Me revoila,

j'espère que le premier chapitre vous a plus, le cinquième est en cours d'écriture...

bonne lecture

Chapitre 2

Harry marcha rapidement jusqu'au perron où il rencontra plusieurs membres de l'Ordre du Phénix. Hermione était parmi eux et lui demanda où il allait d'un pas si décidé. Le jeune sorcier lui expliqua alors tout ce qui venait de se passer, la discussion avec Fred, les paroles de Malefoy et la recherche de son corps. Le groupe décida alors d'accompagner Harry dans sa recherche. Ils étaient cinq à partir vers l'entrepôt nautique du château.

La nuit étant tombée depuis plusieurs heures, la recherche fut laborieuse mais l'un des sorciers cria après une dizaine de minutes de recherche. Harry se précipita alors et se figea en voyant le corps de son ancien rival. Ce dernier était allongé sur le dos, la tête posée sur le côté, les bras écartés, la jambe droite ouverte après une vilaine fracture. Un autre membre de l'Ordre s'approcha avec précaution.

Harry l'observa sortir sa baguette et la passer doucement sur le corps inerte. La lueur présente au bout de la baguette changea plusieurs fois de couleur, du rouge, du jaune, du vert, du blanc. Arrivé près du cœur, le sorcier hésita puis rangea rapidement sa baguette, posant ses doigts fébriles sur le cou de Malefoy.

« -Ce n'est pas possible...

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Tu as bien dit que tu avais parlé au fantôme de ce garçon ?

-Oui, je l'ai vu comme je vous vois.

-Son cœur bat encore, faiblement, mais il bat. On doit le ramener à l'école. »

Les sorciers s'affairèrent alors à porter délicatement le corps. Hermione les regarda faire et ferma la marche. Tandis que les autres remontaient les marches vers le château, elle s'arrêta un instant, se sentant observée. Elle regarda tout autour d'elle avant d'apercevoir la silhouette argentée d'un fantôme. Elle crut reconnaître l'ancien serpentard mais il disparut avant qu'elle en soit formelle.

On emmena le corps du jeune Malefoy dans une pièce adjacente à l'infirmerie. En entendant le récit d'Harry et du second sorcier, l'infirmière Pomfresh se précipita pour ausculter l'adolescent blond. Après plusieurs minutes, elle fit signe à plusieurs autres médicomages de la rejoindre. Ils échangèrent des murmures avant qu'ils partent hors de la pièce. Ils revinrent quelques instants après, avec des machines moldues. Harry et Hermione les regardèrent brancher Malefoy à une perfusion et à un respirateur mécanique.

« -Que faites-vous ? Pourquoi ne pas utiliser des potions ?

-C'est un cas extrêmement rare mais pas inconnu... Harry, savez-vous où est le « fantôme » de Drago ?

-Je... il est près de la porte. » indiqua le griffondor, heureux que Malefoy ait quitté sa chambre.

Le fantôme de Drago apparut alors aux yeux de tous. Il s'approcha, suspicieux. Il ne comprenait pas pourquoi les médicomages avait fait « ça » à son cadavre.

« -Bien, je vais vous expliquer ce que l'on sait. La bonne nouvelle est que tu n'es pas mort, Drago. Mais la mauvaise est que nous ne savons pas comment te soigner. On va quand même tout faire pour te remettre dans ton corps.

-Je suis un fantôme mais pas mort ?

-Non... les égyptiens pensaient que l'âme immortelle quittait le corps mortel qu'après la mort. Pour que l'âme soit conservée, il fallait que le corps conserve son apparence. D'où la création des momies.

-Des momies ? Ça ne me dit pas ce que je vis... » s'impatienta le fantôme, ou plutôt l'âme.

« -Il se trouve que les médicomages connaissent ce phénomène depuis des millénaires. Le problème est qu'à l'époque, personne ne savait comment maintenir le corps en vie : le cœur battait, les poumons respiraient mais sans nourriture ni eau... ils mourraient et leurs âmes aussi. C'est pourquoi on t'a branché à ces machines moldues. Ton corps a beaucoup souffert, il semblerait que ton âme ait quitté ton corps, pensant que tu étais mort. Mais elle s'est trompée et te voilà coincé.

-C'est... génial... enfin, je veux dire... Malefoy n'est pas mort, on trouve un moyen de l'aider et tout redeviens comme avant pour lui. » tenta de positiver Harry.

Le fantôme ne dit rien, il s'approcha de son corps et le regarda, silencieux. C'est vrai, il n'était pas mort mais son état n'était pas non plus des plus extra. Et puis, s'il survivait et retrouverait son corps, il risquait de se retrouver à Azkaban. Et ses parents, qu'allaient-ils dire de tout cela. C'est alors qu'il tilta. Le fantôme se tourna vers les sorciers en demandant s'ils avaient eu des nouvelles de ses parents. Ils échangèrent des regards avant que l'infirmière prenne la parole. Elle annonça d'une voix douce que Narcissa Malefoy n'avait pas survécu à la bataille. La peine passa un court instant sur le visage pâle du fantôme avant qu'il ne retrouve son masque inexpressif. Triste pour lui, Hermione se proposa pour retrouver son père.

Une heure passa. Le fantôme de Drago était resté près de son corps, silencieux, presque serein avant de s'éloigner vers un coin plus sombre. Harry avait préféré rester auprès de lui, la chambre dans laquelle Pomfresh avait installé Malefoy était calme. Il somnolait quelque peu quand la porte s'ouvrit brusquement. Lucius Malefoy se précipita vers le lit d'hôpital, son visage pâle trahissait son inquiétude. Il passa devant Harry sans même le voir, allant caresser les cheveux blonds de son fils.

« -Mon enfant... que t'ont-ils fait ? Oh Drago... la perte de ta mère n'était-t-elle pas suffisante ?

-Monsieur Malefoy ?

-Qu'avez-vous Potter ? Vous admirez la chute de ma famille ?

-Non !

-Vous l'avez tué ?! Vous avez toujours souhaité notre perte...

-Non ! » s'offusqua Harry. « Je n'ai rien fait à votre fils. Il n'est pas mort, juste dans le coma.

-Vous mentez.

-Il dit la vérité, Père. »

L'âme de Drago s'avança vers son père. Celui-ci voulut l'enlacer mais ses bras traversèrent le fantôme.

« -Je suis si désolé, Père.

-Mon fils... mon enfant... » se mit à sangloter l'aristocrate en tentant de toucher son fils.

Lucius Malefoy s'effondra contre le lit de son fils. Son masque froid brisé, il pleurait, abattu par la mort de sa femme et la condition de son fils. Le noble et fier Lucius Malefoy n'était plus qu'un père de famille meurtri. Drago fit un pas en avant puis tendit un bras vers son père. Une fois encore, sa main traversa la peau de son père. Le fantôme leva alors les yeux vers son ancien rival. Harry comprit immédiatement le message. Il se leva lentement et vient enlacer l'adulte pour le réconforter.

« -Ça va aller, Monsieur Malefoy. J'ai promis à votre fils de l'aider.

-Comment ?

-D'abord en faisant en sorte qu'il ne vous arrive rien à tous les deux. Je demanderais à Pomfresh de vous faire installer un lit ici, vous serez avec Drago...

-Pourquoi faites-vous cela, Potter ? Pourquoi nous aider, après le mal que l'on vous a fait ?

-Parce que personne ne mérite ce que Drago subit. Et il... c'est grâce à lui si Voldemort ne peut plus faire de mal à personne... »

Le père de Drago hocha la tête et se reprit. Il se releva avant de faire face à son fils. Les deux Malefoy échangèrent un regard. Le fantôme baissa les yeux devant son père mais celui-ci ne le réprimanda pas, bien au contraire, il le félicita. Le professeur Mcgonagall entra alors dans la pièce. Lucius Malefoy retrouva son masque de froideur alors qu'elle s'avançait vers le jeune griffondor.

« -Harry. Les Aurors souhaitent emmener monsieur Malefoy tout de suite au ministère. Ils ont finit de sécuriser le sous-sol des cellules.

-On peut pas les laisser faire ça ! Drago a besoin de son père.

-Je sais bien mais ils font la sourde oreille. Je ne sais plus quoi leur dire pour donner du temps aux Malefoy...

-Dites-leurs que Drago Malefoy est autant le héros de cette guerre que moi, expliquez leur la vérité. Il m'a plus qu'aider ! Je peux me porter garant de son père, je refuse de les séparer dans une telle circonstance. »

La directrice hocha la tête avant de tourner des talons et s'en aller. Une fois la porte refermée, l'adulte se détendit et retourna vers le corps de son fils. Harry le regarda caresser tendrement la joue de son fils. Celui-ci, transformé en fantôme, se racla la gorge avant de se plaindre de ce comportement. Selon lui, son père se devait de ne pas avoir ce genre de comportement devant Harry. Le brun vit alors pour la première fois Lucius Malefoy sourire.

« -Tu es sûrement tout ce qu'il me reste. Je crois que Potter a compris que nous ne sommes pas ces monstres de glaces que nous avons tant montré.

-Vous aimez votre fils, je ne le pensais pas. Je croyais que vous étiez tout le temps froid et distant entre vous. Tu ne devrais pas te plaindre autant, Malefoy. J'aurais aimé que mon père prenne autant soin de moi...

-Il aurait été fier de vous, Potter. Vous êtes devenus un jeune homme exceptionnel.

-Et voilà, mon père fait dans le mélodrame. Je ne sais pas vous mais je vais faire un tour.

-Où vas-tu comme ça ? » questionna son père.

« -Hanté un peu ces vieux murs, mon corps ne va pas prendre la poudre d'escampette donc autant ne pas moisir ici. Vous devriez penser à prendre un bon repas et une douche surtout. Ma chambre est libre, père. Tu n'as qu'à l'occuper. »

Drago traversa le mur et laissa alors son père et son ancien rival seuls. Il avait raison, tous deux avaient besoin de se laver et de manger un peu. Harry proposa à Lucius Malefoy de l'accompagner jusqu'au dortoir des Serpentards. Celui-ci accepta et ils sortirent de la chambre. Le calme était revenu dans le château. Les blessés et les familles avaient été transférés à Saint Mangouste ou étaient repartis chez eux. Il ne restait plus que quelques étudiants et membres de l'Ordre du Phénix. Pourtant, le calme ambiant dans tout le château différait du brouhaha qui régnait dans la salle commune des Verts et Argents. Les étudiants se disputaient. Agacé par un tel chaos dans son ancienne salle commune, Lucius Malefoy se plaça près du groupe le plus bruyant et cria un « silence » fort et clair. Tous se turent alors et se tournèrent vers l'adulte.

« -Puis-je savoir ce qu'il se passe, par Salazar ?

-Les grands se fâchent pour savoir comment on doit se comporter avec les autres.

-Certains disent qu'on doit faire profil bas et redorer notre blason, mais d'autres disent qu'on sera toujours vu comme les méchants. » expliquèrent deux jumelles, de onze ans.

« -Soit, ceux qui ont et veulent toujours supporter le Seigneur des ténèbres savent comment quitter cette école. Les autres, vous avez grandement raison. Vous êtes que des enfants, vous n'avez fait que suivre les traces des anciens serpentards. Dès demain, vous aiderez les autres maisons à se reconstruire. Gemma ?

-Oui, Monsieur Malefoy ? » une jeune femme au long cheveux noirs sortit de la foule, c'était l'ancienne préfète de Serpentard.

« -Je compte sur vous pour faire régner l'ordre dans notre maison. Notre très cher Severus nous ayant quitté, je compte bien reprendre les rênes.

-Excellente idée, Monsieur Malefoy. » affirma Gemma, très respectueuse.

Lucius alla ensuite dans la salle de bain des préfets. Harry resta donc seul jusqu'à ce que Gemma s'approche de lui. Elle avait le même âge que Percy Weasley. C'était vraiment une très jolie fille, pleine de grâce et digne de la noblesse sorcière.

« -Salut, Harry. Je sais ce qu'il s'est passé pour Drago. J'espère qu'il va bien...

-Il relativise, il hante le château en ce moment même.

-Je pourrais te demander une faveur ?

-Vas-y.

-Tu pourrais rester cette nuit ? Les plus jeunes ont besoin de savoir qu'ils ne sont pas des monstres... comme ces mangemorts. »

Harry accepta et Gemma lui indiqua son ancienne chambre. Elle avait sa propre salle de bain et Harry ne se fit pas prier pour entrer dans la grande douche à l'italienne qui faisait tout le mur. Un elfe passa déposer une pile de vêtement sur le bord du lavabo. Après vingt minutes sous le jet d'eau, Harry retourna dans la salle commune. Là, un groupe d'enfants s'était rassemblé autour de Lucius Malefoy et Gemma.

« -Les enfants sont prêts pour aller manger.

-Alors, allons remplir notre estomac. »

Le groupe suivit Harry et sortit des cachots pour rejoindre la grande salle. La pièce n'était plus le point de rassemblement des blessés mais les dégâts étaient encore bien visibles. Seule une des quatre tables avait été installée. Il ne restait pas beaucoup de places. Le silence tomba dans la salle lorsque les serpentards entrèrent. Une tête rousse se leva et Ginny Weasley marcha droit vers son ancien petit-ami.

« -Qu'est-ce qu'ils font ici ? Ce sont des mangemorts... Harry, qu'est-ce qui te prend de traîner avec le père de Malefoy ?

-Drago m'a aidé pendant la bataille, je l'aide en retour. Pour les serpentards, ce sont des élèves comme nous.

-Mais ce sont des traîtres ! Malefoy et ces enfoirés devraient tous être morts !»

Harry fut blessé par de tels propos, il n'imaginait pas la haine que les autres pouvait avoir contre de simples serpentards. Mais alors que ces paroles résonnaient dans la Grande Salle, la nourriture posée sur la table se mit à exploser. Drago apparut alors derrière Ginny, furieux. Une vague de froid envahit la salle alors que le fantôme s'avançait vers la rouquine.

« -Pourrais-tu répéter ? Sans moi, tu serais morte comme tous les traîtres à leur sang... ou bien, tu serais devenue la pute d'un mangemort.

-Jamais, je ne suis pas une pute !

-Ah ouais ? Je sais pas pour les autres mais moi, j'ai toujours trouvé ça étrange que la dernière d'une grande famille pauvre tombe amoureuse du richissime héros... non, je ne dirais pas pute finalement mais peut être bien profiteuse ? »

La jeune fille fit un pas en arrière, comme si elle avait reçu une gifle. Fier de son effet, Drago rejoignit le reste des serpentards. De nombreux première année l'entourèrent, heureux de voir leur prince. Le fantôme annonça qu'il connaissait un meilleur endroit pour dîner. Il les emmena alors au troisième étage, devant une statue de pégase. Il demanda à un enfant de caresser le museau de la statue, l'instant suivant le piédestal du pégase recula et ouvrit un passage sur un escalier descendant. Le passage menait l'étage au-dessous, dans une salle à manger privée. L'un des murs, en face de la grande table à manger, était orné par une gigantesque cheminée où étaient représentés le blason de Griffondor et de Serpentard, côte à côte.

« -Aussi étrange que cela paraisse, il semblerait que cette pièce était utilisé par Godric et Salazar. Enfin, c'est ce que m'a expliqué la Dame grise. Bon appétit. »

Tous s'attablèrent alors, affamés. Le dîner se déroula dans la bonne humeur, Harry découvrit ainsi que les verts et argent se cachaient sous un masque de froideur pour ne pas révéler leur véritable personnalité, sensible et loyale envers leurs frères.