Titre : Un enfant de toi
Auteur : x-shinigami-x
Couples : à venir
Genre : Tranche de vie, Romance, Mpreg, angst, drama, family, general, threesome (à venir)
Histoire : AC 195. Lors d'une mission, Heero et Duo sont capturés. Heero est relâché mais pas Duo... Quelques mois plus tard, le pilote du Deathscythe revient, mais pas seul...
Un immense merci à EstrellaYYa, Sortilege, gueularde, LicyLie, kaena33830, loriinda, c.1809 et darkmoonlady pour leur review sur le premier chapitre.
Chapitre 02
Ayant perdu toute notion du temps qui passe, Heero n'aurait su dire depuis combien de temps ils étaient enfermés. Duo ne s'était toujours pas réveillé et même s'il ne le montrait pas, il commençait à ressentir une certaine angoisse. De plus, la fièvre de l'américain ne cessait de croître et celui-ci s'agitait dans son sommeil. Retirant ce qui restait de son débardeur, Heero s'approcha du natté et avec un geste empli de douceur qui contrastait avec la violence de ses précédentes paroles, il épongea les gouttes de sueur qui perlaient sur son front.
- Tien bon, Duo, murmura-t-il pour lui même, espérant malgré lui que Duo l'entende.
- No... Solo, don't... Don't leave me alone... I beg you, Solo... Gémit le natté dans son inconscience, la fièvre le faisant délirer. Heero...
L'interpellé sursauta violemment à l'entente de son prénom, et reportant son attention sur le visage crispé de douleur de son coéquipier, il lui murmura doucement :
- Je suis là, Duo...
- Non, répondit le châtain comme s'il l'entendait. Tu n'es pas là... Tu n'es jamais là... Tu m'as abandonné toi aussi...
- Je suis là Duo, répéta l'asiatique en prenant la main de Duo dans la sienne afin de lui faire savoir sa présence.
- Heero... Souffla Duo qui se calma au contact de la main du japonais dans la sienne. Me laisse pas... I need you...
- Je suis là, Duo... Je suis là, répéta inlassablement le brun.
De sa main libre, Heero toucha le front couvert de sueur de Duo et ne put retenir un juron de colère en constatant que sa fièvre avait encore augmentée. Il devenait urgent d'agir s'il ne voulait pas perdre le pilote du Deathscythe qui risquait la septicémie due à sa plaie mal soignée. Ne supportant plus de rester inactif à regarder le châtain souffrir inutilement, il se leva brusquement, et sans plus de cérémonies, alla tambouriner contre la porte de la cellule :
- Appelez un médecin ! Vous m'entendez, sombres crétins !
- Ouais ouais... Répondit le garde de l'autre côté.
- Tu m'as entendu ? Gras double ! S'exclama Heero avec fougue, frappant violemment la porte.
Celle-ci s'ouvrit aussitôt sur le gardien qui s'exclama avec rage :
- T'as pas bientôt finit ton bordel ?
A peine eut-il terminé sa phrase qu'il se retrouva au sol, immobilisé par Heero qui, le tenant en joue avec son propre fusil déclara d'une voix glaciale :
- Maintenant, tu vas être gentil et m'amener à l'infirmerie, ou j'me sert de ta cervelle pour repeindre les murs ! Compris ?
- C'est bon, t'énerves pas, répliqua le soldat, effrayé par la lueur meurtrière qu'il pouvait déceler dans le regard glacial du japonais. Laisse-moi aller chercher le médecin de la base...
- Tu me prends pour un imbécile ? Demanda le brun. Tu lèves ton gros cul et tout nous conduit tout les deux à l'infirmerie, c'est pas négociable.
- Je te trouve bien prétentieux pour quelqu'un dans ta condition, rétorqua le gardien sans esquisser le moindre mouvement.
- Et toi t'es pas en position de négocier, trancha Heero sarcastique, menaçant toujours le gardien de son arme.
Le soldat ne répondit rien, soutenant momentanément le regard perçant de l'asiatique avant de finalement se relever. Un micro sourire en coin vint étirer les lèvres du pilote du Wing, narguant le soldat puis, reportant son attention sur Duo, il retourna à son chevet. L'idée d'assommer le gardien et de s'échapper avait effleuré l'esprit de l'adolescent, mais avec le corps inerte et fiévreux de Duo sur les bras, il ne pouvait se le permettre. Il y avait trop peu de chance pour qu'ils s'en sortent tous les deux sans dommage et la blessure de Duo nécessitait de soins d'urgence. Il ne survivrait pas à une tentative d'évasion, qu'elle soit couronnée de succès ou non.
Dans un geste emprunt de douceur qu'il ne se connaissait pas, Heero passa un bras sous la nuque du natté et l'autre sous ses genoux et délicatement, il le souleva, le portant comme s'il ne pesait rien. Puis, passant devant le gardien, il se laissa guider, ne protestant même pas lorsque le geôlier le poussa du bout de son arme entre les omoplates pour le faire avancer.
- N'essaye pas de jouer au plus malin, déclara-t-il, retrouvant sa répartie, rassuré par l'arme qu'il tenait entre les mains. Quelques minutes plus tard, ils arrivaient à l'infirmerie de la base et à peine Heero eut-il déposé le corps de Duo sur la civière la plus proche qu'une jeune femme faisait son apparition.
- Mais vous êtes un des rebelles ! S'exclama-t-elle surprise, en reconnaissant Heero qu'elle avait déjà vu auparavant.
- C'est pas le moment, l'interrompit brusquement le japonais reportant son attention sur Duo. Il a reçu une balle... Je l'ai retirée, mais je n'ai pas pu lui faire les soins... La plaie s'est infectée...
- Je vois ça, répondit la jeune femme répondant au nom de Sally tout en prenant la température de Duo. 41°C, souffla-t-elle, c'est beaucoup trop... Depuis combien de temps est-il ainsi ?
- Je ne sais pas, répondit l'asiatique, quelques heures...
- Vous avez de la chance. Encore quelques heures de plus et j'aurais été impuissante. Déjà là, vous ne pouvez compter que sur la volonté de votre ami...
Sur ces mots, Heero reporta son attention sur Duo qui s'agitait sur sa civière, alors que la jeune femme lui faisait une injection. Relevant la tête vers Heero, elle déclara d'un ton qui n'acceptait aucun refus :
- Tu peux nous laisser ! Toi, ajouta-t-elle à l'intention du gardien, tu peux le ramener, je m'occupe de son ami.
Docilement bien qu'à contre coeur, Heero reprit le chemin inverse, laissant Duo derrière lui, priant en silence pour qu'il s'en sorte.
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Heero ne revit pas Duo depuis qu'il avait été mené à l'hôpital et rien n'aurait pu lui faire savoir s'il devait s'en inquiéter ou pas. Depuis qu'il l'avait laissé entre les mains de la jeune femme, il n'avait plus eu aucune nouvelle du natté et au fond de lui, il sentait l'inquiétude le gagner. De plus, depuis trois jours qu'ils étaient captifs, il n'avait pas encore été torturé, et cela non plus ne le rassurait pas, Oz n'étant généralement pas du genre à faire des cadeaux. Plongé dans ses réflexions, il n'entendit pas la porte de la cellule s'ouvrir et sursauta légèrement en entendant la voix gutturale du gardien qui déclara avec nonchalance :
- Hey toi ! Debout !
Docilement, Heero s'exécuta et non content d'être écouté aussi facilement, le garde reprit :
- Met tes mains au dessus de ta tête, que je puisse les voir et avance !
Le japonais s'exécuta sans broncher et une fois à la hauteur du soldat, se laissa passer les menottes, se contentant d'adresser un regard polaire au gardien.
Puis, sans plus de cérémonie, il fut conduit à travers les dédales de la base militaire. S'attendant au pire à tout instant, Heero restait tout de même sur ses gardes, enregistrant mentalement chaque issue potentielle. Ils marchèrent ainsi un court instant et c'est non sans surprise qu'Heero s'aperçut qu'il avait visiblement été mené au laboratoire de la base. A travers la baie vitrée du sasse de sécurité, il pouvait voir des hommes et des femmes en uniforme blanc s'activer. Alors qu'il contemplait le spectacle qui se dressait devant lui, une voix sur sa droite le fit revenir à la réalité :
- Le Colonel Treize te remercie de te prêter volontaire pour la nouvelle expérience d'Oz, déclara avec sarcasme un scientifique en s'approchant de lui par derrière. Il trouve cela très généreux de ta part...
- Quelle expérience ? Demanda le brun sur la défensive, dardant un regard meurtrier sur le scientifique.
- Ca, répondit une voix dans son dos, tu n'as pas à le savoir. Contente-toi d'obéir et satisfait-toi d'être toujours en vie.
Aux premiers mots, Heero s'était retourné pour tomber nez à nez avec le Colonel Treize en personne. Un sourire satisfait vint étirer les lèvres du nouveau venu qui, plantant son regard dans celui du japonais, déclara à l'attention du scientifique :
- Vous pouvez l'emmener. Commencez les opérations et tenez vous prêts à poursuivre avec le pilote 02.
- A vos ordres, mon Colonel, répondit le scientifique.
- Ou est Duo ? S'exclama alors Heero à la mention de son ami. Que lui avez-vous fait ?
- A ta place, le coupa sèchement Treize, je m'inquiéterais plus du sort qui t'attend que de celui de ton coéquipier. Emmenez-le !
Brusquement, Heero fut emmené dans le laboratoire, sous le regard suffisant de Treize qui, derrière la vitre, observait vainqueur le déroulement des événements. De son côté, Heero, ligoté sur une table d'opération, observait avec méfiance les scientifiques s'agiter autour de lui.
- Prépare-toi à faire de jolis rêves, déclara alors le savant, un sourire malsain étirant ses lèvres.
Et avant qu'Heero n'ait pu faire quoi que ce soit, une aiguille s'enfonça dans son bras et instantanément, sa vue se troubla ainsi que son ouïe. Cependant, avant de sombrer dans le sommeil artificiel, quelques mots incohérents lui parvinrent aux oreilles :
- Commencez les prélèvements... Pas droit à l'erreur... Cherchez 02... Treize...
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Quand Duo ouvrit les yeux, ce fut pour les refermer immédiatement, aveuglé par l'afflux de lumière blanche éblouissante qui illuminait la pièce. Papillonnant des yeux, il les rouvrit plus lentement, tentant de s'habituer à la clarté environnante. Lorsque ses yeux se furent accoutumés à la lumière blanche, il prit le temps d'observer son environnement. Aux "bip" réguliers qui lui parvenaient aux oreilles et à l'odeur aseptisée qui lui agressait les narines, il se redressa brusquement dans son lit et émit un gémissement alors qu'une vive douleur au niveau de l'aine le fit grimacer tout en arrachant sans plus de cérémonies l'intraveineuse plantée dans son bras.
- Tu es réveillé, déclara alors une voix à ses côtés, plus par constatation que par question.
Relevant la tête, Duo tomba nez à nez avec une jeune femme aux cheveux blonds coiffés en deux nattes sur ses oreilles, habillée d'une blouse blanche et tenant un carnet de notes dans les mains. Elle lui adressait un sourire chaleureux.
- Qui êtes-vous ? Demanda le natté avec méfiance. Où je suis ?
- D'abord, calme-toi, répondit la jeune femme. Je m'appelle Sally, je suis médecin pour Oz.
- Oz ? Répéta le natté en lui adressant un regard méfiant. Pourquoi je suis ici ? Où est Heero ?
- Tu es ici parce que tu as été blessé par balle il y a trois jours. Quant à ton ami, il va bien... C'est tout ce que je suis autorisée à te dire, ajouta-t-elle en voyant Duo ouvrir la bouche pour protester. Maintenant, allonge-toi, tu es encore faible. Tu dois avoir faim, non ? Ne bouge pas, je vais te chercher un plateau repas.
Et avant que Duo n'ait le temps d'enregistrer toutes les informations reçues, la dénommée Sally était déjà partie.
"Ainsi, pensa le natté dont les souvenirs revenaient lentement en mémoire, on a pas réussit à s'échapper... Dear God, j'espère au moins qu'Heero est sain et sauf..."
- Tien, déclara la jeune femme en revenant et en tendant le plateau à Duo, mange, ça te fera du bien.
Avec hésitation, Duo s'empara du plateau et commença à manger, réalisant seulement maintenant à quel point il était affamé. Un sourire attendrit étirant ses lèvres, Sally le regardait faire avec une pointe d'amusement. Se souvenant de la présence de la jeune femme dans la pièce, Duo engagea la conversation, tentant d'en apprendre plus sur les événements qui l'avaient conduit là :
- Comment ça se fait que je me retrouve à l'infirmerie, demanda-t-il avec suspicion. En général, Oz n'est pas du genre à faire des cadeaux aux rebelles, alors pourquoi ?
- Je ne suis pas autorisée à te le dire, répondit la jeune femme, visiblement mal à l'aise.
Alors que Duo allait de nouveau ouvrir la bouche pour parler, il fut interrompu par un haut-parleur :
- Le docteur Sally Po est demandé à l'accueil...
Se tournant vers Duo, elle lui adressa un sourire sincère et déclara :
- Fini de manger et repose-toi, pour le moment. Je reviens plus tard.
Et pour la seconde fois, elle abandonna Duo, le laissant seul avec ses questions et son incompréhension. Mangeant distraitement son repas, l'américain pensait à ce qu'il était en train de vivre, inquiet au fond de lui. Si ni lui ni Heero n'avaient été torturés, c'est sûrement que le Colonel Treize avait une idée derrière la tête et au fond de lui, Duo ne savait pas s'il devait se réjouir d'être toujours en vie ou au contraire s'en inquiéter. Bien vite, résolu à ne pas avoir de réponse à ses questions, ses réflexions se tournèrent vers le Soldat Parfait. Où était Heero ? Comment allait-il ? Et surtout, pourquoi ne l'avait-il pas laissé derrière lui lorsqu'il s'était prit la balle destinée à Heero à l'origine ?
Le comportement d'Heero troublait Duo qui n'arrivait plus à le comprendre. Pourquoi le japonais s'était-il volontairement laissé attrapé et ne s'était pas enfuit alors que quelques instants plus tôt, il faisait preuve d'autant de cruauté à son égard ? A ce souvenir, Duo sentit sa poitrine se compresser douloureusement.
"Jamais Heero n'avait perdu le contrôle de ses émotions jusqu'à présent, songea le natté. Me déteste-t-il à ce point pour arriver à dire des mots aussi blessants ? Heero, voit ce que tu as fait de moi... Regarde comme je suis faible à cause de toi..."
Plongé dans ses réflexions, il ne vit pas le temps passer ni se rendit compte du retour de Sally et sursauta lorsque celle-ci demanda :
- Tu as bien mangé ?
Reportant sur elle un regard dans lequel elle pu déceler toute la tristesse du monde, Duo ne prit pas la peine de répondre, se contentant de demander :
- Pourquoi m'avez-vous soigné ?
- Ton ami était vraiment inquiet à ton sujet. Tu avais de la fièvre et tu délirais, expliqua Sally. La blessure n'était pas grave en soi, mais tu avais perdu beaucoup de sang et la plaie s'était infectée.
- C'est pas mon ami, répondit le natté d'une petite voix. Vous auriez mieux fait de me laisser mourir, ajouta-t-il en se repliant sur lui-même, les genoux remontés contre sa poitrine, faisant fi de la douleur provoquée par sa récente blessure.
Déstabilisée par la réponse de l'adolescent et la détresse qu'elle pouvait déceler dans sa voix et son regard perdu, Sally ne répondit pas tout de suite. Dans un élan de compassion, elle s'assit sur le rebord du lit et demanda doucement, ne souhaitant pas voir Duo se renfermer d'avantage sur lui-même :
- Ce sont des paroles bien graves pour un garçon de ton âge. Tu ne sais pas ce que tu dis...
- Vous pouvez pas comprendre, trancha le natté. Et puis croyez-moi, j'ai côtoyé la mort bien plus souvent que vous, ajouta-t-il en relevant la tête, la défiant du regard.
- Nous avons tous nos morts, Duo, quelque soit le camp choisi. Avec la guerre c'est inévitable...
Duo ne répondit rien, méditant sur les paroles du médecin. Ressentant malgré la situation un élan de sympathie pour le jeune pilote assit en face d'elle et souhaitant comprendre la raison d'un tel pessimisme, Sally demanda d'une voix douce :
- Qu'est-ce qui peut pousser un jeune garçon plein de vitalité comme toi à avoir des pensées aussi noires ?
- Vous pouvez pas comprendre, répéta le natté en détournant le regard.
Amusée, Sally reprit, tout aussi doucement :
- Tu peux toujours essayer de m'expliquer...
Reportant son attention sur la jeune femme, Duo se surprit à lui sourire, amusé malgré lui par la ténacité dont elle faisait preuve. Malgré lui, il sentait envahi d'un élan de sympathie et de confiance pour la jeune femme qui lui faisait face, et après un court silence, il commença :
- Je sais bien qu'Heero ne me porte pas dans son coeur, mais je n'arrive pas à comprendre... Comment a-t-il pu dire des choses aussi blessantes ? Jamais je ne me suis sentis aussi humilié qu'après ce qu'il m'a dit... Je... J'ai tellement mal là, poursuivit-il en posant une main sur son coeur, ça se compresse tellement fort, j'ai l'impression qu'il va exploser... Et malgré tout ce qu'il a pu dire, je n'arrive pas à le détester...
Si Sally ne comprit pas tout au récit du châtain, elle en comprit cependant les sentiments qui habitaient l'américain et un petit sourire triste naquit sur son visage face à la détresse qui émanait de son jeune patient. Avant qu'elle ne réalise entièrement son geste, elle prit Duo dans ses bras, lui offrant la chaleur réconfortante d'une étreinte. Le coeur en peine, Duo se laissa aller dans les bras de la jeune femme, serrant sa blouse blanche de toutes ses forces, se faisant violence pour retenir les larmes qui menaçaient de perler de ses yeux.
La souffrance de Duo était contagieuse et au fond d'elle même, Sally se surprenait à admirer la force de caractère de l'adolescent qui pour son jeune âge connaissait déjà tous les tourments d'une vie d'adulte. Entre la guerre, les morts et les sentiments non retournés, il avait de quoi souffrir et pourtant, il était toujours debout.
A suivre...
Hello !
Voilà pour ce deuxième chapitre ! J'espère qu'il vous aura plus ! Je tien à remercier encore une fois toutes les personnes qui ont prit le temps de lire et de reviewer ce chapitre ! Vos encouragements me vont droit au coeur !
Sur ce, je vous dis à dans 15 jours !
bisous
- shini -
