Rien n'est plus dur que de faire confiance
Bonjour, bonjour ! Je tiens d'abord à vous remercier pour vos reviews, qui m'ont fait vraiment très plaisir. Mais maintenant, j'ai peur de vous décevoir ^^. Enfin, on verra bien, je fais de mon mieux ! Merci à Shaa-Zaam, ma chère Bêta, dont les remarques sont toujours judicieuses. Je ne sais pas comment je ferais sans toi :P.
Comme d'habitude, rien n'est à moi, ni les personnages, ni les lieux. Je me contente des les mettre en scène et je ne gagne pas un centime sur cette histoire :P
Si j'avais réagi plus tôt, mon meilleur ami ne serait pas amoureux d'un loup-garou.
Mais j'imagine que croire ça est un peu égoïste de ma part. En vérité, je sais que quoi que j'aurais pu faire, cette horreur aurait quand même fini par arriver.
Ce soir-là, Lupin avait encore disparu. Je n'avais jamais fait le rapprochement entre la pleine lune et ses absences je crois d'ailleurs que si nous n'avions pas assisté à cette scène, je ne l'aurais jamais fait.
Sirius m'avait énervé. Ou plutôt, je m'étais énervé.
Il parlait de Remus, m'expliquant à quel point il était gentil, doux et compréhensif. J'étais jaloux, je m'en rendais bien compte. C'est sans doute ce qui m'agaçait le plus.
Je lui ai répondu plutôt vertement que Lupin avait beau être parfait, on ignorait toujours où il disparaissait une fois par mois.
Sirius m'a demandé si je faisais confiance à Remus. Je lui ai dit que non. Il le savait.
-On va le suivre et tu vas voir qu'il n'a rien à nous cacher. Affirma-t-il
Cette déclaration m'a surpris. Bien qu'il soit le garçon le plus curieux que je connaisse, pas une seule fois en cinq ans il n'avait cherché à découvrir ce que faisait Remus.
Il nous entraina, Peter et moi, à la suite de la silhouette pâle qui marchait dans le couloir.
Le garçon entra dans l'infirmerie, sous le regard soulagé de Sirius.
-Tu vois qu'il ne nous cachait rien. Il doit juste être malade et ne veut pas nous en parler. Pour ne pas qu'on s'inquiète.
Je me retins de dire que la santé de Lupin était bien la dernière de mes préoccupations et tirai brusquement Sirius et Peter dans un recoin. Remus ressortait, accompagné de l'infirmière.
Nous reprîmes la filature, qui nous conduisit jusqu'au Saule Cogneur. Nous eûmes juste le temps de les voir se faufiler à travers les branches immobiles avant que l'arbre de se réveille.
-Tu crois que… que Rem's à une… liaison avec Pommy ?
Maintenant que je sais la vérité, cette hypothèse me parait des plus stupides. Elle aurait néanmoins été moins dangereuse.
Le retour de l'infirmière nous interrompit dans l'édification hasardeuse de nos théories qui, bien que très variées, s'avérèrent toutes fausses. Hélas.
Nous profitâmes de l'immobilité de l'arbre pour nous glisser entre ses branches. Bien entendu,
Pas un seul instant nous n'avions envisagé que le Saule pourrait se réanimer. Les Gryffondors agissent mais ne réfléchissent pas. Les Serpentards nous le répètent souvent et je suis bien forcé de leur accorder ça.
Alors que nous étions tout près du trou où avait disparu Remus, l'arbre se remit en mouvement et nous attaqua. Une branche fonça vers Sirius qui l'évita de justesse. Une autre me projeta sur le tronc avant d'attraper Peter. Le garçon se débattit et parvint à se dégager, tombant sur une grosse racine au pied de l'arbre, qui s'arrêta immédiatement de bouger.
Reprenant nos esprits, nous nous précipitâmes vers le trou qui perçait l'arbre, nous retrouvant dans un long couloir délabré. J'espère avoir été le seul à remarquer les trainées de sang qui tachaient le sol.
Une porte cadenassée bloqua notre progression, mais Sirius n'eu aucun mal à la déverrouiller à l'aide d'une incantation. Divers sortilèges nous bloquèrent le passage. Je ne vais pas tous les détailler, cela ne présente aucun intérêt. Tout ce qu'il y a à retenir, c'est qu'ils étaient très nombreux et que les passer un à un nous pris toute la nuit.
Sur le moment, j'ai détesté l'abruti qui nous faisait perdre notre temps avec cette myriade de sorts. Maintenant, il me serait impossible du lui exprimer toute l'étendue de ma gratitude.
Car si nous n'avions pas perdu autant de temps à les désamorcer, si nous étions arrivés ne serait ce que quelques secondes plus tôt, nous serions morts, déchiquetés par ce monstre si cher au cœur de Sirius.
Nous nous sommes retrouvés devant cette scène de cauchemar. Devant un monstre reprenant forme humaine. Et ça avait l'air horriblement douloureux.
Sirius a pali d'une manière affolante. Je pense qu'il le savait déjà. Il tenait bien trop à Remus pour ne pas avoir deviné en qui la créature allait se retransformer.
Je n'ai rien pu faire pour le retenir. Dés que la métamorphose a pris fin, il s'est précipité vers le garçon étendu sur le sol.
Maintenant, debout au milieu de la Cabane Hurlante, je ne peux que contempler avec horreur mon ami qui sert contre lui le corps d'un monstre.
-James! James! Ne dis rien s'il te plait. Attends qu'il se réveille, laisse-lui au moins une chance de nous parler. Il doit forcement y avoir une explication!
-Réveille-toi Sirius, il n'y a pas besoin d'explications, tu l'as vu aussi bien que moi! C'est un loup-garou. Un monstre assoiffé de sang. Un tueur.
-Remus n'est pas un monstre.
Son ton est tellement froid qu'il me fait presque plus peur que la créature qui se tordait de douleur quelques instants plus tôt, là où se tient maintenant Remus. D'ailleurs, je pense que s'il ne tenait pas le garçon évanoui dans ses bras, Sirius se serait déjà jeté sur moi pour me frapper.
Ressentant la menace, Peter se rapproche de moi. Il a beau savoir qu'il n'a aucune chance contre Sirius, il est prêt à m'aider.
Je tente de faire le point sur les évènements. Tant qu'il continuera à estimer que je représente une menace pour Remus, il ne le lâchera pas et, le connaissant, il serait même capable de s'enfuir avec.
Je pousse un long soupir.
-Sirius…
-Remus n'est pas un monstre!
-D'accord, d'accord… Mais écoute-moi. Tu dois le lâcher, il est blessé et tu le serres beaucoup trop fort.
Effectivement, le loup-garou -je n'arrive plus à l'appeler par son prénom- est couvert de sang et je ne pense pas que se faire étouffer par Sirius soit bénéfique à sa santé. Je ne comprends même pas pourquoi je m'inquiète pour le bien-être d'un monstre. Mais après avoir passé cinq ans aux côtés d'une personne, on finit forcement par s'y attacher.
-Si je le lâche, tu vas essayer de le tuer.
-Je te jure que non.
-Je ne te crois pas.
Là, je m'énerve vraiment. Nous venons découvrir qu'un de nos amis est un loup-garou, un loup-garou merde! Vous vous rendez seulement compte de ce que c'est? Un loup-garou, ce n'est pas seulement un gros toutou qu'on fait fuir en brandissant une cuillère en argent, c'est un tueur. Et d'ailleurs c'est même pire, parce que lorsqu'on a affaire à un tueur, on a toujours une toute petite chance de le raisonner. Un loup-garou, ça n'a pas de pitié. Une rencontre avec l'un d'entre eux et c'est la mort. Même si Remus Lupin n'avait visiblement pas eu cette chance. Je disais donc que nous venions de nous retrouver face à un monstre qui s'était retransformé sous nos yeux en un de nos camarades. Et pourtant, je n'avais pas crié, pas exprimé mon dégoût, pas reproché à mon meilleur ami de s'être attaché à un monstre. J'avais pris sur moi, pour le blesser le moins possible. Comme dernière preuve de ma loyauté, j'ai juré de ne pas tenter d'éliminer cette abomination tout de suite.
Et il ne me croit pas.
-Sirius Orion Black! Je te connais depuis toujours, je suis ton meilleur ami depuis des lustres et est-ce que je t'ai déjà menti ne serait-ce qu'une seule fois pendant tout ce temps? Est-ce que j'ai déjà manqué à ma parole Sirius?
-Non…
-Donc maintenant, tu vas déposer ce mons… Remus par terre et nous allons voir ce que nous pouvons faire.
Sirius hésite, mais choisit finalement de me faire confiance. Il étend délicatement le loup-garou au sol et se rapproche de nous.
-Euh… qu'est-ce qu'on fait alors? Commence Peter pour rompre le silence tendu qui règne maintenant dans la cabane.
-On ne dit rien. Déclare immédiatement Sirius.
-Mais enfin, réfléchis! Il y a un loup-garou à Poudlard! Tu imagines si un élève se faisait agresser? Il faut prévenir les professeurs.
-Eum… intervint Peter. Vous croyez vraiment qu'ils ne sont pas au courant? Vous avez bien vu toutes les protections magiques qui entourent la cabane. Aussi intelligent qu'il soit, je ne pense pas que Remus ait été capable d'en mettre autant. Et puis l'infirmière le sait forcement, vous avez-vous les blessures qu'il a? C'est loin de passer inaperçu.
Je dévisage Peter, interloqué. J'avais toujours soupçonné le directeur d'être un peu bizarre et il était de notoriété publique qu'il n'avait pas toute sa tête. Mais quand même pas au point de laisser un loup-garou en liberté dans une école!
-On doit le protéger. Supplie Sirius. Si les élèves l'apprennent, le Ministère sera vite au courant. Je t'en supplie James. Ils vont le tuer!
Je me retiens de dire qu'ils auraient parfaitement raison de faire ça et que si j'avais été seul en découvrant le secret de Remus, je l'aurais achevé moi-même. Je suis sans cœur? Non. C'est faux. Je suis réaliste. Je veux être Auror. Pour protéger les gens des dangers. Et les loups-garous font partie de ces dangers. Laisser cette bête en vie pour ne pas décevoir Sirius serait complètement égoïste. J'inspire profondément et plante mon regard dans celui de Sirius.
Je réalise alors vraiment ce que Remus représente pour lui. Je ne l'ai jamais vu avec un air aussi perdu, même le jour où il est apparu chez moi en m'annonçant que ses parents avaient définitivement rayé le cas « Sirius » de la famille. Il n'est pas seulement amoureux de Lupin, c'est encore un cran au-dessus. Sirius n'a pas eu une enfance toute rose, mais des gens ont toujours été là pour le soutenir, lui remonter le moral. A son tour, il avait quelqu'un à protéger. Il aimait Remus. Et il voulait l'aider.
-Okay. Est-ce que quelqu'un sait s'il nous a vus?
Surpris par ma question, Sirius secoue la tête.
-Je ne crois pas. Répond Peter. Il s'est évanoui tout de suite.
-Parfait. Je reprends en pensant exactement le contraire. On va le laisser là. On rentre au dortoir, on se couche et on fait comme d'habitude. C'est compris?
Sirius me jauge du regard. La victoire lui parait trop facile. Il se doute que je vais poser une condition. Et il a raison.
-Néanmoins, je lui donne un mois. Un mois pour être franc avec nous. Un mois pour qu'il nous avoue ce qu'il est. Sinon, je préviens le Ministère. On ne peut pas rester avec un loup-garou en liberté.
-Mais c'est trop court!
-Ecoute Sirius. Ça fait cinq ans qu'on le connait. Cinq ans qu'il aurait dû nous en parler. S'il ne veut pas nous faire confiance, je ne vois pas pourquoi nous devrions lui faire confiance, à lui. Je fais ça pour toi Sirius. Tu sais très bien ce que je pense de lui. Un mois. Tu as bien entendu le droit de le harceler pour qu'il parle, ou tout ce que tu veux. Mais il ne doit pas savoir que nous sommes au courant.
Sirius me fusille du regard puis nous nous dirigeons vers la sortie, abandonnant derrière nous le corps ensanglanté du garçon évanoui.
Une fois arrivés au dortoir, Peter me donne une claque sur l'épaule pour me manifester son soutien. J'ignore ce qu'il peut bien penser de la situation mais je sais au moins qu'il est avec moi. Et ça me rassure. Avoir quelqu'un de mon côté me donne l'impression d'être moins inhumain. Sirius se tourne vers moi.
-Merci James. De lui laisser une chance.
-Tout le monde a droit à une chance.
Je me couche avec l'impression de faire une énorme bêtise. Un loup-garou. Je n'arrive toujours pas à réaliser. On m'a souvent parlé de ces créatures, pour me faire obéir quand je n'étais pas sage. J'avais toujours pris ça comme un conte pour enfant. La réalité était autrement plus horrible.
Le lendemain, Peter et moi suivons Sirius jusqu'à l'infirmerie.
Alors que je m'attendais à ce que mon ami harcèle Remus de questions pour le faire avouer, il se contente de lui serrer brièvement la main avec un sourire triste. Le loup-garou semble aussi surpris que moi par cette attitude inhabituelle. Dans son regard, je vois qu'il se met à réfléchir à toute allure à ce qui peut bien être responsable de ce comportement.
Je réalise alors que j'ai sous-estimé Sirius. Il connait Remus. Il le connait même très bien, en tout cas, mieux que moi qui aie passé cinq ans à essayer d'ignorer son existence. Et il a parfaitement compris qu'il n'arriverait à rien en le pressant de questions. Il va essayer de le faire culpabiliser.
J'esquisse un sourire amer en comprenant à quel point il est proche de Lupin. Si jamais je dénonce le loup-garou, il ne me le pardonnera jamais.
Après avoir souhaité un bon rétablissement au garçon, Sirius sort de l'infirmerie avec un air abattu, suivi de Peter.
Je m'apprête à faire de même lorsque Remus m'appelle. Je me fige. La vision d'hier soir est encore vive dans mon esprit. Je ne sais pas si je serais capable de lui parler.
Malgré tout, je me retourne.
-Oui?
-James, qu'est-ce qu'il a?
Pas besoin d'explications pour comprendre qu'il parle de Sirius.
-Il s'inquiète pour toi.
-Pour moi ? répète-t-il, perplexe. Pourquoi?
Je le dévisage avec surprise. Il se pose sincèrement la question. Il est là, le teint blême, dans un état lamentable, le corps constellé de cicatrices et il se demande pourquoi Sirius s'inquiète pour lui.
Je ressens une vague de pitié que je me dépêche de faire disparaitre. Un loup-garou, c'est un loup-garou. Ne l'oublie pas James.
-Tu devrais lui en parler. Je laisse malgré tout échapper. Il a confiance en toi.
Remus me regarde avec un sourire triste.
-Il faudra que je t'avoue quelque chose James. Mais… pas tout de suite. Je… je veux encore être un peu égoïste.
Son ton me surprend. Il me parle comme s'il annonçait sa condamnation. Je tente de me raisonner. C'est un monstre. Je l'avais pressenti dès le début, sans rien savoir vraiment. Et maintenant que j'ai la preuve de sa monstruosité, j'ai pitié. Il faut que je me renforce. Si je veux être Auror, je ne dois pas me laisser attendrir par la première créature venue. Je pense à Sirius. Aucun doute que si je livre Remus à la justice, notre amitié n'y survivra pas. Mais si je le laisse tomber véritablement amoureux d'un loup-garou, je le mets en danger. L'image d'hier soir envahit mon esprit. Je ne veux pas que Sirius devienne comme ça. Je ne veux pas que cette chose lui fasse du mal. De nouveau, je vois Lupin tel qu'il est : un monstre.
Mais en sortant de l'infirmerie, je ne peux m'empêcher de le mettre en garde.
-Tu as un mois.
Alors, qu'en pensez-vous ? ça vous plait toujours ? On devrait trouver des trucs un peu plus joyeux (ou un peu moins déprimant, selon le point de vue) dans le prochain chapitre (normalement) mais surtout dans le suivant (le quatrième quoi).
J'espère que vous avez quand même passé un bon moment !
A la prochaine fois, si vous êtes toujours partants ^^
La reine des poulpes vous salue !
