Chapitre 1
Ron griffonnait nerveusement sur son parchemin, un mot pour Harry. Coq, une petite boule de plume grise pas plus grosse qu'une balle de tennis voletait gaiement autour de ma tête. Je lu par-dessus l'épaule de mon frère :
Harry, PAPA A EU LES BILLETS. Irlande contre Bulgarie, lundi soir. Maman a écrit à tes Moldus pour leur demander qu'ils te laissent venir chez nous. Ils ont peut-être déjà eu sa lettre, je ne sais pas combien de temps met la poste des Moldus. Moi, en tout cas, je t'envoie Coq.
Nous allons venir te chercher, que ça plaise ou non à tes Moldus. Il n'est pas question que tu manques la Coupe du Monde, mais papa et maman pensent que ce serait mieux de faire semblant de leur demander la permission d'abord. S'ils sont d'accord, renvoie-moi Coq avec ta réponse illico presto et on viendra te chercher à cinq heures de l'après-midi dimanche prochain. S'ils ne sont pas d'accord, renvoie-moi Coq illico presto et on viendra quand même te chercher à cinq heures de l'après-midi dimanche prochain.
Hermione arrive cet après-midi. Percy a commencé à travailler – au Département de la coopération magique internationale. Surtout, ne lui parle pas de quoi que ce soit qui concerne des pays étrangers, si tu ne veux pas étouffer sous des discours à mourir d'ennui.
A bientôt, Ron.
- Pourrais-je vous accompagner ? me risquais-je.
- Ginny, nous allons chercher Harry avec papa, George et Fred déjà, je ne pense pas que tu puisses venir en plus, il ne faut pas non plus arriver à trente-six chez les Dursley. Puis ils ont l'air tellement spéciaux… Je crois qu'il vaut mieux n'être qu'entre homme histoire de leur mettre la pression.
Malgré ma frustration je ricanais sans me cacher. Il me jeta le coussin qui trainait sur son lit et je m'enfuies en courant vers ma chambre. Je refermais la porte derrière moi en fou rire incontrôlé. Je l'entendais haleter derrière les planches de bois pour me lancer :
- Je vais t'apprendre à remettre en question mes qualités d'homme ! Petite gamine va ! Retourne donc jouer à la poupée Wenda !
Je me fis la réflexion que je devais vraiment l'avoir vexé ! La dernière fois que ma poupée Wenda s'était trouvée dans mes mains, je marchais à quatre pattes ! Les murs roses de la pièce ne laissaient aucun doute sur le propriétaire de ces lieux. Ce ne pouvait être ni Percy, ni Fred, ni George et encore moins Ron qui aurait pu y dormir. Je ne possédais pas beaucoup d'affaire, mais le peux que j'avais me satisfaisait grandement. Les meubles simples et sans motifs, habillaient la pièce sans prétention. Les seules fantaisies que nous pouvions y trouver, c'étaient un poster de Gwenog Jones, LA batteuse et LA capitaine des Holyhead Harpies, ainsi qu'un poster des Weird Sisters un groupe musical qui me transportait littéralement ! Bien entendu, des livres gisaient ci et là en attendant d'être ouvert.
Par la fenêtre, je voyais le terrain où nous nous entraînions avec mes frères pour le Quidditch et ces vacances j'avais décidé de vraiment m'entraîner avec acharnement. J'y passais le plus clair de mon temps, entre ça et mes ballades dans la forêt pour y faire mes croquis, je ne voyais pas les journées passer. Je me surprenais à regarder par-dessus mon épaule lors de mes promenades, comme si j'attendais l'apparition de quelqu'un. Je reprenais vite la marche en essayant de penser à autre chose, le sang un peu glacé.
Je pris un livre sur les créatures magiques, et entrepris de le lire en me couchant sur mon lit une place aux milles fleurs. J'entamais la page trente quand notre mère nous appela pour le déjeuner. Je descendis sans en train quand je fus bousculée dans les escaliers par les jumeaux qui se coursaient en se jetant diverses insultes dans la tête. Ron, lui, arriva après tout le monde.
- Il me tarde tellement Dimanche ! Pour aller chercher Harry et pour aller à ce matche !
Avoua-t-il un peu plus tard pendant le déjeuner. Notre père ne rentrait que le soir, aussi son enthousiasme lui manqua-t-il lorsque ce fut maman qui répondu :
- Ah c'est bien joli de rêver au match, de jouer au Quidditch, mais as-tu seulement révisé pour la rentrée ?! Et vous ?! s'indigna-t-elle face aux rires étouffés des jumeaux. Je vous rappelle qu'il faut travailler pour y arriver et ce n'est pas avec ce genre de pratique que vous allez réussir votre scolarité à Poudlard !
- Oh maman, ne t'inquiète pas voyons ! rassura Fred. Je suis certain que nous allons tous parfaitement réussir ! Après tout nous sommes des Weasley !
- Et alors ? haussa-t-elle le ton. Je suis flattée que tu puisses penser que notre famille est un parfait exemple de réussite mais ce n'est pas avec vos bêtises et votre nonchalance que vous allez y parvenir ! s'emporta-telle en devenant de plus en plus rouge. Alors ce match a intérêt à être une motivation pour vous car votre père c'est réellement décarcassé pour vous les avoir ces fichus places ! D'ailleurs ! Si je ne vous vois pas travailler jusqu'à Dimanche, personne n'ira !
Sur ce, elle se leva et rangea son assiette avant de nous tourner le dos pour faire la vaisselle et préparer le dessert. George et Ron fusillait Fred du regard qui en toute réponse joua les innocents. Nous finîmes nos assiettes et nous retrouvâmes tous les quatre dans la chambre de Ron. Il était assis sur son bureau tandis que les jumeaux se tapaient vaillamment avec les coussins en murmurant des :
- T'es qu'un ramassis de crotte de Hiboux !
- La ferme ! C'est toi qui n'est qu'une bouse de ventriculeux ignatiés orangés !
- Les garçons s'il vous plait c'est ragoutant là ! me plaignis-je prise de nausées.
Ces bêtes étaient un vulgaire croisement entre un Troll et un Dragon, dont leur vésicule avait l'étrange particularité d'être de couleur orange et pendante sur leur abdomen pustuleux. Je leur confisquais les oreillers que je replaçais sur le lit et m'y assise.
- Franchement Fred ! Tu n'aurais pas pu la fermer ! se lamenta Ron qui n'avait aucune envie de se remettre au boulot.
- Bon ça va ! Vous savez ce que c'est de se laisser porter par nos pulsions anti-supérieur ? Non ? rétorqua l'accusé de son plus beau regard.
- Le seul à pouvoir te comprendre c'est George qui t'en veut autant que nous ! lui renvoyais-je. En attendant il va falloir faire ce qu'elle demande. Donc je vous propose minimum une heure trente de révision et on se retrouve après pour un entraînement ? ça vous va ? rajoutais-je décidé à prendre les choses en main.
- De toute manière, nous n'avons pas vraiment le choix ! grimaça Ron.
Les jumeaux firent une révérence en guise de réponse et sortirent de la pièce en un sourire qui en disait long sur leurs intentions. Ron ouvrit un manuel, arborant la tête d'un condamné à mort. Je pouffais encore lorsque j'arrivais à mon bureau. Je rouvris mon livre sur les créatures magiques et repris ma lecture sous les airs d'une chanson des Weird Sisters. Mon calepin à dessin se trouvait à porter de main si jamais je trouvais une créature inspirante, ce que je finis par avoir. Je traçais les traits du Strangulot. Il le décrivait comme un démon des eaux, aux doigts fins et aux dents pointues. Il y avait différentes espèces apparemment, et ils vivaient dans les lacs noirs. Je notais le peu d'informations inscrites en légende au côté de l'image effrayante de la créature. Peut-être quelque recherche supplémentaire à Poudlard serait intéressante pour compléter correctement le croquis que je venais de terminer. Je l'observais attentive aux détails de mon coup de crayon, il y avait encore quelques défauts, mais de moins en moins. J'inscrivis en haut de la page, à droite, une petite plume et trois points afin de ne pas oublier de faire la recherche une fois arrivée à l'école. Une autre attira ensuite mon attention, les scroutt à pétard. J'en avais déjà vu de loin en passant près des cours de soin aux créatures magiques des troisièmes années. J'allais certainement en voir à mon tour. Harry, Ron et Hermione m'en n'ont déjà parlé. Vraiment de sales bestioles ces trucs-là ! Plus ils grandissaient et plus ils ressemblaient à des scorpions géants de plus de trois mètres avec un long dard recourbé sur le dos. Leur carapace faisait ricocher les sortilèges et ils se servaient de leur faculté à expulser du feu pour avancer. Je m'en détournais pour me lancer ensuite dans la révision des potions que nous allions voir cette année-là.
« Tiens ! Une potion de ratatinage ! Fred et George s'en était servie pour rapetisser une des robes de Alicia Spinnet avant sa fameuse soirée avec Olivier Dubois. Elle ne s'en était pas remise pendant des semaines ! » pensais-je. « Elle ne parait pas bien compliquée à réaliser, peut-être devions-nous bien surveiller la chaleur du chaudron ? » Je notais la manière de la faire ainsi que les ingrédients dans mon brouillon à projets intéressants, puis parcourais les pages suivantes.
- Ginny ?
Ron passait sa tête à travers l'embrasure de la porte en me faisant un air de chien battue. Je lui offris un sourire diaboliquement ironique et fermais mon bouquin. Il s'avança et me rejoignit la tête baissé.
- C'est bon, ça fait presque deux heures maintenant… Fred et George ont disparu, comme d'habitude, alors s'il te plaît ne m'oblige pas à réviser plus !
Après un instant d'observation, je le repoussais gentiment du poing en riant. Je saisis mon balai, mis mes protections et descendis suivit par un Ronald totalement surexcité. Parfois je me demandais sérieusement lequel était le plus âgé de nous deux. Nous nous entrainâmes un long moment avant de voir apparaître les jumeaux. Nous n'essayâmes même pas de savoir ce qu'ils avaient fait, trop épuisés par nos exercices.
Ron reçut la réponse positive d'Harry. Il chantait à tue-tête dans toute la maison, venait m'enquiquiner avec ses planifications farfelues et sautait sur des airs de Krum par-ci Krum par là…
Ce soir-là je me couchais après un merveilleux repas où toute la famille ne parlait que du lendemain : Harry Potter serait au Terrier pour le dîner du soir. Il faisait partie intégrante des Weasley. Chaque membre l'apprécié comme s'il était né dans cette famille. Je l'aimais bien moi aussi, j'avoue avoir même eu ma période « intéressée » mais ce ne fut qu'une petite passade. Ron avait été intenable, il riait, criait, faisait de grand geste et perdait toute notion de bienséance lorsqu'il ressentait autant de joie. Je ne pouvais lui en vouloir. Le cœur léger, je m'endormais heureuse.
La journée sembla, pour la première fois des vacances, se passaient au ralentit jusqu'à ce qu'arrive Charlie, Bill et Hermione en début d'après-midi, cette dernière était toute contente de pouvoir passer le reste de l'été avec nous. Charlie s'occupait des Dragons en Roumanie. Il était bâti comme les jumeaux, plus petit et râblé que Percy et Ron qui étaient tous deux grands et efflanqués. Il avait un visage bienveillant aux traits burinés, et tellement constellé de taches de rousseur qu'il en paraissait presque bronzé. Sur l'un de ses bras musculeux, on remarquait une grosse cicatrice brillante, visiblement due à une brûlure. Bill, quant à lui, travaillait chez Gringotts, la banque des sorciers. Malgré son côté très sage (il avait même était Préfet en chef à Poudlard), il avait adopté un look décontracté et cool. Il était grand avec une longue chevelure noué en catogan et il portait à l'oreille un anneau auquel était attaché ce qui semblait être un crochet de serpent. Ses vêtements n'auraient pas eu l'air déplacés dans un concert de rock, sauf que ses bottes n'étaient pas en cuir mais en peau de dragon. Je les voyais tellement peu souvent, que j'avais la mauvaise impression d'être une ventouse.
Ce fut à quatre heures cinquante-cinq que mes plus jeunes frères et mon père se placèrent devant la cheminée. Le brouhaha était tel que l'on avait du mal à s'entendre. Ma mère obtînt le silence assez facilement et calma la troupe avant qu'elle ne tende la poudre de cheminette. J'aurais bien aimé y aller avec eux, j'étais aussi curieuse de voir ces Moldus qui lui menaient la vie dure autant que la maison dans laquelle il avait grandi. Ils disparurent un à un en une lumière verte explosive.
- Bien, nous n'avons plus qu'à les attendre maintenant, s'exclama joyeusement ma mère. Vous venez m'aider à préparer le repas ? Il faut que tout soit parfait pour son arrivé !
Nous nous mîmes donc aux fourneaux, à préparer la table, et nous constatâmes avec Hermione l'énorme festin qu'elle avait prévu et imaginé. Bouche bée, nous osions relever quoique ce soit, mais il me semblait qu'après deux jours à manger dessus à douze, il en resterait encore pour tout un régiment… Pudding en tout genre, salades, citrouilles en croûte, pain de fleurs, pâté de Sovanais, légumes en Pates crochues, fromages (c'est Moldu), et je ne vous parle même pas des desserts… Maman disparut pour aller chercher quelques petites choses dans la réserve.
Soudain, la cheminée cracha un Fred tout content de lui, trop content. Il fut suivit de près par George puis Ron. Quand Harry s'écrasa au sol, Fred prit la parole intenable.
- Alors il en a mangé ? demanda-t-il d'un ton surexcité en tendant une main à Harry pour l'aider à se relever.
- Oui, répondit-il. Qu'est-ce que c'était ?
- Des Pralines Longue Langue, apprit Fred d'un air satisfait. C'est George et moi qui les avons inventées. On a cherché quelqu'un tout l'été pour les essayer…
Un grand rire explosa dans la minuscule cuisine. George, Ron, Bill et Charlie étaient assis à la table de bois. Charlie se leva et s'avança vers Harry. Il lui tendit une main calleuse et s'enquit de son état avec chaleur. Bill lui serra la main à son tour avec autant d'entrain. Mais avant qu'ils aient eu de se dire quoique ce soit de plus, une légère détonation retentit et papa surgit de nulle part derrière l'épaule de George. Je l'avais rarement vu aussi furieux.
- Ce n'était pas drôle du tout, Fred ! s'écria-t-il. Qu'est-ce que tu as donné à ce pauvre petit Moldu ?
- Je ne lui ai rien donné du tout, répondit Fred avec un sourire malicieux. J'ai simplement laissé tomber quelque chose… C'est sa faute s'il l'a mangé, je ne lui ai jamais dit de le faire.
- Tu l'as laissé tomber exprès ! rugit papa. Tu savais qu'il allait manger ça, tu savais qu'il était au régime…
- Elle est devenue grande comment, sa langue ? demanda George, avide de savoir.
- Elle avait dépassé un mètre au moment où ses parents ont enfin accepté que j'intervienne.
Nous éclatâmes à nouveaux de rire.
- Ce n'est pas drôle ! s'écria papa. Ce genre de comportement compromet gravement les relations entre Moldus et sorciers ! Je passe la moitié de mon temps à essayer de lutter contre les mauvais traitements infligés aux Moldus et mes propres fils…
- Ce n'est pas parce que c'est un Moldu qu'on a fait ça ! Protesta Fred d'un ton indigné.
- Non, on l'a fait parce que c'est une grosse brute stupide, dit George. N'est-ce pas Harry ?
- Oui, c'est vrai Mr Weasley, approuva-t-il d'un air sérieux.
- Ce n'est pas la question ! s'emporta papa. Attendez un peu que j'en parle à votre mère…
- Me parler de quoi ? dit une voix derrière eux.
Maman venait d'entrer dans la cuisine les bras chargés de confiseries et boîtes de gâteaux maison. Tous ses garçons autour d'elle accentuait sa petite taille et son visage d'ordinaire si aimable était pour l'instant déformé par ses sourcils froncés.
- Oh, bonjour, Harry, mon chéri, dit-elle avec un grand sourire dès qu'elle le vit.
Puis elle tourna à nouveau les yeux vers son mari.
- Alors, de quoi voulais-tu me parler, Arthur ? insista-telle.
Bill nous fit signe de battre en retraite. Ron attira Harry en disant qu'il allait monter ses affaires, les jumeaux quittèrent la pièce sans mot dire, tandis que le reste de la famille s'éparpilla dans les autres pièces de la maison, où ils pouvaient, pour peu qu'ils se trouvent loin de Molly.
Un instant plus tard, des cris retentirent dans la cuisine. Apparemment, papa avait parlé des Pralines à maman. Je me terrais dans ma chambre avec ma musique à fond et mes croquis en attendant la fin de la tempête. La famille était réunie et Harry et Hermione allaient assistés au match avec nous… Il ne manquait plus que … Je secouais la tête un instant, je ne devais pas y penser. Retrouvant mon sourire, je commençais un nouveau dessin jusqu'à l'heure du dîner.
