Remus n'avait jamais passé une semaine aussi mouvementée de sa vie. On était le premier vendredi de la tournée et il avait déjà assisté à trois concerts, une séance photo et une conférence de presse désopilante...et tout ça, c'était juste dans le cadre de la promotion du nouvel album. Les garçons avaient également la lubie de sortir tous les soirs et jusqu'à présent, ils avaient réussi à l'entraîner avec eux à chaque fois.

Quand ils ne voyageaient pas, ils insistaient pour visiter chaque magasin ou bar du coin et avaient jusqu'ici accumulé un set de clubs de golf avec lesquels ils jouaient sur le toit ouvert du bus, un énorme drapeau anglais qui, occasionnellement, servait de sac de couchage, et un ukulélé vert que James avait pris l'habitude d'amener sur scène.

Le constant chaos ne gênait pas tellement Remus, même s'il était plutôt le genre de personne à aimer rester chez lui et se couler dans son fauteuil avec une tasse de chocolat chaud et une copie du NME à la main. En tant qu'invité et, surtout, en tant que Le Journaliste, il n'était pas en position de se plaindre.

Retranscrire autant que possible la vie de Blue Stag était parfois difficile, considérant le nombre de gens qui semblaient graviter autour d'eux – la plupart d'entre eux non-invités – même s'il avait remarqué quelques personnes que les garçons semblaient réellement apprécier. Cela incluait un très grand type à l'air morose avec des cheveux blond sale (1) et une jolie fille rousse que Remus avait pris pour une simple amie du groupe, avant de tomber une nuit sur elle et James dans une situation plutôt compromettante dans un bus autrement vide (on lui suggéra très rapidement de "peut-être laisser Lily hors de l'article, hein ?").

Ça lui arrivait souvent de tomber sur des gens entrelacés. Il reportait la faute sur le manque de compartiments séparés dans le bus, qui n'était pas exactement un des luxueux bus-couchettes dont Remus avait entendu parler, mais un bus à impériale reconverti par, semblait-il d'après les finitions de la rénovation, les membres du groupe eux-mêmes.

L'étage supérieur était à moitié couvert d'un toit et la plupart des sièges avaient été arrachés et remplacés par des couchettes d'aspect douteux et si inconfortables que le groupe choisissait bien souvent de dormir par terre. Ils avaient aussi peint des Union Jacks (2) sur les côtés du bus, juste au cas où la vue d'un bus à impériale délabré brinquebalant sur l'autoroute n'était pas assez étrange en soi.

« Mon oncle avait l'habitude de faire des visites guidées très bon marché de Londres. Puis un jour, on l'a attrapé sur le fait et du coup, il a dû se débarrasser de la belle. » avait expliqué James, le premier jour, caressant amoureusement la fenêtre à côté de lui. « On commençait tout juste à monter le groupe alors on lui a demandé si on pouvait l'avoir. Depuis, elle est restée avec nous. Alors, pourquoi casquer du fric pour un truc classe quand ce bus fait tout aussi bien l'affaire ? »

Pourquoi, en effet, se demanda Remus. Pour avoir un lit digne de ce nom, peut-être ? Et un siège qui ne vous engourdissait pas les fesses ? Une salle de bains ne serait pas de refus non plus, mais son principal souci était que tout ce truc semblait complètement illégal.

« Pourquoi ? » avait ri Sirius, quand Remus avait suggéré l'idée. « Lester a son permis. Pas vrai, Lester ? »

"Lester" était le chauffeur du bus, et probablement l'homme le plus malheureux que Remus ait jamais rencontré. Il n'avait jamais vu quelqu'un être aussi vide d'expression tandis qu'il insultait une autre personne. Les membres du groupe étaient des "gobelins geignards" et Remus une "ordure du West Country" (3), parce qu'il était journaliste et, du coup, tout aussi mauvais que ce "paquet de connerie sans talent" que Lester était obligé de conduire à travers le pays.

En fait, la plupart des gens semblaient avoir un problème avec Remus. Il pouvait seulement supposer que c'était parce qu'il était un journaliste et qu'il n'avait pas eu l'occasion de parler à la plupart d'entre eux (à moins qu'il ne pue la rage, ce qui était une pensée horriblement gênante).

Même James, qui s'était considérablement rapproché de Remus depuis leur première rencontre, semblait toujours un peu méfiant quand il était avec lui. Peter était carrément soupçonneux ; quand il n'avait rien d'autre à faire, il posait souvent des questions à Remus sur Soundscape et, réagissait à n'importe quelle réponse avec des yeux étrécis et des « Je n'en ai jamais entendu parler ! ».

Sirius et Fabian étaient bien plus à l'aise avec lui. Ils ne le mettaient jamais de côté parce qu'il était journaliste et du coup "un des mauvais". La différence entre Sirius et Fabian, cependant, était que, alors que Fabian était toujours totalement réaliste et avait l'air défoncé même quand il ne l'était pas, Sirius pouvait passer de votre meilleur pote décontracté à votre nouvel ennemi en à peine quelques secondes. Il se mettait très facilement en colère. Et pour empirer les choses, James aussi. Bien que Remus avait lu des anecdotes là-dessus dans les articles que Benjy lui avait filé, c'était assez déconcertant de le voir en vrai, surtout quand les deux garçons avaient bu (quelque chose de courant dans le bus, et à quoi Benjy lui avait dit de se préparer à l'avance).

James, apprit-il, était généralement celui qui provoquait les disputes. Il aimait asticoter tout le monde jusqu'à un certain point mais cela semblait affecter les nerfs de Sirius plus que les autres, même si ces deux-là étaient censés partager une si célèbre amitié.

Alors qu'ils roulaient vers Cardiff, un jour, James annonça – certes, après un déjeuner assez arrosé – que "son groupe" avait vraiment joué comme une merde au Colston Hall, la nuit dernière.

Peter grogna à peine pour montrer qu'il avait entendu, continuant à gratter la vieille guitare acoustique qui était toujours dans le bus. Fabian ne sourcilla même pas. Sirius répondit que James n'avait vraiment pas le droit de les critiquer parce qu'entre eux tous, il était celui qui avait le plus mal joué.

Remus regarda silencieusement le rouge monter au visage de James avant qu'il ne pivote dans son siège pour faire directement face à son meilleur ami.

« J'ai une excuse pour foirer un solo, mec. La guitare, ça demande du talent, tu sais ? Tandis que toi, ben... » Il ricana. « Tu dois vraiment être super mauvais pour jouer comme une merde sur une basse. »

Remus ne pensait pas que la remarque soit justifiée. C'était réellement de la mauvaise foi, parce que Sirius était un bon bassiste. Il avait regardé le concert de Bristol depuis les coulisses et il ne pensait pas qu'il avait merdé le moins du monde. James, lui, avait raté quelques accords à l'occasion mais il avait définitivement été bourré avant de monter sur scène.

La dispute de Colston Hall fut la première dispute que Remus vit éclater entre Blue Stag, et les jours suivants, tandis qu'ils couvraient le reste des concerts du sud-ouest, les chamailleries poursuivirent leur chemin. Elles étaient assez insignifiantes d'habitude, impliquant Peter parfois, ou, plus souvent, un membre de l'équipe de tournée ou un fan que l'un des membres voulait faire venir dans le bus tandis qu'un autre refusait.

Remus notait consciencieusement chaque dispute, réprimant sa culpabilité en se rappelant qu'il avait l'intention d'en parler avec le groupe à la fin du mois avant d'en inclure une dans la copie finale.

Mais la pire dispute éclata quatre jours plus tard, dans les coulisses du Hammersmith Apollo. Sirius avait été absent de toute la nuit, la veille, et même s'il disparaissait souvent en soirée, James l'avait harcelé toute la journée, enchaînant les remarques étranges et acerbes, presque codées et que seul le groupe semblait comprendre. Il n'avait pas cessé de le harceler, même quand Maugrey leur avait ordonné de s'asseoir tranquillement dans une des pièces du fond, comme s'ils étaient des enfants.

Tandis que Remus essayait de se concentrer sur son carnet, il pouvait entendre le bas bourdonnement des mots de James à travers la pièce et l'occasionnel sifflement de la voix de Sirius quand il décidait de répondre. Remus avait juste capté les mots « je dis juste que tu pourrais... » et « ne me dis pas...ferme-la juste... » avant que James ne lance une dernière remarque cinglante – et Sirius se jeta soudain sur lui.

Quand Remus remarqua enfin le remue-ménage et eut relevé la tête, tout le monde était déjà entré en action. Le grand blond débraillé (à qui Remus n'avait jamais été présenté et qui était trop intimidant pour que Remus lui demande son nom) tirait Sirius pour l'éloigner du guitariste et James repoussait les mains affolées de Lily et se tenait un nez dont coulait du sang. Remus vit Sirius sortir en trombe, bientôt suivi par le type blond et lui empocha son carnet, parce qu'il avait l'impression qu'il devait, d'une manière ou d'une autre, aussi entrer en action.

« Laisse-moi. » dit James à Lily, qui se laissa tomber sur sa chaise avec un soupir exaspéré et en secouant ses boucles rousses. « Je vais bien, il frappe comme une fille. » Puis il renifla, de sorte qu'un peu de sang jaillit de son nez. « Marrant, ça, tiens. »

« Tu mérites des putain de félicitations, Potter. » mordit Maugrey, prenant le paquet de mouchoirs des mains de Lily et le refourguant à James. « T'as perdu ton bassiste et t'es sur scène dans une heure. Magnifique. »

« Il doit juste traîner dans le bus, bordel. » répondit James d'une voix sourde, appuyant le mouchoir contre son nez avant de l'en écarter. « En train de bouder. »

« Et bien, tu l'y as poussé, pas vrai ? » répondit Maugrey.

« T'inquiète pas, va. » Une voix retentit derrière Remus, bientôt suivie par un léger rire, et Remus se retourna pour tomber sur Fabian, tout en sourire désinvolte et yeux à demi-clos. « Ils font ça tout le temps. Je veux dire, vraiment tout le temps. »

« Pourquoi ? » demanda Remus en s'asseyant, lançant un autre regard inquiet vers la porte. Fabian haussa les épaules.

« C'est juste histoire d'avoir un truc à faire, tu vois ? Et puis, James et Sirius sont tellement amis... » Il croisa son majeur et son index pour appuyer son argument. « ...qu'ils peuvent faire des trucs pareils. Tu sais, c'est comme ça qu'on reconnaît un bon pote : quelqu'un à qui tu peux dire d'aller se faire foutre, en sachant qu'il va pas le prendre à cœur. »

Remus était pratiquement certain que Fabian était bourré ou un truc du genre, mais il acquiesça tout de même, décidant que c'était une info utile. Comment le fait d'être dans un groupe pouvait transformer votre meilleur ami en votre pire ennemi et tout ça, ce serait pas mal pour l'article.

Quand Sirius ne revint toujours pas après vingt minutes, Remus se retrouva avec un doigt pointé vers lui et un aboiement de « Toi ! Va le chercher ! » de la part de Maugrey. Plutôt que de protester et dire qu'il était journaliste et pas le toutou du manager, Remus empocha son carnet (pour le moment rempli de querelles musicales similaires et de brouilles auxquelles il pouvait comparer Sirius et James) et se leva, serpentant à travers la masse de corps pressés et sortant à l'arrière du building.

C'était une chaude soirée d'été et le ciel était encore d'un bleu agréable. Il remarqua le ridicule bus immédiatement et pouvait voir le chauffeur, Lester, griller une cigarette sur les marches, l'air tout aussi déprimé que d'habitude.

« Ça dérange si je monte ? » demanda Remus avec un sourire poli, et il dut attendre que l'homme tire une longue bouffée de sa cigarette avant qu'enfin, il se déplace du strict minimum pour permettre à Remus de monter d'une démarche bizarre dans le bus.

« Je vois pas c'est quoi le problème. Enfin, si, je sais, mais avec lui...» étaient les premiers mots que Remus entendit quand il parvint finalement dans le bus. C'était Sirius, qui parlait au Type Blond Débraillé, mais quand il remarqua que Remus les avait rejoint, il jeta un rapide coup d'œil en arrière.

C'était peut-être l'imagination de Remus, mais Sirius avait l'air très louche. Ça avait peut-être quelque chose à voir avec le fait que, avant qu'il sache que quelqu'un était là, ses longs doigts de bassiste serraient le devant de la chemise blanche du type blond. Peut-être qu'eux aussi étaient sur le point de se bagarrer – mais, l'intuition de Remus lui soufflait qu'il s'agissait autre chose. Il s'éclaircit la gorge, embarrassé.

« Désolé, c'est juste...on m'a dit de venir te chercher et te ramener. » dit-il et il vit Sirius passer ces mêmes doigts dans ses longs cheveux noirs et les ébouriffer avant de lui adresser un grand sourire en réponse.

« Merci, Remus. J'arrive dans une minute. »

L'homme regardait toujours Sirius, mais ensuite il se tourna très lentement et posa ses yeux froids et bleus sur Remus d'une façon qui lui disait clairement qu'il avait interrompu quelque chose. Ce que ce "quelque chose" était, Remus ne voulait pas le savoir ou même demander de quoi il s'agissait.

Au lieu de quoi, il fit un bref hochement de tête, comme s'il répondait à la question silencieuse « Tu t'en vas, maintenant ? » et se jeta pratiquement hors du bus, marchant vers l'arène et espérant que son message avait été suffisamment clair pour que Sirius le suive. Il ne voulait vraiment pas subir le regard menaçant de ce type blond plus longtemps qu'il ne le devait.


Inutile de le dire, Blue Stag ne joua pas très bien ce soir-là. Le public ne remarqua rien, bien sûr, criant et chantant aussi extatiquement que d'habitude, mais Remus avait vu assez de concerts à présent pour distinguer un bon show d'un show pas-si-bon-que-ça. Ça aidait aussi que Maugrey se tenait à côté de lui à marmonner des trucs comme « Mais bon sang, à quoi ils jouent ? » et « C'est vraiment embarrassant. ».

Remus essaya d'écrire, mais il n'était pas vraiment d'humeur à faire une critique quand ils jouaient avec un tel manque d'enthousiasme. A ce moment-ci du mois, il en était venu à apprécier les garçons, malgré leurs disputes, boucan et natures agitées. Ils n'étaient pas tout à fait amis, mais il voulait leur donner un bon mot quand même.

Il aurait peut-être été capable de faire un meilleur boulot s'il avait été dans un endroit calme, même si maintenant il ne regardait plus les concerts que par politesse ; ce ne serait pas vraiment bien vu s'ils lui demandaient « Tu viens regarder, Remus ? » et qu'il réponde « Nan, donnez ce pass aux coulisses à quelqu'un d'autre. Je préfère rester dans le bus et travailler. »

Une heure plus tard, le groupe finissait son set et, après le rappel, les quatre garçons eurent enfin terminé la soirée, s'essuyant le visage avec des serviettes duveteuses et se dirigeant vers la table où se trouvaient les boissons. James prit rapidement une bouteille de vodka, avalant le liquide clair comme de l'eau avant d'annoncer, dans une voix pompée d'adrénaline qu'il était temps de "totalement se défoncer". Heureusement, le reniflement de Sirius fut étouffé par la serviette qu'il passait sur son visage et James ne remarqua rien, sinon, cela aurait probablement déclenché une nouvelle bagarre.

« Pete, Fab. » dit James d'une voix traînante, passant ses bras autour des deux hommes, la bouteille de vodka se balançant à côté de l'épaule tatouée de Fabian. Puis, il bougea pour glisser son bras autour de Lily, qui regardait chaque concert religieusement, elle. « M'lady. »

Puis James haussa un sourcil en direction de Sirius, qui se trouvait loin d'eux comme s'il était une pièce détachée.

« Tu viens ? » demanda James avec désinvolture, avant de prendre une nouvelle gorgée de la bouteille. Son nez était toujours un peu rouge.

Sirius balança la serviette à son côté et haussa un sourcil en réponse, parvenant à un résultat bien plus hautain que le guitariste.

« Non merci. » répondit-il narquoisement. Leurs disputes duraient rarement plus de quelques heures, mais Sirius avait balancé un coup de poing au gars après tout, alors il semblait que ça leur prenait un peu plus de temps que d'habitude pour cicatriser leurs blessures.

Remus entendit James commencer à marmonner quelque chose sur ce que Sirius pouvait bien foutre à la place, mais il s'arrêta quand Lily frappa son bras et essaya de changer le sujet en lui demandant où ils allaient.

« On trouvera un endroit en ville. » fut la réponse de James, avant de se tourner vers Remus. « Tu viens, mon p'tit pote journaliste ? »

« Euh. » fit Remus. « Je ferais mieux de rester et continuer un peu à écrire, en fait. » C'était la vérité. Son article était toujours à l'état de notes inintelligibles et il voulait avancer dans son boulot, plus pour se donner bonne conscience qu'autre chose.

James eut l'air ennuyé pendant un moment. Puis il haussa les épaules, un bras toujours passé autour de Lily.

« Comme tu le sens. » répondit-il, et puis ils partirent, suivis de près par Peter, Fabian et une bonne partie de ceux qui traînaient avec eux, y compris le Type Blond Débraillé qui, remarqua Remus, jeta à peine un second coup d'œil à Sirius avant de s'en aller. Peut-être qu'ils n'étaient pas si bons amis que ça, finalement.

Soudain, les portes arrières se refermèrent et il se retrouva seul avec l'équipe de tournée et Sirius qui, docilement, commença à converser avec les fans qui avaient un accès aux coulisses et qui avaient été de toute évidence totalement snobés par les autres.

Remus ressentit une surprenante pointe de colère envers le reste du groupe pour être parti sans même penser à eux. Ce n'étaient pas des groupies, c'étaient juste des gosses, et Dieu savait jusqu'où ils avaient été ou combien ils avaient payé pour les laissez-passer.

Ils avaient l'air extatiques au simple fait que Sirius signait leur T-shirts et un garçon, habillé dans le même style que les vêtements de scène de Sirius – T-shirt déchiré, pantalon-cigarette noir et long bandana accroché à la ceinture qui lui faisait comme une queue – avait l'air au bord des larmes tandis qu'il psalmodiait « Vous êtes mon idole ! » sur diverses variations.

Sirius fouilla ses poches de jeans et en sortit quelques médiators, les laissant tomber dans la paume tremblante du garçon. Le fan avait l'air sur le point de s'évanouir, et Remus sourit. Ça, c'était un truc sur lequel il pouvait écrire, pensa-t-il tendrement, et discrètement, il ouvrit son carnet et commença à griffonner la scène.

Quand ils furent partis, Sirius s'approcha de Remus, qui avait fermé son carnet et l'avait remis dans sa poche entre temps. Le bassiste sortit un paquet de cigarettes et en offrit une à Remus. Il refusa, le regardant allumer sa clope et se diriger vers la porte.

« C'était sympa de ta part. » dit Remus, simplement pour briser le silence. Il fit un geste vers le dos des fans qui se retiraient avant d'ouvrir son côté de la double porte.

« C'est James qu'ils veulent vraiment voir. » répondit Sirius modestement, son demi-sourire ne trouvant pas réellement d'écho dans ses yeux.

« Je ne pense pas. » fit Remus. « Ce garçon était pratiquement en train de faire de l'hyperventilation. »

Ils flânèrent le long de la ruelle qui menait à l'arrière du parking privé où le bus les attendait. Sirius s'arrêta un moment avant de quitter la ruelle, tournant la tête vers le ciel noir et apparemment, profitant de la brise fraîche tandis que Remus attendait patiemment.

« C'était un gosse sympa. » commenta Sirius, tirant une dernière fois sur sa cigarette. Il jeta le mégot à terre, l'écrasant du pied avant de repartir.

A ce moment-là, Remus avait envie de lui poser plusieurs questions – et pas seulement parce ce serait bon pour l'article – comme : est-ce que Sirius ressentait toujours quelque chose de spécial, à rencontrer leurs fans ? Était-ce difficile à croire ou est-ce que ça pouvait parfois devenir ennuyeux ? Y avait-il des fans qui devenaient insistants ou agressifs ? Mais voilà, il n'avait pas envie de passer pour le journaliste qui fourrait son nez partout et qui ne la fermait jamais. Sirius avait passé une sale journée et s'il ne démarrait aucune conversation de son plein gré, Remus décida qu'il allait laisser le sujet de côté, pour l'instant.

Ils arrivèrent au bus vide. Une fois à l'intérieur, Sirius commença à monter les marches avant de s'arrêter et baisser les yeux vers Remus.

« Tu montes ? » demanda-t-il. Une part de Remus voulait traîner avec lui, mais une plus grande part de lui savait qu'il devait travailler. A contre-cœur, il secoua la tête, offrant un sourire à Sirius, que l'homme lui rendit, avant de continuer à monter jusqu'à l'étage.

Avec un soupir, Remus se laissa tomber sur un des sièges, poussant de côté le drapeau de l'Angleterre (4) dans lequel Fabian s'était enroulé, ce matin. Il sortit son carnet, tourna une page vierge, mordilla le bout de son stylo distraitement tandis qu'il réfléchissait, puis il se mit à écrire.

Ce n'était certainement pas déjà l'article en lui-même mais son carnet était majoritairement composé de petits mots de passe pour lui rappeler certains événements, une méthode qu'il utilisait à l'école quand il se préparait pour ses examens. La méthode avait toujours fonctionné. Même maintenant, il se surprenait à se remémorer toutes les citations nécessaires et il passa la demie-heure suivante à développer les petits mots de passe et abréviations, plutôt satisfait de lui-même à l'idée d'avoir réussi à obtenir autant, tout en respectant les règles du contrat (même si il savait qu'il devrait discuter des disputes avec le groupe).

Il était tellement absorbé par son article qu'il tomba presque de son siège quand, au-dessus de lui, il entendit de la musique. Il leva la tête, s'attendant à moitié à voir des haut-parleurs lui faire face, quand il réalisa que c'était le son de la vieille guitare acoustique de Peter.

Il déposa son carnet prudemment, pile au moment où il entendit une voix commencer à accompagner la guitare. Il ne parvenait pas à distinguer les mots depuis en bas, mais il reconnaissait la mélodie. Il grimpa les escaliers pour mieux entendre.

Il avait eu raison de penser que c'était Sirius qui jouait, et, tandis que Remus se tenait sur le seuil sur la partie couverte de l'étage du bus, à chercher des yeux où l'homme paressait sur la partie ouverte, il réalisa qu'il avait aussi eu raison pour la chanson.

« And did they get you to trade your heroes for ghosts ?
Hot ashes for trees? Hot air for a cool breeze ? »
(5)

La voix de Sirius était très différente de celle de James. Pas aussi parfaite ni aussi soignée, mais son timbre rauque et la façon dont elle ne parvenait pas tout à fait à atteindre les notes les plus basses, de sorte qu'elles se transforment en légers souffles faisaient que d'une certaine façon, elle semblait plus honnête et intime. C'était cliché de penser ça, mais son imperfection la rendait belle, et Remus se surprit à se rapprocher, automatiquement.

Sirius l'entendit. Il laissa la guitare lui glisser des mains tandis qu'il se retournait, surpris, et l'instrument atterrit au sol avec un bruit sourd.

« Merde, désolé. » dit-il, l'air réellement désolé. Il hissa la guitare sur ses genoux. « J'ai oublié que tu bossais. Je t'ai dérangé ? »

« Pas du tout. » le rassura Remus.

« T'es sûr ? T'étais pas "super inspiré" ou un truc du genre, hein ? »

« Je t'aurais probablement gueulé dessus si je l'avais été. » Remus sourit. Il fit un geste vers la guitare. « Pink Floyd ? »

L'expression surprise de Sirius se transforma en un sourire. « Et bien, je commençais à me demander... »

Remus se dirigea vers lui, mains dans les poches, et se laissa tomber sur le siège de l'autre côté de l'aile de Sirius.

« Quoi ? » demanda-t-il.

Sirius continua à sourire, pinçant doucement la corde E aigu avec son petit doigt. « Remus. Tu fredonnes des chansons d'Adam Faith à voix basse. » (6)

A cette déclaration, Remus ne savait pas quelle émotion le dominait : l'horreur, à cette révélation, ou la surprise que Sirius ait reconnu une chanson d'Adam Faith.

« Ah ? » demanda-t-il faiblement. Apparemment, l'horreur avait gagné.

« Oh oui. Mais hey, t'inquiète pas. Tu viens tout juste de te rattraper. »

Remus rit timidement. Il décida de ne pas questionner Sirius sur sa connaissance d'obscurs chanteurs ringards des années 60 et tourna plutôt le regard vers le ciel étoilé au-dessus d'eux.

« C'est vraiment beau ici. » commenta-t-il, faute d'avoir mieux à dire. Il était journaliste, il aurait dû être doué avec les mots, mais d'une façon ou d'une autre, Sirius semblait plus difficile à impressionner que les autres membres du groupe. Peut-être parce qu'il était supposé être un génie lunatique.

Sirius marmonna son accord et posa la guitare à côté de lui. Il y eut un moment de silence tandis qu'il prenait une nouvelle cigarette. Plus bas, ils entendirent quelqu'un crier "Rock'n'Roll for life !" et il renifla, marmonnant "crétin" à voix basse tandis qu'il allumait sa clope. Il tira une bouffée et parla à travers la fumée. « Alors. Tu t'amuses bien ? »

Il accentua les deux derniers mots avec cet étrange accent du sud et la question surprit Remus. Il avait observé les mouvements fluides de Sirius avec intensité et il cligna des yeux avant de répondre, une seconde trop tard. « Oui, mais je ne pense vraiment pas que je le devrais. » Il s'arrêta. « Et toi ? »

Les mots avaient paru stupides et clichés dès qu'ils étaient sortis de sa bouche, mais avant qu'il ne puisse dire à l'autre homme de ne pas répondre à cette question ridicule, Sirius le devança.

« Bien sûr. » dit-il, d'un ton qui suggérait exactement le contraire. « Tourner... » Il haussa des épaules. « C'est cool, tu sais. »

« Tu n'es jamais nostalgique ? » demanda Remus, sachant à quel point son lit lui manquait, et ses amis, et ses disques, et peut-être même Frank, juste un peu – et c'était malgré l'expérience exaltante qu'il vivait.

« Pas tellement. » répondit Sirius, prenant une nouvelle bouffée. Il avait l'air d'avoir répondu à cette question des milliers de fois. « J'ai ma famille, ici avec moi. » Remus pensa que c'était assez touchant, mais au bout d'un moment, Sirius éclata soudain de rire. « God, que c'était un truc de pédale à dire. » Puis il lança un regard à Remus et lui fit un clin d'œil. « Mets pas ça dans l'article. Tu vas casser mon image. »

Remus souffla un rire. « Qu'est-ce que je devrais dire alors ? »

Sirius haussa les épaules, tirant sur sa cigarette pensivement. « J'ai abandonné toutes les valeurs de ma famille pour gagner ma vie en "me défonçant totalement" avec mes meilleurs potes ? » Il imitait parfaitement la voix de James et Remus sourit admirativement.

« Très hardcore. » dit-il.

« Je le suis pas, en fait. » avoua Sirius après quelques secondes de silence, et Remus le regarda avec un hm? l'incitant à continuer. « Je sais que tu plaisantais. » poursuivit-il. « Mais en tant que journaliste, tu devrais savoir que je suis pas très hardcore. »

Il regardait Remus un peu bizarrement, ses lèvres semblant vouloir sourire, même si ses yeux étaient légèrement calculateurs, comme s'il considérait quelque chose. Sa main libre dansa paresseusement sur son torse et glissa lentement jusqu'à l'ourlet de son T-shirt que, après une pause, il souleva légèrement. « Regarde ça. »

Au début, Remus ne comprenait pas ce qu'il était supposé regarder, et puis, son œil fut attiré par le tatouage plutôt grand d'une étoile avec un piercing à la hanche brillant en son milieu. Mais il suivit le regard de Sirius vers une fine bande le long de sa taille où on pouvait lire, quand il se rapprocha : You and me burning matches. (7)

Il fronça légèrement les sourcils. « Les Beatles ? »

Sirius secoua un peu la tête, mais plus pour lui-même plutôt qu'en réponse à Remus. Il laissa courir son index sur les petites lettres à l'encre. « Je pensais que tu aimerais. » Il sourit. « Affreusement mièvre, tu trouves pas ? »

Remus rougit. Il pouvait aisément croire qu'il avait aussi fredonné des chansons des Beatles à voix basse.

« Alors, tu les aimes bien aussi ? » demanda-t-il.

Sirius haussa légèrement des épaules, son doigt traçant toujours les contours du tatouage pensivement.

« Ouais, mais c'était... » Il hésita. « Enfin, mon ex les aimait et je pense que mon moi de dix-huit ans et très bourré pensait que j'étais super romantique. » Il éclata de rire et rabattit son T-shirt. « Je ne sais même pas ce que ça veut dire. » Il tira un dernier coup sur sa cigarette et la jeta par-dessus le bus, laissant retomber sa tête contre le siège.

« Je l'aime bien. » fit Remus. « C'est une bonne chanson. »

« Ah ouais ? J'étais pas un grand fan de leurs derniers trucs. » répondit Sirius, puis sourit. « Pas que j'ai vraiment idée de quoi je cause. Je suppose que tu vas me dire que "Revolution 9" était leur leur plus grand chef d'œuvre ? »

« Oh non, non. Je veux dire, je préfère aussi leurs plus anciennes compos. » dit Remus, et il était plutôt embarrassé de se retrouver à se pencher avec enthousiasme vers Sirius, à la simple idée de discuter d'un de ses groupes préférés. Il s'éclaircit la gorge et se rassit, tandis que Sirius ramassait sa guitare avec une vigueur renouvelée, comme s'il était frappé d'une brillante idée.

« C'est quoi ta chanson préférée d'eux ? » demanda-t-il, jouant avec une cheville.

« Quoi, tu vas la jouer ? »

« Et bien, dis-moi d'abord laquelle c'est. »

« Et si tu ne la connais pas ? »

« Donne-moi juste le nom d'une chanson, Lupin ! » fit Sirius en riant. Remus le fixa. Il n'avait pas réalisé que Sirius connaissait son nom de famille.

Il hésita un peu avant de répondre. « I'll Follow The Sun. J'apprécierais. »

Sirius fredonna son appréciation, son demi-sourire s'élargissant. Tandis qu'il commençait à choisir les cordes et à gratter expérimentalement, il dit : « Je suis content que t'aies pas dit "Imagine". Tout le monde dit "Imagine". C'est même pas une chanson des Beatles. Voilà. »

Il roula ses épaules et ajusta légèrement la guitare, pinçant une corde G, puis commença à jouer l'introduction de la chanson choisie par Remus sans difficulté, ajoutant quelques fondamentales ci et là.

Au début, ses longs doigts dansaient sur les frettes, jouant à la fois le rythme et la mélodie – si bien, que Remus aurait juré qu'il l'avait apprise juste avant s'il n'avait pas choisi la chanson lui-même. Il regarda Sirius choisir les bonnes cordes en préparation – mais dans le refrain, il commença à chanter la mélodie au lieu de jouer et Remus se tendit légèrement.

A la moitié de la chanson, Sirius s'arrêta avec un rire. « Est-ce que je la massacre ? »

Remus secoua la tête, sans un mot, l'enjoignant à continuer. Sirius chanta le vers suivant avec cette jolie voix de baryton naturelle. Il sifflota le solo de guitare électrique.

« One day you'll find that I have gone, but tomorrow may rain so I'll follow the sun. » (8) Sirius chanta la dernière strophe, faisant semblant de jouer rageusement la dernière note et fit un faux salut devant les applaudissements de Remus.

« C'était super ! » s'exclama Remus comme un enfant. Il ne pouvait s'empêcher d'être heureux à l'idée qu'il avait juste eu droit à une interprétation en privé de sa chanson préférée par le bassiste d'un groupe connu. « Je ne savais pas que tu savais jouer de la guitare comme ça et...et bien, tu sais, tu sais vraiment chanter. »

« Merci. » dit Sirius, comme s'il avait déjà entendu ça des millions de fois.

Il y eut un silence confortable pendant quelques instants, avant que Remus ne rit légèrement et dise : « Tu sais, un gars avec qui je travaille pense que tu es un génie. "Un des meilleurs bassistes de rock", je pense que c'étaient ses mots. »

Sirius tourna son sourire facile vers lui. « Ah ouais ? »

« Ouais. Il t'aime beaucoup. Il voulait vraiment venir sur cette tournée, en fait. »

Sirius le fixa un moment, tripotant machinalement l'ourlet de son T-shirt. « Et pas toi ? »

« Si, bien sûr. » répondit Remus, se sentant un peu coupable tandis qu'il regardait l'homme qui appartenait à un groupe qu'il avait critiqué à plus d'une occasion. « C'est super. Vous êtes...vraiment supers. Et puis, ce sera bien pour le magazine. »

« Est-ce que tu as toujours voulu être journaliste ? » demanda Sirius, son ton indifférent disparu et remplacé par une curiosité sincère.

« Et bien... » commença Remus, un peu déboussolé étant donné qu'il était habitué à être celui qui posait les questions, plutôt que celui à qui on les posait. « Je ne sais pas. J'ai toujours voulu écrire. Excepté pendant ces quelques années où j'étais dans ce groupe vraiment affreux et que je pensais qu'on allait devenir célèbres. » Il rit, secoua légèrement la tête pour montrer à quel point tout ça avait été une blague, mais Sirius lui demanda simplement quel instrument il y avait joué.

« La guitare. » répondit-il après un moment d'hésitation, se remémorant les heures passées à gratter sa vieille guitare acoustique, à essayer de jouer des chansons de blues et échouant misérablement à les reproduire.

A présent, Sirius lui tendait la guitare, ses sourcils légèrement haussés, en signe d'attente.

« Je jouais mal. » ajouta Remus.

Sirius secoua légèrement la guitare par son manche.

« Absolument pas. » répondit fermement Remus. « J'étais nul à l'époque, alors je ne pense pas m'être beaucoup amélioré avec le temps. »

Sirius haussa les épaules, tenant toujours l'instrument cabossé. « Je ne suis pas Clapton. »

« Oh, je t'en prie. » fit Remus.

Sirius commença à sourire, puis soupira et força la guitare à tenir droite à côté de Remus. Puis il se tourna dans son siège, à la recherche de quelque chose. Remus le regarda avec curiosité, jusqu'à ce qu'il extraie de dessous un jeans abandonné le ukulélé vert de James. Sirius pinça les cordes expérimentalement avec son pouce et fixa Remus, l'air de l'attendre, désignant de la tête la guitare qu'il avait placé juste à côté de lui.

« Alors Remus. Qu'est-ce que ce sera ? »


(1) "Dirty blond"est une couleur qui correspond, selon Wikipédia, à "un blond sombre, moucheté de blond doré et de brun". Je n'ai absolument aucune idée de comment traduire ça en français.

(2) Le terme Union Jack (ou encore Union Flag) désigne le drapeau du Royaume-Uni, réunissant le drapeau écossais (croix de St Andrews – diagonales blanches sur fond bleu), le drapeau anglais (croix de St Georges – médianes rouges sur fond blanc) et le drapeau irlandais (croix de St Patrick – diagonales rouges sur fond blanc). Pourquoi pas le drapeau du Pays de Galles ? Parce que c'est un dragon rouge sur fond blanc et vert.

(3) West Country : sud-ouest de l'Angleterre. Mais ça fait long à dire tout ça pour une insulte.

(4) Le drapeau de l'Angleterre et non pas le drapeau du Royaume-Uni, attention. Donc, il s'agit de la croix de St Georges, dont j'ai donné la description au point (2).

(5) Extrait de Wish You Were Here, de Pink Floyd. Traduction : Et est-ce qu'ils t'ont fait échanger tes héros contre des fantômes ? Des cendres chaudes contre des arbres ? Un vent chaud contre une brise fraîche ?

(6) La note E (système anglo-saxon, utilisé notamment pour la guitare) correspond à la note mi dans le système "occidental", et le G (que vous verrez dans la suite) correspond au sol. Adam Faith (1940-2003) était un chanteur pop et l'idole des ados dans les années 60, concurrencé par les Beatles.

(7) Paroles extraites de Two of Us, chanson des Beatles. Elles se traduiraient par "Toi et moi, à craquer des allumettes".

(8) Traduction : "Un jour, tu découvriras que je suis parti, mais il pleuvra peut-être demain, alors je suivrai le soleil".

Peut-être certains d'entre vous ont entendu parler de la grosse suppression qu'a effectué FF ces derniers temps sur certaines fics : les fics MA – que le site ne tolère pas, officiellement –, les songfics, les traductions, les fics aux résumés ne convenant pas au rating G, les fics qui utilisent des citations, les RPF... Il se trouve que je tombe dans plusieurs catégories. Pour l'instant, aucune de mes fics n'a été supprimée (et je vous prierais gentiment de ne pas me dénoncer, merci^^) mais je me prépare à l'éventualité que cela arrive. Toutes mes fics et traductions sont donc dès à présent disponibles sur mon livejournal (id : sorn-demon666). Je ne compte pas partir de FF ou déménager vers un autre site dans l'immédiat (donc, si vous me trouvez ailleurs qu'ici ou Poudlard Interactif, signalez-le moi, il pourrait s'agir d'un plagiat) mais je préférais vous prévenir...au cas où. Vous pouvez suivre une discussion sur le Forum francophone où plusieurs auteurs songent déménager leurs fics. Votre point de vue de lecteur est bien sûr bienvenu.

Traduction moins bonne qu'au chapitre précédent...voilà ce qui arrive quand on traduit entre deux examens, qu'on manque cruellement de sommeil, qu'on est stressé et qu'on a le cerveau en bouillie. Le résultat reste, je crois, correct et c'est pour ça que je me permets de publier le chapitre maintenant. L'auteur écrit plus vite que je ne traduis : je culpabilise.

La prochaine parution sera probablement le chapitre 3 de The Pursuit to Slow Realisation. Autant finir au moins une de mes traductions !

Sorn