Bonjour,
Voici le deuxième chapitre de ma fic !
Tout d'abord, désolée pour l'attente, mais pour être franche, je suis très lente à écrire.
Ensuite merci beaucoup à Tan'doku pour son commentaire et ses encouragements, cela me fait énormément plaisir d'avoir l'avis d'un lecteur !
Grace à ta critique je me rends compte que j'aurais peut-être dû expliquer davantage mon intention avec une présentation de mon projet. Donc oui, il sera davantage question d'une relation d'amitié entre Zoro et Sanji que de ZoSan (genre que j'apprécie également).
Je me suis dit aussi qu'il serait intéressant de placer d'autres membres de l'équipage comme témoins de l'évolution de leur relation. C'est pour cette raison, comme tu l'as remarqué, que Brook est un peu mis en avant. Mais il y aura au moins un autre personnage qui s'investira dans cette histoire, et ce, dès le 2ème chapitre que je vais maintenant vous laisser découvrir.
Bonne lecture !
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Chapitre 2
Tous avaient fait honneur aux petits plats concoctés par Sanji et ce n'est pas sans une certaine fierté que le cuistot nota qu'il ne restait plus aucune miette dans les écuelles.
Son initiative avait eu le mérite de faire tomber les frontières que les soldats s'étaient efforcés d'ériger, en marquant le sol d'une ligne symbolique séparant le clan du bien de celui du mal. Mais, alléchés par l'enivrant parfum qui se dégageait de la marmite que Sanji garnissait généreusement, ils n'avaient pas hésité à franchir cette même ligne, pour pénétrer le clan du mal et réclamer leur part, la bave aux lèvres. Les enfants cobayes les imitèrent, brandissant leur gamelle encore vide.
Bien sûr, Sanji ne pouvant refuser de nourrir n'importe quel quidam dont le ventre criait famine, quand bien même celui-ci s'avérait être un adversaire, il se mit à distribuer sans parcimonie les rations. Au moment même où ils avalèrent la première bouchée, soldats et marmots ressentirent une chaleur intense les envelopper et la force déferler en eux. Bientôt la fatigue s'effaça pour laisser place à un profond bien-être. Tels étaient les bienfaits des recettes vitales du Newcomer Kenpo que Sanji avait acquis après ces deux années d'entrainements passées auprès des Okama de Kamabaka.
Le banquet se poursuivit donc dans la liesse jusqu'à ce que les ventres furent repus.
Robin s'amusa de l'embarras que Sanji ressenti devant les compliments que lui lancèrent les Marines sur la qualité de sa cuisine. Comme à son habitude, lorsque les mots qu'il attendait ne venaient pas d'une femme, le blond exprima sa joie en beuglant son désintérêt pour toutes formes de flatterie.
- On dirait Chopper… pensa Robin
Elle laissa vaguer son regard alentour tout en savourant le délicieux café que Sanji lui avait spécialement préparé avec amour. Elle s'arrêta sur les portraits ravagées d'un petit groupe de prisonniers ligotés près d'un rocher. Là se trouvaient Buffalo et Baby5, entourant Caesar. Ce dernier arborait un magnifique sourire à tendance déstructurée, chef-d'œuvre de Luffy qui n'avait pas lésiner sur les moyens pour le neutraliser. Tous trois étaient inconscients.
Après la défaite des subordonnés de Doflamingo, l'archéologue s'était étonnée du comportement de Sanji envers la soubrette. Celle-ci avait vu ses membres supérieurs entravés par des menottes en granit marin et une simple couverture la protégeait de la neige. A aucun moment Sanji n'avait manifesté un quelconque désaccord sur le traitement qu'on avait réservé à la jeune femme. Lui, le chevalier servant de ses dames, le protecteur des demoiselles en détresse, ne s'était pas insurgé devant le spectacle de cette frêle créature enchainée et subissant les rigueurs du climat ? Pour sûr, voilà qui ne lui ressemblait pas.
Mais un autre de ses compagnons intriguait Robin de par son attitude. Comme tout le monde, Zoro avait profité de la fête, buvant son content d'alcool et riant à gorge déployé avec des Marines qui partageaient son amour de la boisson. Mais l'archéologue avait remarqué qu'il tournait régulièrement la tête vers Sanji et dès lors, son expression enjouée se changeait en inquiétude. Ce comportement cessa lorsque le sabreur se rendit compte, après un bref échange de regard avec Robin, qu'il avait été découvert.
Si Brook connaissait le secret qui unissait Zoro et Sanji depuis Thriller Bark, Robin n'était pas en reste. Et rien au monde ne pouvait la faire douter de l'affection que ces deux idiots nourrissaient l'un envers l'autre… Même si elle savait qu'ils ne se l'admettraient jamais directement. Après tout, ce sont des hommes. Toutefois, il lui était impossible de rester indifférente devant les tourments qui semblaient habiter le marimo.
C'est pourquoi elle estima qu'il était peut-être temps pour elle d'agir. Agrippant sa tasse de café entre ses mains, elle se dirigea vers Zoro. Celui-ci, la voyant approcher, se renfrogna, croisant ses bras sur sa poitrine comme en position défensive. Il savait qu'elle avait deviné quelque chose, mais il n'avait pas forcément envie de lui parler.
Nombreux son ceux qui auraient rebrousser chemin devant son air peu amène. Mais Robin ne se découragea pas. Elle s'assit à côté du sabreur, puis, après un petit moment de silence, brisa la glace.
- Et bien, comme dirait notre capitaine « quelle aventure !», commenta-t-elle. Caesar nous aura bien fait courir…
Zoro gardait le silence se bornant à fixer le sol et refusant obstinément de croiser le regard de son amie, de peur sans doute qu'elle ne lise en lui comme dans l'un de ses foutus livres. Mais ce faisant, une moue fini par apparaître sur son visage qui provoqua un petit rire chez la belle archéologue.
Cette réaction eu le don d'horripiler Zoro qui se décida enfin à lever la tête vers Robin.
- Je peux savoir ce qu'il y a-t-il de si drôle ?
- Toi, répondit-elle d'un air taquin. Zoro « l'épéiste boudeur », voilà qui siérait à merveille pour ton prochain avis de recherche.
Si ces mots étaient sortis d'une autre bouche que celle de Robin, Zoro n'aurait pas hésité à dégainer ses sabres tant il était peu enclin à ce genre de plaisanterie en cet instant. Refrénant cette envie, il allait cependant lui jeter quelques réflexions acerbes quand il s'arrêta net. La tendresse qu'il décela dans les yeux de sa nakama le désarma et il se calma aussitôt.
- Je ne boude pas, répondit-il en soupirant lourdement.
Robin lui adressa un doux sourire. Zoro lança un regard furtif vers elle avant de rajouter :
- Et même avec un surnom pareil, mon avis de recherche sera toujours plus classe que celui du cuistot !
L'archéologue émit un rire cristallin.
- Oui, tu as raison ! déclara-t-elle. En même temps ce n'est pas très difficile d'avoir une meilleure affiche que celle de notre cuisinier !
Zoro se détendit et un sourire fendit son visage.
- Voilà qui est mieux ! fit Robin
Un silence s'installa de nouveau. Et une fois de plus, ce fut Robin qui y mit fin en allant droit au but.
- Tu devrais lui parler.
- Hum ?
- Il n'est jamais très bon de rester sur des ressentis sans les exprimer à ceux qui les ont fait naître. Cela cause bien trop de malentendus.
- ...Je ne vois pas de quoi tu parles...
Zoro était un piètre comédien. Bien qu'il feigna l'indifférence, Robin perçut chez lui une légère agitation, preuve qu'elle était sur la bonne voie. Elle poursuivi donc.
- Je te parles de ce qui te taraude depuis un moment maintenant et qui concerne Sanji. J'ignore de quoi il s'agit exactement, mais je crois comprendre que cela ne saurait se régler par l'une de vos chamailleries habituelles …
Décidément, rien n'échappait à Robin. Sa perspicacité et son sens de l'observation n'étaient certes plus à prouver. Zoro l'avait à maintes reprises vu s'illustrer dans ce domaine. Mais qu'elle les appliqua sur lui sans faillir, alors qu'il était persuadé d'être aussi impénétrable que la prison d'Impel Down, cela le stupéfiait. Son bon sens lui indiqua qu'il était vain de nier la vérité plus longtemps.
- Je sais ce que je dois faire, mais je ne sais pas comment m'y prendre, admit-il.
- Pourtant, il vous est déjà arrivé de discuter de façon civilisée. En quoi cette fois-ci différerait-elle des autres ?
Ces moments avaient été rares, certes, mais ils avaient existé. Zoro se souvint de propos échangés avec Sanji, sur les nouveaux paysages qu'ils découvraient lors de leur périple des choix à faire quant au déroulement d'une exploration de ces fois où ils s'étaient raconté leur combat respectif à Alabasta, sur l'île céleste et à Enies Lobby ou encore de cette soirée passée en cuisine à écouter attentivement Sanji lui exposer les différentes étapes de fabrication du vin et des plats qu'il pouvait accompagner selon la nature de son bouquet. Tout cela le plus naturellement du monde et sans velléité belliqueuse.
Zoro se rendit compte alors que ces moments remontaient à l'époque précédent les évènements de Shabondy et que depuis leur retrouvaille, ils n'avaient plus communiqué de la sorte.
- C'est différent parce que le sujet est plus délicat… commença Zoro.
- Ooh, c'est donc ça, l'interrompit Robin. Je vois. Dans ce cas, si je peux me permettre un conseil, le mieux à faire c'est de laisser parler ton cœur. Les mots viendront d'eux même, tu verras.
Zoro écarquilla les yeux.
- De… quoi ?
- La raison n'a pas sa place lorsqu'il s'agit d'un sentiment aussi fort que l'amour. Alors cesse de ruminer et fonce ! Tu as tout mon soutien !
Et prononçant ces mots, Robin fit surgir une forêt de mains au pouce levé en signe d'encouragement.
Finalement Robin pouvait aussi se tromper… Zoro s'était immobilisé comme frappé de stupeur devant ses insinuations. Bientôt son visage vira au rouge, puis au cramoisie. Il se dressa d'un coup sur ses jambes, hors de lui.
- Non mais ça va pas ! C'est quoi ce délire ?! Pourquoi tu me parles de ça, ça n'a rien à voir ?!
- Tu veux dire que tu n'es pas amoureux de Sanji ?
- Mais non enfin ! Qu'est-ce qui t'a mis cette idée dans la tête ?!
- Oh, dommage, dit-elle avec une pointe de déception dans la voix. Cela aurait été amusant…
- Hé !
Zoro fulminait, au point qu'il reconsidéra sérieusement le recours à la violence vis-à-vis de l'archéologue. Quand une voix familière l'interpella.
- Oï, tête de cactus ! T'as pas fini d'aboyer après ma Robin d'amour !
Sanji avançait d'un air défiant, cigarette au bec.
- Occupe-toi de tes affaires le cuistot !
- Je vois que t'as toujours pas assimiler les bonnes manières. Pas étonnant de la part d'une plante verte !
Sanji esquiva de justesse un coup de sabre.
- Toi, tu devrais apprendre à la fermer avant de l'ouvrir, lança Zoro.
Les deux hommes se jaugèrent un instant. D'un côté, le blond se dressait de toute sa hauteur, les mains dans les poches et l'air dédaigneux. De l'autre, le vert, toutes lames dehors s'était mis en position de combat.
- Trou du cul.
- Tête de con.
Des éclairs jaillirent de leurs yeux pour s'entrechoquer à égale distance.
- Bien, pensa Robin, je crois que je serai plus utile ailleurs.
Et elle s'éloigna nonchalamment pour finir son café dans un coin plus sûr.
