Voila le chapitre deux. Comme prévu cette histoire est plus sombre que Jouer avec le Feu. Je tiens à préciser que j'ai emprunté quelques passages du manga qui me semblaient indispensable, peut-être que ça vous semblait inutile, mais à vous d'en juger. Bonne lecture, et encore merci pour vos reviews, même si j'ai l'impression que le chapitre 1 vous a traumatisés. (Je plaisante^^), Ps ; les écritures en italique représentent le Flashback. C'est histoire est centrée d'avantage sur le point de vue de Roy.
Chapitre 2 Origines
Lorsque Roy Mustang se réveilla, il devait être aux alentours de 6h30. L'air était encore frais. Les vitres du train étaient encore floues et recouvertes de cette buée matinale. Dehors, un paysage de brume et de froid semblait se dessiner à travers les carreaux obstrués. Lorsqu'il fut réveillé complètement, le Colonel pensa d'abord qu'il n'avait pas assez dormi. Son esprit n'était pas clair, mais disons plutôt préoccupé. Enfin... obnubilé par une quelque chose en particulier. Il se redressa, s'étant affalé sur le carreau. Il avait dormi de cette manière, juste le visage et ses cheveux noirs, contre la vitre froide. Vitre qui l'avait d'ailleurs réveillé. Alors qu'il fixait toujours le carreau, il se tourna doucement, vers son compagnon de route. Il entendit le son d'une respiration régulière. Le blond dormait encore.
Ses cheveux blonds étaient dispersés sur l'avant de la banquette, le visage détendu, pour une fois ses sourcils n'étaient pas froncés. Son corps était allongé de tout son long sur le siège. Il n'était en vérité pas très grand, mais il semblait paisible, et rien en cet instant n'aurait pu visiblement troubler son repos. Le FlameAlchemist s'assit après s'être redressé. Regardant toujours le plus jeune dormir. Ça semblait l'apaiser. Il passa une main dans ses cheveux couleur ébène. Essayant de s'éclaircir les idées, en quête de concentration. Dieu que ce réveil était difficile. Il y avait encore douze heures, ils étaient à Central. Il essaya en vain de penser à autre chose, qu'à la question du plus jeune, mais elle lui trottait dans la tête de manière récurrente. Il revoyait le visage de l'alchimiste, aussi clairement que si il était en train de lui parler. Grave, hésitant à poser cette question cruciale.
« - Colonel. Pourquoi est-ce que vous vouliez absolument devenir alchimiste d'État ? »
Il ne lui avait pas répondu clairement. Ce gamin il le connaissait depuis peu, il n'allait pas lui dire toute la vérité. Et puis il n'avait pas pour habitude de dévoiler ses sentiments et ses motivations. A qui que se soit. Mais cette question l'avait bouleversé, c'était évident. Il réfléchit, repensant à son passé. Il y a avait déjà longtemps de cela. Il avait commencé à oublier Il mit sa tête dans ses mains, cachant ses yeux. Soudain, les souvenirs s'imposèrent à lui, et il n'eut d'autre choix que de se remémorer cette scène, et c'est ainsi qu'il sombra dans cette avalanche de souvenirs douloureux.
Roy Mustang, était alors âgé alors de vingt-cinq ans. Dans son souvenir, il se trouvait chez son maître. Celui qui lui avait tout enseigné. Maître Hawkeye. L'alchimie du Feu. Toutes les bases. Tout ce qui lui avait permis d'en arriver là aujourd'hui. Dans cette scène, les deux alchimistes se trouvaient dans une pièce, avec un bureau et des centaines de livres rangés dans des étagères autour d'eux. C'était ici que le vieil homme avait l'habitude de faire ses recherches. Mustang était déjà dans l'armée à cette époque, mais en tant que lieutenant. Et pour cause, il n'avait pas encore fait Ishbal. Il portait l'uniforme de l'armée d'Armestris. Ce jour-là en particulier, lui et son maître avaient eu une discussion concernant l'avenir du plus jeune. Enfin, son avenir était tout tracé, mais plutôt sur ce qu'il deviendrait par la suite, une fois que ses enseignements alchimiques seraient achevés.
A 25 ans, le lieutenant avait réussi la majorité de ce qu'il avait entrepris. Il avait commencé à gravir les échelons. Mais il y avait un grade en particulier, qu'il hésitait encore à tenter. Celui d'Alchimiste National. En vérité, naïf, et croyant profondément en son pays, il avait imaginé que ce rang lui permettrait de sauver des vies, de servir son pays, mais également, de se démarquer. Il visait toujours le sommet. Il souhaitait également, orgueilleux, se faire un nom, une place dans ce monde. Se faire respecter. Un peu comme l'échange équivalent. Aider les gens, pour qu'en contrepartie, ils le respectent profondément, et sachent à qui ils avaient affaire. Erreur de jeunesse. Lorsque ses bribes de souvenirs revinrent complètement, il se souvint qu'il avait posé une question à son maître. Il y a bien longtemps de cela.
« - L'alchimie est pour le peuple, pourtant non ?
Il avait posé la question en connaissant parfaitement la réponse. Il savait ce que son supérieur en pensait. Pourtant il devait savoir. Mais il y longtemps, il était encore naïf et très influençable. Il savait également, que quelque soit le prix, il passerait l'alchimiste d'État. Il en avait décidé ainsi. Déjà, à cette époque, il était déterminé, et inflexible. Poser la question ou l'annoncer, n'était plus qu'une simple formalité.
- C'est du gâchis d'enseigner à quelqu'un qui se déshonorerait lui-même en devenant un chien des militaires, rien que pour les bases. Lui avait répondu le vieil homme.
Comme il l'avait prévu, il ne céderait pas. Roy Mustang pensa à sa crédulité. A cette époque, rien ne lui importait sauf lui. Il était alors jeune, inexpérimenté, croyant détenir un pouvoir qui le dépassait déjà. Il n'avait de toute façon prévu de passer l'examen pour personne, excepté pour lui-même. Pour se prouver qu'il en était capable. Et pour aider les gens, quel prétexte finalement. C'était d'avantage pour lui-même, dans le fond. Lorsqu'il repensa à tout ça l'alchimiste de Flammes sourit. Bon dieu quelle stupidité. Au début, avant d'envisager cette réponse il avait même été jusqu'à penser que son mentor aurait été fier de lui. Maintenant, il comprenait parfaitement sa réaction. Elle était tout à fait légitime et normale. Aujourd'hui il s'en rendait compte, un peu tardivement d'ailleurs. Quelle imbécile à cette époque. Et puis il n'avait pas pu s'empêcher d'ajouter.
- Maître. Je pense qu'être utile au sein de l'armée revient à être utile au peuple. Maintenant que nous sommes exposés à des menaces des pays alentours, le plus urgent est de renforcer l'armée.
Le Mustang d'aujourd'hui accentua son rictus. Le clou du spectacle C'est tout juste s'il n'éclata pas de rire, face à sa propre ignorance, et ce manque de maturité évident. Quatre ans déjà. Il valait mieux rire de la situation qu'en pleurer. Ce n'était pourtant pas si vieux, quatre ans. Comment avait-il pu se fourvoyer à ce point là ? Toute cette théorie, soi-disant d'aide aux gens. Tout ceci n'était qu'un leurre...
Pour protéger ce pays, l'alchimie est ...
- Je suis fatigué d'écouter ces avis de seconde main.
Son maître savait qu'il se contentait de recracher un bourrage de crâne intensif, pour trouver des arguments, et le convaincre. En vérité, Roy ressentait tellement le besoin de ce titre, qu'il était prêt à trouver toutes les raisons possibles. Mêmes celles dont il se fichait. Roy Mustang regarda son maître. Dans les yeux. Dans tous les cas, il faudrait lui dire. Sa décision était déjà prise depuis longtemps de toute façon. Son destin était désormais scellé.
- Maître. Si j'avais autant de connaissances que vous, réussir le test d'alchimiste national serait un jeu d'enfant. Il n'abaissa pas son regard, de son précepteur.
Si vous utilisiez ce pouvoir pour le monde
- Ce pouvoir...
Le vieillard avait compris. Il regarda l'actuel alchimiste droit dans les yeux. Lucide.
... Alors tu veux du pouvoir, Roy ? »
Ce qui s'était passé ensuite. La mort de son maître, tout ceci il le chassa. Ses vraies motivations. Mustang mit sa tête dans ses mains. Le mauvais souvenir était passé. Il en était arrivé là, suite à cette simple question. Celle d'un gamin de 16 ans. D'ailleurs ce semeur de trouble d'Edward dormait toujours. Jamais il ne lui avouerait un quart de ce à quoi il venait de repenser. Ed avait lui aussi vu l'Enfer de toute façon. Finalement ils se ressemblaient beaucoup. Ils connaissaient chacun les bases de la science du pécheur. Tout deux étaient orphelin. Les parents de Roy... On lui avait dit que son père était mort bien avant sa naissance, de l'épidémie de tuberculose. Quant à sa mère, elle était morte en lui donnant la vie. Certains y verraient une tragédie, en ajoutant à tout ceci la mort de son maître. Pourtant Mustang avait une façon bien différente de qualifier les choses. D'abord ses parents étaient morts à sa naissance. Donc il ne les avait pas connus. Son maître. Il valait mieux le perdre avant d'avoir passé l'examen, plutôt que de le sentir malheureux d'avoir enseigné l'art de l'alchimie à un chien de l'armée. C'est comme-ci il l'avait trahi, de toute façon. Il n'était pas égoïste. Il était simplement ambitieux, et ne souhaitait avoir personne en travers de son chemin. Juste déterminé. Tout comme Edward.
Il ne laissait jamais personne lui mettre des bâtons dans les roues. Rien ne l'empêchait jamais d'arriver à ses fins. C'est peut-être ce qui faisait sa force. Inflexible, il était devenu fort depuis cette époque. Il s'était forgé un mental d'acier. Aujourd'hui, il était intrépide, et doté d'une volonté inébranlable. Il avait toujours su évoluer seul. Après Ishbal, il avait compris. Il avait enfin compris de quoi voulait le protéger son maître. Le titre d'alchimiste d'État n'était qu'une illusion. Il avait eu accès à un certain nombre de privilèges, c'est vrai. Mais le reste n'était qu'une chimère. Comme le disait souvent son enseignant, chien de l'armée aurait été plus juste. Mais comme toujours, un peu par suffisance, il n'avait pas écouté. Il avait voulu juger par lui-même. En tant normal c'était une réaction légitime. Mais ici... Voilà où ça l'avait mené aujourd'hui. Désireux de puissance et de gloire, il avait agi par mégalomanie. Il ressemblait au moins à Edward, pour la partie déterminée qui sommeillait en lui.
D'ailleurs, la première fois qu'il l'avait vu, il avait vu tout de suite en lui un rival. Un môme de douze ans passant l'examen, déjà c'était suspect. Et son alchimie sans cercle... Il n'avait pas compris. Il lui avait littéralement sauté dessus ce jour-là. Il était tellement pragmatique, à ses yeux toute chose inhabituelle avait forcément une explication. Et puis, il détestait qu'on marche sur ses plates bandes. En effet, l'alchimiste d'acier l'avait involontairement replongé dans son passé. Tout en pensant au jeune blond, il le regarda. Il semblait toujours profondément endormi. Ses yeux étaient fermés et immobiles, et ne tremblaient pas. Coupé du monde réel. Un gémissement s'échappa des lèvres de celui-ci. Mustang savait qu'il se réveillerait bientôt, à la manière dont il bougeait déjà, dont sa bouche se contractait. L'ex lieutenant décida daller chercher quelques croissants, pour se calmer. En effet, après avoir ressassé tous ses souvenirs, il s'était aperçu il était en sueur. Tout ceci l'avait secoué. Il se leva, malgré l'engourdissement de ses jambes. Une fois debout, il ouvrit la porte du compartiment et sortit.
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Lorsque Ed se réveilla, il avait mal à la tête. Il avait plutôt mal dormi, dans ce train inconfortable. Et puis, il faisait une chaleur étouffante ici. Il cligna des yeux, réagissant à la lumière du jour. Ses paupières s'entrouvrirent peu à peu. Une fois que ces yeux furent entièrement ouverts, et qu'il fut conscient, il s'aperçut qu'il n'était pas tout seul. Mustang était là. D'ailleurs le brun le regardait. L'alchimiste de Flammes avait mal dormi. Il regarda le blond se réveiller et se redressa. Comme absorbé par ses pensées. Il avait été chercher les croissants, ça faisait déjà un certain temps d'ailleurs. Il remarqua que Ed avait vu le sachet. Il devait sûrement crever la dalle. Il décida de ne pas torturer son estomac plus longtemps.
«- Ah, Fullmetal, tu es enfin réveillé. Il était temps.
Une allusion au fait qu'il était une marmotte. Déjà de la provocation. Le brun lui tendit ensuite le sac de viennoiseries. Ed le regarda, hésitant, puis se saisit du paquet. Il remarqua au passage que la main du Colonel était nue, dépourvue de ces gants habituels. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi, sans les cercles de transmutation rouges imprimés sur la matière nacrée. Puis, il piocha ensuite dans le sac, et attrapa un des croissants, l'approcha de se bouche, et commença à la dévorer, sous le regard du Colonel. Tout se passa pour le moins normalement jusqu'à ce que Edward fasse une moue mécontente.
- Mais ils sont froids ! S'exclama-t-il.
Il regarda son supérieur, l'interrogeant du regard, comme pour exiger des explications. Roy Mustang lui jeta un regard pour le moins significatif. Il fronça les sourcils, indiquant clairement qu'il n'acceptait pas qu'on critique son initiative, et que de toute façon, il n'était pas d'humeur. Le Flame détestait les jérémiades. Non. Il les exécrait. Il allait devoir prévenir le plus jeune, pour tuer ses mauvaises habitudes dans l'œuf.
- Ça fait une demi-heure que j'ai été les chercher, Fullmetal. Garde tes lubies pour toi et mange.
Ed le regarda, mécontent. Cependant, il mangea. Ce n'était pas si terrible. Déjà, le Colonel avait fait l'effort de lui en laisser, alors qu'il semblait légèrement, égoïste. Déjà qu'ils se connaissaient peu, il ne voulait pas lui montrer qu'il pouvait agir comme un gamin en pleine crise d'adolescence, et ainsi renvoyer une image négative de lui-même. Pendant ce temps, Mustang tourna la tête et regarda le paysage, à travers le carreau. Puis le blond recommença à s'adresser à lui.
- Vous êtes aussi aimable, que le jour de l'examen.
Mustang ne répondit pas. Il n'avait que faire de ces petites allusions dérisoires.
Ce fameux jour, où vous avez voulu montrer votre soi-disant talent.
Difficile de ne pas craquer. Difficile de ne pas plier. C'était comme si Ed lui avait dit qu'il était dépourvu de talent. Cette provocation avait eu l'effet escompté. L'alchimiste de Flammes passa du carreau à Ed en une fraction de seconde. Malgré tous ses efforts pour ne pas le réduire en cendres, il ne put s'empêcher de lui répondre. Arrogant comme jamais.
- Tu veux parler de ce jour où j'ai impressionné toute l'armada du président ?
Une lueur de fierté dans les yeux. Fier d'un titre qui l'avait pourtant fait souffrir plus que n'importe qui. Comment pouvait-il encore être fier de porter ce fardeau ? Ce leurre. Mustang n'en savait rien, tout ce qu'il savait c'est qu'il ne se battait pas pour son rang, mais bien pour son honneur. Il avait maintenant dépassé le stade de l'adulte avide de faire ses preuves devant tout un public. Mais il se devait d'entretenir son image, et de montrer que son orgueil, lui, n'avait pas failli.
- Vous ne m'avez pas impressionné moi.
Mustang soupira. Attitude puérile. Après tout ce que Ed devait avoir vécu, et le peu qu'il connaissait de lui, le haut gradé remarqua qu'il pouvait être borné. Il était clair qu'il voulait avoir raison. Le Colonel ne souhaitait pas marcher dans son jeu. Pourtant il souhaitait avoir le dernier mot. Contradiction totale.
- Tu ne veux pas l'admettre, parce que tu es incapable d'en faire autant.
Edward éclata de rire. Mustang en fut vexé, mais ne le démontra pas. Il fronça seulement d'avantage les sourcils, voulant montrer qu'il n'était pas réceptif aux provocations du plus jeune. Mécontent. Il regarda droit dans les yeux le blond, avec une lueur de défi, attendant une réponse concrète. Ed se redressa davantage sur son dossier, afin de lui faire face. Tout en le fixant à travers ses prunelles si sombres. Il se mit en condition comme il semblait avoir l'habitude de le faire, pour faire sa démonstration. Cette attitude agaça profondément l'alchimiste de Flammes.
- Vous voulez rire ? Une fois que le cercle est fait, tout ce que vous avez à faire, c'est seulement de frotter le tissu de votre gant contre lui-même. Ce frottement génère une étincelle. Ensuite, il vous reste à réguler l'oxygène dans l'air, pour créer une explosion. »
Mustang cacha tout étonnement. Du moins, de l'extérieur. En fait, il était plus qu'impressionné, seulement il ne se dévoilerait jamais. C'est sûr, ce type de raisonnement pouvait semblait tellement évident, pourtant ce n'était pas le cas. Il comprenait maintenant comment il avait pu passer la partie théorique du test. Il l'avait pris pour un ignorant, incapable de comprendre quoi que se soit. Il avait face à lui un génie. Quelle ironie du sort. Le Colonel Roy Mustang impressionné. Par un gamin de 16 ans en plus. Il le fascinait, malgré son apparent sale caractère. Le Colonel le regarda. Il fronça les sourcils, ne dévoilant qu'un léger sourire en coin, destiné uniquement à lui-même. Il était fermement déterminé à ne rien montrer à Ed. Il n'avait certes pas répondu, mais cette petite feinte était prévue, pour qu'il gagne un peu de temps et prépare sa réponse. Le brun conservait ce masque, quoi qu'il arrive, comme imprimé dans sa chair...
Il affichait la même tête que si Ed n'avait tout bonnement pas parlé. Mustang ne lui avait jamais rien dit, sur la façon dont fonctionnait son alchimie. Il devait probablement lui aussi avoir appris avec ses propres bases. Ce que Mustang ne savait pas. C'est que Ed avait reconnu le symbole qui ornait son gant. Mais à ce moment là, il savait simplement que celui-ci servait à produire des étincelles, rien de plus. Mais il en avait déduit ceci, en trouvant une explication qui lui semblait rationnelle. En fait, il n'avait pas vu d'autres solutions envisageables pour que s'exprime cette réaction. Edward n'avait qu'une devise. Tout s'explique par la science , la théorie de l'alchimiste. Encore une fois, il devait probablement avoir raison. Tout en réfléchissant, Ils entendirent un bruit. Une personne tournait la poignée du compartiment. Ed et lui se tournèrent instinctivement vers la porte. C'est à ce moment-là, qu'un inconnu se précipita dans le compartiment. Il avait claqué la porte en entrant, et les bagages rangés au dessus des deux alchimistes, avaient failli leur tomber dessus. En tout cas, Ed ne l'avait jamais vu auparavant. Il portait des lunettes rectangulaires, des cheveux courts et bruns. Il regarda Mustang, qui semblait surpris.
« - Hey Roy ! Comment vas-tu ?
Mustang semblait connaître la personne, au vu de l'attitude pour le moins familière de ce dernier envers lui-même. Puis il soupira. Mécontent. Edward releva les sourcils et se redressa de son siège. Mustang semblait avoir un ami. Il l'avait toujours vu seul, et ne l'imaginait pas pouvoir ce faire appeler ainsi, par quelqu'un de l'armée. Car c'était bien le cas. L'interlocuteur portait l'uniforme militaire d'Armestris. Quant à son rang, Ed n'en savait rien. L'arrogant Mustang, sur la défensive, prit la parole.
- Hugues. Ce n'est que toi. Tu viens aussi ?
Visiblement, Mustang, ne semblait pas à l'aise de le voir, c'est pourquoi il soupira.
- Rassure-toi, je ne vais pas à Ishbal. Je m'arrête à la cité de l'Est.
Il regarda autour de lui, et c'est à ce moment qu'il s'aperçut qu'il y avait quelqu'un d'autre dans le compartiment. Il regarda Ed. Le dénommé Hugues fronça les sourcils, et soutint son regard, pas le moins du monde impressionné, ni gêné, de planter son regard dans le sien.
Tu me caches des choses Roy. Mais est-ce qu'il est de toi au moins ?
Ed les regarda successivement avec horreur. Pourquoi personne ne réagissait à ses inepties. Ledit Hugues lui fit un sourire comme si il l'invitait à faire partie de la famille. Mustang regarda son ami, d'un air désespéré. Peut-être pensait-il qu'il n'y avait plus rien à faire. En effet, Mustang avait renoncé à dissuader l'homme de ses plaisanteries indécentes. Il savait simplement qu'il valait mieux ne pas relever. Et puis, il ne répondit pas, juste pour voir si le Ed allait craquer. Si ce genre de blague salace allait lui passer au dessus, où s'il allait tomber dans le panneau. Oui, en fait il ne marcha pas, il courut.
- Mais Mustang, dites quelque chose bon sang. Qu'il n'aille pas croire ces absurdités.
Hugues soupira. Ce gamin n'avait pas l'air d'avoir d'humour. Mustang préféra le laisser éclaircir toutes ces allusions.
- Je plaisante, ne t'inquiète pas. Ça se saurait si Roy était casé. En plus il déteste les gosses. Bon qui es-tu au fait ?
Ed s'apprêta à répondre, soulagé. Avant même qu'il ne puisse répondre quoi que se soit, Mustang fit signe à Hugues, et lui parla à voix basse. Il fallait qu'il mette quelques petites choses au point. Ed n'entendit rien, c'était volontaire de sa part et il n'aimait pas ça. A la fin de cette messe basse, qui dura un peu plus de trente secondes, il vit le héros d'Ishbal faire signe au militaire pour qu'il se taise. Mais celui-ci ne sembla pas y faire attention le moins du monde, et il s'exclama.
- Ah, tu es le gamin qui a supplié le président de te remettre le titre d'alchimiste national ?
C'est tout juste si Mustang ne s'arracha pas les cheveux après la révélation de son ami. Ed qui n'avait pas encore réagi, regarda successivement Hugues, puis Mustang. Son visage s'attarda sur Mustang. Ses sourcils se froncèrent. Hugues les regarda en souriant et s'éclipsa. Mustang avait compris qu'il était dans le collimateur du jeune homme. La provocation était tellement simple. Il suffisait de le charger pour qu'il court. Le brun voulait savoir comment il allait réagir après ça. C'était en quelque sorte, la réponse qu'il n'avait pas donné tout à l'heure, concernant son alchimie. Le blond le regarda avec mépris, serrant les dents de rage. Le haut gradé était lui toujours assis, calme. Il fixa le jeune blond, qui s'avança vers lui, dangereusement. A la surprise, du plus grand, Ed l'attrapa par le col, le plaquant contre la banquette arrière, et le mur. Il semblait furieux. Mustang n'avait pas prévu ça. Ce garçon n'avait aucune morale, vraiment. S'attaquer à quelqu'un pour ça.
- Bon sang, qu'est-ce que vous lui avez raconté ? Vous avez intérêt à avoir gardé votre langue sur mon passé sinon ...
- Sinon quoi ? Tu vas me mettre hors d'état de nuire, du haut de tes 1 m 20, Edward ?
Ce n'était pas la bonne méthode. Edward se contenta de le fixer d'un air méprisant. Une idée, il lui fallait une idée. Il n'allait pas maîtriser le Colonel plus d'une minute, il était plus fort que lui. Il devait savoir quelles informations il avait répété à ce Hugues. Il regarda l'aîné droit dans les yeux. Une lueur de détermination, dans ses yeux d'or. Dans cette situation, il fallait s'attendre à tout avec lui. Mais Ed n'avait pas encore d'idée en tête. Mustang, même si encore plaqué contre le mur, l'avait deviné. Il fronça les sourcils, et attrapa un des bras avec lequel Ed le maintenait, pour essayer de le faire lâcher prise. Pour l'instant, le jeune alchimiste le tenait toujours, à cause de la puissance et la force de l'automail, mais ça n'allait pas durer. Roy Mustang n'était pas quelqu'un que l'on maîtrise. Le Fullmetal fixa la partie droite de la banquette, alors qu'il sentait que le brun reprenait le dessus. Il remarqua quelque chose.
Les gants de l'alchimiste de Flammes étaient posés, sur la partie droite de la banquette. Leur blancheur éclatante, face au soleil qui pénétrait dans le compartiment. Il étaient posés l'un sur l'autre, bien alignés. Mustang les avait enlevé ce matin, sûrement pour déjeuner. Un oubli de sa part. Edward enleva son bras de chair, du col de Mustang, et attrapa les gants, à la vitesse de l'éclair. Il s'était saisi des gants, certes, mais il avait mal calculé son coup. Mustang venait de se libérer, car une mécagreffe, n'était pas suffisante, pour maîtriser un homme. L'alchimiste de flammes regarda les mains du blond. Ce qu'il tenait entre ses doigts était si précieux. Ce qui constituait sa renommée, Son Pouvoir. Il devait récupérer au plus vite, ses précieuses armes. Avant de réagir par la force, il fallait qu'il tente autre chose. Il tenta une approche, un peu vaine c'est vrai, mais il voulait essayer la diplomatie.
- Rends-les moi.
C'était inutile. Ed le regarda sans répondre. Mais il ne les lui rendit pas. C'était une histoire de domination. Désormais Mustang n'avait qu'une seule manière d'agir, s'il souhaitait récupérer les gants. Il allait devoir affronter son adversaire. Comme il avait déjà du le faire à l'examen d'alchimiste d'État. Il se lança avec regrets. Il se précipita sur Ed , en essayant de l'immobiliser et de récupérer ses biens. Mais son rival serrait son poing d'une telle force, qu'il était quasiment impossible de récupérer les bouts de tissu sans les déchirer. La situation fut donc la suivante. Ed tenant fermement, avec son poing les gants, pendant que Mustang essayait de le forcer à céder, en le maintenant fermement, d'une main. Tandis qu'avec l'autre, il essayait de récupérer ce qu'il désirait si ardemment.
- Rends-moi ces foutus gants, Fullmetal !
Rien à faire, Ed ne lâchait vraiment pas prise facilement. Et puis Mustang voulait les récupérer entiers, et non en lambeaux. Finalement. A force de lutte, et de non domination l'un sur l'autre, ils perdirent l'équilibre. Ed fut renversé vers l'arrière, se retrouvant allongé sur le sol, pour ensuite se cogner la tête contre la banquette. Il ferma les yeux, et sembla déconnecté de la réalité. Et Mustang. Quant à lui, il était tombé vers l'avant, et c'est ainsi il se retrouva sur Ed, qui était toujours inconscient. Ils se retrouvèrent involontairement allongés l'un contre l'autre. Mustang remarqua que ses jambes partaient de chaque côté de celles d'Ed, qui se retrouvaient du coup, entre les siennes. Il était dans une position quelque peu gênante. Avant toute chose, il en profita pour récupérer ses gants, et les enfiler. Puis le Fullmetal se réveilla. Il ouvrit péniblement les yeux avant de s'apercevoir de la présence de son supérieur sur lui. Cependant, il n'avait pas encore repris pleinement conscience et ne réagit pas tout de suite. Ils étaient toujours bassin contre bassin.
Mustang toujours étalé sur lui, n'eut pas le réflexe de se relever directement. En fait, il se rendit compte qu'il n'y avait que comme ça qu'il pouvait maîtriser le jeune alchimiste si fébrile. Ed le regarda, les sourcils levés et les yeux agrandis par la stupéfaction. Cette fois-ci, il était pleinement conscient, et il s'était rendu compte que ce n'était pas son esprit qui lui avait joué des tours. Mustang lui n'avait toujours pas bougé, conscient de sa dominance dans une position pareille. En fait, il aimait être dans cette position perverse, indécente. Il avait le dessus, sur Ed, pour une fois, il était à sa merci. Et le sentir, là, tiède, en sueur sous lui l'excitait presque. Les hommes n'étant pourtant pas son genre. Ici, c'est tout juste s'il ne sentait pas le cœur de l'alchimiste d'acier palpiter sous ses doigts à une vitesse vertigineuse, tellement il tremblait. Il remarqua également que la chaleur de la pièce confinée, et les rayons du soleil, rendaient l'atmosphère bouillant. Ed fronça soudainement les sourcils, avant de s'écrier, révolté.
- Mais retirez-vous de là bon sang !
Pourtant, tout comme Ed l'avait fait tout à l'heure, il fit la sourde oreille. En fait, il en profita même. Il avait trouvé un point faible à son jeune rival d'il y a quatre ans. Maintenant il le connaissait davantage. Il le cernait même. Toujours est-il que le brun se colla davantage au blond, qu'il sentit trembler sous lui, nullement rassuré même. Quoi de plus normal. Mustang agit inconsciemment, par instinct. Il approcha son visage de lui, et commença à lui sourire, de façon très cynique. Ils n'étaient plus quelques centimètres l'un de l'autre. Puis le haut gradé approcha sa bouche de son oreille pour lui murmurer.
- Tu sauras ce qu'il t'en coûte désormais, de me dérober mes gants, Edward. »
Ed, qui avait les sourcils froncés quelques secondes auparavant, ouvrit les yeux de surprise. Face à de telles paroles. Il ne pouvait aucunement laisser passer une occasion pareille. Il se prépara, et se servit de son bras droit en acier, pour repousser l'individu de toutes ses forces. Il le fit ainsi reculer, en le renvoyant sur la banquette voisine. Mustang, ne s'y étant pas attendu, fut facilement projeté en arrière. Après s'être défait de ce poids sur lui, Ed ouvrit la porte à toute vitesse, et sortit du compartiment le plus vite possible, claquant la porte sur un Mustang vaincu. Le brun était allé trop loin. Mustang réfléchit, au départ il souhaitait juste faire un peu peur au plus jeune, disons moins expérimenté que lui-même. Mais il n'avait que seize ans, il n'y connaissait rien et cette réaction semblait donc légitime. Il espérait ne pas l'avoir quand même trop traumatisé. Il se remit à regarder le paysage, souriant de manière un peu ... sadique. Ravi de produire un effet pareil...
