Ce début d'année passa bien rapidement. La neige ne tarda pas à tomber dès le début du mois de décembre. Les vacances de Noël ne arriveraient le 18 décembre, c'est à dire deux jours plus tard.
A l'arrivée des fêtes, les professeurs avaient décidé de dédier les deux jours qui précédaient le départ des élèves à un cours intitulé "Noël dans le monde".
Les élèves étaient tous très heureux de venter les mérites de Noël dans leur pays. Plusieurs heures furent consacrées au Père Noël. Les avis étaient partagés. Était il un merveilleux personnage admiré des enfants ou une enflure qui les faisait pleurer lorsque ils apprenaient qu'il n'existait pas? Là était toute la question. Le débat ( plutôt mouvementé par ailleurs ) se termina d'un coup de poing du professeur sur la table ( coup de poing qui fit plus de mal au professeur qu'à la table ). Les tympan des élèves prirent eux aussi un coup, tant par le bruit du coup sur la table que par le cri de douleur du professeur.
Le second débat était bien plus "sérieux". Fallait il ouvrir les cadeaux le matin ou le soir? Là, aucun coup ne fut porté à la pauvre table. Le débat finit en hurlement jusqu'à la sonnerie du repas. Comme quoi, rien ne vaut un potage répugnant pour calmer une dispute. Car oui, ce soir là, personne ne trouva la soupe à son goût. Il faut aussi dire que la couleur était peu attirante et que la mixture était âpre et était accompagné d'un merveilleusement arrière goût de vomi.
Le lendemain, on fit un festin. Les élèves partaient pour un mois, on servit donc un repas de Noël avant l'heure. On ne trouva rien à redire.
Le 18 était arrivé. Il était 10 heures. Dans le hall d'entre, les élèves se saluaient, aussi tristes que si ils n'allaient jamais se revoir.
Janvier arriva. Les élèves rentrèrent de vacances et les cours reprirent.
Dans le jardin, entre les séquoias et les bouleaux, un groupe de fille parlait garçons. Ce groupe était constitué de Marianne Bonnefoy, Emily Jones, Sakura Honda, Lin Yi Ling, Alice et Chiara Vargas. Elles parlèrent chacune leur tour du garçon qui leur plaisait et pourquoi.
"Emily : Mais vous pouvez pas le nier, il est quand même trop beau Ivan.
- Alice : Il est un peu flippant quand même.
- Emily : Mais il est trop classe, et grand, et tellement inteligent, et j'adore son accent.
- Marianne : Il est bizarre son à accent.
- Emily : Tu dis ça mais t'as vu l'accent de ton buveur de thé quand tu lui apprend le Français?
- Marianne : Je vois de quoi tu parles.
- Emily : Tu crois que je t'ai pas vue à lui tourner autour et à lui balancer des vers de poésie romantique? On se croirait presque chez Disney!
- Alice : L'amour brille, sous les étoiles...
- Chiara : Ferme la, connasse, tu chantes mal.
- Marianne : Mais toi, Chiara, dis nous. Il te plaît bien Antonio...
- Chiara : Ce bâtard d'espagnol? Certainement pas! Qu'il aille se faire foutre ce connard!
- Alice : Le problème avec toi c'est que quand t'insultes quelqu'un c'est que tu l'aimes bien.
- Chiara : C'est pas vrai! J'aime pas ce sale bouffeur de paella! Et puis on en avait pas fini avec Marianne et Arthur.
- Marianne : Si si on avait fini.
- Emily : Ne cherche pas à t'échapper, parle nous un peu. T'inquiètes pas, ensuite on passe aux autres, mais là, c'est ton tour.
- Marianne : J'y peux rien si il est beau.
- Alice : Moi j'aime pas ses sourcils.
- Marianne : Les sourcils ne font pas le gentleman.
- Sakura : Tu le défends, c'est trop mignon.
- Marianne : Peut être, et alors?
- Lin : Tu l'aimes...
- Marianne : Bon, à la suivante, Alice, t'aimes qui toi?
- Alice : Moi? Euh... Et bien... En fait... Euh... Je...
- Marianne : T'es rouge comme une tomate !
- Emily : Ne dis pas ça, Chiara est dans le coin.
- Chiara : Ta gueule, enfoirée.
- Emily : Mais!
- Chiara : Ah oui, au passage, Alice passe son temps à parler de l'autre blond boufeur de patates.
- Sakura : Ludwig?
- Chiara : Ouais, pourquoi? T'es jalouse?
- Sakura : Non, c'est un ami.
- Chiara : Pour Alice c'est pas juste un ami.
- Alice : Mais il est tellement classe, et tellement musclé...
- Marianne : C'est beau l'amour.
- Lin Yi Ling : Reparlons de ton buveur de thé...
- Marianne : Et toi, t'aimes qui?
- Lin Yi Ling : Ben...
- Marianne : On a toutes avoué. Ou on nous a forcé à avouer mais dis. T'es attirée par aucun des mecs?
- Lin : Non, aucun des mecs...
- Sakura : Moi non plus.
- Marianne : Sérieux? Vous êtes pas amoureuses?
- Lin : Ben...
- Sakura : Non?
- Emily : Allez, vous nous faites pas confiance?
- Sakura : C'est pas ça...
- Marianne : Je suis pas sûre de comprendre..."
Elles continuèrent à tergiverser pendant qu'Alice faisait une liste de tous les garçons de la classe sous les remarques plus ou moins sympathiques de sa soeur.
Sakura et Lin finirent par s'enfuir. Elles marchèrent le long des acacias et s'installèrent sur un banc au bout de l'allée puis parlèrent, d'abord de leurs amies, puis, sans donner de nom, elles dirent que la personne qu'elles aimaient était à côté, qu'elles ne pouvaient pas le dire comme ça, elles dirent pourquoi elles aimaient cette personne, puis demandèrent à l'autre qui était cette personne, elles décidèrent de répondre en même temps et firent la promesse de ne pas reculer et de dire vraiment. Le décompte commença, puis se termina. Un mot murmuré à l'unisson fut transporté par les feuilles et les fleurs à travers le vent. Ce petit mot, pourtant si insignifiant aux yeux de tous était si dur à dire... Trois lettres qui pesaient si lourd, trois lettres si compliquées à prononcer. Ce mot, ces lettres, c'était "toi". Toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi... Trois lettres emmenées par le vent, un mot si lourd qui, une fois libéré, libérait les coeurs.
Ne cherchons pas à savoir pourquoi, mais pendant que les filles parlaient garçons, eux les regardaient et avaient entamé un débat. Ils avaient décidé de commenter toutes les filles de la classe une par une, mais ce groupe en face d'eux semblait être le groupe de leur "préférées".
Ce groupe de garçons était composé de Ludwig et Gilbert Beilschmidt, Antonio Fernández Carriedo, Arthur Kirkland, Ivan Braginsky et Yao Wang.
"Gilbert : Marianne.
- Arthur : Elle est pas mal.
- Antonio : Elle est sympa.
- Arthur : Elle aime beaucoup Ronsard.
- Gilbert : C'est qui?
- Ivan : Comment tu sais?
- Arthur : C'est un poète Français qui a fait plein de poésies romantiques. Elle le cite vingt fois par jour.
- Antonio : C'est mignon...
- Arthur : Pourquoi?
- Antonio : Mais réfléchis! Si elle te balance des vers romantiques à longueur de journée, ça doit avoir une signification. Tu penses pas?
- Arthur : Ah bon?
- Antonio : Et ouais...
- Gilbert : Bon, Emily.
- Ivan : Elle est jolie Emily.
- Arthur : Je m'appelle Émilie jolie...
- Yao : Hein?
- Arthur : C'est une chanson française.
- Antonio : Tu passes ton temps à parler de la France.
- Arthur : Tant que ça?
- Ludwig : A longueur de journée.
- Arthur : Mais revenons à Emily. C'est vrai qu'elle est super belle... Ivan, pourquoi tu me regardes comme ça? C'est flippant.
- Ivan : Pour rien...
- Gilbert : T'es jaloux?
- Antonio : Ah, l'amour...
- Ludwig : Je vois pas trop Ivan amoureux en fait...
- Ivan : Et pourquoi pas?
- Ludwig : Je sais pas.
- Gilbert : Bon. Sinon, il y a Alice et Chiara.
- Ivan : Ah! J'ai entendu Chiara crier "ce bâtard d'espagnol". Et maintenant, "j'aime pas ce sale bouffeur de paella!".
- Ludwig : D'après Alice, elle insulte que les gens qu'elle aime bien.
- Antonio : C'est vrai?
- Yao : Tellement d'espoir dans tes yeux, Antonio...
- Antonio : Et alors, ça pose problème?
- Arthur : Ah... Le bouffeur de paella aime Chiara.
- Antonio : Ah... Le buveur de thé aime Marianne.
- Ludwig : Buveur de thé?
- Antonio : Emily a parlé de buveur de thé à Marianne, j'en ai déduit qu'elle parlait d'Arthur.
- Yao : C'est plausible.
- Gilbert : Et Alice?
- Yao : Pour ça, faut demander à Ludwig.
- Antonio : Qui est tout rouge par ailleurs.
- Ivan : Et voilà, on a trouvé de qui Ludwig était amoureux depuis tout ce temps.
- Ludwig : Je vous hais.
- Antonio : Tu es mon futur beau frère alors.
- Ludwig : Ah c'est balo ça...
- Antonio : Comment suis je sensé le prendre?
- Gilbert : Ah... Mon frère est amoureux.
- Arthur : Et toi Gil? T'aimes qui?
- Gilbert : Moi? Euh...
- Antonio : Le canadien?
- Gilbert : Le awesome moi n'a pas pu décider de tomber amoureux. Ce n'est ma faute.
- Ludwig : Tu me l'as même pas dis!
- Yao : C'est pas bien...
- Gilbert : Et toi?
- Yao : Moi?
- Gilbert : Qui d'autre?
- Yao : Moi, personne.
- Arthur : Même pas de voisine?
- Yao : Je les vois plus comme des cousins et cousines en fait...
- Gilbert : Ah ouais tomber amoureux de sa cousine quand même...
- Antonio : Est ce que quelqu'un saurait pourquoi est ce que Marianne et Emily tournent autour de Sakura et Lin comme ça?
- Yao : Arthur c'est pour toi ça c'est les deux que t'aimes bien.
- Arthur : Comment est ce que je saurais moi...
- Gilbert : Ouais mais là elles s'enfuient carrément.
- Ludwig : C'est sensé être normal?
- Antonio : Je sais pas.
- Ludwig : Je crois qu'elles nous ont vus. Elles viennent vers nous.
- Antonio : Salut les filles!
- Emily : Ouais ouais salut. Mais vous êtes la depuis combien de temps?
- Ivan : Environ une demi heure...
- Marianne : Tant que ça? Mais vous avez entendu ce qu'on disais?
- Antoine : Non. Mais pourquoi est ce que Sakura et Lin se sont enfuies en courant tout à l'heure?
- Chiara : C'est tes affaires peut être bâtard?
- Alice : C'est pas de ma faute! C'est Emily et Marianne!
- Marianne : La solidarité c'est pas trop ça...
- Emily : Ouais, franchement, c'est pas très solidaire.
- Alice : Je suis désolée! Pardon, pardon! Je suis désolée!
- Chiara : Arrête de t'excuser, c'est pénible."
La cloche annonçant le début du repas stoppa leur discution.
L'estomac est le maître du monde.
