CHAPITRE 2

« Le Jackdaw Et Son Capitaine »

Quelques mèches rebelles se détachèrent de ma coiffure et vinrent se coller contre mon front. Malgré la chaleur accablante du soleil, les trois premiers jours à bord de l' « Intrépido » ne furent pas si mal que je l'aurais cru. C'était la première fois que je me retrouvais à bord d'un bateau. Je ne fus pas prise du mal de mer et je réussis parfaitement à m'intégrer à bord. Peut-être avais-je le pied marin finalement? Mais au bout du 6ième jour tout devenait répétions et ennui, sans avoir vu quelconque lopin de terre ni même de bateau ami ou ennemi…Il n'y avait pas un jour, heure, ou minute que je ne pensai pas au « Jackdaw ». Ce fameux navire sur lequel je pourrai trouver le capitaine et récolter ma prime. M'infiltrer à bord et lui ôter la vie dans son sommeil seraient un jeu d'enfant. Une mort douce sans souffrance. Malgré tout ce qu'on disait je n'avais pas peur de lui. Qu'avait-il de plus?

Détachant mon attention de mon travail c'est-à-dire frotter le pont du bateau de toute trace de sel de mer, je me réjoui de m'être infiltré si aisément à travers l'équipage. Tout d'abord, quelques jours plus tôt, j'entendis parler d'un navire espagnol marchand transportant du bois, du sucre et évidement du Rhum. C'est alors que je trouvai un marin comme cible et m'accapara de son uniforme. Je me fis passer pour un homme, je portais constamment un chapeau afin de camoufler mon visage. Mes cheveux bruns étaient attachés sur ma nuque, mes grands yeux noirs et ma peau tanné facilitaient ma transformation. On aurait pu facilement me confondre avec un jeune homme espagnol à présent. Mais, je me forçai à éviter le contact avec les autres, préférant m'isoler plutôt que de risquer de me faire démasquer.

Lorsque le second du capitaine me foudroya du regard, dut à ma négligence je me remis à ma tâche. Ce qui ne dura pas longtemps car tout à coup un marin s'écria:

« Pirates! Pirates à tribord! »

Je relevai la tête d'un coup cherchant le bateau du regard. Je le vis enfin. Il fonçait droit sur nous, alors que nous n'étions pas un navire de guerre. Le capitaine de l' « intrépido » ordonna à ses hommes de prendre son poste et de se préparer pour une imminente attaque. Tout le monde hurlait et s'activait dans tous les sens. Certains montaient aux cordes du navire et d'autre descendaient à la cave et sortirent le peu de canons qu'on avait. Quant à moi, j'arborais un calme incroyable, je pris place sur la rampe et je dégainai mon pistolet et tint en joue le bateau se rapprochant de plus en plus du nôtre. Plusieurs autres hommes firent de même. Puis soudainement, sans crier gare le bateau ennemi nous bombarda de ses canons en premier. Ce qui nous surprîmes et fit balancer plusieurs hommes à la mer.

« Un homme à la mer !» cria un jeune garçon.

« Feu ! » hurla notre capitaine.

Nous ripostâmes. Mais les bombes s'enchaînaient avec une telle vitesse qu'elles me firent propulser à quelques mètres de la rampe. Ma vue se brouilla légèrement et mes oreilles sillaient. Je me secouai vivement la tête et tentai de reprendre mes esprits.

Tout à coup, je relevai la tête et j'aperçu à l'arrière du navire l'inscription; « Jackdaw ». Mes yeux s'agrandirent de surprise. Il n'était pas question que je meure sur ce bateau. Alors que je me relevai notre bateau fut abordé par celui-ci. Je dégainai mon épée qui m'était beaucoup plus utile à présent. Un homme hurlant se rua sur moi et son cri fut arrêté brusquement alors que je lui enfonçai ma lame profondément dans le cœur. Je continuai mon combat avec aisance malgré que nos hommes tombèrent comme des mouches n'étant pas des combattants. C'est alors que je fus déconcertée par un homme qui semblait visiblement différent des autres. Il arborait un capuchon et se battait avec agilité et rigueur. Chaque geste semblait prémédité avec une telle précision… Ce petit moment d'inattention me fit prendre au piège. Deux mains m'attrapèrent les bras par derrière me forçant à m'immobiliser. Je me débâtis et mit un coup de poing en plein visage de l'un de mes agresseurs, ce qui me valut un jurons. Mais ils étaient trop nombreux, et je me retrouvai agenouillée avec le maigre reste de marins et le capitaine. Finalement nous fûmes entourés par l'équipage ennemi. Ne nous laissant aucune échappatoire, c'est alors que je décidai qu'il valait mieux rester tranquille.

Un grand homme à la peau noire, et à la forte ossature s'approcha de nous suivis du mystérieux homme à capuchon. Je le vis du coin de l'œil lui faire un signe de tête. L'homme à la peau noire enfonça sans hésitation son épée dans le cœur de notre capitaine. Malgré mon indifférence habituelle, je fus prise d'un haut le cœur. La manière dont cet homme l'avait tué, m'affecta cruellement. Cette agitation eut pour conséquence d'apeurer encore plus le reste des hommes sur le pont.

« Qu'est-ce qu'on fait d'eux capitaine? » demanda l'homme noir.

Le capitaine ne répondait pas à la question et se mit à marcher relativement lentement à coté de chaque prisonnier les observant un à un. Puis il s'arrêta s'adressant à nous d'une voix puissante et autoritaire;

« Deux choix s'offrent à vous;… la mort ou de naviguer à bord du « Jackdaw »… sous mes ordres! »

Ce qui eut pour effet de voir deux espagnols se jeter par-dessus bord. Je pus discerner un rictus sur le visage du capitaine. Le reste des hommes resta muet, préférant inévitablement la vie à la mort, même si cela invoquait la trahison. Alors qu'il lança un dernier regard sur le groupe de prisonniers, il s'arrêta dans ma direction. Je détournai mon regard fixant le sol. Je restai figée et immobile. Je le sentis se diriger directement vers moi. Les lourds pas de bottes s'arrêtèrent juste devant moi. Je déglutis, et merde, le vent faisait voleter les dernières mèches de ma chevelure maintenant libre, je sentis que je ne portais plus mon chapeau. J'avais dut le perdre dans la bataille. Je ne pouvais plus cacher mon identité à présent, au revoir l'effet de surprise…

« Toi, regarde-moi! » m'ordonna t-il.

Je ne cédai pas. Je me fis bousculer par mon agresseur qui me tenait en joue par derrière.

« Le capitaine t'a posé une question! Sale petite ingrate! » me cria t-il.

Je sentis alors le contact du bout pointu, froid sous mon menton. J'en ressentais même l'odeur du sang. La lame du capitaine m'obliga à relever la tête. Je gardai néanmoins mes yeux obstinément fixés sur le sol. Il dirigea son épée contre ma gorge. Mon attitude lui fit hausser le ton. Et il ajouta:

« Préfères-tu que je te tranche la gorge? »

À contrecœur je recherchai son regard. On pouvait lire la méfiance et la colère dans mes yeux mais certainement pas la peur. Il me fixa un instant contemplatif et à ma grande surprise semblait étonné. Je ne pouvais pas discerner parfaitement son expression dut à sa cagoule. Mais je remarquai sa mâchoire proéminente et la courbure sérieuse de ses lèvres. Avant de se retirer il ajouta simplement d'un ton narquois:

« Bienvenue à bord du « Jackdaw » mademoiselle »

Je l'ignorai en détournant mon regard et le capitaine ordonna à ses hommes de tout remballer et c'est ainsi que le reste des hommes de l' »Intrépido » et moi-même se retrouvèrent maintenant membres de l'infâme équipage du « Jackdaw ».

Xxx

Dans un coin, le peu d'hispaniques qu'il y avait sur le bateau se faisaient insultés et intimidés plus qu'autre chose…La mort aurait sans doute été plus douce. Le capitaine ne nous avaient pas fait prisonniers mais plutôt donner une chance de faire partie de son équipage... Ce qui était étonnant. Nous devions effectuer les tâches quotidiennes du navire comme les autres et agir en fonction des désirs du capitaine. Pour ma part, une heure plus tôt, je m'étais débarrassée de l'horrible uniforme espagnol et j'avais enfilé des vêtements que j'avais trouvé dans la cabine du défunt capitaine. Il s'agissait de pantalons courts bruns m'arrivant aux mollets, une longue chemise écrue en coton aux manches bouffantes, par-dessus une petite veste brune en cuir. Malheureusement je ne trouvai pas mon chapeau, donc avec un bout de tissus j'attachai ma chevelure rebelle. Je m'assurai d'avoir mon pistolet dans ma ceinture, mon épée ainsi qu'un petit couteau inséré dans ma botte depuis le début du voyage. Le fait d'être armée, n'avait pas l'air de poser problème au capitaine, alors que la plupart des hommes de tous âges enfants et vieillards étaient dépareillés et sales. Leur peau cuivrée et leur barbe mal rasée témoignaient qu'ils naviguaient depuis un long moment déjà. Dans l'ensemble ils semblaient évoluer dans un but commun et leur camaraderie m'étonna. L'épave de l' « intrépido » ressemblait à un point noir seulement à présent. Fixant l'horizon, certaines inquiétudes telles que mon identité révélée me fit peur. Comment survivre sur un bateau rempli d'hommes maintenant… Je devais m'exécuter le plus tôt possible et ainsi le navire serait forcé de toucher terre. Ma vraie tâche sur ce navire était de trouver une manière de tuer le capitaine sans me faire prendre. Chaque petit détail comptait. Alors que je réfléchissais à mon plan, j'observai du coin de l'œil le capitaine du « Jackdaw » à la barre discutant avec son second. À ce moment, on m'adressa la parole, sa voix me donna des frissons dans le dos. Je le reconnus aussitôt, je me retournai, c'était mon agresseur:

« Hééé! Salut beauté! Comme on se retrouve! »

Je ne flanchai pas. Il s'approcha en titubant. Il arborait une masse de longs cheveux bruns sales et un bandeau gris. Ainsi qu'une tonne d'accessoires tout aussi inutiles les uns que les autres. Je sentis ses yeux bleus se poser sur ma poitrine. Il me sourit de toutes ses dents pour le peu qu'il en restait. Sans doute voulait-il se venger du coup de poing que je lui avais flanqué quelques heures plus tôt…

« Dis moi que dirais-tu de passer du bon temps avec moi un de ses jours, si tu comprends ce que j'veux dire?... »

Il s'approcha dangereusement. Son manque de respect m'insulta au plus au point. Et d'un seul élan je lui flanquai mon poing en plein visage à nouveau ce qui lui cassa le nez. Il fut tellement surpris qu'en reculant il tomba sur les fesses ce qui amusa quelques hommes qui observaient la scène. Je souris de mon effet, plutôt spectaculaire. Alors qu'il avait la main planqué sur son nez dégoulinant de sang il lança:

« ahhh merde! Petite ingrate! Tu ne t'en sortiras pas si facilement! »

Il se leva et il tenta à nouveau de me heurter. Je me positionnai prête à me battre avec cette pauvre épave. Mais son regard changea soudainement et il se ravisa.

« Allez qu'est-ce que t'attends salaud?! » lançais-je.

Ignorante de qui se tenait derrière moi. Une main agrippa fermement mon épaule me coupant dans mon élan. Puis je sentis son souffle près de mon oreille, m'immobilisant sur place.

« J'aimerais vous parler en privé dans ma cabine jeune demoiselle » me demanda t-il poliment.

Je restai muette comme une tombe. Il pressa sa poigne. Je hochai la tête à contrecœur. Je me doutai de qui il s'agissait lorsque que je remarquai le silence qui m'entourais. Tous les autres hommes s'étaient tu. Il me relâcha. Mais que me voulait-il?

« Après vous capitaine » dis-je sans vraiment le regarder. Tout en réajustant ma coiffe, je le suivis. C'était la première fois que je le voyais sans son capuchon. Je remarquai qu'il avait une abondante chevelure blonde et sous ses épaisses couches de vêtements et de cuir, on pouvait y discerner sa forte musculature. Ce qui rendait mon adversaire plus coriace. Il me dépassait d'une tête au moins.

Il entra directement, je fis de même et fermai la porte. J'observai la pièce avec grand intérêt. C'était beaucoup plus spacieux que je pensais, l'odeur du bois et de cuir embaumait la pièce remplaçant celle de l'eau salée. Devant moi se tenait un bureau fait à la main en bois massif où se dressait une carte et un tas de papiers. À ma gauche, des armes disposés en tas ainsi qu'un valet de bois supportant un uniforme. La pièce était remplie de boîtes et papiers qui traînaient un peu partout. Au fond on pouvait apercevoir la mer par une grande fenêtre, juste en dessous une petite table avec deux chaises s'y trouvaient. Dans le coin droit, il y avait un petit lit.

À ma grande surprise, l'atmosphère était plutôt chaleureuse malgré le désordre. Pendant ce temps le capitaine s'était dirigé vers une étagère à la droite que je n'avais pas remarquée encore. Il en sortit une bouteille de rhum et deux verres qu'il déposa sur son bureau.

« J'espère que vous apprécier le Rhum, dit-il tout en versant les deux verres.

Insulté par sa façon d'agir je rétorquai:

- N'est-il pas tôt dans la journée pour ça… »

Il ignora mon commentaire et poussa le verre vers moi. Me faisant face à présent c'était la première fois que je voyais son visage. Je ne pus m'empêcher d'analyser rapidement ses traits, ils étaient durs, les sourcils arqués sur des yeux bleus perçants. La ligne de sa mâchoire était robuste et recouverte d'une barbe de quelques jours. Ses lèvres avaient une courbure parfaite et légèrement boudeuse. Il était si jeune. Tout en prenant d'un trait sa boisson il ne me lâcha pas du regard. Je ne me laissai pas intimider pour autant, croisant mes bras et levant légèrement mon menton en signe de défiance. Pourquoi m'avait-il amenée ici? Voulait-il me punir d'une certaine manière de la façon dont j'avais traité un de ses hommes? Il ne semblait pourtant pas s'en soucier tout à l'heure. J'attendais qu'il débute.

Il me fit signe de prendre place:

« Je vous en prie asseyez-vous.

- Je préfère rester debout.

Il sortit un petit rire et il répondit;

- …très bien.

Sur ce il continua:

- Qu'est-ce qu'une jeune demoiselle tel que vous faisiez à bord d'un navire?

- Pour les mêmes raisons que vous capitaine... mentis-je.

Je crois qu'il se sentit amusé car il refit son fameux rictus.

- Les femmes ne peuvent s'engager sur un navire marchand…je suis simplement curieux d'apprendre comment vous vous y êtes prise?... » me demanda t-il.

Je fronçai les sourcils. Mais pour quel genre de femme me prenait-il? Je détournai sa question en changeant de sujet.

« Pourquoi vous vous êtes attaqués à ce navire, nous n'étions pas un bateau de guerre? C'était une cause perdue et vous le saviez!

- C'était un navire espagnol…Je n'avais pas besoin d'autres raisons. Puis, nous manquions de vivres. Et les bateaux sont toujours remplis de toutes sortes de trouvailles…

Il sourit de nouveau.

- Alors c'est tout?... » demandai-je répugnée à sa façon de voir la guerre comme une simple banalité.

Il acquiesça d'un hochement de tête et se versa un autre verre. Ensuite, il se plaça devant son bureau et s'appuya contre celui-ci.

« Pourquoi ne pas nous avoir tous liquidé? continuai-je par curiosité.

Il soupira.

- Vous devriez boire un peu ça vous ferait du bien…

- Je n'ai pas soif, affirmai-je sèchement.

- D'accord et bien… j'ai toujours besoin d'hommes sur mon navire et… pourquoi lancer à la mer une telle créature…» Il fit une pause pour voir comment j'allais réagir. Je ne lui donnai pas ce plaisir, en fronçant les yeux.

« Dites-moi,… vous n'êtes pas espagnole n'est-ce pas ? » me fit-il remarquer tout en prenant une autre gorgée de rhum.

Je l'admis il était plutôt astucieux. Mais ce n'était pas une raison valable. Au fond, pourquoi je m'inquiétais tant au sujet du sort des hommes de l' « Intrépido », je n'étais seulement pas des leurs…

« Bien vu capitaine, répondis-je simplement.

- Je vous en pris appelez moi Edward

Je fronçai les sourcils à nouveau.

- Edward Kenway» mentionna t-il comme fière de l'être.

Il se redressa et déposa son verre maintenant vide. Il s'approcha dangereusement de moi tout en ne me lâchant pas du regard. Je détournai les yeux face à cet assaut. Je me devais de rester le plus loin de cet homme pour pouvoir réussir à l'éliminer.

« Et vous? puis-je avoir l'honneur de savoir votre nom? »

Il ne se tenait qu'à quelques centimètres de moi maintenant. Je pouvais sentir son haleine qui sentait l'alcool. Son corps imposant me frôlait presque.

« Je ne vous dois rien à vous capitaine Kenway et à personne d'autres d'ailleurs, annonçais-je préférant éviter de divulguer toute information à mon sujet.

- Pourtant vous étiez sous les ordres d'un capitaine sur l'autre navire…

- Qui as dit que j'étais sous ses ordres?... »

Sur ce je tournai les talons, fière de ma dernière citation, mais une main m'agrippa par le bras, ce qui me fit me retourner. Je lui faisais maintenant face.

« Attendez! Et votre nom?

Je repoussai sa poigne violemment et tout en sortant je lançai:

- Allez au diable! »

Xxx

Règle numéro un ; ne jamais compatir avec la cible. Il fallait donc agir et vite car ce capitaine ne me laisserait pas en paix…Cette petite rencontre en tête à tête avec le capitaine m'avait fait perdre mon temps. Mais au moins cela m'avait servie à analyser sa cabine amplement afin d'y élaborer mon plan. Cette nuit j'agirai, je n'avais qu'à m'infiltrer dans ses quartiers, le tuer dans son sommeil et le tour serait joué. Jamais on ne soupçonnera une femme d'un tel acte.

Comme prévu la nuit tombée, j'affilai mon petit couteau qui se cachait dans ma botte. Puis je me dirigeai furtivement vers la porte de la cabine comme je savais si bien le faire. L'intérieur semblait aussi noir que l'extérieur et il n'y avait aucun bruit. La pièce baignait dans un calme indescriptible, après la beuverie quotidienne les hommes sombraient un à un dans un sommeil profond. J'empoignai la poignée et pénétrai à l'intérieur. Prenant le temps de bien refermer la porte, je m'approchai du lit sur lequel je pus apercevoir la couverture surélevé qui m'indiquait que le capitaine s'y trouvait. Arrivée à coté de ma cible, silencieusement je brandis mon petit couteau. Et d'un geste habile je l'enfonçai dans les couvertures. L'aspect moelleux me surpris et rien ne se passa. Le doute m'envahis un instant. Je retirai les couvertures pour ne trouver qu'un tas de plumes.

Tout à coup, on m'agrippa par derrière. Je me défendis en donnant un coup de coude dans les côtes de mon assaillant, ce qui le fit reculer légèrement. Alors que je tentai de m'enfuir il me rattrapa. Je tentai donc à nouveau de lui plaquer un coup de poing en plein visage, qu'il esquiva agilement. Il empoigna mes deux bras, les immobilisant. Il me repoussa jusqu'à ce que mon dos se retrouve contre le mur près de la porte. Il pressa mes bras de chaque coté de ma tête contre le bois. Sa jambe se plaça entre les miennes empêchant tout mouvement de ma part. Son genou se pressa sur ma cuisse gauche. À travers la faible luminosité de la nuit je pus distinguer son visage en colère.

« Qui êtes vous!? Répondez! » hurla-t-il. À ce moment il ne m'avait pas reconnue. J'essayai en vain de me sortir de sa poigne mais il était plus fort que moi. Et à chaque mouvement que je faisais il resserrait sa poigne et pressait son genou plus fort contre moi. un petit cri jaillit de ma poitrine. Puis, lorsqu'il aperçut finalement mon visage, grâce à la lumière de la lune, il afficha son habituel sourire en coin.

« Et bien et bien…mais qu'est ce que je retrouve là?... » dit-il relativement amusé par la situation ou plutôt la position dans laquelle nous nous trouvions…

« Qui êtes vous?... » continua t-il.

Je ne répondis pas ce qui lui fit donner un violent coup contre le mur près de ma tête et répéta sa question d'un ton plus fort, ce qui me fi sursauter.

« Qui êtes vous réellement?!

J'hésitai un moment et je me lança.

- …On me surnomme La Renarde » Il eut un court moment de silence. On ne pouvait qu'apercevoir le mouvement accélérer de notre respiration.

« Continue » m'ordonna t-il.

J'étais toujours plaqué contre le mur sous l'emprise de sa poigne son corps était pratiquement collé contre le mien. Je n'avais plus d'issue. J'avais été piégée et découverte. Je me décidai à lui révéler la raison de mon attaque vu que je ne pourrai plus jamais me réessayer à présent.

« Je suis chasseuse de têtes, à « Havana », lorsque vous avez attaqué le navire espagnol …j'étais déjà à votre recherche, il y a une énorme prime sur votre tête, mort ou vivant… J'ai eue beaucoup de chance que vous m'ayez trouvée… » c'était à mon tour de sourire.

Sur ce il me regardait de son air impassible essayant d'assimiler toutes ces informations. Puis comme satisfait de ma réponse il relâcha son emprise et recula d'un pas. Je le regardai incrédule.

« Je ne dirai pas ça si j'étais vous…me dit-il finalement.

- Vous …vous n'allez pas..? » J'interrompus ma phrase alors que j'étais certaine qu'il allait se débarrasser de moi, m'enfermer à fond de cale ou pis encore me jeter aux requins.

« Je n'ai aucune raison de vous tuer,…pour l'instant. Avoir dit la vérité cette fois-ci vous sauvera peut-être, mais je n'allongerai pas cette faveur une deuxième fois, dit-il en se dirigeant vers son lit.

- Comment saviez-vous?...dis-je curieuse de savoir comment il avait pu se douter de quelque chose.

- Vos yeux mentaient » Il retira mon couteau de la couverture. Qu'il inséra dans sa ceinture.

« Par exemple, je garde ceci. Ce n'est pas un jouet convenable pour une jeune fille… » Il me fit un sourire en coin. Frustrée par ses agissements je m'écriai:

« Hey! C'est mon couteau!

- Plus maintenant.

- Vous n'avez aucun droit…

- Au contraire! Je crois qu'après votre tentative de m'assassiner c'est la moindre des choses… » me coupa t-il.

Trop en colère contre mon échec et contre le capitaine je décidai de mettre fin à la conversation et sortit de la cabine pratiquement en courant.


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