le garçon.

« Il n'y a pas de sensei qui tienne. Fais-moi le plaisir de rentrer à l'intérieur immédiatement et d'aller t'allonger. » Tat-chan n'eut pas d'autre choix. Il fit rentrer tout le monde et obéit docilement, s'asseyant sur le canapé. Mika arriva à ce moment-là dans la pièce.

« Ah docteur Saraï vous voilà. Avant que vous n'examiniez Tatsuha, j'aimerais vous dire deux mots. » Elle entraîna le médecin dans la cuisine et lui parla à voix basse de ce qu'elle avait laissé entendre à son autre frère. Celui-ci accepta de jouer le jeu, bon gré mal gré, il ne se doutait pas que les liens entre les membres de la famille soient aussi peu solides.

Ils revinrent dans la pièce et Azusa s'occupa d'emblée de son patient, faisant fi des trois autres qui s'éclipsèrent dans le jardin pour le laisser prodiguer les soins.

Une fois de plus, le docteur dut prendre les constantes du garçon, tout à fait normales. Puis il contrôla la guérison des brûlures et son coup à la tête. Il avait certes une bosse mais visiblement soignée quotidiennement, sa sœur avait dû lui appliquer de la glace. Quant aux brûlures, elles n'avaient pas évoluées que ce soit en bien ou en mal. Il avait apporté avec lui une pommade qu'il allait lui prescrire tous les jours. D'office, il appliqua une bonne couche du remède sur les endroits touchés.

Le garçon frémit quand il toucha les endroits sensibles, cependant le garçon fit son possible pour ne pas émettre un son, prenant sur lui. Saraï admira sa maîtrise pour ne pas faire voir sa souffrance, il adorait ce genre de patient qui n'était pas de petite nature, ils étaient en général plus agréables de les soigner. Ils étaient volontaires et déterminés à guérir, ce qui jouait évidemment dans leur guérison. Il était content que le garçon soit l'un de ceux-là, peut-être l'amnésie ne durerait-elle pas longtemps. Il l'espérait pour lui en tout cas.

Quand il eut terminé de passer la pommade, il refit savamment les bandages, les ajustant suffisamment forts mais pas trop serrés pour que son patient ne soit pas gêné pour ses gestes quotidiens.

Mika remarqua que son travail était terminé car elle revint dans la pièce, les deux autres hommes qu'il ne connaissait pas sur ses talons. Les politesses se firent à ce moment-là, Shuichi se présentant lui et son amant au praticien. Ce dernier fut étonné de leur relation mais ne les jugea pas, lui-même étant bi.

Saraï partit alors un peu plus tard, spécifiant qu'il repasserait dans deux, trois jours. Enfin, Tatsuha put se relever du sofa et se rendit dans sa chambre, souhaitant s'isoler un peu. Il reprit ses écrits là où ils en étaient, tandis qu'une discussion s'engageait de nouveau entre les trois autres au salon.

Shuichi ne put s'empêcher de sourire de soulagement, avec tout le mystère qui avait plané sur cette histoire, il s'était attendu à voir son ami à l'agonie, mais il apparaissait presque normal, à l'exception de sa béquille et des bandages entourant la moitié de son corps.

De toute la journée, Mika parvint à préserver le véritable état de son jeune frère face au couple. Elle ne les quitta que cinq minutes pour aller aménager la chambre d'Eiri pour les deux garçons, décidant de planter leur tente pour quelques jours.

Le vieux père se pointa comme à son habitude au repas, repartant aussi sec dans son petit temple, puis allant se coucher sans déranger personne. En bref, cette journée-là se passa sans heurt.

Ce fut le lendemain que les choses avancèrent. La fille Uesugi ne pouvant surveiller les faits et gestes de tout le monde, le chanteur de Bad Luck lui fila un instant entre les doigts. Instant mit à profit pour aller parler avec son ami dans sa chambre.

Le silence dans la pièce le laissa mal à l'aise, les seules fois où il était entré ici, la voix de Ryuichi Sakuma emplissait l'air. Là, c'était un silence total qui l'accueillit. Le brun étendu sur son lit en train de rédiger un texte, dissimula tant bien que mal ses papiers.

« Alors, Tatsuha. Ca va ? Je te trouve bien calme. D'habitude, tu écoutes toujours un cd des Grasper quoi que tu fasses. » « Oui, mais cette fois-ci je voulais juste me reposer un peu, Mika est vraiment trop protectrice. » lui répondit-il.

Sa diversion marcha un temps, chacun allant de son commentaire sur la quasi maternité dont la jeune femme faisait preuve. Mais cela ne dura que quelques minutes, au bout desquelles Shuichi proposa de s'écouter un cd de leur idole commune. N'y voyant pas d'inconvénient, le plus jeune hocha la tête en signe d'accord.

Le jeune Tokyoïte n'avait pas attendu son accord pour placer le cd dans la chaîne et mettre le tout en marche. Les premiers accords de Be There retentirent dans la chambre. Les deux garçons ne parlèrent pas, savourant juste la belle musique et la voix subliminale du grand chanteur.

Trois morceaux passèrent, avant que la plus célèbre chanson des Grasper ne se joue : Sleepless beauty. Dès le premier accord du synthé, Tat-chan se figea, puis vint la voix basse et doucereuse de Sakuma. Les paroles déclenchèrent une sensation étrange chez le blessé. Il était sûr d'avoir déjà entendu cette chanson.

Un flash s'imposa alors à son esprit, si soudain qu'il se prit la tête dans les mains, une légère douleur irradiant dans son cerveau au souvenir. Il était debout dans un endroit plongé dans les ténèbres, puis des lumières s'allumèrent tout autour de lui, éclairant une scène de spectacle. Un homme sans visage chantonnait le même air, les mêmes mots et le fond sonore était pareil. Il vit à un moment l'homme qui l'envoûtait littéralement avec ses paroles en gros plan.

Un homme splendide, grand aux cheveux bruns, une bouche sensuelle et un corps de mannequin. Mais plus que tout, c'étaient ses yeux qui retenaient son attention, d'un bleu limpide où brillaient l'innocence et la pureté.

Le flash avait bien duré une minute, surprenant et angoissant Shuichi qui essayait vainement de l'appeler. Ses cris alertèrent son amant et sa sœur qui se précipitèrent dans la chambre. Mika fut prompte à virer l'insolent brun de son chemin, pour immédiatement se pencher sur son frère.

« Tatsuha ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Où as-tu mal ? Réponds-moi Tat-chan ! » Le vacarme qu'elle faisait combiné à l'émotion intense que la réminiscence avait provoqué eurent raison des maigres forces de l'adolescent. Le néant l'envahit alors que les yeux brillants de larmes de la jeune femme fut sa dernière vision du monde.

« Non ! Vous deux, rester avec lui et surveiller le ! J'appelle le médecin tout de suite. » cria Mika hystérique. Les deux garçons, légèrement sonné acquiescèrent distraitement. Aucun d'eux n'était idiot, ils venaient de comprendre qu'on leur avait caché quelque chose, et de grave sans doute.

Reprenant un peu de bon sens, Eiri s'approcha de son jeune frère et le remit dans une meilleure position sur son lit. Le brun fut donc remis sur le dos et couvert de sa couette.

Quelques longues minutes plus tard, le sensei Saraï débarqua en catastrophe dans la maison. Il fut introduit directement dans la chambre du jeune homme, demandant une explication rapide du problème.

Shu-chan lui raconta leur discussion et ce qu'ils avaient fait précisément, il ne comprenait cependant pas ce qui était arrivé à son ami à l'entente d'une simple chanson. Les éléments se mirent tous seuls en place quand le garçon lui précisa que normalement son patient connaissait le morceau par cœur, puisqu'il s'agissait d'un disque de son groupe préféré.

Voilà, lui et la jeune femme étaient en quelque sorte punis pour le mensonge. Un coup d'œil à la brune, fermement ancrée sur ses positions, puis aux deux autres qu'il sentait inquiet. Sa conscience professionnelle lui revint en plein visage, ces deux là étaient aussi des parents de son patient. Sa raison lui souffla de tout leur dire, cela ne ferait que des aides supplémentaires pour la guérison du garçon.

Ainsi, malgré le regard menaçant de la femme, il raconta toute la vérité aux deux visiteurs. Ces derniers ne manquèrent pas d'être stupéfaits. Quoique la stupeur et la colère se partageait chez le blond, et tout le monde pouvait le voir.

Bien sûr tout en expliquant la réelle situation, il auscultait son patient avec dextérité. En quelques minutes, il put s'assurer que tout était normal, le premier flashback devait s'être manifesté ainsi à cause justement de la forte attraction qui avait existé entre le brun et ses cds. D'après ce qu'on lui avait rapporté, il était habitué à les écouter souvent, particulièrement la chanson en cause. Le souvenir devait donc s'être révéler trop fort pour une première expérience de réminiscence.

Il fit part de ses conclusions aux trois personnes, soulagées évidemment que certains souvenirs se rappellent à leur ami. Le médecin ne se fixa que sur le couple, laissant la femme en retrait. Cette dernière était contente bien sûr, mais sa conscience lui soufflait que ce serait mieux que l'homme en cause de cet événement ne refasse pas surface dans la tête de Tatsuha. Si cela revenait, il se souviendrait irrémédiablement qu'il était attiré par ce chanteur idiot.

Mika n'avait jamais compris ce qu'ils lui trouvaient tous, mais elle le préférait loin de son frère. Elle doutait que l'amour à sens unique de ce dernier soit bon pour lui, quelque soit les circonstances. Ils avaient quand même quinze ans d'écart et des scandales éclataient facilement dans le milieu de la chanson. Elle trouvait définitivement que ce genre de souvenir n'était pas sain pour son cher petit frère.

Une fois tout le monde rassuré, et le père mit au courant par sa fille, le médecin les congédia et préféra rester au chevet du garçon pour s'assurer qu'il n'ait pas de problèmes. Le petit groupe acquiesça et le laissa seul dans la chambre.

Tout le temps qu'il resta auprès de son patient, Azusa réfléchit à son implication dans cette affaire. D'habitude, il ne se rendait jamais au domicile de ses malades, et bien que le cas sorte un peu de l'ordinaire, il n'aurait pas dû se déplacer. Il ne comprenait pas pourquoi il avait laissé son numéro de portable à la famille, ni son souci face à ce garçon courageux et plein de vigueur.

Ou peut-être justement qu'il ne savait que trop bien ses raisons de vouloir rester à côté de lui. Depuis, le jour de l'accident, où il l'avait vu blessé sur la table d'auscultation puis le voyant en meilleur forme dans son lit d'hôpital. Ou était-ce le fait qu'il s'était adressé à lui en croyant avoir à faire à un ange. La sœur du garçon lui avait bien malheureusement précisé que son frangin avait les mêmes préférences sexuelles que lui. Pourquoi lui avait-elle dit cela ?

Cette révélation n'avait sans doute pas arrangé son cas et il commençait sérieusement à se voir attirer par le magnétisme sexuel du jeune. Il en avait affreusement conscience, d'autant plus qu'il ne pouvait détacher ses yeux des lèvres fines exposées devant lui. Ne tenant pas plus, il se pencha sur le visage endormi et effleura doucement la bouche offerte.

Toujours inconscient, le garçon ne bougea pas, mais cela n'empêcha pas Saraï de recommencer son geste. Un autre baiser. Puis encore un autre, à chaque nouveau attouchement, il faisait durer le plaisir, enfonçant un peu plus sa langue dans la chaude cavité.

Finalement, après quelques minutes, il posa plus vivement ses lèvres sur celles de son vis-à-vis et joua de sa langue pour donner un peu plus de vie à l'embrassade. Son rêve s'accrut quand l'organe s'éveilla et s'enroula machinalement avec sa langue. Constatant le réveil imminent du garçon, il se retira doucement pour ne pas le brusquer.

Il resta cependant une trace de son acte, un petit filet de salive s'était échappé quand il s'était retiré, et coulait désormais sur le menton du jeune brun.

Celui-ci papillonna des yeux et tomba directement sur la vision de son médecin, une petite rougeur aux joues. Il ne comprit pas pourquoi il était gêné sur le moment. Il mit cela sur le compte que l'homme ne devait pas être habitué aux chambres personnels de ses patients, et qu'en plus, il était uniquement vêtu d'un caleçon et d'un maillot large.

Cependant il ne s'expliqua pas l'humidité sur son visage, son menton et ses lèvres étaient plus frais que le reste de son corps. Pour cacher son trouble et éviter les questions le praticien se fit le devoir de s'enquérir de sa santé. Il lui rappela le flashback qui l'avait mis dans cet état et lui demanda de tout lui raconter dans les moindres détails.

Il était évident que la chanson était associée à cet homme qu'il avait vu, mais il ne se souvenait toujours pas de lui, ni son nom, rien de véritablement utile. L'homme aux cheveux mi-longs nota cependant que malgré cela, il semblait raviver une émotion immensément grande, juste pour une idole.

« Bien, ce n'est donc rien de grave, au contraire, on dirait que ta mémoire réagit déjà à certaines choses qui t'étaient proches avant. Je te rassure normalement, les flashs ne devraient plus être si douloureux, une légère gêne tout au plus. Malgré tout, je veux que tu continues à te reposer. Je repasserais demain, c'est moi qui viendrais t'appliquer ta pommade pour plus de commodités. Alors à demain, Tatsuha. »

« D'accord, à demain docteur. » répondit ce dernier. Là-dessus, le médecin se retira et rassura la famille avant de repartir pour poursuivre son travail. Les trois personnes étaient soulagées, le père aussi évidemment mais il semblait plus imperturbable qu'un bloc de glace.

Une fois Saraï repartit, Shuichi cria sur la sœur de son homme. « Non mais, pour quoi avoir caché cela ? Hein ? Vous auriez pu nous dire toute la vérité au lieu de garder un secret trop lourd. Si l'état de Tat-chan était aussi grave, vous auriez dû nous prévenir. On se serait soutenu mutuellement et on l'aurait tous aider en faisant de notre mieux. »

A l'invective enflammée, Yuki hocha simplement la tête, il était du même avis que son petit copain même s'il ne le déclarerait pas à voix haute. Malgré tout, Mika trouva la force de répliquer à la figure de Shu-chan.

« Tais-toi, sale môme ! Tu ne peux pas comprendre, je cherchais simplement à ne pas inquiéter Eiri plus que nécessaire, si je lui avais tout avoué il aurait rappliqué plus vite et se serait fait du mouron inutilement. Je m'en fais déjà assez comme ça, sans ajouter mon autre frère en boule de nerf. »

Bien sûr, ils purent comprendre son point de vue, mais ne démordaient pas de leur position, eux aussi étaient inquiets de toute façon et ils feraient tout pour aider le plus jeune à retrouver la mémoire. Cependant une question restait en suspend, quels sortes de choses pouvaient donner des réminiscences à leur blessé ?

A part des choses en rapport avec Sakuma bien sûr, parce qu'il n'y a pas que lui dans la vie. Tat-chan devait aussi se souvenir d'eux et des autres, de Tôma, d'Hiro et également de ses deux amis de fac.

Chacun à sa manière tenta de dresser une liste de choses marquantes que le brun avait vécues avec leurs proches. Mika bien sûr pensa à son mari, Shuichi à son groupe et à son groupe rival, enfin Yuki, plus terre à terre se rappela de quelques uns de leurs compagnons d'un soir ou d'ex petit(e)s ami(e)s.

Bien sûr, le dernier eut bien plus de mal à trouver quelqu'un ou un moment en particulier qui puisse affecter son frère. Shuichi eut beaucoup plus de facilités. Il se rappelait d'un certain moment assez marquant pour lui en tout cas : leur première rencontre. Mika retrouva par chance dans ses souvenirs le seul moment qui aurait un tant soit peu marqué son frère : son quatorzième anniversaire.

Ce souvenir-là était bien ancré chez elle pour la bonne raison que c'était l'unique fois où son plus jeune frère avait vraiment souri à son beau-frère. En effet, l'exploit s'était bien produit, à l'aide évidemment de deux places de concert pour les Nittle Grasper. Ce qui amena un autre événement passé à refaire surface : la découverte du dit groupe à l'âge de ses six ans. Elle se rappellerait toujours son air extatique lorsqu'elle lui donna le cd que son petit-ami lui avait donné à l'époque.

Quoi qu'elle fasse, ses pensées la ramenaient immanquablement vers le chanteur qu'elle détestait pour avoir perverti son frère. Elle ne pouvait imaginer son jeune frère aux mains d'un trentenaire extraverti et gamin arriéré sur les bords.

L'horloge murale interrompit leur travail pour leur signaler qu'il était déjà l'heure de souper. Ainsi le frère et la sœur se mirent de commun accord à préparer le repas. Shuichi rallia pendant ce temps-là les deux autres aussi vite que possible. Il s'amusa à mettre la table puis s'assit avec sa belle famille en attendant le délicieux plat que les deux aînés avaient concocté.

La soirée se passa très calmement, le jeune chien fou du groupe se pelotonnant juste contre son petit-ami en regardant un film quelconque à la télévision.

Le lendemain arriva très vite, et les jours suivants passèrent tout aussi vite. Depuis ce fameux jour, Tatsuha n'avait pas eu de flashbacks. Il ne faisait que l'aller retour entre sa chambre et la cuisine. Et bien sûr, il voyait régulièrement son médecin, qui s'employait à lui mettre sa pommade pour ses brûlures.

Vint rapidement le jour où le garçon put enfin sortir de la maison. Même s'il avait pu se défouler avec ses exutoires de papier, il appréciait grandement de sortir à l'air frais et de voir plus de monde.

Il retourna donc à la fac, où il retrouva la plupart de ses amis. Bien sûr, Inamoto et Yoritomo étaient là et leur rencontre fut inévitable, les deux garçons ne voulant pas abandonner leur ami dans ces moments difficiles.

Un flashback avait saisit le brun quand ils s'étaient retrouvés tous les trois dans un couloir de l'école. Heureusement comme l'avait dit Azusa, la douleur fut bénigne et il la supporta très bien. Mais s'il se souvint d'eux au moment de l'accident, il ne se rappela pas pour autant de leur relation concrètement.

Même quand Hideaki lui jura qu'ils étaient les meilleurs amis du monde, et qu'ils partageaient la même passion pour la musique et les jeux d'arcade, cela ne fit rien. Par un coup du sort, et un geste nonchalant et habituel d'Inamoto, l'Uesugi se souvint de tous ce qui concernait ses deux amis.

Bien sûr ceux-ci furent extrêmement contents et remercièrent l'accolade toute amicale qui les avait ramenés à la mémoire du fils de moine. Ce fut donc aussi ravi et joyeux que Tat-chan reprit le chemin du retour.

Il ne garda guère longtemps son sourire. Il repassa par la route habituel, légèrement stressé de repasser à l'endroit de son accident, mais ce ne fut pas ça qui le déstabilisa. Un peu plus loin, une voiture noire imposante s'arrêta près de lui et déchargea un homme, grand, châtain et portant des lunettes noires.

Pourtant le soleil ne brillait pas tant que ça, il comprit rapidement qu'il devait s'agir d'une personne célèbre voulant garder l'anonymat autant que faire se peut. Ne pensant pas qu'il allait être abordé, l'étudiant continua sa route.

Une main l'attrapa alors au coude, le retournant vers l'inconnu. L'homme le contempla un instant puis l'entraîna à l'intérieur de la voiture. Ce n'est qu'à ce moment qu'il enleva ses lunettes.

'Des yeux bleus…' fut la seule pensée qui s'installa dans l'esprit du garçon. L'homme de son rêve, ou de son flashback plutôt. La célébrité se décida à parler à ce moment-là. « Ah ! Tat-chan, je suis content. J'étais inquiet tu sais ? Tu as l'air d'aller bien, je me faisais du souci pour toi alors j'ai décidé de passer pour prendre de tes nouvelles. Et Kumagôro aussi évidemment. »

Un petit lapin rose obstrua alors la vue du brun. C'est cela qui déclencha tout. Il se retrouvait encore dans la même salle immense de la dernière fois, oppressé par la noirceur du lieu. Les lumières brillèrent vite comme la fois précédente. Le chanteur sur la scène finissait sa chanson, et il trifouilla dans sa chemise pour sortir le même lapin en peluche rose.

Le jouet n'était pas beau ni laid mais semblait apporter un certain réconfort à l'idole de la scène quand il la serra sur son cœur. Puis, l'homme agita vers lui la peluche et entama un de ses fameux monologues concernant l'objet qu'il avait prénommé Kumagôro.

Puis, alors qu'il ne comprenait rien au charabia du chanteur, celui-ci le fixa de ses yeux envoûtants et profonds et il murmura son prénom d'une voix si… tendre et joyeuse. Cela submergea Tat's et sa réaction n'attendit pas.

Ryuichi voyait le garçon faible, la tête dans les mains, crispé et raide. Il fut plus choqué encore que son corps s'affaissa et tomba sur la banquette, prenant une position fœtale, une sorte de défense.

Il pressa dès lors son chauffeur et manager de foncer à la maison familiale des Uesugi. Le reste du trajet, Sakuma s'installa à côté du corps de son ami et le garda calé contre lui, cherchant à comprendre ce qu'il se passait.

Arrivé à la résidence il n'était pas plus éclairé, même s'il savait que de toute évidence l'accident avait laissé des séquelles chez son jeune ami. Sans perdre de temps, il sortit de la voiture et porta sa jeune charge à l'intérieur, le déposant sur le canapé dans le salon isolé.

En effet, Mika, ayant le même caractère que ses frères, avait profité de l'évolution des choses pour sortir un peu de la maison. Elle s'était donc joyeusement organisé une petite journée de détente avec des amies.

Shuichi et Yuki étaient quant à eux dans la maison, mais légèrement occupés à une activité pour le moins sportive. Ce fut ainsi que les trouva Ryuichi cherchant de l'aide, et ayant déjà appelé le médecin. Il avait trouvé le numéro rapidement à côté du téléphone et n'avait pas lambiné à le houspiller pour qu'il se bouge les miches.

Bien sûr, le chanteur n'avait pas laissé le garçon seul, mais sous la surveillance de son maniaque manager, fana d'armes en tout genre. Sans regarder les deux hommes, la rock star leur somma d'arrêter leur… ébat et de descendre vite au chevet de Tatsuha.

Ceux-ci s'exécutèrent et ils furent bientôt tous les quatre autour du blessé. Saraï arriva assez rapidement et écarta les quatre hommes, se demandant au passage qui étaient les deux nouveaux.

Aussitôt il examina soigneusement le jeune garçon, remarquant tout de suite la pâleur et la sueur de son patient. Il était déjà comme ça à son premier flashback, sa conclusion fut donc rapide. Il demanda aussitôt un linge humide qu'il posa sur le front de l'allongé. Puis, il en passa un autre sur le torse et dans le cou du garçon.

Sitôt l'état stabilisé, il se retourna vers les autres, inquiets et attendant son verdict. « C'était encore un flashback. Ce que j'ai du mal à comprendre c'est qu'apparemment celui-ci était extrêmement fort et donc que la douleur du souvenir devait être presque aussi forte que pour le premier qu'il a eu en présence de Shuichi. Expliquez-moi ce qui s'est passé et qui était avec lui à ce moment-là.»

Ryuichi s'avança alors prenant la parole en expliquant toute l'histoire. Les choses s'éclairèrent soudainement dans l'esprit du médecin quand l'homme enleva ses lunettes de son nez. Il correspondait à la description de l'homme que Tatsuha voyait dans ses réminiscences.

'Oui, pas de doute. C'est sans doute lui, les yeux bleus, le physique et la voix que Tat-chan m'a décrits sont pratiquement similaires. Voilà donc la cause de ses douleurs étranges. Je me demande quelle est la nature de leurs rapports.' pensa le praticien en regardant son interlocuteur.

« Bien, reprit Azusa, il ne reste plus qu'à attendre que le petit se réveille pour savoir ce qu'il a vu précisément dans son flash. Ne rester pas là, il a besoin d'air et d'espace. Je ferais sans doute mieux d'aller l'installer dans sa chambre pour plus de facilités. » Sans attendre de réponse particulière, l'homme attrapa son patient en princesse et l'amena doucement et avec patience jusqu'à sa chambre.

Son acte fut suivi par quatre paires d'yeux. Et la délicatesse avec laquelle était traité son frère, mit la puce à l'oreille de Yuki. Il commençait à se poser des questions sur le médecin et sur ses sentiments vis-à-vis de son jeune sosie.

Pour les autres cela passa plutôt inaperçu. C'est alors que Shuichi eut la bonne idée de mettre son grain de sel, cette fois judicieux dans la tête de son amoureux. « Au fait, monsieur Sakuma que faites vous ici ? Il me semblait que vous aviez du travail à Tokyo. »

Ryu fut un peu gêné mais répondit assez naturellement à son rival. « Ben, en fait, on a changé quelques plans. Notre groupe va se produire ici en concert pendant quelques temps avant de reprendre les dates de Tokyo. Alors je me suis dit que ce serait bien si je passais prendre des nouvelles de Tatsuha. Tu sais moi aussi je m'inquiétais pour lui depuis qu'on a entendu cette conversation, du coup me voilà. »

Bien que le jeune accepta sa réponse, il avait l'intime conviction que son idole avait joué avec les nerfs de son cher ami et claviériste pour changer leur planning, afin de voir Tat-chan. Malheureusement pour eux un détail était parvenu aux oreilles de son blond bien-aimé.

« Shuichi ? Est-ce que par hasard, toi et Sakuma vous avez espionné la conversation que j'ai eue avec Seguchi avant notre départ ? » Une sueur froide s'empara de son petit-ami qui s'en demander son reste s'enfuit dans le jardin en criant 'je suis désolé' à tout bout de champ. Bien sûr cela n'empêcha pas l'écrivain de le poursuivre de toute sa hargne et de le rabrouer de tous les noms d'insectes et de tous les noms d'oiseaux possibles.

Regardant un peu étonné le spectacle, Ryu-san ne put s'empêcher de murmurer lui aussi : « Je suis désolé Shu-chan. » C'est dans ce micmac que Mika rentra chez elle. Elle resta bien sûr pétrifiée à l'entrée quand elle vit Sakuma dans son salon avec son cinglé de manager. Comme tout le monde, elle avait été traumatisée par cet hurluberlu le jour où Tôma avait eu la brillante idée de lui présenter.

Puis sans crier gare, elle se réveilla une lueur de rage dans les yeux. La suite eut le mérite d'arrêter les gamineries de son frangin et de son homme. Elle sauta en hurlant sur Sakuma, puis l'agrippa férocement par l'épaule pour courir le jeter dehors. Elle fit la même chose avec l'autre blond et les congédia en hurlant de déguerpir avant qu'elle n'explose pour de bon.

Et évidemment, elle comprit qu'il était arrivé quelque chose à son plus jeune frère. A chaque fois que ce maudit chanteur était dans les parages, il y avait une catastrophe, et elle était persuadée que son petit frère en avait fait les frais.

Aussitôt qu'elle revint dans le salon, Shuichi s'empressa de remettre du feu sur le gaz en racontant ce qui s'était passé pendant son absence. Cela convainquit définitivement la brune de ne plus jamais laisser entrer les deux amis de Tôma.

Pendant ce temps-là, il y avait un médecin et un jeune garçon à l'étage. Cela non plus n'aurait pas plu à Mika si elle avait su ce qui s'y passait. Tat-chan n'était toujours pas réveillé, et comme les autres fois, Saraï en profita. Il s'était attaqué cette fois au torse de son beau patient.

Après l'avoir embrassé, il s'était décidé à aller un peu plus loin en essayant bien sûr de ne laisser aucune trace de ses actes. Ce qu'il avait réussi à faire jusque là. Mais cette fois, l'envie fut trop forte. Il avait adoré redessiné les muscles souples de l'endormi, ainsi que triturer ses tétons que ce soit avec ses mains ou avec ses dents. Seulement, il n'avait pas su résister à lui faire un suçon au niveau de son pectoral.

Il dissimula vite fait la preuve de son assouvissement en remettant un tee-shirt à sa victime. Il l'avait fait vite et cela lui sauva la mise, la sœur venant aux nouvelles. « Alors, Sensei ? Shuichi m'a relaté les événements. Est-ce qu'il va bien ? »

« Ne vous inquiétez pas. C'était un flashback, rien de plus, même si je m'interroge sur la relation qui lie Tatsuha avec cet homme. D'après le précédent souvenir, ils semblent se connaître mais ca ne m'explique en rien leur lien commun. Comment un chanteur et lui peuvent être lié, cela reste un mystère. D'habitude les fans de ce genre d'idole ne sont pas du tout proches. Là au contraire, j'ai l'impression qu'ils sont inextricables l'un de l'autre. »

« Vous pensez que la douleur qu'il ressent à chaque fois aurait un rapport avec ses sentiments pour Sakuma ? » suggéra la jeune femme. « Eh bien, ça m'en a tout l'air effectivement. Vous pourriez m'en dire plus sur ce Sakuma Ryuichi ? »

« Moi ! Je ne le connais pas bien, et je ne m'en porte pas plus mal. Ce n'est qu'un excentrique et immature personnage. De ce que j'en sais, il se ballade toujours avec une peluche rose, à laquelle il parle. Puis d'après les journaux, ses chansons se vendent plutôt bien et il a du succès auprès de tous. » déclara-t-elle.

« J'entends bien, mais je voulais dire : auriez-vous une idée de ce qu'ils ont vécu ensemble ? Ou plus simplement comment se sont-ils rencontrés ? Je suis à peu près sûr qu'ils ont eu plus de contact qu'une simple relation fan-star peut entraîner. » interrogea de nouveau l'homme.

Pour le coup, Mika pâlit légèrement mais se décida quand même à lui raconter une partie de l'histoire. « En fait, je suis mariée à Tôma Seguchi et il se trouve que lui et Sakuma sont des amis très proches. Il est normal donc que cet imbécile ait été le témoin de Tôma à notre mariage. C'est là qu'ils se sont vus pour la première fois en vrai évidemment. Tat-chan a toujours admiré cet idiot pour je ne sais quelle raison. Et le fait que je lui ai donné un de ses cds à son sixième anniversaire n'a sans doute fait que l'inciter davantage à sa passion irréaliste pour ce maudit chanteur. Quand à ce qu'ils sont vécus ensemble, je n'en sais pas grand-chose, si ce n'est qu'ils ont passé une journée ensemble au zoo, il y a quelques années. »

Déjà très satisfait de ce récit, le médecin termina de prendre ses notes puis assura à la jeune femme qu'il allait veiller sur son frère. Celle-ci opina puis se retira de la chambre. Le brun souffla un coup, content de ne pas s'être fait prendre mais intrigué par tous les secrets qui liait Tatsuha et sa famille, ainsi que ce Ryuichi, qui semblait si cher au cœur de son jeune patient.

Une petite voix cruelle dans sa tête lui murmura qu'une de ses suppositions les plus inenvisageables pourrait être véridique finalement. Et si… ces deux là étaient amoureux l'un de l'autre, ou pire étaient-ils ensemble avant l'accident. Si c'était le cas, avait-il une chance avec le garçon ?

Il fut tiré de ses réflexions par un gémissement et un mouvement sur le lit. « Ah ! Tatsuha, je suis content de te voir enfin réveillé. » déclara-t-il doucement. « Oh ! Sensei ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » Le praticien se fit une réflexion à l'instant précis où le jeune homme prononça ses mots. 'Tant mieux, s'il ne se souvient toujours pas de ce Sakuma, j'ai peut-être mes chances finalement.'

« Tat-chan, te rappelles-tu qui tu as rencontré aujourd'hui ? » « Non. » Réponse simple et brève qui ravi intérieurement l'homme de science. « Bon ce n'est pas grave. Je vais te dire tout ce que m'a raconté, mais après je veux que tu essayes de tout me dire sur le flashback de cet après-midi. Mais avant tout, est-ce que tu vas bien, tu n'as mal nulle part ? »

« Juste un peu à la tête. Oh ! Je me rappelle que j'ai vu un homme sur le chemin du retour. Il m'a fait rentrer dans sa voiture puis je ne sais plus vraiment, c'est noir après. La dernière chose que j'ai vu c'est un truc rose bizarre. » répondit le garçon.

« Bon, c'est très bien. » Saraï continua sur sa lancée pour lui apprendre tout ce qu'on lui avait rapporté, puis avant de laisser Tat-chan parler, il vérifia quand même s'il ne s'était rien passé de neuf depuis hier à part cette histoire.

« Euh… Ah ! Si, je me souviens que ce matin j'ai croisé Akira et Hideaki, les deux garçons qui étaient avec moi le jour de mon accident. Après un geste familier j'ai retrouvé qui ils étaient, je me souviens d'eux. On était tous content à ce moment-là. » Puis n'ayant rien d'autre à raconter, il essaya de décrire son flash à son médecin.

Il prit des notes une nouvelle fois, puis sourit à son jeune fantasme en lui précisant qu'il n'avait plus qu'à soigner ses brûlures avant de le laisser tranquille. Ce qu'il fit rapidement avant de refaire correctement les bandages. Cependant, il s'était légèrement attardé sur certaines zones du corps blessé, plus que de raison. Tatsuha l'avait remarqué, contrairement à ce qu'il pensait.

Le sensei fut donc étonné quand, après avoir rangé son cahier et s'apprêtant à partir, le jeune homme le retint par le bras. « Sensei… Que pensez-vous de moi ? Je veux dire en tant qu'homme pas en tant que patient. » demanda-t-il.

A la question, l'homme rougit un peu mais parvint à répondre honnêtement au garçon. « Eh bien, je… En fait, tu ne me laisses pas indifférent. D'ailleurs, dès que je t'ai vu, je t'ai trouvé beau, sublime même. »

« Alors, je vous plais ? Je dois vous avouer que je vous trouve beau aussi, depuis notre première rencontre en fait. Vous vous souvenez ? Quand je vous ai pris pour un ange. » Cette déclaration suffit à mettre le feu aux poudres.

Le plus âgé se retourna et allongea le garçon de tout son long sur le lit, venant le surplomber avec un regard de prédateur. Il fondit directement sur la bouche tentatrice et ils échangèrent un baiser enflammé.

Tat-chan gémit de bien-être quand le baiser se fit plus vorace et sensuel. Aucun des deux ne put résister à la tentation d'aller plus loin. Le médecin refit le chemin qu'il avait esquissé plus tôt sur le torse fin et divin de son patient. Malheureusement, ils furent interrompus, des bruits dans les escaliers les alertant que quelqu'un montait.

Ni vu ni connu, ils se séparèrent et réarrangèrent leurs vêtements convenablement. Une tête brune apparut à l'embrassure de la porte. C'était Shuichi qui était chargé de savoir si le praticien restait pour dîner. Celui-ci dût décliner l'offre, mais promit de rester un autre jour pour le dîner.

Il repartit tout sourire de la maison, content que le garçon qui lui plaisait partage ses sentiments. Les habitants de la maison se posèrent bien sûr des questions, mais mirent sa joyeuse humeur sur le compte des flashs qu'avait eu Tatsuha.

La soirée se passa calmement cette fois-là et au vu des émotions de la journée, on laissa le blessé tranquille dans sa chambre. Tat-chan put alors à loisir penser à son beau médecin et se toucher en pensant à lui. Mais bizarrement, au moment où il se déversa ce fut des yeux bleus qui remplacèrent ceux de son ami.

Un peu étonné, il passa outre ce fait étrange puis se concentra sur un texte laissé à l'abandon, qui cette fois ne parlait pas de douleur, mais de bonne humeur et de gaieté. Peu de temps plus tard, le sommeil le gagna, ainsi que les autres résidents de la maison.

Ce fut ainsi que les jours passèrent par la suite, la routine bien rôdée désormais avec la relation cachée des deux garçons vis-à-vis des autres. S'ils parvinrent à dissimuler leur nouveau rapport, ils ne purent cependant pas s'assouvir correctement, constamment dérangés par les bruits d'une sœur ou d'une mini tornade brune appelée Shuichi.

Bien sûr, la scolarité du blessé continuait, il rattrapa son retard grâce au soutien de ses amis et de son cher frère qui lui expliquait parfois ce qu'il ne comprenait. Ils retrouvèrent ainsi une complicité plus forte qu'auparavant, même si elle n'équivalait pas encore celle qu'ils avaient enfants.

La vie continua donc ainsi, plutôt joyeuse pour tous. Il était évident que tout le monde fit tout pendant ce temps pour aider Tatsuha à se souvenir de la moindre chose de son passé. Ce qui marcha plutôt bien. Grâce à diverses conversations ou anecdotes, les souvenirs commencèrent à revenir peu à peu.

Si bien qu'à la fin de la semaine, Eiri et Shuichi refirent surface dans l'esprit du plus jeune. Son frère grâce à une des nombreuses conversations qu'il avait débutée avec lui sur divers sujets comme leurs livres préférés, leurs plats adorés et détestés, ainsi que plein d'autres choses, que de vieilles anecdotes ranimèrent.

Shuichi, bien sûr, n'avait rien fait comme tout le monde, mais avait réussi grâce à ses stupides pitreries à se rappeler à la mémoire de son beau-frère. Ce fut principalement son costume de chien et ses yeux de cockers qui amusèrent son ami, ce qui provoqua un léger flash pendant son fou rire.

En bref, la petite famille était contente, la mémoire lui revenait petit à petit. Lentement mais sûrement, le garçon prenait le chemin de la guérison. Ce qui amena rapidement, Mika et Shuichi à inviter leurs amis à la maison pour quelques jours.

Ceux-ci, toujours prêts à aider et accessoirement à prendre des vacances, débarquèrent le lendemain des appels téléphoniques. Hiro et Suguru, ainsi que leur bien aimé Nakano-san débarquèrent à la maison en pleine après-midi. Mika pas contente que tout ce monde investisse la demeure familiale les renvoya à la rue, en leur criant que sa maison n'était pas un hôtel, et qu'ils feraient bien d'en chercher un justement.

Légèrement découragé, ils finirent cependant par trouver un hôtel relativement décent et dans leur petit moyen. Et bien évidemment la visite de Tôma et Noriko ravit l'unique fille Uesugi et elle les hébergea joyeusement. Résultat, Shuichi fit un scandale dans le salon en râlant sur la jeune femme et son comportement de girouette.

Ainsi lorsque Tat-chan revint de l'université il fut accueillit par un brouhaha monstre. Il comprit d'emblée quand il pénétra dans le salon, on se serait cru au zoo tant ce petit monde prenait de la place et hurlait pour se faire entendre dans ce joyeux tintamarre.

On comprend donc que la réaction du brun lorsqu'il essaya de se carapater discrètement sans se faire voir par la troupe. Shit ! Pour lui. Sa sœur toute folle le vit et se précipita sur lui, pour directement le présenter à ses deux amis. Sur le coup évidemment aucune réminiscence ne revint chez Tat-chan.

Cependant Noriko et Tôma, avec leur talent habituel, lui ravivèrent très rapidement la mémoire. La jeune femme lui avait fait quelques signes et murmuré doucement quelques mots. Ce qu'elle avait fait en réalité la première fois qu'elle l'avait rencontré. A savoir jouer les séductrices et lui dire qu'il était mignon.

Pour le directeur de NG, son célèbre visage colérique et sa voix dangereusement basse suffirent à rappeler à Tatsuha pourquoi il n'aimait pas ce timbré de blondinet.

Pour les autres cela releva des travaux d'Hercule pour la simple et bonne raison que le jeune fils de moine n'avait pratiquement jamais rien vécu avec eux. Ce fut aux prix de durs efforts de la part de Shuichi et d'Hiro qu'il se rappela le groupe et leur rencontre avec Ayaka. Du même coup, la jeune fille lui revint comme un boomerang en tête. Et il se souvint aussi qu'il n'arrêtait pas de la surnommer la bêcheuse conservatrice de Kyoto.

Bref, l'après-midi fut riche d'histoires et de souvenirs. Le jeune accidenté n'avait donc pratiquement plus de problèmes. Enfin, presque. Il restait quand même une ombre dans le tableau. Cet homme qu'il voyait dans ses flashs et dans ses rêves maintenant.

Il aurait voulu que tout soit plus simple et que seul Azusa occupe ses pensées, mais l'homme aux yeux bleus semblait le poursuivre partout. Il ne cessait de revoir ses deux flashbacks si troublants et étranges. Puis, il rêvait sans cesse de lui, et se réveillait quelques fois avec une érection monumentale. Tout cela le mettait mal à l'aise quand il se faisait toucher par son beau médecin.

Tant de choses tourbillonnaient dans sa tête qu'il se décida à prendre une décision. Il devait parler avec Saraï dès qu'il le verrait. Et l'occasion se présenta rapidement. Comme d'habitude l'homme vint en début de soirée, et ils allèrent s'isoler dans la chambre du jeune homme.

Après les soins habituels, Tatsuha fit dériver la conversation vers ses visions et demanda son avis à son petit-ami. Celui-ci n'apprécia pas du tout, la tournure que prirent les choses, cependant, il n'en montra rien et mentit pour la première fois. « Ecoutes, mon amour, je sais que tout cela te tracasse, mais à mon avis, cet homme t'a douloureusement marqué avant ton accident. »

« Selon moi, il a dû se passer quelque chose de grave entre vous, et maintenant après le choc il occupe tes pensées. Il a très bien pu le faire exprès pour t'effrayer et te garder sous son contrôle, j'ai déjà vu ça fréquemment. Alors, ce n'est pas grave si tu ne te souviens pas de lui. Je pense même que ce serait bien mieux. »

Le garçon haussa un peu les sourcils mais hocha la tête, esquissant un sourire d'excuse à son compagnon. « Oui, tu as sans doute raison, tu es médecin après tout. C'est juste que c'est une partie de ma mémoire tu comprends. Enfin, je vais arrêter d'y penser, désolé de t'avoir embêté avec ça. »

L'homme lui répondit doucement, faisant terre sa petite voix qui lui murmurait qu'il avait mal remplit son rôle de praticien. « Tat-chan, n'aies pas peur de me parler de tout ce qui te tracasse, et du reste d'accord ? Je suis là pour passer du temps avec toi et apprendre à te connaître. J'espère que tu as assez confiance en moi, pour tout me dire, moi je n'ai aucun secret pour toi. Maintenant, passons à des choses plus joyeuses. »

Les deux garçons recommencèrent à s'embrasser à perdre haleine, heureux de se comprendre. Le baiser se fit lentement plus sensuel, plus lent, faisant perdre la tête au plus jeune. Son homme en profita pour avancer son exploration. Il parcourut le magnifique torse de plusieurs baisers et de morsures, marquant son territoire.

Il migra très vite plus bas, atteignant enfin le pénis à moitié érigé du garçon. Il le masturba lentement, infiltrant un plaisir délicieusement érotique et vibrant dans le membre. Une fois, le sexe bien gonflé, le brun engouffra sa friandise en bouche et pompa durement son Adonis languissant et gémissant à voix basse.

Le blessé finit par déverser son plaisir dans la bouche de l'homme, s'échappant avec un petit grognement de satisfaction. Puis, les deux hommes s'embrassèrent de nouveau. Ils furent brusquement stopper par un coup sur la porte. Tatsuha et son petit copain se séparèrent rapidement, puis le plus jeune autorisa la personne à entrer.

C'était encore Shuichi qui venait aux nouvelles, et cette fois Azusa accepta l'invitation à dîner avec joie. Ce qu'il ne savait pas c'est que l'homme qu'il redoutait serait lui aussi présent au repas. Tôma et le jeune chanteur avaient eu la bonne idée de l'inviter parce qu'ils étaient amis. Mais sincèrement, lui se serait parfaitement bien passé de sa présence.

Saraï fit cependant bonne figure et pria que son jeune presque amant ait confiance en lui et ne cherche pas à raviver ses souvenirs en restant trop près de l'idole japonaise. La disposition de la table joua à son avantage, plaçant son rival assez loin de lui et de sa propriété, l'homme avait d'ailleurs fort à faire avec l'autre excité de vocaliste, Shuicihi donc. Une vraie pipelette, un moulin à paroles qui l'arrangeait très bien dans ce cas-ci.

Le dîner se passa dans un calme relatif, tout le bruit provenant seulement du chanteur fou qui ne savait pas parler calmement. Bref, Shuichi empêcha tout le monde de parler, monopolisant la conversation et l'attention toute particulière de son idole et rival.

Bien heureusement, on évita la casse en jugulant l'envie de meurtre grandissante de Mika de ne pas pouvoir parler de trucs de filles avec sa meilleure amie. Tôma avait beaucoup contribué à la chose, en faisant un sourire en coin à sa femme. Si bien que l'orage se pointa après que tous les invités soient partis.

Quelques coups de pieds et diatribes enflammées plus tard, le pauvre chanteur retrouva les bras de son amant avec soulagement, sauvé pour un temps de la force destructrice de sa belle-sœur.

Voilà, dites-moi ce que vous en avez pensé. L'incitation pour Drag : Yeux de chat botté tout mimi, tout larmoyant.