Titre: An deine Stimme (Au son de ta voix)
Auteur: Sahad.
Note : Paraît que ce que j'écris des insanités puériles, ridicules, irrespectueuses envers ces garçons... Tant pis, ça me plaît.
Note 2 : Réponse aux reviews !
Ingrid : C'est vrai que j'ai tendance à être sadique mais t'inquiète, ce chapitre est assez soft, lui. Hehehe...
Draya Felton : Bon ben finalement tu n'auras pas eu à attendre en te disant que c'était posté, puisque c'est moi qui poste très tard. Désolé(e). J'espère que la suite te plaira.
Reila666 : Voici la suite. Ben c'est un peu dans ce but que je voulais écrire cette fic... On verra ce que les gens en pensent, ne ?
Clairenenette : Si, si, j'ai eu mon autographe, j'étais en tête de file ce jour là. C'est vrai que je les fais souffrir mais si je ne le faisais pas, il n'y aurait plus d'histoire, ne ?
Petite fleur perverse : Twincest, je me tâte encore... Une très bonne amie m'a demandé un petit truc et j'avoue que j'y pensais déjà un peu avant... Donc on verra. Hehe. Promis, je ne me mets pas en scène, je veux pas pourrir l'histoire.
Vanity : Lol, ouais, je crois que c'est ce que penserait Tom dans ces moments là. Merci du compliment, ça me touche beaucoup. J'espère que cette suite te plaira et si ce n'est pas le cas, dis-toi que si je m'en tiens à mes grandes lignes, mon sadisme va de nouveau s'exprimer.
Chimere : Ta review m'a beaucoup inspiré pour la suite (ben oui, faut un chapitre un peu soft dans le tas – le calme avant la tempête qu'ils disent). J'espère que ça te plaira.
Harrie Zabbs : Lol, mes écrits tristes te donnent des envies de lemon ? C'est bien la première fois que je lis ça ! Haha. Ben comme pour Vanity, si je suis les grandes lignes que je me sus fixer, tu vas avoir ta dose de lemons !
Alexia : Un petit chapitre soft et après ça repart. Heheheeee...
Rocher : Ils ne seront peut-être pas au centre de l'histoire tout le temps mais je vais essaye d'écrire ce dont nous avons parlé. Hehe, de toute façon je pensais bien le faire un jour.
Ketty : Mechi pour le compliment, voici la suite.
Charlonze : Heu... J'espère sincèrement que ton cousin n'aura pas à vivre tout ce que je compte leur faire passer. Mais ça me touche, merci.
Fla : Merci ! Je fonce !
Clara : Voici la suite. Hehe... J'aime vous faire attendre.
Killua11 : Non, rassure-toi, je compte bien la continuer.
Que de reviews, merci les gens ! Bonne lecture !
Chapitre 2:
C'était le grand jour. Le jour de leur départ. Cela faisait une bonne semaine qu'ils étaient en France et on lui avait permis de sortir de l'hôpital... Le début du mois d'Octobre était frais mais encore doux, le vent faisait virevolter des morceaux de papiers dans les rues, soulevait de la poussière et repartait ; les voitures circulaient, klaxonnaient, les jurons se perdaient dans le bruit des moteurs. C'était Paris dans toute sa splendeur, dans son petit traintrain routinier. Bill s'était assis près de la fenêtre et avait posé son front contre celle-ci, son regard se perdant dans l'immensité grise de la grande ville. Ses yeux noisettes observaient l'extérieur : deux hommes qui s'insultaient, un groupe de jeunes qui discutaient, une vieille femme qui promenait son chien – un caniche champagne -, un petit garçon qui criait tout ce qu'il pouvait en tirant la main d'une femme qui devait être sa mère – peut-être n'avait-il pas eu le jouet qu'il demandait...
Tom leva les yeux vers son frère et se retint de lâcher un soupir : le jeune brun avait agrippé sa main en sortant de l'hôpital et ne l'avait plus lâchée. Mais à présent, le dreadeux savait son jumeau loin, très loin de ses beaux yeux noisette cerclés de noir charbon, perdu dans ses pensées. Le regard du jeune guitariste descendit pour aller s'arrêter sur le bandage que Bill portait à la gorge... C'était la seule chose qui lui rappelait encore et encore, presque inlassablement, cet incident ; car à chaque seconde, il espérait vainement voir son frère se tourner vers lui avec un grand sourire et lui parler. Entendre le son de sa voix. Mais ces bandages semblaient prendre un malin plaisir à briser ses espoirs ; il se retourna vers la fenêtre à sa gauche et observa, lui aussi, une dernière fois cette grande ville. Il se savait parfois terriblement puéril, immature, mais jamais il n'aurait cru qu'un événement, aussi marquant soit-il, lui ferait à ce point détester une ville, souhaiter voir trébucher chaque fille entre quinze et vingt ans qu'il pouvait entrapercevoir de sa fenêtre. Il ne savait pas ce qui l'irritait le plus : voir ce ciel désespérément bleu ou serrer les dents en pensant que rien n'avait changé, que la vie de tous suivait son cours alors que la sienne s'était arrêtée le 27 septembre 2006.
« Venez, mes chéris. On est arrivé. »
Le jeune brun hocha doucement la tête et se leva, suivi par son frère qu'il tenait toujours fermement par la main. Pour une raison qui lui échappait, c'était la seule chose qui lui importait vraiment à cet instant ; parce qu'il s'agissait de son jumeau, sans doute. Tom et lui prirent leurs sacs et se rendirent alors à l'évidence : ils devraient se lâcher pour transporter le reste de leurs bagages. Le jeune châtain considéra un moment son frère puis reporta son attention sur sa mère :
« Je vais chercher un chariot, je reviens. »
Ils n'étaient pas loin. Juste à une trentaine de mètres. Et pourtant... Il sentit et entendit son frère, son petit frère, lui emboîter le pas, le suivre, sans lâcher sa main. Tom se mordilla l'intérieur de la lèvre inférieure mais préféra ne pas se retourner, emmenant son jumeau avec lui ; ce dernier ne le lâcha que pour le laisser prendre deux chariots, mais sur le retour, il restait près de lui. Tout près de lui. Leur mère esquissa un sourire qu'elle voulait avenant mais son manque de naturel n'échappa à aucun des deux garçons :
« Tom... Tu sais, on n'a besoin que d'un chariot... »
« Je sais. » répondit l'intéressé.
« Alors pourquoi tu en as pris deux ? » s'étonna la femme.
Le jeune guitariste ne répondit pas, aidant le chauffeur du taxi à mettre les valises sur l'un des chariots. Ils n'en avaient pas beaucoup... La moitié était restée avec leurs deux amis : Gustav avait affirmé que c'était trop de poids en plus et que cela leur coûterait terriblement cher de tout ramener avec eux, il avait proposé d'en prendre une partie et de la ramener avec le reste de leurs affaires, en même temps que toute la troupe reviendrait à Universal. Tom avait accepté et n'avait plus que quatre valises pour eux trois. Il adressa un hochement de tête au chauffeur en guise de remerciement et à défaut de parler Français, puis il se tourna vers sa mère :
« Je peux te confier les bagages ? »
« Hm ? Bien sûr, mon chéri. » répondit-elle en prenant le chariot.
« Bill ? » lança le dreadeux.
L'intéressé releva la tête, ne s'étant écarté de son frère que d'un mètre tout au plus. Il lui adressa un regard interrogateur, se demandant ce que son jumeau lui voulait. Ce dernier désigna l'autre chariot :
« Tu montes ? »
Les yeux du jeune androgyne s'écarquillèrent légèrement sous la surprise puis ils allèrent de son frère au chariot tour à tour ; il esquissa un mince sourire et s'avança. Bien sûr, ils étaient trop grands pour ce genre de fantaisies, mais c'était ce qu'il faisait déjà lorsqu'ils étaient jeunes : il revoyait le visage d'un petit Tom souriant timidement mais de toutes ses dents et il sentait encore sa main le secouer par l'épaule...
« Bill... Tu montes ? Je te pousse ! »
Ce jour-là aussi, il n'allait pas très bien. Tom avait été le seul à le voir et avait voulu le distraire... Il s'assit sur ce chariot qui lui semblait terriblement plus petit qu'à l'époque et se laissa pousser. Cela lui rappelait beaucoup de choses et notamment que son frère, bien que maladroit, avait toujours essayé de le faire sourire. Il sentait le regard des gens se poser sur eux, curieux ou sceptiques de voir deux adolescents de dix-sept ans jouant encore à ce genre de chose ; mais il s'en moquait. Tom lui fit traverser l'aéroport Paris Charles de Gaulle jusqu'au guichet pour l'enregistrement des bagages, leur mère marchant à leurs côtés, souriant tendrement en les regardant. Elle savait que le jeune châtain prenait son rôle de grand frère très au sérieux et cela la rassurait de voir que, quelque soit l'épreuve, ils n'étaient jamais totalement seuls.
L'enregistrement des bagages étant fait, ils s'avancèrent vers la douane pour aller jusqu'à la porte d'embarquement, laissant les chariots dans un endroit prévu à cet effet. En chemin, Tom put sentir la main de Bill se glisser à nouveau dans la sienne et il resserra ses doigts dessus, adressant un sourire à son jumeau. Le jeune brun esquissa à son tour un mince sourire, pâle imitation de ses grands sourires d'autrefois, mais il souriait, c'était tout ce qui comptait. Leur mère passa la première par le portillon détecteur, puis les garçons s'avancèrent aussi.
« TOM !! BILL !! » hurla une voix.
Les deux garçons haussèrent un sourcil et se retournèrent d'un même mouvement pour voir de quoi il s'agissait, mais surtout parce que cette voix leur était familière : Gustav courait dans leur direction en agitant un bras en l'air, suivi de Georg et... De Tobi et Saki, leurs anciens gardes du corps à eux aussi. Le jeune blond s'arrêta à côté d'eux, pantelant, mains sur les genoux, pour reprendre son souffle ; le bassiste s'arrêta non loin et imita son vis-à-vis sous le regard surpris et interrogateur des deux jumeaux. Ce fut Tobias qui parla le premier :
« Ils voulaient absolument venir alors... Et puis vous alliez partir sans nous dire au revoir, petits vauriens ? »
Bill et Tom le considérèrent un moment, interdits, puis un large sourire se dessina sur leurs visages et ils se jetèrent dans les bras du grand blond qui les serra tendrement contre lui. Après tout, ils avaient passé suffisamment de temps ensemble pour qu'il les considère comme ses propres fils et eux comme leur grand frère. Il sourit et leur tapota l'épaule à chacun :
« Allez, vous deux... Portez-vous bien. »
« De toute façon, on se reverra bien un jour. » ajouta Saki. « Je ne vais pas oublié comme ça le petit tas d'os qui m'a laissé une cicatrice sur le front. »
Bill se sentit rougir à cette remarque et baissa les yeux, ce qui fit rire tout le monde ; puis le garde du corps les serra à son tour dans ses bras. Les deux garçons affichaient un sourire aussi : Saki avait beau faire peur à beaucoup de gens, pour eux, il avait toujours été très prévenant et patient, comme Tobi. Lorsqu'il les lâcha, Georg prit Bill dans ses bras et Tom sentit une main se poser sur son épaule :
« Tom... » Gustav lui tendit une enveloppe. « On m'a donné ça pour vous. »
« Ah ? Qui ? » s'enquit le jeune châtain en prenant l'objet.
« Quelqu'un. » répondit le blond. « T'auras qu'à regarder le jour où tu te sentiras vraiment mal. »
« Hein ? » Tom haussa les sourcils, surpris.
« Je te connais, mon vieux... Tu préfèreras te morfondre dans ton coin plutôt que de m'appeler. » soupira Gustav.
Le jeune dreadeux le considéra un moment puis lui adressa un sourire : le batteur avait toujours su le cerner, malgré ses efforts. Il hocha la tête et tapota l'épaule de son ami :
« Promis, je t'appellerai si ça ne va pas. »
« Ça va être difficile pour vous, Tom. » souffla Gustav. « Très dur. Mais on sera toujours là pour vous épauler, alors... N'hésite pas. Mets ta fierté un peu de côté et appelle-nous, d'acc ? »
« D'acc. » acquiesça le guitariste.
Puis il laissa ce dernier le serrer dans ses bras : Tom n'avait jamais été très démonstratif, le blond avait donc fait le premier pas. Puis ils se séparèrent et le jeune châtain alla voir Georg, cédant sa place à Bill. Georg ne savait pas quoi dire et se doutait bien que le batteur avait déjà dit tout ce qui pouvait lui passer à présent par la tête, aussi se contenta-t-il d'une simple accolade et murmura :
« Ton humour pourri va me manquer... »
« Le tien aussi, Georg. » sourit Tom. « Ton rire aussi. »
« Toi, tu veux vraiment t'en prendre une. » grogna le bassiste.
Bill les observait en souriant doucement, une mince lueur de tristesse reposant dans ses yeux : c'était tout un monde qu'il quittait. C'était à ce monde, qu'il avait cru sien, qu'il tournait le dos à présent... Gustav lui donna un petit coup de coude amical, attirant son attention :
« Hey... Rien n'est encore perdu, Billou. Reviens nous vite. Et puis tu me tiendras au courant par mail, hein ? »
Le jeune brun esquissa un sourire et hocha la tête avant d'aller se glisser dans les bras de son ami et grand frère spirituel. Le batteur sentit son cœur se serrer : jamais il n'avait pensé devoir dire au revoir à ces deux garçons qu'il connaissait depuis un bon nombre d'années maintenant. Ces gamins un peu fous qu'il avait couvé comme des petits frères. Il tapota l'épaule de Bill puis lui adressa un sourire aussi chaleureux qu'il le put ; l'ex-chanteur hocha la tête et attendit son frère qui le prit par la main. Les deux adolescents adressèrent un dernier geste de la main à leurs amis et traversèrent le portail, se rendant à leur salle d'embarquement ; Tom pouvait sentir les doigts de Bill enserrer fortement sa main et se demanda si c'était le cas pour lui aussi.
« Tenez, mes chéris, vos billets et vos passeports. » affirma leur mère, leur tendant les objets.
Les jumeaux les prirent et s'avancèrent. Tom n'avait jamais aimé l'avion : il en avait une certaine appréhension à chaque fois ; pourtant, cette fois-ci, il avait l'esprit un peu trop encombré et se rendait compte que sa peur était beaucoup moins violente. Il fut surpris de voir son frère prendre la place près du hublot et une autre vérité lui apparut : ils n'avaient personne d'autre à qui parler, Georg et Gustav ne se trouvaient pas avec eux, ni personne d'autre de l'équipe... Le jeune guitariste s'assit et sentit son cœur se serrer : il avait la désagréable impression qu'ils étaient à nouveau seuls. Bien sûr, leur mère n'était pas bien loin, mais... Il n'aurait su expliquer le pourquoi de cette sensation.
Le vol se passa sans encombre, Bill serrant la main de son frère dans la sienne, le regard perdu à l'extérieur. Ils furent réveillés par leur mère qui les secoua doucement par l'épaule :
« Mes chéris... Nous sommes arrivés... »
Les deux garçons mirent quelques secondes à parfaitement enregistrer l'information et regardèrent par le hublot. C'était l'Allemagne... Ils prirent leurs sacs et suivirent leur mère dans l'aéroport, regardant tout autour d'eux : cela leur paraissait bizarre d'entendre de l'Allemand. Bill tenait toujours la main de son frère, refusant de la lâcher ; Tom n'émit aucun commentaire, sentant lui aussi quelque chose le titiller. Cela leur paraissait tellement irréel. Ils récupérèrent leurs bagages et se rendirent dans le grand hall ; là, un homme faisant de grands gestes de la main attira leur attention : c'était Gordon, leur beau-père. Il les accueillit chaleureusement et les emmena jusqu'à la voiture ; les jumeaux ne dirent rien de tout le trajet, regardant simplement chacun par la fenêtre, comme s'ils redécouvraient le chemin qui les menait jusque chez eux. Ils arrivèrent dans l'après-midi, Bill et Tom descendirent de voitures et, main dans la main, levèrent la tête vers la maison.
« Bienvenus à la maison, les enfants. » sourit Simone en allant sortir les bagages du coffre.
Les deux garçons purent sentir les doigts de l'autre se resserrer sur leur main : ils se tenaient devant ce qui était « chez eux ». Pour une raison étrange, cette vue ne leur apporta ni joie, ni réconfort ; ils demeurèrent là à regarder la maison, ce fut la voix de leur mère les appelant qui les tira de leur contemplation. Les jumeaux pénétrèrent dans la maison. Elle ne leur était pas étrangère, loin de là, mais à ce moment précis, ils avaient la désagréable impression de ne pas être à leur place, comme si c'était la première fois qu'ils entraient là. Savoir qu'ils avaient grandi à cet endroit et qu'à cet instant il leur paraissait des plus étranger...
Bill tira doucement son frère en direction des escaliers, le menant à l'étage. Leurs regards s'attardaient sur chaque détail de la maison, cherchant désespérément à recapter toutes ces choses qui faisaient qu'ils s'étaient toujours sentis chez eux ici et qui leur échappaient en ce jour. Le jeune brun gravit les dernières marches et se dirigea vers une porte, la poussant doucement de la main ; ses yeux noisette embrassèrent la pièce, soulignant chaque couleur, chaque poster, chaque objet... Tom restait quelque peu en retrait mais il avait lui aussi cette impression de vivre une sorte de rêve éveillé... Cette sensation d'irréalité.
Il délaissa finalement son frère, laissant échapper sa main, et alla en direction d'une autre porte dans le couloir. Il savait où elle menait, ce qu'elle cachait ; et pourtant... Au fur et à mesure que sa main s'approchait de la porte, il pouvait sentir un sentiment d'appréhension monter en lui. La porte n'émit qu'un simple petit grincement en s'ouvrant, laissant l'adolescent regarder la pièce avec attention. C'était sa chambre. Ils étaient souvent revenus malgré leur emploi du temps chargé lorsqu'ils étaient le guitariste et le chanteur de Tokio Hotel ; pourtant... Il avait l'impression de revenir dans une chambre qu'il avait délaissée pendant des années. Doucement, il s'avança dans la pièce, ses yeux allant et venant entre les murs, les posters...
« J'ai laissé vos chambres comme vous les avez laissées la dernière fois... » annonça leur mère en arrivant à l'étage. « Enfin, j'ai peut-être déplacé quelques petites choses pour faire le ménage mais rien de plus. »
Tom hocha doucement la tête, retrouvant effectivement le bazar qu'il se souvenait avoir laissé la dernière fois : des posters sur le bureau, des CDs, des DVD gravés... Il se souvenait de tout ça, alors pourquoi cette sensation d'étrangeté ? Il sentit plus qu'il n'entendit son jumeau se glisser derrière lui, lui saisissant le bras. Oui... Ils étaient rentrés...
OoOoO
Les deux garçons étaient chacun dans leur chambre, leur mère leur ayant demandé de ranger leurs affaires et, si possible, leurs chambres. Tom posa sa valise sur son lit et l'ouvrit, s'immobilisant ; son regard se promena un long moment sur le contenu de sa valise. Il se sentit soudainement vide : il ne pensait plus à rien, il ne bougeait plus... Seul son cœur semblait encore pouvoir battre. Des rires emplissaient sa tête, des voix, des images ; il sentit ses yeux le brûler mais il refusa de pleurer, s'abaissant sur la valise. Il rangea chaque vêtement et objet là où il devait être, il s'attaqua ensuite à son bureau et au reste de sa chambre. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il s'occupe, qu'il bouge. Quelques minutes plus tard, il se dit que sa chambre n'avait probablement jamais été aussi rangée : il était du genre à laisser traîner pas mal de choses mais à toujours pouvoir les retrouver, c'était son bordel organisé.
Tout à coup, il sentit comme si cette sensation de vide l'emplissait à nouveau. Comme si quelque chose le peinait et lui tiraillait le cœur. Il ne réfléchit pas : il avait l'habitude ; ses pas le sortirent de sa chambre pour le conduire à celle de son jumeau. Bill avait ouvert ses deux valises par terre et était assis à côté, les contemplant ; le léger soubresaut de ses épaules en disait long, aussi le jeune dreadeux s'approche et s'agenouilla à côté de son frère pour lentement glisser ses bras autour de lui. L'ex-chanteur ne sursauta pas, il se laissa simplement aller contre le torse de son frère et ses doigts se crispèrent sur les bras de son homologue. Les larmes avaient commencé à perler sur ses joues sans qu'il n'ait pu les retenir ; tristes, seules, acides...
Ils restèrent un long moment ainsi, sans bouger, le jeune guitariste tenant son jumeau contre lui, dans ses bras. Il ne dit rien car il savait que son frère pleurait ce que lui-même avait véritablement du mal à admettre : ils étaient véritablement rentrés et, s'ils défaisaient leurs valises, ce n'était pas pour les refaire plus tard. Ses yeux le brûlèrent une nouvelle fois mais il se fit violence pour ne pas les laisser perler : s'il se mettait à pleurer, à qui pourrait se raccrocher son petit frère ? Il devait être fort. Pour lui. Pour eux deux.
Lentement, Tom se détacha de Bill et se leva, s'approchant des valises. Il savait comment son jumeau ordonnait sa chambre et entreprit de ranger ses affaires. Le jeune brun le regarda faire, le suivant simplement de ses yeux encore humides ; plus les valises se vidaient et plus il sentait le poids de cette réalité l'écraser. Jamais il ne s'était senti aussi désespéré à l'idée d'être chez lui. Le dreadeux termina et referma les valises vides, les déposant dans le couloir ; puis il revint dans la chambre de son frère et s'assit sur le lit.
« Voilà... » souffla-t-il d'une voix à peine audible. « On est chez nous... »
Bill serra les dents, luttant contre une nouvelle montée de larmes, et hocha doucement la tête. Il ne pouvait rien dire, mais il savait que son frère se posait la même question que lui à cet instant même : et maintenant ? Qu'allaient-ils faire ? De longues minutes s'écoulèrent ainsi, étouffées par le silence qui régnait dans la pièce : ils n'avaient rien à dire. Il n'y avait rien dire.
« Bill ! Tom ! » appela leur mère depuis le rez-de-chaussée. « Venez manger. »
Les deux adolescents relevèrent lentement la tête, se regardant un long moment, puis, péniblement, ils se levèrent et sortirent de la chambre pour descendre les escaliers et se rendre dans la salle à manger. S'asseyant à la table, Bill releva les yeux vers son frère, celui-ci hochant doucement la tête : leur mère avait préparé leurs plats préférés. Ce détail ne réconforta pourtant pas les deux garçons qui se servirent et commencèrent à manger en silence.
« Faites bien attention, c'est très chaud. »
Simone Kaulitz souriait et parlait gaiement, comme si de rien n'était, comme si c'était la chose la plus normale pour eux de se réunir autour de cette table et de manger tous ensemble. Pourtant, malgré tous ses efforts, les jumeaux et on compagnon n'étaient pas dupe : elle se forçait. Bill sentait bien que sa mère faisait de son mieux pour ne pas se laisser abattre, elle le faisait pour eux, elle souriait pour eux ; il n'y était pas indifférent, et sentait son cœur se serrer en voyant ainsi sa mère, mais il n'arrivait pas à répondre à cela. Son corps était comme engourdi, répétant mécaniquement ce geste qui consistait à porter sa cuillère à ses lèvres. Tom faisait de même, mangeant en silence. Le repas se termina et le jeune brun remonta dans sa chambre ; son frère allait le suivre lorsque son beau-père le retint par le bras :
« Tom... »
L'intéressé tourna la tête, suspendant sa montée des marches, adressant un regard interrogateur à son interlocuteur, bien qu'il sût parfaitement ce que celui-ci avait à lui dire. Gordon hésita quelques instants puis murmura d'une voix lente et basse :
« Tu sais... Je... Je comprends bien que ça ne doit pas être facile pour vous deux... Je... J'essaye de me mettre à votre place... Mais votre mère faire vraiment ce qu'elle peut, tu sais... »
« Je sais... » souffla le jeune châtain. « Je sais... Mais j'y peux rien... Désolé... »
Et sur ces quelques mots, il se défit de la poigne de son beau-père et gravit lentement les marches qui le menaient à sa chambre. Bien sûr qu'il savait que sa mère se forçait à sourire, à se montrer joyeuse, mais il ne se sentait pas capable d'en faire autant. Il ne pouvait pas répondre à ses efforts... Un petit bruit à la porte attira son attention, son regard se posa sur son frère qui le regardait timidement, gêné. Tom esquissa un léger sourire en coin : il n'avait pas besoin de mots. Il fit signe à son jumeau :
« Entre... »
Bill se glissa dans la pièce et alla s'asseoir sur le lit, non loin de son vis-à-vis. Leurs regards demeurèrent un long moment plongés l'un dans l'autre, puis Tom s'esquiva, faisant un rapide tour par la salle de bain pour se brosser les dents, et revint. Il se délaissa de ses vêtements, restant simplement en boxer, et rejoignit son frère sous les draps. Bill se blottit contre lui, se laissant bercer par les bras de son jumeau. En cet instant plus qu'en n'importe quel autre, ils avaient besoin l'un de l'autre. Besoin de se sentir proches... Le jeune dreadeux frissonna en sentant le souffle chaud de son frère contre sa peau et le serra un peu plus contre lui, sentant leurs cœurs battre à l'unisson. Se laissant aller dans les bras de Morphée, bercés par la tiédeur de leur cocon...
OoOoO« Je suis désolé, Tom... Mais je peux pas t'embaucher... » soupira l'homme.
« Ah... » souffla l'intéressé. « Mais je suis pas avare d'efforts, vous savez. »
« C'est pas ça, Tom. Mais il faut dire ce qui est : scolairement parlant, t'as pas le niveau requis. »
Le jeune guitariste hocha doucement la tête et se détourna. C'était un ami à sa mère, cinquième personne qu'il allait voir et cinquième personne qui le refusait. On utilisait souvent son âge pour le refouler mais celui-ci avait mis le doigt sur une corde sensible : ses études étaient loin d'être incroyables. Non pas qu'il soit particulièrement mauvais, mais il était du genre à se laisser aller, surtout depuis qu'ils n'allaient plus au lycée et travaillaient par correspondance... Et puis, il fallait bien l'avouer : il pensait que Tokio Hotel durerait beaucoup plus longtemps. D'un pas traînant, il prit le chemin de chez lui. Cela faisait trois jours qu'ils étaient rentrés chez eux et deux qu'il s'entêtait à aller voir les petits commerces près de chez lui. Il s'assit sur le trottoir et poussa un long soupir.
Il avait dit à son frère que ça irait... Mais il n'en était plus vraiment sûr. De plus, ce n'était pas avec ses dreads qu'il allait trouver facilement, mais l'idée de les couper ne lui plaisait pas vraiment : il y tenait, mine de rien. Il soupira une nouvelle fois et s'appuya sur ses bras, regardant le ciel.
« Si t'existes, Dieu... J'aimerai bien comprendre... »
Mais seul le silence lui répondit. Il esquissa un sourire désabusé et secoua doucement la tête avant de se relever : il fallait qu'il continue...
OoOoO
Bill grimaça à nouveau en se tenant la gorge, les doigts crispés sur la peau de son cou. Il avait horriblement mal et n'avait réussi qu'à sortir un petit souffle haché mais qui semblait lui avoir raclé tout l'intérieur de la trachée. Il grimaça encore en avalant difficilement sa salive et se redressa... Il essayait. Encore et toujours. Mais sans résultat. Il frappa rageusement du poing sur son lit et se leva pour descendre : il était fatigué et avait besoin d'un remontant, aussi bien pour son physique que son moral.
Arrivant dans la cuisine, il ouvrit le frigo et en sortit une bouteille de coca pour s'en servir un verre. Ce n'était pas la meilleure idée qu'il n'ait jamais eue, mais bizarrement, il se sentait bien une fois que le liquide lui avait attaqué la gorge ; et puis il avait toujours adoré cette boisson. Il but son verre et le posa dans l'évier avant d'entendre des pas s'approcher, sa mère apparut dans l'encadrement de la porte :
« Oh, Bill ! Tu étais là, je ne t'avais pas entendu... »
Remarquant le visage sombre de son fils, la femme porta la main à sa bouche et se confondis en excuses, murmurant d'une voix hésitante :
« Enfin, tu vois, tu n'as pas fait de bruit alors je... »
Le jeune ex-chanteur esquissa un sourire et secoua doucement la tête, signe que ce n'était rien et remonta dans sa chambre sous le regard navré de sa mère. Elle ne l'avait pas fait exprès, il le savait, mais ça faisait mal, très mal... Il entra dans sa chambre et ferma la porte, s'y adossant et se laissant glisser jusqu'au sol alors qu'une boule se formait dans sa gorge.
Non, il ne devait pas pleurer... Ça n'avancerait à rien. Et toutes les larmes qu'il avait déjà laisser couler n'avaient pas suffit à l'apaiser. Il savait que Tom faisait de son mieux de son côté, il ne pouvait pas rester à se lamenter... Une nouvelle fois, il ouvrit la bouche et força sur ses cordes vocales pour essayer de sortir un son... Juste un son, même pas un mot... Mais il n'entendit que le souffle qui passait dans sa gorge et sentit la douleur lancinante lui arracher la trachée. Il porta les mains à son cou et se recroquevilla, yeux fermés, lèvres pincées. C'était douloureux... Très douloureux.
Un bruit de voix étouffé par la porte fermée lui parvint, il tenta de ne plus penser à la douleur pour coller son oreille contre la porte et écouter. Il avait reconnu la voix de son frère et celle de sa mère, ils discutaient plus ou moins fort, aussi il entrouvrit la porte pour mieux entendre :
« ... va aller mon poussin ? » demanda leur mère.
« Ouais, t'inquiète pas. Je vais trouver. » répondit l'adolescent pour la rassurer.
« Mais... Pourquoi ne pas essayer de retourner au lycée, Tom ? Tu n'as que dix-sept ans, c'est tout à fait possible. » murmura Simone.
« Nan, m'man... J'ai plus le niveau... Les études à distance, tu sais comment je suis, je me relâche, j'aime aller à mon rythme et le lycée... Sincèrement, je n'ai pas envie d'y retourner... » souffla Tom.
« ... C'est comme tu veux, mais essaye d'avoir ton bac, au moins... Tu vas en avoir besoin plus tard... »
« Je sais... Mais pour le moment je vais travailler... On a besoin d'argent aussi et sans nos deux revenus, ça va faire un sacré vide... »
« Tom... »
Bill referma la porte, il en avait assez entendu. Ses lèvres articulèrent un ''Tom'' et il sentit une larme perler le long de sa joue ; il passa doucement sa manche sur ses yeux, ne voulant pas pleurer une nouvelle fois. Mais alors qu'il écartait son bras, il vit cette triste vérité : sur sa manche, cette trace noire, c'était Bill, Bill Kaulitz, le chanteur de Tokio Hotel. Le groupe n'existait plus et lui non plus... Ses doigts se crispèrent sur le plancher alors qu'il serrait l'autre poing contre son épaule, se recroquevillant sur lui-même. Il n'entendait rien malgré ses sanglots silencieux, mais ce silence... Ce silence lui pesait terriblement, comme un poids soudainement devenu trop lourd.
La porte de la chambre s'ouvrit et butta contre son pied, lui faisant relever la tête. Son regard croisa celui de son jumeau, quelques secondes à peine avant qu'il ne détourne les yeux ; Tom le considéra quelques secondes, figé par la vue de ce visage strié de larmes. Il s'agenouilla et posa la main sur l'épaule de son jumeau :
« Hey... Bill... Qu'est-ce qu'il y a ? »
Mais seuls les soubresauts du corps de son vis-à-vis lui répondaient. Le jeune guitariste n'aimait pas voir son frère dans cet état : il se sentait impuissant, désespéré de ne pas savoir comment rendre le sourire à son jumeau. Il le serra tendrement dans ses bras, laissant le jeune brun glisser son visage dans son cou et trouver refuge contre lui. Ils restèrent un long moment ainsi, Tom regrettant de ne pas entendre les sanglots de Bill alors que celui-ci pleurait contre son épaule. Il souffrait de le voir ainsi. Il savait ce que sa voix représentait pour son jumeau, il essayait d'imaginer ce qu'il aurait ressenti s'il s'était cassé les doigts...
Tokio Hotel, c'était tout ce qu'ils avaient... Et maintenant, ils n'avaient plus rien. Le jeune guitariste resserra son étreinte sur le corps fin de son frère, le berçant doucement. Ses yeux le brûlaient mais il ne voulait pas pleurer, il voulait se montrer fort pour Bill, montrer qu'il était là pour lui ; il souffla :
« Ça va aller... Tu vas guérir. Et tout redeviendra comme avant, tu verras... Tokio Hotel renaîtra... »
Ses doigts caressaient doucement le dos tremblant de son ancien chanteur, tentant de le rassurer tout en essayant de se convaincre lui-même : oui, Tokio Hotel ne pouvait pas mourir comme ça, ce n'était pas pensable. Bill retrouverait sa voix et ils repartiraient. Il en était sûr. Il voulait le croire. Les doigts fins de sa moitié se crispaient sur son T-shirt, trahissant l'anxiété de son vis-à-vis. Tom faisait tout son possible... Bill ravala ses larmes et se redressa peu à peu : il ne pouvait pas uniquement se reposer sur son frère en ignorant ses efforts. Il esquissa un sourire qui se voulait reconnaissant et regarda son jumeau. Pas une seule fois il ne lui avait fait défaut, jamais il ne l'avait laissé tomber ; ça n'avait jamais été ''lui'' mais toujours ''eux''. Et aujourd'hui encore, il se battait pour lui. Plus que jamais il avait besoin de lui, plus que jamais il voulait être à ses côtés ; car même s'il essayait de se raisonner, une peur sourde battait dans son esprit : celle d'être abandonné, maintenant qu'il était inutile, brisé, cassé...
A SUIVRE...
Sahad : Et voilà ! Hehe... J'ai mis du temps à avoir Internet et je ne peux l'avoir qu'au sein de l'école... Même pas à mon appart. Ouin ! Enfin bon, j'espère que cette suite vous plaît pendant que j'attaque le troisième chapitre. Kissu !
