Je poste le chapitre 2 dès aujourd'hui, histoire de ne pas faire trainer le récit. Aviez-vous deviné qui était qui ?
- « Mlle Sawyer, Mr Dibalsky vous attend dans son bureau ».
« Enfin » se dit-elle, après trois quart d'heure d'attente, elle commençait à trouver le temps long. « Et tout ça pour ça, encore un coup dans l'eau, à tous les coups. ». Ce faisant, elle prit son sac et sa pochette, et entra dans le bureau dont la porte avait été ouverte par la secrétaire.
- « Bonjour, asseyez-vous, mademoiselle. Paul Dibalsky. Que puis-je pour vous ?
- Je viens pour vous présenter de vive voix le projet dont nous avons parlé au téléphone l'autre jour. » Devant les yeux apparemment sans étincelles de son interlocuteur, Peyton précisa « Le projet Musiquécole. »
- Ah oui, ce projet là. Intéressant, j'avoue. Vous disiez donc que vous pouviez me montrer les ébauches ?
- Tout à fait. C'est un projet que j'entends mener avec les écoles de la ville, avec des interventions dans les établissements et dans mon propre établissement, le Tric, autour de la création artistique, pour leur faire toucher du doigt l'intérêt de s'ouvrir à la culture et à la musique plus particulièrement. Le projet consiste à faire créer à chaque niveau scolaire intégré dans la démarche une activité culturelle liée à la musique, chorale, orchestre musical ou de percutions, et…
- Je vois, la coupa-t-il. Et vous venez me demander un financement à la hauteur de votre…. « projet ».
Cette interruption agaçât Peyton. Elle n'aimait pas les banquiers, et celui-là, particulièrement. Mais elle conserva son calme, l'avenir de sa société en dépendait.
- « Oui, tout à fait, mais seulement parce qu'il me faudra investir dans du matériel, et avancer les fonds de la deuxième partie du projet, celle de la mise sur pied d'un festival jeunes et musique. » Sur ces mots, elle lui tendit une plaquette résumant les propos qu'il ne lui avait pas laissé finir.
- Eh bien, Mlle Sawyer, c'est un projet ambitieux que vous avez là… j'en parle à mes associés, et je vous recontacte. Je ne vous raccompagne pas, j'ai d'autres clients » conclut-il, tout en se levant et en lui indiquant la porte gracieusement.
« Encore un qui ne me rappelleras jamais » pensa Peyton en sortant du bâtiment. Le froid la saisit d'un coup, et elle revint à la réalité. Le mois de septembre était plutôt dur cette année et l'été indien promis par les chaines météo se faisait attendre… Tant pis. Elle accéléra le pas et se retrouva rapidement chez elle. Dieu qu'elle aimait cette maison, malgré tout ce qu'elle contenait de malheurs et de souffrance. Elle grimpa les escaliers quatre à quatre, et fouillant deux minutes dans son armoire, dégota un pull qu'elle enfila sur le champ. Puis, dévalant les escaliers dans l'autre sens, elle attrapa son sac jeté là en entrant et repartit en direction du café où ils avaient leurs habitudes.
- « Désolée les filles, je suis en retard…
- Pourquoi cela ne nous étonne plus ? lui glissa dans un rire Haley, installée confortablement dans son fauteuil. Sur ces mots, elle fit un signe au barman et commanda sans un son un café crème.
- Ce sera plutôt un Manhattan, corrigea Peyton, j'ai envie de me faire tourner la tête ce soir. Et comme ce ne sont pas les hommes d'ici qui y arrivent, il faut bien compenser autrement ».
- Ca, j'en conviens, et j'approuve même, murmura Brooke doucement. Et puis, après tout, pourquoi pas. Joe, la même chose, mais en double, ce soir, j'oublie tout !
- N'oublie pas les clefs de chez toi en partant, c'est tout ce que je demande, lui répondit la voix de Joe, déjà en train de préparer leur verre.
- Tu as raison Brooke, lui dit Haley, oublie que depuis deux ans, tu ne sors pas, en dehors de cet unique jeudi par mois, et ce pour une excellente raison… »
Répondant d'un sourire trop appuyé pour être vrai, Brooke ne put s'empêcher de repenser à ces deux ans passés. Depuis que son histoire avec Lucas avait repris, elle avait quelque peu transformé son style de vie. D'agitée chronique comme l'appelait Peyton, elle était devenue une vraie casanière, presque pantouflarde par moment. Elle avait arrêté de courir les restaurants, les bars et les clubs branchés où elle vidait chaque soir son esprit, et son compte bancaire. Grâce à lui. A cause de lui, disaient certaines anciennes copines de sorties. Pourtant, elle ne regrettait rien de ces trois dernières années. Il l'avait accueilli gentiment après l'incendie de son appartement, et il l'avait hébergé sans rien lui demander. Après tout, cela lui faisait de la compagnie, et il en avait besoin à ce moment-là. Un soir, poussée par une force étrange, elle l'avait retrouvé dans sa chambre, et s'était allongé à ses côtés. Sans dire un mot, ils avaient passé la nuit ainsi, côte à côte, et la suite n'avait été que du bonheur. Ils n'avaient jamais évoqué cette nuit-là, mais ils étaient heureux. Et cela lui suffisait, même si elle avait perdu quelques copines de fiesta.
Peyton la sortit de ses pensées. « Alors, et ton entretien ? Dis-moi que cette fois-ci, tu n'as pas renversé les mannequins en sortant …
- Bah, tu sais, comme d'habitude, j'attends une réponse. Mais pour vendre des pantalons à des mamies, pas besoin d'avoir trop d'expérience. Cela devrait aller, en attendant ».
Haley intervint.
- « Mais pourquoi t'obstines-tu à passer ces entretiens, à postuler pour ces emplois que tu n'aimes pas, et que tu abandonnes trois mois plus tard ? Tu as du talent Brooke, tu le sais, tu devrais persévérer dans ta voie, et ne pas laisser un échec réduire ta vie à deux slips et trois chaussettes dans une boutique minable du centre-ville.
- J'en sais rien, tu sais, recommencer à zéro, c'est dur, et je ne sais pas si j'en ai le courage… Devoir faire ses preuves, se battre jour après jour pour être entendue, ce n'est plus de mon âge. » En disant cela, elle se rendit compte elle-même de la bêtise qui venait de sortir de sa bouche. Plus de son âge à 25 ans… Elle éclata de rire en même temps que ses deux amies.
- « N'importe quoi, Brooke ! Comme si certaines personnes pouvaient résister à B. Davis ! » Peyton riait aux éclats. « Même le facteur en pince pour toi, alors, séduire des investisseurs, des actionnaires et des clients, c'est de la tarte ! Pas comme ta copine, qui a encore essuyé un refus… » Devant la mine attristée de son amie, elle ajouta « Haley, je te promets, notre projet se concrétisera un jour, mais il semblerait que cela ne se fasse pas avec la Disponibili-Bank »
- « De toute manière, avec un nom pareil, rien ne risque de se faire avec eux » conclue Brooke, dans un rire. « Allez, assez parlé boulot, si on parlait du reste. Haley, et ce documentaliste dont tu nous as si loooonguement parlé le mois dernier ? Il s'arrache les cheveux devant ton sourire ravageur ? »
Un chapitre un peu court mais j'espère que cela vous a plu !
Merci pour les reviews !
