Le Philtre d'amour

Chapitre 2 : PDV du morveux présomptueux

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...

"Frottez tous mes chaudrons pendant deux mois," – la poussée envoya Harry contre la porte. – "Alors vous pourrez avoir votre dîner !"

SLAM !

Harry, manquant complètement le sarcasme flagrant dans le ton de Snape, était bien trop heureux pour qu'une porte claquée au nez ne le dissuade.

"Um," appela-t-il. "C'est à partir de demain ou de lundi ?

Comme il n'obtint pas de réponse (Snape était probablement parti chercher ses chaudrons biens sales pour qu'Harry les frotte), Harry courut vers son dortoir et se débarrassa de ses robes avant de descendre jusqu'au Trois Balais.

Rien au monde ne pourrait ruiner la merveilleuse humeur que j'ai en ce moment.

Honnêtement, Harry était surpris que Snape lui ait seulement parlé. Il s'était attendu à une séance d'insulte typiquement snapienne et peut-être un ou deux sortilèges mortelles jeté sur lui, mais il ne s'était pas attendu à pourvoir discuter – et encore moins que Snape accepte d'avoir un rencard avec lui.

Je veux dire – c'est vrai qu'il a seulement accepté que je frotte ses chaudrons –

Harry brima la partie immature de son cerveau qui riait à ces insinuations.

Mais un rencart est un rencard.

Harry entra aux Trois Balais et jeta un coup d'œil à la table de Ron et Hermione. Selon Hermione, ils avaient dû attendre trois quarts d'heure assis là avant qu'Harry ne se décide à leur faire part de la réponse de Snape.

Harry avait parlé de son béguin pour le professeur Snape à Ron et Hermione quand ils étaient encore en sixième année. Hermione avait alors eu son regard typiquement satisfait comme si elle l'avait déjà vu venir, sortit de livres sur l'homosexualité et la protection contre différentes maladies ('Bien, au moins ce n'est pas sur le contrôle des naissances.' avait dit Ron). Ron, d'autre part, après une courte période de choc et de confusion, qui consistait à demander six fois par jour à Harry s'il était vraiment sûr qu'il était gay, avait fini par s'en remettre et avait demandé à Hermione si on pouvait attraper des maladies en touchant des cheveux gras.

Harry avait décidé depuis longtemps d'avouer ses sentiments à Snape après avoir eu son diplôme et maintenant Ron et Hermione le regardait avidement tous les deux, attendant de connaitre le résultat de sa confession.

"Il a dit 'oui'." Annonça fièrement Harry. Ron s'assit abasourdi, tandis qu'Hermione regardait si elle n'était pas sur le point de tomber de sa chaise…puis ils ont commencé à crier chacun plus fort que l'autre.

"Vraiment !"

"Et le connard n'a pas essayé de te tuer…"

"Il a vraiment dit 'oui' ?"

"…ou de te blesser tout court ?"

"Je peux pas le croire !" terminèrent-ils tous les deux en même temps.

Harry leur fit signe de se calmer quand il remarqua que le reste des clients des Trois Balais commençaient à les regarder.

"Il n'a pas levé sa baguette contre moi." Dit Harry calmement. "Il m'a invité à l'intérieur de son bureau." Vu leurs regards stupéfaits Harry décida de recommencer. "Écoutez, c'est ce qui s'est passé." Et Harry raconta toute l'histoire depuis le moment où il avait frappé à la porte de Snape ce soir-là.

"…Et alors il a fait, 'Frottez tous mes chaudrons pendant deux mois. Alors vous pourrez avoir votre dîner !'" conclut Harry triomphalement.

Ron et Hermione échangèrent un regard.

"Quoi ?" demanda Harry.

"Harry," commença gentiment Hermione. "Es-tu bien sûr que Snape n'était pas sarcastique quand il t'a dit ces choses ?"

"Et bien…"

"Harry, il t'a traité de morveux présomptueux…"

"Ouais," fit Harry rêveusement.

Ron et Hermione échangèrent un regard à nouveau. Que pouvaient-ils faire ? Harry désespérément amoureux du connard graisseux.

Finalement Ron soupira. "Très bien, Harry, tu sais prendre soin toi. Sois juste prudent, d'accord ?"

"Merci les gars, pour votre soutien, et tout ça."

"Pas de quoi."

Ils parlèrent des plans de Ron pour le futur (il allait travailler pour le Ministère) et de ceux d'Hermione (elle voulait être médicomage). Le magasin de farces et attrapes de Fred et George marchait bien et Charly et Percy, récupéraient de leurs blessures, aidaient Mrs. Weasley à s'occuper de la maison. Mr. Weasley et Bill avaient été tous les deux tués durant la guerre.

Ils parlèrent de Sirius et McGonagall et Hagrid et tous ceux qui étaient morts durant la bataille finale et méditaient sur : "Comment, par les rouges flammes de l'enfer de Merlin, Cornelius Fudge avait pu rester Ministre de la Magie" quand soudaine, Ron dit :

"Harry, il est presque onze heures. Tu dois retourner au château."

Après la guerre, même si Voldemort avait disparu (pour-de-bon-cette-fois), plusieurs de ces Mangemorts étaient toujours en cavale et s'acharnaient à vouloir tuer Harry. Par conséquent, Dumbledore avait réalisé qu'Harry était plutôt réticent à retourner chez ses relatifs moldu (« Je préférerais encore rejoindre les Mangemorts ! »), avait décidé qu'Harry devrait vivre à Poudlard pendant l'été et ne pas quitter le château ou Pré-au-lard

Harry avait aussi un couvre-feu et il devait être à Poudlard à onze heures.

Harry, Ron et Hermione se levèrent de leur table, jetèrent quelques pièces de monnaie et se dirigèrent vers la porte. Ils étaient presque aux portes du château lorsque Ron demanda :

"Juste par curiosité, qu'est-ce qui t'a attiré chez Snape au début ?"

Harry considéra la question. Il y avait tant de choses si attirantes chez Snape. Son regard, le flottement de ses robes, ses insultes. Oh mon Dieu, ces insultes. 'Morveux impétueux !' Harry frissonna.

"Je pense que la toute première chose était ses mains."

"Ses mains ?"

"Ouais." Harry s'arrêta devant les portes. "Elles semblent si fortes et habiles."

Ron réussit à rouler des yeux et à grincer des temps en même temps, alors qu'il repartait avec Hermione.

"Bien," fit-il par-dessus son épaule, "au moins tu ne matais pas son cul ou quelque chose d'autre."

"Oh, bien sûr je matais son cul – c'est juste ses mains que j'ai vues en premier."

Entrant dans le château, Harry monta jusqu'à son dortoir, mais non sans avoir demandé au préalable aux elfes de maisons s'il pouvait emprunter un seau et une brosse à récurer pour les chaudrons. Il voulait absolument être prêt pour ce jour de nettoyage qui commencerait tôt.

Il se laissa tomber sur son lit en souriant.

Que dirait Sirius s'il savait qu'il aimait le bâtard graisseux ?

Et il rit presque tout haut en imaginant le visage absolument révolté de Sirius. D'une certaine manière, c'était trop bête que Sirius ne soit pas un fantôme (son cœur se serra douloureusement comme toujours lorsqu'il pensait à Sirius) – il aurait aimé le taquiner à ce sujet.

Harry se glissa sous les couvertures et ferma les yeux. Les paroles de Ron et Hermione tournant dans son esprit.

'Au moins tu ne matais pas son cul ou quelque chose d'autre.'

Ouais, c'est une honte qu'il garde ça sous ces robes…

'Es-tu bien sûr que Snape n'était pas sarcastique…'

'Harry, il t'a traité de morveux présomptueux.'

'Morveux présomptueux !' pensa Harry somnolent alors qu'il se retournait et s'endormait. Je pourrai m'habituer à ça.