Oui, je récidive parce que ça a l'air de vous plaire (et à moi aussi).
« Papa, il fait pas comme ça ! »
Le petit bout de chou Canadien le regardait arroser les fleurs avec des yeux dubitatifs tout en faisant la grimace.
« Mais tout le monde ne fait pas comme ton papa », expliqua Arthur avec toute la patience qu'il avait pu réunir.
Arthur n'aurait jamais cru que Francis aurait un tel admirateur dans cette tranche d'âge. Sans être mauvaise langue, les personnes qui adoraient d'habitude Francis étaient principalement ses conquêtes amoureuses. Et non un petit garçon vraiment trop adorable dans sa période : mon papa, ce héros !
Arthur avait abandonné l'idée pure et simple d'interdire à Matthew d'appeler ce bloody wanker papa. Quand il en avait fait la suggestion, Matthew avait pleuré toutes les larmes de son corps avant de s'endormir épuisé par autant de cris et d'efforts pour faire comprendre à son méchant daddy qu'il serait toujours fidèle à son gentil papa. Malgré que l'idée le démangeât fortement, Arthur s'était retenu de dire que son papa « si extraordinaire » l'avait abandonné à ses bons soins.
Seulement, comme avec tous les enfants même s'ils étaient des nations, Arthur craquait. Il ne pouvait briser autant d'innocence. Et puis, bon, vu le cirque que Francis lui avait fait quand il était venu chercher Matthew, il n'aurait pas été très crédible.
« Papa, il fait pas comme ça !
- Je le sais très bien, Matthew, mais tu ne vas pas me suivre partout en disant que je ne fais pas tout comme ton papa. »
Arthur détestait Francis à un point innommable en ce moment-même. Il était obligé de parler français à l'une de ses colonies !
« Si, parce que papa, il fait tout comme il faut ! Et il va venir me chercher et me délivrer de ton joug ! ! »
Entre briser l'innocence et donner de faux espoirs, Arthur était en plein dilemme.
« Ton père n'a pas les moyens de te récupérer, il faut que tu t'y fasses. Tu vas vivre encore avec moi pendant un bon bout de temps. Non, ne pleure pas !
- Je veux mon papa ! »
Arthur gonfla ses joues avant de soupirer bruyamment. Puis, il abandonna son arrosoir pour partir à la poursuite de l'enfant. Malheureusement, Matthew s'était réfugié dans sa cabane. La cabane : Lieu sacré interdit à tout rosbif. Non, il n'allait pas se laisser faire par un gamin.
Après des heures de pourparlers interminables, la victoire fut obtenue par forfait du petit au ventre gargouillant qui réclamait sa dose de sirop d'érable.
Et Arthur comprit qu'il devrait bien surveiller cette denrée dans la cuisine au cas où la petite nation aurait dans l'idée de faire des réserves dans son refuge.
« Papa, il fait… pas… comme… ça », pleurnicha l'enfant dans ses bras alors qu'ils rentraient.
Arthur se déplaça jusqu'à la salle à manger, il déposa Matthew sur une chaise et il lui servit sa tartine pour le quatre heures.
« Tu vas arrêter de pleurer, Matthew.
- C'est Matthieu, grommela le petit en s'attaquant à son repas.
- Je n'arrive pas à le dire, alors je dis Matthew. Je ne vais pas écorcher ton prénom, je ne peux pas faire autrement. Et je ne te parlerais pas en français tout le temps, je ne pourrais pas. »
Arthur eut un petit sourire malicieux en agitant le pot du mets le plus précieux des contrées canadiennes avant de le lever vers les étagères.
« Papa, il ne fait pas comme ça, paniqua Matthew en s'étranglant à moitié quand il s'aperçut qu'Arthur mettait en hauteur, et donc hors de portée pour ses petites mains, le précieux sirop.
- Oh, ça m'étonnerait que ton papa ne faisait pas comme ça », s'en amusa Arthur.
