Désolée pour cette longue attente, mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut.
Voici donc le 2ème chapitre de cette "fiction défi" qui en contiendra 3.
Je vous souhaites à tous une très bonne lecture.
Dans l'appartement terrasse du building qui abrite les bureaux de sa société, Hook ne décolère pas. Il boit d'un trait son verre de vodka et le jette violemment contre le mur au-dessus du bar. L'impact est si fort que la glace rectangulaire qui s'y trouve, explose littéralement. Hook entraperçoit à cet instant son visage tuméfié et le pansement qui orne son nez. Il fulmine contre ce connard d'écrivain qui lui a pété le nez. Il l'a humilié, il va lui faire payer et cher. Mais Rodgers, Castle maintenant, est le moindre de ses problèmes. La mort de la sœur est sa priorité, il n'a jamais donné l'ordre de tuer qui que ce soit. Comment et surtout pourquoi cet imbécile de Tonio a-t-il eu l'idée de faire une chose pareil !
Il ne va pas jusqu'à dire qu'il est irréprochable non, cela n'est déjà plus le cas depuis plus de cinq ans. Avec la crise qui a frappé le pays, sa société n'a pas été épargnée et, si à l'époque il n'avait pas fait à la famille Campani, il n'aurait pu éviter la faillite. Elle lui avait fourni les fonds nécessaire pour le renflouer et pour payer grassement le conseiller à l'urbanisme qui lui donne toujours les plus important marchés de la municipalité de NYC. Ce qui représente des contrats plus que fructueux. La contre partie est un retour sur investissement qu'il doit reverser à ses mécènes. 20 % de ses bénéfices, sans compter que la famille contrôle, bien entendu, un des plus importants syndicats et qu'il est dans l'obligation d'embaucher les ouvrier qui en font partis. Le bon côté étant que cela lui évite tout mouvement de grève, un plus dans son secteur d'activité.
Seulement le projet actuel traîne beaucoup trop à leur goût, c'est pourquoi il a demandé à Tonio d'engager quelques 'gros bras' pour intimider les habitants et saboter la chaudière dans le but de détruire le foyer St Nicolas. Malheureusement les types ont foiré leur coup et maintenant à cause de leur incompétence, une enquête est ouverte et celle sur le meurtre de la none ne va que compliquer une histoire déjà mal engager.
Hook se dirige vers le bar et se sert un autre verre. Il se retourne précipitamment lorsque sa porte s'ouvre brutalement. Il pâlit lorsqu'il reconnait les trois hommes qui viennent de forcer sa porte. Le plus âgé, Alfonso Campani en personne, ne prend même par la peine de le saluer et va directement s'installer dans un des fauteuils, près de la baie vitrée donnant sur la terrasse. Ce vieux monsieur de 72 ans petit et frêle, qui donne l'impression qu'il va se casser au moindre coup, pose un regard noir sur l'entrepreneur. L'un de ses deux gardes du corps vient se placer à sa droite, légèrement en retrait. L'autre s'approche de lui et d'un signe de tête lui fait comprendre d'écarter les bras. Ce dernier s'exécute et laisse l'homme de main le palper pour vérifier qu'il n'a pas d'arme sur lui. Une fois qu'il a terminé, l'homme se tourne vers son chef.
- C'est bon patron, il n'a rien sur lui.
- Bien, va veiller à ce que personne ne nous dérange. James je vous en prie venez donc vous joindre à moi.
- Bien sûr, il montre les carafes d'alcool, désirez-vous boire quelque chose monsieur Campani ?
- Non merci, il est encore tôt.
- Très bien.
L'entrepreneur déglutit et obéit au vieil homme prenant place face à lui. il sait qu'il ne va pas aimé ce qu'il va lui dire. Et, il aura de la chance s'il est toujours vivant à la fin de l'entrevue. Le ton de la vois du vieux sicilien est amical, beaucoup trop au goût de Hook.
- Je croyais que tu avais l'affaire en main « petit » ? C'est bien ce que tu nous as affirmé lors de notre dernière réunion, n'est-ce pas ?
- Oui monsieur, mais je…
- Tu m'as personnellement déçu, alors que s'est-il passé ?
- Je ne sais pas, ce n'est pas moi qui ai recruté les hommes qui devaient faire le travail. Et je n'ai jamais donné l'ordre de tuer la sœur. Je…
- TU es leur patron, TU es donc responsable. Plusieurs membres de notre corporation voulaient que l'on mette une fin définitive à notre collaboration dès aujourd'hui. Le meurtre de cette religieuse, Sœur Marie Clarence, les a profondément choqué en fervent catholiques qu'ils sont.
- Je…Hook sent la peur lui nouer l'estomac. Je vous promets de savoir pourquoi on l'a tuée et je vous donnerai le nom du coupable. J'ai d'ailleurs commencé à….
- Inutile de chercher des excuses. Nous avons déjà pris notre décision. Tu as exactement deux semaines pour régler tout ça. et par « tout ça » nous voulons bien évidemment parler du projet immobilier. A la fin de ce délai, le foyer doit être fermé et les immeubles vides. Peu importe les moyens, si tu as besoins de bras, la pluparts des gars sur les chantiers t'aideront moyennement une prime substantielle.
- Mais monsieur Campani, c'est impossible. La police doit déjà s'intéresser à mon entreprise et à moi. Surtout avec ce Castle qui est mêlé à tout ça !
- Ah oui…l'écrivain. Un ami d'enfance de la Mère Supérieure, si ce que l'on m'a rapporté est vrai.
- Oui, mais comment… ?
- Ce n'est pas ton affaire. Il se lève mais stoppe Hook qui veut se lever aussi d'un geste de la main. Inutile de me raccompagner, je trouverai la sortie seul. Je t'aime bien « petit », mais rappelle-toi tu as deux semaines à partir de cet instant pour tout régler. Sinon tu feras prochainement partie intégrante des prochaines fondations qui seront coulées. Les vieilles méthodes ont fait leurs preuves.
James Hook sent des gouttes de sueurs coulées le long de ses tempes. Il sait que le vieil homme qui vient de quitter son appartement ne plaisant pas. Dans quinze jours il sera un homme encore plus riche ou un homme mort. Il ferme les yeux et tente de retrouver son calme. Il se lève et va récupérer son verre sur le comptoir. Il avale une bonne dose de vodka d'un trait. Il va falloir qu'il se prépare à plier bagage si jamais il ne pouvait résoudre cette merde. Un linceul de béton n'est pas ce qu'il désire le plus. Il termine son verre, la pose sur le bar et se dirige vers sa chambre lorsque son téléphone se met à vibrer. Il vérifie le nom de l'appelant et prend la communication, c'est Sam Conrad son deuxième homme de confiance.
- Donne-moi une bonne nouvelle.
- Je l'ai trouvé.
- Bien, amène-le au hangar.
- Ok patron, on y sera dans moins d'une heure
- Je vous y retrouve. Il a replongé ?
- On dirait bien, en tout cas il n'est pas très lucide.
- Essaie de le remettre en état avant mon arrivée.
- Ok, je m'en occupe.
Hook pose son cellulaire et avec l'index et le majeur de chaque main, il se masse les tempes. Toute cette histoire lui a déclenché une terrible migraine.
De leur côté Castle et Beckett font une arrivée remarquée au 12ème. Enfin, c'est plutôt l'écrivain qui fait l'attraction. Il faut dire qu'avec sa lèvre inférieurs gonflée et fendue, son magnifique cocard à l'œil droit, la pommette gauche écorchée et son pansement à l'arcade sourcilière, il ne passe pas vraiment inaperçu. Et sa barbe naissante lui donne un air de « mauvais garçon ».
Les gars discutent avec le capitaine Gates, lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur l'écrivain et sa muse. C'est l'air surpris de leur chef qui les fait se retourner. C'est la deuxième fois de la matinée qu'ils restent sans voix en voyant Castle. Après une arrivée en tenue de prêtre, voilà qu'il avait l'apparence d'un type venant de tenir un round face à Rocky. Esposito lève un sourcil interrogateur tout en affichant un sourire amusé. Quant à Ryan il n'a pas le temps de poser la moindre question et reste bouchée bée, mais en l'air alors que Gates le devance.
- Et bien Castle avec votre allure heureusement que vous n'avez pas de menottes, on pourrait nous taxer de brutalité policière. Sans lui laisser le temps de répliquer, elle s'adresse aux gars. Vous deux allez interroger la fille, allez-y en douceur. Le médecin a donné son autorisation mais ménagez-la.
- Oui monsieur, répondent-ils de concert.
- Quant à vous deux, je veux votre rapport sur mon bureau au plus vite.
- Oui capitaine.
Cette dernière, non sans avoir lancé un sourire narquois à Castle s'en retourne dans son bureau. Aussitôt l'hispanique et l'irlandais portent leur attention sur leur ami.
- Bon sang bro ! T'as fait ça comment ?
- Et pourquoi t'étais avec la Mère supérieure ?
- Et qui t'as arrangé comme ça ? Beckett n'a pas pu te défendre ? Harcèle Javier.
- Je vous expliquerai plus tard, c'est juste une bagarre de cour de récré.
- … ?
- Une vieille et longue histoire. Je…
- Pas maintenant Castle. alors les gars vous avez trouvé Bellmont et Puggati ?
- Puggati est introuvable pour l'instant, il n'était ni chez lui, ni chez la fille qui apparemment est sa nana. Précise Ryan.
- On a lancé un avis de recherche. Par contre on a bien trouvé Cloé Bellmont chez elle. complètement défoncée, elle attend dans la salle n°2. On a fait venir un toubib pour savoir si on pouvait l'interroger. Complète son partenaire.
- Bien alors allez-y. que savez-vous sur elle. Espo ?
- D'après son casier, plusieurs fois arrêtée pour racolage, possession et usage de drogue. Mais depuis un an elle semblait se tenir à carreau.
Ryan et Esposito pénètre dans la salle, tandis que Castle et Beckett vont dans la pièce d'observation. Kate voit le tout de suite le visage de Rick emprunt de tristesse lorsqu'il voit la jeune femme derrière la vitre sans teint. Tout en croisant les bras il va s'appuyé contre le mur et regarde la scène qui se joue de l'autre côté. Sa partenaire se tient près de lui et survole rapidement le dossier que la religieuse lui a donné. Et ce qu'elle y lit n'a rien à voir avec la fille qui se trouve dans l'autre pièce. À l'âge de dix ans elle a été placée dans ce foyer parce que sa mère avait dû être hospitalisée après que son mec l'ait tabassée un peu trop fort, une fois de trop. Le type purgea peine de sept ans à Attica, pour violence aggravée. Quant à sa mère elle avait passé son temps entre appartement et hôpital psychiatrique. Les coups répétés à la tête, avaient provoqué des dommages au cerveau qui eux, avaient déclenché une psychose. Cloé n'avait jamais pu revenir chez elle, sa mère étant incapable de s'en occuper.
C'était une jeune fille renfermée mais sérieuse, elle avait même de très bons résultats scolaires. Ce qui lui avait permis d'obtenir facilement une bourse pour poursuivre ses études. Seulement à sa majorité, lorsqu'elle n'a plus été obligée de rester au foyer, elle a voulu « vivre » sa vi avant de penser à l'université. Ce fut le début des ennuis pour la jeune fille. Elle est tombée amoureuse d'un jeune dealer de vingt cinq ans, qui l'a tout de suite subjuguée avec son fric et tout le « luxe » qui l'entourait. Attirée par l'argent facile et cette vie de fête constante, elle a laissé tomber l'idée de faire des études. Et c'est à ce moment là que son casier s'est rempli.
Casier qu'Esposito feuillette tout en lançant de temps en temps un regard à la jeune femme assise devant lui. Ryan lui, reste silencieux et observe Cloé. Elle est plutôt jolie, de taille moyenne elle a un visage ovale avec des yeux en amandes, un petit nez étroit et une bouche aux lèvres parfaitement dessinées. Ainsi que des pommettes saillantes et une longue chevelure noire. Mais, pour l'instant, tout ce qu'il voit c'est une droguée en manque. Les yeux rougis, les pupilles dilatées et tremblante. Elle a posait ses avant bras sur la table et essaie en vain d'empêcher ses mains de trembler aussi. Elle renifle ans cesse et passe régulièrement une main nerveuse dans ses cheveux pour replacer une mèche derrière son oreille. C'est l'hispanique qui va mener l'interrogatoire.
- Ça va Cloé ? Vous voulez boire ?
- Non ça va pas gros malin ! j'ai besoin d'une dose ! Vous avez pas le droit de m'interroger!
- Justement le médecin a donné son autorisation. Tu auras un substitut plus tard, il ne peut rien te donner maintenant.
- C'est ça ! Eh toi ! Le blondinet, tu peux pas lui dire de me lâcher à ton pote ! Et puis je fais quoi ici ?
- On te l'a dit en t'arrêtant, tu ne te rappelles pas ?
- Non, je ma souviens juste que vous avez parlé de Tonio. D'ailleurs il est où cet enfoiré ! Il a dit qu'il allait revenir vite, avec la bonne came ! Ce salaud s'est tiré en voyant les flics !
- Non, personne ne s'est enfui à notre arrivée. Précise Ryan qui voit une option pour instaurer un dialogue.
- Ouais, c'est ça, je vais te croire ! C'est une belle ordure, celui-là.il va me le payer quand je vais le revoir !
- T'as pas une petite idée de l'endroit où il devait aller chercher la came ?
- Je sais qu'il voit un type parfois au « Crasy's Bar » c'est dans la Bronx…. Toute façon depuis hier soir, il fait chier ! Il m'a planté dans la bagnole en début de soirée, une course à faire soi-disant. On devait aller à la nouvelle boîte qui vient d'ouvrir, au 'Black Panther ».
- Tu te rappelles à quelle heure vous y êtes arrivés ?
- Non.
- Allez, fais un effort, encourage gentiment l'irlandais.
- J'te le dirais, si on y avait été…mais non ! Seulement en rêve ! Putain de soirée !
Ryan croise le regard d'Esposito qui lui fait signe de continuer. Tous les deux ont compris que quelque chose à fait changer les plans de Tonio pour la soirée. Donc Kevin reprend d'une voix rassurante.
- Cloé, il faut absolument que l'on sache ce que tu as fait hier et si Tonio était avec toi.
- Pourquoi ? Il a fait une connerie ? A part la drogue bien sûr.
- C'est possible…alors tu veux bien nous aider ?
- Ouais, elle soupire et croise les bras. Il est passé me prendre chez moi vers 17h00. Il devait m'amenez au resto, mais avant il m'a dit avoir un truc à faire, voir un pote à lui. C'était pas très loin du foyer St Nicolas. J'étais assise sur le capot de la voiture à fumer un joint quand j'ai vu une des sœurs venir vers moi.
- Tu peux nous dire son nom ?
- Sœur Marie-Clarence, c'est une des vieilles, mais elle est sympa. Sauf hier, elle m'a prise la tête, ça m'a saoulé !
- Comment ça ? Tu veux dire que vous vous êtes disputés ?
Tout comme Espo, Ryan a noté le temps que Cloé a employé, le présent, ce qui veut dire qu'elle ne sait pas que la sœur est mort. Et dans son état, elle est bien incapable de jouer la comédie. La jeune femme tremble de plus en plus et s'agite de lus en plus sur sa chaise. Elle suit Esposito du regard lorsqu'il se lève et sort de la pièce. Il revient presque aussitôt avec un verre d'eau qu'il pose devant elle.
- C'est de l'eau sucrée, ça te fera du bien.
- … merci… elle en boit la moitié avant de dire ce qu'elle sait. Non c'est ça, j'étais super contente de la voir, c'est vrai, je vous jure ! Crie-t-elle devant l'air dubitatif des deux policiers. Elle a toujours était gentille avec moi lorsque j'étais au foyer. mais hier soir quant «elle m'a vu en train de fumer, ben elle a fait son job…elle a commencé à me faire la morale, donc forcément le ton est monté.
- Tu l'as frappée ?
- Non mais ça va pas ! OK j'ai fait le tapin, je reprends de la drogue mais jamais je taperai sur une bonne sœur !
- Ok je te crois, alors que s'est-il passé ?
- Tonio est arrivé, il m'a hurlé de remonter dans la voiture et a crié sur la sœur en lui disant de me foutre la paix. Ensuite il est monté, il m'a collé une baffe et on est parti.
- Et la sœur ?
- Ben, elle est partie de son côté.
- Et vous avez fait quoi après. Tu peux prendre ton temps pour ne rien oublier. C'est très important que l'on connaisse tous les détails.
- Tonio était furax après des types qui avaient mal fait un boulot. Il a aussi parlé d'une réunion qui allait emmerder son patron.
- C'est qui son patron ?
- Hook, le gars qui construit les immeubles.
- Bien, et après ? demande Ryan tout en prenant des notes.
- Ce que fait Tonio à chaque fois qu'il est en rogne et qu'il veut se détendre. Elle hausse les épaules, fataliste et poursuit. Il s'est défoulé sur moi, il m'a d'abord cogné et il m'a vi…
Elle ne termine pas sa phrase et baisse les yeux pour cacher ses larmes. Les deux hommes se regardent désolés d'apprendre comment Puggati traite Cloé. Derrière la vitre, ils se doutent que Beckett et Castle doivent être tout aussi en colère. Maintenant la jeune femme pleure sans retenue. Malgré tout Ryan reprend l'interrogatoire. Il n'apprécie pas plus que ça d'être obligé de le faire. Mais, s'ils veulent Tonio c'est le seul moyen.
- Cloé, je sais que c'est difficile, mais que s'est-il passé après ?
- Il…il a voulu se faire pardonner. Il m'a amené dans un resto super chic, j'ai mis une robe qu'il m'a offerte. C'est à la fin du repas, que l'on a prit de la drogue tous les deux. C'est un nouveau produit, une pastille à faire fondre sous la langue. Après avoir payé, je sais qu'il a reçu un appel et on est parti très vite. Je sais pas où on était mais il y avait plein de vieux immeubles, la drogue faisait déjà son effet. Il m'a dit de rester dans la voiture, j'avais trop chaud alors j'en suis sortie. Quand il est revenu, il m'a poussé à l'intérieur et on s'est tiré en vitesse. On est allé chez moi ce coup ci….ensuite je me rappelle pas. je me suis réveillée peu de temps avant votre arrivée, et Tonio s'était déjà barré.
- Ok, merci Cloé, on a fini. Un officier va te conduire en cellule, on va te garder pour consommation de produit illicite. Le médecin va aussi venir te donner ce qu'il faut pour que tu ailles mieux. Tu pourras sortir dans 48h00 ou plus tôt si tu paies ta caution.
- Peux pas, j'ai pas une tune ! Même ça, cet enfoiré me le prend ! Elle était en colère, j'espère que vous allez l'attraper ce fumier. Et puis pourquoi vous le cherchez, il a fait quoi ?
- Nous le soupçonnons de meurtre, explique évasivement Esposito qui ne tient pas à la perturber plus qu'elle ne l'est déjà.
- Qui ? Je connais peut-être la victime, je peux peut-être vous aider. si ça peut le conduire en taule !
- C'est…sœur Marie-Clarence, précise Ryan.
- Non ! Pas elle ! Pourquoi ? Elle se lève brusquement renversant la chaise. Il...il a fait ça à…à cause de moi ? Demande-t-elle incrédule. C'est…c'est parce qu'elle m'a parlée ? Elle s'énerve, ses gestes sont brusques. La sœur est morte à cause de moi ! NON !
Elle se met à faire des va et vient dans la pièce, en proie à une forte agitation. Les deux policiers se lèvent et essaient de s'approcher, mais elle est trop excitée. Elle se saisit de la chaise et la jette vers eux. Ils l'évitent de justesse, s'ils veulent la calmer, ils vont devoir recourir à la force et ça ils s'y refusent. D'autant plus que son état de manque n'arrange pas les choses. C'est alors que la porte s'ouvre et que Castle rentre dans la pièce. Beckett quant à elle reste sur le pas de la porte.
Les gars ne cherchent pas à comprendre lorsque l'écrivain leurs demande de le laisser faire. Ils obtempèrent et le laisse se diriger vers Cloé, qui s'est maintenant réfugiée dans un coin. Bras croisés sur la poitrine, elle pleure sans se préoccuper des personnes qui l'entourent. Rick marche doucement vers elle, mains tendues devant lui en signe d'apaisement.
- Cloé ? C'est Richard, tu te souviens ? Le « chouchou de Lily », sa voix est douce et rassurante.
- Oui… elle le regarde un instant, le visage ravagé par la tristesse. Elle est morte ! Morte par ma faute !
Contre toute attente, elle se jette dans las bras de Castle, enfouissant son visage dans son cou. Elle est en larme et incapable de parler. Les gars, encore une fois en reste bouche bée, décidemment leur ami est vraiment plein de surprise aujourd'hui. Ils se retournent vers Beckett l'air interrogateur. Mais, au lieu de leurs donner une réponse, elle leur fait signe de quitter la pièce. Ce qu'ils font, Ryan récupérant le dossier en sortant. Cependant une fois hors de la pièce Esposito veut des réponses.
- Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
- C'est une histoire compliquée.
- Ok, mais tu pourrais peut-être nous en dire un peu plus. Que l'on ait l'air moins idiot. Insiste-t-il.
- Castle est un ami d'enfance de la Mère Supérieure. Il connait aussi ce James Hook et son homme de confiance Tonio Puggati. On dira d'eux que ce sont ses ennemis d'enfance.
- Bon, on va faire avec….mais on n'en a pas fini. Ajoute Ryan tout aussi frustré que son partenaire.
- Remettons-nous au boulot. Pour notre affaire, vous allez convoquer James Hook qu'il vienne au plus vite. Je suis curieuse de voir ce qu'il va nous dire sur tout ça. Prévenez aussi les stups pour cette histoire de drogue.
- Si l'on pouvait trouver les types embauchés par Puggati ça nous arrangerait bien, soupire l'hispanique.
- Ça, c'est peut-être possible. J'ai demandé à Mr Lincoln de venir avec les personnes qui se sont faites « bousculées ». notre dessinateur les attend, avec de la chance on aura des portraits dans la journée.
- Tu penses que ce sont les mêmes qui ont saboté la chaudière et qui s'en sont pris aux habitants ? je ne sais pas Beckett, mais ça vaut le coup de voir de ce côté.
- Ok les gars, tenez-moi au courant. N'oubliez pas de fouiller dans la vie de ce Hook, vie privée et professionnelle. Je veux des munitions pour son interrogatoire.
- C'est en cours.
- C'est lui qui a mis Castle dans cet état ? Demande Javier en jetant un rapide coup d'œil à son ami.
- Oui, c'était…. Intéressant.
- Intéressant ? Vraiment ? Et dans quel état il est lui ?
- Ça tu le verras quant il sera là. Répondit Kate avec un sourire amusé.
Les gars la laissent et elle entre dans la pièce. Cloé est assise sur une chaise, Rick à ses côtés lui tenant la main. Elle a l'air plus calme, Castle sourit à sa muse lorsqu'il la voit s'approcher.
- Cloé, je te présente le lieutenant Kate Beckett.
- Ta muse ? ta Nikki Heat ?
- Tout à fait.
- Pas étonnant que Rook soit amoureux, vous faites un beau couple tous les deux.
- Je…nous…Non ! Il s'embrouille et n'ose plus regarder Kate.
- Vous n'êtes pas ensemble ? Elle semble surprise.
- Non, nous ne sommes pas ensemble, répond la détective, amusé par la gêne et la panique évidente de son partenaire.
- C'est pas ce que disent vos yeux lieutenant !
Un début de rire qui se transforme vite en une quinte de toux emplit la pièce. C'est au tour de Rick de s'amuser de la situation. Tout en remerciant sa bonne étoile que les gars n'aient pas témoin de ce qui venait de se dire. Kate se racle la gorge avant de reprendre.
- Comment vous sentez-vous maintenant ma Melle Bellmont ?
- Je ne sais pas… bien, vu la circonstance. Elle tremble toujours à cause du manque. Dites le toubib pourrait pas me filer la méthadone maintenant. J'en ai vraiment besoin, j'ai mal…s'il vous plait.
- On va vous conduire en cellule, je vais lui dire de venir vous voir.
- Vous êtes obligée de me garder aussi longtemps ?
- Désolée, c'est la procédure, on…
- Kate ? Je peux vous parler ? Demande Rick en se levant et en l'entraînant à l'écart. J'ai une proposition à vous soumettre.
- Allez-y.
Il lui expose son idée, puis ils retournent près de Cloé. C'est l'écrivain qui prend la parole.
- Ecoute Cloé, je vais payer ta caution et tu pourras sortir dès que le médecin se sera occupé de toi.
- C'est vrai ? Tu ferais ça ? Pourquoi ?
- Je veux t'aider, ça t'étonnes tant que ça ?
- Oui…t'es riche, t'as la belle vie. Qu'est-ce que ça peut te faire ce qui arrive à une fille comme moi ?
- Peu importe ce que tu fais, je veux aider la Cloé que j'ai connue au foyer. Celle qui voulait devenir, médecin ou institutrice et même astronaute.
- Elle s'est perdue depuis longtemps.
- Il suffit de la retrouver dans ce cas.
- Comment ? En retournant dans mon appart minable, sans boulot et en entendant un prochain Tonio…
- Non, en arrêtant tout ça, soigner ton addiction, refaire une mise à niveau et reprendre tes études.
- Comment, qui voudra encore de moi, où j'irai ?
- Tu connais la réponse Cloé. Il attend un peu avant de poursuivre. C'est ta dernière chance, on va te laisser un peu de temps pour y réfléchir.
N'attendant pas de réponse, il se lève et accompagné par Beckett, s'apprête à quitter la pièce lorsque la jeune femme l'interpelle.
- C'est d'accord…j'accepte.
- C'est une sage décision, je vais aller payer ta caution et j'appelle Lily pour la prévenir. Voyant l'inquiétude dans les yeux de Cloé. Ne t'en fais pas, je suis certain qu'elle sera heureuse de t'accueillir.
- Merci.
- Ça va aller maintenant.
- Tu me diras pour sœur Marie-Clarence.
- Que veux-tu que je te dise ?
- Si…si elle est morte à cause de moi.
- Ça m'étonnerait beaucoup qu'il ait fait ça parce qu'elle t'avait fait la moral. Crois-moi, ce n'est pas le genre à Tonio de se préoccuper des autres.
Ils sont sur le point de la laisser, quand Cloé lance.
- Lieutenant ! Je me rappelle d'une chose.
- Laquelle ?
- Je ne sais pas si c'est important, mais hier soir quand on est arrivé chez moi. Je me souviens que Tonio a planqué quelque chose dans une mes boîtes de céréales.
- Ça peut peut-être nous aider. il se peut que se soit le mobile du meurtre. Quand vous partirez, je vous raccompagnerai et avec votre permission je regarderai de quoi il s'agit. Vous êtes d'accord ?
- Oui, si ça peut faire mettre ce porc en cage.
L'écrivain et sa muse sortent de la pièce, laissant Cloé qui pleure en silence. Avant que Kate ait eu le temps de parler, Rick la devance.
- Je m'occupe de la caution.
- Et moi du médecin.
Ils ont encore l'une de leur conversation muette et chacun part de son côté.
Au même instant dans un vieil hangar à bateau à proximité du Brooklyn Navy Yard Hook, en bras de chemise, regardait le visage tuméfié et en sang de Tonio. Ce dernier vient de payer ses erreurs tout en servant de défouloir à son patron. Et il pleure comme un gosse, s'excusant, suppliant qu'il lui pardonne. Mais Hook n'est pas enclin au pardon d'autant plus que tout ça est une question trahison.
Après trente d'amitié, Puggati avait voulu montrer à la « famille » ce dont il était capable. Car, il s'avait que son boss était sur la sellette et il ne souhaitait pas l'accompagner dans sa chute. Il n'était qu'un employé, mais pouvait se payer des costards à 500$, une voiture de sport et un appartement tout près de Soho. Il n'avait fait ça que pour garder son train de vie. Pour le fric !
- Imbécile ! Tuer la sœur n'a fait qu'aggraver les choses !
- C'était un accident ! elle n'aurait pas dû être là !
- Ça suffit ! Les flics sont certainement en train de te chercher maintenant. Sans compter que cette brave Lily a appelé Rodgers pour l'aider !
- Ca…Castle ?
- Oui Castle ! L'ami du maire et des flics !
- Ecoute, je suis…
- Stop ! Dis encore une fois que tu es désolé et je te colle une balle dans la tête ! Sam va t'aider à quitter l'état. Tu vas partir pour Chicago et te faire oublier !
Hook est interrompu par la sonnerie de son téléphone. Il n'aime pas du tout le nom qui s'affiche, bien qu'il s'attendît à cet appel. C'est son avocat Arthur Wolfen.
- Bonjour Arthur, que voulez-vous
- …
- Très bien, quand ?
- …
- Je vous y rejoins, j'y serai dans une petite heure.
- …
- Parfait.
Il est blême lorsqu'il remet son cellulaire dans sa poche. Il s'approche de Tonio, toujours ligoté sur sa chaise. Le texan voit l'inquiétude se peindre sur son visage, il a raison d'avoir peur. L'entrepreneur lui balance son poing dans la figure à plusieurs reprises pour calmer la rage qui l'habite. Son avocat vient de lui dire que les flics veulent le voir pour informations sur une enquête en cours. Lorsque son ex-homme de confiance perd connaissance, il s'adresse à Conrad qui se tient, silencieux, à quelques mètres d'eux.
- Occupe-toi de lui.
- Ok patron….quel gâchis après temps d'années. Constate-t-il d'un ton neutre.
- Et fait ça comme il faut Sam, je veux qu'il disparaisse.
- Tu peux compter sur moi James.
- Je sais, tu as toujours était le plus sûr des deux. Et passe aussi fouiller l'appartement de sa nana et récupère ce qu'il y a planqué. Ça pourra peut-être m'aider.
Hook ne se retourne même pas en entendant le « plop » du silencieux. Le « marteau-pilon » avait cessé d'exister. Heureusement il sait qu'il peut se fier à la loyauté de Sam. Lui ne le trahira pas, il est trop malin pour commettre cette erreur.
Depuis la salle de repos où elle vient de préparer deux cafés, Beckett regarde la pièce où le dessinateur travaille avec l'aide des cinq témoins dont Ryan lui a parlé. Elle espère que cela va donner un résultat exploitable. La jeune femme est rejointe par Castle et Esposito qui arrivent en même temps. Elle tend la tasse à l'écrivain qui la remercie d'un sourire alors qu'Esposito prend la parole.
- J'ai des infos sur notre «Capitaine Crochet», il voit sa collègue lever les yeux au ciel et le sourire à peine contenu de Rick. Il a toujours obtenu les meilleurs appels d'offres de la ville de New York. Ce qui lui a permis de faire d'énormes bénéfices et d'être aussi un des principaux employeurs du bâtiment. Tout allait bien jusqu'à il y a cinq ans, avec la crise il a commencé à voir ses contrats diminuer. J'ai vérifié, à cette époque, sa boîte était au bord de la faillite.
- Laisse-moi deviner la suite, il a miraculeusement trouvé des investisseurs.
- Tout juste ! Un vrai miracle oui. Là où ça devient intéressant c'est que tout de suite après il a obtenu un très gros marché de la ville.
- Ce qu'il laisse supposer qu'il paie une personne à l'urbanisme pour avoir ces contrats.
- Tout à fait Bro, c'est ce que j'ai pensé aussi. j'ai demandé un mandat pour avoir accès aux comptes de sa société.
- Parfait, continue à fouiller. Vous avez pu le joindre ?
- Lui non, mais Ryan a parlé avec l'avocat de l'entreprise, ils devraient être là tous les deux dans une heure.
- Ok, je vais m'en occuper. Castle vous voyez le Maire, vous pourrez….
- Lui parler d'éventuels Pots-de-vin versés à un des conseillers à l'urbanisme. Oui, bien sûr. Termina-t-il en souriant. Espo, tu peux me donner la liste des marchés obtenus par Hook ?
- Je te prépare ça.
Une fois leur collègue parti, Castle est le plus rapide et lance.
- Ça sent l'argent sale tout ça.
- Oui, je suis d'accord. Ce qui expliquerait son « empressement » à commencer les travaux. Il doit subir de fortes pressions de la part de ses « investisseurs »
- Je vous parie que les fonds lui ont été versés à partir de comptes off-shore.
- Dans ce cas nous passerons l'affaire aux fraudes.
- Comment va Cloé ? Vous voulez que je la raccompagne ?
- Elle va bien et je pourrai la l'emmener. Le médecin veut qu'elle reste ici encore deux petites heures pour être certain qu'il n'y ait pas de problèmes.
- C'est une gentille fille, j'espère que ça ira pour elle maintenant. Soupire Castle.
- Ce que vous faites pour elle est déjà un bon début. Et, je peux dire sans me tromper que votre amie Lily est ravie de l'aider.
- Oui, elle l'attend avec impatience. Au moins au foyer, personne ne jugera Cloé. C'est déjà ça.
Quelques temps plus tard, Beckett, Castle et Ryan sont devant le tableau et observent les deux portraits robots, que l'irlandais y a fixés.
- J'ai lancé un avis de recherche sur ces deux types et l'ordi du labo est en train de faire une reconnaissance faciale avec notre « album de famille »
- Parfait, je…
- Alors Beckett, vous avez avancé dans l'enquête ? L'interrompt Gates.
- Oui monsieur, nous avons le portrait de deux suspects qui « agressaient » les habitants du quartier.
- Très bien, si vous avez besoin de plus d'hommes dite-le. Cette affaire a mis l'opinion publique en émoi et la pressa ne va pas nous lâcher…
Elle s'arrête en voyant deux hommes se diriger vers eux. Le plus petit tenant un attaché-case doit être un avocat. Quant à l'autre au visage orné d'un pansement, c'est sans aucun doute James Hook. Elle note tout de suite le regard noir qu'il lance à Castle, qui lui, reste totalement neutre. Elle décide donc de prendre les devants.
- Je suis le Capitaine Gates, bonjour messieurs.
- Maître Wolfen, mon client Mr James Hook. Je n'ai qu'une seule question avant de laisser mon client répondre aux vôtres. Mon client est-il accusé de quoi que ce soit ?
- Non Maître, nous désirons juste l'entendre pour l'instant en tant que simple témoin.
- Très bien. Toutefois Mr Hook de souhaite pas que Mr Castle assiste à cet interrogatoire. Il fait une pause et avec un faux sourire poursuit. Il y voit un conflit d'intérêt, ces messieurs ayant un différent de longue date, je ne peux qu'appuyer la demande de mon client.
- Je suis d'accord, les lieutenants Beckett et Ryan mèneront l'interrogatoire. Si vous voulez bien les suivre.
- Merci Capitaine Gates.
Alors qu'ils se dirigent tous les quatre vers la salle n°2, Gates fixe l'écrivain avec un petit sourire.
- Hum, pas mal pour un écrivain, je n'aurai pourtant pas misé sur vous.
- Disons que j'avais la motivation nécessaire.
- Qu'est-ce que vous faites encore là ? ! Allez les observer, puisque vous semblez connaître ce Hook, cela peut-être utile d'avoir votre opinion sur ce qu'il va répondre.
Castle ne se le fait pas répéter et file, non s'en avoir remercié Gates d'un bref signe de tête.
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