Petit blabla de l'auteur : étant donné que je suis sous un nouveau traitement de texte et que la langue de mon nouvel ordi est l'anglais (irish je vous prie =)), il se peut que le correcteur automatique ait changé certains mots et surtout que certains accents aient été enlevés. Je me relis, mais on sait jamais =)

Voilà, bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

CHAPITRE II : Voyage, Voyage…

Les Hellsing possédaient une petite villa près de la plage en Floride. C'était Arthur qui l'avait achetée lors d'une mission aux Etats-Unis. Il était tombé amoureux de la peinture bleue et blanche ainsi que de la douce mélodie des vagues.

Il y allait souvent pour se détendre loin du temps pluvieux de Londres. Quelques fois il était seul, quelques fois, il venait accompagné de mangifiques creatures. Il n'y était qu'une seule fois avec Integra. C'était d'ailleurs un des meilleurs souvenirs d'enfance de la jeune femme : cinq jours au bord de la plage, seule en tête à tête avec son père. Il n'avait pas été question de vampires ni d'Hellsing pendant ces cinq jours : ils s'étaient comportés comme un père et une fille tout à fait normaux et unis.

Depuis, Integra n'y était pas retournée. Elle y avait bien sûr pensé, mais jamais le besoin de s'enfuir s'était fait si impérieux.

A présent, la jeune femme retournait tous ces souvenirs et le désir d'arriver à destination était de plus en plus pressant.

Walter avait fait appeler le jet privé de la fondation Hellsing et elle-même faisait sa propre valise. Elle avait eut beaucoup d'embarras à faire sa valise d'ailleurs. Déjà, parce que ses mains tremblaient encore à cause de sa récente colère, ensuite parce que tout simplement, le leader d'Hellsing n'avait pas vraiment l'habitude de partir en voyage au bord de la mer.

Elle passa en revue tous ses costumes et prit la totalité de vêtements un peu féminins qu'elle avait (c'est-à-dire trois tenues, au grand maximum…). Alucard n'osa pas la déranger de la nuit, à son grand soulagement.

Le lendemain, à sept heures du matin, Integra monta dans la voiture qui devait l'emmener à la piste où son jet l'attendait déjà. La jeune femme ordonna à la voiture de démarrer quand elle se rendit compte que son chauffeur habituel avait été remplacé par… Walter ! Le leader d'Hellsing ouvrit de grands yeux et s'écria :

Walter ! Que faîtes-vous ici ?

Je pars avec vous, sir.

Il en est hors de question ! Et l'Organisation ? Qui va s'occuper d'Hellsing ? Alucard serait capable de faire n'importe quoi pendant mon absence !

Pas de panique, sir, j'ai appelé Sir Islands hier soir. Il est parfaitement d'accord pour vous remplacer tout le temps de vos vacances. Il a même dit que cela lui faisait plaisir de vous voir vous reposer un peu.

La jeune femme soupira et se radossa sur la banquette arrière. Comme d'habitude Walter pensait à tout. Et puis, ce n'était pas si dérangeant que cela, au final, de passer quelques jours avec Walter. Il était discret et son thé était délicieux. Il saurait respecter son besoin de solitude et prendre soin de tout ce qui concernait ce qu'elle ne savait pas faire : la cuisine par exemple…

Ils embarquèrent donc tous les deux à bord du jet privé : Walter se chargeant de toutes les valises et Integra coupant son portable et tout ce qui pourrait la relier au monde extérieur.

Ils s'assirent face à face dans le jet. Ils étaient seuls avec le pilote et le co-pilote. Pas un seul garde du corps était présent. Le voyage se fit dans un long silence respectueux et lourd. Walter lisait différents journaux : celui de LOndres, celui de Paris ainsi que tous ceux où ils étaient intervenes récement. Quant à Integra, elle lisait paisiblement La Décomposition de l'Ange de Yukio Mishima.

Quelques fois, Walter levait les yeux de ses journaux pour l'observer. Il ne savait pas qu'elle appréciait la literature orientale, même sir Mishima écrivait en anglais. A vrai dire, il savait bien peu de choses des goûts d'Integra, étrangement. Bien sûr, il savait qu'elle appréciait les cigares, le parfum à la lavande, le thé à la rose ou à la menthe ainsi que les plats de la pure tradition british (mis à part le fish and chips)… Mais il n'avait aucune idée de quell genre de film elle pouvait apprécier ou bien quell genre de livres elle aimait dévorer. Lui qui la connaissait depuis tant de temps, cela le troubla considérablement. Il se promit d'en savoir un peu plus pendant ces vacances. Le plus discrètement possible. Il retourna à son journal quand il sentit qu'elle allait relever la tête. Elle n'aimait pas quand Alucard l'observait, elle devait aussi détester quand il la regardait ainsi, par-dessus son journal.

Quelques minutes et une bonne dizaine de pages plus tard, le leader des Hellsing referma son livre, le posa sur la table qui la séparait de son majordome et se cala plus confortablement dans son fauteuil. Walter devina sans mal qu'elle s'endormit aussitôt. Ces dernières semaines, on ne lui avait pas laissé le temps de dormir beaucoup. Il avait fallu régler toute la paperasse des derniers incidents avec Iscariote, envoyer des lettres à la Reine, au Vatican… Walter était resté des nuits entières à l'affût du moindre signe de fatigue pour vider son cendrier qui s'emplissait inexorablement, pour lui apporter sans cesse du thé et envoyer les dernières lettres à la poste… Le majordome avait fait tout cela avec son habituelle abnegation, mais maintenant, il se demandait comment on pouvait infliger cela à une jeune femme. C'était clair : il était bien un des seuls à voir Integra comme une veritable jeune femme dans ses vingt ans plutôt que comme l'imposant leader d'Hellsing. La Reine, le Vatican, ses soldats, la Table Ronde trouvaient cela tout à fait normal qu'elle dédie sa vie à l'Organisation que son père lui avait légué. A vrai dire, elle devait trouver ça tout à fait normal aussi. Jusqu'à hier.

Il s'autorisa à la regarder dormir. Ses lunettes à fine monture métallique glissaient légèrement sur son nez. Il les lui retira le plus doucement possible pour ne pas la réveiller et les posa sur son livre. Elle avait un joli visage, trop souvent soucieux, mince et fin aux traits réguliers. Il y avait bien sûr, une once assez masculine sur ses traits, mais le tout restait très féminin. Ses cheveux d'un blond très clair tranchaient avec son costume masculin : quel homme pourrait un jour espérer avoir de si longs cheveux d'un blond si lair et d'une texture si riche ? Walter s'attarda un peu sur les longues mèches qui coulaient le long de ses épaules et de ses formes.

Nous allons aterrir dans quelques minutes, attachez vous ceintures et tenez-vous prêts, annonça le pilote.

Walter ferma son journal et essuya son monocle. IL fallait que tout soit prêt pour qu'Integra puisse se réveiller lors de l'atterissage et n'aie qu'à descendre de l'avion pour monter dans la Rolls qui les attendait sur la petite piste spécialisée pour les jets privés.

La jeune femme émergea de son long sommeil sans rêve quand les roués touchèrent la piste. Elle se redressa et jeta un rapide regard autour d'elle. Walter avait rangé ses journaux et attendait, les mains jointes sur la table, comme en proie à de profondes réflexions. Integra s'étira un peu et se massa la nuque avant de remettre ses lunettes. En quelques minutes, la jeune femme endormie se transforma à nouveau en leader des Hellsing. C'était comme un réflexe, un masque habituel et plaisant, réconfortant qu'elle adoptait tous les jours. Elle reprit ses lunettes qu'elle semblait avoir posées sur son livre refermé même si elle n'en avait pas eu conscience et les posa à nouveau sur son nez.

L'avion se stabilisa et s'arrêta très vite. Le pilote annonça :

Bienvenue aux Etats-Unis, Sir Hellsing.

Integra sourit et murmura :

Bienvenue sur le havre de paix qui vous servira de lieu de vacances.

Walter lui sourit.

Quand ils descendirent, le soleil était haut dans le ciel et on approchait midi. Une légère brise rafraîchaissiat le temps et on sentait déjà la mer depuis la piste. Integra et son majordome chargé de toutes les valises marchèrent sur la piste jusqu'à la Rolls que Walter avait réservée. Il ouvrit la porte à la directrice d'Hellsing et rangea les valises dans le coffre avant de prendre le volan.

Contrairement à Integra, il était souvent venu dans la villa américaine des Hellsing. Il y accompagnait Arthur dans ses nombreux déplacements. La seule fois où il n'y était pas allé alors que les Helsing s'y rendaient étaient justement la fois où Arthur avait eu besoin d'une semaine en tête à tête avec sa fille. Il était toujours content de s'y render : il aimait le calme et le bruit des vagues. Il aimait le soleil qui se couchait tard et se levait tôt…

Ils traversèrent un petit village qui regarda cette Rolls noire immatriculée à Londres comme un miracle avant de prendre une route bien plus petite et calme qui les mena directement à leur destination. Walter gara la voiture et ouvrit la portiere pour Integra.

Celle-ci regarda avec un petit sourire ce souvenir d'enfance. La peinture commençait à s'écailler et le bleu coulait un peu sur le blanc, mais sinon, rien n'avait changé. Elle repensa à son père, à la façon dont il l'avait emenée courir sur la plage et dont ils avaient fini à l'eau sans maillot de bain. Elle prit la clé et alla l'ouvrir tandis que Walter se chargeait des valises.

La maison sentait le renfermé à l'intérieur. Le renfermé et le moisi. Tout était entièrement sombre et la lumière sembla ne pas avoir éffleuré les murs depuis des décennies. Integra alla ouvrir toutes les fenêtre pour aérer la villa que la poussière commençait à gagner. Elle redécouvrait toutes les pieces : le salon gigantesque avec ces magnifiques baies vitrées qui donnaient sur la mer, la petite salle à manger et la cuisine. Et l'étage au dessus avec ces cinq chambres inutilisées. La poussière commençait à tout envahir ainsi que les toiles d'araignée.

Quand Walter entra, le leader d'Hellsing s'était transformé en jeune femme tranquillement installée, pieds nus dans le salon, en regardant la mer avec un léger sourire. Ce sourire fit naître le sien :

Pourquoi n'allez-vous pas tester l'eau et voir la plage, sir ? A votre retour, la maison sera prête et vous pourrez déjeuner.

Effectivement, fit-elle, songeuse.

Integra laissa là sa veste et ses chaussures et sortit. Pendant ce temps, Walter monta les valises de sa maîtresse et s'affaira à enlever toute la poussière des pieces qu'elle risquait d'habiter plus souvent que les autres. Puis, il prépara un frugal déjeuner en faisant griller du pain pour faire un assortiment de sandwichs.

Les vacances d'Integra allaient peut-être lui être profitables à lui aussi, pensa-t-il en souriant doucement pour lui-même.