Coucou tout le monde ! :)
Tout d'abord, un ÉNORME merci pour toutes les reviews. Elles sont toutes adorables et vous m'avez poussé à continuer et à achever mon premier chapitre ce matin.
Je ne m'attendais pas du tout à un tel engouement et vous ne pouvez pas imaginer à quel point j'en suis ravie.
(je crois que je pourrais vous remercier 1000 fois) ^^
Pour répondre à une de vos questions, je poste vraiment en fonction du temps que j'ai de disponible. Donc je n'ai pas de réel jours à vous communiquer mais je m'engage à ne pas laisser trop de temps s'écouler entre mes chapitres ! C'est promis ! :)
Je voulais aussi préciser, que je n'avais pas trop accroché avec le personnage de Mike (un tant soit peu trop niais et trop collant...) d'où le fait qu'il ne soit pas aussi gentil dans mon histoire que dans le bouquin ! Voire même à l'opposé ! :) Et il fallait bien une première raison pour que notre magnifique Paul sorte de les griffes. ^^
En tout cas, j'espère que ça vous plaira !
ENCORE MERCI (mieux vaut le dire trop que pas assez ! ^^)
Bonne lecture.
Chapitre 1
POV Bella
Les jours avançaient et se ressemblaient en tout point. Je m'éveillais douloureusement, les yeux encore rougit par les larmes. La pluie battante contre les fenêtre ne faisant qu'accroitre mon inertie. Tout mon être pleurait sa perte et me faisait atrocement souffrir. Tous les soirs, je priais que mon corps s'écroule enfin et que le repos me soit accordé mais chaque matin, j'ouvrais les yeux sur une vie qui ne m'appartenait plus. Rien n'arrêtait mon cœur de saigner. L'enfer dans lequel je vivais était peuplé de diables qui se réjouissaient de me faire dépérir. Rassemblant mes maigres forces, je me levais, me douchais et m'habillais. Chaque jour, dénuée d'une quelconque envie, je me contentais d'enfiler un jean trop grand et un pull avant de descendre affronter pour la première fois de la journée, le chagrin de Charlie. Ma vie était devenu un calvaire que partageait mon père sans jamais s'en plaindre. Mais épuisé, Charlie n'essayait même plus de me faire manger ni même de discuter, se contentant de me déposer un baiser. Baiser qui sonnait chaque fois comme le dernier. Et comme d'habitude, je ravalais mes larmes et le recevais en feignant un sourire. Puis, sans jamais laisser l'opportunité au garçon qui m'avait si gentiment veillé, d'admirer mon état déplorable, montais dans la camionnette et me hâtais d'aller au lycée. Ce chemin, pourtant tant de fois emprunté, me semblait de plus en plus inconnu. J'avais la désagréable impression que d'un jour à l'autre rien ne se ressemblait et à la fois que tout était si semblable. Ce trajet me permettait, non pas de me sentir libre, mais de déverser les torrents de larmes qui m'étouffais depuis le réveil.
Une fois au lycée, je redevenais impassible et vide. Un cercle sans fin contrôlait ma vie et dictait celles des autres.
Tout était devenu difficile, beaucoup trop difficile. Et ce jour là n'y dérogeait pas.
A peine m'étais je garée, que sa mâchoire se contractait et que ses yeux se noircissaient. Tout en lui me détestait et le croiser aujourd'hui, même l'espace d'une minute, me rendait malade. Pourquoi fallait' il que Jake me l'envoie. La seule phrase en deux mois que j'avais réussi à lui formuler c'était de ne plus envoyer Paul me surveiller. Si il avait semblé s'en préoccuper, il n'en avait rien fait.
Cette journée avait été plus éprouvante que les autres et j'étais persuadée d'avoir, enfin, réussi à faire capituler mon corps sans vie.
Au déjeuner, Jessica n'avait pas omis, en tant que meilleure amie, de me rappeler qu'Edward était partit et que j'avais été stupide de laisser un mec « si canon » s'en aller et que de surcroit, un tas de filles me maudissaient. Dieu, si elles savaient tout ce que je leur aurais offert pour qu'elles prennent ma place et qu'elles m'arrachent de ce cauchemar.
Dans l'après midi, Mike m'avait demandé, pour la énième fois de l'accompagner au bal de fin de Noel et épuisée, j'avais fini par accepter. Euphorique, il m'avait coincé contre le mur et embrassé. Traumatisée, je l'avais laissé faire.
Écœurée par ce baiser trop appuyé, je m'étais arrêtée sur le bas coté pour rejeter la pomme que j'avais avalée.
Je me sentais sale et violée dans mon intimité pourtant je me persuadais que je l'avais mérité. Il avait profité de ma faiblesse pour assouvir ces fantasmes et je m'en voulais tellement de n'avoir rien fait, pire encore, d'avoir accepté.
Cela faisait des mois qu'il me tournait autour. Je l'avais repoussé, avait tenté de lui expliquer que c'était impossible mais quatre semaines de cela, je n'en avais plus eu la force et avait cédé. Etre avec ou sans lui ne me semblait pas être insurmontable mais Mike avait changé et trois semaines à ses cotés me semblaient une éternité. Il était devenu arrogant, déterminé, envieux et colérique, allant jusqu'à terroriser des élèves pour obtenir ce qu'il souhaitait. Jessica, tant amoureuse de lui dans le passé, l'avait écarté de sa vie, et préférait l'ignorer. Elle ne m'aidait en rien et lui n'avait fait qu'accroitre ma solitude et ma tristesse. Il me rendait malade, chacun de ses baisers me soulevant le cœur. Ses gestes plus ou moins déplacés m'humiliaient mais incapable de réagir, je me soumettais et priais que son envie ne dépasse pas de simples câlins. La souffrance s'était décuplée et je me dégoutais. Je n'accordais plus aucun regard à mes protecteurs, avec qui pourtant, j'avais passé de si bon moment, et qui malgré tout continuer de me veiller. Je me contentais de rentrer et de partir de chez moi en les évitant. Tous avaient remarqué que j'avais rechuté mais aucun n'osaient aborder le sujet, y compris Jacob.
La rechute avait été encore plus dure que la chute elle même. Edward et Mike hantaient mes jours et mes nuits. L'un me manquait, l'autre m'effrayait. L'un avait creusé ma tombe, l'autre m'enterrait. Edward savait et avait toujours su ce que Mike attendait de moi. Et pourtant, il l'avait consciemment invité à entrer dans ma vie et à me torturer d'avantage. Me souhaitait' il tous les tourments de l'enfer ? Mais que lui avais je donc fait pour mériter pareilles tortures ?
Mike était, une seule et unique fois, venu me chercher chez moi pour aller en cours. Il s'était présenté à mon père comme mon petit ami, Charlie, choqué, avait faillit en avoir une crise cardiaque. Moi, atterrée, m'étais littéralement effondrée.
Alerté je ne sais comment, Sam était entré en trombe dans la maison et avait ordonné à Mike de partir. Ce dernier, puant la confiance, lui avait rétorqué qu'il ne s'en irait pas sans moi. J'avais entendu Sam émettre une sorte de grondement... et Mike déguerpir.
Arrivée au lycée, il m'avait incendié pendant une heure. Et depuis, tout était prétexte pour que l'on se dispute et qu'il s'acharne contre moi. Il était d'une jalousie maladive et le moindre regard posé sur moi, le rendait furieux. Un jour, il avait même décroché un coup de poing dans le visage de Tyler, parce qu'il avait osé, selon lui, me parler.
Chacun de ses mots, plus insultant que l'autre, frôlait mes oreilles, aucun n'arrivant à me pénétrer, à son plus grand désespoir. Je ne l'entendais pas, ne l'écoutais pas, préférant me refugier dans ces bras qui tantôt m'avait sauvé de la forêt. Je me laissais bercer sans états d'âme dans cet espace confiné et rassurant.
C'était le seul souvenir doux et anesthésiant sur lequel je pouvais me reposer.
Flash Back
« Je pars. Sans toi. »
Ce coup de poignard porté par l'homme que j'aimais, me transperçait lentement les entrailles.
Atterrée, je parvenais tout de même à murmurer « Tu ne veux plus être avec moi ? »
« Non, je ne le veux plus.» Aucune once d'hésitation. Sa réponse avait été si froide qu'elle m'avait glacé le sang.
J'étais pétrifiée par l'angoisse. J'avais envie de lui hurler que je l'aimais, que sans lui je n'étais rien, qu'il ne pouvait pas m'abandonner mais aucun son ne daignait sortir de ma gorge. Alors, je restais là, immobile, à le regarder. Et il continuait à parler, enfonçant ce couteau au plus profond de ma poitrine. Lorsque je le sentis pénétrer mon cœur, mon corps abdiqua.
« Promets moi... »
Je n'écoutais plus, chacun de ses mots me fouettant violement le visage. Anéantie par la douleur du poignard qu'il retournait sans cesse dans mon cœur pour le faire saigner d'avantage, je commençais à suffoquer. La brulure étai telle, qu'elle me consumait de l'intérieur. Sentant mes jambes flageoler, je promis.
Il me détruisait et semblait en être satisfait. Un sourire timide collé sur son visage de traitre, il m'embrassa le front et disparut.
Effondrée, je plaquais ma main contre ma poitrine, m'adossais contre un arbre et autorisais enfin mes jambes à tomber. Sur ce sol rugueux et froid, mon corps se démolissait. Cinq minutes m'avaient fallut pour que je réalise qu'il était partit en me promettant de ne jamais revenir. Brisée, je sentis un torrent de larmes armer se déverser sur mes joues glacées par ce froid d'hiver. Le vent glacial me frigorifiait, mes mains s'engourdissaient, mon corps tremblait mais mon cœur était embrasé.
Un froid paranormal cadenassait la forêt, alors, à défaut de pouvoir me relever, je me recroquevillais aux pieds de cet arbre majestueux. Congelée et achevée, je fermais les yeux et attendais, la mort, les secours, son retour... La douleur était telle qu'il m'était devenu impossible de penser.
Je ne me souvenais pas quand j'avais cessé de pleurer ni même si j'avais cessé un jour, mais je me rappelais d'avoir entendu quelques murmures inaudibles et de m'être sentie soulever avec délicatesse de ce sol gelé par la neige. La mort venait' elle me faucher ? Peu m'importait tant que je quittais cet endroit. Plus tard, Charlie m'apprenait qu'un des garçons de la réserve m'avait sauvé. Dénuée de curiosité, je n'avais jamais demandé son prénom. Mais le souvenir de cette intense chaleur m'anesthésiait et je pourrais, encore aujourd'hui, reconnaître ce doux parfum qui m'avait bercé. Je m'étais laissé dodeliner dans ces bras puissants et protecteurs et avais rencontré Morphée pour la seule et unique fois depuis son départ.
Fin du Flash Back
Chacun de ses hurlements me fouettait le visage mais aucun ne m'atteignaient. Seule la douleur fulgurante de sa main serrant mon poignet endolorit me signifiait que je vivais et que le monde dans lequel j'étais ne correspondait en rien à celui dont je rêvais.
Lorsqu'il daigna me relâcher, mon poignet était coloré d'un panel de violet, ne me laissant en guise de cadeau qu'une nouvelle souffrance.
Si tout avait commencé par le poignet, aujourd'hui il lui arrivait de moins se contrôler et de m'abimer le bras, le cou ou les côtes avant de s'excuser pitoyablement. J'étais si faible physiquement que m'amocher ne nécessitait pas de force. La moindre pression, le moindre petit coup me laissait une trace que je m'empressais de cacher aux yeux du monde mais qui me faisait douloureusement souffrir. Cet homme me tourmentait un peu plus chaque jour et je n'avais personne à qui me confier. J'étais retournée à la case départ, je dépérissais de nouveau.
Ce jour là, sur le chemin, j'avais déversé toutes les larmes que mon maigre corps pouvait encore contenir et arrivais devant la maison, éreintée et malheureuse.
L'apercevoir sur le perron me redonner envie de pleurer. Etrangement, il n'était pas assis comme à l'accoutumée mais était adossé contre la porte d'entrée et scrutait impassible, la camionnette. Je descendais péniblement en m'appuyant sur ma main droite, étouffais un cris de douleur et m'adossant contre la carrosserie, tentais d'inspirer profondément. Après une énième expiration, je rassemblais le peu de forces qui me restaient, rabaissais la manche de mon pull sur mon poignet bleuté et entreprit de rentrer. Quand Paul montait la garde, la petite allée jusqu'à la porte de la maison me semblait interminable. Et ce soir là n'y dérogeait pas.
Arrivée aux marches, j'attendais ses répliques cinglantes qui ne semblaient pas venir. Hébétée et impatiente de laisser mes larmes couler, je relevais la tête et croisais son regard. Ses yeux étaient d'un noir si profond que je m'y perdais de nouveau. Etrangement, cet océan ou ce néant me calmait. Pour la première fois, j'aperçu une lueur de bienveillance. J'étais littéralement subjuguée par cet homme qui m'avait tant de fois dénigré. Si la mort avait pu se dessiner en cet homme, je m'y serai livrée avec joie. J'avais l'agréable ou désagréable impression de bruler de l'intérieur. Pour la première fois depuis longtemps, je sentais de nouveau mon cœur battre. Il battait si fort, qu'il m'arrachait les entrailles. J'aurai juré qu'il pouvait le sentir et que cet éclair de satisfaction y était lié. Le temps recommençait à avancer et son parfum frais et doux m'envoutait. Cette étrange chaleur que j'avais tant rêvé de ressentir depuis cette nuit là, m'enveloppa à nouveau, anesthésiant la douleur et pansant mes blessures. Sam avait raison. Cet homme pouvait être bon.
Mais une fois de plus, je fus arraché de ce rêve sans vergogne.
« Nourris toi bon sang ! Tu t'es regardé ? On dirait un cadavre. »
Sa voix était dure et sincère. Ses paroles, qui n'étaient que pure vérité me transperçaient le corps et mes larmes si longuement retenues se déposaient sur mes joues brulantes. Il redevenait celui que je méprisais. Il était vil et abject. Toute la beauté que j'avais cru apercevoir en cet homme avait disparu. Il était de nouveau lui, feignant d'être désagréable et méprisant. Le sourire narquois collé sur son visage me fit sortir de ma léthargie. Ne contrôlant plus ce trop plein d'émotions, je levais ma main droite et la lui éclatait en plein visage. Étonnamment, sa tête n'avait pas bougé de sa place initiale mais mon poignet, blessé quelques heures plus tôt, était brisé. J'avais l'atroce sensation d'avoir cogné sur du béton et lui, ne semblait avoir reçu qu'une simple caresse.
Cette gifle était partie si vite, que je n'avais pas eu le temps de la penser. Abasourdie tant par mon geste que par son impact, je restais bouche bée.
« Moi c'est Paul. »
POV Paul
Des mois que Jacob nous avait obligé à la surveiller et dieu, que cela pouvait m'exaspérer. J'avais été le seul à trouver cette surveillance accrue des plus stupide. Mais Jacob, fou amoureux de la petite princesse avait réussi à convaincre Sam. Et il savait pertinemment que si Sam nous l'ordonnait, nous étions contraint de lui obéir. Ce cher Jacob était apeuré à l'idée qu'elle se laisse dépérir. Quelle idiotie. Qui se laisserais mourir par amour ?
Quelques jours auparavant, il avait eu vent de ce qui c'était passé pendant l'anniversaire de sa chère et tendre et nous en avait fait toute une montagne.
Bella avait risqué de se faire littéralement bouffer, Bella courrait un grand danger à leurs cotés, Bella blabla... Il parlait Bella, mangeait Bella, pensait Bella et toute la meute le subissait.
Lorsqu'il se transformait, ses pensées étaient tellement centrées sur elle, qu'il nous était impossible d'entendre les nôtres et de ce concentrer sur autre chose que Bella.
Je faisais une surdose de Bella. Nous ne l'avions jamais rencontré, que nous la connaissions déjà par cœur. Outre les pensées obscènes qui traversaient de temps à autre son esprit tordu, Jacob s'adonnait à nous la décrire, d'une taille normale, des cheveux ondulés qui se déposaient délicatement sur ses épaules, une taille fine, des yeux amandes chocolats et ainsi de suite pendant de longues heures... Son amour pour cette humaine le rendait complètement irrationnel. Sam avait tenté de lui expliquer que le choix lui appartenait, que nous ne pouvions pas lui imposer de les quitter mais en vain, il persistait à nous affirmer qu'il fallait la retirer de cette famille. Ironie du sort, quelques jours plus tard, ils étaient tous partis.
Un soir où nous étions partis faire notre ronde, Jacob avait eu comme une décharge. Il était persuadé que quelque chose se tramait et nous avait ordonné de retourner à la réserve. Incapable de me contenir, je lui avais hurlé qu'il était complètement stupide et qu'il n'avait pas d'ordres à nous donner. Mais comme à l'accoutumée, Sam m'en avait convaincu.
Lui aussi pressentait quelque chose de mauvais. Résigné, j'avais suivi la meute jusqu'à la maison de Billy et y avait trouvé un père dévasté. Le chef Swan était complètement paniqué. Bella avait disparu. Face à la nouvelle, Jake était devenu complètement hystérique, à la limite même de se transformer. Son corps s'était mis à trembler, ses muscles à se contracter et sa respiration à se couper. Le chef, trop occupé à diviser ses hommes en petits groupes et à leur attribuer à chacun une partie de la forêt, n'y avait même pas prêté attention. Billy, quant à lui, semblait réprimander silencieusement son fils. Les pensées de Jacob étaient si vives, qu'elles me brisaient le crâne. Je sentais que j'allais flancher. Je tentais d'inspirer profondément et de me calmer mais Jacob nous vociférait qu'il fallait la chercher. Le temps était glacial et je devais admettre que de la savoir dans les bois seule et frigorifiée ne me plaisait guère. Non pas qu'elle avait de l'importance mais plus elle y restait, plus Jacob nous incendiait. Alors, incapable de faire face plus longtemps, je m'évaporais dans les bois. Quelques secondes avant, j'avais questionné silencieusement Sam sur la marche à suivre. Il m'avait ordonné de ratisser toute la forêt et m'avait conseillé de m'y hâter avant de devenir cinglé. Plus vite je la retrouvais, plus vite nous en serions débarrassés. Je ne me transformais pas mais courait plus vite que jamais. Plus je courrais, plus les pensées de Jacob s'éloignaient. Quelle extase de ne plus les entendre. Une demi heure à fouiller chaque recoin de cette putain de forêt que je connaissais par cœur, et rien. Je ne la trouvais nulle part. Que dieu m'en préserve, je préférais qu'elle soit morte plutôt que de la retrouver et de l'étrangler moi même. Je ne la sentais pas et n'entendais pas son cœur battre. Une de ses immondes créatures lui avait' elle sucer le sang ? J'aurais tant aimé avoir eu une raison valable pour leur arracher tous leurs membres. Je savais que Jacob m'aurait laissé faire et je me languissais d'en tuer un depuis que j'avais appris leur existence. Enragé, tant de penser à eux, que de ne pas la trouver, je continuais de me ruer à travers la forêt, déracinant quelques arbres au passage.
Une heure était passée et aucun de nous ne l'avait trouvé. Mais où avait' elle bien pu se cacher. Je me jurais intérieurement que lorsque je la trouverais, je la tuerais pour nous avoir fait tant cherché. A cette pensée furtive, Sam me réprimandait et Jacob me fustigeait. Il jurait de m'arracher chaque membre un par un, si j'osais lui faire du mal. Un sourire en coin se dessina automatiquement sur mes lèvres. Croyait' il vraiment qu'il pouvait me battre ? Alors que j'imaginais que je le décimais, pour le faire enragé d'avantage, je sentais une odeur étrange que je pensais avoir oublié depuis des années. De la souffrance. Elle était si puissante, qu'elle m'immobilisait. Elle me rappelait tellement l'enfer que j'avais vécu, qu'elle me sciait. J'entendais Sam m'intimer de respirer. Il était le seul à savoir, le seul qui comprenait ce qu'elle avait comme effet. Instantanément, j'opérais un retour en arrière. Je revivais toute cette souffrance et cette tristesse qui avaient dicté ma vie pendant des années. Je revoyais mon père et les coups qu'il m'infligeait sans raison. Tous mes muscles se tendaient, mon sang bouillonnait et ma mâchoire s'était contractée si fort, que j'aurais juré de ne plus avoir de dents. Sam m'ordonna de reprendre mes esprits et de la trouver. Ne supportant plus cette douleur, j'obéissais. Je suivais cette odeur et plus elle s'intensifiait, plus je me rapprochais. Arrivé aux abords de la clairière, je la trouvais enfin. Face à sa détresse, je me stoppais net. Les pulsations de son cœur étaient faibles, trop faibles. Angoisse, tristesse, peur, souffrance, anéantissement, abandon... Comment pouvait' elle ressentir autant d'émotions à la fois et les supporter. Elle était recroquevillée sur elle même et pleurait sans pouvoir s'arrêter. Ses cheveux étaient recouverts de légers flocons et de boue, son corps tremblait et elle sanglotait. Elle me rappelait étrangement, ce petit garçon sans défense que j'étais. Ne supportant plus de la voir souffrir ainsi, je m'abaissais et passais mes bras sous son corps gelé. Je sentais ses mains attraper mon cou et la sensation de sa peau frigorifiée sur mon corps embrasé, m'électrifiais. Je la soulevais délicatement et la collais contre mon torse. Elle était aussi légère qu'une plume. Ses yeux restaient clos mais ses pleurs s'étaient arrêtés. Elle déposait sa tête dans le creux de mes bras et je ne pouvais m'empêcher de la regarder. Elle était d'une beauté inégale aux autres. Elle semblait si fragile mais si forte à la fois. A son contact, mon cœur s'accéléra, il battait si fort qu'il me déchirait les entrailles, mon corps tout entier était embrasé comme jamais. Je ne pouvais cesser de la regarder. Son corps si frêle posé contre le mien si imposant me donner irrémédiablement envie de la protéger. Je ne pouvais plus la quitter. Je la voulais mienne. J'aurais tout donné pour la voir sourire, pour l'entendre prononcer mon prénom. Je n'entendais plus la meute, les pulsations de son cœur retenant ma seule attention. Je soufflais d'incompréhension. Je devenais cinglé. Son cœur s'était littéralement lié au mien et me rongeait chaque os. Je venais de m'imprégner...
A cette vérité, je perdais la raison. Je ne pouvais pas m'être imprégné d'elle, c'était impossible. Je la haïssais avant même de la connaître. Elle était tout ce que je détestais et Jacob en était fou amoureux. J'avais ironisé chaque imprégnation, assurant à la meute que jamais cela ne m'arriverait et aujourd'hui, je m'imprégnais et de surcroit de Bella.
Atterré de la véracité des faits, je marchais aussi vite que je pouvais. Quelques minutes m'avaient suffit pour que je sorte des bois et aperçoive le chef. Un soupir de soulagement le libérait tandis que je n'arrivais pas à la lui donner.
« Paul, merci, merci infiniment. »
Sa gratitude m'était égale, je ne voulais pas être séparé d'elle. J'avais tant envie de la tuer pour être sortie avec un vampire que de la chérir comme jamais. Elle se cramponnait à moi, ne souhaitant pas que je la lâche mais Charlie insistait. Fou, je devenais complètement fou. J'avais même une méchante envie de tuer le chef. Pourquoi ? Probablement parce qu'il voulait nous séparer. Horrifié par mes propres pensées, je me contractais et resserrais mon étreinte. Je fixais le chef tandis que je respirais profondément le parfum de Bella. C'est ce qui était fou avec elle, malgré le temps qu'elle avait passé dehors, elle dégageait toujours une douce odeur de fraise des bois.
Seule la main de Sam sur mon épaule me tira de mes pensées et me permis de respirer de nouveau.
« Ca va aller Paul. Donnes Bella à Charlie. »
Contraint, je m'exécutais sans décolérer. Une fois que Charlie nous avait tourné le dos, je me précipitais vers la forêt, me transformais et courrais comme jamais je ne l'avais fait.
J'avais couru droit devant moi sur des kilomètres, entendant les millions de pensées de Sam, Quil, Jared et Jacob qui tapaient violemment contre les parois de mon crâne. Plus je m'éloignais d'elle et plus mon cœur saignait mais je cherchais désespérément cette sensation de liberté, que j'avais le matin même encore ressenti. Mais elle s'était envolée. J'étais devenu prisonnier de mon propre cœur. Il s'avérait lui être entièrement destiné et j'en étais malade. Lorsque je m'arrêtais enfin, je m'effondrais à genoux, épuisé et furieux.
Je retenais mes larmes et tentais d'apaiser cette colère qui me rongeait. Je suffoquais. Déchainé, j'enfonçais mes deux poings dans le sol en hurlant. J'implorais dieu qu'il me rende cette liberté que j'avais tant convoité étant enfant et qui s'était éprise de moi quand je m'étais transformé. Mais elle était bel et bien partie, je le ressentais au plus profond de mon âme. A sa place, il n'y avait que Bella. Elle me tenait enchainé comme un chien et je n'avais d'autres choix que de la suivre. Comment Leah pouvait' elle espérer s'imprégner ? C'était pire que tout ce que j'avais imaginé. Désormais, je prenais le risque de la blesser à chaque instant, tout comme Sam avait brutalisé Emily et de m'en vouloir à jamais. Je sentais que même mon propre cœur m'avait abandonné, il ne battait plus que pour elle.
Enflammé, j'hurlais de nouveau et fustigeais dieu de ne pas me venir en aide et épuisé, m'effondrais en larmes.
« Paul. Tout va bien se passer. Je suis là. »
La voix calme et rassurante de Sam résonnait violement dans ma tête.
« C'est atroce Sam. Je souffre. Je souffre tellement. »
A ces mots, il s'était agenouillé en face de moi et posait ses mains sur mes épaules.
« Je sais tout ça mais ça va passer. Ce n'est qu'une question de temps. »
« Je voudrais qu'elle soit morte, qu'elle n'existe pas. Elle m'a tout pris Sam, tout. » Hurlais je en agrippant ses épaules.
« Ne dis pas ça. Jamais. » Se redressa t'il. Sa voix était redevenue celle de l'Alpha, dominante et dure. « Si tu la perdais, tu ne t'en remettrais jamais. »
« Je ne sais plus quoi faire Sam. Je suis perdu. Aides moi. » Implorais je.
« Il va falloir accepter. Et quand ça sera le cas, tu te sentiras mieux. »
« NON ! » tempêtais je. « TOUT CA C'EST DE SA FAUTE ! » criais je à plein poumons.
« Comment peux tu dire ça. Elle n'est même pas au courant de ce que nous sommes. »
Désormais, il s'était relevé et me dominait de toute sa taille.
« Rien à foutre. » Je me relevais. « C'est elle. Elle m'a TOUT pris Sam. Elle me rend malade. Comment pourrais je m'imprégner d'une fille comme elle. Elle est insignifiante et ne représentera JAMAIS rien pour moi ! » Crachais je en me transformant. Ne lui laissant pas le temps de répliquer, je me remettais en course.
« Tu changeras d'avis Paul. »
Je pensais si fort le « certainement pas » que j'en tremblais. Comble de tout, parler de Bella ainsi m'avais fait atrocement souffrir. Comment pouvais je l'accuser d'être à l'origine d'un évènement dont elle ignorait l'existence. Dieu, je me maudissais de l'avoir accusé mais mon esprit refusait d'accepter. Je ne pouvais pas me retrouver dépendant d'elle. Je perdais tout et que gagnais je en retour ? Son amour... M'importait' il ? Je ne savais plus, n'arrivais plus à réfléchir. Alors, je me contentais de courir le plus vite possible pour oublier.
Deux jours m'avait fallu pour que « j'accepte » cette situation. Deux jours où je n'avais fait que supporter la douleur. Jamais elle ne m'avait quitté. J'étais revenu auprès de la meute et Jacob n'avait cesse de m'attaquer. Si il me haïssait pour cette imprégnation et m'avait juré qu'il me tuerait si je la touchais, après trois jours, il semblait avoir un tant soit peu reconsidéré la chose. Il savait pertinemment que cet évènement ne se contrôlait pas et que si tel avait été le cas, je n'aurais pas jamais choisi de m'imprégner de la fille qu'il aimait, ni de m'imprégner tout court.
Je n'avais pas revu Bella depuis mon retour mais les nouvelles de Jake n'étaient pas bonnes. Selon lui, elle allait de mal en pi et dépérissait de jour en jour. Non pas que cela m'était égal, bien au contraire, mais être obligé, par Jacob, de la surveiller, m'exaspérais.
Il nous avait photocopié son emploi du temps et nous avait ordonné de l'apprendre par cœur. Dieu, tuez-le. De surcroit, il nous avait répété mainte et mainte fois, le discours mot pour mot que nous devions lui dire chaque jour. Il fallait l'inciter à manger, lui demander comment elle allait... Tout était réglé comme une horloge. Trop réglé. Il m'étouffait. Il se prenait pour le chef et même Sam n'y trouvait rien à redire.
Avant de prendre mon tour, j'avais longuement discuté avec Sam. Il m'avait prévenu de son état et de l'attitude que je devais adopter. Me prévenant que face à ce que j'avais vécu et à mon manque flagrant de contrôle, je risquais de m'emportait. Loin d'être convaincu, je lui assuré que je me contrôlerais mais à peine l'avais je aperçu, que mon cœur avait flanché. J'avais l'espoir que ces quelques jours éloigné de la meute, d'elle, avait renversé l'imprégnation mais je me trompais royalement. Elle était ancrée en moi, bien plus que je ne voulais l'admettre. Elle n'était plus celle que j'avais secouru cette nuit là. Son corps était décharné, ses yeux rougit par les larmes et aucun son ne sortait de sa jolie bouche. La sangsue l'avait brisé et la colère était telle que je n'arrivais pas à me contrôler. La voir autant souffrir m'anéantissait. Plus je la côtoyais et moins je me contrôlais.
Si les quelques premiers jours, je respectais le stupide règlement imposé par Jacob, aujourd'hui, il n'en était plus rien.
Je la poussais sans cesse dans ses retranchements dans le vain espoir qu'elle se réveille. J'avais eu le droit à de nombreuses réprimandes mais je savais au plus profond de mon âme, que c'était la seule solution. La pousser à se mettre en colère, aller réveiller en elle, un instinct de survie qu'elle ne soupçonnait même pas en vie.
Mais, des mois que j'adoptais cette technique et elle ne craquait pas. Rien n'y faisait. Je passais mon temps à lui envoyer des répliques cinglantes, et dieu que ca me torturait, mais elle restait toujours impassible. Pire, tout cela avait eu l'effet inverse, elle pensait que je la détestait. Ironie du sort, je l'aimais comme un fou. Lorsque Jacob m'avait rapporté qu'elle ne voulait plus que je la surveille, j'étais devenu comme possédé. J'avais démolit tout l'intérieur de ma maison et celle de Sam par la même occasion. Mais au fil du temps, la rage que je ressentais pour cet Edward avalait tout le reste. Il me tardait de le rencontrer et de lui arracher les tripes. La peine qu'elle ressentait n'est présente que par sa faute. Mainte fois, j'avais eu envie de la prendre dans mes bras et de la consoler mais elle devait se rendre compte par elle même qu'elle était forte. Et ce résultat n'était possible que si quelqu'un daignait endosser le rôle du méchant. Rôle qui soit dit en passant, m'allait à merveille.
Si elle semblait aller un petit peu mieux ces quelques dernières semaines, aujourd'hui, elle semblait avoir rechuté et je n'en comprenais pas la raison. D'un jour à l'autre, elle avait changé. Les autres m'avaient rapporté qu'elle ne consentait même plus à s'asseoir près d'eux, se contentant de rentrer et partir de chez elle, la tête baissée et sans un mot. Quelque chose se tramait, je le sentais, mais je m'adonnais à mes habitudes, envoyant tout de même, de temps à autre un des garçons veiller sur elle au lycée. Mais aucun ne semblait avoir remarqué quelque chose d'anormal.
La veille de mon altercation avec Bella, Sam m'avait avoué qu'il avait croisé un garçon de plus stupide, entrer chez le chef quelques jours plus tôt et que Bella s'était instantanément mise à pleurer. Paniqué, il était entré en trombe dans la maison et avait été obligé de grogner pour qu'il daigne s'en aller.
Cette confession m'avait rendu malade. J'avais décimé des centaines d'arbres le soir même et n'avais cessé de me transformer pour atténuer la colère. Jalousie, rage et colère dictaient ma vie.
Ne tenant plus, le lendemain, j'avais poussé le vice jusqu'à l'extrême et dieu soit loué, elle avait enfin craqué. Réaction émotionnelle inattendue, elle m'avait décroché une gifle. Résultat immédiat, elle s'était brisée le poignet.
La culpabilité était telle, que je me demandais comment Sam pouvait continuer de vivre après ce qu'il avait fait à Emily.
Malgré tout, je savais qu'à cet instant, mes efforts n'avaient pas été vains. Je la regardais triomphant tandis qu'elle m'observait ébahie.
Je l'avais enfin sauvé.
Voilà, j'espère de tout cœur que ça vous a plu.
Si tel est le cas, n'hésitez pas à me le signaler de nouveau ! :)
Rendez-vous au prochain chapitre.
A bientôt.
