« Des pacifistes, dit Jules.

- Vraiment ? » ricana Sam en regardant les visages furieux, les poings levés au ciel.

- Sergent ? appela Winnie en courant vers lui. Les caméras de surveillance montrent que des gens encerclent le bâtiment. »

Le sergent Parker ne perdit pas son calme.

Ses supérieurs étant absents, c'était à lui de gérer la situation.

« Où sont les équipes en service ? demanda-t-il à la secrétaire.

- Les équipes 2 et 4 sont en intervention, et la 3 est en permission.

- Très bien. »

Il posa son café sur la table et se tourna vers l'équipe.

« Spike, tu vas au centre informatique pour verrouiller les portes et garder un œil sur les caméras. Sam, il faudrait remonter quelques armes de la réserve. Rien de bien méchant : grenades à plâtre, fumigènes, … Ed et Wordy, voyez avec Winnie comment intervenir si besoin. Les autres, vous m'accompagnez au rez-de-chaussée, je vais voir ce qu'ils veulent. Tout le monde prend son oreillette et se branche sur le canal 1 ! cria-t-il tandis que ses hommes s'éloignaient.

Mais à peine le sergent s'était-il éloigné de la fenêtre qu'un appel vint du dehors.

« Vous, au premier étage ! Ne bougez pas, nous allons discuter ! »

Parker se retourna vers la fenêtre et regarda en bas, se composant un visage aimablement surpris. C'était l'homme au porte-voix.

« Je vous donne mon numéro de téléphone, et vous allez le composer. 1-7-8… »

Le sergent eut juste le temps de sortir son portable pour taper les chiffres.

Avant d'appeler, il brancha son oreillette.

« - Spike, je te transmets le numéro du meneur, essaie de savoir qui c'est.

Je vais lui parler.

-Bien reçu, chef. »

Parker fut surpris : la ligne était occupée.

En regardant en bas, il s'aperçut que le meneur téléphonait déjà.

« - C'est curieux, murmura Jules en l'observant. On dirait qu'il n'attendait pas cet appel.

-Mais j'ai l'impression qu'il est plus craintif que furieux, ajouta Parker.

Toi et Lou, trouvez un système d'écoute, ça pourrait nous servir de savoir ce qui se dit dehors. »

Quand l'homme raccrocha, Parker recomposa son numéro.

« - Vous pouvez m'appeler Alex, fit la voix.

- Bonjour, Alex. Ici le sergent Greg Parker. Qu'est-ce-que je peux faire pour vous ?

- Tout d'abord, je vous conseille de ne pas user de la force. Nous avons appelé les médias, et ils seront là d'une minute à l'autre. J'imagine que vous ne voulez pas faire les gros titres : « Des pacifistes violemment attaqués par la police », n'est-ce-pas ?

- Je n'ai aucune intention d'en arriver là, assura Parker. Et si vous me disiez ce que vous voulez ?

- Tous les jours, les forces de l'ordre utilisent des armes létales pour assurer la sécurité, récita Alex. Mais il arrive trop souvent que des innocents perdent leur vie lors de ces interventions. Nous exigeons donc le remplacement de ces armes mortelles par des moyens moins dangereux. Nous ne partirons pas avant d'avoir obtenu votre signature en bas de cet accord ! »

Il brandit un document à bout de bras, et la foule explosa en cris et en slogans. Parker dut élever la voix pour se faire entendre :

« D'accord, j'ai compris ce que vous vouliez. Laissez-moi en parler à mes chefs. De votre côté, pouvez-vous nous transmettre les statuts de votre association pour que nous soyons assurés de vos intentions. Je crois que vous êtes des gens sérieux qui croyez en ce que vous faites, mais mes supérieurs auront besoin d'une preuve. »

La seule réponse fut le clic du téléphone.