Ils se retrouvèrent dehors à resserrer leurs vestes autour d'eux à cause du froid.

- On fait comment ? voulut savoir Heath.

- Séparons-nous puisque nous n'avons aucune idée de l'endroit où il peut être. Rendez-vous ici même dans deux heures, répondit hide.

- Ok pas de soucis.

Pendant ce temps, Yoshiki, qui courait depuis un moment, commença à sentir ses forces l'abandonner. Il s'assit contre un mur au fond d'une ruelle sans issue et se recroquevilla, la tête entre ses jambes. Comme il faisait froid, il commença à grelotter un peu mais il ne se résigna pas à quitter l'endroit où il s'était réfugié. Il commença à pleurer doucement en repensant à toute cette histoire.

Un homme d'environ vingt-cinq ans passa par là et l'entendit pleurer. L'esprit embrumé par un mélange détonnant d'alcool et de joint, il s'avança en titubant vers la silhouette

recroquevillée. Sur son blouson taché de dégueuli, était fixé un pin's de X-Japan. Quand il fut tout près, il reconnut sans peine les cheveux blonds et la silhouette élancée qui le faisait tant fantasmer :

- Ouah j'hallucine ! T'es Yoshiki !!

Yoshiki, surpris, releva légèrement la tête en cachant ses larmes :

- Oui c'est moi…Qu'est-ce que vous me voulez ?

L'autre était complètement excité :

- Je t'adore mec ! J'ai tous les disques de X-Japan !

Il s'assit sans gêne aucune à côté de lui en le dévisageant de son mieux :

- T'es encore plus canon en vrai !

- Merci c'est gentil, répondit Yoshiki avec un sourire mal à l'aise.

L'homme sentait clairement l'alcool et s'il n'avait pas été aussi fatigué, il se serait enfui. Mais le poids qui lui pesait sur le cœur le clouait au sol. Le fan poursuivit lourdement en lui passant un bras autour des épaules avec une familiarité déplacée :

- Et qu'est-ce que tu fais là tout seul ? T'es pas avec les autres dans un grand hôtel à bouffer du caviar ? Et j'peux te demander un truc? Parce qu'avec mes potes, on se pose la question...

Yoshiki, agacé, se dégagea du bras du gêneur :

- Quoi ?

- Ben il y a une rumeur qui dit que t'as embrassé Toshi quand t'étais plus jeune. T'es gay ? Vous couchez ensemble?

C'était tellement gonflé que Yoshiki crut d'abord avoir mal entendu. Puis il se leva brusquement dans un mouvement de colère :

- Mais de quoi je me mêle ?! C'est ma vie privée !

Il voulut partir mais l'autre lui agrippa tout d'un coup le bras. Son visage de stupide était devenu menaçant :

- Eh oh ! T'es peut-être une star mais tu m'agresses pas ok ? Et puis de toute façon ouais tu dois être gay avec le temps que t'as passé habillé comme une meuf !

- Qui a agressé l'autre en premier ? s'écria Yoshiki en retirant violemment son bras. Et pour ce qui est du look, ça n'a rien à voir avec la sexualité. Alors maintenant, je vais m'en aller. Bonne fin de soirée.

Il marcha rapidement pour sortir de la ruelle mais, soudain, le fan se jeta sur lui et le plaqua au sol avec dans les yeux la même lueur de démence que chez les déséquilibrés mentaux.

- Attends….J'ai pas de papier pour un autographe mais tu vas quand même me laisser un p'tit souvenir…

Il l'embrassa de force. Yoshiki essaya de le repousser mais l'autre avait près de vingt kilos de graisse et de muscles de plus que lui. N'ayant pas d'autre solution, il lui mordit durement la lèvre.

- Aaaaah !!! Salope !

Yoshiki reçut un coup de poing en plein visage qui le laissa sonné. Le fan en profita et le coucha complètement en pesant sur lui de son ventre proéminent. Il l'observa comme un chat l'aurait fait avec une souris ; il repensait au nombre de fois où il s'était branlé devant les photos de presse dénudées de Yoshiki. Maintenant qu'il l'avait là à portée de main, pourquoi ne pas tester autre chose qu'un corps sur papier glacé ? Il le caressa d'une main grasse en susurrant :

- Y'a pas à dire, t'es excitant...ça te dirait qu'on s'amuse un peu ? Je te ferais pas trop mal...

- Non j'en n'ai pas envie !! Laisse-moi tranquille !! s'écria Yoshiki en s'agitant désespérément.

Mais comme ça arrive souvent dans le cas d'un viol, plus la victime résiste, plus le bourreau s'excite. Dans le cas présent, le fan fut émoustillé par Yoshiki qui se trémoussait sous lui. Sans tenir compte de son cri, il lui ferma la bouche d'un baiser écoeurant et déchira brutalement la fine chemise que portait le musicien.

- Pourquoi vous faites ça ???

L'autre émit un ricanement cynique :

- Parce que j'en ai envie. T'imagines pas tout ce que je me fais en pensant à toi. Maintenant ferme-là si tu veux que ça passe vite.

Il ouvrit prestement le jean de Yoshiki qui ferma les yeux et commença à trembler de peur. Il était déjà faible avant de tomber sur ce salaud alors à présent, il n'avait plus la moindre force pour se défendre. Résigné d'une affreuse façon, il essaya de penser à autre chose, de se couper mentalement de ce gros porc qui le déshabillait comme un cadeau de Noël.

Non loin de là, hide courait comme un dératé à travers les rues désertes en hurlant de temps en temps le nom de Yoshiki. Il commençait à avoir un point de côté mais sa panique était telle qu'il refusait de s'arrêter. Il avait beau chercher partout : aucune trace et les rares passants à qui il s'adressa n'avaient rien vu.

Mon Dieu, si je le retrouve mort...

Non, il valait mieux ne pas penser à ce qu'il allait faire. C'est alors qu'au loin, il entendit quelqu'un crier " non j'en ai pas envie ! " Malgré le son lointain, son instinct lui souffla que c'était celui qu'il cherchait. Le cri provenait d'une des ruelles de l'autre côté du pont qui enjambait la rivière de la ville. Il redoubla de vitesse...

Yoshiki pleurait silencieusement en pensant :

Je n'aurais jamais dû partir comme ça de l'hôtel…je vous en prie, faites qu'il fasse vite, je n'en peux plus…

hide du mal à localiser la provenance du cri alors il hurla de nouveau :

- YOSHIKIII !!

Durant une seconde illuminée, Yoshiki reconnut la voix de hide et cria :

- Je suis là !!

Il n'avait plus que son boxer et le fan s'amusait à lui caresser les fesses. Le contact révulsait tellement Yoshiki qu'il sentait ses entrailles se tordre. A force d'avoir le poids lourd de ce gros ventre sur lui, il commençait à avoir du mal à respirer. Au cri qu'il poussa, son agresseur lui décocha un nouveau coup de poing :

- TA GUEULE !!

Et il dégrafa son propre pantalon pour essayer d'arriver à ses fins le plus vite possible. Sous lui, Yoshiki avait la tête qui tournait à cause de la violence du choc et une grosse larme roula sur sa joue.

hide l'entendit crier et comprit sans peine que Yoshiki était en danger. Il fonça de toute la vitesse qu'il pouvait encore trouver dans ses jambes fatiguées. Et quand il arriva, il se figea d'horreur en découvrant Yoshiki pratiquement nu, coincé sous un type en train de se déshabiller. Une rage noire déferla dans ses veines. Il se jeta sur le type, l'enleva de sur Yoshiki et le frappa de toutes ses forces.

Yoshiki s'empressa de se rhabiller. La peur qu'il avait eue faisait encore trembler ses mains mais il était si heureux de voir hide débarquer qu'il se ressaisit et se lança dans la bagarre. A deux contre un, elle fut de courte durée. Bouillant de rage, hide asséna un coup de pied dans l'estomac du type qui se plia en deux.

- Dégage ! rugit-il. Dégage ou je te jure que je te tue !!

L'interpellé ne se le fit pas dire deux fois et déguerpit, la gueule en sang.

Yoshiki ne put s'empêcher de détailler hide d'un air curieux. Le guitariste tantôt nonchalant, tantôt joyeux comme un enfant, pouvait aussi devenir particulièrement impressionnant quand il était en colère. Haletant, les cheveux hérissés, hide fixait encore l'endroit où l'agresseur avait disparu comme s'il avait envie de le poursuivre pour l'achever. Yoshiki s'approcha de lui et le prit par le bras :

- Merci.

hide se tourna vers lui et son visage s'adoucit considérablement :

- Tu n'es pas blessé ?

- Non ça va. Tu es arrivé à temps pour me sauver du pire..

hide voyait sans peine que Yoshiki était encore sous le choc. Il entoura doucement sa taille de son bras en murmurant :

- Viens on se casse…

Yoshiki avait du mal à marcher à cause de ses jambes faibles et tremblantes. Ils avancèrent lentement jusqu'au pont. Arrivés là, ils s'arrêtèrent et hide s'accouda sur la rambarde au-dessus d'une eau noire qui coulait sans un bruit. Puis il s'adressa à Yoshiki, moitié souriant, moitié bouleversé :

- Ne me fais plus jamais peur comme ça…

- J'ai eu peur aussi…

hide émit un rire nerveux et soupira un bon coup :

- Allez, on retourne à l'hôtel. Nous sommes tous partis à ta recherche.

Yoshiki se gratta la tête d'un geste gêné :

- Pardon d'avoir gâché la soirée…

hide ne répondit pas et le prit par la main. Il était tellement heureux de l'avoir retrouvé (et un peu fier aussi de l'avoir sauvé) qu'il n'avait plus envie de le lâcher par instinct de protection.

Devant l'hôtel se trouvaient déjà Heath et Pata. Leurs mines soucieuses s'éclairèrent instantanément quand ils aperçurent Yoshiki. Ils se précipitèrent :

- Yoshiki ça va ? demanda Heath avec sollicitude.

- Oui ça va, ça va.

- Toshi n'est pas arrivé ? demanda hide.

- Non, toujours pas, répondit Pata.

Heath sortit son portable :

- Je vais l'appeler pour lui dire que c'est bon.

Il composa le numéro du chanteur :

- Ca sonne…

Toshi frappa du poing contre un mur et les larmes jaillirent de ses yeux. Une heure qu'il fouillait la ville et toujours rien !! Il commençait réellement à croire que Yoshiki avait fait une bêtise. La peine et la culpabilité l'écrasèrent

C'est de ma faute... Je suis vraiment le pire des connards...

Il ne voulait pas revenir à l'hôtel de peur de voir que les autres étaient aussi rentrés bredouilles. C'est alors que son coeur fit un bond quand sonna son portable. Il décrocha hâtivement:

- Moshi ?

« Ouais c'est Heath. On a retrouvé Yoshiki, on est à l'hôtel. T'es où ? »

Toshi faillit s'évanouir de soulagement.

- Je sais pas où je suis, je connais pas cette putain de ville ! Mais je reviens de suite !

Il raccrocha et fila en sens inverse en priant pour être capable de retrouver son chemin.

Les quatre autres étaient toujours devant l'hôtel et hide observait Yoshiki avec inquiétude. En effet, le problème n'était toujours pas réglé et maintenant, Pata et Heath risquaient de poser des questions. Sans parler de ce qui allait se passer quand Toshi serait revenu…

Yoshiki qui avait un visage fermé annonça :

- Je vais dans ma chambre prendre une douche et me changer.

Il essaya d'un petit sourire forcé et rentra dans l'hôtel. Heath le suivit des yeux et croisa les bras en fronçant les sourcils :

- Ca n'a pas l'air d'aller fort lui. hide, j'aimerais franchement qu'on m'explique ce qu'il se passe.

hide hésita d'abord à répondre. Comment raconter une histoire pareille à Heath et Pata alors qu'ils n'avaient jamais rien soupçonné ? Mais c'étaient leurs amis et ils avaient le droit de connaître ce drame qui risquait d'avoir des répercussions sur le groupe s'il s'aggravait. Donc, sans entrer dans les détails, il expliqua :

- Bon, écoutez, je vous donne la version simple : Yoshiki est amoureux de Toshi.

Deux paires d'yeux s'écarquillèrent de surprise.

- Hein ?!! glapit Heath.

Hide hocha la tête et poursuivit :

- Oui et ce soir, il a eu une grosse crise parce qu'il ne supporte plus de l'entendre parler de son mariage. Il s'est déclaré à Toshi, qui bien sûr l'a éconduit et il s'est enfui.

C'était vraiment la version édulcorée mais il était inutile de les affoler en leur racontant le reste.

- Eh ben !

Heath était tellement abasourdi qu'il ne put rien dire de plus. Pata ne dit rien mais baissa les yeux sur le trottoir, l'air bouleversé.

Entre-temps, Yoshiki s'était lavé au moins trente-six fois tellement le souvenir de la tentative de viol était cuisant. Quand il eut fini, il se brossa aussi les dents plusieurs, passa des vêtements propres et repartit voir ses amis.

hide poussa un discret soupir de soulagement en le voyant revenir; Au même moment, Toshi arriva, les cheveux en bataille et hors d'haleine. Il se précipita sur Yoshiki :

- Tu m'as fait peur toi ! Tu vas bien ?

Il le détailla de haut en bas comme s'il voulait s'assurer que Yoshiki avait bien ses deux bras et ses deux jambes.

- Oui Toshi ça va…répondit Yoshiki d'une voix lasse et triste.

Il n'était vraiment pas fier de sa fugue puérile qui avait causé tant d'inquiétude à ses amis. En pleine tournée, ce n'était ni prudent, ni professionnel de la part d'un leader. Il baissa la tête et ajouta à Toshi :

- En réponse à ce que tu m'as demandé, je n'aurais pas la force d'être ton témoin. Il faudra que tu trouves quelqu'un d'autre, je suis désolé.

Toshi lui offrit un regard navré :

- Je comprends…je m'en veux tellement de te faire souffrir…

- Tu n'as pas à t'en vouloir…tu aimes quelqu'un d'autre. Ce n'est ni de ta faute, ni de la mienne.

Emu par la détresse visible de Yoshiki, Toshi saisit délicatement son poignet bandé et y déposa un baiser :

- Jure-moi que tu n'essaieras plus de faire ça.

Yoshiki avait la gorge qui se serrait mais il réussit à balbutier :

- Je…je te le jure.

Toshi le prit dans ses bras et le serra le plus fort possible, essayant de lui faire comprendre par ce moyen que Yoshiki comptait énormément pour lui malgré tout. Son ami lui rendit son étreinte, le cœur brisé. A présent, bon gré mal gré, il allait devoir trouver un moyen pour remonter la pente mais ne voyait aucun réconfort à l'horizon. hide, Pata et Heath contemplèrent sans mot dire cette scène presque intime.

Yoshiki se détacha de Toshi et se tourna vers hide :

- hide…merci encore….

- Pas de quoi….répondit-il avec un sourire tremblant.

Il était immensément soulagé parce qu'il sentait maintenant que Yoshiki était sauvé. Toshi avait réussi à lui arracher la promesse que même ses larmes à lui n'avaient pas pu obtenir. Et pourtant, il n'était pas jaloux. Il n'y arrivait pas car ne perdait pas l'espoir de conquérir un jour Yoshiki.

- On devrait tous aller dormir, suggéra hide.

Yoshiki secoua la tête :

- Je n'arriverai pas à fermer l'œil de la nuit et puis j'ai faim.

- Oui, il a raison, dit Heath. Résultat, on n'a pas mangé ce soir.

Puisqu'ils étaient tous affamés, ils retournèrent dans la salle à manger où le service n'était pas fini. Personne ne parla des évènements de la soirée pendant le dîner, comme s'ils avaient tous besoin d'une pause. Cela n'empêcha pas hide d'observer Yoshiki en douce pour essayer de lire sur son visage comment cette soirée riche en émotions l'avait traitée. La dernière scène avec Toshi l'avait soulagé mais il n'avait pas l'intention d'en rester là. Puisque Yoshiki avait déclaré ne pas vouloir dormir, il allait s'incruster, quitte à passer pour un pot de colle. Il voulait mettre les choses au point et demander à Yoshiki ce qu'il comptait faire à présent. C'est ainsi qu'après le dîner, quand ils se furent tous retirés dans leurs chambres, hide se rendit à celle de Yoshiki dont la porte ne fermait plus désormais. Il l'entrouvrit et passa la tête :

- Coucou c'est encore moi !

Yoshiki, assis dans un fauteuil, regardait par la fenêtre et lui sourit :

- Oui entre !

hide s'assit sur son lit en tripotant nerveusement ses mains. Puis il essaya de commencer sur un ton humoristique :

- Quelle soirée ! Tu nous as bien fait courir !

Mais la boutade parut mortifier davantage Yoshiki :

- Je suis désolé, répéta-t-il.

D'une voix douce, hide demanda :

- Dis-moi comment Toshi a réagi quand tu lui as dit ?

- Il était gêné…mais ça n'a rien changé pour lui.

- Mais...il n'a pas été choqué ou dégoûté ? Vous êtes toujours amis?

- Oui…seulement amis, répondit Yoshiki avec une nuance d'amertume.

hide réfléchit un moment pour choisir les mots qu'il voulait dire :

- Je savais bien qu'il te dirait ça... Yoshiki, il faut absolument que tu essaies de l'oublier. Est-ce que tu te sens capable d'essayer?

- Mais comment ?

hide se mordilla les lèvres. Allait-il oser revenir là- dessus ? Il choisit de prendre le risque :

- Je sais pas... Moi je suis là. Je te répète ce que je t'ai dit tout à l'heure, je suis prêt à tout pour que tu te sentes mieux. Je voudrais...que tu me laisses être à tes côtés et que... tu me donnes une chance... Crois-tu que ce soit réellement impossible pour moi de pouvoir égaler Toshi à tes yeux ?

Yoshiki leva vers lui des yeux remplis de surprise et d'interrogations :

- Te donner une chance ?

Maintenant qu'il avait commencé, hide s'enhardit. Il avait tant rêvé de dire ces mots à Yoshiki qu'il avait l'impression que c'était son cœur qui s'exprimait directement :

- Je n'irai jamais plus loin que ce que tu voudras bien que je fasse. Je sais trop bien qu'il te faudra du temps pour te remettre de Toshi mais…

Il se leva, s'avança prudemment vers Yoshiki et s'appuya sur les accoudoirs de son fauteuil :

-…laisse-moi te prouver que je t'aime et que je peux te rendre heureux.

Très lentement, il se pencha et posa ses lèvres sur celles du batteur avec une tendre légèreté. Il sentit Yoshiki se raidir un peu sous le baiser mais le leader le laissa faire. hide ne prolongea pas le contact très longtemps pour ne pas le braquer. Quant à lui, ce baiser si chaste l'avait totalement chamboulé et il pensa qu'il pourrait mourir de chagrin si Yoshiki le repoussait définitivement. Yoshiki murmura avec hésitation :

- Je veux bien te donner une chance mais laisse-moi du temps s'il te plaît.

hide lui sourit tendrement et prit sa main pour l'embrasser :

- Je te donnerais tout le temps que tu voudras. Tant que je peux veiller sur toi, je ne laisserai jamais plus aucun malheur t'atteindre.

Ensuite, il se redressa en pensant que Yoshiki avait envie de rester seul :

- Je vais y aller; Il faudrait quand même que tu dormes un peu.

Mais Yoshiki leva brusquement la tête avec un air suppliant :

- Non reste avec moi ! S'il te plaît…

hide s'accroupit devant lui sans lui lâcher la main :

- D'accord. C'est à cause de ton agression non ?

- De plein de choses…et…je me sens bien avec toi.

hide sourit. C'était déjà mieux que rien et ces quelques mots suffirent à lui insuffler une douce chaleur au cœur.

- Ok, alors viens, il faut que tu te reposes.

Yoshiki, en boxer, se leva, et laissa hide l'installer dans son lit et le border comme un enfant fragile. Puis hide s'étendit à côté de Yoshiki mais à une distance respectable même s'il mourait d'envie de le prendre dans ses bras.

- Bonne nuit Yoshiki…

- Mais je ne veux pas dormir ! s'obstina Yoshiki. Tu sais très bien que j'ai souvent des insomnies. Je veux qu'on parle.

- Ok, de quoi veux-tu parler ?

Yoshiki lui posa la question en le regardant timidement dans les yeux :

- Tu m'aimes depuis quand ?

hide, couché sur le flanc, la tête posée sur son bras replié, répondit naturellement :

- Je ne sais pas exactement quand ça a commencé. Déjà le jour où tu es venu me chercher pour entrer dans X, je trouvais que tu avais quelque chose de spécial. Et puis cette petite étincelle qui est née ce jour-là a grandi d'années en année au fur et à mesure que j'ai appris à te connaître. Et le jour où, tu as eu cette terrible blessure blessure à la nuque, je me suis rendu compte que je tenais à toi plus qu à tout autre chose.

Yoshiki resta muet pendant plusieurs secondes, l'air soucieux.

- J'ai tellement dû te faire souffrir…

hide sourit :

- C'est de ma faute si j'ai souffert puisque je ne t'ai jamais rien dit. En plus...tu vas me trouver maso mais je n'ai rien fait pour étouffer cet amour dans l'oeuf quand j'ai su que tu aimais Toshi. Non, j'ai continué parce que je n'avais jamais éprouvé ça pour personne et que parfois, je me sentais immensément heureux rien que parce que tu me souriais et me faisais des confidences que tu cachais même à Toshi.

Yoshiki était soufflé. Jamais encore on ne lui avait dit des choses pareilles mais il n'avait pas de doute sur la sincérité de hide. Ce qu'il y avait dans ses yeux profonds ne mentait pas. Il commençait à entrevoir l'intensité de l'amour que hide éprouvait pour lui et il en était encore plus désolé de ne pas pouvoir y répondre.

- Je n'aurais jamais cru ça de toi…jamais je n'ai soupçonné tes sentiments pour moi.

hide se mit à rire :

- Ouais c'est étonnant de la part de hide le fouteur de merde, hide le lutin rose qui passe son temps à faire des pitreries ! Faut croire que je suis bon comédien !

Yoshiki gloussa :

- Oui, tu as bien réussi à camoufler tes sentiments.

- J'avais trop peur de perdre ton amitié. Tant que je pouvais la garder, je pouvais supporter le reste.

- Mon Dieu quand je te parlais de mon amour pour Toshi…je devais te briser le cœur….et le pire c'est que c'était sans même le savoir !

Mais hide secoua la tête :

- Laisse tomber, tu ne l'as pas fait exprès. Comme Toshi n'a pas fait exprès de te blesser.

- Toshi….

Le nom du chanteur, à nouveau mentionné, fit revenir des larmes dans les yeux de Yoshiki.

Il l'aime, il l'aime comme un dingue, pensa hide, Je me demande s'il pourra un jour l'oublier. Yoshiki est peut-être de ces gens qui ne peuvent aimer qu'une fois...

Malgré la douleur aigue que cette pensée fit naître dans le coeur de hide, celui-ci refusa de se décourager. Il n'aurait peut-être jamais son coeur mais il voulait quand même le voir un jour heureux à nouveau. Il avança lentement la main pour essuyer une larme qui coulait sur la joue de Yoshiki :

- Si tu as envie de pleurer fais-le. Ca ira mieux, tu verras.

- J'en ai marre de pleurer ! répondit Yoshiki avec aigreur. J'aimerais tellement être aimé en retour et être enfin heureux.

- Tu es aimé…par moi. Et le jour où tu m'accepteras, je ferais de toi un homme heureux.

Yoshiki lui lança un regard plein de larmes. Les mots de hide avaient le don de le remuer jusqu'au fond du cœur mais sans parvenir encore à effacer sa tristesse.

Souris Yoshiki…que je vois que je peux au moins chasser tes larmes…

hide tira la langue avec une mimique d'enfant que tout le monde lui connaissait :

- Enfin…si tu arrives à me supporter un jour ! C'est vrai que ton Pink Spider est un grand casse-pied !

Yoshiki sourit faiblement et essuya ses lames d'un revers de main.

- Voilà ! s'écria hide. T'es plus mignon quand tu souris !

Soudain, Yoshiki accrocha son regard au sien et lui demanda d'une voix à peine audible :

- Prends-moi dans tes bras s'il te plaît…

hide le regarda d'un air interrogateur comme pour bien s'assurer qu'il pouvait le faire. Puis il se rapprocha et enlaça Yoshiki en le serrant contre lui. Il sentait son coeur près à exploser tellement il se sentait heureux et comblé avec Yoshiki dans ses bras. Ce dernier enfouit son visage dans le cou de hide et l'entoura de ses bras en mettant ses mains dans son dos.

hide crevait d'envie de lui dire tous les mots d'amour qui se bousculaient aux portes de ses lèvres mais puisque Yoshiki n'était pas prêt;... Alors à la place de mots, il déposa un baiser sur son épaule nue et lui caressa les cheveux, s'enivrant de leur parfum.

Yoshiki frémit sous la caresse :

- hide, je peux te poser une question ?

- Bien sûr.

- Tu as déjà été avec un homme ?

- Une fois…quand j'étais au lycée. C'est comme ça que j'ai découvert que j'étais bi. Mais ensuite, il n'y a eu que des filles de passage jusqu'à toi.

- Tu es allé loin avec lui ?

- Jusqu'au bout. J'étais dessous. Il était plus âgé que moi et m'a "initié" comme il disait. Mais bon, ça n'a pas duré longtemps parce qu'en dehors du physique, il n'y avait finalement pas grand-chose entre nous.

Yoshiki le dévisageait d'un air un peu choqué :

- Ah…

Sa figure était si drôle que hide dut se retenir de rire :

- Ca te surprend ?

- Un peu.

- Pourquoi ?

- Je ne savais pas que tu étais aussi attiré par les hommes.

- C'est normal puisque tu ne m'as vu qu'avec des filles depuis qu'on se connaît. En fait, c'est con que je ne t'aie jamais parlé de ça. Mais bon, on ne peut pas dire que mon expérience avec des hommes soit très riche. Tu es le premier que j'aime réellement.

Yoshiki parut réfléchir puis il rougit brusquement :

- Je…non, je voulais te demander quelque chose mais c'est trop indiscret.

- Non vas-y, j'ai pas de secrets pour toi, l'encouragea hide.

Yoshiki se mordilla la lèvre puis il se lança :

- Tu as déjà tout essayé avec un homme ?

hide commençait à trouver la situation très amusante en raison de la gêne de son leader d'habitude si sûr de lui :

- Qu'est-ce que tu entends par « tout essayé » ?

- Sexuellement…qu'est-ce que tu as fait exactement et qu'est-ce que tu n'as pas fait ?

Cette fois, hide ria ouvertement. Yoshiki ressemblait à une vierge curieuse qui interroge une copine plus expérimentée. En même temps, il le trouvait plus mignon que jamais.

- Ben...pour parler franchement jamais d'accessoires d'aucune sorte, fallait pas exagérer quand même ! Je n'avais que dix-sept ans. Mais quand je parle d'initiation, ça a été fellation, il me l'a fait et je lui ai fait. Et puis il m'a pris.

Yoshiki, tout rouge, ne dit plus rien. hide lui fit un sourire moqueur :

- Première fois que je te vois rougir comme ça ! Où est passé mon leader ?

- Je me sens tellement bizarre.

- Comment ça ?

- Je ne sais pas, ce que tu me dis…enfin…je sais pas.

- C'est trop neuf pour toi c'est ça ? En fait, tu n'as jamais su ce que c'était d'être avec un mec ?

- Non jamais.

hide sourit et lui embrassa les cheveux :

- T'en fais pas, tu n'en es pas là et si il doit se passer quelque chose, tu apprendras tout au fur et à mesure. Ce n'est pas moi qui te brusquerais pour quoi que ce soit.

- Je sais mais ça fait peur quand même…

- Tu sais, que ce soit avec une fille ou un garçon, ça reste de l'amour. Tu n'as pas à avoir peur. Et quant à la question purement...sexuelle, le secret c'est d'être avec la bonne personne.

- Oui c'est vrai. Et tu as aimé avec lui ?

- Ouais... Il s'est quand même montré intelligent et il m'a ménagé. Plus on le faisait et mieux c'était.

- Tu ne l'as pas fait qu'une fois avec lui ?!

- Non, on est resté ensemble quatre mois et disons…qu'on était bourrés d'hormones !

hide pouffa :

- Je sens que tu ne me verras plus jamais de la même façon !

- Ouais c'est dur ! admit gaiement Yoshiki.

hide, qui commençait à s'enfoncer dans le bien-être, enfouit son nez dans le cou de Yoshiki en murmurant :

- Tu sens bon…

- Merci, murmura Yoshiki en frissonnant.

hide lui imprima des baisers papillons dans le creux de la nuque, là où la peau est si sensible.

- hide…

- Oui ?

- Tu es si doux…

hide le regarda dans les yeux et lissa une mèche des cheveux de Yoshiki entre ses doigts :

- Comment veux-tu que je ne le sois pas? Je veux que tu te sentes bien.

Le regard immensément doux que Yoshiki lui envoya le fit littéralement fondre. Pourquoi cachait-il toujours des yeux pareils derrière des lunettes noires ? Pourquoi était-il si beau ? Pourquoi était-il si injustement malheureux ?

Je t'aime Yoshiki comme tu ne pourrais jamais l'imaginer…

Le visage de Yoshiki si près du sien l'attirait si fort que, n'en pouvant plus, il osa poser la question :

- Dis…je peux t'embrasser ?

Yoshiki fit « oui » de la tête et l'attendit venir avec une lueur timide dans les yeux. Alors hide caressa d'une main la joue de Yoshiki et posa ses lèvres sur les siennes. Il se contenta d'abord de les caresser lentement, laissant à Yoshiki la liberté d'en faire plus ou d'arrêter. C'était à lui de décider s'il voulait de lui, quand et de quelle façon. Mais à l'intérieur de hide ce fut un véritable ouragan d'émotions. Il sentit Yoshiki répondre un peu plus passionnément et, encouragé par sa réaction, hide le serra davantage contre lui comme s'il avait voulu fusionner son corps avec le sien. La peau de Yoshiki était douce et sans défaut sous ses doigts qui couraient le long de son dos. Il avait la perfection incarnée dans les bras et il était au Paradis.

Yoshiki le tenait par les hanches, les mains de hide quittèrent son dos et s'aventurèrent ailleurs, les bras, le torse, le ventre, les cheveux. Partout hide ne rencontra que chaleur et douceur. Il garda assez de présence d'esprit pour s'interdire des gestes trop poussés mais ce corps parfait le rendit peu à peu complètement fou. Et il exhala un " je t'aime Yoshiki" avant de sceller à nouveau ses lèvres aux siennes.

J'arrête ici pour équilibrer les chapitres. Prochainement : un lemon !