Disclaimer: I don't own Merlin.

Bonne lecture =)


La porte du cabinet de Gaius s'ouvrit avec fracas, laissant entrer un prince furibond. Lequel prit néanmoins le soin de la refermer avant d'hurler:

- VOUS SAVIEZ! Il ne peut pas en être autrement!

- Où est Merlin?

- A sa place, loin de Camelot. Il m'a demandé de vous dire qu'il rentrait à Ealdor.

Le vieil homme soupira. Le moment tant redouté était finalement passé. Etrangement, le blond n'avait pas nommé la magie. Mais tout deux savaient de quoi il retournait.

- Le pire c'est que je ne sais pas quoi dire à mon père, Gaius! Morgane nous a trahi, elle était elle aussi une sorcière.

Le Médecin ne put s'empêcher de se mordre la joue, interrompant la déclaration du jeune homme.

- Vous le saviez, ça aussi? De grâce, que me cachez-vous d'autres? Sir Leon est-il un elfe? Gwen une sirène?

- Non non, Altesse. Pourquoi hésitez-vous sur le rapport de votre voyage?

- Si je lui dis que mon serviteur est un sorcier, il me forcera à le traquer. Et si je lui avoue que Morgane a des pouvoirs… Je crains sa réaction, Gaius. Pensez-vous qu'il me croira? Il tiens beaucoup à elle, ne risque-t-il pas d'en prendre un grand coup?

- Je l'ignore. Peut-être ne devriez-vous pas tout lui dire. Je vous conseille de lui raconter dans un premier temps qu'elle a été enlevée. Il ne vous posera pas de questions pour Merlin de toute façon. Si vous lui avouer qu'elle a été ravie par des sorciers et qu'elle est déjà trop loin d'ici pour une recherche, peut-être se résignera-t-il.

- J'en doutes.

- Pourtant vous n'avez guère le choix.

Arthur se détourna et s'appuya contre une table en soupirant.

- Le mensonge. Une fois de plus.

L'autre garda le silence, conscient qu'aucune parole n'allègerait le cœur du prince. Décidément, ces jeunes gens étaient par trop souvent confrontés à des choix difficiles et à des sacrifices injustes. Le blond quitta la pièce pour aller voir le Roi. Ce fut une épreuve pénible mais il parvint à dissimuler la vérité à son père. Plusieurs jours s'écoulèrent et le jeune Pendragon n'eut plus aucun contact avec Gaius, hormis une phrase qu'il lui glissa un jour en sortant d'une réunion « j'ignore comment Merlin a pu, avec sa maladresse naturelle, ne pas se mélanger avec toutes ces cachotteries… ».

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Le manque pesait de plus en plus sur le cœur du jeune noble. Des serviteurs se relayèrent à son service, mais il les ignorait. Certains matins, il se surprenait à espérer que Merlin passerait sa porte, un plat à la main et un sourire aux lèvres. Puis il se faisait violence, comment pouvait-il penser de telles choses à son sujet? C'était un sorcier, un menteur, un hypocrite. Mais voilà, la question était là. Était-il vraiment hypocrite ou avait-il seulement dissimuler son secret pour éviter le bucher?

S'il avait voulu le tuer, accéder au pouvoir, avoir des privilèges ou le trahir, pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt? Il lui avait déjà accordé sa confiance depuis longtemps, s'il avait voulu en abuser, il en aurait largement eu l'occasion auparavant. Alors peut-être ne nourrissait-il aucun projet malsain? Peut-être n'était-il pas maléfique?

Et c'était cela qui le bouleversait le plus. Il sentait qu'il était à deux doigts d'abandonner la lutte de son père parce qu'une idée s'insinuait en lui. L'idée que la magie n'était pas nécessairement mauvaise. Pas plus que celui qui la détient. Quelques jours passèrent et il lui arrivait parfois d'avoir l'envie de prendre un cheval et de galoper sans répit jusqu'au village de son ami. Mais il ne pouvait pas, il l'avait banni de la plus ingrate et la plus froide façon qui soit.

Alors il continuait sa vie de Prince. Et il se sentait plus seul que jamais. Il ne se doutait pas que tout allait changer le soir du sixième jour.

Son père l'avait convié à un Conseil, une fois de plus barbant et interminable. Lui qui avait pris l'habitude d'observer son serviteur qui au bout d'une heure avait la bougeotte, se trouvait désormais seul dans son ennui mortel. Malgré lui, les souvenirs des jours heureux de son amitié avec son serviteur affluèrent. Brusquement attristé et voulant caché son état pitoyable, il posa ses coudes sur la table et mit la tête dans ses mains en essayant de rester attentif à ce qui se disait autour de lui.

Il sentait le regard de Gaius, assis en face, peser sur lui. Uther l'ignora et émit une hypothèse par rapport à la disparition d'une princesse dans un royaume allié. Le blond sentait qu'il allait écoper d'une nouvelle mission de recherche car cette affaire rappelait indubitablement au Roi la perte de sa pupille. Et il était déconcerté. Ce serait sa première quête sans Merlin. Bien sûr, il en avait déjà eu avant l'arrivée de celui-ci. Mais depuis ce jour-là, tout avait changé. Mortifié, il attendait le verdict.

La porte de la pièce s'ouvrit bruyamment, laissant entré un homme haletant. Tous sursautèrent hormis Arthur qui resta prostré sur sa chaise, le visage dissimulé par ses mains tremblantes. Uther interrogea le cavalier qui se disait porteur d'une nouvelle bien attristante.

- Altesse, pardonnez-moi de vous déranger ainsi pendant un Conseil d'Etat mais on m'a dit de vous porter la nouvelle au plus vite.

- Et bien, parlez-donc.

- Un village, à la frontière avec le royaume de Cenred, a été anéanti Sire.

- Comment cela?

- Ce fut un véritable massacre. Tout a été détruit, il ne reste presque rien de ce hameau, la plupart de ses habitants ont été tués. D'autres semblent avoir pu s'échapper avant l'attaque, on ne sait cependant pas de quelle façon ils ont pu s'y soustraire.

- De grâce, quelle armée a osé envahir mes terres sans un coup de semonce? Est-ce Cenred?

- C'est bien là l'urgence de la situation, Monseigneur. Personne n'a vu quiconque lancer l'offensive. Pourtant tout le village a été décimé. Aucun inconnu n'a été déclaré, aucun groupe agressif ne se serait approché.

- Alors, c'est certainement l'œuvre de la sorcellerie.

- C'est-ce qui se dit dans les environs en tout cas, Altesse.

- Quel est le nom de ce village?

- On le nomme Ealdor, Sire.

Arthur releva brusquement la tête et croisa le regard horrifié de Gaius.

- Ce nom t'est-il familier, Arthur? demanda Uther qui avait remarquer son malaise.

- Oui Père, je m'y suis déjà rendu dans le passé.

- Dans ce cas puisque tu connais les lieux, tu iras porter secours aux survivants. Emporte quelques hommes avec toi et trouve ces sorciers. En aucun cas les détenteurs de la magie ne doivent penser qu'ils peuvent agir à leur guise dans mon royaume, même s'ils sont au loin de Camelot.

Le prince ne quittait pas le Médecin des yeux. La même angoisse saisissait leurs cœurs et même s'ils espéraient que ce ne fusse le cas, ils pensaient bien évidemment que les sorciers en question étaient Morgane et Morgause. Les mains du blond se remirent à trembler. « Pourvu que Merlin soit de ceux qui sont parvenus à s'enfuir. Si jamais ce sont bien elles les auteures de ce massacre, je ne donnerais pas chère de sa peau si elles le trouvaient… »pensa-il aussitôt .

- Très bien. Je partirai demain, à l'aube.

Il se leva et sortit de la pièce sans un mot de plus. La nuit allait être difficile…


Arthur se leva en grognant et en maugréant contre ces fichus sorciers qui ne cessaient de lui compliquer la vie. Il avait peu dormi, les quelques heures où il avait trouvé le repos avait été troublées par des cauchemars sinistres et funestes. Il sorti prestement du château après avoir avalé quelques victuailles. Une fois sur les marches, il ne put s'empêcher de soupirer devant la marée de marchands qui s'étendait dans la cour. Il haïssait les jours de marché.

Il s'apprêtait à descendre les marches et à tenter de se frayer un chemin à travers les innombrables présentoirs lorsque des cris retentirent un peu plus loin. Il vit un cercle se former et un vacarme se fit entendre. Il se mit à courir pour découvrir la source de ce regroupement et découvrit, une fois passé entre les négociants vociférant, un cheval qui ruait et se cabrait en hennissant d'effroi. Quelques hommes tentaient de l'attraper mais le manquaient à chaque fois, affolant encore plus l'animal.

C'était un magnifique étalon blanc, au poitrail puissant et au profil racé. Ce ne fut qu'au bout de quelques secondes de contemplation que le Prince remarqua le symbole des écuries royales sur sa croupe. Il le reconnut aussitôt. C'était le cheval que montait Merlin la dernière fois qu'il l'avait vu. Il s'approcha d'un pas et ordonna aux hommes de s'écarter vivement de la bête. Laquelle avait dans sa folie détruit bien des étals. L'étalon se retourna sur ses postérieurs afin de faire face au blond, découvrant ainsi le coté gauche de son encolure. Et la profonde entaille qui s'y trouvait.

Le sang coulait en abondance de la blessure et dégoulinait jusqu'aux sabots du cheval. Il roulait le blanc des yeux et sa peau était continuellement agitée de soubresauts nerveux. Le liquide pourpre tachait également son flanc et on devinait, près de son garrot, la trace rougeâtre qu'une main apaisante avait laissé.

Arthur s'approcha en murmurant de la bête afin de l'apaiser, elle le reconnut et le laisser la caresser. Il examina la blessure et constata qu'elle était nette. Rien d'autre qu'une lame n'aurait pu trancher aussi régulièrement la chair. Une terrible révélation s'empara de l'esprit du Prince. Même s'il avait réussi à s'enfuir, Merlin était en danger. Peut-être se trouvait-il sur le dos de l'équidé lorsque celui-ci fut blessé. Peut-être même était-ce sa propre main qui avait tenté de calmer l'animal déchainé, laissant son empreinte sur son dos.

- Altesse? fit un soldat, incertain.

- Faites ramener cette bête dans mon écurie et harnachez les chevaux, nous partons sur-le-champ.


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:D