POV EDWARD

La tête de Swan valait le détour. Elle était tellement rouge qu'elle semblait sur le point d'exploser. Le job en lui-même ne me plaisait pas. Je trouvais que l'idée de faire un papier sur ce stupide bouquin complètement débile mais venant de Newton plus rien ne m'étonnait.

Il m'avait convoqué la veille dans son bureau et m'avait annoncé que j'allais travailler sur un nouvel article mais qui ne concernait pas mon domaine et que j'allais faire équipe avec Isabella Swan.

J'avais protesté assez vivement. D'une, je suis journaliste sportif, je ne tiens pas la rubrique du cœur alors bosser sur un livre qui explique comment rencontrer l'âme sœur, concept auquel je ne crois absolument pas, me filait des boutons. De deux, je ne supportais pas Bella. C'était viscéral. Elle ne souriait jamais, s'habillait comme un mec et avait un air de miss je sais tout qui me sortait par les yeux. Bella avait un sale caractère et un sens de la répartie assez acéré, presque plus développé que le mien. Je savais par Jessica, la secrétaire de Newton, une blonde qui m'aimait beaucoup au passage, que Bella n'avait pas d'amis et qu'elle ne sortait quasiment pas. Je l'imaginais très bien vivant dans un vieil appartement avec trois ou quatre chat à espionner ses voisins et à ne parler qu'à ses chats. Ou alors le nez plongé dans des mots croisés.

Bella était tout le contraire de moi. Je sortais beaucoup, peut être trop. J'avais beaucoup d'amis, surtout des gars du milieu sportif avec lesquels je passais tout mon temps. Et il y avait les filles. Je les collectionnais. C'est juste que la monogamie, l'engagement et toutes ces conneries, ce n'est pas mon truc. Prenez mon ami Emmett, joueur de football. Lui, il se voit très bien avec une maison à étage, une barrière blanche, un labrador et un break garé dans l'allée. C'est pour ça que cet idiot est à la recherche de la femme de sa vie. Il désapprouve ouvertement mon mode de vie, je le sais. Alors oui, je mettais beaucoup de filles dans mon lit. J'avais la réputation d'un dom juan mais j'avais tout de même un code de conduite. Par exemple, je ne sortais pas avec les ex d'Emmett ou de mon autre pote Jasper. Cette règle était commune à nous trois. On se connaissait depuis la fac. Nous avions tout d'abord été colocataires puis amis. Nous étions tous partis dans des directions différentes, Emmett était entré dans la ligue professionnelle, Jasper s'était lancé dans des études de psychologie et moi dans le journalisme sportif. A la base, je voulais faire comme Emmett mais dans le baseball. Au lycée, je m'en sortais très bien. Le chemin était tout tracé pour moi. Le premier semestre, j'étais dans les meilleurs joueurs. Mais un jour, je me suis blessé au genou et c'en était fini de mes espoirs sportifs. Je m'étais reconverti dans le journalisme sportif et finalement j'adorais ça. Je travaillais dans le milieu que j'aimais sans avoir la pression de la fac, de l'équipe ou du coach sur le dos. Libre comme l'air et je profitais de la vie.

Ça, c'était un concept que cette coincée de Bella ignorait. Faire équipe avec elle n'allait pas être de la tarte. Il allait falloir réprimer mes envies de meurtre et tenir bon parce que Newton m'avait bien fait comprendre que tout doué que j'étais, je n'étais pas irremplaçable. Et c'était vrai, il avait le pouvoir de me virer du jour au lendemain selon ses envies. C'est comme ça qu'il me tenait et qu'il tenait Bella. Tout le journal savait qu'elle essayait d'obtenir une autre rubrique que celle des chiens écrasé et là-dessus, je crois que je pouvais la comprendre. Newton était malin, limite pervers. Pour lui, nous n'étions que des marionnettes. Est-ce que pour autant je pouvais faire confiance à Bella sur ce coup-là ?

« Faire équipe avec lui ? » demanda Bella d'une voix aiguë.

Je me sentis presque vexé qu'elle ne dise pas Edward. Après tout, j'avais un prénom.

« Absolument ! » répondit jovialement Newton. « A moi que vous n'ayez changé d'avis ? »

Bella rougit et serra les dents avant de secouer la tête en signe de négation.

« Bien ! alors voilà les règles du jeu : je ne veux pas que vos collègues sachent que vous êtes les auteurs des articles. Je tiens à votre objectivité et je ne veux pas que ça joue sur le fonctionnement du journal. Vous pouvez le dire à vos amis les plus proches mais essayez de garder l'anonymat le plus possible. Je veux un article pour chaque chapitre du livre. Un du point de vue de la femme, un du point de vue de l'homme. Une simple critique ne suffira pas. vous êtes journalistes, faites votre job ! Les gens aiment le vécu et vous allez leur en donner. Je veux une publication par semaine, le lundi matin. vous m'enverrez donc vos articles le dimanche soir, je m'occuperai du reste. Des questions ? »

Bella était aussi figée que moi. Nous avions mis le doigt dans l'engrenage, plus moyen de faire machine arrière si on tenait à nos places. Ni elle ni moi n'avions de question si bien que Newton nous ficha à la porte. Une fois seuls dans le couloir, Bella se tourna vers moi, ses yeux lançaient des éclairs.

« De tous les gars du journal, fallait que ce soit toi, hein ! Tu l'as fait exprès, avoue ! Me torturer ou de foutre de moi devant tout le journal au déjeuner ne te suffisait plus ? »

Son ton et sa façon de me parler ne me plaisaient pas. On aurait dit une vraie mégère.

« Primo, Swan, je ne me suis foutu de toi qu'une fois devant tout le monde et avoue que c'était drôle. Il n'y avait que toi pour renverser tout son plateau sur elle. Ensuite, dis-toi qu'on est dans le même bateau ! Je n'ai pas choisi de bosser sur ce livre de malheur et surtout je ne t'aurais pas choisi toi ! » répliquai-je.

« Et pourquoi ça ? » demanda-t-elle avec hargne.

« Parce que te faire travailler sur les rencontres amoureuses c'est la blague de l'année ! Tu t'y connais autant que moi je maitrise le point de croix ! » rigolai-je.

A peine avais-je prononcé ces mots que je les regrettai. Son visage reflétait de la colère, de la rage mais aussi de la peine. Je vis ses mâchoires se contractées. Je m'attendais à ce qu'elle me hurle dessus mais elle n'en fit rien. Au contraire, elle recouvra tout son calme avent de reprendre la parole.

« Evidemment, c'est ton sujet de prédilection, hein ? Vu le nombre de pétasses qui passent dans ton lit, tu maîtrise le sujet sur le bout des doigts ! Je suis sûre que c'est un rite de passage pour toutes les filles de Seattle que de se faire tringler par Edward Cullen. C'est pas parce que tu sautes que tout ce qui a un vagin, une perruque blonde et le QI d'une huître que tu t'y connais en relations, connard ! »

Et elle me planta là, dans le couloir. Bella et son sens de la répartie m'avaient bien écrasé cette fois.

J'en voulais à Newton de m'avoir foutu dans ce bourbier. Le reste de ma carrière dépendait pour beaucoup de Bella et ça m'énervait plus que tout. Et puis, pour qui elle se prenait cette pimbêche ? De quel droit elle me jugeait ? Au moins, je profitais de la vie, est-ce qu'elle pouvait en dire autant ?

La secrétaire de Newton m'apporta le fameux livre dans l'après midi. Après son départ, je mis la touche finale à mon article sur le dernier match de football de l'équipe de Seattle puis je répondis aux quelques mails que j'avais reçu. Une fois tout ça fait, je n'avais plus aucune excuse pour ne pas ouvrir le livre.

Le titre me fit sourire : the perfect match ou comment rencontrer son âme sœur.

Quelle connerie ! L'âme sœur, rien que ça. Ce truc avait inventé par je-ne-sais quelle bonne femme frustrée sexuellement et qui avait répandu le concept avant la naissance du divorce. Après tout, beaucoup de divorcés ou de personnes veuves refont leur vie et sont très heureux alors qu'ils pensaient avoir trouvé leur âme sœur auparavant.

J'ouvris le livre au premier chapitre.

Chapitre 1 : le speed dating

La plupart des personnes heureuses en couple affirment qu'elles ont su dans les cinq minutes qui ont suivi leur rencontre que l'autre était leur âme sœur. La première impression est souvent la bonne. Malheureusement, quelque fois il est difficile de provoquer la rencontre ou d'aborder quelqu'un. Pour les plus grands timides ou ceux qui n'osent pas parler à des inconnus, le speed dating est la solution pour faire de nouvelles rencontres. Renseignez-vous, beaucoup de bars ou de clubs organisent des soirées speed dating pour célibataires. Essayez, ça ne vous coûtera que 5 minutes.

Le speed dating ? Sérieusement ? j'ai toujours pensé que ce truc était fait pour les geeks incapables de parler à une fille sans tomber dans les pommes et pour les moches qui voulaient sauter quelqu'un d'aussi désespéré qu'eux. J'allais devoir participer à cette mascarade, pas le choix.

Je refermai violemment le livre. Je décidai que ma journée était finie. Il était 18 heures mais j'avais besoin d'un verre, d'un litre de vodka et d'une jolie blonde pour me tenir compagnie ce soir.

Je retrouvai Emmett et Jasper dans un club dans le centre. Ils étaient assis au bar et sirotaient tranquillement une bière.

« T'en fais une tête, vieux ! » m'accueillit Jasper.

« Si tu savais ce qui m'arrive ! Il me faut un verre, les gars. Un truc fort. » précisai-je en m'installant sur un siège de bar.

« Raconte. » dit Emmett.

Je m'exécutai.

« Et tu es obligé de le faire ? » s'étonna Emmett.

« Si je tiens à mon job, ouais. » répondis-je sombrement avant de prendre une gorgée de vodka.

« Et elle est comment, cette Bella ? » s'enquit Jasper.

« Mec, c'est une vraie harpie ! Elle est insupportable, a un avis sur tout et tout le monde. C'est une langue de vipère qui s'habille comme un épouvantail. Elle ne ressemble à rien. Tu te rends compte qu'elle m'a accusé de sauter sur tout ce qui a un vagin à Seattle ? »

Jasper éclata de rire.

« J'adore cette fille. Edward, ne te vexe pas, mais tu sautes tout ce qui a un vagin à Seattle, non ? »

Trahi par son pote.

« J'ai plus de classe que ça, s'il te plaît ! J'ai quand même un code de conduite, je ne saute pas sur toutes les filles ! » m'indignai-je.

« C'est vrai, ça, Jazz ! » intervint Emmett. « La fille doit être majeure, assez bien foutue, avoir un rire de crécelle et ne pas savoir que 2 et 2 font 4. C'est bien ça, Edward ? Tu vois qu'il ne saute pas sur tout ce qui bouge. »

Deux trahisons dans la même soirée, ça commençait à faire beaucoup pour un seul homme.

« Ah ah très drôle ! » grinçai-je. « N'empêche que je suis coincé avec cette pimbêche et ce livre à la con. »

« Ca peut être intéressant. Tu pourrais rencontrer ton âme sœur. » répondit Emmett.

« Tu sais ce que j'en pense, Em. »

« Ouais. Mais moi je persiste à croire que la fille idéale m'attend quelque part et que je n'ai plus qu'à la trouver. »

« Sur cette pensée hautement romantique et nunuche, je vous laisse les gars. La blonde là-bas me fait des clins d'œil depuis tout à l'heure. » dis-je avant de me diriger vers la fille.

Je me réveillai à l'aube. La fille – je ne me rappelais plus de son prénom- n'était pas restée. Elles ne restaient jamais. Règle numéro 1. Après une bonne douche et un café, je me rendis au journal en voiture. Mon appartement se trouvait à environ 20 minutes en voiture du journal. J'étais de bonne humeur. Je saluai le vigile à l'accueil, fit un clin d'oeil à Jessica et serrai la main à des collègues. Ma gaieté s'évapora dès que je vis Bella, adossée à la porte de mon bureau. Début des hostilités dans 4, 3, 2…

« Tu arrives toujours en retard comme ça ? » me dit-elle en guise de salut.

« Tu es toujours aussi chiante le matin ? » répondis-je.

« Non, c'est ce qui se passe dès que je te vois. Tu as lu le premier chapitre ou pas ? »

« Oui, je l'ai lu. »

« Et ? »

« Et quoi ? »

Elle souffla et me regarda comme si j'étais le dernier des demeurés.

« Où on va aller ? »

« Je pensais que tu aurais quelques adresses. Tu dois pratiquer le speed dating non ? » demandai-je, narquois.

« Je pensais que c'était là que tu recrutais tes dindes et que donc tu avais des adresses. » persifla-t-elle, chassant mon sourire.

On n'allait pas y arriver comme ça. Je fermai les yeux quelques secondes pour reprendre mon calme.

« On pourrait regarder sur Internet. » suggérai-je.

Pour une fois elle parut d'accord avec moi. Nous trouvâmes l'adresse d'un café dans le centre ville, pas loin du cinéma et d'un restaurant italien. D'un commun accord, nous décidâmes de nous retrouver devant le café à 19h30, la soirée commençant à 20h.

Bella était arrivée avant moi.

« Salut. »

« Salut. »

« On y va ? » demanda-t-elle, visiblement nerveuse.

« Si tu veux. »

Un vestiaire avait été installé à l'entrée du café. Lorsqu'elle ôta son manteau, je détaillai la tenue de Bella : des baskets, un vieux jean et un pull trop grand.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » me demanda-t-elle.

« Bella, tu viens ici pour rencontrer ton âme sœur. Tu n'aurais pas pu faire un effort et t'habiller plus…euh plus… »

« Plus quoi ? Accouche ! » s'énerva-t-elle.

« Plus comme une fille ? » tentai-je.

Elle me fusilla du regard et me bouscula avant d'avancer dans le café. La soirée commençait tout juste et je l'avais déjà vexée. Longue soirée en perspective.

Les hommes furent les derniers à s'assoir. Au moment où le gong retentirait, nous devions nous déplacer à la table suivante. Il y avait 7 filles et 7 garçons. L'équation parfaite. La première fille à qui je m'adressai s'appelait Marina ou Marianna, enfin un truc comme ça. C'est tout ce que je retins de mes 5 minutes de conversation avec elle. Elle ne savait pas s'arrêter de parler. Je ne suis pas sûr d'avoir eu le temps de lui dire comment je m'appelais. La seconde était plus calme mais avait un strabisme si important que je fus incapable de la regarder dans les yeux. Très déstabilisant. La fille d'après, une blonde plantureuse, me fit carrément du pied pendant que moi j'essayais de jouer le jeu en lui posant des questions bêtes à pleurer. En voilà une à qui je devais demander son numéro avant de partir. Les trois filles suivantes étaient quelconques, pour ne pas dire insipide et inintéressantes. Mathématiquement, ce fut le tour de Bella de se retrouver en face de moi.

« Hey. » fis pour lancer la conversation. « ça se passe bien ? ».

Elle leva vers moi un regard blasé.

« Je m'éclate comme une folle. Je suis tombée sur un fan de Star Wars qui voulait savoir si ça me disait de me déguiser en princesse Léia pour lui faire des trucs que je ne répèterai même pas. Un autre est fan de taxidermie et a voulu me faire découvrir cet art magique. Deux m'ont demandé si je voulais à l'hôtel tout de suite après la soirée. Un gars à lunettes et avec un cheveu sur la langue m'a parlé météo, sujet qui je dois dire me passe complètement au-dessus de la tête. Un blond m'a demandé si j'étais une vraie brune. Et maintenant, toi. Et il n'y a pas d'alcool pour m'aider à supporter tout ça. Non vraiment, c'est la meilleure soirée de ma vie. »

Sa tirade me fit éclater de rire. Elle se dérida un peu et joignit son rire au mien.

« Je ne peux pas croire que ce livre conseille ça. » soupira-t-elle. « C'est le magasin des horreurs ! »

« C'est vrai que ce n'est pas terrible comme mode de rencontre » admis-je.

« Et toi, ça a donné quoi ? » demanda-t-elle.

« Oh, euh pareil que toi. »

Je décidai de ne pas lui parler de la blonde. Je ne voulais pas qu'elle m'accuse encore de coucher avec n'importe qu'elle fille, ce que j'allais pourtant faire.

Elle rejeta la tête en arrière et passa ses doigts dans ses cheveux qui, je le remarquai pour la première fois, étaient légèrement ondulés. Son cou était fin, délicat, aussi pâle que son front. Ses joues, elles, étaient légèrement rouges lorsqu'elle redressa la tête. Depuis quand je me souciais de savoir si son cou était délicat ?

Le gong retentit, nous libérant et coupant court à mon délire. Nous nous levâmes en même temps.

« Edward, ça te dirait euh, je sais pas, d'aller boire un verre quelque part ? »

J'haussai les sourcils. Elle me proposait d'aller boire un verre ?

« Tu sais, pour écrire l'article. A chaud, c'est plus facile. » précisa-t-elle en fronçant le nez.

La blonde de tout à l'heure apparut comme par magie et se colla à moi.

« Un verre, ça te dirait ? » roucoula-t-elle.

A cet instant, le visage de Bella se referma. Elle recula légèrement. Elle me lança un regard noir avant de dire :

« Tu sais quoi ? Laisse tomber. Je vais écrire chez moi plutôt. Je ne sais pas travailler à plusieurs sur un article. Passe une bonne soirée. »

Elle reprit sa veste dans le hall du café et s'engouffra dehors avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit. Je ne comprenais pas ce qui s'était passé. La blonde, Tanya, me ramena sur terre en m'entrainant vers son appartement.

POV BELLA

Imbécile. Débile. Demeurée. Abrutie. Reine des connes. Je n'arrivais pas à trouver de mot pour me décrire ce soir. Mais qu'est-ce qui m'avait pris d'inviter Edward à prendre un verre pour écrire l'article ? Peut-être parce que, pour une fois, il avait l'air aussi peu à sa place que moi, parce que pour une fois il s'était comporter normalement avec moi. Au moins, Edward avait mis sa soirée à profit. La mienne avait été catastrophique. Je n'étais tombée que sur des gars bons pour l'asile ou sur d'autres qui voulaient me mettre dans leur lit avant de me donner leur nom.

Me maudissant, je rentrai chez moi. Le silence de mon appartement me rappela que parfois, vivre seule est pesant. Personne qui ne vous attend pour vous demander comment s'est passée votre journée. Personne avec qui se battre pour la télécommande. L'indépendance avait un goût amer certains jours. Je pris un pot de glace dans mon congélateur avant de m'installer devant l'ordinateur. Plus vite j'écrirais cet article, plus vite je me sortirais cette fichue soirée de la tête.

J'avais tout juste écrit le premier paragraphe lorsqu'on frappa à ma porte. Rouspétant après les gens qui ne savent pas que passé une certaine heure, rendre visite à des gens devient franchement emmerdant. J'ouvris la porte et tombai nez à nez avec Alice et Rosalie.

« Qu'est-ce que vous fichez là ? » m'étonnai-je.

« On vient te remonter le moral après ta super soirée. » dit Alice.

« C'est gentil mais tout va très bien. » mentis-je.

« Menteuse ! » affirma Rosalie avant de me pousser à l'intérieur de mon appartement sans se soucier des règles de politesse.

Alice eut un petit rire avant d'entrer et de refermer la porte. Elle contempla le cadavre du pot de glace, l'ordinateur allumé avec une page vide et mon pyjama. Son regard était éloquent. Je le connaissais par cœur celui-là. Il signifiait « assieds toi et déballe tout ». J'abdiquai.

« Je viens de passer la soirée la pire de toute ma vie ! » lançai-je avant de me laisser tomber dans le canapé.

« A ce point-là ? » demanda Rosalie.

« Un mec m'a demandé si j'étais prête à me déguiser en princesse Léia pour jouer avec son sabre laser. »

Rosalie explosa de rire. Elle riait tellement qu'elle en pleurait.

« Si tu n'arrêtes pas de rire tout de suite, Rose, ça va mal finir pour toi ! » la menaçai-je.

« Oh Bella, avoue que si c'était arrivé à l'une d'entre nous tu aurais bien rit. » raisonna Alice.

Ça me faisait mal de le reconnaître mais elle avait souvent, bien trop souvent, raison.

« Plus jamais de speed dating en tout cas ! J'avais l'impression d'être un bout de viande sur un marché… » soupirai-je.

« Et ton coéquipier, Edward ? Il a trouvé ça affreux lui aussi ? » voulut savoir Rosalie.

Rien que de penser à Edward, je sentais la colère remonter.

« Vu la blonde qu'il avait au bras en sortant, non, je ne dirais pas que sa soirée s'est mal déroulée ! » dis-je, acerbe.

Alice me fixait attentivement. Je n'aimais pas qu'elle me regarde comme ça. Ça n'annonçait jamais rien de bon pour moi.

« Il faudra que tu nous le présentes un jour. Il est comment ? » demanda Rosalie.

« Imbu de lui-même, stupide, énervant, chiant. Il aime humilier les gens et change de filles plus vite que je ne change de chaussettes. » répondis-je en fuyant le regard d'Alice.

« Non mais physiquement, il est comment ? » insista Rosalie.

« Une tête, deux bras et deux jambes, des yeux, un nez et une bouche. Par contre si tu veux savoir s'il a un cerveau, tu vas être déçue ! »

« T'es pénible Bella ! Tu ne pourrais pas faire mieux ? Il est mignon au moins ? »

Je regardai Rosalie comme si elle était le diable en personne. Comme si moi j'allais trouver Edward Cullen mignon ! Il ne manquerait plus que ça tiens !

« Mais j'en sais rien moi ! Moins je le vois mieux je me porte alors non, je ne l'ai pas regardé de près. »

« Rosalie, je crois qu'on devrait y aller. Bella doit avoir beaucoup de travail. » dit Alice, la raisonnable Alice.

Rosalie opina.

Une fois les filles parties, je fus incapable de me remettre à écrire. Rosalie m'avait ennuyée avec ses questions qui ne rimaient à rien. Jamais je ne m'étais demandée si Edward était mignon. C'était juste une épine dans mon pied, une enclume sur mon estomac, mon pire cauchemar. Je savais que les gars au journal, y compris Edward, ne me voyaient pas comme une fille et ça m'allait très bien. Mes expériences passées en matière de relations amoureuses m'avaient quelques peu refroidie. Au lycée, j'étais sortie avec trois garçons. Je m'étais faite larguée les trois fois. Ma plus longue relation avait duré deux ans, à la fac avec quelqu'un d'un peu plus âgé que moi. J'avais toujours cru que la maturité allait de paire avec l'âge. Grave désillusion. Nous étions sur le point de nous installer ensemble. Mes cartons étaient faits, mes changements d'adresse aussi. J'avais mis des mois à les faires ces cartons. J'avais eu du mal à accepter l'idée de renoncer à mon indépendance et à toutes mes habitudes mais j'avais réussi. L'indépendance est revenue à la minute où j'ai surpris le soi-disant homme de ma vie, ma fichue âme sœur, dans son bureau avec sa secrétaire, enfin sur sa secrétaire qui était sur le bureau plus exactement. Ce jour-là, je me suis jurée que plus jamais on ne me piétinerait le cœur et l'âme sœur, c'est des histoires qu'on raconte aux gosses pour ne pas leur dire que les êtres humains peuvent se montrer cruels et jouer avec les gens. Pour autant, ma libido n'étais pas morte. Je suis une fille de 25 ans après tout. Une fois, rien qu'une, j'avais passé la nuit avec un gars que je n'avais jamais revu. Ça avait été rapide, gênant mais surtout je n'avais rien ressenti de particulier. Disons que maintenant, c'était mon cerveau qui était aux commandes et plus mes hormones.

Au final, tous les hommes ressemblaient à Cullen. Pour eux, nous n'étions qu'un moyen de satisfaire leurs pulsions. Une fois que c'était fait, ils nous jetaient. Me faire travailler moi sur comment rencontrer la personne idéale était une blague cosmique. Mon karma était contre moi et je ne pouvais rien faire à moins de renoncer à mon travail. En résumé, j'étais coincée.

Nous étions lundi. J'avais réussi à passer le reste de la semaine sans croiser Edward. aujourd'hui, nos articles étaient publiés. J'étais curieuse de voir ce que ça donnait.

Elle : le speed dating ou l'art de se vendre. J'ai donc suivi le chapitre 1 du livre. Autant vous prévenir tout de suite, c'est le meilleur moyen d'être obligée de parler à des pervers, des obsédés sexuels fans de Star Wars, un mélange détonnant. C'est tout juste si certains ne vous balancent pas la clé de leur chambre d'hôtel, louée sous un faux nom pour que Madame ne se doute de rien. 5 minutes, ce n'est pas assez pour connaître suffisamment un homme avant de s'engager dans une relation. En résumé : le speed dating n'est pas un moyen de faire des rencontres saines.

Lui : plus jamais. Les filles qui fréquentent ce genre de soirée – et question fille j'estime que je m'y connais – sont tellement désespérées qu'elles en deviennent pathétique. Certaines sont prêtes à tout pour finir la nuit dans les bras du premier venu, pourvu qu'il ne soit pas trop laid. Ce type de relation, basée seulement sur cinq minutes de conversation, est voué à l'échec. Je pense que la personne avec laquelle le courant passera, la seule, l'unique, est une personne de votre entourage. Renoncer à tout pour une personne est pour certains, dont moi je l'avoue, n'est pas envisageable mais si vous êtes prêts à tenter le grand saut, regardez autour de vous. Ma conclusion : le speed dating n'est pas un bon plan.

Préférant ne pas me poser de question sur le déroulement de sa soirée, je reposai le jouranl que je tenais dans les mains pour attraper The perfect match. Que nous réservait le prochain chapitre ?

Je n'eus pas le temps de découvrir le prochain épisode toute seule parce qu'Edward déboula dans mon bureau, l'air énervé. Pas bon, pas bon du tout.

« Tu l'as lu ? » demanda-t-il d'emblée.

« Non, pas encore. Et je ne suis pas sûre de vouloir le faire vu ta tête… »

« Prochaine aventure, Swan : le rendez-vous à quatre. Tenue correcte exigée ! »

J'avais l'impression que mes yeux allaient sortir de ma tête.

«Mais dis moi que c'est pas vrai ! »

Mon air paniqué dut lui plaire parce qu'il afficha un grand sourire avant de sortir en sifflant.

Je partis à sa poursuite et lui criai :

« Qu'est-ce que tu veux dire par tenue correcte exigée ? »

Seul son éclat de rire me répondit.

Me voilà dans de beaux draps !

Coucouuuuuuuuuuuuuuuuuu !

Bon alors déjà merci beaucoup à vous toutes pour vos reviews et vos encouragements c'est trop trop gentil ! J'ai mis un peu de temps pour publier mais j'ai commencé mon stage dans une bibliothèque très sympa. Bon la quantité de livres et de CD trop mortels va me rendre folle mais tout va bien !

Je pense pouvoir publier tous les 15 jours voire toutes les trois semaines. J'espère que ce nouveau chapitre va vous plaire à vous de me dire ^^

Je précise que je n'ai rien contre le speed dating. C'est juste qu'ici j'ai décidé que E et B n'aimeraient pas ça pour la suite de mon histoire, c'est mieux.

A très vite

( ps : si vous aimez les livres de filles et les Kleenex qui vont avec lisez Toi et moi à jamais d'Ann Brashares c'est juste wouhou !)