Chapitre 2:

- Dean est en danger Sam.

- Dean est toujours en danger : c'est notre lot quotidien si je puis dire.

- Sauf que la situation s'est quelque peu… aggravée.

- Abrasisse est revenu du purgatoire et se révèle plus fort que jamais.

- C'est qui encore ce mec, un démon, un ange déchu ?

- Un hybride : né d'un amour entre un ange et un démon.

- C'est possible ça ? grimaça Sam.

- C'est prohibé théoriquement mais…

- Mais ç'est possible…

- Abrasisse s'est entouré de nombreux démons qui croient en son potentiel. Il convoite le statut de leader pour mener le monde vers l'Apocalypse…

- Et le rapport avec mon frère, c'est ?

- Fotion, le démon extralucide d'Abrasisse a eu une vision dans laquelle Dean apparaissait comme la clé.

- Quoi, après le coup du réceptacle de Saint-Michel maintenant ça serait une clé ? La clé de quoi d'ailleurs ?

- Qui permettra de trouver le Bras Droit de Dieu…

- Tu peux me redire ça de façon plus claire ?

- Depuis des millénaires les anges attendent que soit révélé le nom de cet élu qui portera un coup fatal au monde démoniaque. Un être pur aux grands pouvoirs.

- Et ce mec, ce sauveur, c'est Dean qui doit le trouver ?

- D'une certaine façon c'est ce que semble prédire Fotion. Abrasisse a lancé tous ses partisans à la recherche de ton frère.

- Sa tête est mise à prix ?

- Il semblerait qu' Abrasisse désire Dean vivant dans un premier temps mais je ne sais encore pourquoi, dit Castiel en portant son regard sur le corps endormi de Dean.

- Putain, ça va pas être facile de lui expliquer tout ça, soupira Sam en se passant une main dans les cheveux. Il va jamais le lâcher un peu Dieu et le laisser souffler… Surtout qu'en ce moment, c'est un peu rude et on… on s'est un peu éloigné, lui et moi, confessa Sam.

- Je vais lui dire.

- Je suis pas sûr que ça soit une si bonne idée que ça, à moins que t'aies envie de te faire casser la gueule.

- ?

- Pas de nouvelles depuis plusieurs mois, ça a mis ses nerfs à rude épreuve et ça a pas fait monter ta côte de popularité, je dirais.

- Il m'en veut, tenta de traduire Castiel.

- A ton avis ?

Il faudra qu'il passe outre, renchérit l'ange. Dieu m'a chargé de veiller sur Dean et c'est ce que je vais faire.

- Et ben ça va pas être triste, soupira Sam en imaginant les retrouvailles explosives de son frère et de Castiel.

La colère et la violence étaient les rares émotions que se permettaient d'exprimer son frère car elles lui étaient familières. Tous les deux avaient évolué dans un monde empli de peurs, de sang et de souffrances. Dean avait très tôt pris parti d'utiliser cette violence à son tour pour protéger sa famille. Faute d'exprimer sa tristesse et ses craintes, il les transformait en colère, en une force explosive mais parfois maladroite. Castiel allait en prendre plein la tronche et sûrement dans tous les sens du terme…

- Il va mieux ? Tu l'as soigné n'est-ce pas ?

Castiel plissa légèrement les yeux se demandant à quel instant Sam s'était réveillé.

- Je dormais. J'ai deviné en voyant le visage de Dean. Il n'est jamais si détendu quand il dort.

- Rendors-toi, dit simplement Castiel. Je vais veiller ton frère pour m'assurer que la fièvre ne revienne pas le tourmenter dans la nuit.

- Dean, comment te sens-tu, demanda Castiel lorsque les pupilles vertes s'ouvrirent le lendemain matin.

- Putain j'ai dû prendre une sacrée cuite hier, jura Dean en se passant une main sur ses tempes douloureuses.

- Ne jure pas.

- Castiel…, hésita l'ainé des Winchester.

- Oui.

- Castiel…, reprit Dean un ton plus haut oscillant entre espoir, interrogation et colère.

- Oui, c'est moi Dean.

Le châtain se releva trop promptement vu ses blessures de la veille et eut une grimace qui laissa rapidement place à un regard glacial.

- Qu'est-ce que tu fous là toi ? Tu t'emmerdais sur tes putains de nuages ?

- Rallonge toi, ordonna l'ange, tes blessures sont trop récentes et si j'ai pu les guérir, la douleur risque de persister un temps durant.

- Ça va, répondit Dean en insistant pour s'asseoir sur le bord du lit, essayant d'occulter le tiraillement qui le prenait au niveau du bassin. Et d'ailleurs je t'avais rien demandé que je sache.

- C'est toi qui m'a appelé, souligna Castiel en tentant de retenir Dean qui bascula vers l'avant du lit.

- Et c'est maintenant que tu te pointes putain d'emplumé ? T'as pas donné signe de vie depuis des mois et là tu te pointes la bouche en cœur en espérant qu'en me soignant tu vas faire oublier ta désertion. Je pensais qu'on avait passé le cap de la disparition pendant perpette…

- Castiel baissa les yeux un instant, cherchant ses mots avec soin pour ne pas froisser davantage Dean dont il recevait de plein fouet toute la rancœur et la déception.

- Je suis navré Dean mais je ne pouvais…

- Arrête tes conneries ! Pas avec moi. T'es pas venu, point barre. Et puis merde, j'en ai rien à foutre au fond, tu fais ce que tu veux !

- Non, Dean, c'est là que tu te trompes. Je suis…

- Oui un envoyé de Dieu je sais et rien n'est plus important que de lui obéir au doigt et à l'œil, reprocha amèrement Dean en tentant de se lever.

A nouveau il bascula en laissant un hoquet de douleur franchir ses lèvres et il fut rattrapé de justesse par Castiel dont la dextérité fut une nouvelle fois prouvée. Dean ne laissa que quelques secondes sa tête reposer contre la poitrine solide de l'ange, le temps de reprendre son souffle, puis repoussa cette chaleur angélique qui l'entourait en jetant :

- Putain dégage, retourne voir ton Dieu et faire… tous tes trucs d'emplumé. Merde où est Sam ? réalisa soudainement Dean en jetant un regard affolé dans le lit voisin.

- Je lui ai demandé d'aller chercher un petit déjeuner.

- Tu… peux répéter ? questionna le châtain. Depuis quand tu te soucies du p'ti déj ?

- Je devais te parler. Seul à seul.