« A TABLE ! Hurla une voix en bas et je me retins de jurer contre Molly qui venait de crier. »

Elle venait de déconcentrer totalement Fred et George alors que je les avais sentis si proche de trouver. Je m'affalai sur les matelas et je sentis deux corps s'écrouler de part et d'autre de moi et deux bras – un pour chacun des jumeaux – vinrent se poser violemment sur mon ventre.

« C'est trop dur… gémit Fred dont la voix se perdait dans l'oreiller qu'il avait fait magiquement apparaître, tandis que George grogna pour toute réponse. »

Je sentis alors deux masses de cheveux roux venir me caresser le cou à droite comme à gauche tandis qu'ils nichaient leur tête tout contre moi, m'écrasant agréablement entre eux. Je me tournais légèrement pour me mettre sur le flanc droit, faisant face à Fred. Nos regard se trouvèrent et ne se lâchèrent plus. Je soufflai :
« J'ai trouvé mon cadeau d'anniversaire.
-Ah oui ? Demanda George en se collant à moi, jouant de sa main avec les courtes mèches brunes sur ma joue gauche.
-Oui.
-C'est quoi ? Demanda Fred au bout d'un moment.
-Vous deux. »

Fred m'offrit un magnifique sourire et je senti, alors qu'il me serra encore plus fort, que George avait le même sur la face. Le premier se rapprocha de moi et, ne me quittant toujours pas des yeux ; joua de son nez avec le mien. Une larme s'échappa alors de mon œil gauche, achevant sa course sur le nez aquilin du roux. Il ne fit rien mais perdit son si beau sourire. D'une voix rauque, presque inaudible, il me dit :
« On essaiera jamais de le remplacer, Lea.
-Mais on peut quand même tenter de combler le vide qu'il a laissé derrière lui, ajouta doucement George, son souffle caressant ma joue. »

Une autre larme s'échappa et bien que je fusse infiniment reconnaissante, j'en voulais aux deux jumeaux d'être si gentils et compréhensifs.
« Vous ne comprenez pas... »

Je me remis sur le dos et fit face à deux regards peinés au dessus de moi. Fred et George, appuyés sur leur coude respectivement gauche et droite, attendaient que je continue. Mais je ne pouvais pas. Comment leur dire que j'avais tué mon propre jumeau... ? C'était tout bonnement impossible j'étouffai un sanglot :
« Je ne peux pas... »

Je sentis alors deux corps se coller au mien, deux paires de bras m'entourer : je m'y accrochai désespérément.
« Il me manque. Tellement. C'est horrible. Je souhaite que... J'aimerais vraiment qu'aucun de vous deux n'ai à vivre ça un jour. Vraiment, ce vide c'est im...
-Chut. M'intimèrent alors les jumeaux et je sus qu'ils ne voulaient pas penser à ca.

-A TABLE BON SANG ! Hurla Molly, au bord de l'hystérie.
-Allons manger avant de réveiller le dragon, dit gentiment George après un temps »

Les garçons se relevèrent et m'aidèrent à faire de même. J'essuyais mes larmes et leur lança un regard qui voulait dire merci. Ils me sourirent légèrement et lorsque, descendant les escaliers, je me retournai pour leur sourire, je ne fus étrangement pas étonnée de les voir main dans la main, collés l'un à l'autre.

« Tu devrais te faire déclarer. S'obstina Maugrey à l'instant même où j'entrais dans la salle à manger.
-Non. Je suis un atout si je suis inconnu au Mangemort.
-Quel atout ! Se moqua l'Auror. Greyback sait que tu es une animagus ? »

Je grognais – rugit presque – violemment en montrant les dents à l'entente de son nom. Mes yeux devinrent ceux d'un loup et une colère sans nom s'empara de moi. Je sentis George me prendre la main alors que je m'apprêtais à me lever. Ce contact me calma un peu et le "Leanne" prononcé par Fred acheva de le faire. Tranquillement, mes yeux revinrent à la normale.
« Remus n'est pas là ? Demandais-je, ignorant les regards qui m'étaient lancé, dont celui furieux de Fol-œil, serrant la main salvatrice que m'offrait le roux.
-Il est partit avec Tonks et Arthur régler une affaire avec Dumbledore, me répondis Harry – visiblement le seul à ne pas avoir peur de moi. Quand à Kingsley, il est je-ne-sais où avec Ding et Tonks est chez sa mère.»

J'hochai la tête pour le remercier.
« Leanne, je peux te parler un instant ? Me demanda alors Sirius en se levant.
-Bien sur. »

Jetant un dernier regard aux jumeaux, je suivis Black qui m'emmena jusqu'à Buck.
« Il ne faut pas t'occuper de Maugrey, tu sais, fit-il en caressait l'animal distraitement. Il est juste... Enfin il n'est pas convaincu que tu ais réellement le courage de tuer alors avec moi et Remus qui faisons pression sur lui pour que tu es ta place dans l'ordre et Molly qui tente de te protéger en l'en dissuadant, il ne sait plus trop quoi faire. C'est sa façon à lui de te tester.
-Je lui déchiquèterais volontiers la carotide avec mes dents pour lui prouver que je peux tuer, grognais-je. »

Sirius, au lieu de sourire comme je m'y serais attendue, me fit un regard triste.
« Ce que tu as vécu à dû être plus horrible encore que ce que tu as bien voulu nous dire pour avoir une telle rage en toi. »

Je ne dis rien, tiquant légèrement. Il s'approcha de moi et m'embrassa le front, comme mon père avait l'habitude de le faire.
« Redescendons. »

Je lui souris mais ne pipa mot. Je m'étais un peu calmé. Une fois en bas, je me rassis à côté de George et nous dinâmes tranquillement.

4 jours étaient passés. J'étais désormais collée au jumeaux h24 – ils avaient même élus domicile dans ma chambre. Pendant 4 jours, nous avions travaillé sur leur concentration, mais ils n'étaient pas vraiment experts en la matière : l'exercice s'avérait bien plus laborieux que prévu. Et pendant 4 longs jours, Maugrey n'avait cessé de me chercher à chaque repas ; je finissais par croire qu'il voulait réellement que je le tue. Ce soir ne fit pas une exception.
« J'ai fait des recherches sur toi, Leanne, annonça t-il, un sourire aux lèvres qui ne prévoyait rien de bon pour moi.
-Laisse-la un peu, Fol-œil, intervint durement Fred, cessant instantanément de rire à la plaisanterie de son frère.
-Ah oui ? Grommelais-je. Les nouvelles vous ont plu au moins ?
-Beaucoup. J'ai lu le rapport du meurtre de tes parents et de ton jumeau. »

Je fronçai les sourcils et agrippai vivement le coin de la table pour ne pas m'énerver : je n'aimais pas vraiment voir ma vie étalée comme ça devant tant de monde. Respire, Leanne, respire. Molly et Hermione poussèrent un petit cri et Fred et George grognèrent. J'étais partagée entre la détresse et la haine. Je crachai :
« Je suis sure que vous avez adoré ce que vous y avez lu ?
-Étrange la façon dont est mort Liam, déclara t'il et je sentis mes muscles se contracter.
-Ca suffit Alastor, intervient Remus.
-Après l'avoir torturé si longtemps et avec tant d'ardeur...
-Alastor ! Hurla Sirius, le coupant tandis que ma respiration se bloqua nette. »

Mais l'Auror continuait, insensible :
« -Étonnant qu'il soit mort du sort impardonnable de la mort, si près de mourir littéralement de douleur. Les Mangemort savent s'amuser mieux que ça, d'hab...
-STOP ! Hurlèrent les jumeaux, près à l'étrangler. »

Trop tard. Je bondis sur la table en me transformant, plantant ma gueule à quelques centimètres de son visage satisfait. Je grondais furieusement en montrant les dents, à deux doigts de lui arracher la tête. Personne ne bougeait. Maugrey, après un cri apeuré de Ginny lorsque je claquai mes dent dans le vide, à un cheveu de la face de l'Auror, souffla, fier de lui :

« Je vous avais prévenu, elle est trop instable et dangereuse pour faire partie de l'Ordre. La mort de sa famille l'a rendue cinglée. »

Une claque n'aurait pas eu meilleur effet. Je le regardais, la douleur profonde ayant remplacé la colère. Comment avait-il osé…? Honteuse, je m'enfuis à toute allure, ayant juste le temps de voir mon oncle et Sirius se lever, baguettes en main, menaçants et les jumeaux s'élancer a ma suite, criant "Leanne" d'une seule et même voix paniquée ; j'étais déjà dehors, laissant mon instinct animal me guider loin de tout, dévastée.

« Non mais qu'est-ce qui t'as pris ?! Hurla Remus en se précipitant sur Fol-œil, lui agrippant le col, une lueur dangereuse enflammant ses yeux.
-Tu joue à quoi, là ? Ajouta Sirius, planté à ses côté. »

Maugrey se dégagea de Remus en grognant.
« Je fais ça pour elle idiot.
-Ah oui, parce que c'est sûr qu'elle a besoin d'être torturé mentalement après avoir assisté au meurtre de ses parents et de son frère jumeaux ! Cingla Sirius.
-C'est pour l'aider à le surmonter que je fais ça, continua néanmoins l'Auror.
-Et bien tu n'aide pas ! Tu prends un plaisir sadique a l...
-Je fais ça pour l'aider bon sang ! Explosa alors Alastor. Ca fait 5 ans qu'elle refoule cette putain de haine contre elle-même qui la bouffe. Elle se déteste et craque à la moindre allusion à son jumeau. Remus, si tu avais lu le rapport, tu le saurais comme moi. Si un Mangemort la provoque, elle va perdre son sang-froid en moins d'une seconde et va se faire tuer aisément. Tant qu'elle n'arrêtera pas de se mentir à elle-même, de vous mentir, je ne veux pas d'elle sur le terrain. Elle est un danger pour elle-même comme pour nous. »

Tout le monde était sans voix. Il a raison... Pensa à regret Remus, faisant écho aux pensées de Fred et George, restés sur le seuil de la salle à manger. Les jumeaux furent d'ailleurs les premiers à réagir : ils s'élancèrent dehors alors que la nuit tombait doucement sur Square Grimmaurd.

Cela faisait bien 6 heures que je vagabondais dans cette forêt. Ca faisait si longtemps que je n'avais pas profité de ma forme loup que je voulus rester comme ça pour le reste de mes jours. En animagus, j'avais la bizarre sensation de me sentir plus proche de mon jumeau. Plus proche de la mort. C'était fichtrement soulageant de sentir mon cœur battre, de me sentir libéré de la sensation de Néant dans ma poitrine, de sentir la présence de Liam à mes côtés.

Le poids de sa mort m'écrasait chaque jour un peu plus ; la vérité m'étouffais petit à petit, dévorant mon âme – ou du moins ce qu'il en restait. Je poussais un hurlement déchirant à la Lune. Pourquoi ; putain, pourquoi lui ? Je l'aimais tellement. J'avais tellement besoin de lui... Je couinai longuement avant de me rendre compte du temps qui était passé. Je devais rentrer maintenant. Prenant mon courage à deux mains – pattes, je filai en direction de ma nouvelle maison.

Je repris ma forme humaine en arrivant devant le seuil. Sans bruit, j'ouvris la porte et me faufilai jusque dans le salon. Je souris : sur le vieux canapé étaient allongés les jumeaux, endormis l'un contre l'autre. Je vins m'accroupir à côté du sofa et les couvai du regard en laissant tomber une larme. Ils avaient tellement de chance d'être encore tout les deux. Désormais, je serais prête à tuer pour qu'ils ne soient jamais séparés. Je m'étais attaché si fort à eux.

Je vis alors George, tenant dans ses bras son frère, ouvrir lentement les yeux et poser son regard dans le mien :
« On t'a cherché pendant des heures, murmura t-il d'une voix rauque.

-Je suis désolé, fis-je sur le même ton pour ne pas réveiller Fred.
-Fred s'est endormi il y à peine 30 minutes. On était morts d'inquiétude.
-Je suis désolé, répétai-je. J'avais besoin d'être seule pour me calmer.
-Tu veux en parler ?
-Demain. J'aimerais bien aller dormir, là. »

George secoua alors très – très – doucement son jumeau qui, dans un geste enfantin, gémit et se colla encore plus à son double.
« Freddie. Appela George d'une voix douce. Freddie, Leanne est rentré. »

Cette fois-ci, le roux ouvrit ses deux yeux bleu et, sans bouger, blottit contre George et comme son frère l'avait fait précédemment, il me fixa :
« On t'a cherché pendant des heures, me souffla t-il et je souris, attendrie :
-George m'a déjà fait cette scène. On en était à "on va dormir".
-Ah. »

Il leva la tête vers son jumeau et finalement, après avoir croisé son regard, se frotta le nez dans le cou de son frère en baillant :
« Je suis crevé... Marmonna t-il.
-Alors au lit, annonça George en lui frictionnant le dos. »

Tous morts de fatigue, nous transplantâmes dans ma chambre et nous nous endormîmes instantanément.

« Concentre-toi Fred ! Rageai-je contre le roux qui ne cessait de lancer des regards amusés à son jumeau qui, lui, réussissait parfaitement malgré Fred. »

Nous n'étions pas sortis de ma chambre pour petit-déjeuner ce matin. Remus et Sirius étaient venus et, rassurés de me savoir rentrée, n'avaient fait aucun commentaire sur Fol-œil, que je n'étais pas pressée de voir à midi. Fred et George, avant que l'on commence à travailler sur leur animagus, m'avait rapporté les propos de l'Auror. Au fond, je savais qu'il avait entièrement raison – et ca me frustrais énormément – mais cela ne l'autorisait à me traiter comme ca devant tout le monde. J'avais un peu honte, à vrai dire, parce que maintenant, Remus, les jumeaux, Sirius, tous savaient qu'il y avait bien plus que je ne le laissais paraitre. Les trois premiers l'avaient deviné tout seuls, mais s'étaient aimablement gardé de m'en faire part.

« Leanne ! Hurla George alors que Fred se remit à ricaner devant l'air ahuri de son jumeau.
-Quoi ? M'inquiétais-je aussitôt.
-J'ai trouvé, je crois ! »

Désormais, Fred ne disait plus rien et George ricanait. Je souris :
« C'est quoi ?
-Un renard. Répondis calmement Fred.
-Que... S'étonna George. Tu le savais ?
-Ca fait 15 minutes : c'est pour ca que je riais en voyant ta tête.
-Salaud ! »

Il frappa son frère à l'épaule, l'air outré mais le même sourire mutin que Fred. Je ris à mon tour :
« Le renard vous va si bien ! »

Les jumeaux se tournèrent vers moi et me firent leur plus beau sourire.
« Tu peux nous transformer alors ? Osa Fred.
-Oui. »

Ils lancèrent simultanément un cri de joie et se levèrent en même temps que moi, baguette à la main.
« Prêts ?
-Prêts »

Je prononçais d'un souffle la formule. Apparurent alors devant moi deux magnifiques renards. Leur pelage, orange foncé, noir à certains endroit, rappelaient les cheveux des jumeaux et la malice se lisaient dans leur yeux animaux. Il n'y avait qu'une différence entre les deux bêtes : l'un avait une petite tâche brune au devant de son collier. Je savais que c'était George, car il avait un grain de beauté sur le cou, juste sous le menton, que Fred n'avait pas – grain de beauté qui me permettait de ne pas les confondre, entre autre, s'ils essayaient de me gruger.

Fred émit une sorte jappement et son frère y répondit. Je savais qu'ils se comprenaient parfaitement. Ca avait été le cas pour Liam et moi. Je souris, attendrie de les voir chahuter sous cette forme, trébuchant de temps à autre. Soudain, le long museau noir de George buta ma main ; je lui grattai le crane et, vexé, il s'ébroua. Je ris en entendant Fred faire une sorte d'aboiement.

« Allez les garçons, il est temps d'aller manger. »

J'agitai ma baguette et mes deux amis réapparurent.
« C'était géant ! Crièrent-ils.
-Oui, mais on a encore du boulot.
-Quoi ? C'est pas fini là ? Gémit Fred
-C'était pas notre forme animagus ?
-Pas encore. Il faut que vous contrôliez parfaitement votre renard pour pouvoir en faire votre animagus. »

Ils maugréèrent des paroles intelligibles et sûrement vulgaire à mon encontre mais vinrent tout de même me donner un baiser chacun.
« On t'aime Gayl, fit Fred en me souriant comme son frère.
-Gayl ? C'est quoi ça ? Tiquais-je, surprise.
-Ton nouveau surnom, pardi !
-Ca veut dire "loup" en arménien, compléta George.
-Un petit truc entre nous, quoi. »

J'ouvris de grand yeux, émue : je les adorais vraiment tout les deux.
« Ca te plait pas ? Paniqua George lorsqu'il vit mes yeux s'embuer.
-On peut trouver autre ch... »

Fred ne finit pas sa phrase. Je leur avais sauté dessus pour les enlacer si fort que j'avais mal aux bras.
« Merci. »

C'était bizarrement sortit mais en sentant leur bras autour de moi resserrer leur prise, je sus qu'ils comprenaient ; avec eux, supporter la perte de ma moitié semblait moins impossible.
« Allons manger alors, ma Gayl.
-Notre Gayl, Gred. Apprends à partager. »

Je ris en leur prenant la main et à me diriger en bas, ne pensant même pas à appréhender le repas. Bien sur, il était là, son insupportable œil magique tournant dans son orbite, discutant avec Bill. S'il me remarqua, il n'en montra rien et continua son débat avec le roux.
« Ah ! Ron, Harry, Hermione, à table ! fit Molly en amenant le repas, surprise de nous voir déjà là. »

Personne ne parlait plus désormais : l'ambiance était lourde. Très délicatement je posais mes couverts et me tournai vers Maugrey.
« Je suis désolé, Alastor, de m'être emportée hier. »

Ce qui laissa tout le monde bouche-bée – sauf Remus qui me sourit tendrement.
« Et désolée pour les autres d'avoir très certainement gâché le repas que Molly avait eu tant de mal à nous préparer. »

Gros blanc. Je regardai les jumeaux, qui haussèrent les épaules, continuant de manger. Ron – je commençais à réellement avoir du respect pour ce petit gars – rit alors :
« Tu nous as sauvé la vie au contraire : maman avait fait des Lasagnes. Et tout les Weasley savent que les lasagnes sont plus une punition que de la nourriture.
-Ronald Billius Weasley ! S'offusqua Molly. »

Devant l'air déconfit de Ron, nous éclatâmes tous de rire. Même Maugrey fit un semblant de sourire et quand mon regard croisa le sien, il me fit un hochement de tête approbateur. La signification ? Aucune idée. Mais c'était déjà bon signe.

Je jouais dans la cour à l'arrière de la maison avec les renards qu'étaient mes amis. Tout en me battant distraitement avec eux, je pensais à Liam. Aujourd'hui, j'étais réellement triste, sans pouvoir rien n'y faire. Mon cœur me faisait souffrir à chaque battement qu'il effectuait sans l'écho de son organe jumeau. J'avais mal. Normalement – bénis soient-ils – la présence de Fred et George apaisait un peu cette douleur lancinante. Étrangement, aujourd'hui, rien ne marchait. Il était évident que cela venaient du fait que les jumeaux repartaient pour Poudlard demain.

En effet, demain, c'était la rentrée. Je n'allais pas pouvoir les voir jusqu'aux fêtes. 4 mois, c'était horriblement long. Même si le fait de l'être avec eux jour et nuit allait cruellement me manquer, je me disais que là au moins, je pourrais me consacrer à traquer et tuer les Mangemorts qui était quasiment tous sortis de l'ombre depuis le retour de Lord Voldemort.

Un petit couinement scandalisé me ramena à la réalité et je ris : les renards étaient tout les deux assis sur leur arrière train, la tête penchée sur le droite, me faisant face dans une même position. Fred lança son museau en avant, me désignant. J'haussai un sourcil. Il recommença en même temps que George, cette fois. Alors je compris : ils voulaient que je me transforme avec eux. Je ne leur avais pas encore dit mais après que je les aurais retransformés en humain, ils seraient officiellement des animagus. J'avais lancé la formule juste avant de ne les transformer en renard, afin de pratiquer le rituel prévu à cet effet : ce sera mon cadeau pour la rentrée.

En un clin d'œil, je me transformai en louve. Mon instinct animal me souffla directement de m'éloigner des renards. Sans que je n'aie le temps de saisir pourquoi, les deux bestioles rousses me sautèrent dessus, m'assaillant, me mordillant légèrement. Je croulais d'abord sous les attaques mais me repris bien vite : ce n'est pas deux renardeaux fraichement nés qui allaient me vaincre, foi de Leanne ! Très vite, je repris le dessus et George se retrouva au sol, mes deux pattes écrasant son flanc droit et Fred, coincé sous la faible pression de mes dents sur sa nuque.

Ils couinèrent tout les deux et j'abdiquai devant les yeux de chien – renard – battu de George. Je les relâchais et m'effondrais par terre, sur le flanc en grognant légèrement. George vint alors se poser juste mes côtés, posant sa tête dans mon cou tandis que Fred s'étalait à moitié sur moi. Un temps passa avant que je ne décide de bouger pour qu'ils se relèvent, bien décidée à aller diner.

Une fois humaine, je leur lançais un sort pour les retransformer. Ils mirent alors plus longtemps que d'habitude. Je savais ce qu'il se passait : ils devenaient de vrai animagus, donc ils devaient mélanger leur instinct à celui de leur animal. Faire corps avec lui. Une fois humain, c'était une sensation grisante mais intimidante. Selon l'animal, les odeurs ou les bruit étaient amplifié, la vue pouvait être modifiée. On sentait vraiment le changement.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? Balbutia George, clignant des yeux.
-Mes enfants, vous voilà des animagus. »

L'information mit un temps à monter au cerveau.
« De vrais ? Hurlèrent t-ils en chœur.
-Oui, de vrais, riais-je. »

Ils poussèrent des cris suraigus et se sautèrent dans les bras avant de me serrer contre eux.
« Merci Gayl, sourirent-ils.
-Maintenant on va pouvoir gruger Rusard plus facilement. Fit Fred.
-Ou même manger Miss Teigne. Ajouta George et j'explosai de rire en me rappelant le concierge et sa chatte.
- Le jour de notre rentrée en première année, Liam avait d... »

Je m'arrêtais brusquement, perdant totalement mon sourire. Je venais de réaliser que je n'avais eu aucun mal à vouloir partager des souvenirs qui n'appartenaient qu'à mon jumeau et moi avec des tierces personnes. Certes, c'étaient Fred et George mais cela m'affecta énormément. Est-ce que ca voulait dire que je l'oubliais ? Que je ne l'aimais plus ? Pire, qu'il ne me manquait plus ? Que je n'avais pas de remords à vivre alors que je l'avais tué... ?

Je fus prise d'un vertige à cette pensée et je serais tombé si George ne m'avait pas retenue.
« Leanne ! Cria Fred. Ca va ? »

Je secouais la tête presque imperceptiblement en le regardant dans les yeux, des larmes plein les miens et manquant fatalement d'air.
« Gayl... Souffla George dans un soupir douloureux.
-Tu nous raconteras un jour ce qu'il s'est réellement passé ?
-Je vous le promets »

Je ne sais pas pourquoi j'avais dit cela. Je n'avais pas envie qu'ils apprennent que je n'étais en réalité qu'un monstre qui avait tué la personne qu'elle aimait le plus au monde. Pourtant j'avais hoché la tête ; la promesse d'un bouleversement était scellée.

Voilà déjà le second chapitre, je vous en mets deux d'affilé parce-que les autres vont être plus long à venir !

J'espère que cela vous plais, bisous.

Gayl ( vous savez maintenant d'où vient le surnom de Leanne ;) )