Cette fois, ce sera la bonne. Oui définitivement la bonne.

Ezio Auditore da Firenze – et avec un nom à rallonge pareil, difficile de l'oublier – faisait les cent pas dans la cour devant l'atelier de son ami et… Ami de longue date, Léonardo da Vinci, artiste notoire et inventeur invétéré. Et très bon décodeur de pages codées.

D'ailleurs, c'était pour ça qu'Ezio était là, car dans sa sacoche se trouvait une page de ce fameux Codex que son oncle et son défunt père avaient commencé à décrypter, sans trop de résultat jusqu'à présent. Et depuis, le nombre de pages s'étaient accrues au fil des missions, si bien que le manuscrit de son ancêtre était presque entièrement rassemblé à la villa, épinglée sur l'un des murs du bureau. Plus que trois pages après celle-ci, et sa quête serait enfin terminée. Altaïr, son armure et ses énigmes commençaient d'ailleurs à le lasser… Avec ses objectifs de vengeance et les missions qui pleuvaient de toutes parts – Lorenzo et Antonio, pour ne citer qu'eux – retrouver les parchemins écornés de son ancêtre était un peu passé à la trappe, ou très vite expédié… Ce qui expliquait en partie le fait qu'il n'en ait réuni que vingt-sept pages en une dizaine d'années.

Voici donc, à la base, ce qui le poussait à rendre visite à Léonardo. Pourquoi n'entrait-il pas, dans ce cas ?

« Raaah, merda ! Je vais jamais y arriver… »

L'après midi était déjà avancé lorsqu'il avait décidé de passer voir le peintre en coup de vent – par mesure de sécurité - pour lui demander de traduire le manuscrit – ce qui prenait rarement plus d'une quinzaine de minutes, voire une heure quand le cryptage était complexe – et ça faisait quelques longues minutes qu'il tournait en rond non loin de la porte close de son atelier. Et il voulait entrer. Sérieusement. Seulement, parfois, il avait besoin de calmer un peu ses ardeurs avant d'entrer et de trouver Léonardo en train de ranger, peindre, ou dessiner, pour réprimer une très forte envie de lui bondir au cou pour l'embrasser sauvagement et poursuivre sur le tapis – ou la table, la nappe serait sans doute plus confortable – histoire que le grondement qui battait dans son corps, s'agitant comme un démon, s'arrête de brailler comme un tordu et de s'agiter comme le diable dès qu'il était dans la même pièce que Léonardo.

Tout ceci pour dire qu'Ezio préférait remettre de l'ordre dans ses idées avant d'entrer, surtout qu'à présent, un second problème venait s'ajouter à ses soucis de « il fait chaud, nan ? » Léonardo était un très bon ami – et si l'Assassin s'écoutait, il serait bien plus que ça – mais avec le peu de temps libre qu'il avait, le rencontrer deviendrait bien plus compliqué… Son métier ne lui permettait pas de s'établir ailleurs que dans la petite villa familiale de Toscane. Et il y rentrait pourtant si peu… Alors voir Léonardo qui habitait à présent à Venise, ça tiendrait bientôt de la fiction pure et dure. Et Ezio se disait ça à chaque fois qu'il allait voir le peintre, se promettant que cette fois, il cèderait à ses envies et avouerait ses sentiments à Léonardo. Enfin, ses sentiments… Ses désirs plus tôt… Parce qu'entre hommes et femmes, il ne faisait pas vraiment la différence, du moment que le morceau lui plaisait et que chacun des deux parti était décidé à prendre son pied, peu importe. Même s'il admettait volontiers que c'était plus souvent des femmes – aimer des hommes est relativement mal vu, alors faire l'amour avec…

« Bon… »

La nuit commençait quand même à tomber, et demain il devait être levé à l'aube, histoire de rejoindre le Palais de la Soie par les toits sans se faire agresser par des archers postés ici et là sur sa route qui auraient pu le ralentir et sonner l'alerte – une poursuite matinale, non merci, surtout quand on dort peu – alors Ezio tenta rapidement de se convaincre que c'était bon, que ce serait vite fini… Malheureusement. Le noble se fustigea et avança jusqu'à la porte, alors que la place devenait peu à peu déserte. Il prit une grande inspiration, son courage à deux mains, et alla frapper deux coups secs, comme à son habitude. Il ouvrit et trouva Léonardo dans la pièce, visiblement en train de ranger. Il enchaina sur ses habituelles paroles de salutation tandis que Léonardo s'approchait, un peu plus flegmatique que d'habitude, ce qui l'inquiéta un peu. Depuis quand Léo n'était-il pas intéressé par le Codex et ses secrets ?

« Tout va vraiment bien ? »

Oui, voir Léonardo si poussif et mou était décidément une vision très nouvelle et très inquiétante dont Ezio tentait de comprendre l'origine avec une certaine anxiété. Il planta son regard dans celui du peintre, trop bleu, si bleu… Pas tout à fait comme le ciel, mais presque comme le bleu dont Venise était si fière, quoique ses yeux à lui étaient trop clairs et lumineux. Peut-être comme l'eau de Venise alors ? D'ailleurs, à ce propos, Ezio songea sérieusement à emmener Léonardo faire un tour en gondole en sa compagnie, lui qui sortait si peu… Avec amertume, l'Assassin songea que ce serait là une maigre excuse pour se servir ainsi du peintre et le jeter après usage comme une fiole poison vide… Mais qu'y pouvait-il ? Lui adorerait que ce soit différent ! Pouvoir le voir chaque jour durant sans avoir à se soucier de débilités comme des femmes ou des meurtres sans importance en attendant de ferrer le bon poisson…

Poisson, eau. Voilà qu'on en revenait aux yeux du beau Léonardo. Il avait vraiment l'air fatigué et un peu perdu, ce qui donnait à son visage un air fragile et vulnérable, si bien qu'en cet instant Ezio n'avait qu'une seule envie : le réconforter, lui servir de confident, d'épaule même s'il savait que ça, ça resterait de l'ordre du fantasme. Mais le peintre détourna son regard bien trop vite, avant que le noble n'ait pu boire toute l'étendue de ses yeux couleur océan. Il semblait agité et rangeait légèrement son bureau déjà bien en ordre, signe de son trouble…. Puis il finit par relever les yeux vers lui avec un air légèrement coupable qui finit par faire sourire Ezio.

« Oui oui, tout va bien. Alors, qu'est-ce qui t'amène ? »

Oh non, ce n'était pas rien, mais le noble décida de ne pas l'embêter tout de suite avec cette histoire, et lui tendit le parchemin roulé dont Léonardo se saisit avec une certaine brusquerie qui n'était pas non plus à son habitude. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond. Etrange, ce n'était pas lui pourtant qui voulait à tout prix faire quelque chose d'assez gênant avant de décider de ne pas le faire, justement ? Et ce léger flottement était propice à ce genre de révélations, mais disons que le dos de Léonardo, caché par sa cape rouge, constituait une intéressante diversion dont Ezio se délecta avec ravissement, ses yeux glissant sur la silhouette fébrile et petite du peintre.

Il était juste parfait.

Mille fois mieux que les courtisanes de l'autre jour. La cape épousait son dos courbé avec légèreté, donnant des formes vagues à ses hanches et ses fesses, rendant son corps plus large et imposant qu'il ne l'était vraiment, car Léonardo était assez maigre, et Ezio le savait pour avoir partagé plusieurs accolades avec lui – une seule, en réalité. Son corps était frêle et petit, comme un trésor. Quelque chose qu'Ezio avait envie de garder jalousement et pour lui seul, sans jamais partager… Pourtant, c'était de loin celui qui en avait vu le moins. Que savait-il du peintre, au fond ? Qu'il peignait et que c'était un inventeur et un bricoleur génial qui avait su réparer la lame secrète ?

« Il y en a encore beaucoup ? »

La question lui coupa littéralement le souffle. Il aurait voulu répondre que non, que tout ça durerait aussi longtemps que Léo le souhaiterait. Pourtant non, ça se finirait un jour, malheureusement… Finalement, il se risqua à répondre par la vérité, conscient que le petit chiffre à annoncer ne serait pas du meilleur effet.

« Il m'en reste encore trois à trouver, après j'en aurais terminé avec cette quête… »

La réponse claqua dans l'air comme la question. Léonardo ne répondit pas, se contentant de décoder la page du Codex, tandis qu'Ezio cherchait un indice qui aurait pu lui donner l'état d'esprit du peintre. Enervé, en colère d'être ainsi traité comme un pinceau usagé ? Ou alors heureux que cet idiot qu'il était s'en aille sans un bruit, comme un bon assassin, et arrête enfin de l'importuner ? Mais rien, vraiment rien. Habituellement Léonardo était un hôte poli – et au-delà de ça, il s'énervait rarement contre les gens, car d'un naturel timide, ce qu'Ezio avait bien compris lors de leurs nombreuses rencontres – et ne se laissait pas aller à ignorer des invités.

Non, c'était autre chose, songea Ezio en s'approchant de son ami. Son côté impulsif lui ordonna pratiquement de retourner Léo et de l'embrasser fougueusement, histoire de sonder les sentiments de son ami, et ce peu importait son état d'esprit ou qu'il fut en colère pour des broutilles. Mais son côté joueur lui susurra quelque chose de bien plus alléchant : le tenter. Si Léonardo avait des problèmes ce n'était certainement pas dû à une connaissance extérieure, oh non… Le peintre sortait trop rarement pour ça. Mais c'était quelqu'un, sinon, il lui aurait parlé des quelques bêtises l'ennuyant dès sa première phrase… Et la façon dont le rouleau lui avait été arraché des mains titillait sa curiosité. Oh, et puis pourquoi ne pas tenter sa chance ? Il ne restait que trois pages ! Et peut-être qu'elles arriveraient toute en même temps dans le bureau de Léonardo, pour décryptage, après quoi tout serait définitivement enterré entre eux, s'il y avait un « eux »… Ezio décida donc d'un stratagème.

Lentement et d'une façon assez… Tendancieuse, il s'approcha de la table et s'assit à la frontière d'un des coudes de Léonardo, croisant les bras pour faire saillir davantage son col et donc ce qu'il savait être une arme fatale : son corps trop peu dévoilé. Parce qu'il faut bien que les vêtements servent à quelque chose, pas vrai ?

« Tu es vraiment bizarre, tu es sûr que tout va bien ? »

Garder le cap de la conversation, surtout. Pour qu'il ne se sente pas pris au piège et morde à l'hameçon, comme une pucelle qu'on attire avec de belles promesses… Sans lui dire qu'au final, ça fera assez mal. Ezio faillit ricaner en songeant à Cristina, la première qu'il l'avait tentée ainsi… La pauvre aristocrate s'était laissée prendre comme une… Comme une pucelle, tiens.

« Depuis qu'on a été poursuivi dans les montagnes, tu agis… Enfin, tu es très étrange »

Enlever sa capuche d'un mouvement étudié et surtout bien insister sur le fait que la balade aurait sans doute put tourner différemment… Et surtout, surtout, lui faire remarquer que son comportement a changé. Le piège était désormais en place. Si Léonardo était gêné et fuyait grâce à des mensonges, victoire. Sinon, Ezio le prenait sur la table ici et maintenant, et au diable les foutus principes et lois qui l'empêchaient de faire ce qu'il voulait… N'était-il pas Assassin, après tout ? Le profil clair et lisse de Léo eut l'affreuse idée de le distraire à ce moment précis. Ses cheveux d'un blond sombre encadrant son visage, son nez, sa peau blanche, ses yeux délavés, sa bouche fine et rose… Là encore, son côté impulsif vibra au son de cet appel vivant au viol, mais Ezio se retint. Pas question que son plan capote pour une stupide pulsion qu'il assouvirait au bout de la conversation quelqu'en soit le résultat.

« Non, tu te fais des idées, je t'assure ! »

Mais bien sûr, songea Ezio en mettant toute sa force de conviction dans son regard pour que le peintre lui avoue tout et cesse enfin ce regard juste divin qu'il arborait maintenant.

« Puisque je te dis que tout va bien, Ezio… »

Dieu ce qu'il aimait quand Léonardo prononçait son nom. Il vibrait dans sa bouche comme jamais il n'avait sonné entre les lèvres des femmes, et filtrait d'entre ses lèvres comme une chanson bien trop magnifique pour qu'Ezio la laisse disparaître de sa mémoire. Le peintre posa une main chaude et légèrement humide sur une partie de son épaule ou il n'avait pas d'armure, ce qui fit sourire intérieurement Ezio dont le plan marchait à merveille.

Perfecto.

Ezio savait reconnaître à quelques détails prêts si une femme était prête à l'accueillir dans son lit – bien que pour certaines, un baiser suffisait à les convaincre tandis que pour d'autre c'était leur métier. Les mains moites et un léger tremblement en faisait partie, cela indiquait au moins que Léo n'était pas insensible à sa présence, et Ezio songea avec ravissement que ce n'était qu'un début…

« Tu vois, ça ne va pas ! » Lança-t-il, amusé, à son ami qui semblait crouler sous un poids indicible.

Celui d'un désir qu'il croit non réciproque, songea l'Assassin avec un air joueur. « Allez, idiota, dis-moi donc ce qui te passe par la tête. »

Et évidemment, parler du problème comme existant ! En espérant que le peintre se confiera à lui… Mais Ezio doutait fortement que son timide ami ne se décide à soudain parler de sentiments et d'affaires personnelles, même à lui. Surtout s'il était concerné.

Léonardo quitta le parchemin issu du Codex et sembla étudier un instant la position qu'il allait prendre, avant de se décider à s'appuyer sur le bureau sans s'y asseoir. Ce petit détail idiot attira l'attention d'Ezio qui aurait adoré que le peintre se mette juste devant lui : il aurait alors décroisé les bras et se serait légèrement penché en arrière, s'appuyant sur ses bras pour tenir… Alors Léonardo aurait eu une splendide vue sur l'arc parfait que formait son corps de rêve – et là il se vantait à peine – le tout plongeant vers l'interdit le plus total qui soit… Léo aurait adoré. Il aurait juste suffit qu'il l'attire entre ses jambes, et alors là tout aurait été purement et simplement magnifique. Il l'aurait retenu d'une jambe et d'un bras autour de sa taille qui aurait retenu sans pitié son corps fragile, l'autre main retenant son visage pendant qui l'embrasserait avec une faim dévorante. Ensuite, son corps aurait lentement glisser contre celui de Léonardo, plus près encore, pour qu'Ezio puisse aller plus loin encore, et après il aurait arraché sa cape rouge, ses vêtements trop épais, ils auraient changé de place, lui entre les cuisses de Léonardo et lui, allongé sur la table, essoufflé de s'être trop débattu, sa peau blanche se soulevant au rythme de sa respiration saccadée qui aurait rendu l'Assassin encore plus fou. Son regard offert qui glisserait, suppliant, pour qu'il s'arrête mais qu'il continue quand même… Mais bon, ça serait pour plus tard, bien malheureusement. Ezio soupira intérieurement et décida d'enfoncer un peu plus le clou, histoire d'envoyer Léo dans ses retranchements, car celui-ci ne répondait pas.

« Léonardo ? »

D'où la certaine impatience dans sa voix lorsqu'il nomma le peintre. Généralement un prénom en appelait un autre, et comme le peintre chantait si bien son nom, pitié, qu'il se répète ! Pourtant un voile d'inquiètudes passa dans le regard d'Ezio. Et s'il s'était fourvoyé ? Si Léonardo avait vraiment des problèmes, de gros problèmes ? Quel égoïste il faisait de ne pas penser à son ami alors que pourtant, tout ce qu'il voulait, c'était son… Corps, oui, même si la santé physique passait par la santé mentale.

« Ah… »

Son air innocent et le fait qu'il évite délibérément son regard convainquit le noble qu'il y avait anguille sous roche… Léonardo poursuivit avec un air trop assuré pour quelqu'un d'aussi timide, aussi…

« Excuse-moi j'étais perdu dans mes pensées… Tu disais ? »

Et maintenant des mensonges.

« Léonardo. Ne joue pas à ça avec moi, tu sais très bien que ça ne marchera pas. »

Ce petit sourire en coin idiot et absolument horrible qu'il arborrait quand il lui racontait que son dernier mécène n'était pas du tout un noble pressé et rigoureux qui achetait ses toiles pour une bouchée de pain.

« Quand tu souris comme ça c'est que tu caches quelque chose. »

Autant prendre le taureau par les cornes et enchaîner avec une série de questions. Merda, quoi ! Si Léonardo ne pouvait pas lui dire quels étaient ses soucis, personne ne pourrait l'aider à les résoudre et les conséquences pourraient être graves… Comme pour la famille Auditore… Un soupir sonore et visiblement las tira Ezio de ses souvenirs et il se tourna vers l'objet de ses désirs les plus ardents – et les plus secrets.

« J'ai beaucoup de travail en ce moment, et j'ai pas mal de tableaux en retard, et j'aimerais avancer les plans de quelques machines dont j'ai eu l'idée… Mon Dieu, si seulement les journées pouvaient être plus longues, on ferait bien plus de choses, tu ne crois pas ? … Et donc, mes commanditaires sont un peu colère, tu vois ? » Fit Léonardo en reprenant un air plus timide.

Ezio eut un sourire ironique que Léo ne vit pas. Alors comme ça on apprend vite, hein ? Dommage pour toi, je suis trop malin pour tomber dans ton piège, songea l'Assassin avec assurance. Il enchaîna avec un contre magnifique, près à porter l'estocade dès le prochain assaut.

« Tu me mens » Souffla-t-il alors avec la voix la plus grave qu'il put.

Il n'avait pas pu s'en empêcher, et la réaction tremblotante de Léonardo le fit totalemet changer d'avis sur la gravité de ses prétendus problèmes… Changement dans l'ordre de priorités : d'abord sonder les sentiments de Léo, ensuite le prendre sur la table peu importe la réponse, après s'assurer qu'il n'avait effectivement aucun autre problème, et enfin traduire la page du Codex. Et après manger.

Mais Léonardo réagit assez vivement : il s'éloigna brutalement du bureau et se posta face à lui, visiblement énervé et très à cran. Serait-ce ma présence qui te rend si incertain, Léo ? Le frémissement agacé et le bleu fluctuant de ses yeux répondirent seuls à quel point leur prioritaire était dérouté par son agaçante proximité et sa chaleur. Oh, bien…

« Mais non ! Je tente de t'expliquer qu'un peintre a des soucis autres que ceux d'un Assassin ! Voilà ! »

. . .

Ezio se tendit soudain. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle ce fait. Certes, il était un meurtrier, mais plus par nécessité que par véritable envie. Pourtant, il avait pris goût à cette vie aventureuse et orchestrer la mort était devenu une véritable passion. Un art. Un art au service du bien, et sur ça il se devait insister : jamais pour le plaisir, par nécessité. Par vengeance, parce qu'en en tuant un, il en sauve peut-être mille.

Perdu dans ses réflexions, il n'entendit pas le peintre s'écrier phrases après phrases qu'il était désolé, et sa timidité naturelle qui reprenait le dessus alors qu'il essayait désespérément de se faire pardonner. Quelque part entre la mort de Francesco de Pazzi et Jaccopo, il n'y eut que l'appel de son nom pour lui faire relever la tête, mais pas de réponse.

« Ezio ? … »

Et lorsqu'enfin le noble reprit « conscience », Léo était en train de ranger avec une nervosité certaine un grand coffre en bois. Il l'appela une première fois, mais le peintre n'entendit probablement pas. Ou fit semblant de ne pas l'entendre. Minute. Pas de réponse ? Fuite vers un point éloigné de la pièce ?

Intéressant…

Un sourire pervers naquit sur les lèvres d'Ezio lorsque Léonardo se retourna et partit vers le coffre devant lequel il s'agenouilla pour mieux farfouiller.

Attraper ses mains, puis le relever, toujours face au mur… Ensuite, Ezio aurait viré le coffre de leur chemin pour plaquer le peintre contre le drap beige qui recouvrait la pierre. Léonardo aurait protesté, oh que oui, mais la haute statue d'Ezio aurait suffit à le coincer définitivement, tandis qu'une main s'occuperait de glisser le long du corps frêle et offert qui tremblerait contre lui… Il l'aurait déshabillé ensuite sans faire cas de ses protestations. Aaah, ce que ça aurait pu être drôle d'être le modèle de Léonardo pour une peinture, songea Ezio alors que son sourire grandissait. Une peinture avec des gens très déshabillés. Oh oui. Mais en attendant, bat les pulsions ! Léonardo était encore trop… Timide sans doute pour se dévoiler jusque là sans intenses protestations et de nombreux rougissements… Ezio en salivait presque d'avance. Ce serait amusant. Génialement excitant. Mais aussi terriblement frustrant. Parce qu'outre être un séducteur né, Ezio Auditore da Firenze n'était pas un modèle de patience… Surtout pour ce genre « d'affaires ».

Il s'approcha donc, dans le dos de Léonardo, et se posta juste derrière lui, posant une paume sur le mur tout en se penchant légèrement en avant pour mieux apercevoir ce qu'il faisait. Son ombre cachait la lumière provenant des quelques bougies allumées en plus du feu de cheminée, si bien que le peintre ne devait plus rien y voir… Et donc qu'il devinerait sa présence. Alors, un peu plus nerveusement et brutalement, Léonardo reprit sa fouille méticuleuse et tomba sur tout un tas d'objets dont Ezio ne comprit pas l'utilité au premier abord : des instruments de mesure, un compas assez étrange qui devenait avoir appartenu à une sorcière, une arme – à son grand étonnement – et divers papiers tout au fond auquel le peintre ne toucha pas. A la place, il mit la main sur la petite poupée de bois.

Ezio se souvenait parfaitement de ce jour qui avait suivi la course poursuite en calèche… Il avait traversé les marais entourant Forlì à cheval pour rejoindre la ville et trouvé un médecin, ses combats successifs l'ayant forcé à s'arrêter une heure ou deux. Puis il avait chevauché jusqu'à l'avant-poste vénitien d'où partaient plusieurs bateaux pour rallier Venise… Léonardo qui l'y attendait, sain et sauf, son regard barré d'une grande inquiétude, puis il l'avait longuement examiné du regard pour vérifier s'il n'avait aucune blessure grave… Et ensuite il avait sauvé cette noble pour s'assurer une place sur le bateau, parce qu'il y avait besoin d'une « invitation ». Il sentit son cœur se serrer à la pensée de toutes ces choses horribles qu'il avait dîtes à Léonardo ce jour-là, à bord du navire. Le fait que cette femme lui convenait, les mises en garde du peintre, leur discussion…

Ce qu'il pouvait être idiot parfois.

Les mains de Léonardo tremblèrent tandis que sa prise sur le pantin se resserrait. Ezio songea un instant à se pencher davantage, et son corps suivit naturellement le mouvement comme s'il allait coller son corps à celui du peintre. Il s'arrêta à temps, et seul son genou cogna légèrement dans le peintre. La caresse fut douce et agréable, mais attisa davantage le désir d'Ezio qui tentait de se résonner malgré sa très grande envie de faire cesser ce petit jeu d'une grande idiotie.

La table était définitivement une très bonne idée. A tester d'urgence.

« Retourne-toi, je vais pas te manger »

Vraiment d'urgence.

Léonardo se raidit soudain, comme très surpris et manqua de se tourner vers lui, relevant légèrement la tête et dévoilant… Ooooh ! Un air voilé et fiévreux, des yeux sombres mais incertains, comme s'il était confronté à un sacré dilemme. Mais ce qui attira le plus Ezio, se fut cette petite marque de morsure sur sa lèvre. Alors comme ça, on se censure ? Ezio faillit s'autoriser un geste victorieux mais se retint. Ce ne serait pas très gentil pour Léo. Et pas très noble non plus, de crier sa victoire comme un enfant qui gagne aux échecs. Mais Dieu ce qu'il en mourrait d'envie !

« A moins que tu veuilles que je le fasse… Léo… »

Là, Léonardo se retourna complètement et se releva complètement à la vitesse de la lumière, coincé entre un Ezio qui exultait et un mur recouvert d'un drap blanc qui se contentait de… De faire le drap et d'observer avec une sérénité exemplaire et un grand sang-froid ce qui passait devant lui. Sur lui. Contre lui. S'il avait eu une bouche il aurait hurlé. Parce que la main de l'italien dragueur numéro un, face au blond pas très italien numéro 2, avait saisi la nuque de ce dernier pour forcer un baiser vraiment très peu chaste. Tout sauf chaste. Pornographique.

Le lacet qui retenait les cheveux d'Ezio tomba au sol comme la longue cape rouge de Léonardo qui recouvrit le coffre et le pantin qu'il avait laissé trainer au sol en se relevant précipitamment. Trop fougueux, Ezio en avait déchiré l'attache et sa main droite continuait son exploration cherchant une brèche par laquelle entrer, histoire de passer outre les vêtements pour enfin toucher la peau blanche du peintre qui s'accrochait presque désespérément à ce rêve éveillé qu'il vivait enfin. Enfin ? Oooh, et merda, se dit en s'abonnant totalement à l'Assassin qui le retenait comme s'il allait tenter s'échapper. Lui avait ses bras passé autour du cou du jeune homme qui dévorait littéralement sa bouche au point que Léonardo en était contrait d'ouvrir davantage la bouche pour respirer, totalement grisé par ce baiser tombé du ciel, oubliant totalement qu'il avait un nez et donc comment s'en servir. De son côté, Ezio ne semblait pas en reste côté respiration, et son torse se soulevait à une vitesse assez affolante alors qu'il embrassait toujours plus ces lèvres si longtemps désirées.

Et il pouvait le dire, le rêve avait un goût de périmé à côté de la réalité. C'était mieux qu'une femme, timide mais ardent à la fois, violent et pourtant sous contrôle, c'était comme se droguer. Et Ezio en voulait toujours plus, même si c'était la première fois qu'il y goutait.

Mais dans l'optique de rester en vie pour savourer davantage et pleinement tous les plaisirs que Léonardo pouvait lui offrir, Ezio le laissa se détourner pour qu'il appuie son front contre son épaule, sa respiration anarchique et tremblante froissant le tissu léger de ses vêtements, ses cheveux blonds chatouillant la peau de son cou alors qu'il tentait de se calmer. Il lâcha la nuque de Léonardo et sa main rejoignit l'autre dans le dos du peintre pour le presser davantage contre lui. Mon Dieu, c'était juste divin. De sentir son odeur, de sentir son corps si serré contre lui alors que le battement chaotique de son cœur faisait écho au sien, incapable de se calmer. Embrasser Léonardo, c'était mille fois mieux que de courir sur les toits lors d'une poursuite, l'adrénaline faisant son œuvre. C'était mille fois mieux que toutes les femmes, courtisanes ou nobles, mûres ou jeunes, petites ou grandes. Elles ne tiendraient plus jamais la comparaison maintenant qu'il avait goûté à Léonardo. Et pourtant l'exploration était minime, mais trop grisante. Trop transcendante. Trop géniale. Un seul mot, Trop.

Léonardo se redressa, et leurs regards se croisèrent avant que ce ne soit le peintre qui fonde sur les lèvres d'Ezio, tenant son visage entre ses mains pâles dont l'une partait explorer la chevelure sombre de l'Assassin qui ne broncha pas et le laissa commencer la danse avant de s'y joindre avec fougue. Il amorça un pas en arrière, suivit par Léonardo qui ne semblait même pas surpris et se laissait mener sans aucune résistance, toujours totalement absorbé par leur baiser qui devenait de plus en plus effréné, à l'image des deux affamés qui se dévoraient l'un l'autre pour la seconde fois et qui ne seraient sans doute pas rassasié avant d'en avoir eu davantage.

La table cogna bientôt contre le bas du dos de Léonardo qui lâcha Ezio pour repousser les papiers et crayons bien rangés qui trainaient là, se hissant sur la table avec l'aide de l'Assassin qui le souleva et en profita pour passer ses mains non loin des fesses et des cuisses du peintre qui cessa le baiser pour lui infliger une légère tape sur les doigts. Ezio lui lança son sourire le plus charmeur et se glissa entre les jambes de Léonardo qui gémit légèrement lorsqu'ils entrèrent en contact… L'Assassin haussa un sourcil d'un air plus qu'équivoque et se pencha vers le peintre qui rougissait à vue d'œil, encore une fois essoufflé à cause de leur baiser.

« Ezio, tu ne vas pas… »

Comprenant où Léonardo voulait en venir, il se contenta cette fois d'un chaste baiser pour lui faire savoir son avis sur la question. Ils se contenteraient d'autre chose en attendant que l'interdit soit levé… Ou qu'ils décident de prendre ce droit sans en informer personne. Après tout, qui viendrait vérifier qu'un coureur de jupon à la réputation bien ancrée en Toscagne – et visiblement en Romagne – couche avec son meilleur ami, homme trop pris par ses arts pour trouver un quelconque intérêt à autre chose ? Et malgré cela, Ezio songea que non, il n'allait pas se priver de ce qu'on lui offrait si… Amicalement, puisqu'aux yeux du monde ça devrait rester ainsi. Mais ça ne le dérangeait pas. D'avoir l'exclusivité. D'être le seul. D'avoir un secret. Ça rendait l'interdit encore plus excitant à braver…

Ezio risqua un genou entre les cuisses de Léo pour grimper sur la table par-dessus de lui, prenant tout son temps en voyant que son ami semblait au bord du gouffre, ses yeux voilés par le désir. L'une de ses mains suivit la courbe de la mâchoire du peintre, passant jusqu'à ses lèvres pour glisser doucement jusqu'à son cou et défaire le col, agrafe par agrafe, bouton par bouton, enlevant la veste en chatouillant presque son propriétaire qui respirait non sans mal. Son sourire ne s'effaçait pas malgré la douce torture qu'il infligeait au peintre, qui grondait et gémissait, comme s'il hésitait entre le repousser pour qu'ils s'arrêtent là, ou alors le pousser pour qu'il aille plus loin, plus vite.

Ils s'embrassèrent de nouveau, la respiration anarchique, les lèvres gonflées, leurs cheveux ébouriffés par des mains pressées, les vêtements de Léonardo froissés, les morceaux de l'armure d'Ezio tombant à terre l'un après l'autre dans un lourd bruit de métal. Arrivé devant la chemise blanche et légèrement trop grande de Léonardo qui découvrait en partie une de ses épaules à la peau si pâle. Ezio y déposa un baiser et remonta lentement, aussi lentement qu'il le put, faisant durer le supplice, s'attardant au bord de sa joue alors que la main de Léonardo, dans ses cheveux, se faisait impérieuse, le poussant vers ses lèvres qui ne demandaient que celles de l'Assassin.

Le bal reprit alors et les dernières pièces d'armure tombèrent ainsi que l'épaisse ceinture d'Ezio qui semblait très distrait par le cou et la bouche si attirante de Léonardo, toujours en chemise, quoiqu'un peu – beaucoup même – débraillé par l'attitude dévorante de l'Assassin à son égard – dès que le tissu blanc bloquait son avancée, il tirait jusqu'à parfois déchirer le tissu pour y avoir accès, son bassin frottant contre celui de Léonardo qui n'en gémissait que plus, à sa grande joie. La table était à peine assez longue pour qu'ils y tiennent allongés et l'impétuosité d'Ezio manqua de les faire tomber, ce à quoi le concerné répondit par un léger rire rauque qui fit sourire Léonardo, qui se retenait aux bords de la table, ses doigts crispés sur le bois tandis qu'Ezio commençait à descendre, ouvrant la chemise blanche à deux mains, écartant les pans de celle-ci pour que les boutons cèdent et se détachent d'eux-mêmes.

Sa langue continua ainsi son avancée sur le torse blanc de Léonardo dont la respiration se faisait de plus en plus difficile, sa main droite toujours perdue dans les cheveux sombres de l'Assassin qui continuait sa descente horriblement lente vers le pantalon visiblement trop étroit du peintre.

« Ezio… »

Sa voix enfiévrée résonna à peine jusqu'aux oreilles de l'Assassin perdu dans les brumes de ses fantasmes les plus fous enfin réalisés – ou réalisables. Le corps arqué et tendu vers celui d'Ezio, il selanguissait, se sentant fondre sous la chaleur de la pièce alors qu'il avait eu froid quelques heures auparavant. Sa main quitta les cheveux détachés d'Ezio, désormais trop éloigné, pour venir se raccrocher à la table. Ses ongles s'enfoncèrent dans le bois, tandis que la langue chaude et humide d'Ezio continuait sa course un peu plus rapidement. Mais pas encore assez.

« Ezio ! » Gronda-t-il en sentant la bouche de celui-ci se détacher de sa peau.

Un ricanement agita le corps de l'Assassin qui prit ses aises, passant un coude de chaque côté des hanches de Léonardo, sa tête se posant au creux d'une de ses paumes alors que l'autre délaissait son pantalon avec une lenteur infinie, ses yeux d'un brun provocateur plongés dans ceux de Léonardo, en pleine déroute. Le peintre se sentit mourir devant ce regard d'animal affamé, d'intense désir qu'Ezio posait sur lui il en frissonna d'excitation, sentant son désir pulser davantage dans son sexe déjà érigé.

Joueur, Ezio prit tout son temps, ne quittant pas du regard Léo qui s'était redressé, suppliant du regard l'Assassin de s'activer un peu, ce que l'autre prenait avec indifférence et presque désinvolture, se contentant de darder un regard bien trop intense sur le peintre qui se sentit brûler de l'intérieur lorsque le regard d'Ezio continua sa route, s'attardant sur son corps, les marques qui lui faudrait cacher demain, descendant une nouvelle fois avec une lenteur horripilante qui fit de nouveau gronder Léonardo qui finit par se redresser complètement.

Assis, Ezio juste en face du point de chute, il sentit l'un des mains de celui-ci caresser son dos tandis que l'autre allait chercher la main de Léonardo, la plaçant d'autorité dans ses cheveux sombres avant d'enlacer les hanches du peintre le cœur de Léo eut un raté quand il constata que la dernière main libre pour le débarrasser de son pantalon était l'un des sienne. Un sourire en coin absolument orgasmique d'Ezio le lui confirma. Et il ne fallut pas longtemps à Léonardo pour poursuivre : sa main crispée sur le bord de la table s'en détacha, tremblante et agitée, se dirigea vers son pantalon dont le tissu – qui n'était plus retenu par les lacets – se distendait à cause de sa douloureuse érection. Ezio observait le tout avec une lueur enflammée dans le regard, ses yeux posés sur la main qui se rapprochait toujours plus, lente, sentencieuse, comme si Léonardo prenait un malin plaisir à le laisser délibérément patienter, la bouche déjà entrouverte, salivant d'avance. La main blanche se posa sur le ventre de Léonardo qui descendit, plongeant dans son pantalon en se mordant la lèvre pour retenir un gémissement alors que son sexe tendu émergeait du tissu qu'Ezio faisait glisser de ses fesses pour le lui retirer complètement. Tremblant, Léonardo tenait toujours son pénis en main, se demandant si au final, il n'allait pas finir par s'en occuper lui-même vu le malin plaisir qu'Ezio prenait à le faire attendre, puisque ce dernier s'était redressé pour faire glisser sa veste de ses épaules, dévoilant son corps à la peau mate bardée de cicatrices blanches à un Léonardo assailli par la chaleur.

Ezio se repositionna comme précédemment, passant un de ses bras autour des hanches de Léonardo et approchant sa bouche si tentatrice du sexe gonflé juste devant lui. Le contact brûlant de leurs deux peaux à nus les firent frissonner tandis qu'Ezio éloignait la main de Léonardo et la replaçant dans ses cheveux.

« Pas touche, c'est à moi ça… »

Puis sa bouche chaude et humide s'ouvrit pour accueillir le sexe de Léonardo qui ne put retenir un long gémissement de contentement. Excité, il se saisit presque violement des cheveux des Ezio tant les vagues de plaisir étaient intenses à chaque coup de langue, à chacun de ses légers mordillements, à chaque va-et-vient, et le peintre en perdait complètement la raison, happé par une foule de sensations qui lui arrachaient cri sur cri, gémissements sur gémissements, alors que les lèvres d'Ezio continuaient leur œuvre si diaboliquement grisante.

Lorsque Léonardo jouit enfin, tremblant, essoufflé et encore pantelant d'avoir ainsi goûté à telles sensations, il se laissa tomber en arrière, lâchant les cheveux d'Ezio, reprenant son souffle, en sueur, sentant avec délectation la langue humide et chaude d'Ezio remonter depuis son sexe jusqu'à son cou avec paresse, jusqu'à ce qu'il soit complètement au dessus de lui, ses beaux cheveux noirs emmêlés et quelques gouttes de sueur perlant sur son front, se léchant les lèvres, satisfait, son regard encore voilé par la luxure et l'envie. Puis il embrassa, encore, Léonardo qui manqua de s'étouffer mais joua quand même, bien qu'épuisé, alors que le corps lourd d'Ezio prenait place sur le sien, lui prodiguant sa chaleur et sa prote-


Desmond se réveilla en sursaut, sortant difficilement de l'Animus 2.0 après quelques heures de voyage intensif dans le temps, trouvant seulement Lucy dans la salle de l'étage, qui lui apprit qu'ils étaient dans le hangar pour renforcer la sécurité. Déboussolé, l'Assassin s'assit difficilement en se passant une main lasse dans les cheveux.

« Desmond, ça va ? Tu es tout pâle… » S'enquit Lucy en s'approchant du siège.

Perdu, le jeune homme regarda la blonde qui lui souriait gentiment, un air inquiet sur le visage.

« Ouais, ouais… »

« Tu es sûr ? »

« Oui mais je préfère rester assis. A ton avis ? » Lança-t-il d'une voix fatiguée mais d'où pointait son habituel ton sarcastique que Shaun exécrait.

« Oh. Alors tu… Ils… »

« Ouais. »

« Alors c'était vrai ? »

« Non, mon esprit tordu a tout inventé pour vous faire flipper. Et vomir. »

« Oh… Dans ce cas tout va bien… ? »

« Absolument. Je viens de découvrir qu'Ezio était gay tout comme Léonard de Vinci et qu'ils ont fait quelques travaux pratiques dans son atelier. Ah, et je sais aussi que faire une fellation n'est pas aussi salissant qu'on le pense et même plutôt agréable. Et je crois que je flippe un peu de retourner dans l'Animus, parce que visiblement ils ont prévu de remettre ça. Mais sinon tout va très bien. »

Un léger sourire planait sur ses lèvres et l'air rêveur, il partit vers le lit, histoire de se faire une petite sieste. Blême, Lucy s'en alla, se dirigeant d'un pas mécanique vers le hangar, pour sortir prendre l'air, croisant au passage une Rebecca inquiète qui lui demanda ce qu'elle avait.

Son cri résonna longtemps dans le hangar.

« OH MON DIEU ! »