The Wedding Planner

Chapitre 2 : Le travail

By Snowdragonct

Point de Vue de Duo

Je ne suis pas sûr d'à quoi je m'attendais alors que je roulais sur la longue allée entourée d'arbre pour ma prochaine mission. Mais je ne m'étais pas préparé à la grandeur de l'endroit. C'était un véritable palais, bon ok peut-être pas, mais un manoir vraiment très grand. Mais ayant grandi dans un orphelinat, j'étais encore époustouflé par certains endroits où me menait mon travail. Je veux dire, merde, nous pourrions probablement manger pendant une semaine avec ce que ces gens devaient probablement jeter tous les soirs après le dîner.

Je ressentis ce pincement familier de culpabilité en travaillant parmi ces riches, ces gens-là ne devaient pas savoir comme moi ce que ça faisait de vivre dans les rues. Je savais ce que c'était d'aller dormir en étant affamé. Et je restais là à regarder ces gens dépenser pour un simple mariage une fortune qui pourrait nourrir pendant un an un bidonville rempli d'enfants mourant de faim. C'était difficile à avaler parfois. Mais je me consolais avec le fait que l'argent que j'envoyais à l'orphelinat de L-2, était en quelque sorte, une chose que mes clients fortunés faisaient de bien avec leur argent.

De plus, ça rendait Quatre heureux. Quatre m'avait vu traverser des moments difficiles… c'était mon meilleur ami depuis des années. Et quand il avait ouvert 'Mariages Gagnants' et m'avait demandé de travailler avec lui, je n'avais pas pu lui dire non. Comme il l'avait souligné, j'avais un peu d'expérience en organisation de mariage après avoir failli rejoindre l'autel deux fois. J'avais essayé de lui faire valoir que puisqu'aucun mariage s'était réellement réalisé, ça pourrait être malchanceux de me faire travailler dans ce genre de domaine, mais il n'avait pas trouvé cela convaincant et il voulait surtout me sortir du marasme qu'avait causé le deuxième échec. J'avais donc accepté de prendre le poste. Et honnêtement, j'étais sacrément bon dans ce domaine. Et je dois avouer que cela m'a également aidé à reprendre le dessus. Quatre avait raison, comme toujours quand il s'agissait d'émotions.

J'arrêtai la Jaguar devant le manoir et fut accueilli par un voiturier. Je ne plaisante pas ! Ces sales riches avaient quelqu'un pour garer leurs fichues voiture. (Et avant que vous me critiquiez en répliquant que je conduisais moi-même une voiture chère, ce n'est pas la mienne ! Elle appartient à la société. Quatre insistait pour que je la prenne, en particulier quand il s'agissait de clients fortunés. Ils auraient certainement refusé mes services s'ils m'avaient vu débarquer dans la vieille Jeep que je conduisais. De plus, c'est une décapotable ! Qui pourrait résister ?)

Le voiturier me tint la portière et faisant un geste d'invitation vers l'escalier de marbre menant à une porte en acajou sculpté à la main.

« - Euh, merci. » Dis-je en souriant et lui donnant les clés, m'arrêtant pour récupérer ma serviette sur la banquette arrière.

Je gravis l'escalier pour être accueilli à la porte par un grand majordome sombre.

Je dus passer l'inspection initiale car il s'inclina légèrement. « - Monsieur Maxwell ? Mademoiselle Peacecraft vous attend… première porte à droite. »

Je lui fis un vague signe de salut et sourire avant de me diriger en toute confiance dans le couloir luxueux, essayant de ne pas prêter attention aux tapis persans et tableaux anciens alors que je me dirigeais vers la porte qu'il m'avait indiqué. Bordel, la demeure de Lady Lucrezia avait été tout aussi splendide… peut-être même un peu plus. Je refusais d'être impressionné par cet endroit.

Pourtant, un autre serviteur m'ouvrit la porte de la salle de séjour et me fit signe d'entrer et je me retrouvai face à une jeune femme aux longs cheveux blonds et de jolis yeux bleus.

« - Miss Peacecraft ? » Devinai-je.

« - Vous devez être Monsieur Maxwell. » Elle tendit une main.

« - Duo. » Répondis-je en prenant la douce main dans la mienne et lui faisant mon plus charmant sourire. (Ouais, Quatre m'a bien appris.) « - S'il vous plait, appelez-moi Duo. »

Elle sourit presque avec coquetterie. « - Duo. Aimeriez-vous un peu de thé sur la véranda pendant que nous parlons affaire ? »

Je hochais la tête et me retrouva escorté jusqu'à un patio magnifique, composé de différentes couleurs et formes de pierres disposées en parfaites formes géométriques et courbe. « - Wow… beau. » Soufflais-je, appréciant honnêtement. J'ai toujours aimé les patios et les jardins, en particulier pour les mariages. « - Je suppose que vous voulez que votre réception se fasse ici ? »

Mademoiselle Peacecraft rigola et ce fut un son mélodieux. « - Oh non, je ne tiens pas à ce que six cents personnes se promènent autour de ma maison. »

« - Six cents ? » Répétai-je, essayant de ne pas voir les dollars dansaient autour de moi. Un mariage de cette ampleur demanderait beaucoup de préparation selon la façon dont la mariée et le marié seront pointilleux. Et en parlant du marié, je regardais autour de moi. « - Euh, votre fiancé est-il ici ? » Demandai-je. « - Il est d'usage que la mariée et le marié me parlent de leurs attentes. Ca m'aide pour avoir une idée de comment mélanger vos désirs. »

« - Heero… euh, Monsieur Yuy, ne devrait pas tarder. » M'assura-t-elle. « - Il travaille aujourd'hui, mais je lui ai dit qu'il devait prendre son après-midi. »

« - Je suis disponible pour vous rencontrer en soirée, aussi. » Lui indiquai-je juste au cas où le gars ne se montre pas. De futurs mariés avaient tendances à être un peu tendus. Je ne voulais pas qu'elle panique et il n'était pas inhabituel pour le futur marié d'essayer d'éviter le processus d'organisation. La plupart des hommes n'étaient pas enclins à discuter des thèmes de couleurs et de compositions florales.

« - Oh non, il sera là. » Promit-elle, prenant place autour d'une table alors qu'un serviteur approchait avec un plateau et déposé les tasses de thé devant nous deux.

« - Génial. » J'ouvris ma serviette et sortis mon bloc-notes et portable. « - Je voudrais bien que vous me fournissiez quelques renseignements préliminaires pendant que nous attendons. »

Ainsi, entre deux gorgées de thé et de petits biscuits, Mademoiselle Peacecraft et moi avons parlé du mariage Peacecraft-Yuy, en passant par le nombre d'invité, l'église ou chapelle préférée et le niveau de formalité. Croyez-moi, toutes ces questions sont le facteur pour planifier l'évènement et qui faisait gagner du temps ! Je n'allais pas m'avancer à proposer un lieu de réception sans avoir une meilleure idée de la façon dont ils voulaient que l'évènement soit grandiose et à quelle distances ils étaient disposés à voyager.

Nous étions côte à côte, penchés sur des photos du mariage de Lady Lucrezia quand j'ai entendu ce qui semblait être comme un grognement. Quand j'ai levé les yeux par-dessus la tête de Mademoiselle Peacecraft, j'ai rencontré une paire d'yeux bleus qui me regardaient d'un air renfrogné.

A la porte, se tenait un homme d'affaire dans un costume, bien que sa cravate fût desserrée et que le premier bouton de sa chemise était défait. Il avait des yeux bleus perçant, des cheveux bruns en désordre et des traits élégamment ciselés et asiatiques. Il avait également une lueur très désagréable dans les yeux.

« - Oh, Heero ! Tu es là ! » S'écrira la femme. Alors qu'elle repoussait sa chaise pour se lever et aller à lui, je dus bouger mon bras pour la laisser passer et je réalisai soudainement pourquoi j'avais reçu un tel regard.

Je me levai également, hochant poliment la tête et tendant la main. « - Monsieur Yuy, je présume ? »

Il regarda la main que j'avais tendue et l'ignora ostensiblement. « - Relena, qui est-ce ? » Il agita une main dans ma direction, la mine toujours sombrement renfrognée.

« - Idiot ! » Réprimanda-t-elle. « - Voici Duo Maxwell… notre organisateur de mariage. »

Le regard qu'il me lança alors me fait presque prendre du recul, mais je me contentai de me raidir et de laisser retomber ma main, attendant qu'il fasse le prochain pas. Je gardai un sourire fermement collé aux lèvres, espérant que l'homme ne travaillait pas dans un domaine professionnel qui impliquait le port d'une arme. Pas que j'avais quelque chose à me faire reprocher, mais on ne sait jamais.

« - Vous êtes… un homme. » Dit-il, lentement, l'air légèrement menaçant et avec un froncement de sourcil un peu confus.

« - Ah, ouais… c'était toujours le cas la dernière fois que j'ai vérifié. » Merde, être désinvolte avec un client n'avait jamais été une bonne idée.

Le froncement de sourcil s'accentua. « - Il est tout à fait inapproprié, Relena. Demande à quelqu'un d'autre. » Monsieur Yuy se détourna pour s'éloigner.

« - Mais Heero ! » Relena lui attrapa le bras, le retenant. « - Il a de parfaites références. Quatre Winner le recommande lui-même… c'est le meilleur organisateur qu'ils ont ! »

Ouais… mais ça dans ta pipe et fume ça, connard ! Je pouvais sentir mon éducation des rues refaire surface. « - Ecoutez, Mademoiselle Peacecraft, si cela pose un problème, peut-être devriez-vous trouver quelqu'un d'autre. » Suggérais-je, me mordant la langue pour retenir mon envie de dire à son hargneux fiancé d'aller se faire foutre. Je remballai rapidement mon portable et mes photos dans ma serviette, la referma et compta jusqu'à dix… avant et arrière.

« - S'il te plait, Heero… »

« - Pour l'amour du Christ, Relena… »

« -Excusez-moi ? » Interrompis-je, marchant vers eux et tendant une carte de visite à Mademoiselle Peacecraft. « - Vous pouvez m'appeler si vous changez d'avis. » Dis-je poliment à travers mes dents serrées.

Elle prit la carte en regardant par-dessus son épaule l'homme aux cheveux noirs en désordre, qui me fusillait du regard. Comme si j'avais fait quelque chose de mal ! Je le foudroyai en retour.

« - Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Mademoiselle Peacecraft. » Dis-je, prenant la main qu'elle tendit et hochant poliment la tête. (Hey, je n'ai pas les yeux bridés.. je ne m'incline pas. Son amant aux yeux bridés pourrait le faire pour elle ! Bon d'accord, ses yeux bleus profonds n'étaient pas bridés... mais il avait sans doute du sang asiatique.)

Je pouvais entendre la voix de la femme s'élevait en signe de protestation et celle de son fiancé lui répondre. Mais je les ignorais tous deux, très irrité par le fait qu'il semble penser qu'un homme était incapable d'être organisateur de mariage et encore plus irrité par le fait qu'il semble penser que j'avais empiété sur ces plates-bandes. Je lui avais seulement montré quelques photographies... je ne la touchais pas. Et il aurait dû savoir cela. Ou si ça l'avait gêné, il aurait dû le dire à voix haute. Mais dire que j'étais 'inapproprié' 'était tout simplement ridicule. Il ne me connaissait même pas !

Je conduisis la Jag un peu plus vite que nécessaire, laissant le vent faire voler ma natte derrière moi et profitant de l'impression de voler qu'offrait l'autoroute. Cela contribua à diminuer mon irritation et au moment où j'atteignis le bureau, je chantais avec la radio. Ouais, il faut plus qu'un froncement de sourcil et un regard noir pour gâcher ma journée !

En fait, ce fut Quatre qui le fit. Alors que j'entrais dans le bureau et jetais ma serviette sur le canapé, mon patron et ami leva les yeux du vidéophone. « - Ah, Duo, tu tombes bien ! Mademoiselle Peacecraft vient juste d'appeler, elle demande si tu peux être en mesure de la rencontrer à nouveau avec son fiancé demain après-midi. »

Merde, merde et merde.

J'hochai la tête. « - Bien sûr, Quat… dis-lui juste de garder son boytoy en laisse cette fois. » Dis-je avec sarcasme.

Ses yeux bleus s'écarquillèrent et il regarda avec inquiétude le vidéophone.

« - Je suppose qu'elle est encore en ligne. » Soupirai-je.

J'entendis un rire depuis le vidéophone. « - C'est bon, Duo. » Fit sa voix lointaine. « - Je sais que Heero peut être très intimidant quand on le voit. Je vous promets qu'il se comportera mieux. »

« - Je serais là. » Murmurai-je, désireux de pouvoir m'enfoncer dans le sol. Génial. Tout simplement génial. Je n'ai pas seulement rendu son fiancé jaloux… je l'ai insulté juste devant elle. Bravo, Maxwell. Bravo.

A suivre…