C'est dingue ! Je n'ai posté qu'un seul chapitre et j'ai déjà une centaine de vues ! C'est extraordinaire !
En tout cas, voilà le deuxième chapitre.
Bonne lecture !
Ce fut une douleur à la tête qui fit ouvrir les yeux à Drago. La nuit était complètement tombée, il entendit l'horloge de Poudlard sonner onze heures. Si un professeur le voyait ici, il recevrait certainement une semaine de retenue. Il se releva tant bien que mal à cause des crampes dans ses membres, dues probablement à sa longue immobilité. Une fois debout, il fit le tour de la cabane pour voir si Weasley s'était lui aussi réveillé.
Il poussa un cri de terreur.
Il y avait un corps étendu sur l'herbe, mais ce n'était pas celui de Weasley. C'était le sien, celui de Drago.
Le Serpentard fut saisi d'un frisson alors qu'il cherchait une explication à ce fait pour le moins étrange. La seule qui lui semblait plausible était la mort. Oui, ce devait être ça. Il était un fantôme venu contempler son cadavre une dernière fois avant de partir vers l'au-delà...
Il secoua la tête. ''Non, c'est ridicule'' se dit-il tandis qu'une autre idée germait dans son esprit. Et si... De nouveau, il se dirigea vers la cabane du garde-chasse et regarda son reflet dans une des fenêtres. Ce n'était pas son reflet à proprement dit qu'il voyait, mais bel et bien celui de Weasley. Il regarda avec dégoût l'image que lui renvoyait le vitrail. Les cheveux roux, le long nez, les tâches de rousseur... Tout dans ce visage le répugnait.
Drago retourna au corps inconscient et lui mit un coup de pied dans le flanc. Weasley gémit de douleur et ouvrit les yeux.
- Aaaaah ! s'exclama-t-il. Mais qu'est-ce que...?
- Tais-toi Weasley, l'interrompit Drago. Ta foutue potion a inversé nos voix et nos apparences. En plus de ça, j'ai affreusement mal partout... On fait quoi ?
Il attendit une réponse qui ne vint pas. Weasley observait ses mains - enfin, celles de Drago - comme s'il s'attendait à ce qu'elles soient dotées d'un pouvoir quelconque.
- Oh ! s'exclama Drago. Tu admireras mes main plus tard ! On a un problème plus urgent, je te rappelle !
D'une mauvaise grâce évidente, Weasley leva ses yeux, désormais gris, vers son interlocuteur.
- A ton avis, les effets de la potion vont durer combien de temps ? demanda-t-il.
- Mais pourquoi je le saurais ?! C'est toi qui a concocté cette potion, pas moi !
- On fait quoi, alors ?
- C'est très exactement la question que je viens de te poser, idiot !
- C'est vraiment horrible d'être dans ce corps...
- Parle pour toi ! Imagine un peu ce que je peux ressentir, moi, héritier d'une des plus importantes lignées des Sang-Pur d'Angleterre, dans le corps d'un misérable traître-à-son-sang de Gryffondor ! Si mon père savait ça...
- Non ! s'écria Weasley. Pas ton père... Ne le préviens pas ! Je ne parlerai de ce qui nous arrive à personne... Pas ma famille, pas Harry, pas Hermione... Personne ! Et toi non plus ! D'accord ? On échange nos rôles jusqu'à ce qu'on trouve une solution... Ça te va ?
Drago réfléchit un instant à cette proposition pour le moins étrange. Partager un secret avec Weasley ne l'enchantait guère... Et prendre sa place au sein des Gryffondor non plus... Mais avait-il le choix ?
- Très bien, dit-il. Où se trouve la salle commune de Gryffondor ? Et donne-moi le mot de passe, aussi.
Il prit attentivement note du chemin à tracer et du mot de passe puis il commença :
- Donc, pour la salle commune de Serpentard. Tu descends à...
- Je sais où se trouve ta salle commune, le coupa Weasley. Donne-moi seulement le mot de passe.
Drago leva un sourcil soupçonneux. Comment ça, il savait où elle était ? Il y était déjà allé ?
- Trahison, dit-il simplement.
Weasley eut un rictus moqueur puis lui tourna le dos.
- Je ne te souhaite pas une bonne nuit, conclut-il avant de partir.
- Moi non plus, Weasley.
A son tour, Drago partit en direction du château.
Grâce aux explications que lui avaient fournies Weasley, il n'eut pas trop de mal à se repérer dans les innombrables couloirs, avant d'arriver devant un portrait représentant une immense femme vêtue de soie rose. La fameuse ''Grosse Dame'' qui s'était faite attaquée par Sirius Black deux ans auparavant. Pour le moment, elle était assoupie contre le cadre du tableau et ses ronflements emplissaient le silence du couloir. Drago se racla la gorge afin de la réveiller mais cela ne fonctionna pas.
- Hé ho ! cria-t-il. Vous m'entendez ? Je voudrais entrer !
La Grosse Dame se releva brutalement et le fixa d'un œil sévère.
- Eh bien ? le sermonna-t-elle. Est-ce une heure pour rentrer ? La nuit est déjà tombée ! Vous avez bien de la chance que personne ne vous ait vu ! Petit insolent ! Comment osez-vous me réveiller ? Non mais vraiment ! Le mot de passe, je vous prie.
- Heu... Leviosa? dit-il d'une voix soudain beaucoup moins assurée.
- C'est cela, oui.
Le tableau pivota et Drago s'engouffra dans le trou qu'il cachait. Il découvrit la salle commune de Gryffondor. Des fauteuils usés mais accueillants et visiblement moelleux à souhait, de hautes fenêtres offrant une vue imprenable sur le parc, des tables pour travailler en groupe ou jouer à des jeux, un feu ronflant joyeusement dans une grande cheminée... On était tout de même loin du luxe et du raffinement qu'offrait la salle commune de Serpentard.
Drago n'eut le temps de détailler la pièce qu'une fraction de seconde avant de se retrouver serré dans les bras de quelqu'un. Il repoussa doucement le corps de l'inconnu, c'était Granger.
- Oh Ron ! s'exclama-t-elle en rougissant. Harry et moi commencions à nous faire du souci pour toi ! Tu n'as pas eu de problème ? Oh mon Dieu ! Il est déjà onze heures et demie ! Tu as faim ?
- Hé Hermione, laisse-le respirer, intervint Potter. Ça va Ron ?
- Oui, très bien, répondit Drago. Merci Pot... Heu... Harry.
Granger se tourna de nouveau vers lui.
- Tu es resté près de cinq heures dehors ! Qu'est-ce que tu faisais ?
- Je me suis évanoui.
- Évanoui ? s'étrangla-t-elle. Ça va ? C'est à cause de la potion ? Tu ne veux toujours pas d'antidote ? Ça peut être très dangereux, tu sais !
- Non vraiment, je te remercie... Hermione.
Voilà à quoi il en était réduit, appeler une Sang-de-Bourbe par son prénom et lui témoigner de l'affection.
- Et Malefoy ? Tu sais comment il va ? demanda soudain ladite Sang-deBourbe.
Drago prit aussitôt un air étonné, non feint. Alors comme ça, Granger s'inquiétait de son état ? S'il y avait une chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était bien celle-ci. Cependant, il n'eut pas le temps de répondre, Potter s'en chargea.
- On s'en fiche de Malefoy ! lança-t-il. L'important, c'est que Ron aille bien. Tu n'es pas d'accord, Ron ?
- Si, si, répondit Drago. De toutes façons, je ne l'ai pas vu...
Potter bailla.
- Bon, maintenant que je sais que tu es sain et sauf, je vais me coucher... Vous faîtes quoi, vous ? demanda-t-il.
- Nous aussi.
En suivant Potter dans l'escalier, Drago pensait qu'à Serpentard, personne n'aurait penser à l'attendre et encore moins à s'inquiéter pour lui.
Des avis ?
