Hey, nouveau chapitre les gars :D

Enjoy ^^


A l'instant même où je posais le pied dans la chambre, je sus immédiatement que je m'y plairais sur le long terme. Elle n'était pas spécialement grande, ni très meublé (deux lits, deux bureaux, deux armoires, ainsi qu'une porte coulissante menant à la douche et aux toilettes), mais elle était suffisamment spacieuse pour installer Dante près du radiateur (une place qu'il affectionnait particulièrement) sans que cela ne gêne. En tout cas, c'était bien plus grand que ma chambre à moi, à la maison.

Satisfait, je laissais entrer mon chien, qui se mit à renifler un peu partout, et commençais à vider ma valise dans mon placard. Une fois cela fait, je m'apprêtais à sortir visiter les environs lorsque les mots de mon désormais professeur me revinrent. Visiblement, on ne recrutait personne au hasard ici. Ils savaient déjà pour Dante. Mais pour moi ? M'asseyant sur mon lit, je sortis ma nouvelle carte étudiante, où plusieurs champs manquaient à l'appel:

NOM: Rivera

PRÉNOM: Miguel

ANNÉE: 1

AGE: 16 ans

CAPACITÉ PARTICULIÈRE: ?

RANG: ?

FAMILIER: Rang C

Plusieurs questions se bousculaient dans mon esprit. J'en savais encore trop peu sur cet endroit pour être rassuré. Dépité, je décidais donc d'accorder ma guitare, qui n'avait heureusement pas souffert du voyage. Je m'apprêtais à gratter quelques accords lorsque la porte s'ouvrit, laissant entrer mon camarade de chambre.

Avant toute chose, sachez que je ne suis pas du tout hautain ou prétentieux, et encore plus lorsqu'il s'agit de ma carrure. Je suis mince et vraiment petit, surtout pour un garçon de mon âge censé avoir déjà commencé sa poussée de croissance (1m60 au compteur, il y avait des filles de 15 ans qui baissaient la tête pour me regarder dans les yeux). Mais mon coloc...

Dans le genre gringalet tout frêle, y a pas à dire, il me battait à plate couture. On devait faire à peu près la même taille, mais il se tenait légèrement courbé et détournait les yeux, comme s'il avait peur de quelque chose, ou quelqu'un. Tout comme moi, sa coupe ne ressemblait à rien, et ses cheveux bruns partaient dans tous les sens. Ce genre de mecs, clairement, ils se faisaient bouffer dans mon quartier.

Me rappelant de l'attitude de Jack quelques heures plus tôt, je tendis la main vers lui.

-Salut, moi c'est Miguel.

A ma grande surprise, il me lança tout de suite un grand sourire avant de me serrer la poigne.

-Moi c'est Harold.

Il s'exprimait avec un accent... Différent. En tout cas, il n'était pas américain.

-Tu viens pas d'ici, si ?

-Non, je viens d'une petite île en Europe.

-Nan, sérieux ? T'as fait tout le trajet juste pour venir ici ?

-Oh tu sais, me répondit-il tout en vidant sa valise, des fac comme celle-là y en a pas d'autres au monde.

Je hochais la tête distraitement, l'esprit ailleurs. J'avais toujours rêvé de visiter l'Europe. Quand maman était encore là, on prévoyait d'y passer quelques jours de vacances d'ici quelques années. Mais bon, il faut croire que beaucoup de choses avaient changé depuis.

Pris d'une soudaine mélancolie, je me mis à jouer sans réfléchir. Dans ces moments là, je fermais les yeux et laissais mes doigts s'exprimer librement, improvisant une suite d'accords en fonction de mon humeur. Je me laissais alors transporter par la musique, sans tabous. La présence d'Harold ne me dérangeait pas. En vérité, le seul moment où ma timidité disparaissait complètement, c'était à l'instant même où mes doigts commençaient à pincer les cordes. Plus rien ne comptait. Juste moi, et ma guitare. Je m'apprêtais même carrément à chanter lorsqu'une sonnerie stridente retentit. J'ouvrais les yeux en sursautant, un peu confus. Ce retour à la réalité m'étais désormais familier, aussi n'étais-je pas surpris de voir que le soleil amorçait déjà sa descente.

Harold, lui, me regardait bouche-bée. Sa valise étaient dans le même état que précédemment, comme s'il n'avait fait que m'écouter durant l'heure et demie qui s'était écoulée.

-Mec, t'as un putain de don.

Je rougis légèrement, embarrassé. Maintenant que j'avais fini, la timidité reprenait ses droits.

-Je crois que ça annonçait l'heure du dîner.

Mon coloc se contenta de hocher la tête, tout en continuant de me lorgner. Je décidais donc de sortir en premier, Dante sur mes talons, pour me diriger vers le réfectoire, qui se trouvait dans le bâtiment administratif, au premier étage.

Une fois arrivé, je compris directement que le professeur Merlin était passé par là. C'était trop grand. Immense même. Au moins trois cent élèves faisaient la queue face à un immense buffet, en self-service, mais j'étais pourtant sûr que nous ne remplirions pas toutes les tables. Énormément de plats étaient proposés, venant des quatre coins du monde. Visiblement, les cheeseburgers étaient les plus prisés, mais au fur et à mesure que les élèves se servaient (certains en mettaient même quatre ou cinq sur leur plateau), la pile ne semblait pas diminuer. Mon plateau à la main, j'hésitais encore sur la démarche à suivre lorsqu'une odeur parmi les centaines de mets présents attira mon attention. Des enchiladas. Rares étaient ceux qui se bousculaient devant cette pile, aussi me servis-je généreusement. Je m'emparais également de quatre pilons de volaille, puis cherchais ensuite un endroit tranquille où m'asseoir. Peine perdue. Il y avait de l'espace, certes, mais pas moyen d'être isolé.

-Eh, Miguel mon pote !

Je tournais la tête. A quelques mètres de là, Jack était déjà assis, une énorme montagne de burgers sur son assiette. Face à lui était assis un autre type, un blond visiblement assez imposant, qui enfournais de grosse cuillerées de macaronis au fromage.

-Yo, saluais-je en m'installant.

Dante me suivit et s'assit par terre. Je lui lançait un premier pilon, qu'il s'empressa de dévorer à pleine dents.

-Je te présente Kristoff, mon coloc.

-Moi c'est Miguel.

-'Lut, articula l'intéressé la bouche pleine.

Cela me rappela que j'avais laissé Harold tout seul. Je n'eut guère le temps de culpabiliser, car l'intéressé s'invita quelques instants plus tard à notre tablée.

-Hey. Miguel, c'était vraiment pas cool...

-Désolé mec. T'as vu la queue ? Fallait qu'on grouille.

-Abuse pas, ricana Jack, personne ne fait la queue pour les enchiladas.

Ni une ni deux, avant même que je puisse réagir, il s'empara de l'une d'entre elle et l'enfourna en une bouchée. Kristoff, lui, avait déjà fini, et s'était levé pour se resservir.

-Alors, Miguel le tombeur, t'as déjà repéré quelques cibles potentielles ? Me lança-t-il avec un clin d'oeil.

-Quoi ?

-Mec, tu t'es déjà entendu jouer ? Crois moi, avec ça, tu ramènes qui tu veux dans ton lit.

-Je... Attends, tu m'as entendu ?

-Un peu que je t'ai entendu, c'était tellement transperçant que toute l'école a dû t'entendre.

Instinctivement, je blêmis. J'étais pourtant sûr d'avoir réussi à garder le contrôle...

-Eh, fais pas cette tête, dit Kristoff qui revenait avec une assiette de pâtes encore plus impressionnante que la précédente. Il plaisantait, c'est juste que notre chambre est juste en dessous de la vôtre.

-Et puis, il n'a pas tort lui non plus, rajouta Harold. Tu joue hyper bien mec, personne ne joue aussi bien chez moi.

-Tu viens d'où au faite ? Questionna le blond.

-Beurk.

-Hein ?

-Les gars, vous voyez ce que je vois ? Les interrompit soudain Jack en frappant violemment sur la table, faisant sursauter Dante qui enchaînait son troisième pilon.

-Quoi ?

-Les deux blondes là-bas. Elles sont ma-gni-fiques.

Je me retournais pour vérifier et, effectivement, la nature les avait gâtées. La première avait les cheveux lisses et très longs. Elle avait des yeux verts et un sourire franc qui faisait tout son charme. Elle regardait tout ce qui se passait autour d'elle, émerveillée. Elle inspirait la sympathie. La seconde avait plutôt les cheveux couleur platine, mais ça lui allait très bien. Légèrement maquillée, elle avait la peau pâle, bien mise en valeur par son rouge à lèvres. Elle regardait sa compagne avec bienveillance, tout en balayant la foule du regard, à la recherche de quelqu'un sans doute. Elle semblait très calme, et dégageait une sorte de maturité. Elle se tenait droite, la tête haute. Son attitude avait quelque chose de... Royal.

-T'es vraiment en chien mon pote, fit remarquer Kristoff.

-La ferme. Laisse moi admirer le paysage en paix.

-Tu préfère les blondes donc, lança Harold, rentrant dans la danse.

-Et comment. Surtout celle qui est maquillée là. Je te promet que je vais me la...

-Ok c'est bon, on a compris, rigola le brun.

Pour ma part, je préférais rester silencieux. Il fallait croire que les relations amoureuse, c'était pas vraiment mon truc.

-Tiens d'ailleurs, en parlant de blonde, elle est pas mal celle-là, non ? Dit Kristoff en désignant un groupe de personnes du menton.

-Ouais, vraiment pas mal. Par contre sa pote est moche comme un pied.

A l'instant où Harold posa les yeux sur ledit groupe, il se tendit soudainement. Un éclair d'appréhension brilla brièvement dans son regard.

-Je rêve où ils se dirigent vers nous ? Dit Kristoff en plissant les yeux.

-Peut-être qu'elle vient me demander mon numéro ?

-Dans tes rêves.

Le fait est qu'ils s'approchaient vraiment. Cependant, leur attention semblait focalisée sur Harold, qui avait l'air de faire de son mieux pour devenir invisible.

Ils étaient quatre. Outre les deux filles repérées par Kristoff, l'une d'elle (la plus... la moins gracieuse, disons) était accompagnée d'un type qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Il avait même laissé pousser ses cheveux en deux tresses soignées. Le quatrième membre de la bande, qui semblait être le chef, était aussi brun qu'Harold, et ses cheveux étaient encore plus décoiffés (je savais même pas que c'était possible de faire pire), mais la ressemblance s'arrêtait là. Il était petit, certes, mais le genre de nain qui a trop poussé à la salle pendant sa croissance. Et ses yeux brillaient de méchanceté.

-Alors tocard, ça te plaît cet endroit ? Dit-il en posant tranquillement sa paume juste à côté du plateau de mon coloc.

Jack cessa aussitôt de reluquer la blonde pour se concentrer sur le nouveau venu.

-Qu'est-ce que tu veux Rustik ?

Apparemment, ils se connaissaient depuis longtemps. Au vu de l'accent de notre interlocuteur, il se pourrait même qu'ils viennent du même pays. Voire de la même région.

-Rien, juste te montrer mon super badge, répondit l'intéressé avec un sourire arrogant. Ils ont évalué ma capacité spéciale tu sais ? C'est du rang B. Et toi ?

Aussitôt, les jumeaux se mirent à ricaner bêtement. Je sentais la vieille vanne foireuse arriver.

-Ah bah non, j'oubliais... T'en as pas encore dressé un, pas vrai ?

Etant donné son comportement, je m'attendais à voir Harold baisser la tête et se recroqueviller sur lui-même. Au lieu de quoi il serra les poings.

-Viens-en directement aux faits.

Le brun perdit son sourire et frappa soudain violemment sur la table, faisant sursauter mon chien qui se mit à gronder.

-Ecoute, t'as strictement rien à faire ici. On te l'a pas dit à l'inscription ? C'est pour des gens aux capacités spéciales. Et toi, t'en a pas.

-Qu'est-ce que ça peut te faire ? Que je sache, il faut également des capacités cérébrales pour être diplômé. Et toi...

Visiblement, la jolie blonde suivait cet échange avec intérêt malgré la nonchalance qu'elle affichait. Peut-être était-ce mon imagination, mais ses lèvres semblaient s'être légèrement retroussées en un sourire amusé après la remarque d'Harold. Mais elle avait rapidement retrouvé son attitude stoïque.

Malheureusement, ça n'avait pas échappé au dénommé Rustik, qui rougit de fureur.

-Comme d'habitude, tu l'as bien cherché tocard. Dehors. Maintenant.

Mon camarade baissa les yeux, résolu. Visiblement, ce genre de scène se répétait souvent, peut-être même chaque fois qu'ils se croisaient. Il semblait décidé à se battre, mais j'étais prêt à parier qu'il se faisait étaler à chaque fois.

-Quatre contre un, t'es pas sérieux ? Intervint soudain Kristoff.

-On t'as pas sonné mon gros. Retourne bouffer tes pâtes et laisse nous régler ça entre Beurkiens.

Lentement, le blond se leva. Il marcha tranquillement jusqu'à Rustik, puis se redressa de toute sa taille. Je ne l'avais pas encore pleinement remarqué, mais il était vraiment super grand. Et beaucoup plus baraqué que son adversaire.

-Beurkiens, dit-il en penchant son visage vers lui, c'est quoi ça ?

A ma grande surprise, le plus petit soutint son regard. C'était une brute après tout. Il avait sûrement déjà combattu plus fort que lui. Et il avait visiblement déjà gagné quelques fois.

-Une fois encore, personne ne t'as sonné. Retourne t'asseoir gentiment avant qu'il ne t'arrive un truc pas cool.

J'étais presque sûr que Kristoff allait le tordre à cet instant là, mais Dante aboya violemment, faisant sursauter plusieurs personnes autour de nous. Rapidement, notre petite altercation devint le centre de l'attention.

-Il est à qui ce clebs ? Lança le brun avec dédain, visiblement légèrement gêné par tous ces regards.

Je n'en menais pas large non plus, mais je décidai de venir en aide à mon coloc.

-C'est mon, euh... Familier de rang C, improvisais-je en montrant à mon tour mon badge.

Visiblement, j'avais fait mouche. Plusieurs murmures se firent. La blonde me lança un regard intrigué, que je soutint sans ciller. Visiblement, elle n'adhérait pas aux actes de son camarade car elle ne ricanait pas à ses railleries, contrairement aux jumeaux. Elle semblait même prendre parti pour Harold. Alors pourquoi ne faisait-elle rien pour le soutenir ?

Elle se contentait d'observer. Notre adversaire, lui, ne savait plus qui foudroyer du regard, entre Harold, Kristoff, Dante, et moi.

-Ah, on joue à exhiber son badge ? Lança soudain Jack alors que la tension était à son comble.

Il posa le sien sur la table, bien en évidence. Tous ceux qui étaient à portée se penchèrent pour lire.

NOM: Frost

PRÉNOM: Jack

ANNÉE: 1

AGE: 16 ans

CAPACITÉ PARTICULIÈRE: Manipulation de fluide élémentaire/Manipulation thermique

RANG: A

FAMILIER: Aucun

Cette fois-ci, Rustik blêmit. Même Harold resta bouche-bée. La blonde, quand à elle, siffla, impressionnée.

-Je suis fatiguée, dit-elle soudain. Kogne, on s'en va.

-Astrid ? Qu'est-ce que...

Elle tourna aussitôt des talons, suivie de l'autre fille. Sa voix était posée, mais autoritaire. Elle savait ce qu'elle voulait, et montrait qu'elle s'occuperait personnellement de quiconque se mettrait en travers de son chemin. Le jumeau sembla hésiter entre suivre sa soeur et rester auprès de Rustik, qui semblait désemparé. Il finit néanmoins par se reprendre.

-Je laisse passer pour cette fois, cousin. Mais crois-moi, la prochaine fois, t'es carrément mort.

Il s'éloigna à son tour sous le regard de la foule. L'incident était clos.

Peu à peu, les élèves se dispersèrent, et les conversations reprirent bon train. Les regards ne cessaient cependant pas de converger vers nous, d'autant plus qu'il était facile de deviner le sujet de leurs bavardages.

-Bon, dit Jack en brisant le silence qui s'était installé à notre tablée, quelqu'un veut du dessert ?


Voilà voilà pour aujourd'hui ^^

J'admet que l'histoire avance un peu lentement au début mais ne vous inquiétez pas, ça ira de plus en plus vite au fur et à mesure ;)

J'aimerais poster plus souvent, mais avec les partiels qui arrivent ça va être légèrement tendu, mais bon ^^'

N'hésitez pas à fav/review/follow ^^