Bonjour ! Comme promis, voici le deuxième chapitre. J'ai suivi le conseil que quelques uns d'entre vous m'ont donné, et je l'ai coupé en deux, ce qui va me donner un peu d'avance pour écrire d'autres chapitres. J'ai été un peu occupée ces derniers jours, ma soeur m'a emmenée voir les Twenty One Pilots à Paris (non je ne partage pas du tout ma joie) et ça fait quand même 6 heures de route. Certes, j'aurai pu les passer à écrire, si seulement mon pc n'était pas si nul '^' Brefouille, je tiens à remercier onsof, Azuroo, Shadow, Serpentaresque, LambdaOfTheDead et TheProudHufflepuff pour leurs commentaires qui m'ont fait le plus grand bien. Vous assurez ! 3 J'ai à priori répondu à tout le monde le plus vite possible, sauf pour Shadow, puisque tu n'as pas de compte. Donc merci beaucoup pour ta review et j'espère que tu continuera à aimer les persos ! ^^
Merci à tous, j'espère que vous continuerez à apprécier cette histoire ! Et pour ceux qui passeront après, merci aussi ! ^^
C'est parti pour le moment que vous attendiez tous (ou pas), la répartition ! Bonne lecture !
Chapitre 2 : La répartition
Le 1er Septembre, à dix heures trente, les Malefoy étaient fin prêts à partir. Elladora avait enfermé Faon dans sa cage, et Drago avait fait de même avec Salazar. Bien que le chaton se tienne tranquille, le hibou ne cessait de battre des ailes furieusement, blessé dans sa fierté. Lucius lança à l'animal un regard courroucé.
— Drago, contrôle ton animal.
— Oui père , répondit le concerné d'une voix sourde.
Elladora lui jeta un regard compréhensif. Elle ne voyait pas trop comment son jumeau pouvait calmer l'animal, mais Lucius était un homme sévère. Finalement, Drago finit par faire taire son hibou, à grand peine, et ils purent, chacun leur tour, entrer dans la cheminée afin de se rendre sur la voie 9 ¾. A dix heures quarante, ils étaient tous devant le Poudlard Express, prêts à dire au revoir. Narcissa et Lucius étaient, comme à leur habitude, froids et impersonnels. Lucius s'adressa à Drago plus personnellement, alors qu'il adressa juste un signe de tête à sa fille. Narcissa, elle, embrassa ses enfants sur la joue, et Elladora en profita pour respirer l'odeur si familière et réconfortante de sa mère, mais cela ne dura que quelques secondes. Après ces au-revoir brefs, les deux enfants se saisirent de leurs bagages et grimpèrent à bord du Poudlard Express. Étant arrivés bien plus tôt que la plupart des familles, ils purent se choisir un compartiment au bout du train, où les amis de Drago les y rejoindront plus tard.
Drago soupira d'aise tout en s'asseyant confortablement sur la banquette. Il avait laissé Salazar dans sa cage, avec les valises, mais Elladora avait sorti Faon de la sienne pour le garder avec elle. Il était si petit et sage qu'elle était sûr qu'il ne poserait aucun problème. Lorsqu'elle s'installa, le chaton prit place sur ses jambes et se lova en une petite boule.
— J'ai hâte d'aller le voir, lui disait Drago, tout en observant le quai par la fenêtre. Il sera sûrement seul, et devra être reconnaissant que je veuille bien être son ami.
— Tais-toi Drago, tu me fatigues avec tes histoires d'Harry Potter... On verra bien ce qu'il se passera, mais je serai toi, j'adopterai une autre tactique. Il est clair que ce garçon est différent...
Mais Drago l'interrompit.
— Tout le monde veut être mon ami. Je suis riche, mon père est haut placé, et j'ai le sang-pur. De plus, je suis très beau.
Elladora croisa le regard de son frère, qui éclata de rire. Elle se rendit compte qu'il se moquait d'elle et secoua la tête, amusée. Ça au moins, ça n'avait pas changé. Il y avait une complicité et un lien entre eux que rien ne pouvait briser. Ella discuta joyeusement avec lui de choses et d'autres, jusqu'à ce que le train démarre. Aussitôt, Drago s'interrompit en se tournant vers la fenêtre.
— Oh non, je l'ai manqué...
Au même moment, Gregory, Vincent, Pansy, Théodore et Blaise entrèrent dans le compartiment et s'installèrent sur les banquettes. Gregory et Vincent s'asseyèrent d'office aux côtés de Drago, comme des gardes du corps, et les trois autres occupèrent la même banquette qu'Elladora.
— Eh Drago, on a vu Harry Potter avec un Weasley en allant ici , commença Théodore en ricanant.
Mais il fut aussitôt interrompu par Drago, qui se leva de son siège.
— Où ça ?
Alors qu'Elladora et Blaise levèrent les yeux au ciel, Drago sortit du compartiment sous les indications de Théodore, très vite suivi par Grégory et Vincent. Elladora soupira, se saisit de Faon qui miaula de protestation, et se leva.
— Où tu va, Ella ? Lui demanda Blaise.
— Empêcher mon frère de faire une très grosse erreur...
— Bonne chance , Ricana-t-il.
Elladora esquissa un sourire en sortant du compartiment. Heureusement, elle pouvait encore apercevoir Drago et les deux gorilles qui le suivait. Elle s'empressa alors de les rejoindre, croisant au passage une dame qui poussait un chariot rempli de bonbons en tout genre. Elle fut un instant tenté d'en acheter avec l'argent de poche que lui avait donné ses parents, mais elle préféra rejoindre Drago. Bien lui en fit, puisque celui-ci s'arrêta devant un compartiment en prenant son visage d'aristocrate. Elladora fut frappé par sa ressemblance avec leur père, mais celui-ci entra alors dans le compartiment et elle soupira avant de le suivre.
A l'intérieur, il y avait Harry Potter, reconnaissable par ses cheveux bruns en bataille. Encore une fois, Elladora fut surprise par son aspect de moldu, mais surtout par le fait qu'il paraissait très maigre. En face de lui, il y avait un garçon roux. Entre eux, de nombreux bonbons variés attendaient qu'on les ouvre, alors que des papiers jonchaient le sol. Ils semblaient avoir été surpris en pleine conversation.
— Alors c'est vrai ? Commença Drago avec sa voix la plus hautaine et traînante de toutes.
Elladora roula ses yeux dans ses orbites. Il recommençait. Et de la façon la plus stupide possible. Alors qu'il se présentait au garçon, Elladora, dissimulée par Gregory et Vincent, observait le jeune Potter curieusement. C'est vrai qu'elle s'attendait à autre chose... Mais en observant ses iris verts particuliers, elle fut saisie d'un sentiment indescriptible. Faon caressa sa joue : il était sorti de sa poche et avait escaladé ses vêtements jusqu'à son épaule. Justement, Harry répondit avec froideur à Drago, ce qui déplut à celui-ci qui répliqua cruellement. Elladora fut choquée par les propos de Drago : elle n'aurait jamais pu imaginer qu'il oserait s'en prendre aux parents décédés du jeune Potter juste devant lui. Alors que les deux garçons se levaient de leur sièges et se préparaient à se battre, Elladora décida d'intervenir en tirant sur la manche de son frère.
— On s'en va Drago. Maintenant.
Son jumeau se tourna vers elle, et elle le vit hésiter. Mais le Weasley intervint alors.
— T'es qui, toi ?
Rendu furieux par le ton qu'avait employé le rouquin pour s'adresser à elle, Drago se tourna vivement vers lui et le regardait d'un air mauvais.
— C'est ma sœur, espèce de...
Mais ils ne surent jamais ce que Drago avait voulu dire au rouquin. Alors qu'il parlaient, Gregory s'était approché des bonbons et allait se servir, mais un rat sortit de nulle part se jeta sur lui et lui mordit le doigt férocement, arrachant au garçon un cri de douleur. Vincent et Drago reculèrent, et par instinct, Drago plaça un bras devant sa sœur afin de la protéger. Celle-ci affichait un sourire amusé face à la scène. Ça apprendra au garçon à s'occuper de ses affaires, et à manger un peu moins de sucreries, aussi. Gregory arriva à se défaire du rat en secouant sa main, et il sortit, très vite suivi par Vincent et Drago, qui entraîna Elladora à sa suite. Ils croisèrent alors une fille aux longs cheveux broussailleux et aux dents proéminentes, déjà en robe de sorcier, qui se précipita dans le compartiment duquel ils étaient sortis.
Enfin retournés au leur, Drago se laissa tomber sur sa banquette en grognant.
— Quel imbécile ! Choisir d'être ami avec un Weasley plutôt qu'avec moi ! Pesta-t-il, furieux.
— Tu as insulté ses parents, Drago. Ce n'était pas très malin de ta part , commenta Elladora.
Mais son frère lui jeta un regard noir, alors que Théodore et Blaise riaient. Levant une nouvelle fois les yeux au ciel, Elladora décida d'aller acheter des friandises, accompagnée par Pansy.
— Profitez en pour vous changer, les garçons , dit-elle en sortant.
Drago et elle étaient déjà en robe de sorcier, n'ayant pas eu le besoin de passer par la voie Moldue. Pansy était changée également. Elles allèrent donc à la rencontre du chariot à friandise tout en discutant de leurs vacances. Pansy n'était pas très intelligente, et elle finissait toujours par ramener la conversation vers Drago, mais c'était la seule fille de son âge qu'elle connaissait.
Après avoir effectué leurs achats, elles revinrent vers leur point de départ. Le reste du trajet se déroula normalement, et Elladora arrêta de prendre parti dans la conversation quand ils se mirent à dénigrer les nés-moldus et Harry Potter. Elle commençait déjà à être fatiguée... La petite Malefoy avait hâte d'être à Poudlard pour se faire ses propres amis. Il y aurait bien d'autres Serpentard qui, comme elle, ne détestaient pas les moldus.
La nuit tombait rapidement, et une voix retentit enfin dans le train pour les prévenir qu'ils seraient bientôt arrivés. Faon lui mordilla légèrement le doigt, et Elladora prit cela comme un encouragement. Elle se sentit légèrement fébrile en sortant du train. Dans un état second, elle suivit la foule et son frère vers le grand bonhomme qu'elle avait vu sur le Chemin de Traverse. Celui-ci les emmena vers le lac, où une dizaine de barques attendaient sur la rive, et sous un concert de ah et de oh enchantés, elle aperçut l'immense château de Poudlard. Le souffle coupé, elle admira longuement les grandes tours, les hauts murs, et les fenêtres lumineuses dans la nuit. Un sourire émerveillé et joyeux se peignit sur son visage. Elle se tourna alors vers Drago, et celui-ci la regarda en même temps. Il avait la même expression de bonheur et d'excitation mêlées sur le visage, et tous deux échangèrent un regard complice . Elle monta dans l'une des barques avec son frère et Gregory et Vincent, alors que Pansy, Théodore et Blaise s'éloignaient pour en prendre une autre. Elle ne parvenait toujours pas à se rendre compte de ce qui était en train de se produire. Les barques se mirent à avancer à la surface du lac. Même Drago s'était tu. Elladora ne manquait rien de ce qui l'entourait. Elle se souviendrait de ce jour comme celui qui aura changé sa vie. Ils traversèrent un rideau de lierre et passèrent sous un long tunnel, et, enfin, ils accostèrent sur la terre ferme. Le géant rendit son crapeau à un garçon particulièrement maladroit, vérifia qu'ils étaient tous là, et frappa à la grande porte. Une grande sorcière au port altier et portant des lunettes rectangulaires ouvrit aussitôt la porte.
— Professeur McGonagall, voici les élèves de première année, dit le géant d'une voix cérémonieuse.
Professeur McGonagall le remercia, et Elladora apprit que ce drôle de grand bonhomme s'appelait Hagrid. Le notant dans un coin de sa tête, elle suivit la professeure dans un hall d'entrée au moins cinq fois plus grand que celui de son manoir, ce qui n'était pas peu dire. Des torches enflammées étaient fixées aux murs et diffusaient une lueur chancelante. Un escalier en marbre leur permettait de monter aux étages supérieurs, et quand Elladora leva la tête, elle remarqua qu'il y en avait pas mal. Tous suivirent la sorcière jusqu'à une pièce vide, un peu trop petite pour eux tous puisqu'ils durent se serrer. Elladora se retrouva compressée entre son frère et le garçon qui avait perdu son crapaud. Le professeur McGonagall commença son discours pour leur annoncer qu'ils allaient entrer dans la Grande Salle et être répartis, mais Elladora ne l'écoutait pas beaucoup. Les battements de son cœur étaient à présent si puissants qu'elle avait l'impression que tout le monde pouvait les entendre. Mais elle était aussi très impressionnée par la grandeur des lieux, et surtout, par le bruit que la porte en face d'eux laissait entendre. Un bruit de foule, de conversations multiples. Il devait y avoir des centaines d'élèves derrière cette porte. Elladora déglutit. Tout le monde allait les regarder passer comme des bêtes de foires...
Des doigts se glissèrent entre les siens et pressèrent sa main doucement. En levant la tête, elle s'aperçut que c'était son frère, qui lui adressait un de ses rares sourires honnêtes. Elle le lui rendit, et se sentit rassérénée. Tout allait bien se passer. De toute façon, toute l'attention serait sûrement portée sur Harry Potter. Elle reprit un visage neutre alors que Drago lui lâchait la main et que le professeur McGonagall finissait son discours.
— Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue.
Fébrilement, Elladora remit en place son serre-tête vert, qui dégageait son visage fin. Elle prit un instant pour respirer grandement. Faon ne pouvait pas l'aider cette fois, puisqu'elle avait dû le laisser dans sa cage avec les bagages, mais elle serra alors le collier que son parrain lui avait donné entre ses doigts, et une chaleur réconfortante se fit ressentir. Elle se sentait bien mieux à présent. Elle remercia mentalement son parrain d'être aussi intelligent et repositionna son pendentif sous sa cape. Tout à coup, des voix et des cris se firent entendre derrière elle, la faisant sursauter. En se retournant, elle vit des fantômes traverser le mur, en pleine conversation. L'un d'eux s'arrêta pour leur parler en affichant un sourire avenant : c'était le fantôme de Poufsouffle. Mais le professeur McGonagall revint enfin dans la salle, et alors, Elladora eut l'impression que son cœur s'arrêtait. Elle sortit de la salle en suivant les autres élèves, tout en essayant de ne pas regarder autour d'elle les tables remplis d'élèves plus âgés qui chuchotaient sur leur passage. A son côté, Drago levait la tête d'un air hautain. Mais elle savait qu'au fond de lui, il était aussi terrorisé qu'elle. Ils s'arrêtèrent devant une estrade, où le professeur McGonagall les aligna face aux quatre tables où étaient assis les autres élèves. Nerveuse, Elladora ne cessait de jeter des coups d'œils à la ronde, détaillant ses camarades de premières années, les fantômes où même le plafond enchanté représentant à la perfection un ciel étoilé. Puis le professeur McGonagall posa devant eux un petit tabouret, et dessus, un vieux chapeau rapiécé et si vieux qu'il avait dû appartenir aux fondateurs eux-mêmes. Tous se tuent, les yeux fixés sur le tissu, qui se mit soudainement à chanter, arrachant un sursaut à Elladora.
Je n'suis pas d'une beauté suprême
Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit
Je veux bien me manger moi-même
Si vous trouvez plus malin qu'moi.
Les hauts-d'forme, les chapeaux splendides,
Font pâl'figure auprès de moi
Car à Poudlard, quand je décide,
Chacun se soumet à mon choix.
Rien ne m'échapp' rien ne m'arrête
Le Choixpeau a toujours raison
Mettez-moi donc sur votre tête
Pour connaître votre maison.
Si vous allez à Gryffondor
Vous rejoindrez les courageux,
Les plus hardis et les plus forts
Sont rassemblés en ce haut lieu.
Si à Poufsouffle vous allez,
Comme eux vous s'rez juste et loyal
Ceux de Poufsouffle aiment travailler
Et leur patience est proverbiale.
Si vous êtes sage et réfléchi
Serdaigle vous accueillera peut-être
Là-bas, ce sont des érudits
Qui ont envie de tout connaître.
Vous finirez à Serpentard
Si vous êtes plutôt malin,
Car ceux-là sont de vrais roublards
Qui parviennent toujours à leurs fins.
Sur ta tête pose-moi un instant
Et n'aie pas peur, reste serein
Tu seras en de bonnes mains
Car je suis un chapeau pensant !
À la fin de sa chanson, tous applaudirent à tout rompre. Mais Elladora, elle, n'avait pas envie de bouger. Elle était parfaitement immobile, se disant que si elle ne bougeait pas, on ne la verrait pas.
Le professeur McGonagall s'avança alors, un long rouleau de parchemin entre les doigts.
— Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence : Abbot Hannah !
Une fille aux cheveux blonds se détacha du groupe et alla s'asseoir sur le tabouret tout en enfilant le chapeau. Elladora la regarda faire avec appréhension. Quelques secondes passèrent, puis...
— POUFSOUFFLE ! S'écria le Choixpeau.
La petite retira le chapeau et s'empressa d'aller s'asseoir à la table de droite.
— Bones Susan !
Cette fois, ce fut une fille aux cheveux roux attachés en une tresse dans son dos qui s'avança. Contrairement au jeune Weasley, elle n'avait des tâches de rousseur que sur les joues. Rougissante d'être au centre de l'attention, elle s'empressa de mettre le chapeau sur sa tête.
— POUFSOUFFLE !
Le premier élève à être réparti à Serdaigle fut Terry Boot. La première à Gryffondor était Lavande Brown et enfin, la première à Serpentard fut Millicent Bulstrode. Elladora se renfrogna. Elle n'aimait pas vraiment cette fille, qui devait faire au moins deux fois son poids. Si elle devait passer les sept prochaines années dans son dortoir... Ce serait un calvaire.
— Granger, Hermione !
La fille aux cheveux ébouriffés qu'ils avaient croisée dans le train se détacha des autres rapidement.
— GRYFFONDOR !
Alors que la jeune fille s'élançait vers la table la plus à gauche, d'autres élèves furent appelés. Elladora remarqua que toutes les maisons, sauf Serpentard, réservaient un accueil chaleureux aux nouveaux élèves.
— Malefoy, Drago !
Elladora sursauta. Son frère la quitta et s'avança d'un pas conquérant vers le tabouret. Malgré sa nervosité, Elladora réprima un éclat de rire. Il avait l'air ridicule. À peine le Choixpeau eut frôlé ses cheveux blonds qu'il s'écria :
— SERPENTARD !
Un poids sembla s'envoler soudainement de ses épaules.
— Malefoy, Elladora !
Tremblante, elle tenta de paraître digne et s'installa sur le tabouret en enfonçant le choixpeau sur sa tête. Il lui tomba alors devant les yeux et lui cacha la vue de tous les élèves qui la fixaient.
Soudain, une voix se fit entendre.
— Oh oh oh ! C'est bien curieux ça... Oui, bien curieux... Très intéressant...
Il lui semblait que le chapeau ricanait à son oreille.
— Tu es très opposée à ton frère, c'est curieux... Tu es pleine de détermination, mais aussi de curiosité et d'intelligence... Je vois beaucoup de potentiel... Mais pas d'ambition non, pas d'ambition... Je vois...
— S'il vous plaît, je veux rester avec mon frère, je veux rester avec Drago...
— Comment ? Et aller à Serpentard ? Ah ça non, non, toi tu iras à... GRYFFONDOR !
Un silence pesant se fit. La jeune fille sentit son cœur tomber comme un poids dans sa poitrine. Elle ne voulait plus bouger. Non, elle voulait disparaître. Ce n'était pas possible, non... Des murmures commencèrent à envahir la salle. Parmi eux, elle pouvait entendre : « Une Malefoy à Gryffondor... Impossible ! » ou encore « Le Choixpeau a dû se tromper... »
Tremblant de tous ses membres, elle retira lentement le chapeau. Tous les regards étaient fixés sur elle. Tout le monde semblait stupéfié. Mais ce n'était rien comparé à son frère...
— Non ! Vous devez recommencer, ce n'est pas...
— Monsieur Malefoy, allez vous asseoir.
Furieux, Drago lança un regard désespéré à sa sœur, et, à contre-coeur, retourna s'asseoir à sa table. Elladora, elle, reposa le Choixpeau sur le tabouret pour permettre au suivant d'être réparti à son tour. Elle se sentait vide. Que dirait son père ? Comment allait-elle faire ? Une Malefoy à Gryffondor... Elle allait être la risée de toutes les familles de sang-pur. La honte de la famille. Elle était mortifiée, mais elle respira un bon coup, releva la tête et alla s'asseoir à la table des Gryffondor. Tout le monde la suivit des yeux avec stupéfaction, jusqu'à ce qu'elle prenne place à côté de Neville Londubat, le garçon au crapaud, qui avait aussi été envoyé à Gryffondor. Puis la répartition continua comme si de rien n'était, mais Ella sentait encore des regards curieux sur elle. Les yeux baissés sur son assiette, elle attendait juste que tout cela finisse et qu'elle puisse aller se réfugier dans son dortoir, loin des regards et des critiques. Le professeur McGonagall continua à égrener les noms. Pansy alla à Serpentard, sans surprise. Une des jumelles Patil, Parvati, fut envoyée à Gryffondor et elle alla s'asseoir à côté d'Ella. Et après quelques noms...
— Potter, Harry !
Un silence encore plus pesant que celui qui avait entouré sa répartition se fit dans la salle. Elladora remarqua que les chuchotements qui se faisaient entendre étaient excités, et tout le monde essayait de voir le fils Potter, qui montait sur le tabouret et mettait le chapeau sur sa tête. Il resta là de longues minutes, et Elladora aperçut, en regardant bien, que le garçon serrait le bord du tabouret de ses doigts. Intriguée, elle attendit le verdict.
— GRYFFONDOR !
Un tonnerre d'applaudissements explosa suite à l'annonce du Choixpeau. Les Gryffondor s'étaient même levés de leur banc pour accueillir le sauveur du Monde Magique. Elladora, quant à elle, regardait le petit Harry Potter qui semblait aussi perdu qu'elle, quoique plus heureux. Il s'installa en face d'elle, à côté d'Hermione Granger, et serra la main de tous ceux qui se penchaient pour l'atteindre. Elladora se contenta de lui offrir un sourire bref, qu'il lui rendit, un peu gêné. Une élève fut répartie, puis ce fut le tour du rouquin.
— Weasley, Ronald !
Cette fois, il ne fallut que quelques secondes au Choixpeau pour se décider.
— GRYFFONDOR !
Sous les applaudissements, le Weasley alla s'asseoir à côté d'Harry Potter. Enfin, Blaise fut réparti à Serpentard, finissant de démoraliser Elladora. Elle se faisait de si grands espoirs quand à ces sept années qu'elle passerait à Poudlard ! Elle avait imaginé tant de scénarios sur sa scolarité, mais jamais, dans aucun d'entre eux, elle ne se retrouvait à Gryffondor. Malgré tout, elle ne laissa rien paraître et garda l'air digne de sa famille gravé sur son visage, bien que ses doigts, cachés sous la table, tremblaient.
Une fois que le professeur McGonagall eut rangé le tabouret et le Choixpeau, et que Albus Dumbledore eut fini son bref discours (le père d'Elladora avait toujours dit qu'il était fou et qu'il ne méritait pas sa place de directeur Elladora comprit enfin pourquoi), les plats se remplirent de mets tous plus appétissants les uns que les autres. Tous se jetèrent alors sur la nourriture comme si ils n'avaient rien mangé depuis le matin, ce qui était parfois vrai. Elladora, qui n'avait pas eu faim jusque là à cause de sa nervosité, se rendit compte que son ventre émettait de petits borborygmes. Elle participa donc à la joie et l'entrain général en se servant dans chacun des plats, en gardant tout de même ses réserves et l'attitude qui convenait à quelqu'un de son rang. Des conversations débutaient autour d'elle, mais elle n'y portait pas grande attention, n'y étant pas conviée. Tous semblaient d'accord pour la laisser de côté, et elle n'en était pas mécontente. Ainsi, elle pouvait manger en paix.
Le fantôme de Gryffondor parlait avec les garçons assis à côté d'elle, et elle releva la tête quand il mentionna le fantôme de Serpentard. Pour la première fois depuis le début du banquet, elle jeta un œil à la table à laquelle elle aurait dû appartenir. Son frère était assis à côté du Baron Sanglant et semblait être à la fois très mal à l'aise et furieux. Le cœur d'Elladora se serra. Elle aurait dû être à ses côtés.
Les plats disparurent, laissant place aux desserts. Elladora vit avec plaisir une tarte à la mélasse apparaître devant elle : c'était son dessert préféré. Elle tendit la main pour se servir une part, mais elle heurta la main d'Harry Potter, qui semblait avoir eu la même idée. Gênée, la petite retira sa main aussitôt et marmonna des excuses.
— C'est rien , lui répondit le garçon avec un sourire. Tiens.
Il lui tendit alors une part du gâteau, qu'Elladora accepta avec un sourire poli. A côté d'elle, Neville racontait comment il avait découvert qu'il était un sorcier. Son histoire d'oncle qui tentait de provoquer des accidents pour découvrir ses pouvoirs donna des frissons à la jeune Malefoy. C'était le genre de choses que sa tante Bellatrix aurait fait intentionnellement. Heureusement, elle ne l'avait que très peu connue : les Lestrange avaient été enfermés à Azkaban à la chute du Seigneur des Ténèbres. Un petit cri la sortit de ses pensées : Harry Potter appuyait sa main contre son front. Intéressée, Elladora écouta la conversation entre Harry et Percy, lorsqu'ils se mirent à parler de son parrain. Fronçant les sourcils, elle ne put se retenir de répliquer :
— Mon parrain , commença-t-elle d'un air hautain, adore l'art des potions. Il est le plus talentueux et le plus jeune maître potionniste que l'Angleterre aie connu jusque là. C'est un honneur de recevoir ses cours. De plus, les sorciers devraient arrêter d'avoir peur de la magie noire. La connaître n'est pas s'en servir, et il est important de savoir ce qu'il en ressort afin de s'en protéger. Ais-je tort ?
Harry haussa les épaules, continuant de manger sa tarte, mais Percy Weasley fronça les sourcils.
— Je suis préfet, ne me parle pas sur ce ton.
Elladora haussa un sourcil. Elle commençait tout juste à s'échauffer.
— T'aurais-je offensé ? Ce n'était point mon intention. Cependant, en tant que préfet, ne devrais-tu pas montrer l'exemple ? Je crois que critiquer les professeurs dans leur dos ne fait pas parti des exigences de ton poste.
Le préfet rougit violemment, mais ne répliqua plus. Elladora eut un sourire en coin et secoua la tête. Ce n'est pas parce qu'elle était dans cette maison qu'elle était obligée d'adhérer à tout que ce que ses camarades allaient lui dire. En outre, elle ne supporterait pas qu'ils critiquent son parrain ou son jumeau.
Une fois que chacun eut fini de manger, les desserts disparurent à leur tour. Elladora ne put empêcher un long bâillement. Elle était exténuée par les émotions de la journée. Tout ce qu'elle attendait maintenant, c'était d'aller se coucher. C'était sans compter sur le directeur, qui avait encore quelques points à clarifier.
— Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, je voudrais encore dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les première années doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.
Le professeur Dumbledore jeta un coup d'œil à la table des Gryffondor. Elladora ne vit pas précisément à qui ces mots étaient adressés, mais elle se ratatina quand même sur son banc en sentant le regard perçant du vieil homme sur elle. C'était très intimidant.
— Monsieur Rusard, le concierge, m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire parti de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Madame Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du troisième étage de l'aile droite est formellement interdit, à moins que vous teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.
Un éclat de rire perça le silence : Harry Potter semblait prendre ça un peu à la légère. Elladora fronça les sourcils. Pourquoi un couloir devait être interdit d'accès ? Et surtout, pourquoi on ne leur disait pas la raison ?
Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions, puisque le professeur Dumbledore annonça le début du chant de l'hymne du collège. Pétrifiée, Elladora regarda autour d'elle. Il n'allait pas les faire chanter devant tout le monde ? Sans savoir l'air ni les paroles ? La jeune fille se décida à faire comme les autres et murmura la chanson du bout des lèvres, sur l'air d'une berceuse qu'elle avait dû entendre étant petite. Puis ils allèrent tous se coucher, et la jeune fille poussa un soupir de soulagement. Elle tenta d'intercepter son jumeau, mais tous deux devaient suivre leurs préfets et elle le perdit de vue quand ils se mirent à monter dans les étages. Elle suivit donc sa maison jusqu'à un portrait représentant une grosse dame habillée de rose. Elle était si fatiguée qu'elle ne regardait même pas où elle mettait les pieds. Elle se rappelait vaguement qu'ils aient été arrêtés par un esprit frappeur, mais elle ne pensait qu'à son lit.
— Caput Draconis , dit Percy, et Elladora nota le mot de passe dans un coin de sa tête.
Enfin, ils étaient arrivés dans la salle commune de Gryffondor. C'était une salle ronde, à l'ambiance chaleureuse grâce aux nombreux tons de rouges et de pourpres qui rappelaient les couleurs de Gryffondor. Percy Weasley leur montra les dortoirs, et Elladora fut ravie d'apprendre que les garçons ne pouvaient pas pénétrer dans les leurs. Elle suivit alors ses camarades de première année jusqu'au premier étage, où elle allait dormir toute l'année. En regardant autour d'elle, elle vit ses camarades de dortoir : Hermione Granger, Lavande Brown, Parvati Patil et Éloïse Midgen. Il y avait mieux, mais c'était peut-être préférable que de passer toutes ses soirées à entendre Pansy parler de Drago avec un air énamouré. Les jeunes filles ne parlèrent pas beaucoup lors de cette première soirée, préférant s'habiller pour la nuit et se coucher immédiatement. Faon roulé en boule au creux de son cou, Elladora se glissa sous ses draps avec une seule hâte : aller en cours et montrer à tous que ce n'était pas parce qu'un vieux chapeau froissé l'avait envoyée à Gryffondor qu'elle n'était plus une Malefoy.
— Quel déshonneur...
— Quel honte...
— Ses pauvres parents !...
— Et son frère, il doit avoir tellement honte de partager son nom et son sang...
Elladora chercha la provenance de ces voix. Elle n'arrivait pas à distinguer qui parlait dans cette nuit noire, et leurs paroles lui faisaient mal... Si mal... Elle se recroquevilla au fond de son lit, plaquant sa main contre ses oreilles, les yeux se remplissant de larmes alors que les voix se mettaient à lui crier sa honte. Soudain, la lumière s'alluma et ses parents et son frère la regardèrent d'un air mauvais. Elle regarda autour d'elle. Elle était dans sa chambre. Avait-elle rêvé la répartition ? Son arrivée à Poudlard ?
— Père, mère, Drago... J'ai fais un horrible cauchemar...
Mais sa famille ne lui répondait pas. Ils continuaient de la regarder d'un air mauvais. Puis son père ouvrit la bouche :
— Tu ne mérites pas d'être notre enfant.
Choquée, Elladora ouvrit de grands yeux. Puis Narcissa plissa son petit nez de dégoût.
— Lucius, partons d'ici. Laissons-la seule. Elle ne devrait plus porter le nom de Malefoy si c'est pour le salir ainsi...
Et ils s'en allèrent tous deux, laissant Elladora au bord des larmes en face de son frère. Celui-ci lui adressait un regard si froid et méprisant que la petit blonde en trembla.
— Dra... Drago...
Mais son jumeau secoua la tête et quitta la chambre sans un regard en arrière pour sa sœur
— Non ! Non, je ferai mieux ! Ne me laissez pas, ne me laissez pas... Se mit à crier la petite.
L'obscurité reprit peu à peu possession de la chambre alors qu'un rire terrifiant se mit à résonner entre les murs. Il prit de plus en plus d'ampleur, jusqu'à ce qu'un éclair de lumière verte aveugle Elladora et qu'elle ne se réveille en sursaut.
Pleine de sueur, des larmes coulant encore de ses joues, la petite respira un grand coup avant de se lever pour aller se rafraîchir. Elle s'observa longuement dans le miroir, détaillant son visage pointu, ses yeux gris pâle, ses cheveux blonds si clairs qu'ils en paraissaient blancs à la lumière de la lune, coupés en un carré parfait... Son regard s'arrêta sur le pendentif de son parrain, qu'elle ne quittait jamais, et elle le serra entre ses doigts jusqu'à ce qu'elle retourne dans son lit, profitant de cette chaleur familière pour s'endormir et oublier tout de cet affreux cauchemar, aidée par les câlins que lui apportait le chaton.
Alors ? Pas mal hein *wink* J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, j'arrêtais pas de transpirer parce que je stressais pour Elladora et je ressentais toutes ses émotions ^^' Un chapitre plutôt intense (de mon point de vue héhé) et qui pose les bases pour la suite ! J'espère que ça vous aura plu, et j'espère que vous serez là la prochaine fois !
A la semaine prochaine ! 3
