Titre : Bring me to Life
Rated : M
Type/Genre : AU (Alternative Universe) et yaoi.
Disclaimer : Hiei et Kurama appartiennent à Togashi Yoshihiro, Matsutaro et Hiromushi Murakami, leurs deux fils Gunbei et Gidayu, et les autres personnages extérieurs à YYH m'appartiennent ! Mouahahahahaaaa !
Note de l'auteur : Ça y est ! La fic grandit ! Je sais que je l'ai dit dans le premier chapitre mais je tiens quand même à vous remercier de m'avoir encouragé à poursuivre ma fic. Pardon encore pour cet énorme hiatus. J'espère que ce chapitre 2 aidera à me faire pardonner *-*
Le titre « Mushiyori matsuri » signifie tout simplement la fête de Mushiyori.
Chapitre 2 :
Mushiyori matsuri
Les élèves écoutaient d'une oreille distraite leur professeur de français. Ils avaient autre chose de bien plus intéressant en tête : le week-end prochain avait lieu la Mushiyori matsuri et ils avaient tous hâte de s'y rendre. Les stands et les activités, de même que les manèges ou encore les artistes de rue et bien sûr l'inévitable défilé attiraient toujours beaucoup de monde.
« Toi aussi tu y vas ? demandait l'un.
―Évidemment ! Qui va rater ça ? » renchérissait un autre.
De son côté, Hiei mâchonnait pensivement le bout de son stylo. La fête en elle-même ne l'intéressait pas particulièrement et de toute manière, il n'aura jamais le droit d'y aller. Par contre, ce qui lui plairait, ce serait de s'ajouter aux nombreux portraitistes et peintres qui viennent pour l'occasion s'installer sur la grande place au nord des stands. La ville les autorise exceptionnellement à se poster sur le périmètre de cette place avec leurs propres tarifs, sans restriction. Pour Hiei, ce serait une occasion rêvée de se faire un peu d'argent de poche.
« Ceci dit, ce n'est pas en présentant comme ça que je vais attirer le chaland... » se dit-il en jetant un coup d'œil à ses vêtements.
Il soupira et se mit à dessiner sur un coin de son sujet de rédaction. À côté de lui, Kurama discutait avec Keiko Yukimura, la petite amie de Yusuke Urameshi, un petit voyou abonné au toit de Sarayashiki plutôt qu'à son siège de cours, au sujet de la fête. Après avoir décliné son offre de les accompagner, Yusuke et elle, il se tourna vers Hiei et lui sourit.
« Tu rêvasses ?
― Hn. Je m'ennuie. »
Il terminait distraitement un petit cheval au galop. Depuis qu'il connaissait Kurama, c'était le motif qui revenait le plus souvent, probablement à cause du kanji uma du cheval dans le nom du rouquin. Il en dessinait un à chaque fois qu'il pensait au jeune homme et ses feuilles en étaient constellées. Il finit par poser son stylo.
« Tu comptes y aller ?
― À la fête de la ville ?
― Oui.
― Je pense que oui. Ma mère et mon beau-père veulent y aller, comme nous ne connaissons pas, ce serait effectivement une bonne idée. Shuichi en parle déjà à longueur de journée depuis deux semaines, rit-il d'un air accablé.
― Vous avez raison d'y aller, c'est quelque chose qu'il faut voir au moins une fois. Essayez de ne pas manquer le défilé de chars, ils les ressortent chaque année. C'est assez impressionnant et c'est l'évènement que tout le monde attend en se rendant à la fête. »
Kurama hocha la tête.
« J'en ai beaucoup entendu parlé mais je serai curieux de savoir à quoi cela ressemble.
― C'est pas mal. Ils représentent principalement des kami.
― Ça m'a l'air intéressant ! Et toi, tu penses pouvoir y aller ? » risqua-t-il.
Depuis leur rencontre, il avait eu l'occasion de découvrir l'oncle et la tante de Hiei à bonne distance et avait une plus claire idée du genre de spécimens dont il s'agissait. Son ami haussa les épaules.
« Je vais essayer. Cela dépendra de leur programme du week-end.
― Ils n'ont qu'à fiche le camp ! » siffla le roux.
Hiei hocha la tête avec un sourire.
« En voilà une bonne idée !
― Silence, messieurs Saitô et Minamino ! Mademoiselle Yukimura ! Cette rédaction est à faire seul. Pas avec son voisin d'à côté ou de devant ! » intervint madame Royer.
Elle lança un regard noir aux jeunes hommes et à Keiko qui allait refaire une tentative auprès de Kurama. Ils se replongèrent dans leur sujet de français, non sans une certaine nonchalance.
Quand enfin la sonnerie retentit, elle fut accueillie par une vague de soupirs de soulagement qui se propagea dans tout Sarayashiki jusqu'à Yusuke qui était passablement vautré sur le toit. Il séchait peut-être les cours, mais il allait quand même à l'école. Pour fumer sur le toit du bâtiment principal. Les bras derrière la tête, il grommela.
« C'est pas trop tôt. J'ai cru que ce cours ne finirait jamais. »
Il fut brutalement ramené à la réalité par la porte qui s'ouvrit à la volée sur le principal. Il posa un regard courroucé sur le jeune homme qui se levait lourdement.
« Monsieur Urameshi ! Vous séchez encore les cours ! Et vous fumez par dessus le marché ! Éteignez-moi ça sur le champ ! »
Le pauvre bougre était aussi violacé qu'une bonne aubergine. Yusuke tira une dernière bouffée sur sa cigarette puis l'écrasa d'un pied, les mains dans les poches. Excédé, le principal désigna la porte.
« Descendez ! Je vous reprends encore une fois à ce genre de bêtises et je vous consigne ici pour tout le week-end ! »
Yusuke ouvrit de grands yeux.
« Quoi ? Mais non !
― Si jeune homme, les heures de retenues sont applicables le samedi et les heures de travaux d'intérêt général le sont le dimanche aussi. Je n'ai pas vraiment envie de vous faire manquer la fête de Mushiyori, alors évitez de m'y forcer. Veuillez descendre ! »
Il ouvrit davantage la porte et le jeune homme à l'uniforme vert descendit l'escalier en colimaçon. En bas, il s'arrêta avec l'envie de lancer une pique mais Keiko apparu dans l'embrasure de la porte du quatrième étage.
« Yusuke ! Je t'ai cherché partout ! Et tu étais encore sur le toit !
― Mademoiselle Yukimura, intervint le principal, vous devriez éviter de traîner avec ce genre d'énergumènes, vous qui êtes si sérieuse et appliquée. »
Il poursuivit sa descente après un regard réprobateur, suivit des yeux par les jeunes gens.
« Il n'a pas tort, Yusuke. Tu ne devrais pas sécher les cours ! Je ne serais pas toujours là pour t'aider à les rattraper ! J'ai mes propres devoirs à faire. »
Peu concerné par son avenir scolaire, il haussa les épaules. Son but dans la vie n'était pas de devenir un haut fonctionnaire ou une autre « stupiderie du genre », comme il aimait le dire. Au grand damne de sa petite amie. Lassée, la brune soupira. Ce n'était pas la peine d'insister avec lui.
« Tu viens avec moi à la Mushiyori matsuri ?
― Bien sûr. Je crois que Kuwabara et sa sœur viendront aussi. »
Keiko hocha la tête. Kuwabara Kazuma, le meilleur ami de Yusuke, si il avait aussi un penchant pour la bagarre, était tout de même beaucoup plus studieux qu'Urameshi. Sa sœur Shizuru, de trois ans son aînée, était une bonne amie de la jeune fille, même si c'était elle qui avait initié Yusuke à la cigarette.
« Tu veux que je te raccompagne ? »
Elle hocha la tête. Il était dix-neuf heures et il ne faisait pas bon traîner dans les ruelles de Mushiyori passé cinq heures. Surtout si on était une fille seule. Ils descendirent dans la cour où les attendait Kuwabara. En traversant, Keiko aperçu Hiei et Kurama qui partaient ensemble vers le parc. Elle sourit à cette vue. Depuis l'arrivée du jeune homme, Hiei était moins morose et il semblerait que cette fois, il s'était réellement fait un ami. Elle ne connaissait pas vraiment Saitô mais savait que sa situation familière était particulière.
Kurama effleura le bras de Hiei qui zyeutait vers le petit groupe. Il n'appréciait pas trop Kuwabara, sans vraiment savoir pourquoi. La caresse du roux le ramena à la réalité. Il l'interrogea du regard.
« Je t'offre un verre ? »
Après avoir vérifié dans un coin de sa mémoire les horaires de Gunbei, le brun hocha la tête.
« Avec plaisir.
― Viens. »
Kurama sourit et se dirigea vers leur bar-restaurant préféré, le Kintaro. Ces dernières semaines, ils avaient pris l'habitude de se retrouver dans ce genre d'endroits, rien qu'eux deux, et Kurama s'était rendu compte qu'il s'attachait beaucoup à Hiei. Plus qu'il ne l'avait prévu.
Quand son ami arrivait avec de nouveaux bleus, il sentait de brusques envies meurtrières monter en lui. Comment Hiei, avec sa musculature, pouvait-il se laisser faire ? En effet, le jeune homme, pour mieux encaisser les coups qu'il s'était accoutumé à recevoir, avait multiplié les exercices physiques pour se forger un corps suffisamment robuste. Le roux se souvint alors de la loi. Que pouvaient-ils faire contre elle ? Hiei n'était pas majeur et personne hormis Kurama et monsieur Misami ne semblait s'intéresser à son cas. À cette pensée, il eut un pincement au cœur. Se tournant vers son ami qui s'asseyait, il sourit tendrement.
« Hn ? »
Hiei n'aimait pas particulièrement être fixé, même si c'était quelqu'un qu'il appréciait. Kurama revint sur Terre.
« Tu veux manger quelque chose ? »
Les yeux rouges se fermèrent et il secoua la tête. Il en avait assez de vivre aux dépends de son ami qui ne roulait pas non plus sur l'or.
« Non. Merci.
― Moi j'ai faim, renchérit le roux. On prend un petit plat pour deux ? »
Sentant son estomac se tordre d'être trop vide, Saitô finit par accepter. Leur plat arriva peu de temps après leurs boissons. Ils ne parlèrent pas beaucoup. À vrai dire, ils ne parlaient jamais beaucoup dans ce genre de situations, mais ils n'en avaient pas besoin. Un passant qui traverse, un objet, un rien suffisait à ce qu'ils échangent un regard entendu et se comprennent. Les mots étaient superflus.
Quand il rentra le soir, la bonne humeur de Hiei partit en fumée lorsqu'il eut la désagréable surprise d'apprendre que Gunbei avait finit plus tôt parce que le cher enfant fragile qu'il était s'était senti mal. Sa propre arrivée à vingt heures était inacceptable. À l'instant même ou sa main avait fini de tourner la poignée de la porte d'entrée, Matsutaro l'avait brusquement ouverte. Il l'avait toisé du haut de son mètre quatre-vingt-dix, le visage tordu de colère, puis l'avait sommé d'entrer. Il ne l'attrapait jamais à l'extérieur. Pas sous les yeux des voisins. Dès que la porte fut refermée, il saisi le jeune homme par le col et le souleva de terre en vociférant.
« T'AS VU L'HEURE ? MAIS OÙ EST-CE QUE TU TE CROIS ? »
Pour éviter les postillons, Hiei tourna la tête, écœuré. Il n'avait pas envie de répondre. Il avait perdu l'envie de se battre depuis des années. Murakami le balança dans le couloir où Hiei s'étala de tout son long. Il bondit sur ses pieds et ramassa son sac juste avant de se faire plaquer contre le mur de l'escalier.
« Tu as de la chance que j'aie autre chose à faire... C'est la dernière fois que je ferme les yeux sur ton comportement ! »
Il appuya une dernière fois assez brutalement sur le torse du jeune homme qui s'abstint de tout commentaire et le lâcha enfin pour rejoindre le chevet de son fils qui faisait montre d'un talent d'acteur insoupçonné. Hiei s'exila dans son placard qu'il verrouilla pour être tranquille. Il s'assit en tailleur dans le coin le plus large et sortit son meilleur moyen d'évasion : un petit mais épais cahier à spirales qu'il emportait partout et son crayon. Il feuilleta les vieux croquis. Son humeur devint meilleure en voyant défiler les chevaux. Au bout de quelques pages, une plaque de photomaton tomba. Il sourit en la ramassant. Quelques jours plus tôt, Kurama était parvenu à le traîner dans un de ces engins dans le centre commercial et ils avaient gardé chacun un tirage. Sur ces photos, il avait l'air mieux qu'il ne l'était en réalité. Les vêtements n'étaient que peu visibles et on ne voyait aucun de ses bleus.
Au bout de quelques minutes, il entendit Matsutaro et Hiromushi passer près du garage en discutant.
« Il n'a qu'à rester à la maison jusqu'à ce week-end. De toute façon, après on part à Shirahama. ― Tu lui a fait le mot ?
― Oui, je m'en suis occupé.
― Très bien. Je vais appeler l'école pour leur dire qu'il restera au lit.
― Et qu'est-ce qu'on fait de lui ? »
Les oreilles de Hiei sifflèrent. Excellente question, qu'allaient-ils bien pouvoir faire de lui ? Le laisser seul ici était exclu, ils n'avaient aucune confiance en lui. Ils n'avaient légalement pas le droit de le laisser dehors... Alors il ne restait qu'une possibilité.
« Je donnerais les clefs à Midori, répondit Hiromushi. Elle connaît cette maison dans ses moindres recoins, elle devra s'assurer qu'il se tient tranquille. »
Dans son placard, Hiei qui jusqu'à présent retenait son souffle, laissa échapper un soupir de soulagement. Midori était la femme de ménage des Murakami. Il ne l'aimait pas particulièrement mais elle n'était pas comme eux. Si elle croyait que Hiei occupait la chambre d'amis et que son placard était continuellement fermé à clef et interdit d'accès, elle ne considérait pas le brun de la même manière que sa propre famille. C'était une chance pour lui que la sœur de sa tante soit elle aussi en vacances parce que si ça avait été elle qui avait gardé les clefs, il y aurait eu de fortes chances pour que cela finisse très mal. Cette femme était une véritable harpie. Elle était bien capable d'enfermer Hiei dans le placard ou de se frapper elle-même pour qu'il ait des problèmes.
Il sursauta quand son oncle tambourina à sa porte.
« Sors de là ! »
Obéissant, il ouvrit la porte et la referma derrière lui, histoire de s'assurer que Matsutaro n'allait pas jeter un coup d'œil inopportun dans le seul endroit qui était réellement à lui.
« D'abord, ne t'avises plus jamais ce genre de retards. » le menaça son oncle.
Hiei hocha à peine la tête sans dire un mot.
« Ensuite, poursuivit-il, vendredi soir, nous partons pour Shirahama. Midori gardera la maison. Je t'interdit de l'ennuyer ! Est-ce bien clair ?
― Très clair. »
Le géant renifla à la manière d'un taureau puis repris :
« Si j'apprends que tu t'es mal conduit, je serai obligé de sévir ! »
Hiei retint un ricanement. « Obligé de sévir » ! Comme si le fait de s'emporter contre lui était un calvaire ! C'était le monde à l'envers. Le jeune homme excédé ne répondit pas.
« Et changes de comportement ! Quand on te parles, tu ne tourne pas la tête, et tu réponds ! Allez ! »
Il désigna la salle de bain. Hiei était toujours le dernier à y avoir accès et ne récoltait généralement que l'eau froide mais cela l'aidait à dormir en détendant son corps ankylosé. Il s'exécuta après avoir pris d'autres vêtements sur un tas dans un coin de sa pseudo-pièce en prenant soin de la refermer à clef en sortant. Ça au moins, il était sûr d'être le seul à en avoir une ! Il prit rapidement sa douche en frissonnant sous les goûtes glacées. En passant le gel douche sur les bleus, il se mit à réfléchir à plein de choses. Au fait qu'apparemment, il allait pouvoir se rendre à la Mushiyori matsuri et gagner un peu d'argent. Au fait qu'il s'entendait de mieux en mieux avec Kurama. Au fait qu'il aimerait pouvoir attendre davantage de cette relation. Il suspendit son geste à cette pensée. Déjà qu'il était dans une situation familiale plus qu'étrange, voilà qu'il avait des pensées gay ! Il grimaça puis laissa son regard se perdre dans les gouttelettes sur le carrelage bleu de la douche. Après tout, une bizarrerie de plus ou de moins... Qu'est-ce que ça changerait ? Il sourit. Oui, il aimerait avoir plus de Kurama. Le connaître différemment. Et pas seulement parce qu'il avait serré sa main quelques semaines plus tôt ou qu'il l'effleurait parfois par inadvertance. Mais était-ce réellement par inadvertance ? Hiei espérait que non. Il coupa l'eau et épongea son visage avec la serviette.
Après s'être séché et rhabillé, il passa l'aspirateur et fit encore deux trois petites choses, Hiromushi ayant tout de même fini par préparer un repas puisque Hiei ne rentrait pas. Ces choses faites, il partit se coucher. La porte soigneusement verrouillée, il alluma la petite lampe qui pendait du plafond et sortit le dernier livre qu'il avait emprunté à la bibliothèque de l'école : Sphère, de Michael Crichton. Hiei aimait beaucoup la science-fiction et avait une forte préférence pour cet auteur et sa façon d'écrire. Après le dessin, la lecture était ce qui l'emmenait le plus loin.
Les deux jours suivants étaient parmi les plus longs que Hiei ait connu. Sachant que les Murakami partaient le soir du vendredi et n'étant pas de nature particulièrement patiente, il devenait fou d'attendre. Son comportement s'en ressentait fortement. Même Kurama eut droit à des piques de mauvaise humeur.
« Hiei ! Ça ne va pas ? s'étonna Kurama.
― Hn. »
Surpris, le roux pencha la tête sur le côté pour chercher le regard de Hiei qui avait baissé la tête.
« Dis-moi... »
Le ton suppliant et le regard doux lui tirèrent les vers du nez. Surpris d'entendre une bonne nouvelle, Kurama ne put retenir un rire. Hiei s'offusqua.
« Pourquoi tu te marres ?!
― Excuse-moi mais... C'est une super nouvelle ! alors pourquoi es-tu si désagréable ?
― Hn ! »
Kurama leva les yeux au ciel. Il commençait doucement à s'habituer à la personnalité complexe du jeune homme aux yeux rouges.
« Hiei !
― Mais c'est long jusqu'à vendredi !
― C'est demain !
― Justement !
― Allons Hiei ! Ça viendra vite. Ils partent combien de temps ? »
Les sourcils froncés, le brun répondit :
« Sept jours.
― Mais c'est génial ! »
Enfin, son ami se décrispa et hocha la tête. Le roux posa la question qui l'inquiétait le plus :
« Que vas-tu faire pendant ces sept jours ?
― Je sais pas. Ils laissent les clefs à la femme de ménage et elle n'est pas vraiment de la même trempe. Généralement, elle me laisse tranquille. Quand elle travaille tard elle me fait aussi à manger parfois. Je pourrais donc faire ce que je veux. »
Kurama sourit. Enfin une semaine de répit pour son camarade.
« Tu viens à la fête alors ?
― Oui. J'y serai les deux jours.
― Tu veux venir avec nous ? demanda Kurama. Il y aura ma mère, mon beau-père et mon beau-frère mais ils sont biens.
― Je n'en doute pas, mais non, merci. »
Devant l'air sincèrement déçu du rouquin, le brun se justifia.
« Je pensais aller voir si je pouvais me faire un peu d'argent de poche. J'ai déjà quelques petites idées en tête. »
Soulagé mais toujours déçu, Minamino hocha la tête.
« Tu as raison. J'espère qu'on se verra quand même...
― Bien sûr. »
Le visage habituellement ferme et froid de Hiei s'éclaira d'un gentil sourire. Fait toujours rare mais plus si unique. Kurama senti monter en lui une brusque envie de voler un baiser aux lèvres dorées qui avaient l'air si tendres. Il se ressaisit in extremis et se contenta de lui rendre son sourire sans savoir si Hiei avait senti son malaise.
La sonnerie les appela pour le cours de SVT. Ils montèrent sans conviction au deuxième étage et regagnèrent leurs places. Monsieur Misami leur rendit leur dernier devoir sur table avec une drôle de tête. Cette année, le niveau de la classe était particulièrement hétérogène. Trois extraterrestres gravitaient autour du 18, quatre paumés erraient près du 14 et la grande majorité rampait autour du 6. En déposant la dernière copie, le professeur Misami soupira.
« Bien. Je ne vous cache pas que ce n'est pas très glorieux... Il va falloir concentrer vos efforts pour progresser, la moyenne de la classe est de 9.2 et je n'ai pas besoin de vous dire que c'est insuffisant, surtout pour une série scientifique... »
Il fit une pause pour parcourir ses élèves du regard. L'un d'eux posa sa tête sur ses mains, la plupart des autres avaient un air paniqué sur le visage.
« Donc pour vous aider à améliorer votre niveau de SVT et de mathématiques mais aussi de physique-chimie, mes collègues et moi-mêmes nous sommes mis d'accord pour mettre en place des cours supplémentaires de soutien. Ils auront lieu le mardi de treize heures à quatorze heures pour mon cours et celui de Physique-Chimie en alternance une semaine sur deux et le jeudi au même horaires pour les maths. »
Une rumeur agita rapidement les élèves, guère contents de sacrifier une heure de leur pause de midi pour travailler. Misami agita la main.
« Silence. Je me doute que cela ne vous enchante pas, mais notre but est que vous réussissiez vos examens, or, vu votre niveau actuel, ce n'est pas gagné. Je vous recommande de faire un effort pour améliorer votre moyenne. Ces heures sont obligatoires pour les élèves ayant une moyenne inférieure ou égale à dix. Les autres peuvent venir demander conseil ou aider leurs camarades mais ne sont pas tenus d'y assister. »
Ces derniers mots s'adressaient particulièrement à Keiko, Hiei et Kurama, les trois « extraterrestres ». Kurama hocha la tête. Dans sa précédente école, il servait souvent de tuteur pour les élèves qui avaient plus de difficultés que lui et avait donc l'habitude de jouer au pédagogue. Cette mise en place de cours de soutien l'intéressait. L'esprit de son voisin avait quitté son corps depuis plusieurs minutes tandis qu'il s'appliquait à dessiner un des chars de Mushiyori qui lui avait particulièrement plu la première fois où il y était allé. Après son sermon, monsieur Misami repris le cours normal du programme et appela Kuwabara au tableau pour un exercice qu'ils avaient dû préparer chez eux.
À la fin du cours, Hiei déclina l'offre de son ami de passer un peu plus de temps ensemble. Il devait rentrer le plus tôt possible car il devait préparer le repas du soir, laver le sol et toute une myriade de tâches que Hiromushi lui avait collé sur le dos avant leur départ. Il fila donc en trottinant rapidement, son sac sur l'épaule. En chemin, il passa devant la place nord où se posteraient les artistes. Il s'y arrêta un instant puis, inspirant profondément, repris sa course vers le quartier de Mizuho.
x-x-x-x
« Hiei ! Fais donc une autre tête ! C'est ce soir !
― Hn ! »
Le brun était tendu comme un arc ce vendredi. Les Murakami partaient ce soir à cinq heures et lui même finissait à quatre. Il n'avait pas décroché un mot de toute la journée. Même l'habituel « Bonjour » qu'il adressait à Kurama s'était mué en un « Hn. » agressif. Ce jour là, le rouquin avait prouvé qu'il avait un véritable don pour le monologue et une capacité de traduction hors du commun. Il renonça à importuner le jeune homme et se contenta de passer une main affectueuse sur le haut de son bras. À ce contact, Hiei frissonna légèrement et retint difficilement un sourire. Minamino était particulièrement tactile avec lui et le brun avait commencé à vraiment aimer ça. Il lui jeta un regard en coin sans rien dire puis se détendit légèrement.
« Je vais devoir me dépêcher de rentrer, on se voit demain ?
― J'y compte bien ! »
Ils se serrèrent la main à leur manière, longuement et tendrement, puis Hiei partit en courant vers la maison de son oncle.
À son arrivée, il pu constater l'humeur exécrable de Matsutaro. Il vociférait même contre Gunbei. Le jeune homme se fit discret et partit s'occuper de ses corvées. À dix-sept heures précises, Midori entra et réceptionna les clefs. Sans plus de cérémonie, les Murakami montèrent en voiture et partirent pour la côte. La femme de ménage vint saluer Hiei qui terminait de ramasser les fleurs fanées autour des rares plantes qui survivaient dans cet environnement hostile. Il ne fut pas très bavard. En fait, il attendait qu'elle annonce son programme.
« Je ne comprends pas pourquoi ils ne te laissent pas les clefs, si déjà tu restes ici pour travailler. »
« Ah, qu'elle est belle cette version là ! » pensa cyniquement le brun.
Elle lui tendit le double.
« Tiens, ils n'en sauront rien si c'est ça qui t'inquiète. Je ne veux pas que tu dépende de mes horaires pour organiser les tiens. Tu sais où la déposer avant leur retour.
― Oui, merci. » dit-il en prenant les clefs.
Elle fit quelques vérifications mais n'eut pas grand travail car Hiei était déjà passé. Au bout d'un moment, elle vint le voir dans le salon où il lisait debout près de la fenêtre.
« Je pense n'avoir rien d'autre à faire pour aujourd'hui, dit-elle. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, mon numéro et mon adresse sont sous le combiné du téléphone. »
Hiei hocha la tête d'un air distrait.
« Bonne soirée Hiei.
― Bonne soirée madame Nara, au revoir. »
Quand elle fut sorti, Hiei ferma la maison à double tour et s'assura de n'avoir oublié aucune fenêtre. Sans même songer à chaparder dans le frigidaire – dont il était sûr que Hiromushi avait pris une photo avant de partir – il se doucha puis partit s'installer dans sa chambre. Il s'y allongea, les mains croisées derrière la tête. Il songeait à la fête de Mushiyori à laquelle il allait pouvoir participer, finalement. Soudain, il se frappa le front.
« Hiei, bougre d'âne ! C'est bien beau de vouloir jouer du crayon mais il faudrait aussi songer aux supports et aux médiums ! » dit-il tout haut.
Il souleva les couvertures et dénicha un vieux chevalet toujours en bon état. Il avait également ramené du lycée des pochettes plastiques transparentes pour ranger les dessins des clients éventuels ainsi que quelques cylindres cartonnés faits maison pour les portraits au fusain. Il mit également dans son sac une trousse contenant critériums, gommes, craies et fusains, ainsi qu'un paquet de mouchoirs, un vieux chiffon, une réserve de feuilles A4 et une de feuilles A3. Son inventaire vérifié, il se rallongea et songea à ses tarifs. Il ne pouvait pas se permettre d'être trop exigeant. Il avait déjà fait un tour parmi les portraitistes et avait pu se rendre compte à quel point certains exagéraient. 7.000¥ pour un portrait au fusain ! C'était quand même tiré par les cheveux. Le pire, c'était que les files d'attente étaient aussi longues que pour les manèges. Au bout d'un moment, il se dit que des tarifs de 2.000 ¥ pour un portrait au crayon à papier sur feuille A4 et de 3.300 ¥ pour un portrait à la craie et au fusain sur feuille A3 blanche ou un portrait à la craie sur feuille noire A3 étaient tout à fait raisonnables. Avec un peu de chance, les prix bas attireront le chaland, même si il n'avait pas grand espoir pour cela.
Hiei avait suffisamment de feuilles pour tous les élèves du lycée de Sarayashiki mais selon lui, c'était largement de trop. Il ajouta quelques dessins à son sac : un portrait du professeur Misami, un autre d'un petit chiot qu'il avait trouvé craquant au parc l'autre jour, un de Keiko Yukimura et hésita en prenant la dernière feuille. C'était un portrait de Kurama. Le jeune homme avait mis beaucoup de cœur à l'ouvrage et il était particulièrement réussi, surtout les yeux. Il s'était appliqué pour fignoler ce regard si grisant qu'il voulait rendre le plus proche possible de la réalité. Ces dessins étaient destinés à être affichés près de lui en guise de « mini CV ».
Lorsqu'il partit le lendemain matin, son chevalet sous un bras et deux tabourets pliables sous l'autre, il était d'assez bonne humeur. Même si il devait passer la journée à regarder passer les gens, c'était toujours ça et il pourrait s'amuser à dessiner des scènes de rue. Il n'eut pas beaucoup de mal à retrouver la place qu'il avait repéré l'année précédent. Il déplia son chevalet et y fixa une grande pince à documents. Il avait aussi apporté à la dernière minute un morceau de vieille caisse pliable sur lequel il fixa les portraits témoins. Le jeune homme ébouriffa ses cheveux sauvages et déplia les tabourets. Installé, il jeta un coup d'œil circulaire. Les stands étaient déjà tous montés et il pouvait voir la grande roue de là où il se trouvait. Autour de lui, d'autres arrivaient et s'installaient. Pour l'occasion, il avait retrouvé de vieux vêtements à Gunbei qui étaient plus approprié à sa taille. Hiei portait donc un jean noir et un pull à manches longues plus ajusté qu'à l'ordinaire de couleur beige. Par dessus, il avait ajouté une écharpe offerte par Kurama quelques temps plus tôt qu'il cachait soigneusement aux Murakami.
Impatient, il sortit son carnet à spirales et commença à dessiner ce qu'il voyait : la rue qui descendait vers la Grande Place avec ses stands et sa grande roue, les maisons adossées les unes aux autres et quelques passants. Il était huit heures du matin et le temps était relativement frais – aux alentours de huit degrés – et déjà Mushiyori s'animait. Un à un, les stands ouvraient et disposaient leurs marchandises et la grande roue fit un tour d'essai. D'un coup, les hauts-parleurs se mirent en marche et commencèrent à diffuser une musique traditionnelle entraînante.
Les premiers clients arrivèrent sur la Place Nord. Ils jaugèrent chaque peintre ou dessinateur déjà présent, prêts à faire leur choix. Plusieurs s'arrêtèrent chez le vieux Momotaro. Il était cher, mais son talent était grand. Hiei poursuivit tranquillement sa scène de rue. Au bout d'un moment, se sentant observé, il leva la tête. Un homme d'une trentaine d'année regardait ses dessins avec attention.
« Bonjour, tenta Hiei.
― Bonjour ! répondit l'homme, plein d'entrain. Vous êtes doué. Quels sont vos tarifs ? »
Les tarifs ! Hiei failli se frapper le front d'avoir oublié de les afficher ! Il sortit la feuille sur laquelle il les avait inscrits très lisiblement au marqueur noir.
« Pardonnez-moi, les voici. » dit-il en scotchant ladite feuille près des portraits témoins.
L'homme les considéra puis sembla réfléchir.
« Vous n'êtes pas très cher...
― Ce sont des dessins. Il n'est pas nécessaire d'en demander plus.
― Hum hum. Alors je voudrai bien un portait à 2.000 ¥ s'il vous plaît.
― Bien sûr. Installez-vous je vous prie. »
Hiei lui indiqua le tabouret derrière le chevalet qu'il déplaça sur le côté et s'assit en face de lui, à bonne distance. Il lui demanda de se tenir bien droit et de relever un peu le menton.
« Dois-je sourire ?
― Non, ce n'est pas nécessaire, répondit le brun. Évitez simplement de trop bouger et essayer de regarder vers là. »
Il indiqua un point derrière son épaule et l'homme obéit. Il installa la feuille sur une pochette rigide qu'il tint sur ses genoux et commença son ouvrage. Il débutait toujours par les yeux, quelle que soit la personne. Alors qu'il terminait le deuxième, une jeune fille vint regarder par dessus son épaule.
« Ouah ! Maman, viens voir ! »
Une dame très bien habillée apparu alors et jeta un œil aux dessins. Elle leva un sourcil en voyant les prix mais ne dit rien et se contenta de hocher la tête aux commentaires de sa fille qui visiblement appréciait beaucoup le coup de crayon du jeune homme. Il les salua poliment alors que l'homme leur jetait des regards insistants pour savoir à quoi il ressemblait sur le papier.
« Papa, il est super, dit la fille en montrant le dessin.
― C'est vrai que vous avez du talent, jeune homme, avoua la mère.
― Je vous remercie. Monsieur, essayez de ne pas bouger. » le morigéna Hiei en le menaçant de son critérium.
Le concerné prit un air comique et obéit.
« Pardon ! »
Sans répondre, Hiei termina le tour du visage et le nez. Plus que les oreilles, les cheveux, le haut du buste et les ombres. Les dessins au crayon étaient longs à réalisés à cause de la finesse du trait et de la taille de la représentation, mais il n'avait pas prévu d'avoir beaucoup de clients alors il s'était dit que cela remplirait ses journées. Alors qu'il fignolait l'oreille gauche, une quatrième personne arriva pour observer. Levant brièvement la tête, Hiei vit qu'il y avait maintenant une bonne vingtaine d'artistes – ce qui était encore loin de remplir la place – et deux fois plus de visiteurs de la Mushiyori matsuri. Lui même était installé sur un des bords extérieurs de la Place Nord, directement en face de la rue qui montait des stands. Une place de choix. Il était l'un des premiers à entrer dans le champ de vision des personnes arrivant par ce côté. Il mit une bonne demie heure à finir le dessin mais celui-ci n'était pas bâclé et Hiei avait l'habitude de travailler vite. Laissant peut de temps à la réflexion et plus à l'instinct. Il le considéra un moment puis signa et retourna la feuille pour la laisser voir à son modèle. Celui-ci écarquilla les yeux.
« Je suis aussi beau que ça ! »
Sa fille rit.
« Il est très doué, le charia-t-elle.
― Je n'ai pas pour habitude de transformer la réalité, dit simplement Hiei.
― Vous avez du talent, merci pour ce portrait. »
Il se leva et s'inclina poliment. Hiei se leva aussi tout en mettant le dessin dans une pochette transparente. Il la tendit à l'homme qui lui remit les billets.
« Merci.
― Merci à vous. Voudriez-vous également faire le portait de Nakora ?
― Naturellement. Installez-vous jeune fille. » dit-il aimablement en désignant le tabouret.
Gênée, elle s'exécuta et se tint un peu raide. Hiei retint un sourire amusé.
« Détendez-vous. Restez droite mais vous pouvez tout de même respirer ! Levez un peu la tête. Merci. Comme cela c'est bien. »
Elle esquissa un sourire un peu mal à l'aise mais relâcha un peu ses épaules, le dos bien droit, les mains sur les cuisses. Brusquement, le père leva la main.
« Un portrait au fusain s'il vous plait ! J'ai failli oublier. Excusez-moi.
― Au fusain ? D'accord. Cela prendra moins de temps que pour le crayon.
― Ah bon ? Mais la feuille est plus grande, observa-t-il alors que Hiei la fixait sur le chevalet qu'il remit à sa place.
― Oui mais le trait est plus épais et les détails plus rapides à rendre. Vous verrez facilement la différence. »
Le japonais hocha la tête. Il regardait son portrait d'un air presque narcissique. Il avait eu jadis une mauvaise expérience en la matière avec un artiste qui lui en avait proposé un qui aurait dû être comme celui-ci mais qui s'était avéré être une très affreuse caricature. Il n'avait pas digéré la pilule et s'était juré de ne plus faire ce genre de bêtise. Cependant, en passant devant ce jeune brun aux cheveux sauvages et aux yeux étranges, il avait changé d'avis. Ce gosse avait l'air sérieux et assez différent de la plupart des autres portraitistes qui semblaient graviter dans un monde quelque peut à part de celui du commun des mortels.
Les mains adroites sortirent un fusain et une craie blanche et posèrent cette dernière sur le rebord du chevalet. La feuille bien fixée à l'aide de la pince, Hiei se remit à dessiner. Il aimait bien le fusain et n'avait pas beaucoup l'occasion de s'en servir. Il traçait vite et ses lignes étaient douces. Très vite, les yeux bruns prirent de l'éclat grâce au jeu du noir et de la craie comme si une belle lumière du soir s'y reflétait. Sans qu'il s'en rende compte, un attroupement se forma autour de lui. Hiroshi, le père de Nakora, montrait son dessin à qui voulait le voir, vantant le coup de crayon du jeune artiste. Ce dernier, loin d'ici, s'attaquait aux contours du visage et aux cheveux longs et noirs. Quand il eut presque fini, il remarqua enfin la foule massée près de lui. Étonné, il y jeta un œil. Plusieurs sourirent. Certains demandèrent les tarifs.
« Ils sont ici, dit Hiei en écartant poliment quelques personnes. C'est 3.300 ¥ pour un portrait A3 au fusain tel que celui-ci. »
Un murmure parcouru les attroupés. C'était très abordable par rapport à la plupart des autres. Quelques rares étaient aussi peu chers que ce garçon mais ils étaient aussi généralement moins doués. Il y eut bientôt une file d'une dizaine de personnes. Hiei compta rapidement dans sa tête tout en finissant le haut des vêtements de Nakora. Si chaque personne lui prenait un portrait au fusain, cela lui ferait une sacrée rentrée d'argent ! Le portrait terminé, il le déclipsa et invita la brune à venir voir. Elle le remercia maintes fois, encore plus gênée qu'au départ : le portrait était véritablement excellent. Son père lui remit l'argent et prit le tube de carton. La mère ne se manifesta pas et après avoir remercié Hiei une dernière fois, ils descendirent vers les stands. La file avança un peu et Saitô se prépara à travailler à la chaîne.
Vers midi et demi, il avait tiré le portrait à près de douze personnes pour un total de 35.700 ¥. Un véritable trésor pour quelqu'un qui ne recevait jamais le moindre sou. Il avait le tout dans une longue boîte à chaussures correctement fermée et percée d'une fente pour y glisser l'argent à la manière d'une tirelire, elle même placée dans son sac entre ses pieds.
S'il n'avait rien pris à manger, habituer à de longs jeûnes, il avait pris à boire. Il avala quelques gorgées d'eau entre deux portraits. Passé midi, les gens avaient commencé à migrer vers les stands de nourriture traditionnelle et il en restait très peu sur la Place Nord. Hiei en profita pour étirer ses bras et détendre ses doigts crispés couverts du dépôt noir du fusain. Il les essuya sur le chiffon qui pendait à l'une de ses poches et observa la grande roue. Si il n'y était jamais monté, il aimait bien la voir tourner. Ils ne la montaient que pour de rares occasions, à la Mushiyori matsuri, aux fêtes de Noël et au festival inter-lycées. Content de sa matinée, il inspira profondément les bonnes odeurs qui montaient de la Grande Place. En rouvrant les yeux, il en vit deux qu'il connaissait bien : Kurama ! Il se leva d'un bond.
« Kurama ! Te voilà finalement, dit-il en souriant.
― Hiei ! Ça fait un petit moment que je te cherche, je suis content de te voir. »
Ils se serrèrent la main alors que la famille du roux arrivait. Minamino fit les présentations.
« Hiei, je te présente Shiori, ma mère, commença-t-il. Et voici mon beau-père, Takahiro, et son fils Shuichi. »
Tous saluèrent et Hiei leur rendit en s'inclinant.
« Ravi de faire votre connaissance.
― De même jeune homme ! Kurama nous a beaucoup parlé de toi. » s'exclama Takahiro.
Le brun jeta un coup d'œil surpris à son ami qui fit la moue. Soudain, Shuichi s'exclama :
« Tu dessines ! Mais t'es super doué ! »
Gêné, Hiei diminua les propos du garçon mais tous les regards se tournèrent vers le morceau de caisse et les dessins. Au bout d'un moment, Kurama dit :
« Hiei... Qu'est-ce que c'est que ça ? »
Il montrait son portrait d'un air amusé et flatté à la fois. Les yeux rouges se baissèrent.
« Euh... Je l'ai fait la semaine dernière. Comme il était plutôt réussi et en attendant de pouvoir te le donner, je l'ai mis avec les autres. »
Flatté, Kurama retourna à sa contemplation et reconnu immédiatement les autres.
« Mais c'est Keiko ! Et le professeur Misami !
― Et ce petit chien est trop mignon ! » renchérit son frère.
Hiei se contenta de hocher la tête, ne sachant que dire. Takahiro se mit alors à fouiller dans sa sacoche.
« Tu veux bien faire nos portraits ? » demanda-t-il.
Surpris, le brun hocha vivement la tête.
« Naturellement !
― Parfait ! Qui commence ?
― Moi ! Moi ! s'exclama Shuichi en sautillant.
― En place jeune homme ! » ordonna son père.
Le garçon obéit et lança un regard de pitié à Hiei qui s'installait en face.
« Sois gentil avec moi s'il te plaît.
― Non, je vais te faire une tête horrible avec plein de poils partout, dit-il sur le ton de la plaisanterie.
― Ça c'est une bonne idée ! Intervint le roux.
― Hé ! Mais non !
― Ne t'occupes pas de lui, lâches-toi, dit Takahiro d'un air complice. Un portrait au fusain pour chacun d'entre nous si tu veux bien. »
Amusé, Hiei hocha la tête avec un sourire et se mit à l'ouvrage après avoir rappelé à l'ordre un Shuichi qui s'agitait beaucoup trop à son goût. Quand il l'eut fini et pendant que l'adolescent s'extasiait devant le dessin, Shiori prit place sur le tabouret. Puis Takahiro. Quand vint le tour de Kurama, Hiei pensa à mettre plus de temps à finir le fusain rien que pour le plaisir de le regarder davantage. Comme à chaque fois qu'il dessinait son ami, il y mit tout son cœur et le résultat fut excellent. Les splendides yeux émeraude s'y attardèrent et Kurama remercia chaudement Hiei qui s'obstina à dire que cela n'était rien. Quand Takahiro lui tendit de l'argent, il recula.
« Vous plaisantez ? Je ne vais pas vous demander de payer !
― Peut-être, mais moi je veux payer. Alors tu prends cet argent ou je me vexe pour les vingt ans à venir, le menaça-t-il.
― Mais...
― Il n'y a pas de mais qui tienne. Prends où je te les mets moi-même dans le sac. »
Embêté, le brun obéit et prit la liasse d'une main hésitante. Fier de lui, Takahiro sourit.
« Eh bien voila !
― Merci...
― Mais de rien, merci à toi pour ces œuvres d'art.
― N'exagérez pas. » souffla-t-il.
Shiori agita la main en souriant.
« Il a raison. Merci Hiei et bravo. »
Il se sentit rougir et baissa la tête, surpris, sans répondre.
« Tu resteras ici toute la journée, demanda Kurama.
― Oui, jusqu'à dix-sept heures. La mairie nous accorde la place de huit heures à dix-sept heures aujourd'hui et demain. Je ferai les mêmes horaires ce dimanche.
― Tu es donc libre à partir de cinq heures ? S'enquit-il.
― Euh. Oui.
― C'est parfait alors ! s'exclama Shuichi. On pourra revenir ici ce soir et tu pourras venir t'amuser avec nous ! Et voir les chars !
― C'est une excellente idée, renchérirent Shiori et Takahiro en choeur. Ca te dit ? »
Hiei resta un instant silencieux. Kurama lui fit des gestes insistants et suppliants qui finirent par le décider.
« Ce sera avec plaisir, bredouilla-t-il en s'inclinant.
― Parfait ! Pour l'heure, nous avons fait le tour et il faut que nous passions chez des amis, expliqua le beau-père. Nous reviendrons donc te voir ce soir. J'ai été ravi de faire ta connaissance, et merci et bravo pour les dessins ! »
Il lui serra la main et Hiei le remercia. Il fit de même avec Shuichi et Shiori s'inclina avant de rejoindre son mari. Kurama resta un peu en arrière.
« Ca m'ennuie de te laisser ici tout seul jusqu'à ce soir, commença le rouquin.
― Ne t'inquiète pas pour moi, je ne m'ennuie pas, dit Hiei sans mentir.
― Oui mais tout de même...
― Kurama, tu viens ? » appela son beau-frère.
Il lui fit un signe de la main.
« J'arrive dans une minute ! »
Il la tendit à Hiei qui la serra tendrement, passant inconsciemment son pouce sur le dessus de la main de son ami en une caresse légère. Le charme fut rompu par Shuichi qui l'appelait derechef. Énervé, Kurama s'excusa auprès de Hiei.
« Je dois y aller, à tout à l'heure...
― Oui, à ce soir. »
Après un dernier regard vers les yeux de sang, il partit en courant vers la voiture qui l'attendait. Hiei le suivit des yeux avec une certaine délectation. Voir ses cheveux flamboyants onduler au rythme de sa course était une vision particulièrement agréable. Quand son ami disparu, il regarda la montre sur l'une des maisons. Deux heures deux. Il se rassit et reprit une gorgée d'eau. Rassasiés, les clients ne tardèrent pas à revenir sur la place et il trouva largement de quoi occuper son après midi.
x-x-x-x
À presque dix-sept heures, le dernier client s'en allait avec son portrait sous le bras. Il avait vu son stock de cylindres cartonnés diminuer à grande vitesse et le dernier venait de partir. Dire qu'il pensait qu'il en avait pris largement trop ! Il jeta un coup d'œil au sac à ses pieds et pensa à la recette. C'était vraiment une bonne journée, au-delà de ses espérances !
Alors qu'il terminait de ranger ses affaires, une voix familière l'interpella. Il leva la tête et sourit à Kurama.
« Pile à l'heure, constata-t-il alors que l'horloge sonnait cinq heures.
― Je n'allais tout de même pas être en retard ! Tu viens ? »
Hiei hocha la tête tandis qu'il ramassait chevalet et tabourets.
« Tu peux laisser tes affaires dans le coffre de notre voiture si tu le veux, elles risques de t'encombrer plus qu'autre chose. Suis-moi. »
Sans lui laisser le temps de décliner, il le traîna par le poignet jusqu'à une Mazda berline à côté de laquelle se trouvait encore sa mère.
« Hiei ! Oh, laisses-donc tes affaires dans la voiture.
― C'est ce que je lui ai proposé, dit Kurama. Tu veux bien ouvrir le coffre kaasan ? Merci. »
Il prit le chevalet et les tabourets des mains d'un Hiei interloqué qui finit par déposer aussi son sac à dos. Le coffre refermé, le roux se redressa, tout sourire.
« Et voila ! Tout est bon. On y va ? »
Le jeune homme sourit et acquiesça. Il suivit la grande et fine silhouette jusqu'à la Grande Place où il ne su plus où regarder. Dans ses souvenirs, les stands étaient beaucoup moins nombreux ! Où peut-être ne les avait-il pas aussi bien vu qu'il le pensait. Il y avait de tout, de toutes les villes jusqu'à Hokkaido. Et les marchands de nourriture ! Des okonomiyaki d'Osaka aux spécialités de Rausu, il y en avait pour tous les goûts. Il sentit plus qu'il n'entendit son estomac gronder. La musique avait gagné en puissance et retentissait sur les hauts murs des maisons entourant la place. Shuichi, affamé, sautait de droite à gauche en proposant de goûter à tout. De nombreux stands n'ouvraient que le soir, surtout dans la restauration, et il y avait de nombreux plats qu'il ne connaissait pas. Hiei était bien d'accord avec lui, d'autant plus qu'il avait de quoi payer !
Après s'être mis d'accord sur un stand, ils décidèrent de prendre un amuse-bouche, étant donné qu'il était un peu tôt pour un vrai repas du soir. Bien qu'ayant insisté, Hiei ne put pas payer sa part, la mère de Kurama faisant montre d'une trop forte obstination. Elle refusait qu'il paye quoi que ce soit parce qu'ils « l'avaient invités ». Malgré les protestations polies du brun, elle resta inébranlable sur la question. Amusé, le roux haussa les épaules et indiqua à Hiei que si il y avait bien quelqu'un de buté dans l'univers, c'était sa mère. Vaincu, il se résigna et goûta ce qu'il tenait en main : un vrai régal ! Bien loin de ce qu'il avait l'habitude d'avaler.
La famille de Kurama le promena dans toute la fête, en long, en large et en travers, et il s'aperçut au bout d'un moment qu'il regardait tout avec les yeux d'un gosse qui découvrait le monde. Ils lui offrirent également le repas du soir sur un yatai d'Osaka. Ils s'installèrent à une table haute disposée devant et commandèrent des okonomiyaki. Hiei, qui n'en avait jamais mangé, étouffa une exclamation : c'était délicieux ! Amusée, Shiori l'observa. Il était soigné bien que ses vêtements soient incontestablement vieux, et il savait très bien se tenir. Cependant, elle le trouvait bien légèrement vêtu pour la température extérieure.
« Tu n'as pas froid ? » lui demanda-t-elle.
Surpris par la question, il secoua la tête, la bouche pleine. Après avoir avalé sa bouchée, il répondit :
« Non. Vous trouvez qu'il fait froid ?
― Il fait un peu frisquet oui, admit Takahiro.
― Tu es sûr que tu n'as pas froid ? s'enquit Shiori.
― Certain, répondit Hiei. Je suis juste bien. »
Il ne mentait pas en disant cela. Il était depuis longtemps habitué à supporter chaleur et froid et son seuil de tolérance était monté bien haut. D'autant plus que l'okonomiyaki qu'il savourait avait une vertu très revigorante. La femme aux longs cheveux noirs cessa de le questionner et le laissa manger. Il n'était pas très bavard, sans doute fatigué par sa longue journée. À côté de lui, Kurama effleurait fréquemment et sans vraiment s'en rendre compte le bras de Hiei qui n'était d'ailleurs pas prêt de s'en plaindre.
La nuit tomba rapidement et la place s'illumina. L'autre nom de la Mushiyori matsuri était la Fête des Lumières. Il faut dire que c'était bien trouvé entre les stands, les guirlandes et autres yatai, sans oublier les chars ! Ils étaient tous superbement éclairés avec d'innombrables lanternes et ampoules de toutes les couleurs.
Alors qu'ils regardaient de tous côté d'un œil avide, Kurama et Hiei furent interpellés par des voix familières : Yusuke et Keiko faisaient la queue pour monter sur la grande roue avec Kuwabara et une jeune fille de grande taille que le garçon n'avait encore jamais vu.
« Vu comme elle lui ressemble, ça doit être la sœur de Kazuma... » pensa-t-il.
Ils leur rendirent leur salut en leur faisant signe qu'ils allaient dans la direction opposée. Urameshi prit un air faussement offusqué avant de rire et de leur faire comprendre qu'ils pouvaient aller se gratter. Kurama prit Hiei par le poignet et l'entraîna vers l'un des manèges.
« Ça te dis ?
― Ah non ! Vous n'allez pas encore me payer quelque chose ! s'énerva-t-il.
― Ben tiens, je vais me gêner. » rétorqua Takahiro en sortant de nulle part et en se plaçant ostensiblement devant eux au guichet.
Hiei resta interdit et Kurama rit. Son beau-père leur tendit deux jetons avant de leur indiquer où il serait avec sa femme, Shuichi ayant réussi à les baratiner pour faire des tours d'auto-tamponneuses. Le roux les prit et pria Hiei de le suivre. Ils allèrent s'installer dans une des nacelles. Saitô avait déjà vu ce manège en action mais il n'était jamais monté dans aucun d'entre eux. Celui-ci était une autre invention particulièrement étrange conçue pour agiter ses occupants dans tous les sens en faisant tourner les nacelles sur elles-mêmes de manière irrégulière en inclinant le plateau sur lequel elles se trouvaient dans un sens ou dans l'autre. Et chaque nacelle n'avait que deux places. Installé à côté de son meilleur ami, Hiei le laissa baisser la barre de sécurité et posa ses avant-bras par dessus, tripotant le jeton. Au bout d'une minute, un homme fit le tour des nacelles pour s'assurer que les protections étaient bien en place et pour récupérer les jetons. Quand le manège se mit en branle, Hiei sentit son estomac le chatouiller.
« Ça va ? » cria Kurama pour couvrir la musique.
Sans répondre, Hiei hocha la tête. Il se tenait à la barre et était un peu étonné de l'effet que produisaient les mouvements saccadés de l'appareil. Conscient de son malaise, le rouquin saisit sa main dans la sienne et la serra, glissant ses doigts entre ceux d'un garçon étonné. Un mouvement brusque de retour en arrière provoqua un réflexe de serrement et Hiei ne se rendit pas tout de suite compte qu'il lui rendait son étreinte.
Au bout d'une dizaine de minutes, les tours ralentirent. Kurama, d'ordinaire bien coiffé avec une queue de cheval avait des mèches rousses qui sortaient de tous côtés comme si il était passé dans un tambour de machine à laver. S'en rendant compte, il fit la grimace et retira l'élastique qui maintenait sa chevelure. Elle retomba sur ses épaules en un mouvement fluide qui hypnotisa un Hiei déjà bien secoué. Remarquant le drôle d'air de son ami, il posa son autre main sur celle du brun qu'il tint entre les siennes, caressant doucement le dessus de sa main. L'homme de tout à l'heure les ramena sur Terre en relevant la barre de sécurité pour qu'ils libèrent la place aux suivants. D'abord gênés, ils descendirent, le pas mal assuré. Au bout de quelques mètres, ils s'arrêtèrent et échangèrent un regard entendu. Kurama n'avait toujours pas lâché la main de Hiei qui n'était pas prêt de le faire non plus. Les yeux rouges se baissèrent sur les doigts emmêlés et il se sentit bête. Cela faisait un petit moment qu'il rêvait de ce genre de situation mais maintenant que cela se produisait, il ne savait plus trop si il devait rire ou pleurer. Inquiet, Kurama lui releva tendrement le menton.
« Hiei... Tout va bien ? »
Non, tout n'allait pas bien. Il ne savait absolument pas quoi faire et commençait à trouver le moment trop long et trop déstabilisant. L'index du jeune homme lui caressa doucement la joue et il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Une forte envie de l'embrasser prit Kurama et il eut toutes les peines du monde à se retenir. Déçu de ne pas avoir succombé à l'envie, il passa une dernière fois sa paume sur la joue dorée et changea la posture de sa main dans celle de Hiei.
« Et si nous allions rejoindre Shuichi sur les auto-tamponneuses ? »
Dans un état presque second, Hiei hocha la tête et suivit un Kurama guère plus à l'aise.
Quand vint l'heure du défilé, Hiei avait été ballotté dans tous les sens dans une bonne dizaine de manèges. Une voix aiguë les invita à aller prendre place le long de la Grande Rue et Shuichi, impatient, mena le cortège. Ils arrivèrent rapidement et trouvèrent une place aux premières loges. Après un coup d'œil à son beau-frère, son beau-père et à sa mère, Kurama s'empara de la main de Hiei avec la ferme intention de ne plus la lâcher. Celui-ci retint un moment sa respiration mais finit par se détendre et lui rendre son étreinte, glissant ses doigts entre les siens. Quand la musique de la matsuri stoppa pour faire place à celle du défilé, il se rapprocha davantage du roux.
Un premier flot de personnes arriva en dansant. Certains jonglaient avec des torches ou des anneaux lumineux, d'autres jouaient de tambours traditionnels. D'un coup, un cri d'enthousiasme partit du bout de la rangée pour parvenir jusqu'à eux : les chars arrivaient ! Ils pouvaient les apercevoir alors qu'ils n'étaient encore que de petits points lumineux, au bout de l'avenue. Impatient, Hiei passa d'un pied sur l'autre. Quand le premier char arriva à leur hauteur, Shiori et Takahiro étaient bouche bée. Shuichi s'écriait continuellement : « c'est génial ! » en sautant sur place. Beaucoup l'imitèrent et la foule se transforma vite en une masse compacte et mouvante.
Le troisième char sauta aux yeux de Hiei comme un poing qui lui arrivait dans la figure. Il était magnifique, multicolore, avec plusieurs kami juxtaposés et brillamment travaillés. Un grand nombre d'hommes le soutenaient et le faisaient avancer. Sur l'avant était installé un joueur de taiko devant un énorme wadaiko. Il tournait le dos à la marche du cortège et frappait la surface tendue en un rythme puissant. Le son faisait vibrer l'air et les postures impressionnantes du joueur provoqua un silence d'admiration dans la foule. Hiei ne perdait pas une miette du spectacle. Il avait toujours beaucoup aimé la musique traditionnelle, surtout les percussions. Voir et surtout entendre un vrai wadaiko était un de ses rêves secrets.
« Quel puissance de son... » pensa-t-il en fermant les yeux alors que le char s'éloignait.
Les chars se succédaient lentement, tous plus extraordinaires les uns que les autres. Alors qu'il se penchait pour mieux voir, Hiei sentit avec désarroi que Kurama venait de lâcher sa main. Quand il se rendit compte que ce n'était que pour enserrer sa taille, il se tourna presque brusquement vers lui. Le roux se recula légèrement. Il allait retirer sa main quand Saitô l'intercepta et la plaqua contre sa hanche.
N'osant croiser son regard, il reprit sa position initiale contre Kurama et, après une longue hésitation, le prit également par la taille. Si Hiei avait levé les yeux, il aurait vu un sourire des plus radieux sur le doux visage clair. Discrètement, tendrement, la tête rousse se posa contre les cheveux sauvages.
Quelques précisions utiles :
Shirahama est une plage japonaise réputée sur la péninsule d'Izu, au sud-ouest de Tokyo.
Rausu se trouve à Hokkaido et les spécialités locales sont le riz aux oursins et le riz aux œufs de saumon. Miam.
Kaasan signifie "maman" en japonais et un yatai est un stand ambulant de nourriture de rue. Taiko et wadaiko signifient "tambour".
Les okonomiyaki sont des plats très complets préparés sur une plaque genre plancha avec toute sorte d'ingrédients agglomérés comme du choux, des œufs, des fruits de mer, des oignons, etc. Cela dépend des goûts ! Et c'est une vraie tuerie.
Je sais, je suis très méchant. J'ai mis des prix en yen dans la fic. Mais ce n'est pas pour vous torturer, c'est juste parce que UA ou non, Yû Yû Hakusho se déroule en grande partie au Japon. Allons, rangez ces mitraillettes, ce n'est pas si compliqué ! 1 € équivaut à 133.155 ¥.
Donc 7.000 ¥ font environ 50 €, 2.000 ¥ en font 15 et 3.300 ¥ font 25 €.
Je vous invite à venir nombreux et nombreuses vous faire tirer le portrait par notre cher monsieur Saitô. C'est moins cher que sur la butte Montmartre. Si.
Allez, un dernier pour la route : 35.700 ¥ font 268.11 €. Un joli petit pactole. Et c'était que le premier jour...
Cette matsuri, quel évènement ! Ça fait du bien une petite fête comme ça non ? Ça rappelle un peu nos marchés de Noël et la parade au parc Disney... *nostalgique*
J'espère en tout cas que ce nouveau chapitre vous a plu ! On dirait que le masque d'un certain type aux yeux rouges et aux cheveux noirs et blancs est déjà sacrément fendillé... Que va donner leur relation ? Qu'adviendra-t-il au bout des vacances des Murakami ? Que de questions...
A bientôt dans le chapitre 3...
N'oubliez pas de lancer une petite review à l'auteur pour son labeur (et puis aussi pour manger) parce que contrairement à Hiei, il n'est pas payé !
Alors à vot' bon cœur m'sieurs dames ?
