01
Stiles était immobilisé devant l'établissement depuis quelques minutes. Les souvenirs d'une adolescence presque heureuse se mouvaient devant ses yeux.
Scott. Lydia. Erica. Jackson. Isaac. Boyd. Les courses-poursuites dans l'enceinte du lycée. Les morts qui s'accumulaient, les blessures de guerre comme celle qu'il avait sur le bras gauche.
Stiles sentit une légère pression sur son bras.
Revenant à la réalité, il se tourna vers Chris qui le regardait avec tristesse. Il lui fit un sourire chaleureux et le cœur de l'humain rata un battement. Il aimait cet adolescent comme il avait aimait son père.
Chris ressemblait trait pour trait à Don Matthews. Loup Alpha d'un des quartiers de New-York ou Stiles avait décidé de s'arrêter quand il avait fini de faire son road trip après la mort de son père.
— Ça va ? Questionna le jeune loup en penchant la tête sur le côté.
— Oui Chris ! Ça va merci !
Stiles reprit sa marche, suivit de Chris qui ne le lâchait pas du regard. L'humain déambula dans les couloirs du lycée ou étudiants et professeurs s'agglutinaient. Il surprit plusieurs fois des regards en coin dans sa direction et celle de son fils.
Il était vrai que depuis ces dernières années, Stiles avait pris, lui aussi, de la masse musculaire. Il a laissé pousser ses cheveux qui lui arrivé dans le dos et les tenaient attacher en chignon par un stylo.
Habillait d'un tee-shirt noir sans manche près du corps, sur lequel il portait un gilet de costume gris anthracite avec le pantalon à pinces qui allait avec, prenant la forme de ses courbes en muscle et faisait ressortir ses fessiers.
Sa démarche assurée et presque féline, avait déjà attiré un des déménageurs, qui d'ailleurs lui avait laissé son numéro de téléphone. Mais c'était la faute de ce gosse. C'était Chris qui avait choisi ses vêtements, ne voulais pas que Stiles lui mette la honte avec son pantalon large et ses tee-shirts de "vieux".
Mais qui pouvait avoir honte en portant un tee-shirt Rolling Stone avec la fameuse langue rouge, Stiles le trouve cool. Chris en avait décidé autrement et Stiles exécuta.
S'arrêtant devant le bureau du proviseur, Stiles fit claquer ses chaussures de ville noire sur le sol. Il toqua et entra quand l'intendante lui indique qu'il le peut.
— Bonjour, je suis Stiles Stilinski, je viens voir le proviseur Parrish. Stiles sourit légèrement, Jordan Parrish, proviseur d'un des lycées de la ville qui engendraient des monstres, il trouve tout cela bizarre et étrange. Mais que peut-il y faire ? Valait mieux qu'il rencontre Jordan avant de voir les autres.
Il s'est souvenu du regard peiné du Hellbound quand il lui avait fait part de sa volonté de partir de la ville. Mais ne l'avait pas retenu. L'ancien adjoint du shérif lui avait souhaité bonne route en lui demandant de faire attention.
— Nous venons le voir pour la rentrée de mon fils, j'ai… Stiles s'immobilisa en ne voyant personne qui l'observait depuis l'encadrement de la porte du bureau du principal.
Cela devait être une mauvaise blague, pas encore, pas maintenant. Il n'était tout simplement pas prêt. Il comprenait mieux maintenant le frisson qu'il lui avait parcouru l'échine depuis son arrivée.
À ses cotes, il sentit Chris se tendre. Un léger grognement émergea de la gorge de son fils. Il était vrai que ça peut surprendre, la première rencontre avec une Banshee.
— Chris ? Le jeune homme se tourna vers lui en s'excusant. Ce n'est rien, ça va allez.
— C'est bon Madame Gamma, je m'occupe du reste. Stiles vit Lydia tourner son regard sur lui, impassible et froid. Vous pouvez aller boire un café, je m'occupe de tout et… Elle retourna son attention sur la jeune intendante. Fermez la porte derrière vous !
— Vous êtes sur Madame. Demanda légèrement inquiète la jeune femme.
Lydia lui fit un petit geste de la tête et la jeune femme partit sans demander son reste. Stiles put entendre la porte se fermé derrière lui. Il resta planté là, devant celle qui fut son premier amour et sa meilleure amie pendant de longues années. Elle s'avança vers lui, bras croisés sur sa poitrine, le regard vissé dans le sien. Aucune expression ne refléter son humeur, hormis le froid ibérique dans sa voix.
— Stiles Stilinski, petit enfoiré de médeux, Stiles s'était attendu à tout de la part de la Banshee. Tout sauf ça.
Une violente douleur se fit sentir dans sa mâchoire quand Lydia lui en mit une. Il resta stupéfait et interdit sous le geste. Mais il savait qu'il l'avait mérité d'une certaine façon. Il put effleurer du bout des doigts les fantômes des larmes et des pleurs qui avaient jonché sa vie après son départ. Il put entendre ses hurlements de colère et frustrations.
Stiles attrapa le bras de son fils à ses côtés, sentant que le jeune homme est à deux doigts d'attaquer celle qu'il considère comme son ennemi. Il savait que pour Chris, s'attaquer à Stiles est un acte de guerre. Après avoir perdu son père biologique, il ne pouvait concevoir de perdre Stiles ou même de le savoir blesser. Surtout, que le jeune homme était un Alpha né.
— Du calme Chris !
— Mais …
— Ce n'est rien, je l'ai mérité ! Stiles releva la tête et croise le regard blessé de Lydia. Il ne fit qu'un seul geste pour que la Banshee se retrouve dans ses bras et se mettre à sangloter.
Stiles referma ses bras sur la femme et la serra dans un câlin réconfortant. Il avait l'impression de retrouver sa place. Nombres de soirs ou Lydia avait dormi avec lui. Repoussant chacun les douloureux souvenirs d'êtres perdus. Se consolant l'un l'autre des pertes qu'ils avaient endurées. Alison. Aiden. Erica. Boyd. Et plus encore.
— Je suis désolé ! Bredouilla Stiles à l'oreille de Lydia. Il savait que cela serait plus dur avec Lydia. Elle ne l'avait pas abandonné, elle. C'est lui qui l'avait fait en pensant que c'était le mieux à faire pour tout le monde.
— Je peux vous laisser quelques minutes…
— Non, c'est bon ! Se reprit Lydia en sortant de la chaleur de ses bras. Venez dans mon bureau, je crois que des explications…
— Non Lydia ! Je suis venu pour rencontrer "Madame le proviseur", Chris rentre la semaine prochaine en classe et tu as dû recevoir tous les papiers administratifs pour son transfère. Je ne suis pas venu discuter, juste voir le proviseur. Maintenant, que c'est fait, nous…
— Tu comptes partir comme ça…
— Lydia ! Souffla Stiles, je ne serais pas là souvent de toutes la façon, je ne suis revenu ici seulement parce Chris m'y a obligé.
— Tu comptes laisser ton fils seul à la maison ? Stiles put entendre de l'indignation dans la voix de son ancienne amie.
Mais lui avait bien vécu seul pendant des années. Attendant son père toujours parti sur les scènes de crimes et qui ne rentrait que tard dans la nuit et reparte tôt le matin pour éviter de croiser son fils. Stiles trouvait qu'il s'en était plutôt bien sortit.
— Il ne sera jamais seul, je ne laisserai jamais mon fils seul. Claque Stiles d'un ton sec. JE. NE. SUIS. PAS. MON. PÈRE.
Sans un mot de plus, Stiles tourna le mécanisme de fermeture de la porte et l'ouvrit. Il se retourna et laissa son fils passé devant lui avant de sortir à son tour. Puis il referma la porte alors que Lydia s'assit sur un siège, vidé par tant d'émotions.
*-*
Du sang ! C'est bien du sang qu'il a sur les mains. Ce liquide poisseux qui sort d'un corps à ses pieds. Il sourit. Il est content de lui. Cela avait été très vite. Il a senti le cœur de son adversaire arrêter de battre entre ses doigts et la vie de son propriétaire s'échapper lentement de son corps tandis qu'il serait fortement le muscle entre ses doigts.
Il ferme les yeux et sort du corps du jeune homme qu'il vient de posséder et part en paix laissant le jeune homme s'effondrer au sol comme une poupée de chiffon, pleurant et hurlant sa peine et sa colère. Sa mission est accomplie, sa vengeance achevée. Il peut s'en retourner vers les abysses d'où il avait réussi à s'extraire le temps de quelques heures.
Il est content du carnage et de la souffrance qu'il procure l'espace que quelques minutes. Prenant la vie du père de celui qui avait réussi à l'enfermer à nouveau. Se tournant vers le jeune humain, il se mit à rire devant ses plaintes et sa souffrance. Il aurait pu s'en repaître et renaître, mais il ne veut plus. Il est heureux de son œuvre.
— Que vas-tu faire maintenant Stiles ? Demande la voix désincarnée du renard tandis que le jeune homme face à lui l'observe sans vraiment le voir. Encore un mort à cause de toi, crois-tu que tes amis te le pardonnent cette fois-ci ? Te pardonneras-tu d'avoir les mains Sali par le sang de ton défunt père ? Vas-tu vouloir vivre ? Où mourir ?
Le renard part, laissant Stiles à son destin. Seul, sans plus personne pour l'aider ou le soutenir.
Stiles se réveilla en sursaut, déchirant le silence de la nuit par ses hurlements de terreur. Son cœur battait à tout rompre, le faisant grimacer de douleur. Il posa ses mains sur son visage, effaçant les traces des larmes qui coulaient.
Mais il y en avait trop. Trop de larmes. Trop de morts. Trop de cauchemars. Cela faisait bien longtemps qu'il avait arrêté d'en faire. Et voilà que la première nuit qu'il faisait ici, ses doutes, ses peurs, ses fantômes venaient le hanter. Il s'assit sur le canapé-lit ou il avait pris ses quartiers de nuit, ne pouvant pas rentrer dans la chambre de son père, il ferma les yeux et tenta de reprendre sa respiration.
Il entendit une cavalcade de bruit dans les escaliers et aperçut les yeux rouge lumineux de Chris qui cherchait le danger. Tombant sur son regard, Stiles le vit expiré douloureusement. Chris connaît la vérité sur sa vie. Toutes les choses qu'il a faites par le passé, les morts qui jonchent le chemin de sa vie. Pourtant, il était toujours là.
Il aurait pu rester avec ses frères de meute, mais le jeune homme avait préféré rester avec lui. Quelques fois, Chris dormait avec lui pour le rassurer. Mais Stiles estimait qu'à son âge, il devait dormir dans son propre lit.
— Papa ? Stiles leva le regard son fils. L'inquiétude fit place aux remords du jeune homme. Il avait portant insisté hier soir pour que Stiles dorme avec lui. Mais l'humain avait refusé.
Stiles savait que les loups avaient un besoin de proximité, de contact et de chaleur. Et Chris, plus que les autres. Il ne restait que lui depuis la mort de Don. Et le jeune homme avait besoin de sentir la présence de Stiles souvent. Mais l'humain pensait qu'il était bon pour le loup d'avoir une certaine indépendance. Stiles savait qu'un jour Chris partirait se créer une meute. Il devrait prendre son autonomie et le laisser faire sa vie. Alors autant prendre les devants.
— Papa ?
— Oui, mon grand ?
— Tu ne veux pas dormir avec moi ? T'es sûr ?
Stiles n'était plus sûr de rien à présent. Il se sentait désemparé. Ses souvenirs se transformaient en cauchemars, jamais il n'avait rêvé de cette fameuse nuit. Jamais.
— Vient si tu veux… À peine ces paroles dites que Chris se trouvait à ses côtés.
Stiles ricana légèrement et se recoucha. Il sentit le loup hésitant. Stiles souleva un bras et laissa le loup passer sa tête pour la déposer doucement sur son torse. Il savait que Chris aime le doux bruit de son cœur quand il battait à rythme régulier. Il aimait aussi son odeur. Il était très tactile et ne pouvait s'empêcher de poser sa main sur son torse.
— Allez, on dort, demain, on doit encore ranger toutes affaires dans ta chambre et allez chercher tes fournitures scolaires…
— On ne va pas rencontrer l'alpha de la ville ? Stiles se tendit légèrement. Il savait que Chris avait raison, qu'il devait présenter son fils à l'alpha de la ville. Il n'avait pas revu Scott depuis 14 ans et appréhendait leurs retrouvailles.
— Si ! Demain, j'appellerai Deaton et je lui demanderais s'il est toujours là et on avisera ensuite.
— Ok ! Chris frotta sa joue contre le torse de Stiles et colla son corps au sien. Ils s'endormirent comme ça, enlacé et heureux.
*-*
Comment avaient-ils pu savoir ou Stiles se rendrait aujourd'hui ? Cela était un mystère pour Stiles. Pourtant, il ne s'était décidé qu'a la dernière minute. La clinique vétérinaire n'était qu'à deux minutes du supermarché où le père et le fils devaient aller faire leur course.
Pourtant, ils étaient bien là. Scott. Malia. Isaac. Lydia. Deaton. Il y avait même Peter.
Mais ce qui frappa voilement Stiles, ce fut ce regard. Ce regard bleu perçant qui le transperçait de part en part. Qui faisait remonter la douleur la plus vive de son esprit. Le sentiment de trahison lui broya le cœur. Malgré ça, il ne put s'empêcher de l'observer. Il était hypnotisé par ce regard qui lui avait tant manqué.
Derek Hale était face à lui. Combien de temps avait-il attendu ce jour. Combien d'années avaient-ils fallu pour qu'il arrive à peu près à l'oublier ? Combien de nuits, Don l'avait consolé ? Combien de larmes Don avait-il séché ? Combien de fois Stiles avait tenté de joindre Derek ? Sans succès. Découvrant un jour que ce dernier avait résilié son abonnement. Le laissant seul.
Pourtant, Stiles lui avait offert quelque chose qu'il n'avait plus donné à personne d'autre. Pourtant, le loup lui avait fait une promesse.
Mais le loup avait disparu la semaine suivante. Sans explications, sans un mot ou une lettre. Rien. Il avait juste laissé derrière lui, un sentiment de honte et d'humiliation. Un autre rejet.
Stiles fronça les sourcils. Voir cet Uniforme sur lui, lui est inconcevable. Il n'avait pas le droit. Il ne lui était pas destiné.
— Derek Hale ? Gronda Stiles. Quelle surprise de te voir… Vivant et portant l'uniforme de mon père. Tu as un sacré toupet ! Déjà pour te montrer devant moi aujourd'hui. Stiles ricana nerveusement devant le loup impassible. Il avait beau le trouvé toujours aussi beau en vieillissant. Il restait le même loup pour lui.
— C'est lui Derek Hale ? Demanda Chris immobile à ses côtés. Stiles savait qu'il n'osait pas bouger. Ils étaient beaucoup trop nombreux et s'il devait se battre, malgré son statut d'alpha, les autres n'en feraient qu'une bouchée.
— Oui, c'est lui !
— Je peux lui faire mordre la poussière si tu veux…
— Je te trouve bien insolent louveteau ! Grogna Derek à son encontre…
Stiles sentit sa colère monter. Comment ce loup déchu pouvait grogner sur son fils, il fit craquer son cou et à petite dose, libéra une fraction de ses pouvoirs, déclenchant chez Derek hale une alerte rouge. Stiles se mit à fredonner sous le regard ahuri de son ancienne meute. Il sourit. Il était fier de lui, il savait qu'ils avaient peur de ce qu'ils ne connaissaient pas. Et Stiles ? Ils ne le connaissaient plus.
Se sentant prêt, Stiles ouvrit les yeux et sourit malgré lui devant l'expression choqué de son ancienne meute. Ses yeux luirent d'un éclat violet. Il sentit Chris s'écarter de quelques pas. C'est à ce moment-là qu'il libéra une légère vague d'Énergie.
Il pouvait voir les loups plier l'échine légèrement. Il ne le quittait pas des yeux. Il les savait choqué ou perdu, mais il s'en moquait. Son regard fut attiré vers Deaton qui souffla par le nez. Stiles savait qu'il ne devait pas les utiliser. Cela fait 14 ans que Deaton les avait bridés à sa demande. Mais plus le temps avançait, plus le cristal réagissait de moins en moins, laissant sa malédiction prendre le dessus.
— Que …
— Rien qui te regarde Derek Hale, je suis simplement venu voir Deaton pour lui demander où se trouvait Scott mais je n'ai plus besoin de demander maintenant. Le regard de Stiles dévia sur quelqu'un qu'il aurait aimé ne jamais revoir de sa vie. Peter Hale et son sourire énigmatique figé sur le visage. Il devait à tout prix se méfier de cet homme.
— Je suis là, effectivement ! Stiles vit bien le tiraillement qui secoua son ancien frère, son ancien meilleur ami. Celui de courir pour le serrer dans ses bras et celui de savoir ce qui se passe.
— Voici mon fils ! Christopher Matthews Stilinski, Loup Alpha de 17 ans, il vit sous mon toit. Je venais te le présenter comme la règle le veut, c'est tout…
— La règle veux qu'il se soumette…
— Personne ne se soumettra, siffla Stiles en faisant un pas menaçant en avant. Ni à Scott, ni à toi ! Stiles se sentit chancelant, il ne devait pas se mettre en colère, il y avait déjà une fissure sur son pendentif, il ne…
Trop tard … Stiles libéra sans le vouloir une vague d'Énergie plus importante sous le coup de la colère frappant de plein fouet son ancienne meute qui chancelait douloureusement.
— Papa ? Cria Chris en le maintenant debout. Calme-toi s'il te plaît, s'il te plaît, le suppliait Chris terrifié.
Il vit Deaton murmurer quelque chose et Derek se tourna vers lui.
— Stiles ça…
— Je n'ai besoin de personne ! Siffla encore Stiles à l'encontre de la meute. Surtout pas vous !
Il avait beau se dire de rester calme, les voir devant lui, surtout Derek, faisait ressurgit une colère qu'il avait enfouie au plus profond de lui. Cette rage d'avoir été abandonné, d'avoir été volé, mais surtout celle d'avoir été trahi par l'homme qu'il avait aimé.
L'humain sentit un front se poser sur le sien et deux mains prendre son visage en coupe.
— Cale ta respiration sur la mienne. Chris avait peur et il le savait. Il avait fait une promesse qu'il devait tenir et qu'il tiendrait. Obtempérant, Stiles reprit peu à peu une respiration normale et calma son cœur. Il réussit à contenir ses pouvoirs et sa colère.
— Eh bien ! Ricana une voix qu'il avait espéré ne plus entendre de sa vie. Qui aurait cru que le petit Stilinski n'était plus un humain chétif et inutile. Stiles ouvrit les yeux et vit Peter s'approcher d'eux. Instinctivement, Stiles poussa Chris derrière lui et le maintenait. N'aie pas peur petit Stiles. Ses yeux s'illuminèrent d'un rouge sang.
— Alpha ?
— Et oui ! Sourit le loup en haussant les épaules. Beaucoup de choses se sont passé en 14 ans mon cher Stiles …
— Je veux bien te croire ! Cracha Stiles en lançant un regard à Derek qui ne le lâcher pas des yeux.
— Tu veux savoir la meilleure…
— Peter tais-toi ! Grogna Derek. Il avait l'air furieux et prêt à sauter sur Peter pour l'égorger… Tiens ça lui rappelait quelque chose.
— Je t'en prie Peter, éclaire ma lanterne, déclara Stiles de façon désinvolte, comme si plus rien ne pouvait le toucher. En ce qui concernait Derek tout du moins.
— Je suis grand tonton d'une petite louve qui se prénomme Tally, un amour…
Stiles ne l'écoutait déjà plus, il est loin, a des années-lumière Derek était papa. L'humain se doutait bien que Derek avait refait sa vie depuis le temps. Son cœur se serra brutalement, il avait mal, tellement mal. Pourtant, cette nuit magique, Derek lui avait dit des mots, des mots encore gravés dans sa mémoire. Des mots indélébiles qui avait et ont toujours un sens pour lui. Des mots qui avaient fait espérer Stiles pendant longtemps.
— Papa ? On peut toujours retourner à New-York si tu veux ? Stiles ne s'était même pas rendu compte que Chris l'avait contourné et pris dans ses bras. Ni même que ses larmes s'étaient mises à couler. Ni même que Lydia lui avait pris la main et la serrait doucement. Encore moi qu'Isaac était à ses cotes comme il l'avait toujours fait.
Peter toujours devant lui, avait une mine inquiète et tendue. Il avait l'air de réfléchir et ce n'était jamais bon quand Peter Hale réfléchissait, c'est signe de désastre ou de mort. À ses cotes, Scott avait l'air de ce forcé à rester à une certaine distance de lui.
C'est là qu'il la vit. Celle qui avait partagé sa vie un moment. Main dans la main avec Scott et…
— Enceinte ? Stiles malgré tout sourit à Malia qui lui rend. Un sourire franc pas timide comme d'autre. Il savait qu'elle n'était pas du genre à se formaliser des conventions.
— Six mois, chuchota Lydia à ses côtés.
— Tu es rayonnante Malia ! Complimenta Stiles sur la jeune femme future mère.
— Merci, tu n'es pas mal non plus ! Mais tu devras m'expliquer comment tu as eu un enfant…
— Plus tard peut-être…
— Tu vas rester ? N'est-ce pas ? La question de Malia resta sans réponse. Stiles baissa les yeux et recula. Il s'éloigna des personnes qui avaient fait partie de sa vie et de celles qui l'avaient détruite. Il se retourna et se dirigea vers sa voiture sans un mot, suivit de près par son fils.
Alors qu'il ouvra la portière, il s'immobilisa et se tourna vers Derek la tête baissée pour ne pas croiser son regard. Il avait une question lui aussi. Une qui tournait dans sa tête depuis quelques minutes.
— Quel âge ?
Il savait que Derek l'observait. Et il savait que Derek savait de quoi il parlait. Derek savait toujours.
— 14 ans dans quelques jours.
Et là, ce fut le coup de grâce ? Stiles ferma les yeux, retenant ses larmes autant que possible. Il se tourna vers Chris et lui lança les clés.
— Tu conduis ! Partons d'ici !
