Note de l'auteur (25 novembre 2017) : Chapitre ré-écrit

Chapitre 2

Banlieue de Londres, dix jours plus tôt.

Un grand manoir aux couleurs sombres, entouré d'arbres fleuris, surplombant le haut d'une colline. Un jardin immense où de nombreuses tables en bois avaient été placées, ainsi que des centaines de chaises. Une musique qui battait son plein et des jeunes qui se déhanchaient à son rythme alors que d'autres discutaient plus loin en petits groupes, un verre à la main de chacun. C'était la vision qu'eut Willah quand elle atterrit sur l'herbe verte du domaine, alors que sa tête tournait.

- C'est pas possible Nino, qui a accepté de te donner ton permis de transplanage ?

- Ecoute soeurette, si tu n'es pas contente, tu transplanes par toi-même, merde !

La mauvaise foi d'Antonin fit sourire Willah. Il était celui qui avait insisté pour les faire transplaner, alors qu'ils savaient tous les deux que Willah était bien meilleure à ça que lui. Cette dernière préféra ignorer la remarque de son frère, et se contenta alors de le dévisager. Habillé d'une belle chemise et d'un jean sombre, le visage du jeune homme était illuminé par son sourire et ses yeux rieurs. Tout ce qu'on avait envie de faire en le voyant, c'était d'engager la discussion. En voyant le sourire de son frère, Willah avait conscience qu'elle allait entendre de nombreux soupirs féminins dès qu'ils feraient leur entrée dans la soirée. Si Willah avait hérité de la peau bronzée de leur mère, Antonin, lui, avait hérité de la grande taille de leur père, mais en dehors de ça, ils étaient similaires, avec leurs cheveux bruns et leurs yeux clairs.

- T'aurais pu laisser le blason vert quand même, dit Willah sur un ton exaspéré.

- Tu n'es peut-être pas fière de tes gènes de Serdaigle, répondit Antonin en la regardant d'un air faussement supérieur, mais un serpent revendique toujours son appartenance.

Willah leva les yeux au ciel alors qu'Antonin lâchait un rire amusé, fier de sa répartie. Il n'avait de toute façon jamais besoin d'une excuse pour rire, c'était ancré en lui, l'envie de toujours sourire ou rire, contrairement à sa soeur qui était beaucoup plus fermée que lui. Il arrivait parfois que Willah se demande pourquoi ils avaient évolué de manière si différente au niveau du caractère. Antonin rayonnait de joie tandis qu'elle, et bien, elle n'était pas connue pour avoir le sourire facile. Et d'autres fois comme maintenant, Willah se demandait ce qui pourrait bien taire les idioties de son frère, et elle voulut répondre, mais son regard s'attarda sur une silhouette au loin.

- En tout cas, ce n'est pas ce que pense Nott, finit par dire Willah.

Antonin se retourna en direction du regard de sa sœur pour tomber sur Connor Nott qui discutait avec un Poufsouffle, responsable de la soirée à laquelle ils se trouvaient. Le Serpentard se tenait droit, une main dans la poche de son jean et l'autre qui lui servait à appuyer ses propos, et toute la prestance de son éducation se faisait ressentir dans la manière dont il se tenait. Sa chemise noire montrait sa carrure fine, peu épaisse, mais aux épaules carrées. Une chose était sûre, c'était que la silhouette de Connor Nott dégageait une prestance qui en faisait un personnage impressionnant.

Le regard de Nott croisa celui d'Antonin qui lui fit un sourire sournois avant de reporter son attention sur sa sœur qui hésitait à lui sortir une blague, au vu de son expression amusée mais tiraillée.

- Nott qui discute avec Finley Forest, on aura tout vu, dit Willah. Tu penses que si je lui fais une blague sur le fait que je doute de son orientation sexuelle, il va me stupéfixier ?

- Si tu as conscience que Connor est le Serpentard le plus redouté de notre maison, tu ne le feras pas, répondit Antonin sur un ton amusé.

- HALE !

Au cri qui survint à quelques mètres, les deux jeunes gens se retournèrent d'un même corps vers la personne qui les interpellait. Deux grands bras attrapèrent Willah et l'y serrèrent alors qu'Antonin reculait d'un pas et soupirait face à la réaction exagérée du jeune homme qui venait de prendre sa sœur dans ses bras.

- Lamar, lâche ma sœur.

- Willah, je crois que je t'ai trouvé un mec.

Alex Lamar ignora l'ordre froid du Serpentard et se tourna vers la foule à la recherche d'une personne alors que Willah retenait un rire. Elle savait que le jeune métis aimait irriter son frère en parlant de lui trouver un copain et elle sourit, toujours contente de retrouver son meilleur ami.

- Ma sœur n'a pas besoin d'un puceau de Serdaigle pour lui apprendre des choses qu'elle sait déjà, Lamar.

- Qui te dit qu'il est de Serdaigle, répondit Alex avec un sourire en se tournant vers Antonin, je lui en ai trouvé un de Gryffondor.

- Pourquoi tu ne te mêlerais pas de ta propre vie Lamar au lieu d'enchaîner les idiots à la porte de ma sœur ?

Willah regarda pendant quelques minutes les deux jeunes hommes les plus importants dans sa vie se disputer comme deux grands enfants avant de décider de changer de paysage. Elle ne s'inquiétait pas pour les deux autres, ils finiraient par arrêter de se taper dessus pour ensuite écouter les histoires de l'autre et se conseiller mutuellement. Alex était son deuxième frère, et ce depuis le premier jour qu'elle avait passé à Poudlard, et il fallait dire qu'Antonin s'entendait avec tout le monde, alors les deux jeunes hommes avaient eu le temps de devenir amis. Willah passa à côté d'un groupe de Poufsouffle qui discutaient de la soirée, et qui confirmaient que Finley Forest était bien le meilleur organisateur de soirées de tout Poudlard, ce que Willah ne démentit pas dans sa tête. Après tout, il était un des seuls étudiants à organiser des fêtes auxquelles les Serpentards acceptaient de venir. Elle vit près d'une table Lily Evans discuter avec ses amies de Gryffondor alors que James Potter et Peter Pettigrow se rapprochaient du groupe pour s'installer avec elle et Willah retint un sourire. La scène pourrait être intéressante, mais ils n'étaient pas ceux qu'elle cherchait alors elle s'éloigna dans l'idée de trouver quoi boire.


- Willah Hale en vue, remarqua une jeune fille blonde aux mèches rouges, ça veut dire que son frère doit être également là.

- Je croyais que les Serpentards ne t'intéressaient pas Eva, lui répondit une jeune brune aux traits japonais.

- Tu sais bien Miki, que pour toute règle pour les Serpentards, Hale en est l'exception.

- Même quand il en vient à la pratique de la magie noire ?

- Ce sont des foutaises ça, déclara ladite Eva sur un ton ferme.

- Moi je pense que les rumeurs sont vraies, la contredit Miki. Un mec qui traîne avec Rogue et Nott ne peut que pratiquer la magie noire. Et puis, je ne le sens pas moi, le Hale, il doit cacher des choses sous ses faux-airs de gars gentil. T'en penses quoi Lily ?

Eva Rospeer et Miki Hashita se tournèrent toutes les deux vers leur amie, qui observait silencieusement Lucille Desrende, assise seule à une table près de la piste improvisée de danse. Les regards des deux jeunes filles se rencontrèrent, et Lily Evans hocha la tête en direction de la Poufsouffle qui lui répondit d'un sourire discret. Puis la jeune fille rousse reporta son attention sur ses deux amies.

- Ce que j'en pense, réfléchit Lily, j'en pense qu'Antonin Hale est en couple, les filles.

- Mais pour la magie noire ? demanda Eva qui balaya la remarque de son amie de la main.

- Que je ne serais pas contre qu'il m'apprenne un sort pour faire disparaître les deux qui arrivent par ici.

Eva et Miki suivirent le regard de Lily, et les deux jeunes filles mirent de côté leur dispute précédente pour échanger un sourire. James Potter et Peter Pettigrow venaient vers elles, un sourire sur les lèvres. Lily soupira à la simple vue de ce sourire. Ils n'étaient pas ceux à qui elle aurait eu envie de parler ce soir. James Potter s'était découvert un intérêt pour elle l'année dernière, et avait décidé qu'il apprendrait à mieux la connaître. Le problème était qu'elle et lui ne s'entendaient pas spécialement, même si elle devait reconnaître qu'elle n'avait jamais vraiment fait d'efforts pour réellement le connaître.

- Alors les filles, commença James une fois suffisamment proche, je ne pensais pas que vous viendriez mais c'est un plaisir de vous voir.

- On est venu entendre les potins de fin d'été, répondit Eva dans un sourire pour les nouveaux arrivants.

James répondit par un sourire alors qu'il s'asseyait à côté de Lily tout en la dévisageant, et qu'à côté, Peter commençait une discussion avec Miki sur l'Italie, où tous les deux avaient passé un moment de leurs vacances à des temps différents.

- Tes vacances se sont bien passées Evans ?

- Très bien Potter, répondit Lily sur un ton neutre, bien que toujours contente de retourner à Poudlard. Et toi donc ?

- Mouvementées, mais elles allaient.

James n'ajouta rien et se contenta de lui sourire de manière mystérieuse, et Lily se retint de soupirer. Il venait de fermer la discussion aussi rapidement qu'il ne l'avait lancée et elle se demanda quel était finalement l'intérêt de lui demander comment il allait.

- Et sinon ? Reprit-elle.

- Ca t'intéresse tant que ça Evans, tu voudrais tout savoir de moi ?

James avait dit ça avec un sourire carnassier sur les lèvres, il voulait embêter Lily mais au vu de sa réaction, il se dit qu'il n'aurait peut-être pas du. Cette fois, elle ne se retint pas de soupirer. Même après deux mois sans l'avoir vu, James Potter arrivait à l'exaspérer en quelques secondes. Il venait vers elle avec un grand sourire sur les lèvres, s'installait comme s'il y avait été invité, et finalement ne tenait pas une discussion. Comme s'il se moquait d'elle. Lily savait bien que ce n'était pas le cas, mais elle trouvait ça absurde. Elle se demandait pourquoi il faisait tant d'efforts pour lui parler et passer un peu de temps avec elle alors que quand elle décidait de tenir une discussion avec lui, il ne lâchait presque pas d'informations et se moquait limite d'elle pour ne pas avoir à développer. Il pouvait parler de banalités et d'absurdités pendant des heures, mais dès qu'il en venait à ce qui était personnel, il ne disait plus rien.

- J'ai croisé Sirius, reprit Eva pour éviter le blanc qui s'installait, qui m'a dit que vous en aviez prévues de belles pour les Serpentards cette année.

- Si tu savais Eva ! On doit encore discuter avec Hale pour voir les limites que l'on pose cette année, mais on a des idées grandioses !

- C'est la seule chose dont tu sais parler Potter, des blagues sur les Serpentards ?

- Qu'est-ce que tu préférerais entendre de ma bouche, Evans ?

- Des choses intelligentes.

Le ton de Lily était froid, et elle défiait James du regard. Pourquoi était-elle passée à un ton agressif, elle n'en savait rien, mais elle devait reconnaître que James Potter l'irritait, avec sa belle gueule, son air de tout savoir et son regard toujours amusé. Il la regardait toujours comme s'il savait quelque chose qu'elle, elle ne savait pas, et elle détestait ce sentiment. C'était bien pour ça qu'elle avait autant de mal avec la présence de James Potter à ses côtés. Et d'ailleurs, Lily en avait déjà marre, et elle n'était pas du genre à faire semblant. Alors elle se leva.

- Tu vas où, Evans ? demanda James par curiosité.

- Boire quelque chose. A plus tard Potter.

James ne réagit pas, alors que Lily s'éloignait, Eva sur ses talons qui avait lancé un regard désolé au jeune homme. A côté d'eux, Miki qui avait suivi son amie du regard continuait de parler avec Peter, passionnée par l'histoire que le jeune homme lui racontait. James soupira. Au fond, il se fichait un peu des réactions de Lily Evans. Cette fille avait un trop fort caractère et avait parfois l'impression que le monde lui en voulait. Ou en tout cas, que lui, lui en voulait. James n'avait ni l'envie, ni l'énergie de se prendre la tête sur des petites broutilles, et puis Lily Evans avait beau être magnifique, il ne se morfondrait pas de ne pas l'avoir dans ses bras.

- Et bien Potter, je n'aurais jamais pensé te voir te faire jeter.

Une jeune fille s'affala à côté de James, et quand elle releva la tête vers lui, James retint un sourire en l'entendant encore l'appeler par son nom de famille après trois ans. Joan Tuder était bourrée, et ne le cachait absolument pas. Ses cheveux châtains lui tombèrent devant les yeux et d'un mouvement de la tête, les balaya de manière élégante. Le débardeur qu'elle portait permettait à James de voir une grande partie de sa poitrine, mais elle ne devait certainement pas s'en rendre compte, et elle se contenta de sourire à James.

- Joan, je crois que t'as trop bu ce soir.

- Ah c'est même sûr ! Mais c'est pas grave, c'est l'objectif de la soirée !

James sourit à la Serdaigle, se demandant où se trouvait Willah Hale qu'il puisse l'informer de l'état de sa meilleure amie. Il vit Alex Lamar au loin qui discutait avec une Poufsouffle, mais il lui tournait le dos et James se demanda quoi faire. Il fallait dire qu'il n'avait pas l'habitude d'être sobre quand elle, elle était bourrée. Puis, après quelques secondes, il décida de remettre en place le débardeur de la Serdaigle, ce qui la fit rire.

- Je ne te savais pas gentleman Potter.

- Moi non plus, tu dois faire ressortir en moi des qualités, rigola James.

Joan ne répondit pas, se contentant de sourire à James. S'il avait essayé, il n'aurait pas réussi à ne pas lui rendre son sourire. Il devait reconnaître qu'elle était une très jolie fille, très douée en magie, ce qui faisait d'elle une fille assez prisée dans Poudlard. Il n'avait jamais démenti que la Serdaigle était très jolie. James s'était rapproché d'elle en quatrième année et avait fait la connaissance d'une fille qu'il trouvait particulière. Il n'avait pas su l'expliquer, mais il aimait beaucoup ce que la jeune fille dégageait, sa bonne humeur et son enthousiasme. Mais à cet instant, il la trouvait bien plus qu'attirante. Elle était assise à quelques centimètres de lui, et James savait que s'il se contentait de baisser la tête, il pourrait l'embrasser. Bien sûr, James savait reconnaître la beauté d'une fille, mais il savait qu'elle n'était pas dans un état acceptable pour faire ce qu'il avait en tête.

- Sérieusement Potter, t'attends quoi ? le provoqua Joan avec un sourire

- Tu es totalement saoule, répondit James avec sérieux.

- Et alors, ça veut dire que je n'en ai pas envie ?

James planta son regard dans celui de Joan. Elle l'incitait totalement à l'embrasser. Il n'était pas spécialement surpris, combien de fois il avait été sur le point de craquer après avoir bu, James ne les comptait plus. Après tout, Joan et lui avaient flirté ensemble toute leur cinquième et sixième années, tous les deux conscients qu'ils se plaisaient mutuellement sans jamais prendre au sérieux cette attirance. Il appréciait beaucoup la jeune fille qui était très simple dans sa tête, il avait tout de suite compris qu'elle ne se prenait pas la tête, dans sa vie, ce qui arriverait arriverait. Mais rien ne s'était jamais passé, ils n'avaient tout simplement rien à faire ensemble et ils le savaient. Mais ce soir, il semblerait que les limites n'aient pas été posées. Et finalement, elle dut en avoir marre d'attendre qu'il se décide, car elle passa une main dans la nuque de James et posa ses lèvres sur celle du maraudeur. Il ne fallut pas plus d'une seconde au cerveau de James pour réagir, et il plaça ses deux mains autour de la Serdaigle, l'embrassant avec passion.

Que ce soit raisonnable ou non, aucun des deux ne se posait la question. Chacun savait comment leur soirée allait se terminer. Ils étaient à la vue de tout le monde et à l'abri de personne, mais ils s'en fichaient, ils profitaient de l'instant.


Un peu plus loin, Lucille Desrende perdait son regard sur la piste de danse où des couples se formaient doucement. Elle n'avait pris qu'un verre quand elle était arrivée, et ce parce que sa sœur l'y avait obligée, mais elle ne s'était pas sentie d'en reprendre un. Elle savait que ses amies étaient à l'intérieur et jouaient à un jeu moldu de danse mais Lucille avait préféré s'isoler quand Alex Lamar était arrivé pour jouer avec eux. Il lui avait souri, l'avait prise dans ses bras et avait décidé de jouer avec elle, sauf que Lucille ne l'avait pas supporté et s'était isolée. Ses amies avaient tenté de la raisonner mais elle voulait juste être seule, chose qui arrivait beaucoup plus souvent maintenant qu'elle était célibataire. Elle se renfermait et elle le savait. Au loin, Louise dansait de façon déchaînée avec Sirius Black et l'aînée ne put retenir un sourire. Tant que sa sœur s'amusait, tout allait bien.

- Que fait donc une des plus jolies filles de la soirée seule dis-moi ?

Lucille leva les yeux vers son nouvel interlocuteur et ne cacha pas son sourire en voyant Antonin Hale s'installer à côté d'elle, un verre de ce qu'elle supposait être un Whisky pur feu à la main. Comme toujours, Antonin rayonnait avec son sourire charmeur sur les lèvres et ses cheveux décoiffés d'avoir dansé. Il lui tendit une bierraubeurre qu'elle ne refusa pas.

- Je réfléchis un petit peu.

- Ce n'est pas le but de la soirée Luce, c'est l'heure de te mettre une mine à en oublier de réfléchir justement.

Lucille se contenta de sourire à Antonin. Elle savait qu'il n'aimait pas cette tendance qu'elle avait ces derniers temps à se refermer sur elle-même. Pour lui ce n'était pas la solution, mais Lucille n'avait pas envie de lui dire qu'il ne pouvait pas l'empêcher d'y réfléchir, d'y penser, qu'il ne pouvait pas se mettre à sa place pour savoir ce que c'était que de se sentir rejeté par la personne qu'on aime et d'avoir le sentiment de n'être qu'un quelconque inconnu aux yeux d'une personne qu'on a aimé de tout son cœur. Elle était obligée d'être à cette soirée où elle n'avait pas envie d'être, de recevoir des câlins de l'homme qu'elle avait aimé et qui avait fini par la jeter, et elle n'avait aucune envie de faire semblant d'être contente d'être là.

- J'ai discuté un petit peu avec Alex, reprit Antonin, il me disait qu'il était content de te voir ce soir.

- Louise m'a forcée à venir, répondit simplement Lucille, je ne voulais pas. Et encore moins le voir.

Antonin hocha la tête et Lucille lui fit un petit sourire. Elle appréciait énormément Antonin, dont elle ne s'était rapprochée que depuis quelques mois. Ils se connaissaient bien avant, tous les deux dans la même année, ils étaient porte-paroles de leur maison respective depuis la cinquième année et Lucille savait que le Serpentard qu'il était avait toujours respecté la Poufsouffle qu'elle était. Bien sûr, Antonin n'avait de haine pour aucune maison et prônait la bonne entente, et c'était bien pour ça qu'il était autant apprécié par la gente féminine, en plus de son beau visage.

- Les choses iront mieux entre vous deux, dit Antonin doucement.

- Je suppose, si tu pars de l'idée qu'il n'y a plus rien entre nous deux.

- Cet air va bien à Severus mais pas à toi Luce, je suis désolé, mais il va falloir sourire.

- Comment va-t-il d'ailleurs ? rebondit Lucille qui ne voulait pas s'étendre sur le sujet précédent. J'ai entendu qu'il avait eu un été difficile.

- Je vois que ta sœur est une pipelette, sourit Antonin, elle n'arrive pas à garder pour elle ce que je lui dis. Et bien, Sev va bien. Tant que je serai là, il ira bien.

- En tout cas, de ce que j'entends de Louise, tu ne le limites pas dans la pratique de la magie noire.

Lucille aurait aimé pouvoir dire une telle chose sur un ton léger, mais son ton avait été cinglant. Elle n'était pas ce qu'il y avait de plus populaire, mais elle était réputée pour dire les choses de manière sincère et sur un ton approprié, et quand elle devait être froide, elle était froide. Tout comme à l'instant, mais Antonin ne pouvait pas le lui reprocher. Il prit note tout de même de discuter avec Louise pour lui rappeler que sa sœur n'était pas une exception quand il disait qu'elle ne devait rien dire à personne de ce qu'il lui racontait. Alors il lui répondit sur un ton calme mais autoritaire.

- Comme je t'ai dit, Luce, tant que je suis là, Sev ira bien.

- Pourquoi ? le provoqua délibérément Lucille. Parce que tu la pratiques avec lui ?

- Parce que je suis celui qui l'empêche de pratiquer plus, répondit sèchement Antonin. Si je peux te conseiller une chose sur la vie Lucille, c'est de ne jamais te fier aux apparences. Je pratique peut-être, qui sait ? Et si c'est le cas, pourquoi et dans quel but, ce sont des réponses que tu n'auras jamais si tu te contentes de te fier aux apparences.

Lucille soutint le regard d'Antonin, qui était légèrement en colère. Elle savait très bien pourquoi il l'était, il était habitué à ce qu'on lui colle des étiquettes, lui le « prince des Serpentards ». Lucille savait qu'il avait été victime d'injustices au début de sa scolarité, et c'était bien pour ça qu'il avait tout fait durant ses premières années à Poudlard pour faire de sa maison une maison d'excellence. Et Lucille s'en voulut. Elle savait très bien que ses propos n'étaient pas appropriés, ils étaient sortis tout seuls, par irritation de ses propres soucis.

- Désolée Antonin.

- Ne le sois pas, répondit gentiment Antonin qui ne souhaitait pas que de telles histoires se mettent en travers de ses amitiés, tu as raison de douter. Viens, on va danser.

Et sans qu'elle n'ait le temps de répondre, Antonin lui fit un sourire en finissant son verre d'un seul coup et lui attrapa la main pour la mener vers la piste de danse. Lucille aurait pu refuser, tirer sur sa main pour la récupérer et retourner s'asseoir, mais elle ne se sentait pas la force de refuser et rendit son sourire au Serpentard alors qu'il posait ses mains sur ses hanches.


Au loin, Willah observait son frère faire rire sa partenaire. De son côté, elle avait enchaîné les verres et avait dansé avec Alex et d'autres Serdaigles pendant un long moment, mais des Gryffondors de sixième année s'étaient joints à eux et Willah ne s'était pas sentie de rester. Contrairement à d'autres, Willah avait plus de mal à se mélanger aux autres maisons et aimait rester avec les siens. Assise sur les marches du jardin, elle observait des couples se former alors que quelques minutes plus tôt, Finley Forest quittait sa compagnie après avoir discuté avec elle un moment pour régler un problème d'une fille qui avait trop bu.

- Je vois que Forest a fini par quitter ta compagnie, je suis surpris.

Willah n'avait pas besoin de relever la tête pour connaître ce ton joueur et amusé, tout comme elle n'avait pas besoin de regarder le nouvel arrivant pour savoir qu'il avait sur les lèvres un sourire charmant et charmeur. Mais Willah appréciait toute beauté, alors elle leva la tête pour voir Sirius Black adossé au mur à côté d'elle, un verre à la main et un sourire de vainqueur sur les lèvres. Il suffisait de voir ses yeux pour savoir que le brun avait trop bu, et à la façon dont il s'étala à ses côtés, Willah sut que le Gryffondor avait eu moins de limites qu'elle.

- Que veux-tu, répondit Willah avec un sourire timide, il a dû trouver une proie plus intéressante.

- Plus intéressante que toi ? Laisse tomber Hale, tu ne me feras pas croire ça.

Willah haussa un sourcil face au ton désabusé du jeune homme, qui semblait avoir parlé avec sincérité, et elle se sentit flattée, sans réellement le vouloir. Elle savait que Sirius Black était un beau parleur, qu'il avait les filles qu'il voulait et comme il le voulait. Elle savait également qu'elle n'était pas une proie qu'il se penserait capable d'obtenir avec de belles paroles. Willah n'était pas son genre de fille, elle était beaucoup trop fermée au reste du monde pour que Sirius Black ait l'envie de tenter quelque chose avec elle.

- Tu n'aurais pas un peu trop bu Black ?

- Mon compliment te gênerait-il, Hale ? sourit Sirius sans répondre à la question de la jeune fille.

Sirius avait répondu sur le même ton ironique que Willah, et celle-ci planta son regard dans celui du brun, déterminée à ne pas perdre la partie face à lui. Elle se demanda un instant ce qu'il foutait là, assis avec elle, à essayer d'entamer une discussion. Puis elle se dit qu'elle était de mauvaise foi. Willah appréciait le jeune homme. Certes, elle n'avait que très peu de contact avec les maraudeurs. Après tout, il n'y avait qu'avec James qu'elle pouvait se considérer proche. Leurs familles se connaissaient et se fréquentaient par politesse, et Willah s'était toujours bien entendue avec le jeune homme qui la faisait rire. Néanmoins, s'entendre avec James Potter induisait côtoyer au moins Sirius Blach, et Willah appréciait le jeune homme. Finalement, Willah préféra détourner le regard.

- J'ai entendu dire que tu étais parti de chez toi.

Elle ignora le regard de son interlocuteur qui s'était assombri. Il était surpris d'entendre la jeune fille aborder le sujet. Toute la soirée, il avait été témoin des regards que les gens lui lançaient, le scrutant, observant ses réactions. Il savait que tout le monde était au courant de ce qu'il s'était passé chez lui, mais que personne n'osait rien lui demander. Jusqu'ici. Willah attendait silencieusement qu'il réponde, ce qu'il finit par faire, sur un ton calme mais réticent.

- Tes dires sont corrects, j'ai pris la fuite. Je suis allé chez James, ses parents m'ont accueilli.

- J'espère que tu trouveras le moyen de te détacher totalement de ta famille, Black.

Les mots de Willah étaient sincères, elle savait que la situation du jeune homme n'était pas facile et qu'il lui avait fallu beaucoup de courage pour s'éloigner de sa famille. Elle avait également entendu comment s'était passé son départ, et elle se doutait qu'il laisserait des traces. Pour cela, elle respectait énormément le Gryffondor.

- Les temps commencent à devenir sérieux, reprit Sirius.

- Il faut croire. Je crois que le temps de l'adolescence prend fin, Black.

- Ne t'inquiète pas Hale, t'auras toujours ton frère pour surveiller tes arrières, rigola Sirius qui n'aimait pas les sujets trop sérieux.

Willah eut un sourire doux en entendant les mots du Gryffondor. En effet, Antonin restait sa carapace, il était évident qu'il était le plus costaud des deux jumeaux, celui qui ne flancherait pas si l'autre manquait à l'appel. Contrairement à Antonin, Willah n'était pas sûre de tenir face aux temps qui arrivaient si elle n'avait plus son frère à ses côtés, surtout dans la famille dans laquelle ils se trouvaient. Si Willah avait eu plus de courage, elle aurait suivi Sirius Black dans ses actions.

- Quand tu veux, Willah.

Willah et Sirius relevèrent la tête en même temps pour voir Connor Nott face à eux, une veste dans la main. Il se tenait droit, comme toujours, et avait une expression sur le visage plus douce qu'à l'habitude, plus douce que celle qu'il laissait paraître en public. C'était un beau jeune homme, à la beauté froide et inquiétante.

- Je vais te laisser Black, mon chevalier servant est là, lui dit Willah sur un ton légèrement ironique.

Et ironie il pouvait y avoir, Sirius avait énormément de mal à imaginer Connor Nott comme un chevalier servant. Le Serpentard détestait tout le monde et vivait d'envies de lancer des sortilèges impardonnables à tout le monde. Les deux seules personnes avec qui il était capable de tenir une discussion étaient Severus Rogue et Antonin Hale, le trio venimeux comme certains les avaient appelés au début de leur scolarité. Un trio qui avait toujours amusé Sirius. Entre Severus Rogue qui ne lâchait pas un mot, Connor Nott qui semblait sur le point de jeter un avada à quiconque le regarderait trop longtemps, et Antonin Hale dont le premier réflexe était de sourire, il fallait reconnaître qu'ils formaient un trio atypique. La grande question était de savoir lequel tuerait les deux autres en premier, même si Sirius ne croyait pas du tout qu'ils seraient un jour capables de se blesser l'un l'autre. Il pouvait sentir les liens qui les unissaient, ces liens qui semblaient suffisamment fort pour que Nott raccompagne Willah Hale.

A ce propos, Sirius réussit à cacher sa surprise, ce qui était un exploit dans son état. Il savait que Connor Nott et Willah Hale se fréquentaient, après tout, le Serpentard était le meilleur ami de son frère, mais il était surpris de les voir repartir ensemble. Il semblerait que certaines choses se soient passées durant l'été dont les maraudeurs n'étaient pas informés.

- Dans ce cas, rentre bien Hale. On se voit à Poudlard.

- Au fait Black, sembla se rappeler Willah, je serais toi, je n'attendrais pas James ce soir. Quelqu'un semble l'avoir réquisitionné pour un long moment.

Sirius ne chercha pas à comprendre. Willah enfila sa veste et fit un sourire à Black, un sourire simple, de gentillesse, de politesse, et Sirius se dit que s'il décidait à un moment de la draguer, il aurait beaucoup de chemin à faire pour briser la carapace invisible que la jeune fille mettait entre elle et le reste du monde. Nott hocha la tête en direction de Sirius, et sans un mot de plus ils disparurent.

Quant à Sirius, il soupira. Il était définitivement temps de remplir son verre.


- Ça fait plaisir de te revoir mec, j'espère que t'as passé de bonnes vacances.

Remus Lupin fit un sourire et un signe de main au Poufsouffle qui venait de l'accoster et continua son chemin, à la recherche de James et de Sirius qu'il n'avait pas revus depuis une bonne heure. Il était un petit peu éméché, et ce fut avec violence qu'il entra en collision avec un corps frêle qui lâcha un cri sous l'impact.

- Merde, désolé !

Remus posa ses mains sur les épaules de la fille qu'il avait bousculée, et qu'il reconnut quand elle releva la tête et lui fit un sourire. Louise Desrende, de sa maison et plus jeune d'une année, qu'il connaissait pour l'énergie débordante qui se dégageait d'elle. Il la détailla du regard un instant, et ne put se faire la remarque qu'elle rayonnait dans sa robe foncée.

- Remus, ça me fait plaisir de te voir ! Pas trop fatigué ?

La référence implicite à sa condition fit sourire Remus, et son sourire s'accentua en voyant l'entrain avec lequel Louise lui parlait. Elle était minuscule, et pourtant son entrain rayonnait à plusieurs mètres.

- Pas suffisamment pour ne pas profiter de la soirée.

- Dans ce cas, allons nous servir un verre !

Remus tenait à retrouver le reste des maraudeurs et il hésita à refuser, mais le sourire que Louise lui lança ne le fit pas y réfléchir à deux fois. Il accepta et il s'en félicita quand il vit le sourire de la jeune fille s'agrandir un peu plus.

- Dis-moi Remus, demanda Louise avec curiosité, en venant ici j'ai vu au loin Willah et Sirius qui discutaient de manière assez proche, il y a quelque chose entre eux deux ?

Le jeune homme retint un haussement de sourcils. Ce n'était définitivement pas le couple qu'il s'attendait à voir durant la soirée, même s'il se doutait que le temps que Sirius réussisse à finaliser quelque chose avec la Serdaigle, ils auraient déjà quitté Poudlard. Il fallait dire que Willah Hale n'était pas réputée pour être une fille facile à aborder, dont la gentillesse se cachait sous des traits durs. Cependant, il avait plusieurs fois entendu Sirius vanter la beauté de la jeune fille, alors il ne serait pas surpris que son meilleur ami se soit jeté à l'eau.

- Connaissant Sirius, il devait être en train de jouer, en attendant une proie plus facile.

- Justement, j'étais surprise de voir Willah répondre. Généralement, ce n'est pas un jeu auquel elle joue.

Remus se contenta de sourire alors qu'ils arrivaient à la table où se trouvaient toutes les boissons. Il voulut servir quelque chose à Louise, mais celle-ci fut plus rapide que lui et dans un rire, elle leur servit un cocktail à chacun. Le jeune homme ne cacha pas sa surprise, ce qui fit rire Louise.

- J'ai eu un bon professeur ces derniers mois, se justifia-t-elle.

- Tu ne t'arrêtes jamais de rire toi, dis-moi.

La remarque de Remus avait été dite sur un ton doux, et le sourire de Louise s'accentua alors que ses joues se teintaient de rouge. Ils observèrent un instant la piste de danse, qui s'était remplie de jeunes déchaînés sur une musique endiablée. Remus voulut proposer à la jeune fille d'aller danser, mais il fut coupé dans son élan par son meilleur ami qui arrivait avec un grand sourire.

- Et beh, en parlant de couples atypiques, j'en fais le tour ce soir !

Remus leva les yeux au ciel en voyant l'état de son ami. Il le connaissait par cœur et pouvait dire facilement qu'il avait abusé de bierraubeurres. Sirius se servit un verre et fit un sourire à Remus qui le lui rendit avant de se tourner vers Louise qui les regardait d'un œil amusé.

- Ma chère Louise Desrende, te revoilà enfin après notre belle danse, commença Sirius, que tu es rayonnante ce soir, je te le redis encore une fois ! Comme toujours en fait ! Dis-moi, serait-ce l'amour qui te rend si belle ou y aurait-il encore une place pour moi dans ce cœur qu'est le tien ?

Un éclat de rire, ce fut la réponse que Sirius obtint de la part de Louise alors que Sirius échangeait un regard avec Remus, fier de sa tirade. Remus, quant à lui, secoua la tête, amusé. Il fallait dire que Sirius était toujours très bon dans le pathos. Quant à Louise, elle se remit de son rire pour lui répondre sur le même ton.

- Mon cher ami, que suis-je déçue de n'apprendre que maintenant ton amour pour ma personne ! Aurais-je su ceci plus tôt, je n'aurais jamais accepté de donner mon cœur à un autre homme qui n'est pas celui que j'aime !

Les trois éclatèrent de rire alors qu'une silhouette s'approchait d'eux doucement. Louise sentit une main se poser sur son épaule, et son rire se calma alors qu'elle relevait la tête vers le nouvel arrivant. Et quand elle le reconnut, son sourire fut totalement différent de celui qu'elle avait échangé avec les maraudeurs. Ce sourire-là, une seule personne y avait droit.

- Serais-tu en train de draguer ma petite-amie, Black ?

- Cela te dérangerait-il, Hale ?

Sirius et Antonin échangèrent un regard froid, bien que Sirius ne cachât pas son amusement. Personne ne parlait, et pendant une dizaine de secondes, le silence régna sur le groupe. Puis, un sourire commença à s'esquisser sur les lèvres du Serpentard, qui finit par tendre sa main à Sirius puis à Remus qui la serrèrent.

- Dis Black, je t'ai vu avec ma sœur un peu plus tôt. J'espère en tout cas que tu ne la draguais pas comme ça.

- En parlant de ça, répondit Sirius, je ne savais pas qu'elle se tapait Nott.

Antonin haussa un sourcil de surprise, puis finalement fit un sourire mystérieux au Gryffondor alors qu'à ses côtés, Louise fronçait les sourcils de surprise. Le temps d'un instant, Sirius se demanda s'il n'avait pas juste mal interprété ce qu'il avait vu.

- En y pensant, reprit Sirius, je doute que tu tolèrerais que Nott touche à ta soeur.

- Sache qu'il n'y a personne à qui je serais le plus confiant de confier ma soeur qu'à Connor, Black.

Le sourire d'Antonin était doux, et Sirius et Remus savaient qu'il pensait ce qu'il disait. Il le sentait chez le Serpentard, ce sentiment qu'eux avaient envers chaque maraudeur, ce sentiment d'affection, de protection, de solidarité. Antonin sentit Louise trembler dans ses bras et se rendit compte qu'elle avait froid, alors il retira sa veste pour la poser sur les épaules de la jeune fille. Le regard affectueux qu'il avait pour elle semblait la mettre au centre du monde, au centre de son monde. Il lui demanda dans l'oreille si elle voulait aller danser, ce qu'elle accepta d'un grand sourire.

- Allez les maraudeurs, déclara Antonin, on se revoit à la rentrée. Préparez bien vos blagues d'ici là.

- Et prépare bien tes discours de porte-parole Hale, tu risques d'en avoir besoin de solides, répondit Sirius sur le même ton amusé.

- Au fait Black, félicitations pour ton départ. Je sais que c'est dur de tourner le dos à sa famille, et ce que t'as fait, on pense tous à le faire. T'es le seul pour le moment à en avoir eu le courage. Vive Gryffondor pour ça !

Le ton d'Antonin était passé de rieur à sérieux, et le regard de Sirius était passé d'amusé à touché. Le Gryffondor remercia d'un hochement de tête Antonin, qui lui répondit par un sourire simple. A côté, Louise fit un signe de la main aux maraudeurs, et le couple s'éloigna vers la piste de danse. Au même moment, Peter arriva et s'appuya sur la table des boissons.

- Alors vieux, t'étais passé où ? demanda Sirius.

- Je discutais avec Eva et Avery.

- Avery ? demanda Remus.

- Ils sont cousins éloignés, et il s'est ramené dans notre discussion. Il est plutôt sympa pour un Serpentard.

Sirius et Remus ne répondirent pas. Le seul Serpentard qu'ils toléraient était Antonin Hale, et ce parce qu'ils avaient appris à parler avec lui en tant que porte-parole des Serpentards de son année. Antonin avait appris à travailler avec les maraudeurs, à tenir le débat avec les autres maisons et à entretenir la rancoeur de la sienne. Les maraudeurs, opposés aux Serpentards, avaient appris à accepter la maison, mais ce n'était pas pour autant qu'ils acceptaient de fréquenter des Serpentards. Mais chacun était libre de ses relations, alors ils se contentèrent de ne rien dire.

- Bah alors les gars, comment ça se fait que vous soyez sans filles ?

Le dernier membre des maraudeurs arriva, les cheveux décoiffés, un sourire sur les lèvres et une chemise à moitié reboutonnée. Quand Sirius le vit, son sourire revint soudainement alors que ses yeux commençaient à briller d'amusement.

- James Cornedrue Potter, je veux TOUT savoir !

- Je vous propose de rentrer chez moi, on a encore de quoi boire, histoire de finir la soirée là-bas ?

Les trois amis hochèrent vivement de la tête, et James retint un rire en voyant Sirius qui tenait difficilement en place, voulant tout savoir des dernières heures de James. Mais celui-ci préféra garder le suspense et ils décidèrent de s'en aller.

Et ils ne dirent au revoir à personne, ce n'était pas nouveau que les maraudeurs, même s'ils se mélangeaient au monde et connaissaient tout le monde, ne marchaient que par eux-mêmes.