Note de l'auteur : Sali, sala, salou ! Ce chapitre signe le retour des amis de Blaine & j'ai pris un plaisir immense à les retrouver, surtout Puck et Brittany, pour qui je me suis vraiment prise d'affection. Ne soyez pas inquiets, vous les reverrez encore plusieurs fois par la suite, parce qu'ils ne lâcherons pas Blaine de si tôt. Et ne soyez pas non plus inquiets de l'absence de drames : ils arriveront en leur temps. Certainement bien assez tôt à votre goût d'ailleurs. Enfin bref. Merci, merci, merci pour le bonheur que vous m'apportez avec votre soutien.
You've got a friend (in me).
Blaine déglutit avec difficulté, ressentant l'angoisse de Kurt, assis à sa droite, qui se tortillait sur son siège comme si une souris s'était glissée sous son fin pull bleu marine et le chatouillait. Quatre paires d'yeux hostiles fixaient son petit-ami et chacune d'elle le condamnait silencieusement pour la façon dont il s'était joué de Blaine en ne lui avouant pas qu'il était engagé auprès de Philip. Même Brittany et Mercedes, d'ordinaire toujours souriantes et bienveillantes paraissaient plus froide que la banquise de l'Antarctique. Quant à Quinn et Puck, Blaine pouvait presque entendre les insultes qui butaient contre leurs lèvres hermétiquement closes. Et la façon dont Kurt tenait tout son corps en arrière, le plus loin possible d'eux, lui confirmait qu'il n'était pas le seul.
Doucement, Blaine glissa une main sur la cuisse de Kurt, masqué par la nappe. Il ne lui fallut que quelques secondes avant de sentir les doigts du modéliste s'entremêler aux siens et les lui serrer à lui en briser les phalanges, sa paume moite sur le dos de sa main. Et cela lui donnait la sensation qu'ils s'apprêtaient à engager un duel mortel à l'épée avec un dragon terrifiant alors qu'en réalité, autour d'eux, les clients du café riaient et conversaient bruyamment, tandis que les serveurs se faufilaient lestement entre les tables, distribuant les verres qui trônaient sur leurs plateaux et que le soleil du printemps caressait le visage de Blaine, lui donnant chaud. Mais, songea-t-il en jetant un regard dérobé à la tablée, il préférait affronter un dragon que les remarques acides que ne manquerait certainement pas de cracher Quinn, dans quelques minutes.
Quelqu'un se racla la gorge, peut-être Mercedes, et Kurt sursauta violemment en manquant de renverser le plateau de la jolie serveuse aux formes généreuses qui passait dans son dos. Alors, Blaine se décida à percer la bulle de malaise qui enflait autour d'eux parce que toute ces mauvaises ondes allaient le rendre fou.
- Je n'aurais pas dû attendre autant pour vous présenter Kurt, commença Blaine en jouant avec la paille dans son verre de jus de fruit, parce que vos heu… sentiments à son égard n'en ont que trop eu le temps de macérer.
Quatre grognements affirmatifs s'élevèrent de ses amis et Blaine ne put s'empêcher de sourire devant leur synchronisme parfait avant de se tourner vers le châtain et de croiser son regard qui criait clairement « Je vais mourir dans un vulgaire café de Sunnyside, et tu trouves cela drôle. Tu es fou, Blaine Devon Anderson ! ».
- J'étais simplement terrorisé à l'idée que vous ne soyez si amères avec lui qu'il ne veuille plus jamais entendre parler de moi ensuite…
Et pourtant, Kurt avait lourdement insisté auprès de Blaine pour rencontrer ses amis, même s'il était parfaitement conscient que cela ne serait pas facile parce que le vendeur leur avait tout raconté sur la façon dont il lui avait menti. Mais Blaine trouvait toujours une excuse : Mercedes était prise par la recherche d'un fond de commerce afin de réaliser son rêve, Puck avait une compétition de boxe, Brittany était partie en vacance avec Santana ou Quinn chez ses beaux-parents. Et il savait que Kurt n'était pas dupe, mais il faisait cela pour son bien car les commentaires assassins que ses amis faisaient sur le modéliste quand il leurs en parlait laissaient présager qu'il allait vraiment passer un très sale quart d'heure.
Jusqu'à la semaine précédente où Kurt avait menacé de le priver de sexe jusqu'à ce que les présentations soient faites, juste après avoir fait l'acquisition d'un pantalon doré qui le rendait outrageusement et diablement désirable. Et Blaine avait cédé, parce que ne pas pouvoir faire sauter le bouton de cet habit était au delà de ses limites.
- Et cela aurait été la meilleure chose qui aurait pu t'arriver, lâcha Puck.
Et se fut le signal que ses amis semblaient attendre. Tous commencèrent à exprimer leurs pensées, dans un brouhaha où vibrait l'animosité.
- Parce qu'il t'a menti, Blaine !
- Et qu'est-ce qui te dit qu'il ne voit plus son Philip ?
- Tu ne devrais pas lui faire confiance, Blainee !
- Ce n'est pas la personne qu'il te faut. Il est mauvais. Quelqu'un qui joue avec les sentiments des autres est forcement mauvais.
- Il profite de toi. Tu es un amusement pour lui !
- Ne…
- C'est faux !
La voix de Kurt était vibrante et Blaine sentait sa main trembler sur la sienne, mais il ne pu s'empêcher d'être heureux que son petit-ami ne se laisse pas insulter en silence. Un véritable combat intérieur se déroulait dans son esprit, car le vendeur ne pouvait prendre parti pour l'un ou l'autre des camps. Parce que ses amis étaient aussi importants que Kurt. D'une manière différente certes, mais aussi importants. C'était comme lui demander de choisir entre sa famille et son amour. Impossible.
- J'aime Blaine !
Un sourire stupide s'étira sur les lèvres du vendeur et les doigts de Kurt se crispèrent entre ses doigts, semblant ainsi vouloir s'assurer que personne ne pourrait le lui arracher. Une étincelle d'or flamboyait dans ses yeux, et son corps lui-même semblait crépiter, ce qui fit naître une vague de désir entre les reins de Blaine. Mais ce n'était pas du tout le moment pour fantasmer sur un Kurt possessif et le vendeur secoua la tête pour s'extraire des toilettes imaginaires où il se trouvait avec son petit-ami.
- D'accord, j'ai fait des erreurs. Et vous ne pensez pas que le fait de savoir que Blaine continue de m'aimer après mon mensonge ne me fait pas me sentir assez coupable ?
Il se tut quelques secondes, et prit une profonde inspiration avant de reprendre, pointant un doigt fin et blanc vers Quinn, qui était assis en face de lui.
- Mais je doute qu'une bande de crétins préhistoriques comme vous ne puisse comprendre cela.
Blaine admira le courage dont il faisait preuve, parce qu'il fallait en avoir pour prononcer les mots qu'il venait de prononcer devant Puck, qui possédait deux fois sa carrure et faisait craquer les jointures de ses poings depuis que Kurt avait ouvert la bouche.
Un silence suivit les propos du châtain, chacun semblant prendre la mesure de l'insulte qui venait de lui être faite. Et ce fut Brittany qui réalisa la première, cherchant immédiatement refuge contre l'épaule de Puck, assis à son côté, qui enroula un bras protecteur autour de ses épaules. Puis Quinn, qui esquissa un mouvement pour se redresser, mais la main de Mercedes se posa sur la sienne, apaisante, lui ordonnant silencieusement de ne pas se déchaîner sur Kurt. Et jamais Blaine n'avait autant apprécié le don qu'avait son amie à la peau d'ébène quand il s'agissait de calmer quelqu'un, parce que sous des apparences fragiles, Quinn pouvait être plus féroce qu'une lionne.
- Tu as de la chance que je ne frappe pas les filles !
Puck venait de heurter Kurt là où cela lui faisait le plus mal et le dernier mot éclata dans l'air opaque tandis que la main du châtain se dégageait brusquement de celle de Blaine, pour se figer devant sa bouche. Ses grands yeux bleu s'embuèrent, leur contour rougissant, et son menton commença à trembler. Blaine fusilla son ami du regard et voulut attirer son petit-ami contre lui, dans un geste protecteur et rassurant, mais celui-ci s'écarta de lui dans un geste qui transforma le cœur du vendeur en une masse lourde et froide.
- 'Vais aux toilettes, marmonna Kurt d'une voix faible avant de sauter sur ses pieds et de se diriger d'un pas trop rapide pour être normal vers la porte des cabinets.
Un sourire mauvais se forma sur les lèvres de Puck, il se tourna en levant sa main vers Quinn, par dessus les cheveux blonds de Brittany, et la paume de la jeune femme vint heurter la sienne avec joie.
- C'était vraiment mesquin Noah, grogna Blaine. Le traiter de fille parce qu'il est gay. Je croyais que tu n'étais pas comme ça.
Le sourire de son ami glissa sur son visage, et ses yeux marrons s'ouvrirent grandement, comme s'il réalisait ce qu'il venait de faire.
- J'le suis, Anderson. J'te jure.
- Alors pourquoi est-ce que tu lui as dit ça ?
Sa voix était dure, mais il était furieux que ses amis ne comprennent pas qu'ils devaient accepter les excuses de Kurt parce que lui l'avait fait. Lui n'avait rien dit quand Brittany s'était mise avec Santana qui pourtant, selon Sebastian, était une coureuse de jupon de premier ordre avant de la rencontrer. Il n'avait rien dit lorsque Puck lui racontait ses aventures avec des femmes mariées, avant de réussir à construire une relation assez stable la danseuse étoile rousse du cinéma. Et il n'avait rien dit quand Quinn avait annoncé qu'elle s'installait avec Artie, alors qu'il la pensait incapable d'avoir une vie tranquille.
- Parc' qu'on est pas des crétins préhistoriques. Et parc' qu'il mérite de souffrir comme il t'a fait souffrir.
- C'est ce que vous pensez aussi ? demanda Blaine en se tournant vers les trois jeunes femmes.
Elles hochèrent la tête avec gravité.
- Cependant, je suis d'accord pour dire que Puck est peut-être allé trop loin, dit doucement Mercedes en posant son regard plein de bonté sur Blaine.
Le jeune homme au crâne rasé lui jeta un regard assassin en marmonnant « Merci pour l'soutien, traîtresse ».
- Mais, continua-t-elle, nous ne voulons que ton bonheur, Boy.
- Et ce n'est pas lui qui te rendra heureux, conclut Quinn. Tu en as eu la preuve quand il t'a brisé le cœur.
- Vous ne croyez pas que c'est à moi de décider de cela ? demanda Blaine.
- Il réussit à te tromper parce que tu l'aimes, répondit Brittany. Et nous, on voit ce qu'il est réellement. Je sais ce que c'est parce que, d'habitude, c'est moi qui suis à ta place, Blainee.
La main de Puckerman se referma avec plus de force sur l'épaule de la blonde et celle de Quinn l'y rejoignit, tandis que même Mercedes la regardait avec tendresse.
- Ecoutez, je sais que vous ne voulez que mon bien, reprit Blaine tendresse. Et je vous remercie pour cela. Mais, pour le moment, mon bien passe par la présence de Kurt.
Quinn leva un sourcil dubitatif.
- Et votre avis compte beaucoup pour moi parce que vous êtres la… La famille que je n'ai pas. Mais parfois, vous pouvez vous tromper, admettez-le.
Il se tourna vers Quinn, qui sirotait maintenant le contenu de son verre de limonade, la paille glissée entre ses lèvres rouges et pulpeuses.
- Quinn, tu n'aimais pas Santana et pourtant, depuis un an, elle n'a jamais cessé de traiter Brittany comme le plus précieux des cadeaux. Pas vrai, Brittany ?
- Sanny est une licorne, acquiesça la blonde avec un sourire.
- Alors je vous demande de laisser Kurt être une licorne aussi.
Il y eut un silence durant lequel Blaine n'entendit plus que les bavardages joyeux des familles qui occupaient les tables près de la leur et les claquements des talons des serveuses sur le sol.
- Anderson.
Les yeux de Noah brillaient maintenant d'un étrange éclat que Blaine ne leur connaissait pas.
- J'aime pas Kurt. Mais j'vais faire un effort, pour toi. On va faire un effort pour toi. Parc' qu'on…
Sa bouche s'ouvrit et se referma, tandis que les yeux de Blaine s'embuaient de larmes parce que les mots que Noah ne parvenait à prononcer touchait le fond de son cœur. Après quelques secondes de gêne palpable, ce fut finalement Quinn qui vint au secours de Puckerman.
- T'aime.
- Merci, souffla le vendeur.
Afin de cacher son émotion, il se concentra sur son verre de jus d'orange, qu'il fit tourner entre ses mains comme s'il cherchait à saisir toutes les nuances de la boisson.
Ses amis et lui ne se disaient jamais qu'ils s'aimaient ou qu'ils formaient une sorte de famille, complètement originale, mais où chacun aurait sacrifié beaucoup pour le bonheur de l'autre. Cela leur semblait tellement évident que l'évoquer à haute voix aurait été comme dire que l'être humain respirait ou que les chiens avaient quatre pattes. Ils préféraient se le montrer par des gestes et des attentions, tels que les accolades protectrices de Puck, les chatouilles de Brittany, les gâteaux que Mercedes leur amenait à chaque fois, ou l'agressivité de Quinn envers ceux qui osaient les heurter. Mais entendre Noah exprimer leur sentiment d'affection ne le rendait que plus réels.
Le bruit de la chaise qui glissait par terre, sur sa droite, et une bouffée de son parfum favori ramena Blaine à la réalité. Kurt était revenu des toilettes et le vendeur devina à la couleur rouge de son nez, qu'il avait dû laisser couler quelques larmes sur ses joues. Mais, à présent, il toisait les amis de Blaine, comme pour les défier de lui faire une nouvelle remarque.
Le vendeur passa son bras le long de la taille de Kurt et déposa un baiser aux coins de ses lèvres, avant de laisser tomber sa tête sur le creux de son épaule. Il pouvait toujours sentir que son petit-ami était tendu et ses doigts caressèrent sa hanche, afin de tenter de lui faire comprendre que tout irait bien maintenant. Et peut-être que Kurt le comprit, parce qu'il soupira profondément et que ses épaules s'affaissèrent.
- Ecoute Kurt, commença Quinn en avançant son siège vers lui. Nous n'aurions pas dû te dire ce que nous t'avons dit.
- Ouai, j'aurais pas dû t'dire que t'étais une fille, marmonna Noah. Parc' que j'suis bien placé pour savoir qu'les gays ont les mêmes couilles qu'les hétéros. J'ai vu assez souvent Anderson sous la douche pour…
- Hum… coupa Mercedes tandis que le châtain s'empêchait visiblement de sourire. Je crois que Kurt a saisi l'idée, Puck.
- Hein ? Oh, oui. Pardon.
- Donc, on te laisse une chance de devenir une licorne, conclut joyeusement Brittany.
- Heu…
Blaine fit pression sur la hanche de Kurt pour lui faire comprendre qu'il devait accepter sans chercher à trouver une logique au propos de la grande blonde.
- Merci. Je ferais tout pour veiller sur l'être avec lequel j'ai conclu une alliance, comme toute bonne licorne.
- Alors, bienvenu parmi nous, Kurt, dit gravement Puck en lui se penchant par dessus la table pour lui tendre la main.
Le modéliste posa sa paume contre la sienne et Blaine sentit un poids s'envoler de ses épaules tandis que les mains des deux jeunes hommes se serraient. Un peu trop rapidement certes, mais c'était un début et Blaine faisait confiance au temps pour changer les choses et rendre les rapports entre Kurt et ses amis moins froids.
- Alors Quinn, reprit Mercedes comme s'ils venaient tout juste de s'installer à la table et que l'altercation avec Kurt n'avait jamais existée, tu as enfin trouvé une maison adaptée à Artie ?
Et Blaine ferma les yeux, se laissant totalement aller contre le cou de Kurt, dont les doigts vinrent distraitement caresser ses boucles brunes désordonnées tandis que Quinn expliquait les dernières visites qu'elle et son petit-ami avait fait, dans l'Illinois, en quête d'une maison où le fauteuil roulant d'Artie ne poserait aucun problème. Et lorsque, quelques minutes plus tard, Kurt laissa échapper un petit rire discret dû à une remarque idiote de Noah, Blaine ne pu s'empêcher de soupirer de bonheur en repoussant l'idée que le bonheur sur lequel il naviguait ne pourrait pas durer éternellement et que les ténèbres finiraient obligatoirement par recouvrir la lumière.
