Titre: Comme une histoire qui se répète... Ou pas

Auteur: Swato

Pairing: Derek x Stiles

Disclaimer: Les personnages de Teen Wolf ne m'appartiennent pas. (eh shit!)

Résumé: Allison ne supporte plus de voir Derek heureux alors qu'il a tué sa mère. Elle se venge et met le feu à la maison des Hale en faisant croire à Derek que Stiles est à l'intérieur. Son plan fonctionne... un peu trop bien. Sterek

Note: Spoil saison 1, saison 2.


Chapitre 2: Doutes

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« Tu n'as pas... pensé ? Ça je peux te le dire sans aucun doute: effectivement tu n'as pas pensé, cracha Chris Argent. Ils savent que c'est un incendie criminel et tu peux t'estimer heureuse qu'ils n'aient trouvé aucune preuve leur permettant de remonter jusqu'à nous ! »

Allison baissa la tête. Après avoir tout avoué à Scott, ce dernier avait tourné les talons sans un dernier regard pour elle. Cela faisait deux jours qu'elle ne l'avait pas vu et elle le méritait. C'est pour ça qu'elle ne courrait pas après lui pour lui demander de lui pardonner comme elle en avait tant envie. Elle assumerait ce qu'elle avait fait. Son père fit une nouvelle fois les cents pas devant elle en jurant quelque fois entre ses dents, il lui lança un regard et elle saisit tout le poids de sa déception.

« Quant tu atteins un alpha, toute la meute est touchée ! Tu aurais du t'en rappeler, tu aurais du y penser. Que crois-tu que les gens vont croire maintenant qu'ils ont vu trois personnes convulser à un match de Lacrosse en même temps.

- La police pense que c'est dû à une allergie, répondit-elle.

- Allergie mon œil. Bon sang, Allison ! Cinq personnes sont clouées sur un lit d'hôpital et elles y sont pas ta faute. »

Elle serra les dents et retint ses larmes. Pleurer n'y changerait rien. Cela n'effacerait pas sa culpabilité, ni sa honte. Elle prit une inspiration pour dégager sa gorge serrée.

« Je sais, répondit-elle. »

Quand Derek avait été prit dans les flammes, Isaak s'était effondré sur le terrain causant un temps mort dans le match puis Erica et Boyd avaient eut la même réaction. Le nouveau directeur avait appelé une ambulance qui les avaient amené à l'hopital. Puis le vétérinaire était venu discrètement pour récupérer les loups garou et les mettre dans sa clinique avec l'aide de Chris. Si les médecins avaient fait des prises de sang, ils auraient su tout de suite que quelque chose n'était pas normal avec eux. Allison ne savait pas exactement pourquoi mais le regard assuré de son père la poussait à croire que si les médecins avaient découvert leurs secrets, cela n'aurait été bon pour personne. Et Stiles... Ce pauvre Stiles...

« C'est de ma faute, murmura t-elle en fermant les yeux. »

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Où était-il ?

Il y avait comme une odeur de désinfectant, ça sentait la mort aussi quelque part. Il se sentait lourd, il n'arrivait pas à bouger, ça faisait trop mal.

Il y avait comme un poids sur son torse, un poids qui pesait une tonne. Il arrivait à respirer mais il avait l'impression que les parois de sa gorge s'étaient transformées en papier de verre. Chaque inspiration lui faisait mal.

« Pourquoi est-ce qu'il ne guérit pas ? chuchota quelqu'un. »

Il tendit l'oreille. Il n'arrivait pas à ouvrir les yeux. Il était trop fatigué, épuisé serait le mot juste, vidé de ses forces correspondait mieux. C'est la première fois qu'il se sentait aussi impuissant.

« Les blessures faites par le feu sont plus longues à cicatriser, mais ce n'est pas ça. J'ai l'impression qu'il s'empêche de guérir.

- Il s'empêche de guérir ? C'est possible ? »

Par pitié qu'ils se taisent. Ou qu'ils parlent. Sa tête était douloureuse à cause du bruit qu'ils faisaient, mais il avait envie de savoir ce qui se passait et pourquoi est-ce qu'il était dans un état aussi lamentable.

« Oui, c'est possible. Rappelles-toi Peter. Il a retardé sa guérison.

- C'est juste que... je ne m'aperçois même pas de la guérison quand elle se produit.

- C'est parce que tu es encore jeune. »

Qui parlaient ? Il reconnaissait la voix de Scott mais la deuxième lui était moins familière. Bon dieu... ce qu'il avait mal. Ça faisait tellement mal qu'il lui était impossible de crier. Parce qu'il savait que hurler lui ferait encore plus de mal si c'était possible. Un petit silence s'installa et il se demanda comment Scott avait pu ne pas se rendre compte qu'il était réveillé, ses battements de cœur devaient être lui rapide à présent.

« Il a essayé de sauver Stiles. Encore une fois, murmura Scott.

- Ce n'est pas plutôt l'inverse ? A ce qu'on sait, c'est Stiles qui a courut à son secours pour essayer de le sortir de la maison.

- Oui, c'est ce qui s'est passé. Quand les pompiers les ont retrouvé, ils étaient ensemble. Stiles a trouvé Derek et a essayé de le sortir de là mais il a perdu connaissance avec toute cette fumée. »

La voix de Scott était serrée. On sentait qu'il était sur le point de pleurer. Derek écoutait avec attention, repoussant la brume de douleur qui envahissait son esprit.

« Alors pourquoi tu dis que Derek a essayé de sauver Stiles ?

- Parce que les pompiers m'ont dit qu'il s'est mit sur lui pour le protéger, répondit-il. Stiles l'a retrouvé, a essayé de le sortir de là avec tellement d'acharnement qu'il s'est évanouit, et Derek l'a protégé. »

Un sanglot rauque retentit dans la pièce. Derek sentit une chape de plomb lui tomber sur l'estomac.

« J'arrive pas à croire que Stiles... Il me manque tellement ! Je donnerais n'importe quoi pour l'entendre me sortir une de ses vannes ! »

Derek sentit l'odeur du désespoir envahir la pièce et il se sentit presque étouffer. Il laissa la vague de douleur l'envahir et ne fit rien pour résister à l'inconscience qui lui ouvrait les bras.

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La fois suivante, il parvint à ouvrir les yeux, bien que difficilement.

Il n'y avait personne aux alentours, il tourna la tête à droite et à gauche mais personne n'était là. Il y avait trois lits vides à coté de lui. Les draps étaient défaits mais les couches étaient froides, personne n'avait dormit dedans ou ne venait d'en sortir. Il inspira et reconnut l'odeur de Isaak, Erica et Boyd. Il se souvint de la conversation qu'il avait entendu et parvint enfin à savoir qui était la deuxième personne et donc à en déduire l'endroit où il se trouvait.

C'était le vétérinaire. Il était donc dans la clinique.

Derek referma les yeux. Il devait s'être passé un moment entre ses deux reprises de conscience, il n'avait plus mal. Du moins, c'était tellement plus supportable que la dernière fois qu'il pouvait presque dire qu'il n'avait plus mal. Tout son coté droit l'élançait et tant qu'il ne bougeait pas trop ça irait. Il fronça les sourcils.

Il se sentait étrangement vide.

La seule fois où il s'était sentit comme ça, c'était quand sa famille avait périt dans l'incendie. C'était surement le fait de revivre un cas similaire qui lui faisait se rappeler ce sentiment. Il se remémora les paroles de Scott et ferma les yeux.

Stiles était mort.

La douleur fut si intense qu'elle le paralysa. Bouger était à nouveau douloureux.

« Derek ? »

Il ouvrit les yeux par automatisme. Il n'avait même pas sentit l'odeur du vétérinaire avant qu'il ne se trouve devant lui. Ce dernier lui fit un sourire rassurant avant d'aller chercher plusieurs choses. Il revint avec un stéthoscope et un onguent.

« On s'est inquiété, ça fait deux semaines que tu dors. Erica et Boyd vont mieux, ils ne sont pas encore très proche de toi alors ça ne les a pas trop atteint, mais Isaak... Il a encore quelques brûlures assez grave. Il t'aime bien, tu sais ? lui expliqua t-il. »

Quelque chose n'allait pas. Derek se sentait indifférent. Il arrivait à peine à assimiler les paroles du vétérinaire. Et il n'arrivait pas à bouger. Il n'avait accès à aucune partie de son corps. Le vétérinaire continua ses soins en mettant de la crème sur son flanc droit. Une fois qu'il eut terminé il se redressa et le regarda de haut en bas en fronçant les sourcils.

« Derek ? l'appela t-il. »

Il essaya de répondre. Mais rien ne répondait, il donnait des ordres à son corps, mais il ne bougeait pas. Le vétérinaire lui prit la main et le regarda avec sérieux.

« Serre ma main. »

Une once de peur comprima sa poitrine. Il n'y arrivait pas.

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C'était étrange.

Derek n'était pas sûr de comprendre. En fait, il n'y comprenait strictement rien.

Le jour où il s'était réveillé, il avait été incapable de bouger, si bien que le vétérinaire lui avait presque diagnostiqué une paralysie permanente. Mais sa colonne vertébrale n'avait pas été touchée et il ne restait que le traumatisme à mettre en cause. Cette hypothèse l'avait révolté, mais il n'avait pas été révolté longtemps.

Parce que le lendemain, il avait pu commencer à bouger. Ses mains semblaient s'être désengluer de leur lourdeur et à la fin du deuxième jour il avait été capable de bouger. Mais ça faisait mal. Ça faisait tellement mal qu'il n'avait pas profité de sa soudaine mobilité, au contraire, il s'était trainé dans un fauteuil et n'en avait plus bougé de la soirée. Derek ne savait pas d'où venait cette douleur - du moins, il ne voulait pas le savoir - mais elle était tellement écrasante que bouger ne serait-ce que d'un millimètre le faisait souffrir. Et puis, il y avait autre chose.

Il n'ouvrait plus la bouche. Il n'arrivait pas à parler. Pas qu'il ait essayé. Il n'avait juste plus assez d'énergie pour forcer sa voix à sortir. Il n'avait pas envie de parler.

Sa meute lui avait rendu visite mais il s'était terré dans un mutisme rassurant. Cela ne devait pas changer de d'habitude de toute façon vu qu'il ne parlait pas souvent avant. Mais pour une raison étrange, cela inquiétait et énervait tout le monde qu'il garde le silence.

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Scott était en rage. Cela faisait une semaine qu'il jonglait entre le lycée et Derek.

« Mais il ne parle pas !

- Du calme, lui dit le vétérinaire. »

Il écouta son patron, ses battements de cœur ralentirent et ses yeux reprirent leur couleur normal. Le vétérinaire lui fit un sourire satisfait et continua à ranger les produits sur son étagère avec précision.

« Il ne faut pas le brusquer. Derek a peut-être l'air fort comme ça mais réfléchis un peu à ce qu'il doit ressentir. Sa famille a été brulée vive quand il n'avait encore que 16 ans, il s'est retrouvé seul du jour au lendemain et il a revécu pratiquement la même scène il y a peu. C'est trop tôt, il faut que tu lui laisses le temps de digérer !

- Alors qu'il se mette en colère ! Qu'il hurle, qu'il frappe un mur mais qu'il ne reste pas prostré de cette façon ! s'exclama t-il.

- Il est en état de choc, Scott. »

Cette parole eut le don de lui couper l'herbe sous le pied. Le vétérinaire le regardait avec un sourcil relevé, il ne l'avait jamais vu aussi sérieux.

« Même lui ne doit pas comprendre ce qu'il se passe. Il est dans une sorte de... stress post-traumatique.

- Il va en sortir ? demanda Scott.

- Laisse lui le temps, et oui, il en sortira. »

Le vétérinaire lui tapota l'épaule et sortit de la pièce, le laissant seul avec ses pensées. Scott ferma les yeux. Il fallait que Derek revienne, il avait besoin de lui. Il se sentait tellement seul.

C'était devenu l'enfer au lycée. Stiles... Stiles n'était plus là, il évitait Allison.

Allison...

Il ne pouvait pas lui pardonner aussi facilement. Il n'était pas du genre rancunier mais... Il ne pouvait pas. C'était encore trop douloureux.

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« Personnellement, je ne te croyais pas assez lâche pour te terrer dans le mutisme. Moi je suis passé par là, mais c'est différent ! J'étais bien plus blessé que toi. Ah, quand je pense que tu as été secouru par des humains, toi, l'alpha. C'est d'un pathétique.»

Peter renifla d'amusement et se tourna enfin vers Derek. Le loup garou était assis dans son fauteuil, il n'avait pas bougé le moindre muscle depuis qu'il était entré dans la pièce. Peter se balança sur ses pieds avec un sourire.

« Comme c'est ironique. Tu voulais à tout prix avoir Scott dans ta meute et il passait son temps à te repousser... Et maintenant, c'est lui qui te court après, c'est tellement hilarant. »

Peter se pencha vers Derek et posa ses mains sur les accoudoirs, planta ses yeux dans ceux de son neveu. Les yeux de Derek changèrent de couleur. Le rouge vermeil remplaça le bleu. Peter sourit d'une façon cruelle.

« Tu mourrais d'envie de me remettre dans ma tombe et regarde-toi. Incapable de bouger le petit doigt. En un mot: faible, cracha Peter. »

Les yeux de Derek flamboyèrent et il ricana.

« Tu ne peux pas savoir combien c'est jouissif de te voir dans cet état. Peut-être même que je pourrais en profiter pour te tuer, détruire la seule attache qui me reste en ce monde, tu ne pense pas que ce serait génial ? De toute façon, plus rien ne te retiens ici, pas vrai ? susurra t-il. »

De tout ce qu'il avait dit, Peter ne s'attendit pas que cela soit cette phrase qui ferait réagir Derek. Un grondement sortit de la gorge de l'alpha qui entrouvrit la bouche, lui montrant les crocs. Peter sourit à nouveau avec un semblant de sadisme.

« Tu n'as plus personne, n'est-ce pas ? Alors ? Ça te dirait que je te brise la nuque ? continua t-il en ricanant. »

Cette fois-ci, un feulement rauque et puissant sortit d'entre ses lèvres, sa bouche s'était ouverte largement et il fallut un moment avant que le grondement ne perde en intensité. Peter sourit. Les traits menaçants, Derek le fixait et suivait chacun de ses gestes. Peter se redressa avec un sourire supérieur.

« Je ne sais pas à quel jeu tu jouais, mais j'ai gagné. »

Peter perdit son sourire en voyant le rouge des yeux de Derek céder peu à peu face au bleu habituel. Les traits de son neveu se tordirent de douleur et il le vit lutter pour retrouver son immobilité. Le corps de Derek se mit à trembler et Peter commença à s'inquiéter de cette réaction. Il alla chercher le vétérinaire en quatrième vitesse et revint avec lui. Ce dernier alla tout de suite voir ce qui n'allait pas.

Mais le problème, c'est que tout allait bien et qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Derek s'était recroquevillé dans un coin du fauteuil, agrippant l'accoudoir tellement fort que ses jointures avaient blanchie.

« Je ne peux rien faire, statua le vétérinaire en se redressant.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda t-il.

- La douleur n'est pas physique, continua t-il en haussant les épaules. Elle est psychologique.

- Psychologique ? s'étonna Peter. Qu'est-ce que vous entendez par psychologique ?

- Je ne sais pas, ça peut tout aussi bien être un symptôme du stress mais comme il ne parle pas je ne suis pas en mesure de savoir ce qui se passe dans sa tête. Je suis peut-être vétérinaire mais je ne suis pas devin ! »

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Derek en avait assez qu'on vienne lui rendre visite. Est-ce que c'était difficile de voir qu'il n'avait envie de voir personne s'escrimer à essayer de le faire parler ? Il n'était pas masochiste. Il ne voulait pas avoir mal et bouger lui faisait mal alors il ne bougerait pas. Et tant pis si il avait l'air de faire un caprice qu'un gosse de 5 ans aurait pu faire. La douleur était trop insupportable alors "merde".

Il en était là dans ses réflexions. Scott était là, assis sur le lit, il le regardait avec cette inquiétude qui lui donnait envie de vomir. Puis soudain son téléphone se mit à sonner. Scott regarda son portable en haussant les sourcils, ses yeux s'écarquillèrent avant qu'il n'ouvre la bouche de surprise. Un petit rire le secoua et il ne prit même pas la peine de lui dire au revoir avant de s'en aller en courant.

Bon débarras, pensa Derek.

Il regarda les pansements sur son flanc droit. Ses brûlures n'avaient toujours pas guérit. Il avait prit le rythme de guérison des humains, il détestait ça, mais il n'arrivait pas à la faire s'accélérer. C'était comme si son corps avait soudainement décidé de le trahir. Il ne comprenait pas mais contrairement à ce que tout le monde pouvait croire, il n'était pas en colère. Au contraire, il s'y complaisait. C'était étrange, mais cela ne le dérangeait pas.

Le lendemain, personne ne vint et il se sentit soulagé. C'était le premier jour où personne ne venait lui rendre visite et il trouvait ça reposant. Il se permit même de dormir pour passer le temps. Son cerveau commençait à s'ombrager avec l'inactivité, il commençait à tout voir à travers un brouillard rassurant. Les choses lui parvenaient de moins en moins clairement et il supposa que c'était ça qu'on devait ressentir quand on commençait à devenir un légume. Il n'avait pas envie de devenir un légume, il avait détesté rendre visite à son oncle et n'avoir aucune réponse à toute ses interrogations, à ses incertitudes. Mais il n'y pouvait rien, il n'avait de prise sur rien. Son corps le lâchait, et même sa tête le lâchait à présent.

Il était peut-être temps qu'il soit honnête avec lui même avant de sombrer dans un brouillard si épais qu'il ne se souviendrait plus de son propre prénom.

Pourquoi personne ne parlait de Stiles ?

Derek aurait aimé entendre son nom dans la bouche de Scott quand il venait le voir. Le fait que tous ignorent consciemment d'en parler rendait son absence encore plus insupportable. Stiles était...

Il n'arrivait même pas à le penser. Parce que ça rendrait l'inévitable encore plus réel. Il ne voulait pas que ce soit réel. Il voulait se réveiller et se rendre compte que tout était revenu à la normale. Il lèverait les yeux au ciel face à sa propre idiotie et reprendrait sa vie comme si de rien n'était.

Le jour commença à baisser dans la petite clinique où il avait trouvé refuge. Il entendait le bruit des animaux dans l'autre pièce. Parfois le vétérinaire recevait un client. L'odeur de la mort n'était pas souvent là mais des fois oui, quand des animaux était sur le point de mourir ou avait une maladie mortelle. Derek écoutait les conversations banales que l'homme entretenaient avec les gens, ça l'occupait. La seule fois où le vétérinaire vint dans la pièce où il était, ce fut pour déposer une assiette sur ses genoux comme il le faisait tout le temps. Derek avait l'impression de devenir un chien qu'on nourrit quand il le faisait mais quelque part, il appréciait l'attention. Surtout quand le vétérinaire quittait la pièce pour le laisser manger.

C'était un moment toujours douloureux et difficile, mais il s'alimentait seul. C'était déjà ça. Il ne finissait jamais tout ce qu'on lui apportait parce qu'il perdait ses forces au fur et à mesure, mais c'était mieux que rien. Il se déplaçait seul quand il devait le faire, ça aussi c'était douloureux et il finissait souvent par s'appuyer contre un mur pour reprendre son souffle. Ce soir là, il se laissa tomber dans son lit avec la certitude que demain, il ne serait plus complétement lui.

Il n'avait pas eut tort.

Il se sentait abandonner sa tête peu à peu sans comprendre comment. Il perdait le sens de la réalité. Même ses sens de loup garou lui échappaient. Il lui arrivait de perdre l'odorat et l'ouïe pendant quelques secondes sans qu'il ne s'en aperçoive. Derek avait peur de ce qui était en train de se passer. N'importe qui aurait eut peur de perdre la tête.

Il s'endormit plusieurs fois dans la journée sans s'en rendre compte, et quand il se réveillait, une assiette était posée sur ses genoux ou le vétérinaire était là.

Quand il s'éveilla cette fois là, le vétérinaire n'était pas là et il n'y avait aucune assiette devant lui.

« Derek ? Il y a quelqu'un qui veut te voir. »

Son cœur commença à battre violemment dans ses cotes sans aucune raison. Un pas claudiquant retentit et quelque minutes plus tard, quelqu'un tira une chaise pour se mettre en face de lui. La personne lui disait quelque chose, il y avait quelque chose de familier dans sa démarche. Soudain, le brouillard se dissipa et il sursauta violemment. C'était Stiles. Stiles avec la moitié du visage en lambeau. Sa jambe était pleine de contusion et de brûlures et il lui souriait.

« Je t'en veux beaucoup, Derek. Tu as vu ce que tu m'as fait ? »

Un poids sembla écraser sa poitrine, il n'arrivait plus à respirer.

Il se réveilla brusquement et n'osa plus fermer les yeux. Ça avait été un rêve ? Un cauchemar ? Derek relâcha son souffle. Personne ne lui avait rendu visite, il avait juste rêvé. Ce visage en lambeau n'existait pas. La porte s'ouvrit derrière lui en un doux grincement et il frissonna.

« Derek ? Il y a quelqu'un qui veut te voir, lui dit le vétérinaire. »

Oh non, pensa t-il. Pas encore ce cauchemar.

Il ne bougea pas et attendit que le rêve se répète. Un pas claudiquant résonna une fois de plus dans la pièce et il se crispa inconsciemment. La personne sembla tirer une chaise pour se mettre devant lui et une fois qu'elle le fut, Derek se figea encore plus qu'il ne l'était déjà. Elle lui envoya un sourire tremblant.

« Yo, dit-elle. »

Stiles était devant lui. Rien de différent par rapport à son rêve jusque là. Mais il n'avait pas le visage en lambeau, au contraire, il semblait parfaitement indemne. Son sourire était le même, ses yeux bruns étaient fixés au sien avec la même audace qu'ils avaient toujours eut. Derek n'osait pas bouger. Il avait peur que ça tourne au cauchemar d'une minute à l'autre, alors il attendait que Stiles disparaisse ou qu'il se mette à l'accuser de l'avoir tué. Il remarqua avec détachement qu'il marchait avec une béquille.

« Je t'en veux beaucoup, Derek ! T'as vu ce que tu m'as fait ? »

Derek écarquilla les yeux. La ressemblance allait un peu trop loin. Mais ce Stiles là ne lui faisait pas de sourire étrange, il souriait juste avec amusement.

« Bon, remarque, les gars qui portent des béquilles ont toujours la cote, ça fait mauvais garçon... ou garçon maladroit... Tu crois qu'ils vont me mettre dans quel case ? babilla t-il. »

C'était bizarre comme ses hallucinations avaient l'air réelle. Mais en y réfléchissant, si ça pouvait lui permettre de voir encore Stiles, il ne s'en priverait pas. Sa condition de légume commençait à lui plaire. Il pourrait alors faire semblant de ne pas sentir la culpabilité qui lui serrait la gorge quand il pensait à la mort de l'adolescent.

« Bah alors, Derek ? T'as perdu ta langue ? le taquina Stiles. »

L'illusion semblait tellement réelle qu'il fut tenter de lui répondre, juste pour voir ce qu'il allait dire. Mais d'un autre coté, il avait peur que son hallucination disparaisse.

« Derek ? l'appela Stiles. Eho ! Derek ? Y a quelqu'un ? Je fais tout ce chemin pour venir te voir alors que je suis encore en convalescence et c'est comme ça que tu me remercie ?

- Tu... »

Derek toussa pour s'éclaircir la gorge. Il avait la voix rauque de n'avoir pas parlé depuis si longtemps. Stiles haussa les sourcils, l'air d'attendre qu'il finisse sa phrase.

« Tu as l'air réel, dit-il. »

Stiles fronça les sourcils. Il renifla avec amusement et le regarda avec suspicion.

« Peut-être parce que je suis réel. Bon, en fait, c'est pas peut-être, je SUIS réel. Si tu passe l'épisode d'insuffisance respiratoire à cause de l'inhalation de fumée et tout et tout.

- Insuffisance respiratoire ? demanda Derek en fronçant les sourcils. »

C'était bizarre de parler après tant de temps à être resté silencieux. Il n'avait plus mal quand il parlait. La lassitude de son corps semblait avoir disparue. Derek se sentait... engourdi. Comme si il venait de sortir d'un long sommeil ou d'une période de coma. Stiles joignit les mains en s'accoudant sur ses genoux. Il fronça les sourcils en le regardant avec un semblant d'inquiétude.

« Ils ne t'ont rien dit ? lui demanda t-il. »

Derek secoua la tête en négation. Stiles se mordit furieusement les lèvres.

« Alors qu'est-ce que tu sais ? continua t-il.

- Le feu, je suis arrivé ici et tu... tu n'es pas mort ? demanda t-il. »

Derek fronça les sourcils. Est-ce que c'était encore une hallucination ? Ça semblait réel. Mais il ne comprenait pas. Stiles était mort... pas vrai ? Stiles se recula sur sa chaise en le regardant avec ébahissement.

« Est-ce que j'ai l'air mort ? Euh... Derek, on va reprendre depuis le début, même si je suis à deux doigts de sortir d'ici pour foutre une raclée à tout ceux qui t'ont rendus visite. Ces abrutis t'ont dit que j'étais mort ? s'exclama t-il.

- Pas explicitement, grogna t-il.

« Ok. Bon. Je suis tombé dans le coma, et j'ai fait une intoxication à la fumée, je me suis réveillé y a deux jours c'est d'ailleurs pour ça que je marche avec cette foutue béquille vu que je me suis tordu la cheville en me levant de mon lit. Et me voilà. On m'a dit que ça allait pas fort pour toi, mais ça a l'air d'être encore plus grave que ce qu'on m'a dit. As-tu prit un coup sur ta caboche de loup garou ? Allo ! ? Derek ! »

Derek fronçait les sourcils. Pourtant, il était sûr d'avoir compris que Stiles était mort. Est-ce que son cerveau créait une solution parfaite à l'apparition de son hallucination ? En tout cas, si c'était le cas c'était vraiment vicieux. Mais... l'attitude dévastée de Scott, l'air sombre de tout le monde... Ils ne parlaient jamais de Stiles... comme si ils avaient du mal à faire leurs deuils...

« Bon, ne me tue pas pour ce que je m'apprête à faire d'accord ? »

Stiles se leva et arma son poing mais avant qu'il ait pu l'atteindre, Derek bloqua son geste d'une main par réflexe. Le loup garou regarda son bras avec un mélange de surprise et d'attente. Mais rien ne vint. Il n'avait plus mal. Derek lâcha enfin la main de Stiles et bougea peu à peu pour vérifier. La douleur était partie.

« Bon, pas de doute, t'es devenu cinglé. Faut que je t'emmène à l'asile des loups garou. Enfin, c'est ce que j'aurais dit si t'étais devenu encore plus cinglé que d'habitude mais tu semble avoir retrouvé ton caractère de loup garou mal léché alors je suppose que tout va bien. »

Derek se leva du fauteuil où il s'était assis pendant bien trop longtemps et se posta à la fenêtre pour regarder au dehors. Il avait envie de sortir.

« Aller viens ! On sort, j'ai besoin de marcher pour réhabiliter ma cheville, lui dit-il. »

Derek hésita puis voyant Stiles sortir munit de sa béquille, il le suivit. Il n'avait pas envie de le perdre de vue pour l'instant. Stiles boitillait d'une façon assez marrante, on voyait qu'il n'avait pas l'habitude d'utiliser des béquilles. Derek surveilla ses pas hésitant au cas où il tomberait. Il regarda autour de lui, il n'y avait pas beaucoup de monde dans les rues, mais cela devait surement être un jour de semaine, tout le monde était au travail ou à l'école.

« J'en reviens pas que personne ne t'aie rien dit. C'est vrai quoi ! La première chose que j'ai demandé à mon réveil c'est si tu allais bien parce que... c'est important de savoir. En tout cas, pour moi c'était important de savoir si la personne que j'avais essayé de sortir des flammes était toujours vivante et je ne comprends pas comment ils ont pu ne rien te dire. Même Scott ! Il va m'entendre celui là, ragea Stiles. »

Derek haussa les épaules. Stiles entretenait un monologue et il savait qu'il n'attendait pas de réponse. Le loup garou était occupé à autre chose, il était prudent dans ses gestes parce qu'il avait une certaine appréhension. Il se demandait pourquoi la douleur avait subitement disparue et si elle comptait revenir d'une façon sournoise ou pas. Stiles et lui marchèrent de cette façon une dizaine de minutes, l'adolescent était intarissable. Il lui racontait combien la situation était tendue entre Allison et Scott.

« Il ne veut pas lui pardonner même si je lui ai dit que c'était ok, que j'allais bien et tout, il veut rien entendre. Mais bon, tu connais Scott, hein ! Je suis sûr que dans deux semaines maximum il craquera. Ils t'ont raconté pourquoi elle avait fait ça ? »

Derek grogna de mécontentement.

« Non, ils ne m'ont rien dit, répondit-il. »

Il s'étonna encore une fois de ne rien ressentir. Du moins pas de douleur à l'horizon. Après avoir passé tant de temps à avoir eut l'impression de brûler sur un buché, il ne s'attendait pas à ne plus ressentir de douleur. Stiles grogna.

« Ces abrutis... Mais attends... Qu'est-ce qu'ils t'ont raconté pendant tout ce temps alors ! ? s'exclama Stiles.

- Des conneries si j'en crois ta présence, rétorqua t-il. »

Stiles fronça les sourcils et s'arrêta enfin pour le regarder. Il était tellement empressé que Derek n'avait pu voir que son dos depuis qu'ils étaient partis. Le loup garou ne put s'empêcher de le regarder. Et de le regarder encore. Il avait eut tellement peur cette nuit là en entendant les battements réguliers du cœur d'Allison prouvant que la jeune fille ne mentait pas. Il n'avait plus envie de perdre quelqu'un qui lui était proche. Il ne voulait plus perdre personne.

« Qu'est-ce que tu as entendu ? Dis-moi tout ce que tu as entendu depuis que tu as reprit connaissance, que j'ai une bonne raison pour aller leur botter les fesses à tous.

- Ils ne m'ont rien dit à moi. Ils parlaient entre eux.

- Je m'en fiche, je veux savoir ce qu'ils ont osés dire alors que tu étais à portée d'oreilles. »

Derek fut surpris par la colère qui s'échappait de Stiles. Il l'avait déjà vu irrité mais jamais sérieusement en colère. Il se remémora ce qu'il avait entendu.

« Quelque chose comme: je n'en reviens pas qu'il soit... Ou bien: je donnerais tout pour l'entendre parler encore, je ne me souviens plus, dit-il en détournant les yeux.

- Ouais, des trucs bien ambiguë quoi. Merci d'avoir coopéré pour une fois. Tu m'étonnes, tu sais ! Comme quoi, même Derek peut répondre à une question sans grogner et t'égorger en même temps, plaisanta t-il. »

Derek fronça les sourcils et haussa les épaules avec indifférence. Répondre à ce genre de question ne le dérangeait pas, surtout si Stiles s'apprêtait à foutre la raclée du siècle à Scott pour lui avoir fait croire involontairement à sa mort. Derek regarda où ils s'étaient arrêtés, ils étaient près de l'entrée de service d'un restaurant. Il n'y avait personne à cette heure-ci. Stiles gigota un moment avec nervosité avant de se tourner vers lui brusquement.

« Derek. Est-ce que tu vas bien ? demanda t-il. Scott m'a dit que tu ne guérissais pas. »

Derek souleva son t-shirt et haussa les sourcils avant d'enlever le large pansement que le vétérinaire lui avait fait. Il n'avait même pas remarqué que ses brûlures avaient guéris. Elles étaient encore là avant que Stiles ne lui rende visite pourtant...

« Bon, ben en fait tu guéris plutôt bien, reprit Stiles d'un ton enjoué. Si seulement ça pouvait être la même chose avec ma cheville... »

Stiles soupira et regarda sa béquille avec un air dégouté, il la lâcha et la regarda tomber sur le sol. Derek n'arrivait pas à le quitter des yeux. Il avait encore l'étrange sensation qu'il pouvait disparaitre d'un seul coup. Stiles lui lança un coup d'œil gêné avant de s'avancer vers lui. Derek le regarda faire avec incertitude. Le problème avec Stiles, c'est qu'il ne savait jamais ce qui se passait dans sa tête, il était toujours imprévisible.

Stiles ferma les yeux et soupira lourdement.

« Merde, souffla t-il. »

Derek écarquilla les yeux quand Stiles se précipita sur lui et passa ses bras autour de sa nuque, se serrant contre lui. Il mit un temps à réaliser qu'il venait de le prendre dans ses bras. La seconde d'après, il refermait ses bras sur lui et le serrait contre lui en retour. C'était encore mieux que de ne pas le quitter du regard. Derek enfouit son nez dans les cheveux courts de Stiles et respira à pleins poumons son odeur. Son corps était chaud contre le sien, il aurait voulu pouvoir rester comme ça le plus longtemps possible... toute la journée, toute la nuit, pour toujours. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et comme pour y répondre, il le souleva un peu du sol pour l'avoir plus près de lui.

Stiles enterra son visage dans son cou et poussa un soupire tremblant. Derek ne dit rien quand ses bras se resserrèrent autour de sa nuque. Il ne savait pas pour Stiles, mais lui avait sacrément besoin de cette étreinte. Pour être sûr qu'il était vivant et que tout allait bien. Il n'était pas celui qui avait initié ça mais il était content qu'il ait fait le premier pas. Parce que lui n'en aurait pas été capable. Il reposa Stiles sur le sol mais ne le lâcha pas pour autant.

« Tu vas bien maintenant ? lui demanda t-il. »

Stiles hocha la tête contre lui. Derek ferma les yeux et sentit une vague de soulagement l'envahir. Il commença à relâcher doucement sa prise, sans le lâcher complétement cependant.

« Les médecins ont dit que c'était bon vu que j'avais réussit à prendre le relais sur les machines. J'ai quelque petites brûlures mais pas très grave, on m'a dit que c'était grâce à toi alors... merci. Ils m'ont gardés une nuit en observation mais ça va maintenant. J'ai... quelques visites de contrôle et tout à faire mais... J'ai même pas trauma ni rien. Ils ont dit que j'étais un petit miracle ambulant et tu peux pas savoir le bien que ça m'a fait d'entendre ça, parce qu'à force de trainer avec une meute de loups garou je commençais sérieusement à complexer. »

Derek leva les yeux au ciel avec un sourire en coin. Il n'y avait que Stiles pour rire d'une telle situation. Il ferma encore les yeux, juste pour profiter un peu plus.

« Pour en revenir à ma question de tout à l'heure... Allison pense que tu as mordu sa mère, que c'est par ta faute qu'elle est morte. »

Le ton de Stiles était incertain et la question qui flottait dans l'air était presque audible. Derek fut surpris d'entendre ça.

« Je ne l'ai pas mordu. Je n'avais aucune raison de le faire, c'est pas comme si je voulais d'une Argent dans ma meute.

- Nooon ! Je me doute ! Donc... tu ne l'as pas mordu ? C'était pas toi ? »

Derek fronça les sourcils et s'éloigna de Stiles pour le regarder. Les mains de l'adolescent glissèrent de ses épaules, il haussa les sourcils et leva les mains au ciel.

« Ça aurait pu faire parti d'un plan dont tu ne nous avais pas parlé ! La moitié du temps, je ne sais pas ce qui se passe dans ta tête !

- Je ne l'ai pas mordu, répéta t-il d'une voix sourde.

- Ok ! s'exclama t-il. C'est... bien alors. »

Derek leva les yeux au ciel et soupira, exaspéré. Stiles ricana nerveusement et ramassa sa béquille.

« On ferait mieux de rentrer... Mon père va me chercher si je rentre pas dans la minute qui suit, il devient impressionnable avec le temps, c'est vrai ça: c'est moi qui me suit fait tabasser par Gérard et c'est moi qui me suit fourré dans ce bordel mais il a l'impression que le ciel lui en veut à lui ! J'ai beau lui dire qu'il est pas le nombril du monde, il veut rien entendre... »

Stiles le regarda et attendit visiblement qu'il commente ce qu'il venait de dire mais Derek l'ignora et reprit le chemin de la clinique. L'adolescent le suivit avec difficulté à cause de sa cheville, il ne s'en rendait pas compte mais le loup garou ralentissait pour l'attendre et lui jetait de fréquent regard pour s'assurer qu'il allait bien. Ils ne firent pas mention de ce qui venait de se passer comme si un accord tacite avait été passé entre eux.

Stiles lui fit un signe de tête avant de monter dans sa voiture pour rentrer chez lui. Derek lui répondit vaguement et entra dans la clinique, il s'adossa contre la porte après l'avoir fermé et ne bougea que quand le son de sa Jeep se fut atténué.

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A suivre ...

Alors, alors ? Ce chapitre vous a t-il plu ? ^^

Comme toujours, je laisse mon petit message de fin pour vous inciter à reviewer :

N'hésitez pas, la review est votre plus grande amie, elle ne va pas vous mordre !