Voici donc la suite de ce petit calendrier. Je m'en vais écrire celui de demain (si l'inspiration vient sinon je devrais en écrire deux demain.)

En espérant que vous aimerez cette suite. Sorry pour les petites fautes, il n'y a aucune beta-lecture.

A la prochaine (sans l'accent, merci internet).


L'étoile du matin


Chacun avait sa façon de décorer sa maison, de décorer son sapin, de faire la cuisine le jour du réveillon. A chacun sa tradition, ses habitudes. Tout était toujours pour le mieux.

Alors quand le premier du mois, chez elle, personne n'avait sorti de sapin ou de guirlande, mais juste de bougie, Rosie n'avait rien dit. Mais aujourd'hui, le deuxième jour du mois, elle n'était pas contente pas du tout. Elle le voulait, elle, son sapin. Et que ses parents soient d'accord ou pas n'avait aucune importance. C'était à huit heures et demie qu'elle s'était éveillée ce jour-là. Elle pensait être la première réveillée, mais, malgré cela, son papa, John, était déjà debout. Il se tenait devant la bouilloire, dans un état qu'elle n'aurait pu qualifier que d'endormi.

« Papa !

- Rosie ! Que fais-tu déjà debout, si tôt ?

- On n'a toujours pas installé le sapin !

- On va s'en occuper aujourd'hui ma puce. »

Rosie trépignait d'impatience. Elle allait l'avoir, son sapin. Même si son deuxième papa – « pas aux yeux de la loi » disait-il toujours – allait sûrement faire tout son possible pour ne pas participer à la tâche. Du plus loin d'où elle se souvenait, il avait toujours agit de telle sorte à l'approche de Noël. Elle s'en fichait, tant qu'elle avait son sapin.

« Rosie tu viens ? »

John l'attendait dans la salon, il avait, pendant qu'elle se perdait dans sa réflexion, préparé un chocolat pour elle et deux tasses de thé. Le tout était fumant.

« J'arrive, papa. »

Elle se hâta de rejoindre son papa et le suivit jusqu'à sa chambre. De là, elle prit son élan et alla tout droit vers le lit double qui trônait au milieu de la pièce.

« Papa !

- Gruph. »

Elle eut un petit rire avant de se blottir dans la couette, là où elle savait se retrouver entre ses deux parents. Des fois, Rosie pensait à sa maman. Elle avait eu des photos. Bien qu'elle ne l'avait pas connue réellement, elle l'admirait et l'aimait beaucoup. Elle avait entendu beaucoup de bien (mais pas que) à son propos et elle ne pouvait s'empêche son comportement envers elle. Son père en était fier. Sherlock, bien que distant à ce propos, n'en pensait pas moins. Elle ne souffrait pas de ce manque, même si des fois, elle aurait aimé avoir sa maman en plus. Pour lui parler et lui raconter ce qui n'allait pas. Elle avait tout de même madame Hudson et Molly.

« Papa a dit qu'on allait faire le sapin aujourd'hui !

- John !

- C'est non négociable Sherlock.

- Nous n'avons pas de sapin.

- Nous irons en acheter un. J'ai déjà les décorations. Madame Hudson et moi nous en sommes occupés en début de semaine. »

Rosie avait un grand sourire. Elle était ravie.

« Tu t'occuperas de Rosie le temps que j'aille l'acheter ?

- Je sais m'occuper de moi !

- Alors tu t'occuperas de ton papa. »

La propension de Sherlock à souffler pendant les fêtes était décuplée par dix, au moins. Il n'avait cependant pas dit non.

Quand leur petit encas de réveil fut terminé, ils passèrent tous ensemble à la cuisine pour prendre le petit déjeuner. En général, il paraissait animé, Sherlock et Rosie faisant concours sur concours pour savoir qui était le meilleur dans la rapidité à boire son lait – « c'est un mauvais exemple pour Rosie, Sherlock. – Au diable les mauvais exemples John. » - ou bien dans le tri des petites céréales colorées (Rosie gagnait souvent et John soupçonnait son amant de la laisser gagner), en somme, tous les petits bonheurs de la vie.

« Bon, puisque vous avez terminez, et ne me coupe pas Sherlock, Rosie à la douche et tu surveilles bien Sherlock en mon absence.

- Chef oui chef ! »

John eut un petit sourire et alla se débarbouiller avant de partir. Il irait se doucher après avoir ramené ce sapin. Il était sûr de ne pas apprécier le bois coupé.


Il arriva rapidement dans le premier magasin de jardinage. Les premiers étalages étaient déjà remplis de sapins. Des plus petits aux plus grands et des plus larges aux plus fins. Il y en avait pour tous les goûts. Il ne mit pas longtemps à en trouver un qui lui allait et se rendit en caisse avec son, quelque peu, encombrant sapin. Le retour ne fut pas des plus aisés. Il ne pouvait décemment pas prendre les transports en commun, il ne lui restait plus que l'option du taxi.

« Fichue ville. »

Il mit du temps à trouver un taxi qui voulait bien le prendre mais tomba sur une âme charitable qui l'aida même à le rentrer dans l'habitacle.


« Je suis rentré !

- Enfin ! »

La petite Rosie se précipita dans les marches pour l'aider mais il refusa poliment.

« Va plutôt chercher le plus petit carton de décoration ma puce. Sherlock ?

- Hum ?

- Tu pourrais aller chercher le second s'il te plaît ? »

Il ne répondit pas mais John entendit très clairement le son léger des pas de son amant sur le sol de leur salon. Il le laissa passer et tenta de monter le sapin à l'étage le plus prudemment possible. Sherlock retint Rosie, qui voulait remonter l'escalier, le temps que son père monte le sapin. Un malheur est si vite arrivé.

Quand tout fut monté et madame Hudson rassurée – « vous en avez fait du bruit » - ils commencèrent à décorer le sapin. D'abord les guirlandes, puis la guirlande lumineuse bleue tirant sur le blanc qui passait sur quatre positions différentes. Les boules bleues, celles argentées, puis d'autre bleues, plus foncées. C'est Sherlock qui avait choisi la couleur de Noël cette année.

Rosie avait été aux anges. C'était l'une de ses périodes préférées. Elle buvait du chocolat chaud – d'habitude aussi mais pas autant – elle pouvait profiter de ses deux papas parce qu'ils n'étaient pas trop embêtés – Sherlock disait que son frère s'occupait de ça le temps de fêtes. Elle était sûre qu'il insinuait quelque chose mais n'arrivait pas encore à comprendre – et en plus les amis de sa famille passaient plus souvent – « surtout Molly ! ».

La famille Holmes-Watson passa alors une agréable journée jusqu'à ce que Rosie mime une plante très bien enracinée dans le sol devant le sapin. John s'était inquiété de ça et Sherlock l'avait rassuré, lui disant que d'être en présence de son intellect surdéveloppé poussait l'enfant à se surpasser pour réfléchir – il s'était pris un coup de coude dans le ventre – et il s'était alors installé dans son fauteuil.

« Rosie, ma puce, qu'est-ce qu'il y a ?

- Il manque quelque chose.

- Quelque chose ?

- Oui sur le sapin, il manque quelque chose.

- Une étoile peut-être ?

- Myc' ! »

La petite fille s'était jetée dans les bras de son tonton Myc' dès qu'elle avait entendu sa voix. Bien que les frères Holmes n'aimaient pas grand monde, le plus âgé des frères ne désapprouvait pas la présence de l'enfant. Il lui tendit alors un paquet avec une étoile doré récemment achetée et avec son aide, la plaça sur la pointe de son sapin. Il était terminé.

« Que nous vaut l'honneur de ta visité, cher frère ?

- J'ai besoin de toi pour quelques heures.

- Je suis en congé.

- Qui l'a décidé ?

- Moi.

- Sherlock, ne fait pas l'enfant.

- Un Cluedo ?

- Les garçons, arrêtez ça. Sherlock va avec ton frère, maintenant. »

Sherlock fit son éternel soufflement digne du plus grand blizzard jamais créé dans l'histoire des blizzards.

C'est comme cela que se passa la décoration du sapin de Noël chez les Holmes-Watson.


De son côté, dans son petit appartement, Gregory Lestrade ne se demandait absolument pas s'il allait décorer son intérieur. Depuis le divorce avec sa femme il ne se consacrait à rien d'autre que son travail, le football et les bars. Il n'avait donc pas l'envie de tout décorer ou de fêter quoi que ce soit. Le cœur n'y était pas. Il s'était remis à fumer, c'était dire. Et depuis que Sherlock et John avait pris le « congé » de Noël et qu'il voyait le frère du premier, il ne pouvait se l'enlever de la tête. Une cause perdue, se disait-il et tout le monde savait à quel point il s'attachait aux causes perdues, évidemment, il travaillait avec un toxico.