Après avoir traversé la colonnade du hall du Q.G des Hunters, Kaien Kurosu mena Zero dans un dédale de couloirs avant de s'arrêter devant une porte qui était certainement celle d'un bureau. Le jeune homme l'avait suivi sans broncher mais il était assailli par un mauvais pressentiment.

Une heure plus tôt, son ancien tuteur était venu à sa rencontre pour le prévenir qu'il était convoqué à la Guilde. Il l'avait accompagné mais depuis il n'avait pas dit un mot. Zero sentait même une certaine tension chez le directeur de l'académie. Quelque chose n'allait pas, il en était certain. Après avoir toqué à la porte, Kaien fit signe au jeune homme de rentrer.

-Je t'attends dehors, chuchota-t-il pendant que Zero s'introduisait dans la pièce. Oh, et puis Zero, l'interpella-t-il. Je t'en supplie, sois calme, posé et courtois comme je te l'ai appris.

Il avait dit cela avec son ton habituel de papa poule et son sempiternel sourire idiot. Zero acquiesça. Puis il referma la porte derrière lui. Il fut un peu surpris de ne voir personne. Il en profita alors pour regarder autour de lui. La salle dans lequel il se trouvait était élégamment meublée, un grand bureau de bois sombre trônant en son centre. Une bibliothèque rempli de livres reliés de cuir était poussé contre l'un des murs et une large cheminée où crépitait un feu se trouvait de l'autre côté de la pièce. Derrière le bureau, une baie vitrée striée de fines barres métalliques filtrait les dernières lueurs du soirs. Il ferait nuit dans peu de temps. Zero fit quelques pas vers le bureau, faisant grincer le parquet. Malgré l'ambiance feutrée régnant autour de lui, il était plus que mal à l'aise. Pourquoi l'avait-on fait venir? Il entendit alors du bruit venant du fond de la pièce et détailla une porte qu'il n'avait pas encore remarqué. Elle s'ouvrit et laissa apparaitre un homme vêtu d'un élégant costume. Le nouveau grand maître de la Guilde.

-Ah Kiryu, Kurosu m'a prévenu de ton arrivée. Ravi que tu ais pu venir aussi vite.

Zero se contenta d'un signe de tête. L'homme qui lui faisait face était l'archétype de l'aristocrate anglais: grand, fin, cheveux blonds coiffés impeccablement, maintien parfait, costume 3 pièces, montre à gousset et surtout le célèbre masque qui rendait impossible toute lecture de sentiments sur le visage d'autrui: le flegme. Zero avait entendu dire que c'était un fin escrimeur, capable de désarmer et de tuer un vampire une main derrière le dos. Mais c'était surtout ses talents en matière de torture qui avait fait de lui ce qu'il était devenu aujourd'hui. Il s'était attiré le respect et la crainte de ses congénères au fil du temps et avait finalement accédé au poste de grand maître suite au désistement de Kaien Kurosu. A l'aise, il s'installa derrière le bureau et lui désigna l'un des fauteuils qui lui faisait face.

-Je t'en prie, assis-toi, dit-il.

-Je préfère rester debout.

Nullement perturbé par le ton incisif du jeune homme, le maître répondit:

-Bien, comme tu voudras.

Il s'interrompit quelques instants en le jaugeant du regard, caressant sa barbe de ses doigts gantés puis enchaîna:

-Tu dois certainement te demander pourquoi je t'ai fait venir. Saches que tu es un membre émérite de la Guilde. Tu fais un excellent travail et te débarrasse de tes cibles efficacement (il se leva et se retourna pour regarder par la fenêtre, tout en continuant à parler). Cependant, comme tous les Hunters, tu vis dangereusement. Très dangereusement même. La recrudescence des Levels-E m'inquiète au plus au point…

Il marqua une pose. Ignorant la flatterie, Zero opina sur le fait que le nombre de manifestations de Levels-E avait sensiblement augmenté ces derniers mois. Il n'avait jamais été autant sollicité pour s'occuper de ces spécimens plus ou moins dangereux, ne lui laissant aucun moment de répit. En lui faisant de nouveau face, le grand maître reprit:

-C'est pourquoi, pour ta sécurité et celle de tes camarades, j'ai décidé de t'attribuer un coéquipier. Deux têtes valent mieux qu'une en période de crise, n'est-ce pas?

Zero fut un peu surpris.

-Un coéquipier?, dit-il un soupçon de cynisme dans la voix. C'est totalement inutile.

Le grand maître se mit à sourire.

-Tu es bien confiant mon jeune ami. Bien trop confiant. Raison de plus pour prendre une telle mesure. Sache qu'il ne se contentera pas de t'accompagner durant tes missions, il séjournera également à tes côtés pendant un moment , le temps que les choses se calment.

Zero en resta interdit. Que quelqu'un l'assiste pendant ses missions passe encore, mais de là à ce qu'ils vivent ensemble ! C'était de la paranoïa et une pure folie! Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Ne connaissait-il donc pas sa vraie nature? Il voulut protester mais le maître ne lui en laissa pas le temps.

-Je ne pense qu'à ta sécurité. Tu vis dans un bâtiment non protégé par la Guilde. Il faut quelqu'un pour surveiller tes arrières. Et puis ce n'est pas si désagréable d'avoir de la compagnie, non? dit-il en souriant.

Zero avait bien senti le ton cynique qu'avait employé le vieil homme. S'en était presque risible. Son sourire sonnait faux. Tout son discours sonnait faux. Avait-il monter cette mise en scène rien que pour jouer avec ses nerfs? Depuis combien de temps était-il en danger? Il pensait sincèrement qu'il allait gober ça? La colère commençait à s'éveiller en lui. Il répondit le plus calmement possible:

-J'ai toujours fait cavalier seul et ce n'est pas aujourd'hui que ça changera. Je ne vois pas l'intérêt de ce coéquipier.

-Kiryu…saches que cette mesure s'appliquera à tous les Hunters. Qu'ils soient d'accord ou non.

-J'aimerais déroger à cette obligation.

Le ton était monté.

-Et pourquoi cela? Tu te penses au-dessus de la Guilde? Tu te prétends être un Hunter non? Ton arrogance est donc telle que tu te penses invincible, encore plus fort qu'un vampire? Pourtant, n'est-ce pas toi, qui n'a de cesse que d'être traité en tant qu'humain?

Il avait appuyé chacun des mots de sa dernière phrase, les enfonçant tels des pics dans le cœur de Zero. Il s'étrangla de colère. Il ne fallait surtout pas qu'il perde le contrôle. Il serra les dents au point d'en avoir mal à la mâchoire et contracta les poings. Les deux hommes s'affrontèrent du regard puis le grand maître brisa le silence.

-Bien, à présent tu es prévenu. Laisse moi te présenter ton coéquipier (il se tourna vers la porte du fond). Tu peux entrer !

La porte s'ouvrit et le cœur de Zero manqua de s'arrêter. C'était une fille. Plutôt grande, un épais imperméable noir élimé lui recouvrait le corps, ne laissant apparaître que ses pieds chaussés de bottes sanglées de cuir usé. Ses cheveux foncés, coupés courts en un carré stylisé, encadraient un visage qui affichait un air aussi désintéressé que blasé mais aux traits joliment dessinés. Quelques mèches brunes lui tombaient devant les yeux et donnaient un côté sophistiqué à sa coiffure. Elle s'avança vers le bureau et se posta à quelques pas du maître, les mains dans les poches. Leurs regards se croisèrent. Ses yeux d'un noir profond le dévisageait. Zero fut tirailler entre l'envie d'éclater de rire et celle de piquer une crise de nerfs. Ce n'était pas tant le fait que ce soit une femme qui le mettait dans tous ces états mais plutôt…l'odeur qu'elle dégageait. Sitôt qu'elle avait pénétré dans la pièce, une agréable effluve venait lui chatouiller les narines. Comme pour le narguer, l'odeur disparaissait quelques secondes puis revenait par fragrance, ne lui laissant pas le temps d'apprécier toute la profondeur de cette émanation. L'envie de se coller contre elle pour respirer cette odeur à pleins poumons devenait quasi-obsessionnelle. La soif vint assécher sa gorge. Il fallait qu'il se ressaisisse. Il serra les poings si fort que ses ongles s'enfoncèrent durement dans ses paumes. La douleur le sortit de sa transe. Son regard passa de la jeune femme au président plusieurs fois avant qu'il ne prenne la parole.

-Est-ce que c'est une plaisanterie? explosa-t-il.

Son ton trahissait sa vive émotion. Il tremblait de rage.

-Moi aussi je suis ravie de te rencontrer.

Elle avait dit cela d'un ton détaché, sans le quitter des yeux. Le président eut un petit rire.

-Allons Kiryu, un peu de respect pour tes ainés. Cette jeune femme ici présente, de six ans ton ainée, est aussi l'un de nos meilleurs éléments, elle est loin d'être une débutante. Sache que…

-Non taisez-vous. J'en ai assez entendu, le coupa-t-il.

Il tourna les talons et attrapa la poignée de la porte. On lui agrippa vivement le bras.

-Hé là, doucement caïd.

C'était elle. Elle le regardait droit dans les yeux, sans arrogance mais avec fermeté. C'est là qu'il l'a vit. Une petite coupure entaillait sa mâchoire, vers la base du menton, et avait l'air récente. Malgré la fait qu'elle ait cicatrisé, il sut que c'était la source de l'odeur… de cette odeur délicieuse… Il aurait voulu détourner la tête et partir en courant mais il avait sa fierté. Il continua de fixer ses yeux. Et il se rendit compte de la beauté de ce regard. La couleur de l'iris se confondait presque avec le noir de la pupille. Des yeux noirs comme la nuit où venaient danser des reflets bleutés. De grands cils appuyaient son regard, le rendant encore plus magnétisant. Plantés dans les siens, ses yeux le défiaient en duel.

Reste sage devant les grands, semblait-elle dire.

De quoi je me mêle?, paraissait-il répondre.

Ne compte pas sur moi pour baisser les yeux, c'est moi qui gagnerais, le narguait-elle.

Cause toujours bêcheuse, disait-il.

C'était un véritable combat silencieux auquel ils se livraient. Il fut interrompu par le président, qui de nouveau assis, dit d'un voix ferme:

-Kiryu Zero, vous allez conduire votre nouvelle colocataire chez vous et ne la quitterai sous aucun prétexte.

Puis il ajouta:

-C'est un ordre.

Zero le foudroya du regard et se défit violemment de l'étreinte qui lui enserrait le bras. Elle ne l'avait toujours pas quitté des yeux. Un petit sourire sarcastique étira ses lèvres. Elle souffla dans un murmure:

-Gagné.

Après un sifflement enragé, il ouvrit la porte et sortit comme une furie. Se contenir, se contenir le plus possible. Avant même d'avoir pu faire sa connaissance, il la haïssait. Il haïssait le directeur et il la haïssait pour tous les soucis qu'elle allait lui causer, il la haïssait parce qu'il savait qu'elle savait, il la détestait parce qu'il ne voulait pas lui faire du mal et surtout, il l'exécrait pour cette coupure dont il savait que l'origine n'était pas accidentelle. Il courrait plus qu'il ne marchait quand il sortit du bâtiment. Sans desserrer les dents, il passa devant Kaien sans même lui accorder un regard. Celui-ci s'élança à sa poursuite.

-Zero! Zero attends! cria-t-il en le suivant. Ne le prends pas mal s'il te plaît! Tout le monde va devoir suivre cette prérogative. On a même établi un couvre-feu pour les humains! Zero attends-moi! Zer…

Le jeune homme se stoppa net et une large fissure trancha le mur qu'ils longeaient. A ses pieds, le trottoir était également fracturé. Après plusieurs grandes inspirations, il se retourna et fit face à son ancien tuteur.

-Depuis quand le saviez-vous ? siffla-t-il entre ses dents.

-Zero, s'il te plaît, je ne voulais pas te…

-Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? C'était quoi cette scène? On me colle une baby-sitter? J'avais vraiment pas besoin de ça!

Il hurlait. Il s'appuya contre le mur et posa une main sur son visage. Il fallait qu'il se calme. Kurosu s'approcha doucement et dit d'un ton pondéré.

-Dès le début, j'étais contre. Je savais que tu réagirais comme ça, mais vois le bon côté des choses! Si on t'attribut un coéquipier, c'est qu'on ne te considère plus comme « dangereux » . Après tant d'années de méfiance à ton égard, tu devrais être content que la tension retom…

Face au regard assassin que lui jeta Zero, Kaien laissa sa phrase en suspens. Il rajouta d'un ton plus sombre:

-Bon c'est vrai que ça ressemble plus à de la surveillance rapprochée…mais c'est vraiment pour une question de sécurité. Bon aussi, la vérité est que l'on a décidé que seul un volontaire serait assigné comme ton coéquipier. Et…sache qu'elle est la seule à s'être présenté. Je ne la connais pas très bien, mais ça n'a pas l'air de la déranger de vivre avec toi, malgré que tu sois un…garçon.

La façon dont avait rebondi sa dernière phrase arracha à Zero un rire amer. Il avait bien vu qu'elle n'avait absolument pas peur de lui. Oui…elle l'avait même testé. Kaien s'étant tut, il demanda brutalement:

-Combien de temps?

-Hein? Combien de temps? Et bien, euh, un mois, peut être deux, ou une semaine, on ne peut pas trop prévoir les événe…

Zero le coupa.

-Deux semaines. Deux semaines et si rien ne s'est passé, on me fout la paix, compris?

-Tu sais, c'est court deux sem…

-Deux semaines. Pas une de plus, pas une de moins, insista-t-il.

Ils s'observèrent en silence, puis le directeur céda. Il allait en parler au maître. Il le somma cependant de rentrer chez lui et de dormir, l'informant qu'il avait un teint cadavérique. Zero ne releva pas et partit sans un mot. Il y avait longtemps qu'il n'était pas rentré chez lui. Cela devait bien faire quatre jours qu'il n'avait pas dormi. Il n'aimait pas rester inactif. Car sitôt qu'il s'arrêtait de bouger, un tourbillon de pensées venaient assaillir son esprit et le pousser toujours un peu plus au bord de la folie, avec toujours ce murmure incessant qui s'insinuait dans sa tête et lui soufflait « Sang…tu as besoin de sang…bois du sang… ». Mais il devait bien reconnaître qu'il était exténué. Il prit cependant son temps pour rentrer, laissant tous ses sens en alerte pour parer à une éventuelle attaque de vampires. Mais rien ne se passa. La nuit était tombé depuis longtemps lorsqu'il arriva devant chez lui. C'était une vieille bicoque au abord de la ville, suffisamment éloigné pour éviter l'agitation mais assez près pour sentir l'approche des vampires. Il supportait de plus en plus mal la proximité des humains, le poussant à s'éloigner toujours un peu plus. Il gravit les quelques marches du perron, cherchant la clé dans sa poche, puis déverrouilla la porte qui s'ouvrit en grinçant. Zero trouvait que cette maison ressemblait à celle d'un film d'horreur qu'il avait vu étant plus jeune, avec son parquet qui grince, ses vitres sales et quelques meubles ici et là recouverts d'un vieux drap. Mais bizarrement, il s'y sentait chez lui. S'élevant sur deux étages, il n'avait pourtant aménagé que trois pièces au rez-de-chaussée: le salon qui se trouvait sur le côté gauche de la maison, la cuisine, sur le côté droit et la salle de bain, qui se trouvait au fond du couloir de l'entrée. Il ne montait pratiquement jamais à l'étage. Le reste de la maison servait de débarras. Il enleva sa veste et la suspendit au porte manteau qui se trouvait derrière la porte. Il jeta un œil dans la cuisine. Une boîte de biscuits trainait sur la table. Bizarre, il ne se souvenait pas en avoir acheté... Il haussa les épaules et alla dans le salon. L'aménagement était spartiate: un canapé-lit, un vieux fauteuil défoncé et une armoire où il avait entreposé ses quelques vêtements. Le reste des meubles était soit cassé soit recouvert d'un drap. Il enleva son holster et se débarrassa de sa chemise. Tout en se massant la nuque, il ramassa le flacon de Blood tablets posé au pied du canapé. Il se surprit alors à frémir d'excitation en entendant le tintement des gélules cognant contre la surface vitrée. Un vrai toxico, pensa-t-il. Il contempla la fiole de médicaments. Oui, c'était des médicaments, un traitement qu'il fallait prendre pour rester en vie, un palliatif pour contrecarrer le mal qui le rongeait. Jamais il ne pourrait accepter le fait d'être devenu vampire. Jamais. C'était une maladie, une malédiction, dont il désespérait de ne pas en avoir le remède. Il secoua la tête, fit tomber quelques comprimés dans sa paume et les avala tout rond. Il reposa le flacon puis s'affala dans le canapé. Les coussins sentaient la poussière et le renfermé, mais ils étaient plus que confortable. Il ferma les yeux, appréciant ce moment de calme. Après seulement quelques minutes, toute la fatigue accumulée au cours de ces derniers jours lui retomba dessus d'un seul coup. Il avait l'impression d'avoir reçu un bulldozer sur la tête. Mais il se s'efforça de ne pas céder au sommeil. En enlevant sa chemise, une odeur nauséabonde de transpiration lui était venue au nez. Une douche s'imposait avant de dormir. Alors qu'il essayait de convaincre ses muscles de bouger pour l'emmener jusqu'à la salle de bain, il sentit du mouvement dans la pièce. Sa fatigue s'envola aussitôt. Vif comme l'éclair, il saisit Bloody rose et le pointa vers la présence. Il se maudit lui-même d'avoir laissé la fatigue avoir raison de sa vigilance. Mais il se détendit très vite. C'était elle. Le canon du pistolet était à quelques centimètres de sa gorge. Elle le regarda d'un drôle d'air. Sans baisser son arme, il la foudroya du regard.

-On ne t'a jamais appris à frapper à la porte ?

-Charmante façon d'accueillir un invité…, dit-elle.

Elle baissa les yeux vers son torse nu et eut un haussement de sourcil qui en disait long. Il appuya un peu plus son revolver contre son cou. Elle releva les yeux vers lui et demanda:

-C'est sensée être menaçant?

Nullement effrayée, elle gardait les mains dans les poches et ne semblait pas comprendre pourquoi il la maintenait en joue. Elle s'amusa de la situation et finit par lever les mains en l'air avec un sourire en coin.

-Ouuh j'ai peur monsieur le grand Hunter. Ne me tuez pas, pitié, dit-elle avec un voix faussement effrayée.

Se sentant un peu ridicule, Zero finit par baisser son arme. Mais une chose le taraudait: comment avait-elle fait pour s'introduire dans la maison sans qu'il l'entende? La porte grinçait tellement qu'il aurait pu le discerner à deux kilomètres, même en étant plongé dans le coma. Il lui demanda d'un ton sec:

-Comment es-tu entré?

-Par la porte.

-A d'autres.

-Tu préfères que je te réponde par le conduit de la cheminée?

-Je ne crois pas au Père Noël. Par où es tu rentré?

-Pourtant c'est vraiment par là que je suis rentrée tout à l'heure.

-Tout à..? Depuis quand es-tu ici ?

-En comptant le temps passer à attendre dehors ou seulement à partir du moment où je suis rentrée dans la maison?

Il la dévisagea, cherchant à déceler la moindre chose qui pourrait lui indiquer qu'elle se fichait de lui. A son grand désarroi, elle avait l'air plus que sérieuse. Un sourire en coin étira de nouveau ses lèvres. Elle se mit alors à tourner autour de lui, l'examinant de la tête aux pieds en se tenant le menton. Il la regarda faire avec un air suspicieux. Qu'est-ce qu'elle lui voulait? Elle murmura pour elle-même:

-Hum…C'est donc toi le grand Kiryu Zero…Le redouté chasseur de vampires dont tout le monde parle mais que personne n'ose approcher…Je ne m'attendais pas à ça.

Il tiqua.

-C'est-à-dire?

-Il y a un monde entre l'image que j'avais de toi et la personne en face de moi. Je ne vois pas pourquoi tout le monde a peur de toi. Tu n'es pas bien impressionnant.

Elle lui prit un bras, l'examinant avec attention. Il chassa sa main. Elle était bien familière pour quelqu'un qu'il venait de rencontrer.

-Regarde-moi ces bras. Tu es certes musclé mais tu es d'une finesse… On dirait que tu vas t'envoler au moindre coup de vent! Pas très révélateur de ta force qu'on m'a décrite exceptionnelle.

Elle prit son menton entre ses doigts et fit tourner sa tête de gauche à droite. -Et puis regarde-moi ce joli visage. Qui pourrait avoir peur d'une aussi belle bouille?

Il la chassa de nouveau. Décidément, il n'aimait pas ses manières. Pour qui elle se prenait? Et à quoi rimait son petit jeu? Il la foudroya du regard. Elle hocha lentement la tête, ses yeux plantés dans les siens.

-Oh! Je vois…c'est donc de ça dont nos collègues ont peur.

Elle pencha la tête sur le côté, visiblement très intéressée. Elle prit un air malicieux.

-N'empêche que j'ai du mal à croire que l'on te craigne autant. Tu es plus proche de l'adolescent maniaco-dépressif que du Hunter sans pitié.

Piqué au vif, il cracha:

-Imagine ce que tu veux.

Sur ces mots, il se dirigea vers la salle de bains et claqua la porte.

-Et dénué de tout sens de l'humour…ajouta-t-elle en le regardant s'éloigner.


Notes de l'auteur:

Petit changement dans ce chapitre comme je vous l'avais dit mais rien de bien méchant! A vos claviers pour mes précieuses reviews! (sinon je fais la grève!)