Le sang. L'odeur de la chair calcinée. Les cris de douleur, de peine. Les sorts impardonnables. Les larmes. Les rires diaboliques. L'adrénaline. La douleur. La mort.

Chaque détail, chaque souvenir étaient encore présent dans la mémoire d'Hermione, comme taillés dans son cerveau. Cette nuit où elle avait vu la mort de nombreux de ses camarades, la mort de nombreuses personnes qui se battaient pour leur survit, pour leur liberté, pour LA liberté.

Comme pouvait-elle faire pour oublier ? Comment pouvait-elle arrêter de penser au jour qui a définitivement changé sa vie ? Elle n'était pas ce genre de personne qui pouvait vivre avec quelque chose comme ça sur la conscience sans en subir de séquelles. Elle était trop fragile.

Toutes les nuits, elle se réveillait, en sueur, tremblante, priant que Malfoy ne l'aie pas entendu. Toutes les nuits, elle se réveillait à cause de ses affreux cauchemars qui retracé cette nuit. La nuit de la bataille finale. La nuit la plus atroce de sa vie. La nuit où elle avait cru perdre Harry. La nuit où elle avait vu la mort emporté des personnes qu'elle voyait tous les jours depuis des années. Comment pourrait-elle vivre avec ça ? Comment les autres pouvaient-ils vivre avec ça sans rien paraitre ?

Elle ne voulait pas être la fille faible qui n'avait pas survécu à la guerre, qui était détruite psychologiquement. La seule possibilité qui s'offrait à elle était de faire semblant de rien, d'être comme les autres, de porter un masque. Un masque de bonheur, de passibilité, de sérénité. Mais tout ça était faux.

Hermione souffrait atrocement de ses cauchemars, de ses souvenirs qui tournaient en boucle dans sa tête. Elle souffrait terriblement de ne pas pouvoir extériorisé sa haine, sa tristesse. Elle en avait assez de devoir passer pour la fille joyeuse, rigolote, avenante, sociable. Toutes ces choses ne lui correspondent plus. Elle était brisée. Elle était une jeune fille qui avait vécu trop d'horreur pour rester « normale ». Ses démons la hantaient et elle ne pouvait rien n'y faire. Alors, seulement la nuit venue, elle laissait toute sa haine, son chagrin explosé pendant ses cauchemars car c'était seulement à ces moments là qu'elle pouvait être elle-même, elle pouvait être la jeune fille perdue et blessée qu'elle était vraiment.

Toutes les personnes autour d'elle ne semblaient pas avoir remarqué que toutes ses émotions étaient fausses. Personne. Pas même ses meilleurs amis. Elle avait bien pensé à ce confier à eux mais elle les voyait tous les jours, plus heureux que la veille profitant enfin de leur jeunesse, sans problème. Ils avaient mérité de profiter de ce repos, de cette nouvelle vie qui commencée car ils avaient tous les trois tellement souffert. Mais Hermione n'arrivait pas à se résoudre à tout oublier. Elle n'y arrivait pas et ne voulait pas. Elle ne voulait pas oublier toutes ces personnes mortes pour leur cause. Elle n'en voulait pas à ses meilleurs amis de ne pas remarquer qu'elle était détruite.

Mais malgré tout, elle avait remarqué quelque chose d'assez troublant : Malfoy avait changé. Même si elle continuait de le détester, elle le trouvait plus fort, moins peureux, plus agréable. Son physique avait changé et la maturité était peinte sur ses traits. Peut-être que la guerre l'avait changé lui aussi. Elle ne dirait pas qu'il était beau mais Hermione avait arrêté de le considérer comme le garçon méprisant qui se cachait derrière son père et qui utiliser la force pour se faire respecter et régner sur les autres. Elle avait arrêté de croire que ce jeune homme était l'incarnation du mal. Hermione continuait de le détester certes, mais moins. Drôle de phrase mais pourtant c'était vrai. Vivre avec lui était de moins en moins désagréable. Le regard de Malfoy sur Hermione avait changé et elle ne savait pas pourquoi. Cela la troublait. Il ne la regardait plus avec toute cette haine, ce mépris, ce dégoût. Il la regardait avec indifférence. Hermione avait remarqué, dans ses yeux bleu gris orageux, une lueur étrange qu'elle n'arrivait pas à décrire. Comme si il savait quelque chose sur elle, quelque chose de triste. Quelque chose qu'il comprenait. Elle ne savait pas ce que c'était mais cela avait changé tout ce qu'il y avait entre eux car elle ne voulait plus l'insulter, elle ne voulait plus lui lancer des piques. Et apparemment, il ressentait la même chose.

Plusieurs fois elle surprit le prince des serpentard la regarder à son insu pendant qu'elle lisait ou qu'elle travaillait et à chaque fois il détournait les yeux. Il ne faisait pas comme si il ne la regardait pas, il arrêtait juste de la regarder, retournant à sa lecture ou autre. C'est dans ces moments là qu'Hermione c'était rendu compte que les yeux du jeune homme étaient devenus différents.

La princesse des griffondors savait qu'elle se faisait des idées, comment le jeune, riche Drago Malfoy pourrait il ne plus mépriser l'être infâme et dégoûtant qu'elle était ? Elle savait pertinemment qu'une éducation ne pouvait pas s'envoler comme ça. Guerre ou pas guerre. Mais au plus profond d'elle Hermione savait que ce qu'elle se disait était faux. Elle l'avait vu. Elle l'avait vu dans ses yeux si expressif a contrario de son visage. Il possédait des yeux qui changeaient de couleurs en fonction de ses humeurs, étant de plus en plus foncée au fur et à mesure que son humeur dépéris.

Bien-sûr elle avait aussi remarqué que le prince des serpentard ne l'était plus vraiment. Il se faisait de plus en plus discret, il était de plus en plus seul. Préférant la compagnie de la solitude plutôt que celle de personnes trop heureuses à son gout.

Elle savait qu'elle et Drago avaient des points communs, elle savait qu'il avait été brisé par la guerre, brisé par ces choses que des personnes qui sont encore à l'école ne devraient pas à avoir à affronter, à vivre. Elle le savait tout ça mais comment pouvait-elle faire ? Hermione ne pouvait décidemment pas aller le voir et lui parler comme si toutes les années d'insultes, d'haine n'avaient pas existées.

Non elle ne pouvait pas faire ça. Mais une voix dans sa tête ne cesser de lui répéter qu'elle devait le faire, que de partager des choses avec quelqu'un d'aussi brisé qu'elle pourrait l'aider à s'en sortir. Elle devait trouver le moyen de lui parler.

Hermione, plongée dans ses pensées, ne remarqua pas que, justement, son colocataire la fixait, la trouvant bizarrement jolie.