« Edward ? Edward ? Tenta Sophie.

Celui-ci ce ressaisit :

-Hum… Excuse-moi, tu disais ?

-Eh bien, je t'annonçais qu'on m'a demandé de prendre en main la rubrique cuisine.

-Oh ! Félicitation !

-T'es sûre que ça va ? Demanda-t-elle peu convaincue.

-Heu…Oui excuse-moi je suis rentré tard ce matin, je n'ai pas beaucoup dormi.

-Toi ? S'étonna Sophie. Tu …sors ? Eh bien, je te laisse te reposer dans ce cas.

En vérité, avant qu'elle ne l'interrompe dans sa rêverie, Edward pensait à Bella. Edward pensait toujours à Bella. La jeune femme le fascinait. Il avait bien essayé de l'aborder, mais celle-ci se cachait toujours derrière Jacob. Il devait sûrement y avoir quelque chose entre eux. Ils étaient très proches, Jacob défendait sans arrêt la jeune femme. Edward l'enviait, mais comment approcher une femme pareille ? Elle l'intimidait beaucoup, ce qui ne lui était jamais arrivé avec aucune femme auparavant. Il avait l'habitude de plaire, il n'avait jamais eu besoin de séduire une femme. Cependant cela ne l'intéressait absolument pas. Edward se ressaisit. Il la verrait ce soir-là. Le groupe avait décidé de fêter quelque chose et avait invité Edward à se joindre à eux. Bien qu'il ne sache, ce qu'ils fêteraient il avait accepté. Edward regardait sa montre sans cesse, aussi quand les aiguilles affichèrent dix-huit heures, il se leva et sortit à toute vitesse du bureau.

Lorsqu'il arriva, tout le monde était déjà là :

-Edward ! S'exclama Jacob. Comment vas-tu ?

-Ca va, répondit simplement celui-ci.

Il remarqua alors qu'Emmett avait la jambe plâtrée :

-Qu'est-ce qu'il t'ais arrivé ? demanda-t-il.

-Je suis maladroit, sourit l'autre.

Tout le monde sourit alors, sauf Bella. Il l'a regarda intriguée, celle-ci avait l'air absente.

Elle s'approcha de l'oreille de Jacob et lui souffla quelque chose. Celui-ci fronça les sourcils et lui chuchota quelque chose à son tour. Bella leva les yeux au ciel. S'apercevant qu'Edward les regardait Jacob s'exclama:

"Ca manque d'alcool ici!

Victoria et Rosalie ne manquèrent pas de confirmer ses dires. Jasper alla donc chercher de quoi boire. Jacob donna son verre à Bella et sembla la forcer à boire. Petit à petit, il ne la forçait plus, elle était déjà à son dixième verre et s'apprêtait à demander son onzième. Edward la regarda inquiet qu'elle boive autant, et était visiblement le seul. Tout le monde l'accompagnait:

-Les allemands ne méritent pas la France! S'exclama James qui était saoule.

Edward regarda autour de lui afin de voir s'il n'y avait aucun allemand. Jacob vit qu'il était mal à l'aise:

-Ne t'inquiète pas Edward, cet endroit n'est fréquenté par aucun allemand.

-C'est justement ça qui fait la magie de l'endroit, continua Emmett.

Bella le regarda les sourcils froncés:

-Et toi Edward, lança-t-elle. Qu'en penses-tu?

Il ne comprit pas :

-L'occupation! Cria-t-elle. Les déportations, tu connais? Ca t'intéresse?

-Bella, intervint alors Jacob.

-Oh! Je crois que tu as trop bu pour cette fois-ci remarqua James.

Bella le foudroya du regard mais ne s'attarda pas à revenir sur Edward:

-Alors? Demanda-t-elle. Monsieur Cullen, le brillant journaliste...

-Bella! S'indigna alors ma soeur.

-Tu es né dans la bonne famille. Les petits gosses de riches comme toi se moque de ce qui arrive à ces pauvres gens, n'est-ce pas?

Jacob se leva:

-Cette fois-ci tu vas trop loin Bella, on rentre.

Il la saisit par le bras:

-Lâche-moi! Se plaint-elle.

Elle se leva peut-être un peu trop vite et manqua de tomber. Jacob l'agrippa et l'emmena avec lui. Un silence s'installa alors. Edward était extrêmement mal à l'aise. Il avait sentit la haine qu'elle avait mis dans ces paroles. Pourquoi le détestait-elle tant? Qu'avait-il fait? Tout le monde le regarda gênés aussi:

-Quelqu'un veut un autre verre? C'est ma tournée, proposa alors Emmett."

La lumière du jour la réveilla le lendemain matin. Elle entendit les oiseaux chanter dehors. Ces beaux oiseaux. Il lui arrivait de rêver d'être un oiseau. Elle leur enviait leur liberté. Si seulement elle avait put s'envoler avec sa famille ce soir-là. Elle serait désormais à leur côté, et ils resteraient réunis toute leur vie:

"Tu es réveillé? Demanda Jacob.

Elle le regarda gênée par tant de lumière. Sa tête lui faisait un mal de chien:

-Non, répondit-elle.

-Alors réveille-toi, ordonna-t-il. On a besoin de tes talents.

Cette fois-ci le garçon, avait accaparé toute l'attention de la jeune femme:

-Bien sûr, de quoi s'agit-il cette fois-ci?

-Il faut que tu ailles voir le docteur Pierre Pitrot. C'est un grand ami au général Heinrick Hantzhen...un collabo.

-D'accord, mais je ne suis pas malade.

-Ne t'inquiète pas pour ça, les accidents ça arrive..."

"Donc vous étiez dans la résistance, c'est bien ça? Comprit Lena fascinée.

-Eh bien oui, c'est bien ça.

-C'était très dangereux! S'exclama Lena. Dans mes documents, il est écrit que toute forme de résistance était passible de la peine de mort.

-Et c'était bien le cas, affirma la vieille dame. Mais vois-tu Lena, il était très important que nous le fassions tout de même!

-Et Edward? Pourquoi ne l'aimiez-vous pas?

-Eh bien, lorsque je l'ai vu regarder autour de lui, si aucun allemand n'avait entendu, ça m'a mis hors de moi. Comme s'il confirmait que nous leur devions le respect, comme s'il confirmait que nous devions les craindre. C'est bien sûr ce que nous aurions dut faire, et ce que beaucoup de gens faisait mais je ne sais pas pourquoi je m'attendais à ce qu'il soit plus comme nous, révolté. Mais bien sur un garçon qui avait été élevé par la gouvernante et qui n'avait jamais connu de soucis de quelque ordre soit-il, Il ne connaissait pas le monde dans lequel on vivait vraiment, il se contentait de lire ce qu'il était écrit dans les journaux.

-Et il a comprit ensuite?

-Patience!

-Excusez-moi. Alors dîtes-moi comment vous vous y êtes pris pour vous faire passer malade.

-Eh bien, Jacob m'a tout simplement fais une entaille dans la paume de la main avec un couteau de cuisine. Et j'ai enfin put rencontrer le général Heinrick."

Bella tenait sa main dans une serviette :

"Comment vous êtes-vous fait ça? Demanda le docteur Pitrot.

-Eh bien, je suis tellement maladroite, fit-elle d'un air idiot. J'étais en train de couper des carottes, et mon couteau a dérapé. Je suis tellement sotte parfois !

-Eh bien ne vous inquiétez pas, la plaie n'a pas l'air trop profonde, la rassura-t-il.

-Vous êtes sûr docteur?

Il passa de la crème sur sa plaie lentement. Sa blessure piquait légèrement, mais être si prêt du but l'empêchait de penser à la douleur. Bella regarda sa montre : 14h28.

-J'espère ne pas vous dérangez, je suis arrivée si brusquement, vous devez avoir d'autres patients.

-Eh bien, en effet mais ne vous inquiétez pas mademoiselle, je serais toujours disponible pour une aussi belle femme que vous, fit-il se voulant charmeur.

Bella sourit bien que cette remarque l'écoeurait. Bella avait toujours eu l'habitude de plaire aux hommes. Il banda sa main :

-Voilà, ça devrait aller. La blessure cicatrisera.

-Merci docteur, remercia-t-elle en se relevant.

Bella attrapa son manteau, il fallait qu'elle retarde le plus possible ce rendez-vous, le général n'était toujours pas arrivé, il fallait qu'elle le rencontre:

-Je voulais vous poser quelques questions par rapport aux études que vous avez faite...ajouta-t-elle.

-Ecoutez mademoiselle, ça aurait été avec plaisir, mais le moment est un peu mal choisi.

Bella le regarda d'une manière aguicheuse qui le mit mal à l'aise. Elle commença à jouer avec le bouton de son chemisier:

-C'est à dire que c'est très important pour moi, plaida-t-elle.

C'est là que la porte s'ouvrit en grand:

-Oh! Pardon, docteur je ne savais pas que vous étiez en pleine consultation.

-Non, ne vous inquiétez pas, se dépêcha Bella.

Ce devait être lui:

-Nous avions fini. Je vous le laisse.

-C'est aimable à vous mademoiselle.

Bella lui fit le plus beau sourire qu'elle aurait put. Elle se dirigea vers la porte:

-Excusez-moi...

Gagné!

-Comment vous appelez-vous?

-Isabella, répondit-elle.

-Eh bien, Isabella, accepteriez-vous, avec l'accord de votre médecin bien sûr...que l'on se revoit.

-Eh bien, vous n'avez qu'à lui demandez son avis..

-Oh, heu...il n'y a aucun soucis bien sûr, confirma le docteur Pitrot.

-Parfait! S'exclama le général. A très bientôt Isabella, finit-il."

Bella lui offrit une nouvelle fois un beau sourire et s'en alla.