La nuit avait été plutôt difficile pour Gibbs. Il était resté prêt de Tony dont le sommeil était très agité malgré les comprimés que le médecin lui avait prescrits. Il n'était pas difficile pour l'ancien Marins de savoir quel genre de cauchemar l'homme qu'il aimait était entrain de faire.
Vers huit heures du matin le portable de Gibbs sonna. Ce dernier se dégagea doucement des bras de son agent pour répondre.
- Agent Gibbs !
- Jethro, ici Jen, j'aimerais savoir pour quelle raison toi et DiNozzo, vous êtes tous les deux en retard, ça n'est pas ton genre…
- Tony est souffrant, tu es probablement au courant du fait qu'il a eu un malaise hier, madame la directrice, répondit Gibbs avec un ton plutôt sec.
- Justement, j'aurais aimé qu'on me tienne au courant mais personne ne semble vouloir m'en dire plus.
- Tony est malade, point final, le médecin m'a demandé de rester avec lui au cas où il aurait un nouveau malaise, je voulais justement t'appeler, étant donné que c'est plutôt calme en ce moment, je prends un jour de congé et Tony est en arrêt maladie.
- JETHRO !
- Un problème madame ?
- Je veux que tu sois là demain à sept heures tapante et je ne plaisante pas !
- Bien madame !
Finalement Gibbs raccrocha au nez de la directrice Sheppard et sourit en imaginant la tête que devait faire cette dernière. Il est vrai que tout deux avaient été amants par le passé mais au fond ça n'avait jamais été pour autre chose que le sexe entre eux. La seul femme qui avait réellement compté dans sa vie c'était Shannon et bien sûr leur fille Kelly. Elles avaient eu besoin de lui mais il n'avait pas su les protéger. Shannon savait que Gibbs était bisexuel, il avait été totalement honnête avec elle mais elle l'avait quand même épousé. Il était certain que Tony et elle se seraient parfaitement entendus, elle avait cette même façon de rendre les choses tristes moins douloureuses, elle aimait rire et faire le clown.
- Shannon, aide moi, si seulement tu pouvais me dire comment rendre ce merveilleux sourire à Tony, je l'aime tellement tu sais, après toi je n'avais plus jamais ressenti ça, aujourd'hui je me sens prêt, oui prêt à aimer vraiment à nouveau mais j'ai peur que cette ordure n'est tout brisé avant même qu'il y ai eu quoi que ce soit de commencé.
Gibbs se parlait à lui-même quand Tony se réveilla en hurlant. Gibbs se précipita auprès du jeune italien qui avait beaucoup de mal à reprendre sa respiration. Ses yeux étaient remplis de larmes. Finalement, il laissa Gibbs le serrer contre lui, c'était le seul endroit où il se sentait bien, dans les bras de celui qu'il avait secrètement aimé depuis des années. Comment en était-il arrivé là. Il était épuisé et ses blessures le faisaient souffrir.
- Respire Tony ! Calme toi, je suis là, tu es en sécurité, il ne peut rien arrivé ici, je ne laisserais personne te faire de mal, je te le promets.
- J'ai tellement mal Gibbs, j'aurais aimé qu'il me tue…
- Ne dis pas ça Tony, tu entends, je te l'interdit, je sais que c'est dur et que tu souffre, mais tu dois te battre, sinon cet enfoiré aura gagné et je sais que c'est pas ton genre de laisser gagner des ordures de ce genre, non tu es un battant Tony et moi aussi et ensemble on surmontera tout ça.
- Comment ? Qui pourrait vouloir de moi alors que je n'ai même pas été fichu de me défendre ?
- Moi Tony !
- Tu dis ça pour me réconforter et parce que je t'ai dis que je t'aimais mais tu sais je ne suis pas stupide je sais que je suis pas le genre de gars qu'on peux aimer, je suis tout juste bon à faire le guignol avec des minettes histoires de donner le change. Je ne suis pas fait pour être aimé…
- Tony regarde moi ! Regarde moi et écoute moi bien parce que je ne te le redirais pas une deuxième fois ! Tu es un homme formidable, tu entends, tu es quelqu'un de bon, de gentil et je regrette de ne pas avoir eu le courage de t'avouer mes sentiments avant, si seulement j'avais su, ça aurait déjà fait longtemps que je t'aurais dis combien je t'aime. Oui Tony, je t'aime et je veux me battre avec toi…
- Mais qu'est-ce que je pourrais te donner Gibbs, il m'a tout pris…
- Non Tony, il y a quelque chose qu'il n'a pas pris, ton cœur, laisse moi seulement t'aider à avancer, accepte de me faire confiance, je t'aime.
- Mais je ne sais pas si je pourrais, enfin après ça, tu vois je sais pas si j'arriverais…
- Eh ! Tony, laissons le temps agir et je suis près à prendre tout ce que tu accepteras de me donner…
- Gibbs, sers moi dans tes bras !
- Je ne demande que ça !
NCIS
Abby était arrivé tôt et attendait avec impatience les éléments que McGee et Ziva allaient lui rapporter.
- Ca y est, tout est là Abby, les vêtements de Tony, tu avais raison il ne s'en était pas débarrassé, je les ai trouvé dans un sac plastic, je n'ai rien touché.
- Parfait Timothy, et toi Ziva ?
- J'ai fouillé la zone où Tony a été attaqué, j'ai des échantillons de sang et de ce que je pense être du sperme, j'ai également trouvé ça, je pense que c'est à Tony.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une médaille en argent, souvenir de sa mère, il ne s'en sépare jamais.
- Et comment tu sais ça, toi ?
- Et bien y'a pas qu'à toi que Tony fait des confidences ABBY !
- Euh, les filles je crois que c'est pas vraiment le moment là !
- Tu as raison McGee, au boulot…
- Tu penses que tu peux savoir si il y a un risque pour Tony grâce à ça ?
- Tu veux dire pour les maladies, possible, bon je m'y mets ! Avec un peu de chance notre violeur est déjà fiché et son ADN nous aidera à le retrouver.
- Et nous qu'est-ce qu'on fait ?
- On mène l'enquête discrètement comme Gibbs nous l'a demandé !
- Qu'est-ce que Gibbs vous a demandé ?
- Madame la directrice ?
- J'aimerais savoir ce qui se passe dans mon agence !
- Euh rien, Gibbs nous a appelé pour nous dire qu'il sera absent aujourd'hui et nous a demandé de rattraper le retard qu'on a pris sur certains dossiers.
- Ah oui ?
- Oui, c'est exact d'ailleurs on allait s'y mettre tout de suite n'est-ce pas McGee ?
- Euh ! Oui c'est exact Ziva, madame on doit vous laisser, enfin si vous êtes d'accord.
- Et vous Abby ?
- Euh j'ai également un peu de boulot en retard mais rien de grave…
- Bien, j'espère que vous ne me cachez rien car je serais vraiment embêtée si je devais renouveler mon personnel.
- Oui bien sûr Madame.
Maison de Gibbs
- Très bien merci Ducky, non non je t'assure c'est pas la peine, je vais me débrouiller, j'ai l'ordonnance du médecin et je sais comment appliquer de la pommade… Oui, je me suis assuré qu'il prenait bien ses comprimés… Non, ne t'inquiète pas Ducky, Tony est déboussolé mais je le connais, il est pas suicidaire… Oui je lui donnerais le numéro, c'est promis. Tiens moi au courant et dis à Abby de m'appeler dès qu'elle aura les résultas. A plus tard.
- TONY, petit déjeuné !
Tony descendit les escaliers et sentit un léger vertige au moment d'atteindre la cuisine.
- Oh là ! Attends une minute, viens t'asseoir, tu es aussi pâle qu'un cachet d'aspirine.
Quand as-tu mangé la dernière fois ?
- Je sais plus, avant-hier peut-être ?
- Tiens prend ça, du jus d'orange, des tartines beurrées et un bol de café, ça devrait te redonner un peu de couleurs.
- Merci mais je crois pas que je pourrais avaler quoique ce soit.
- Il faut que tu manges, tu as besoin de reprendre des forces.
- Je vais essayer.
Tony se força à manger, il ne voulait pas que Gibbs le voie constamment en état de faiblesse.
Finalement ce fut Gibbs qui mit fin au silence qui régnait depuis un bon quart d'heure.
- J'ai eu Ducky au téléphone, il m'a dit que McGee et Ziva avaient récupérés des indices, Abby s'occupe de les analyser. Il m'a également donné le numéro de téléphone d'un spécialiste.
- Un spécialiste ? Tu veux dire un psy, tu crois vraiment que j'ai besoin d'aller étaler ma vie dans le bureau d'un type qui passe ses journées à écouter les gens pleurer sur le sort ?
Non merci, j'ai vu ce que ça a fait à ma mère, c'est hors de question, je n'ai pas besoin de ça !
- Tony, ça pourrait t'aider…
- M'aider ? Me tirer une balle dans la tête ça, ça m'aiderais, je préfèrerais ça plutôt que de finir dans un asile.
- Tony, je t'ai déjà…
- Et puis fou moi la paix, je ne veux plus entendre parler de ça, j'ai besoin de prendre l'air…
- Tony…
- Lâche-moi tu entends, j'ai besoin de respirer…
- Okay, on en parle plus.
Gibbs était choqué de la réaction de Tony, mais au fond il comprenait et se doutait que les prochains jours, voir les prochaines semaines serait ponctuées de saut d'humeurs de son agent. Il fallait faire preuve de patience et ce même si ce n'était pas dans sa nature.
Finalement il laissa Tony se retrouver un moment seul, ce dernier alla s'installer dehors sous le porche, sur la vieille balancelle que Gibbs n'avait jamais pris le temps de démonter depuis la mort de sa première femme et de sa fille. Le jeune homme s'en voulait d'avoir réagit comme ça mais ça avait été plus fort que lui, il voulait faire des efforts, il ne voulait pas laisser ce drame détruire complètement sa vie mais c'était si dur. Comment oublier alors qu'il pouvait encore sentir son odeur sur lui, sa respiration mais surtout, oui surtout sa voix, il l'entendait encore et encore mais les mots n'avaient pas de sens.
Il resta assis là une bonne demie heure puis Gibbs vint le rejoindre.
- La vue n'est pas terrible, tu vois quand j'ai acheté cette maison, en face il n'y avait que des arbres et puis ils ont commencé à raser pour construire ces maisons qui n'ont aucune allure. Tu n'imagines pas le nombre de fois où j'ai songé à la vendre.
- Pourquoi ne l'as-tu pas fait ?
- C'est le seul lien qu'il me reste avec ma famille.
- Ta famille ?
- Oui, ma première femme Shannon et notre fille Kelly.
- Tu as une fille ? Mais je croyais…
- J'avais… Shannon et Kelly sont mortes toutes les deux il y a quinze ans, Kelly avait tout juste huit ans… Toi et Shannon vous vous ressemblez beaucoup, j'imagine que c'est pour ça que je suis tombé amoureux de toi.
- Je suis désolé Gibbs, je suis là à me morfondre mais au fond j'ai de la chance, je suis en vie et tu es là, je m'excuse pour tout à l'heure, je ne voulais pas m'énerver contre toi, c'est juste que…
- Non, ne t'excuse pas, je comprends, je ne veux pas te bousculer et si tu ne veux pas voir de psychologue alors ça me va.
- Ma mère en voyait un, je veux dire un psy, trois fois par semaines, il lui prescrivait des tas d'anti- dépresseur, elle était persuadée que ça l'aiderait, elle était dépressive depuis la mort de ma sœur Clara, elle avait cinq ans quand une voiture l'a fauchée à la sortie de l'école. Au bout du compte cet enfoiré de psy a convaincu mon père qu'il devait faire interner ma mère pour son bien, elle ne l'a pas supporté et elle s'est suicidée, j'avais neuf ans.
Mon père s'en est tellement voulu qu'il s'est mis à boire pour oublier, j'étais devenu invisible à ses yeux. Les psy ne servent qu'à une chose Gibbs nous enfoncer encore plus.
- Je comprends ton point de vu, mais ils ne sont pas tous pareil enfin selon Ducky, je ne suis pas non plus attiré par cette catégorie professionnelle.
- Tu m'étonnes ! Merci Gibbs, d'être là, crois moi ça vaut bien toutes les thérapies de la terre.
- Il fait un peu frais tu ne veux pas rentrer, je vais faire un feu.
- Du feu ? Attends je me souviens de quelque chose, juste avant que je me prenne un coup à la tête un type m'a demandé du feu.
- Tu penses que c'est le même homme qui t'a…
- Violé Gibbs, tu peux le dire tu sais, éviter ce mot ne changera rien à ce qui c'est passé.
- Oui bien sûr, désolé. Si c'est le même homme tu as donc pu voir son visage.
- Je ne sais pas Gibbs, sa voix, non c'est pas lui, ils n'avaient pas la même voix, enfin je crois, tout s'embrouille dans ma tête, je ne sais même pas combien de temps il s'est écoulé entre les deux moments et puis il était tard et il faisait sombre…
- Sa voix tu peux l'identifier ?
- Oui il n'arrêtait pas de dire des trucs bizarres.
- Comme ?
- Je sais plus, « La volonté de dieu », il parlait de purification ou de je ne sais trop quoi ayant un rapport avec l'âme. Je ne me souviens plus vraiment. Désolé.
- C'est déjà pas mal Tony, on avance là !
- Tu trouves, ce type a peut-être déjà quelqu'un d'autre en vue et il court toujours à cause de moi.
- On va le trouver, crois moi.
Les deux hommes passèrent le reste de la matinée à parler. Tony était plus détendu et Gibbs avait même réussis à le faire rire avec son déjeuné immangeable.
- La prochaine fois c'est moi qui cuisine, patron !
- Et moi qui espérais t'impressionner !
- Vraiment ? Euh bien je crois que tu vas devoir trouver autre chose !
- Tu as raison, à bas les casseroles.
Le portable de Tony se mis à sonner, un numéro masqué apparu.
- Agent spécial DiNozzo !
- L'heure du sacrifice approche, j'ai pris ton corps, bientôt ça sera ton âme.
Tony laissa tomber l'appareil et resta figé. Gibbs pris le téléphone mais il n'y avait plus personne en ligne.
- Tony, regarde moi, tout vas bien, il ne peut pas te faire de mal, tu entends, je suis là, Tony, TONY !
- Il veut mon âme Gibbs, il me connaît…
- Il a tes papiers Tony.
- Non c'est ce qu'il a dis quand il était entrain de me violer maintenant c'est claire, ça n'était que le début.
A suivre…
