Minerva entra dans la grande salle, un large sourire aux lèvres. Elle se figea soudain, bouche bée. Albus Dumbledore était debout, de dos, une fille pendue à son cou. Devenue très pâle, elle vacilla jusqu'au banc, sur lequel elle s'écroula, choquée. Surpris, Damien et Evelyne arrêtèrent de parler et se tournèrent d'un même mouvement vers la jeune fille, inquiets :
Ben Min, ça va pas ?
C'est qui celle là ?
D'un même mouvement, les deux jeunes gens se tournèrent vers Albus et la fille. Silencieusement, ils la dévisagèrent un instant, puis échangèrent un regard consterné, avant de se tourner vers Minerva, gênés.
Euh… C'est une septième année, elle s'appelle Elvira. C'est la… Prostituée de Poudlard, en quelque sorte.
Je vois, fit lentement Minerva en quittant le couple du regard, bon, si ça ne vous dérange pas, je vais vous laissez. Il faut que je fasse quelque chose à la bibliothèque.
Les deux autres hochèrent la tête et la regardèrent sortir. Alors qu'elle disparaîssait dans le tournant de la porte, Albus Dumbledore poussa un cri de fureur et poussa la fille qui tomba par terre dans un glapissement.
Mais fiche moi la paix, à la fin ! Criait le jeune homme, je t'ai dis non pendant quatre ans, je ne vais pas dire oui maintenant !
Mais Alby…
Et arrête de m'appeler comme ça ! Je ne t'appartiens pas, je te signale !
Elvira ouvrit la bouche puis la referma.
Je peux savoir ce qui se passe ici ? Fit la voix sèche du directeur adjoint.
Rien, monsieur, fit poliment Albus, c'est juste que cette fille m'insupporte.
Eh bien, évitez la, dit calmement le professeur, qui savait parfaitement bien la réptation de la jeune prostituée.
Albus hocha la tête et fit demi tour en faisant tournoyer sa robe.
Quant à vous, Miss, relevez vous, et vous êtes priée de vous mêlez de vos affaires, dorénavant.
Elvira grimaça un sourire et se releva avec volupté et d'une façon insultante.
Minerva s'empara avec rage d'un énorme bouquin et s'assit sur le rebord d'une fenêtre, le livre sur les genoux. Dehors, il pleuvait, et une nappe de brouillard masquait le terrain de Quidditch. Minerva aimait bien le Quidditch. Quand elle était au manoir, il lui arrivait de sortir sur l'immense terrain familiale avec son frère, et de s'entraîner pendant des heures, qu'importe le temps.
Alors qu'elle prenait la page qu'elle désirait, les yeux perdus dans l'immensité du parc, elle sentit à ses côtés une présence. Tournant la tête, elle identifia son cousin qui la fixait moqueusement. Elle sentit un frisson glaçé couler le long de son dos, et elle aperçut Northot Malfoy et son regard glacial.
Elle se redressa et porta la main à la poche de sa robe. Pas de baguette. Elle entendit soudainement un ricanement mauvais et vit son cousin faisant tournoyer sa baguette entre ses doigts.
Alors Min ? On est désarmer ? Et ne compte pas sur ton frère pour venir t'aider cette fois ci.
Avec un rictus sadique, Malfoy s'approcha tranquillement de la Gryffondor, la baguette levée en signe de domination.
Expelliarmus ! Et j'enlève vingt points à Serpentard. Vingt points chacun, évidemment.
Minerva, qui avait laissé tomber son grimoire et s'était levée d'un bond, tourna la tête si vite qu'elle failli se coincer le cou. Albus Dumbledore, encore lui, se tenait dans l'encadrement de deux bibliothèque, brandissant des baguettes dans sa main.
Les Serpentards grognèrent et le regardèrent en exhibant leurs dentitions. La bibliothécaire surgit alors, faisant fuir les deux verts.
Ca va ? Lui demanda le jeune homme pendant que la bibliothécaire brandissait un balai derrière les deux énergumènes.
Oui.
Elle avait parlé un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulut. A chaque fois qu'elle repensait à lui, elle ne pouvait s'empêcher de superposer à son visage malicieux une tête de blonde outrageuse.
Non, ça ne va pas.
Il avait une voix calme et posée.
Son regard scrutait la jeune fille et elle avait l'impression qu'il
lisait en elle comme dans un livre ouvert.
Elle détourna soudain son regard, ramassa son grimoire et le dépassa sans le regarder. Elle ne vit pas sa douleur dans ses yeux, la douleur d'être repoussé.
Minerva passa la journée à rêver d'un beau regard bleuté. Evelyne et Damien l'avaient parfaitement compris et ne pipèrent mot. Lorsque la cloche sonna, Minerva décida d'aller s'excuser auprès de son sauveur et d'aller le remercier. Parcourant les couloirs à grands pas, elle finit par arriver devant le portrait de la Grosse Dame qu'elle franchit. Tournant la tête dans tous les sens, elle finit par repérer l'objet de sa quête qui disparaissait dans le couloir qui montait au dortoir des garçons. D'un geste vif, elle s'élança dans l'escalier et balança son sac dans son dortoir. Puis, elle grimpa et poussa la porte du dortoir des garçons de septième année. Personne. Surprise, elle fit quelques pas en avant, laissant la porte claquer derrière elle. Des affaires traînaient ici et là, et Minerva aperçut même un très beau hibou roux qui se reposait sur un perchoir.
Des murmures lui parvinrent soudain d'un coin reculé du dortoir. Elle fit plusieurs pas en direction du bruit, et alors qu'elle contournait un lit, elle aperçut Albus.
Il parlait en murmurant à un chat roux, et il était auréolé de la lumière du soleil couchant qui traversait la fenêtre ronde.
… M'aime pas. Tu comprends, murmurait il, c'est la première fois que ça m'arrive, et c'est dur à supporter. Elle est tellement jolie, intelligente, et elle a un de ces caractère… J'adore.
Minerva sentit son cœur qui battait très fort dans sa poitrine, et elle avait une folle envie de se nicher dans ses bras.
Albus ? Souffla t elle après avoir avalé sa salive. Je… Je peux te parler deux secondes ?
Il tourna la tête vers elle et elle sentit son cœur manquer un battement. Les yeux du jeune homme semblaient encore plus liquides que d'habitude, et la tristesse qu'elle y lut la fit souffrir.
Minerva ?
C'est moi.
Elle s'était reprise et avait baissé les yeux vers le sol. Elle s'assit juste devant lui, et son regard sombre vers ses yeux clairs.
Je tenais à m'excuser pour ma conduite de ce matin et j'aimerais te remercier pour dans la bibliothèque. Je… Enfin, ça fait quand même la deuxième fois.
Lentement, un sourire naquit sur les lèvres du jeune homme. Il tendit la main et frôla le menton de la jeune fille du bout des doigts. Elle rougit quand il se pencha près de son oreille et qu'elle sentit son souffle chaud dans son cou.
Merci, murmura t il, ça me fait beaucoup plus plaisir que tu ne le penses.
Elle leva vers lui son regard surpris et découvrit, pour la première fois, cette étincelle de bonheur dans son regard qui lui souleva le cœur. Doucement, il approcha sa bouche de la sienne, ses yeux envoûtants ceux de la jeune fille. Leurs lèvres étaient à quelques centimètres l'une de l'autre quand soudain la porte du dortoir s'ouvrit à la volée.
Monsieur Dumbledore ? Vous êtes là ?
