Ma petite note: C'est bizarre, j'ai écris plus de mot pour le contenu du chapitre, et pourtant, j'ai l'impression qu'il est beaucoup plus court, allez savoir...

Re-Edition: Certains mots comme rencontres, rencontrez, rendez-vous, argenté...ont été effacés apparemment, tandis que chez moi il s'affichent en bleu souligné et quand je clique dessus je tombe sur un site de rencontre*..Je suis la seule ou bien? Au passage, j'ai modifié quelques phrases.


À la seconde où elle entendit son nom de scène et qu'elle reconnue la voix de son client de la veille, le cœur de Clarke s'arrêta de battre et son thermos de café lui glissa des mains. Bien qu'il était à moitié-vide lorsque le gobelet se heurta contre le sol, son capuchon se détacha et aussitôt, une mare brunâtre se répandit sur le sol avant qu'elle n'ait put faire le moindre geste.

-Non...Murmura-t-elle tout bas avant qu'elle ne pose son sac contre un des murs du couloir, puis s'accroupisse près de la flaque de café renversé, plaçant son cahier à dessin qu'elle tenait dans son autre main près d'elle.

Cette journée commençait encore plus mal que ce qu'elle ne pouvait l'imaginer et à son fardeau quotidien qu'était son état perpétuel de fatigue s'ajoutait maintenant sa maladresse et cette rencontre pour le moins surprenante. Après tout, le club dans lequel elle travaillait était situé dans une ville voisine et seul les adultes majeurs y étaient autorisés, donc elle ne comprenait pas comment Bellamy avait put y entrer et être toujours au lycée. Soit il avait utilisé une fausse identité, soit il n'était pas un élève, mais dans ce cas, que faisait-il donc ici?

Clarke ramassa son thermos à présent vide, disant adieu à son seul moyen de rester concentrer lors de cette matinée, tout en récupérant son couvercle et en le revissant sur la base du mug.

-Attention! L'avertit Bellamy en se penchant brusquement vers elle.

Pendant quelques secondes, le cerveau de Clarke sembla se mettre en veille, oubliant totalement ce qui n'était pas l'homme qui mettait potentiellement en danger son secret le plus honteux, mais elle reprit très rapidement ses esprits lorsqu'elle se rendit compte qu'il n'en avait pas après elle, mais après son carnet à dessin.

-Clarke Griffin? Lui demanda-t-il en lisant le prénom qui était écrit au feutre argenté au début du amas de feuille sur lesquelles elle avait gribouillé durant ces rares heures de temps libres, et qu'elle avait ensuite relié à l'aide d'un revêtement en carton pour mettre un peu d'ordre dans ses croquis.

Savoir qu'il connaissait son prénom et son nom de famille complet lui donna des frissons dans le dos.

Clarke se remémora l'autre nuit, ainsi que le moment où elle l'avait laissé l'embrasser avant de s'enfuir. La seule raison qui lui avait donné envie d'être proche de lui , aussi bien physiquement que mentalement, était que ce Bellamy n'était qu'un inconnu parmi tant d'autres, venu s'égarer au club lors de l'une des mauvaises périodes de sa vie, et qu'elle n'aurait plus jamais l'occasion de voir une fois que le jour se serait levé.

Hors, maintenant, elle avait la preuve que ce client là ne serait sûrement pas aussi simple à oublier qu'elle le pensait, ainsi que l'étrange sentiment qu'elle ne pourrait pas éviter les autres confrontations directes avec lui qui étaient à venir.

Bellamy feuilleta attentivement quelques pages de son carnet en les tournant avec le plus grand soin, et Clarke ne sut comment elle devait réagir. Devait-t-elle se sentir en colère car il venait de violer son intimité en se permettant un coup d'œil prolongé sur les croquis qu'elle avait dessiné pour soigner son cœur brisé? Ou, au contraire, devait-t-elle se sentir flattée qu'il semble si intéressé par ces dessins qu'elle n'avait jusque là, jamais osé montrer à quelqu'un? Ses sentiments étaient envahis par une sorte de confusion dues aux signaux contradictoires que lui envoyait son cerveau et son cœur, le premier lui disant qu'il n'était rien d'autre qu'un danger pour son secret, le second lui affirmant qu'elle pourrait avoir besoin d'un allié, voir d'un confident auquel elle pourrait se confier sans avoir peur d'être ridicule.

«Se confier...»pensa-t-elle avant qu'elle ne se rappelle de la véritable raison de sa présence dans le couloir de l'administration.

Clarke jeta un discret coup d'œil à l'horloge suspendue à un mur proche et elle se rappela qu'elle avait rendez-vous avec la psychologue scolaire dans moins de...trente secondes.

-Clarke? Demanda à nouveau Bellamy, alors qu'elle peinait à éponger la flaque de café avec des mouchoirs tout droit sortis de la poche de sa veste en jean.

Aussitôt, elle se mit à le dévisager alors qu'il lui tendait son cahier, un genoux posé sur le sol comme s'il allait lui demander de l'épouser, et son regard se mêlant au sien avec le même éclat malicieux qu'elle retrouvait aussi dans son sourire en coin.

-Désolé, ce n'est ni mon cahier, ni mon prénom, mentit Clarke sur un coup de tête.

Elle avait beau savoir qu'il ne la croirait pas, elle devait essayer de l'embrouiller, rien que pour pouvoir se dire qu'elle avait tout tenté pour faire en sorte que son secret reste secret aussi longtemps que possible et avoir bonne conscience.

-Vraiment? Répondit-il en arquant un de ses sourcils dans un geste interrogateur.

-Oui, répondit-elle simplement en reprenant son carnet des mains de Bellamy.

Après avoir vérifier qu'il n'était pas abîmé, elle se releva tout doucement et jeta la boule de mouchoirs trempés de café encore tiède dans la poubelle la plus proche d'elle, tenant son cahier à dessin dans sa main encore propre.

Clarke évita de croiser son regard lorsqu'elle revenue sur ses pas afin de récupérer son sac d'école, toujours adossé contre le mur, et avant de le ramasser, elle décida que si elle voulait avoir plus de crédibilité, elle devait lui donner quelques -faux- détails.

-C'est celui d'une amie, commença à expliquer Clarke tout en fixant avec détermination ses vieilles converses, je dois juste lui garder le temps qu'elle...

-Griffin? L'interrompit la voix haut-perchée de la psychologue scolaire.

Par réflexe, Clarke se retourna lorsqu'elle entendit son prénom, et ce n'est qu'une fraction de seconde trop tard qu'elle réalisa l'erreur qu'elle venait de faire.

En colère contre elle-même, elle sera le poing de sa main libre jusqu'à sentir ses ongles lui entailler la paume.

Elle avait l'impression de pouvoir percevoir le sourire insolent et victorieux de Bellamy, qui faisait se hérisser tous les poils de sa nuque, et cela ne fit qu'accroître la rage qui lui empoignait les entrailles.

Comment avait-elle put être aussi stupide?

Si elle n'était pas vraiment sûre d'avoir été percée à jour avant, maintenant, elle n'en avait plus aucun doute désormais.

«Stupide, stupide, stupide, stupide...»

-Clarke? Lui redemanda la psychologue en la regardant d'un air intrigué. Est-ce que tu vas te contenter de me dévisager toute la journée, ou tu vas te décider à rentrer dans mon bureau?

La belle blonde bredouilla quelques mots indistincts à l'intention de son interlocutrice, puis ne désirant pas la faire attendre plus que nécessaire, ainsi que d'être soumise au regard presque humiliant de Bellamy plus longtemps, elle s'engouffra après elle dans son bureau, claquant la porte au passage.


-Alors, comment tu te sens?

Pourquoi est-ce qu'elle la tutoyais? Étais-ce une nouvelle tentative de sa part pour se rapproché d'elle afin qu'elle se livre plus facilement?

-Bien, répondit Clarke machinalement.

Bien qu'elle soit assise en tailleur sur un petit divan prévu pour que les élèves s'y relaxent, elle ne pouvait s'empêcher de «battre» des jambes tel un papillon puisque c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour évacuer son stress. Que se passerait-il la prochaine fois qu'elle le recroiserait? Quand et où serait cette rencontre? Serait-ce lors d'une de ses soirées au club, ou bien pire, en plein milieu des couloirs du lycée? Est-ce qu'il divulguerait son secret aux autres?

-Même si je te le souhaite, je ne pense pas qu'avec tout ce que tu traverses en ce moment, tu puisses te sentir «bien»,Clarke.

-«Tout ce que je traverse»? Je suis désolé, mais j'ai du mal à vous suivre, la reprit Clarke d'une manière assez sèche. Oui, ma mère est malade, et oui je suis triste qu'elle soit celle qui soufre d'une insuffisance rénale, mais nous sommes tous humains et donc, nous devons tous mourir un jour, que ce soit tôt ou tard. De plus, je suis sûr qu'il y a plus malheureux que moi sur cette planète.

Clarke l'observa prendre des notes au crayon dans un petit calepin qu'elle sortait à chaque fois qu'elles étaient forcées de se voir.

-As-tu peur? La questionna la conseillère en l'observant comme si son visage sans émotions allait lui livrer le moindre de ses secrets.

La vraie question devrait plutôt être: quand n'avait-elle pas peur? Chaque fois qu'elle fermait les yeux le soir ou qu'elle quittait la maison, elle avait peur qu'à son retour, sa mère ne respire plus. Chaque fois qu'elle avait un examen à passer, elle avait peur de le rater et d'ainsi, mettre en danger la seule chance qu'elle avait de s'enfuir très loin d'ici pour essayer de se bâtir une solide carrière qui donnerait envie à tous, ou alors sa seule chance de gagner assez d'argent pour rembourser l'hypothèque qui était sur la maison de ses parents. Chaque fois qu'elle devait faire une nouvelle entrée sur scène, ainsi que danser pendant un nouveau show, elle avait peur que cette boule qu'elle avait au ventre ne l'empêche de mener à bien sa danse et donc de ne pas avoir de pourboire.

-De quoi? Demanda-t-elle en faisant comme si elle ne savait pas de quoi elle voulait parler.

-D'être atteinte de la même maladie que celle dont souffre ta mère, répondit sans détour la psychologue.

Clarke voulut répliquer, mais elle resta interdite et bouche-bée face à la vérité. Bien sûr, elle avait déjà envisager cette possibilité, mais jamais elle n'avait eu le courage de passer les examens préliminaires que lui avait recommandé le médecin il y a presque un an de cela. C'est d'ailleurs à cette période-là que sa mère était en train de sombrer dans la maladie et que ses visites trop fréquentes à l'hôpital commençaientt à faire perdre espoir à Clarke, bien que son sort n'était pas encore fixé à l'époque.

Elle ramena ses jambes à elle, les serrant contre sa poitrine et les bloquant entre ses deux bras.

-Je me suis renseignée depuis notre dernière séance et j'ai lu que cette maladie pouvait se transmettre dans les gênes et qu'elle pouvait aussi se déclarer très tôt.

Brusquement, la blonde se redressa, piquée au vif.

-Ça suffit, d'accord? S'écria Clarke en retrouvant soudainement la parole. Je n'ai pas à rester ici à vous écoutez me dire comment je vais peut-être mourir alors que je pourrais prendre de l'avance sur mes devoirs au lieu de gaspiller mon temps ici!

Clarke pouvait sembler caractérielle dans une situation comme celle-ci, mais en réalité, elle était de nature calme et rationnelle. En fait, ce n'était que lorsqu'on abordait ce sujet sensible qu'elle s'emportait. Clarke récupéra le thermos qu'elle avait posé sur le bureau ainsi que son carnet à dessin, et quand elle voulut reprendre son sac, elle réalisa qu'elle ne l'avait pas.

«Et merde!» pensa-t-elle alors qu'elle se rappelait de l'endroit où elle l'avait laissé pour la dernière fois.

-Griffin, rasseyez-vous tout de suite! Ordonna la voie aiguë de la psychologue scolaire alors qu'elle ouvrait la porte du petit bureau à la volée.

«Vous?» songea-t-elle. Apparemment, elle venait juste de perdre son statut de privilégiée, non pas qu'elle s'en souciait réellement.

Clarke sortit de la salle sans refermer la porte derrière elle, puis elle balaya le couloir du regard, mais aucunes traces de son sac.

«Merde, merde, merde, merde...»

Il contenait toutes ses notes du dernier trimestre puisqu'

elle les emportaient partout avec elle afin de pouvoir réviser à toutes heures et sans elles, elle était perdue!

Clarke se prit la tête entre les mains, puis ensuite, elle parcourue ses longs cheveux avec, avant qu'elle ne s'immobilise complètement.

Bellamy.


Clarke observa avec attention la note que quelqu'un avait glissé dans son casier et qu'elle avait reçue quelques heures plus tôt:

«Ce soir, 23 heures, même endroit que la dernière fois. Je compte sur toi, Princesse

Elle froissa le petit morceau de papier entre ses doigts et elle fit furieusement rouler la boule entre ses doigts avant de la jeter dans la poubelle la plus proche.

Il était près de 23 heures 30 et pourtant, il n'y avait toujours personne devant l'entrée du club.

Clarke soupira une énième fois avant de rentrer par la porte du bar où elle avait travaillé la veille. Si elle avait crut qu'elle n'aurait pas à le faire en arrivant dix minutes avant l'heure du rendez-vous, elle s'était bien trompée. A peine après avoir ouvert la porte, le vigile la reconnue et il la laissa passer sans vérifier sa carte d'identité. Bien qu'elle ne soit pas majeure, elle avait réussie à décrocher ce "métier", après que l'une des autres employée l'ait mise en contact avec le manager.

Revenir dans cet endroit aussi vite ne lui plaisait pas. Généralement, elle laissait quelques jours s'écouler avant d'y remettre les pieds, laissant aux clients le temps d'oublier son visage – enfin, pour le peu qu'ils la regardait elle, et non ses courbes.

Confortablement vêtue d'un jean et d'un simple haut en dessous de la même veste en jean qu'elle portait toujours, Clarke se faufila entre les banquettes sans que aucuns clients ne lui prête attention et elle rejoignit la seule personne qui lui ait accordé un seul regard depuis son entrée.

Elle s'installa sur l'un des nombreux canapés rouges du club, juste en face de Bellamy, et malgré que plusieurs filles étaient en train de danser, il ne regardait qu'elle, avec toujours la même expression énigmatique plaquée sur son visage.

-Qu'est-ce que tu as fais avec mon sac et qu'est-ce que tu faisais dans mon lycée? Lui demanda Clarke en abordant le sujet directement et ne voulant pas perdre son temps dans des discussions inutiles.

Bellamy la fixa avec amusement, avant de faire glisser le deuxième verre qui trônait sur la table vers elle, puis buvant une petite gorgée dans le premier.

Clarke fixa le liquide transparent,presque sûre que ce n'était pas de l'eau, et elle se demanda si elle était censée en boire ou non.

-Ce sont les premières questions que tu veuilles me poser? La questionna-t-il d'un ton qui lui disait d'y réfléchir à deux fois, alors qu'elle constata que d'après lui, ils seraient amenés à se revoir.

Immédiatement, elle comprit où il voulait en venir, et Clarke posa doucement ses deux coudes sur la table qui les séparait et elle se pencha vers lui.

-Est-ce que tu vas garder mon secret? Murmura-t-elle à voix basse alors qu'elle voyait à son sourire qu'il savourait le fait qu'elle ait besoin de lui.

-Cela dépend, est-ce que tu comptes danser pour moi, Princesse?


Dans le prochain chapitre: Un jeu de questions/réponses & un peu de chantage ;)