Senorigami no Tenshi
(L'Ange aux 1000 origamis)
« On est tellement seul en ce bas monde, que même les Anges et les Démons dînent ensemble. »
(Anonyme)
*** Ame no kuni – Lieu inconnu ***
Dieu est mort, vive la déesse !
Ce genre de cri aurait pu résonner à travers les bâtiments d'Ame mais ce serait un risque de la part de cette "déesse" d'annoncer la mort de leur Dieu tout-puissant.
Que se passerait-il si les habitants du Village de la Pluie apprenaient que celui qui a vaincu Hanzō n'est plus ? Une guerre civile. Orchestré par d'anciens partisans de la Salamandre vivant dans la clandestinité depuis la chute de celui-ci. Bien que les chances qu'il y ait des survivants soient minimes, cette option encombrait les pensées de la "déesse" aux cheveux bleus. Or la situation actuelle n'était pas vraiment propice pour un coup d'État : la Quatrième Grande Guerre approchait à grands pas, risquant d'écraser Ame dans sa foulée destructrice…
Bref, un moment mal choisi pour annoncer ce genre de nouvelle. Ainsi la déesse resta dans son rôle d'ange messagère, transmettant ses directives au nom du feu dieu Pain.
Tandis que les habitants d'Ame se préparent au futur conflit qui va suivre, leur ange fait face à son passé une dernière fois.
Oui… Ça pourrait être l'ultime fois que le regard de cet kunoichi pose chez ses deux raisons de vivre, ou plutôt de ce qu'il en reste : des corps soigneusement nettoyés et conservés dans quelques milliers d'origamis de sa création.
Tous ces origamis méticuleusement préparés en cette occasion lui ravivaient un épisode bien particulier sur son enfance, à une époque où elle avait vécu exactement la même scène dans des circonstances différentes…
[~~~]
*** Environ une trentaine d'années auparavant ***
La pièce change mais le décor reste le même.
Toujours le même pays grisaille, toujours cette pluie diluvienne, toujours en période de guerre.
Nous sommes vers le début de la Seconde Grande Guerre Shinobi, un conflit dans laquelle le Pays de la Pluie était un enjeu militaire de tout premier ordre. Pour les puissances de la Terre, du Feu et du Vent, la position géographique de la Pluie est telle que celui qui occupait ce territoire s'offrirait le luxe d'avoir une base d'opérations et un écran de protection territoriale contre deux des supergrands du continent.
Parmi les différentes approches martiales, ce sont ceux des forces d'Iwa qui ont été les plus belliqueux n'hésitant pas à ravager quelques villages dans leur sillage pour attendrir l'ennemi par la terreur et être ainsi plus enclin à la soumission. Après tout, ne dit-on pas « Tuer la poule pour effrayer le singe » ?
Cruel mais efficace.
Nombreux se sont retrouvés sans foyer, dispersés à travers tout le pays ; répandant la peur comme une épidémie infernale.
Voilà depuis quelques jours que les raids Iwa-nins ont cessés, « peut-être qu'ils estiment avoir suffisamment fait de massacres » se disaient dans l'esprit de quelques habitants optimistes.
Dans une commune à quelques kilomètres d'une cité dévastée, vivait une de ces familles optimistes. Modeste et banale, vivant simplement dans le besoin, elle est composée d'un père travailleur, d'une femme au foyer et de deux enfants en pleine croissance.
Même si les affrontements ne sont qu'à quelques miles de leur toit, ils ne peuvent partir pour deux raisons :
La première par un manque de moyens suffisants pour pouvoir faire le trajet sans encombre, tandis que la seconde est bloquée au lit, victime d'une maladie qui rogna sa vie depuis le lendemain de la guerre.
Les médecins se font rares dans cette guerre. Et les seuls disponibles, aux yeux des civils, profitaient de la situation pour augmenter le prix de leur consultation. Ainsi le paternel remplaça sa femme, Sasaki, dans son métier de livreuse, en plus de travailler d'arrache-pied dans son propre boulot. Espérant réunir au plus vite assez d'argent pour pouvoir guérir son âme sœur.
Pendant que le chef familial travaillait, c'est à l'aînée, Chizuko, que revient la charge de s'occuper des tâches ménagères de la maison, de la surveillance de sa mère et de sa sœur âgée de neuf ans de moins qu'elle.
Cette petite dernière de six ans est une véritable lumière qui illumine les pensées sombres et réalistes de cette famille. Affichant toujours le même sourire d'innocence et de complaisance.
À sa mère, qui fit oublier sa maladie par sa présence apaisante et d'une bonté libre du vice des hommes.
À son père, pour être une douce récompense après une journée de labeur dans ce monde fade comparé à son visage pur.
À sœur, pour lui donner force et inspiration de faire face à la dure réalité quotidienne de la guerre.
Elle était l'ange de la famille… un chérubin du nom de Konan.
… 0 …
Cela faisait quelque temps que Konan resta au chevet de sa mère pendant des journées entières. Non pas que cette dernière trouva sa présence désagréable, elle s'inquiétait que son innocente saphir la voie dans cet état déplorable, craignant qu'elle perde son éclat qu'à observer le visage de sa mère exténuée pour le reste de ses jours.
La sœur, Chizuko, ayant compris les pensées de sa mère, fit signe à Konan de la rejoindre pour lui révéler quelque chose qui pourrait lui faire passer le temps :
– Qui' y a Nee-chan ?
– Dis Konan, tu connais la légende des mille grues ?
Elle eut pour réponse qu'un refus de la tête.
Chizuko prit alors une feuille trainant dans les affaires de son père et la plie de sorte à en faire une cocotte en papier symbolisant une grue.
– Ce que je viens de faire s'appelle un origami. La légende des mille grues raconte que si on plie mille origamis de cette manière, un souhait peut nous être réalisé.
– C'est vrai ?!
– C'est l'occasion de le vérifier, qu'est-ce que tu en dis ?
– Um ! fit Konan les pensées emplies d'espoirs à l'idée de réaliser un vœu bien particulier : guérir sa maman.
– Dans ce cas je vais t'apprendre, alors écoute et regarde bien…
Ce n'est qu'au bout d'une vingtaine de minutes que la fillette aux cheveux bleus réalisa son premier origami sous le visage apaisé de Chizuko.
… 1 …
– Joyeux anniversaire Konan ! s'écria en chœur toute la famille, exceptée la mère qui avait toujours une voix faible.
Même être en temps de guerre n'est pas une excuse pour ne pas fêter l'anniversaire d'une personne, surtout pour une enfant venant fêter ses sept ans.
Sur la table familiale s'étalaient deux cadeaux emballés, ainsi qu'un petit gâteau orné de sept bougies. C'était assez coûteux de s'offrir une telle pâtisserie mais que serait une fête d'anniversaire sans gâteau.
Excitée de joie, Konan s'empresserait d'ouvrir ses présents après avoir soufflée les flammes de ses sept ans.
– Des chaussettes… merci maman ! un cadeau que Konan trouva quelque peu décevant mais venant de sa mère, elle restait tout de même heureuse. J'aurais aimé avoir des perkcins pour ressembler à Nee-chan.
– On dit piercings et tu sembles être trop jeune pour en avoir Konan. Maintenant ouvre mon cadeau.
L'ange bleu sentit que son second paquet est plus solide que le premier. Déballé, un cadre en sortit. Elle contenait des fleurs pressées, des lys blancs et des œillets rouges pour être exact. Conçue de toutes pièces par le hobby de Chizuko qu'elle partage avec Konan de son temps libre : l'oshibana*.
Un cadeau qui transporta Konan aux anges, sentiment qu'elle fit partager avec toute sa famille. Un pur instant de bonheur dans un conflit primitif.
Même en ce jour, Konan continuait sa tâche de confectionner des grues en cocotte.
Trois de plus viennent s'ajouter aux quarante-huit autres qui traînaient dans sa chambre à la différence de ceux-ci c'est que ces nouveaux venus sont issus des restes d'emballage de ses paquets cadeaux.
Au même instant, non loin du village, un jeune garçon pêchait dans une rivière qui contenait toutes les larmes de son corps. Sa mine battue laissait place à un petit sourire à la vue de sa prise du jour…
– Bon anniversaire Yahiko… fit-il pour lui-même avant de manger sa proie à pleines dents.
… 51 …
Cela fait près d'un mois que la guerre a éclaté, et les shinobis d'Ame sont bien déterminés à y mettre fin par tous les moyens. Réunis sous la bannière d'Hanzō, celui-ci appliqua une tactique perçue lâche pour certains mais néanmoins redoutable : lorsqu'une force ennemie entrait en contact avec un autre, les troupes de la Salamandre débarquèrent sur le champ de bataille et achevaient les vainqueurs. Humiliées, les trois superpuissances déclarèrent la guerre à Amegakure dans un mouvement de guérilla.
Les conséquences se firent rapidement sentir dans tout le pays. La famille de Konan ne fait pas exception et leur rationnement en nourriture ne se limitaient qu'à de l'eau, du pain et de simples carreaux en chocolat. Leur quotidien devenait de plus en plus dur mais ils s'y font face petit à petit.
Un soir, Konan à crue entendre des cris, des explosions et des bruits de métaux qui s'entrechoquent. Difficile pour elle de s'endormir dans des conditions pareilles, mais lorsqu'elle tomba dans les songes, elle se retrouvait en enfer. L'ange rêva que des démons saccageaient son village et tuèrent tous les habitants.
Le hurlement qu'elle échappait est tel que Sasaki rappliquait faiblement de son lit, enveloppée de son drap miteux, pour aller la rassurer. La présence d'une mère est tout ce qu'il fallait pour apaiser les pensées d'une enfant terrorisée.
Lorsqu'elle ouvrait les yeux sous la lumière du soleil, Konan put remarquer les bras de sa mère tenant délicatement son petit corps frêle.
Plus que déterminée à réaliser son souhait et enfin partir de cet enfer ensemble, l'ange bleu reprenait sa tâche avec tous les papiers qu'elle put trouver : des notices des médicaments de sa mère jusqu'aux ordures jetées à la poubelle…
… 341 …
Remise de son cauchemar d'il y a deux jours, Konan accompagna sa sœur au marché se faire le plein de provisions pour tenir la semaine à venir.
Le décor qu'offrait la ville leur affichait une mine aussi triste que le ciel grisâtre, presque autant que les quelques passants qu'elles croisent sur leur chemin.
Alors que Chizuko restait plongée dans l'addition de ses achats, Konan apercevait un groupe d'adultes poursuivant un jeune garçon tenant dans ses bras un thon faisant au moins la moitié de sa taille.
Cela fait des lustres que Konan n'avait plus vu d'enfants dans les parages.
Aussi, intriguée, elle décida de suivre ces poursuivants à distance à insu de tout le monde.
Il n'a pas fallu plus de cinq minutes pour que la course-poursuite se termine par la chute de l'enfant, trébuché par une pierre au beau milieu d'une ruelle étroite. Reprenant leur marchandise volée par le jeune cambrioleur, les poursuivants quitteraient les lieux en lui laissant un souvenir douloureux qu'il n'est pas près de l'oublier.
Assistant à la scène derrière un tas de caisses, Konan s'approchait lentement vers le jeune battu. Ses cheveux orange illuminèrent son regard. Jamais elle n'avait vu pareille chevelure auparavant.
– Est-c–…
– Konan ! Ou es-tu ?!
Alors qu'elle allait aider le garçon à se relever, la voix de sa sœur interrompait son action. Voulant pas la faire inquiéter davantage, Konan se retournait vers la source de la voix quand elle entendait un gargouillement d'estomac venant du jeune roux.
– Tu as faim ?
Cette voix douce fit réagir l'affamé et ouvrit lentement ses yeux pour apercevoir une illumination céleste : un ange souriant tenant devant elle du pain et une pomme, sortants du sac de course qu'elle garda pour Chizuko.
– C'est pour toi.
S'ensuit d'un échange de regards qui semblaient durer une éternité pour les deux enfants.
– Konan !
– J'arrive Nee-chan !
Disparaissant de sa vue, le garçon, trop affaibli pour rattraper sa sauveuse, redressa son corps et prit la nourriture laissée pour lui.
Ailleurs, Chizuko exprimait ses quatre vérités à sa petite sœur. Mais celle-ci avait les pensées ailleurs…
« Je me demande si je le reverrai ? » « Je me demande si je la reverrai ? »
(Konan) (Yahiko)
… 372 …
Un miracle se déroulait au sein de la famille.
Konan n'en 'est qu'à la moitié de son objectif que déjà des brides de son souhait se manifestaient.
Sa mère est remise en état.
Effet des médicaments durement acquis, à sueur et à sang de son éternel époux…
…ou l'œuvre d'une action divine attitrée par l'appel spirituel d'une ange gardienne…
Personne ne pourrait l'expliquer.
– Je me sens mieux que d'habitude, mais je suis encore faible.
– Tu es toujours malade maman ?
– Oui ma puce mais ne t'inquiète pas, maman va mieux…et elle ne va plus rester au lit toute la journée.
La semaine qui suit n'est que période de bonheur pour Konan et sa famille, voir sa mère aussi en forme grâce à elle. Sasaki reprenait même son métier de livreuse mais avec un temps et un champ de travail limité.
Plus que convaincue de la véracité de la légende des 1000 grues, elle reprit son œuvre avec une paire de bras supplémentaire, les douces mains de sa mère.
… 500 …
…
Ce fut tôt…
On dit qu'il existe un remède capable de guérir n'importe quelle maladie, soigner n'importe quelle blessure, et accessible à tous…
La Mort
Trop tôt…
C'était tôt pour Sasaki de reprendre son travail – même à temps partiel – sans être complètement remis de sa maladie.
Beaucoup trop tôt…
C'était aussi trop tôt pour sa famille de croire le rétablissement du pilier maternel, encore endommagée.
Trop tôt et trop tard…
Cette petite ange n'a pas pu atteindre la millième grue en papier que sa mère est partie rejoindre les cieux.
– Pourquoi vous pleurez devant maman ? Vous allez la réveiller.
Konan est dans un âge où la réalité se mêlait avec l'innocence. N'ayant jamais connaissance de ce qu'est la mort, pour elle, sa mère n'est qu'en train de dormir, récupérant d'une journée de dur labeur où elle s'était soudainement écroulée pendant le souper d'hier.
Pendant que le père enterrait sa défunte épouse, Chizuko occupait sa sœur de sorte à ne pas assister à ce spectacle. Puis quand l'heure est venue de se recueillir devant sa tombe, l'aînée se devait donner une explication à Konan.
– Konan… maman est… partie. Elle était tellement fatiguée qu'elle… ne peut plus se réveiller. Ainsi, papa a préparé un endroit d'où elle pourra se reposer en paix.
– Mais si jamais elle se réveillait un jour, maman risque de s'étouffer sous cette terre.
– Konan…
Ça fait que trois jours depuis l'enterrement et l'esprit de Konan est toujours aussi floue.
Mais elle n'abandonna pas son projet de produire les 1000 cocotes en papier. Puisque sa mère est « partie » et « fatiguée », il suffit juste de souhaiter la faire revenir en pleine forme.
Ni plus, ni moins…
Pas de fleurs pour orner la tombe de Sasaki, à la place, Konan rassemblait tous les origamis qu'elle avait confectionnées pour les mettre aux côtés de sa mère. Déposant heure après heure, une nouvelle grue devant la stèle de la défunte.
… 644 …
La chute de l'ange…
La perte de sa mère était comme si Konan était privée des ailes qui la soutenaient dans son monde imaginaire céleste, pour l'amener à la dure réalité terrestre.
Mais sa descente aux enfers n'était pas tout à fait terminée.
L'intuition féminine, cet état qui fait les femmes bien ouvertes et plus perspectives que les hommes, Konan en avait fait l'expérience, avec son rêve de son village saccagé par des démons à l'apparence humaine.
Ce n'est plus un rêve du passé qui se déroulait devant elle, mais un présent cauchemardesque.
La Guerre reprenait son cours
… 666 …
– Ahhh ! Papa ! Maman ! Nee-chan ! cria Konan, sortant d'un profond sommeil.
– Calme-toi. Tu es en sécurité ici.
– Hm ?
Regardant autour d'elle, elle s'aperçoit qu'elle se trouve à l'intérieur d'une grotte faiblement éclairée. À ses côtés se tenait un jeune enfant à la chevelure qui lui est familière.
– Tu es le garçon de l'autre jour ?
– Oui, je m'appelle Yahiko. Merci de m'avoir sauvé ce jour-là.
– De rien, rougissant à son sourire. Mais je suis où là ? Où est ma famille ?
Voici la question que redoutait le fameux Yahiko. Mais il s'était préparé à lui fournir une réponse.
– Ici c'est ma cachette depuis que j'ai plus de maison. Pour ta famille… e–…, hésitant à lui révéler la vérité sous le regard interrogatif de la nouvellement orpheline. Ta famille est morte à cause d'une attaque de ninjas sur ton village. Ils ne sont plus de ce monde.
Le grand Blanc. La même sensation comme lorsque qu'on lui avait annoncé que sa mère est partie pour toujours.
– Papa… Nee-chan…
Et là des flashs apparurent dans son esprit, les quelques bribes d'évènements que sa mémoire a eu le courage de conserver.
Panique, hurlements, bombardements, désolation, odeur fétide, sang, cadavres… un père et une sœur immobiles et sans vie.
Ces scènes sans fin avaient provoqué un choc cérébral que Konan ne pouvait supporter dans sa petite tête angélique.
Elle pensait que tout ceci n'était qu'un horrible cauchemar comme la dernière fois. Mais depuis la perte de ses ailes, elle n'a pu éviter l'inévitable.
– Je suis désolé.
– …
S'en n 'était trop pour Konan. Elle voulait rejoindre sa famille, libérée de toute cette souffrance, s'envoler au loin et quitter ce monde cruel et solitaire.
– Écoute, je sais ce que tu ressens. Moi aussi j'ai perdu mes parents dans cette guerre. Pourtant je reste dans ce monde, pour la mémoire et la résolution de mes parents. Quand je t'ai sauvée, ta sœur voulait que tu vives ta vie en désirant ton bonheur ! J'accomplis leurs dernières volontés, à moi et à toi !
Jamais Yahiko oubliera cet instant où il tenta de sauver Chizuko dont le corps était bloqué sous des décombres, écrasant la partie inférieure de son corps. Le rouquin s'était précipité pour aider la jeune adolescente lorsque celle-ci supplia de la laisser et d'emmener sa sœur loin d'ici, loin de toute cette folie.
La décision était difficile mais en tout point similaire à ce que Yahiko avait affronté lors de l'attaque de son propre village. Malgré son âge, il n'avait eu aucun mal à soulever le corps de Konan. Pour lui, ce n'était pas grand-chose comparé aux tonnes de gravats qu'il avait dû déblayer de son ancien foyer, en tentant de retrouver le corps de ses parents.
Ses paroles avaient pleine de sens pour Konan. Sa famille voulait qu'elle vive, même s'ils ne sont plus là pour la voir s'épanouir…
– Tu n'es plus seule maintenant. Je suis là, je te protégerai, comme tu l'avais fait pour moi. Maintenant repose-toi, tu t'es pas encore remise de tes blessures.
La vie reprit son cours et Konan dut s'habituer lentement à sa nouvelle vie. Elle ne sera plus jamais seule.
Quelque temps plus tard, elle sauva la vie d'un autre orphelin de guerre. Comme avec Yahiko, elle offrit du pain à un jeune roux et son chien affamés.
Il s'appelait Nagato. Et depuis ce jour, ils devinaient plus que des amis aux yeux de l'ange bleu, c'est sa nouvelle famille, dont elle était leur ange gardien.
Trois orphelins, aux passés semblables, unis et ensemble pour un même futur rayonnant…
[~~~]
…jusqu'à ce que les ténèbres engloutissent à nouveau son monde à elle et ses amis.
Partis, comme sa mère, son père et sa sœur avant eux.
Elle n'avait plus de raison de vivre, sauf deux ambitions :
Construire une sépulture à leur mémoire,
Et emporter avec elle l'origine de toutes les ténèbres de cette ère.
– Yahiko… Nagato… On sera bientôt tous ensemble, je vous le promets. Et quand cela arrivera, alors notre paix tant rêvée pourra être réalisable.
Forte animée par cette conviction, l'ange prit son envol et se prépara à combattre le démon à l'œil rouge.
Et une fois ce mal défait, la paix pourrait enfin se montrer au grand jour.
Son rôle d'ange gardienne sera enfin accompli…
Ceci est notre cri.
Ceci est notre prière.
Pour construire la paix dans le monde
… END …
* Pause culture
• Avant toute chose, cette fiction est inspirée d'une histoire réelle : celle de Sadako Sasaki. Une jeune fille Japonaise victime d'une maladie causée par les radiations de la bombe d'Hiroshima. Avant sa mort, elle apprît une ancienne légende auquel il suffirait de plier 1000 grues pour voir un de ses vœux exaucés, la guérison dans son cas. Malheureusement elle serait morte avant d'avoir pu réaliser les 1000 origamis. Ainsi par cette fiction, je rends hommage (à ma manière) à Sadako Sasaki morte le 25 Octobre 1955 à 12 ans.
• L'oshibana est un art japonais qui consiste à créer des images avec des fleurs pressées. Il s'agit d'un des deux hobbies mentionnés dans le databook sur Konan. Les fleurs utilisées pour le cadre de Konan ont tous deux une signification :
- Lys : "L'amour que je vous porte est pur comme le cristal"
- Œillet : "Je vous aime avec ardeur"
• Les chiffres dévoilées est le nombre d'origamis terminés par Konan pour ceux ou celles qui l'on pas comprit. Évidement encore, ces chiffres ne sont pas pris au hasard :
- 51 = anniversaire de Konan et de Yahiko. Ils sont nés le 20 février, le 51ème jour de l'année de notre calendrier.
- 341 = nombre total de missions officielles effectuées par Konan
- 372 = numéro du chapitre marquant la première apparition de Yahiko dans le manga
- 500 = on raconte que Sadako Sasaki s'est senti mieux après avoir plié 500 origamis
- 644= Sadako Sasaki à pu confectionner 644 grues de papier au total avant de mourir
- 666 = no comment…
