Titre : Arroseurs arrosés
Rating : T
Disclaimer : Tout est à JKR…
Pairing : Surprise...
Bêta Correctrice : Regan_Potter
NdA : Merci beaucoup à tout ceux qui me lisent !
La grande différence entre l'amour et l'amitié, c'est qu'il ne peut y avoir d'amitié sans réciprocité.
Michel Tournier
Chapitre 2 : L'œil du sourd est normal
C'est un Harry particulièrement guilleret, qui refit son apparition quelques heures plus tard dans la salle commune des rouges & or. Persuadé qu'il venait de faire un épouvantable cauchemar, particulièrement réaliste certes, mais néanmoins tellement invraisemblable, il avait retrouvé tout son entrain et pris de nouvelles résolutions… C'est ainsi qu'il partit d'un pas alerte et l'œil vif à la rescousse de son ami porté disparu depuis plusieurs heures. La Carte du Maraudeur dans une poche et sa cape d'invisibilité dans l'autre, il s'apprêtait à enfiler son costume de super héros sauveur de la veuve, de l'orphelin et des amis dans le besoin, lorsqu'il se fit âprement alpaguer par une tornade.
- Harriiiiii ! piailla-t-elle en le secouant d'avantage qu'un saule cogneur en colère.
Entre deux violentes secousses, il réussit péniblement à articuler le prénom de ladite furie :
- L..La..Lavan…De ?
- Je cherche Won-Won partouuut depuis tout à l'heure ! Il m'a dit qu'il devait aller aux toilettes, mais il n'est toujours pas revenu ! C'est affreux, il a du lui arriver quelque chose ! Tu sais, j'ai enfin reçu ma commande de chez Sexy Queen Wizard, les dentelles sont fa-bu-leu-ses ! Et je lui ai promis que je lui ferai un petit défilé coquin cet après midi ! Mais je commence à m'inquiéter… Pour rater notre petit tête-à-tête, c'est forcément qu'un truc atrooooce lui est tombé sur la tête hein ? Hein ? Qu'est ce que tu en penses ? Tu crois que…
Agacé, Harry la coupa assez rapidement avant de prendre le risque de se mettre à rigoler convulsivement en imaginant la tête de Won-Won face à une Lavande habillée, ou plutôt déshabillée, de froufrou l'aguichant grossièrement.
- Désolé Lavande, je ne l'ai pas vu non plus, mais demande à Seamus, ils ont disputé une partie d'échec tout à l'heure ! Bon, je me sauve, on m'attend ! Bye bye !
Et sans attendre une seconde de plus, il disparut derrière le portrait de la Fat Lady. Délaissant sans aucun remords (rancune tenace oblige) Seamus aux prises avec une harpie aux jolies boucles blondes. Arrivé dans les couloirs du 7ème étage, il se mit à effectuer quelques allez-retours devant l'emplacement de la tapisserie de Barnabas le Follet en pensant très fort : « Retrouver mon ami qui s'est planqué – je dois retrouver mon ami qui… » Et au troisième passage, la porte apparut enfin. A l'intérieur, il retrouva Ron complètement avachi sur un divan pourpre, un bras pendant mollement de l'accoudoir, les yeux fixés sur le feu ronronnant de la cheminée, une ride barrant son front et la bouche légèrement entrouverte (il ne manquait plus que le filet de bave pour compléter le tableau). Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua pas Harry qui l'appelait.
- Hey mec ! A quoi, ou plutôt à qui penses-tu ainsi ? rigola-t-il. Tu sais que Lavande attend son Won-Won d'amûr avec impatience dans la salle commune ?
- Hein quoi ? Ah, Harry c'est toi...
- Bien sur que c'est moi, qui voulais-tu que ce soit ? Lavande dans ses ptites nuisettes à froufrou ?
A ces mots, Ron sembla enfin sortir de sa torpeur. Affolé, il jetta un regard circulaire dans la pièce que la Salle sur Demande avait créée spécialement pour lui. Petite et confortable dans des tons ocre, et meublée de larges sofas disposés devant l'âtre qui diffusait une chaleur agréable. Une table d'échiquier et une petite desserte croulant sous les résidus d'une collation gargantuesque complétaient le décor. Ne voyant aucune menace à l'horizon, il prêta enfin attention à son meilleur ami qui, entre temps, s'était écroulé sans aucune grâce sur l'un des fauteuils. Ses vêtements fripés et sa tignasse encore plus hirsute que d'habitude l'interpella.
- Toi aussi, tu es tombé sur elle ? l'interroge-t-il.
- Ouais, et elle semblait désespérée de ta subite disparition, elle est sur le point de faire appel au bureau des Aurors pour te retrouver ! ricana ce dernier, en se saisissant d'un verre de jus de citrouille ayant échappé à l'appétit vorace de son ami.
- Olala ne me parle plus d'elle, je t'en conjure ! Figure toi qu'elle a réussi à me coincer derrière la tapisserie d'Elfric l'Insatiable pour que l'on puisse s'accorder un « Quart d'heure polisson » ! Tu parles, quand bien même je l'aurais voulu, laisse-moi te dire que le décor aurait coupé l'envie à n'importe qui ! Mais faut croire que cela ne la dérange pas, elle m'a littéralement aspiré la bouche ! Et en prime, j'ai eu une vue imprenable sur sa culotte pendant un laps de temps encore trop long pour que je puisse encore prétendre être saint d'esprit !
- N'en fais pas tout un drame, cela aurait pu être pire !
- Il y avait mon nom d'écrit dessus...
- Oh…
Un silence s'installa entre les deux jeunes gens, parfois les mots étaient superflues, ils n'en avaient guère besoin pour se comprendre. Harry laissa son regard vagabonder dans la pièce, sirotant tranquillement son jus de citrouille en savourant ce moment de calme. Son attention dériva sur son meilleur ami qui s'ébrouait énergiquement afin de chasser les images, bien trop perturbantes à son goût, de son cerveau. Harry ne put s'empêcher de jalouser la haute stature et le profil viril de son ami, surtout s'il ce comparait à lui même : trop chétif, trop petit, pas assez masculin à son goût… Désirant changer radicalement le cour de ses pensées, il relança la conversation.
- Alors à quoi pensais-tu avant que je n'arrive ? Tu avais l'air particulièrement concentré.
- Harry… Euh tu... Tu as parlé à Hermione récemment ?
Débuta doucement Ron, hésitant à raconter ce qui le perturbait au sujet de sa réflexion. Immédiatement, Harry se redressa et se mit à rigoler.
- A ce propos, j'ai fait un horrible cauchemar tantôt ! Il faut que je te raconte, tu vas voir, toi aussi tu vas devenir vert !
- Attend je suis sérieux là… Essaya de l'interrompre Ron, mais c'était trop tard. Harry s'était exalté et déballa à toute vitesse les détails de son « mauvais rêve ».
- Et à ce moment là, j'ai cru qu'elle me faisait une horrible blague tu vois ? Mais non, elle était sérieuse ! Je me suis sentit trop mal ! En plus c'était vraiment réaliste comme rêve… C'était vraiment atroce ! Enfin bon, le truc c'est que je pense que cela m'a fait prendre conscience de pas mal de choses. Elle a peut être raison sur certains points Mione/ Malfoy fait partie intégrante de ma vie, je devrais peut-être essayer de faire la paix avec lui, tu ne crois pas ? Enfin bref, cela mis à part, plus jamais je ne reprendrai de tourte au poulpe trois fois d'affilées le soir ! Les cauchemars comme celui-ci, font presque passer les visions de tonton Voldy pour des cures de jouvence !
Durant tout le monologue, Ron n'avait pas ouvert la bouche, mais la ride sur son front fit sa réapparition, et se multiplia même par trois. Lorsque Harry se tût, il se rendit compte qu'il attendait peut-être une réaction de sa part. Mal à l'aise, il détourna le regard à la recherche d'une échappatoire quelconque. Mais son comportement alarma son camarade.
- Ron ? ça va ?
- Euh, oui, oui mais euh… Harry ?
Après quelques nanosecondes de réflexion, Ron se décide à faire honneur aux valeurs de la noble maison Gryffondor. Ne pas réfléchir et agir ! Tant pis pour les conséquences ! En espérant tout de même, que son ami n'irait pas commettre un meurtre, ou un suicide c'est au choix, sous le choc de la nouvelle qu'il s'apprêtait à énoncer.
- Il semblerait que tu n'aies pas fait un rêve vieux frère… Ou alors nous avons fait le même…
- Quoi ? Toi aussi tu as rêvé qu'Hermione sortait avec la fouine ? C'est la preuve qu'il faut que toi aussi tu arrêtes d'être aussi bouché et que tu ailles lui demander de sortir avec toi ! Hermione pas la fouine, hein !
Les propos tenus illustrant parfaitement une autre des caractéristiques de la maison Griffondor… A savoir que si ses disciples faisaient preuve d'un courage et d'une témérité indiscutable, ils étaient aussi d'une obtusion sans commune mesure, pour ne pas dire un aveuglement total, face aux perceptions de la vie.
Assit le dos raide sur le sofa, Ron s'empourpra face aux propos de son ami, tandis qu'Harry se resservit tranquillement un verre de jus de citrouille. C'est vrai que la nouvelle ne l'avait pas mis en liesse, mais ce n'était absolument pas parce qu'il aimait Hermione, c'était uniquement le choix de son partenaire qui l'avait mis de mauvais poil toute l'après midi, se convainquit-il.
- Ecoute Vieux frère, je suis sérieux ! Tu n'as pas rêvé ! Ce n'était pas un rêve, ni un cauchemar d'ailleurs ! quoique…. Ajouta-t-il plus bas. Hermione est venue me le dire aussi tout à l'heure. Et pour tout t'avouer, lorsque tu es arrivé, j'étais en train de me convaincre que tout ceci n'était qu'une vaste fumisterie…
Ron fut brutalement coupé dans son élan, par un liquide suspect entré en collision avec son visage. Face à lui ce trouve Harry Potter, qui deviendra probablement dans un futur très, très proche : Le-Garçon-Qui-A-Survécu-A-Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom-Pour-Trépasser-Par-Une-Mauvaise-Nouvelle, La bouche ouverte, d'où s'échappe encore quelques gouttes, et son verre vide à la main. Mystère résolut… Reposant prudemment son verre sur la desserte, le jeune homme brun fixa de ses prunelles chartreuse son flamboyant compagnon. L'hypothèse d'un songe violent venant d'être balayée sans pitié par son ami, il réfléchit désespérément à une autre solution expliquant les curieuses révélations d'Hermione. Le fait que cela puisse être la réalité ne lui effleurant pas l'esprit une seule seconde.
- Dis-moi… reprit-il courageusement. Elle nous fait probablement marcher… Un genre de poisson d'Avril avec quelques mois d'avance, ou bien elle a fait un pari débile qu'elle a perdu et son gage est de dire qu'elle sort avec Malfoy à tout le monde ! Qu'est ce que tu en penses ? Parce que lorsque j'ai croisé la fouine tout à l'heure, il ne m'a pas parut au courant, sinon il aurait pris un malin plaisir à enfoncer le clou juste pour me voir jouer au Strangulot hors de sa mare !
Re-galvanisé par les hypothèses farfelues d'Harry, le rouquin se redressa et s'emballa à son tour :
- Oui, tu as raison ! D'ailleurs, ce soir au repas, on verra bien comment ils se comportent tous les deux ! Elle ne nous a pas demandé de garder le secret, donc si c'est une blague on pourra l'embarrasser pour se venger des tourments qu'elle vient de nous infliger !
- Il faudra le dire aux garçons, je suis sur qu'ils rentreront dans le jeu ! s'enthousiasma immédiatement le petit brun.
- Bien, maintenant qu'on a réglé ce problème, si nous allions nous changer les idées ?
- Bah… On a encore notre devoir de potion pour demain à finir…
- Ah non ! J'ai trop réfléchis aujourd'hui, j'ai épuisé mon quota de réflexion, j'ai besoin de m'aérer un peu la tête ! Et comme c'est la faute d'Hermione, elle a intérêt à nous laissez copier ! s'exclama aussitôt Ron.
- Je plaisantais ! repris Harry en se levant. Un devoir de Snape n'a d'autre pouvoir que celui de nous pousser au suicide ! De toute façon, elle a dit que le sien traînerait dans la salle commune ce soir…
- Sérieux ? Wahou, si ce n'est pas la preuve que sa conscience n'est pas tranquille !
- Bon en attendant que dirais-tu d'aller voler un peu ? Devant l'air inquiet de son comparse, Harry ajouta en rigolant : Et ne t'inquiète pas pour Lavande, Won-Won, j'ai ma cape d'invisibilité sur moi pour traverser le château discrètement.
C'est ainsi qu'ils passèrent la fin de leur après midi. Enchaînant loopings, feintes, passes et autres cabrioles, fendant les airs à la poursuite de Vifs d'Or imaginaires, sous les regards admiratifs et les applaudissements de Romilda Vane et sa copine Demelza Robins. Bien vite rejointes par Colin Crivey et son indissociable appareil photo. Harry se demandait toujours comment le jeune paparazzi faisait pour ne pas se lasser de le prendre en photo, sans ce douter une seule seconde que les dites photos faisaient l'objet d'un commerce incroyable au sein de Poudlard…
Loin de ce tumulte, une furie aux lourdes boucles brunes fonçait vers les cachots à la recherche de la salle commune des Slytherins. Harry et Ron lui avaient dit qu'il s'agissait d'une porte de pierre dissimulée dans un mur, mais ils n'avaient pas précisé ou exactement… Et Malfoy ne lui avait jamais indiqué sa localisation, ils se voyaient toujours dans des salles vide, ou au détour d'un couloir désert, loin des oreilles indiscrètes. Mais elle savait aussi, grâce à L'Histoire révisée de Poudlard que leur repère devait se situer sous le lac.
Forte de ces maigres informations, elle tournait en rond depuis un long moment déjà et sentait son énervement monter encore d'un cran au dessus. Ron et Harry étaient de tels crétins parfois ! Surtout Ronald en fait !Il avait osé rire lorsqu'elle lui avait dit qu'elle sortait avec Draco, comme si elle était incapable de sortir avec un garçon ! La preuve Viktor lui avait bien fait une cour assidue!
Bouillonnante, fulminante, elle laissa éclater sa colère en donnant un grand coup de pied dans une armure, qui s'écroula dans un grand bruit de ferraille. Scandalisée, celle-ci ce releva en émettant des cliquetis outrés, ramassa son heaume et alla se poser dans un autre couloir dans des grincements de contestation, à l'abri d'élèves malpolis. Hermione lâcha une bordée de jurons qui firent pâlirent d'indignation les rares tableaux du couloir et reprit son chemin dans les dédales humides des cachots.
- Granger ?
En entendant la voix aux intonations surprise, Hermione fit un volte-face et se retrouva tête-à… poitrine avec un Serpentard qu'elle identifia comme étant l'un des meilleurs amis de Malfoy : Blaise Zabini.
Une haute stature, un teint métissé, les pommettes hautes et de longs yeux en amande, le jeune homme faisait fondre beaucoup de cœurs au château. En outre, il était le seul à pouvoir tenir la dragée haute à Malfoy sans pour autant s'attirer ses foudres. Selon les filles de son dortoir, il était même classé troisième dans la catégorie des « Plus beaux mecs de Poudlard ».
- Pourrait-on savoir ce que tu fais seule et perdue si loin de ta tour ? susurra-t-il, de sa voix chaude. L'œil brillant d'anticipation aux terribles malheurs qui risquaient de s'abattre sur la lionne égarée si loin de ses quartiers…
Loin de se laisser démonter, la jeune fille se redressa et darda son regard dans celui de son vis-à-vis avant de répliquer :
- Je cherche votre salle commune ! D'ailleurs, tu serais bien aimable de me l'indiquer…
- Notre salle commune ? Non, mais tu ne doutes de rien toi ! s'offusqua immédiatement le mulâtre. Tu n'espères tout de même pas sincèrement que je vais te donner ce renseignement ? Et pourquoi pas le mot de passe tant que tu y es ?
- Oh je n'en espérais pas tant, mais cela pourrait m'être utile aussi… Alors ? reprit-elle face au silence de son interlocuteur.
- Jusqu'à présent, j'ai toujours bien voulu admettre que tu faisais preuve d'un peu plus de discernement que la plupart des Griffons… Mais force m'est de constater que je me suis lourdement trompé ! murmura le jeune homme abasourdi devant son culot.
Essayant de le convaincre par tous les moyens, une négociation épineuse se déroula entre les deux protagonistes. L'un ne voulant rien savoir, arguant « qu'il ferait beau voir qu'un satané griffon vienne mettre ses sales pattes dans leur domaine », et qu'il était impossible de lui faire confiance, « Qui sait quels mauvais tours leur tomberaient dessus ». Et l'autre assurant sa bonne foi, qu'elle saurait garder le secret, ou que c'était « une mesure d'extrême urgence, et que cela servait aussi leurs intérêts ».
Voyant qu'elle ne tirerait rien de ce maudit Serpent, Hermione commençait à perdre patience, lorsqu'une troisième voix vin faire écho aux leurs.
- Et si tu disais tout simplement qui tu cherches, Granger ?
Blaise se tourna vers le nouveau venu surpris.
- Théo ? Que fais-tu ici ?
Mais celui-ci ne répondit pas de suite, son étrange regard améthyste chevillé sur la jeune fille, attendant de toute évidence une réponse à sa question. Réponse qui se faisait désirer. Un silence tendu s'installa dans le couloir, troublé uniquement par les flatuosités des canalisations. Un ange eu le temps de passer, avant de ce faire bouffer par un reptiles impatient.
Blaise soupira, Théodore Nott était un jeune homme doté d'un esprit aiguisé, mais tellement discret et taciturne qu'il était rare de réussir à lui arracher deux mots de suite lorsqu'il en avait de toute évidence pas l'envie. Au début, sa présence dans la fosse aux serpents en avait étonné plus d'un, mais il avait su prouver son appartenance à leur blason… Mieux vaux ne pas se fier à son apparence, le diable peut revêtir de troublant atours.
Blaise grogna, il ne tenait pas particulièrement à passer sa nuit à argumenter vainement avec le castor de Gryffondor, en plus il était fâché contre lui même ; tout à leur joute verbale sur le bien fondé de « donner ou pas le mot de passe » il en avait omis de poser la question la plus simple. C'est pourquoi il la brusqua un peu.
- Bon Miss Je-Sais-Tout, tu me feras le plaisir de répondre à Théo, avant qu'on te plante là définitivement !
Détournant les yeux du regard inquisiteurs, Hermione gambergea quelques secondes, avant d'accéder à la requête des deux serpents. Après tout, cela ne risquait plus de leur porter préjudice maintenant.
- Je cherche Malfoy.
- Draco Malfoy ? s'étonna Blaise.
- Non, un autre. Bien sur Draco Malfoy ! s'impatienta-t-elle.
- Qu'est ce que tu lui veux au juste ?
- Cela ne te regarde pas Zabini !
- Je vais le chercher, Blaise surveille là qu'elle ne me suive pas. Coupa posément Théodore Nott.
- Quoi ? Mais…. Tu... Elle….
- Elle veut parler à Draco. Reprit-il sans se soucier des borborygmes indignés que poussait son ami. Cela le concerne de prime abord, donc je vais le prévenir, et la décision lui appartiendra !
Se rendant face aux arguments de Théo, le métis poussa un grognement pour la forme et le regarda s'enfoncer, sans plus de considération, dans la noirceur du couloir. Puis, il reporta son attention sur la jeune fille qui n'avait pas bronché.
Pendant que les deux adolescents immobiles se foudroyaient du regard, les minutes s'allongèrent, s'étirant paresseusement dans un silence pesant. Un bruit de pas claquant sur les dalles humides vint rompre le malaise ambiant et Hermione se redressa soulagée, vers le prince des Serpentards qui venait de faire son apparition.
L'air contrarié, celui-ci fit un geste élégant de la main en direction de Blaise Zabini en lui demandant de les laisser seul. Après un dernier regard vers l'étrange duo, ce dernier s'éloigna rapidement. Enfin, en apparence…
- Granger, tu as intérêt à avoir une bonne raison pour m'avoir fait appeler ! reprocha le blond en poussant fermement la jeune femme dans un cachot vide.
- Hermione ! Appelle-moi Hermione ! lui reprocha-t-elle sévèrement. En fait, j'ai parlé à Ron et Harry.
- Bravo, si ce n'était pas une chose que tu faisais tous les jours depuis ta première année, je pourrais t'acclamer ! se moqua-t-il en souriant légèrement.
- Je suis sérieuse là ! Je leur ai dit que nous sortions ensemble !
Sans s'en apercevoir, elle avait chuchoté ces derniers mots. Pour le coup, elle avait enfin toute l'attention du Serpentard.
- Ah. Et…quelles ont été leurs réactions ? Non, attend !
Sortant sa baguette, il conjura un fauteuil confortable (il n'allait tout de même pas poser son auguste postérieur sur une vieille chaise couverte de poussière !) Réflexion faite, il en conjura un second et invita son homologue féminin à prendre place, afin de poursuivre la conversation. Et le plus important, il prit bien soin de lancer un sort d'impassibilité sur la porte. Au grand damne d'un grand noir et d'un petit châtain, les oreilles-à-rallonges made in copies-Weasley (achetées sous couvert d'anonymat cela va de soi !) présentement collées contre l'entrée, n'étant plus d'aucune utilité. Dépités, ils retournèrent sans un mot dans leurs quartiers, spéculant sur les raisons de ce conciliabule entre leur prince et la Miss-je-sais-tout du Golden Trio. Plus précisément, pendant que Blaise Zabini devisait vivement, Théodore Nott se contentait d'approuver silencieusement.
Quelques heures plus tard, les deux autres membres du célèbre tiercé gagnant des Rouges & Or, se retrouvèrent dans le Hall à l'heure du repas. Légèrement angoissé, Ron se planqua dans le dos d'Harry pendant que celui-ci poussait les lourdes portes ouvragées de la Grande Salle.
Balayant l'assemblée du regard, il avisa Lavande Brown assise avec les jumelles Patil plus loin à la table des Serdaigles, discutant probablement chiffons avec Sally-Ann Perks et Vicky Frobisher. Soulagé, Ron ne put retenir un soupir. A ses côtés, Harry pouffa doucement, passant une main dans ses cheveux encore humide de la douche.
Affamés, ils s'empressèrent de rejoindre Seamus et Dean lancés dans un concours de construction avec la purée de leur assiette, Neville faisant office de juge. Entre deux bouchées, (ou simultanément dans le cas d'un certain rouquin…) ils informèrent leur amis de la blague d'Hermione. Complètement excité, ils se mirent à comploter sur les représailles qu'ils lui réservent, en guise de punition pour la frayeur infligée.
L'arrivée de la jeune fille plongea les hardis compères dans le silence, l'air gouailleur et les yeux brillants, ils suivirent ses déplacements guettant l'instant propice pour attaquer et l'embarrasser. Au bout de quelques minutes de ce petit jeu, Hermione soupira bruyamment :
Bon, les garçons je pourrais savoir ce que vous avez ?
Ils s'entre-regardèrent légèrement froissé, avaient-ils été si transparents que cela ? Enfournant une grosse bouchée de saucisse et de purée, Ron ouvrit les hostilités :
- Ohn gna dwi a tfou lmwonde ktu aithwé amwoufreuz dlaf fouinn ! mouahahaarff
- Oh Ron je t'en pris ! Mange ou parle, mais ne fait pas les deux en même temps ! protesta la brunette, en retirant des résidus de projectile de ses cheveux.
- Je pense que ce que Ron voulait dire, c'était que nous sommes tous au courant que tu aiiiiimes Malfoy ! chantonna joyeusement Dean en agitant sa fourchette devant le nez d'Hermione.
- Oui et que tu ne comptais pas le cacher, donc nous pouvons en informer toute la salle n'essst ce pas ? rajoute Seamus complément hilare.
Agacée, Hermione tenta d'attraper la fourchette impudente qui se baladait sous son nez, mais Dean la planta lestement dans son assiette pour la soustraire à son courroux, tandis que Seamus prenait la relève et lui envoyait des baisers mouillés par dessus la table. Voyant le remue-ménage de ses comparses, Ginny, curieuse, se rapprocha pour entendre ce qui les mettait tant en liesse. Harry sourit tendrement à la jeune rousse flamboyante qui s'asseyait à ses côtés, alors que Neville rougit brusquement. Délaissant temporairement le spectacle qui s'offrait à leur vue, ils la mirent dans la confidence. Complètement excitée, elle ne put retenir un petit cri de surprise et se tourna vers Hermione.
- Non d'une gargouille, C'est vrai que tu sors avec Malfoy ?
- Mais non, c'est un vieux bobard qu'elle a inventé pour nous faire péter un chaudron ! intervint Ron la bouche enfin vide.
- Et elle a faillit nous avoir, heureusement qu'on n'est pas né d'un troll ! pouffa Harry.
- Non ce n'est pas un mensonge ! C'est si invraisemblable que ça pour que vous ne vouliez pas me croire ? se renfrogna Hermione, ayant enfin réussi à clouer le bec de Seamus en lui plongeant la tête dans son assiette.
- Alors Saint Potty, on a du mal à digérer l'information ? siffla une voix au dessus de leurs têtes.
Les garçons sursautèrent, personne n'avait entendu le Serpentard se rapprocher.
- Dégage de là, la fouine ! La table des serpents sournois n'est pas ici, tu as perdu ton chemin ? bougonna Harry en le foudroyant du regard.
- Est-ce interdit maintenant de venir voir sa petite amie ? répliqua tranquillement celui-ci sans relever l'insulte.
Ron se redressa brutalement et cracha dans la direction du blond un chapelet de jurons, avant de pointer sa baguette dans sa direction.
- Tire-toi d'ici, avant que je ne te jette un sort qui te fera vraiment mal ! Tu n'as pas compris que tu n'étais pas le bienvenue ici ? Et garde tes vils mensonges pour toi !
A la table des verts & argent, des regards inquisiteurs se fixèrent sur la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Théodore Nott et Blaise Zabini échangèrent un regard de connivence, tandis que Pansy Parkinson cessait sa conversation avec Millicent Bullstrode afin de suivre la nouvelle altercation des deux princes, munie d'un sombre pressentiment.
- Tss tss, Potty tu devrais vraiment penser à mettre une muselière à ton chien de garde, il ne sait plus ce qu'il raconte !
Ron lâcha sa baguette et voulu se jeter sur l'arrogant Serpentard, mais Seamus tout dégoulinant de purée le ceintura vivement. Les yeux étincelant de colère, Harry se releva à son tour et ouvrit la bouche. Mais Hermione ne lui en laissa pas le temps, elle agrippa sa main afin de lui intimer de se taire. Puis, elle redressa et vint se placer au côté de Malfoy qui continuait sur sa lancée.
- Laisse-moi te résumer la situation Weasel. C'est valable pour toi aussi Potty ! Actuellement je sors avec Granger, il serait de bon goût que vous commenciez à vous y faire. Repris-t-il narquois.
- Je ne crois que ce que je vois ! rugit le rouquin hors de lui.
- Vraiment ? susurra le blond, un sourire goguenard venant fleurir sur son visage et une étincelle de malice au fond de ses prunelles grises.
Lentement, il se retourna face à Hermione et se pencha vers elle, plantant son regard d'acier dans ses yeux agrandis d'incompréhension. Dans geste aérien, il posa une main sur sa taille, rapprochant fermement leurs deux corps et l'empêchant de se dérober. Puis, il glissa une main sur sa nuque pour l'attirer à lui et recouvrit enfin ses lèvres des siennes, l'entraînant dans un baiser sulfureux.
Dans le silence assourdissant de la grande salle, trois bruits de chute se firent entendre distinctement.
A la table des enseignants, le professeur Snape lâcha sa tasse de thé brûlante, qui alla se briser, en aspergeant copieusement les robes de Sirius Black qui ne protesta pas sous la brûlure.
A la table des Gryffondor, Seamus lâcha Ron qui se laissa tomber au sol dans un bruit mou écrasant au passage les pieds de Harry qui ne protesta pas sous la douleur.
A la table des Serpentard, Pansy Parkinson lâcha prise avec la réalité, s'écroulant sur Théodore et Blaise, qui ne protestèrent pas sous le poids de leur amie.
Aux autres tables, l'ambiance était effervescente, chez les Serdaigle, les hypothèses, statistiques et autres théories fumeuses échauffaient les cerveaux. Tandis que chez les Poufsouffles, on attendait simplement l'orage qui allait éclater d'une minute à l'autre, en se faisant le plus petit possible.
Et assis bien tranquillement au fond de son siège, Albus Dumbledore défroissa lentement l'emballage doré de son bonbon au citron. Un sourire flegmatique aux lèvres, il attendit patiemment la suite du spectacle…
[To Be Continued…]
Little Question… (Que vous me lisiez maintenant ou dans le futur)
J'ai essayée de transmettre un sentiment particulier dans certaines scènes…
Reste à savoir si vous l'avez ressenti tel que je le voulais…
Donc dites moi ce que vous inspire certains passages, ou les relations !
(Tendresse, amour, ridicule, burlesque, malaise, trouble, attachement, estime, affection… )
Merci de me suivre et à bientôt !
